Catacombes (As Above, So Below), film de John Eric Dowdle, critique et commentaires

« Le passé va venir vous hanter » (affiche française)
« Encore plus profond, toujours plus terrifiant » (bande annonce française)
« Your past will haunt you » (bande annonce anglaise), traduction: « VOTRE passé va venir vous hanter » (on remarquera que la traduction française trahit l’idée originale)
« As above, so below » (bande annonce anglaise) qu’on pourrait traduire par « en haut comme en bas »

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma il y a très peu de temps.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

Le film est tourné en caméra à l’épaule. Le début commence très mal d’ailleurs mais, je vous rassure, seules les premières minutes sont aussi mal tournées. Une fois qu’on quitte l’Iran, ça devient regardable sans avoir la nausée.

Il a été scénarisé par le frère du réalisateur et c’est la troisième réalisation de ce dernier. Il se passe en grande partie à Paris dans les catacombes.

Résumé

Le film raconte la quête d’une archéologue pour trouver la pierre philosophale. Cela la conduit à vivre des aventures horrifiques dans les catacombes de Paris et d’en ressortir totalement changée.

Pourquoi analyser ce film ?

J’ai lu certaines critiques le trouvant incompréhensible et, effectivement, il n’est pas toujours compréhensible si on s’arrête à un premier degré de lecture. Je voulais donc apporter un petit plus à sa compréhension en ajoutant quelques petits éléments de psychologie.

© Universal Pictures International France

© Universal Pictures International France

 

Le titre: « Catacombes » (fr), « As Above, So Below » (en)

Le titre français fait référence à l’endroit où une majeure partie de l’action se déroule rappelant ainsi que le film se passe en grande partie à huis clos. Je pense que ce choix est avant tout marketing: rappeler qu’on est en France (chauvinisme) et accentuer l’aspect horrifique du film (on ne pourra pas s’échapper facilement). Il n’est pas du tout une traduction du titre anglais, en ce sens, il le trahit forcément beaucoup.

Le titre anglais fait référence à une doctrine de l’hermétisme. A propos du titre, Cinémur dit ceci d’intéressant:

« L’Hermétisme est basé sur une recherche intérieure visant à trouver la vérité en soi – une vérité nullement communicable à quiconque ».

On verra dans la suite de l’article que le titre anglais est donc particulièrement bien choisi. Une partie des accroches commerciales le sont également particulièrement : « Votre passé viendra vous hanter » (si on respecte le sens anglais). Le film ne se fout pas de vous.

Ce film fait-il peur ?

TRES subjectivement, je l’ai trouvé assez moyen. Il fait sursauter, ça c’est sur. L’ambiance est pas mal. Mais je ne l’ai pas trouvé si horrifique que ça. Alors que la personne à côté de moi a eu beaucoup plus peur. Cependant, moi, ça m’allait très bien car je ne veux, pour le moment, plus voir de films tels The Grudge où, sorti de la salle de cinéma, vous avez encore les boules, voir difficile à vous endormir. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime bien les films souterrains: ce ne sont pas des endroits qu’on fréquente souvent.

Ce n’est en tout cas pas le genre de films qu’il faut voir si on est blasé du genre et qu’on veut avoir très peur et en tension constante.

Critiques « premier degré »

Je reprends ici des critiques sur le film comme si on le regardait sans y voir de sens caché.

Quand ?

Par qui la pierre a-t-elle été cachée ?

Si elle a été cachée par Nicolas Flamel, il est mort en 1418. Or, les catacombes ne sont créées qu’au 18ème siècle (il en est d’ailleurs beaucoup question dans le film). Toutefois, les carrières souterraines (dont les catacombes ne sont qu’une petite partie) ont commencé à exister depuis le 12ème siècle.

C’est donc tout à fait possible que la pierre philosophale ait été cachée du vivant de Nicolas Flamel.

A noter que cela met en évidence un problème du film, il confond les carrières ou galeries de Paris avec les catacombes alors que la majorité du film se passe plus dans les galeries de Paris qu’uniquement dans les catacombes.

Le côté « sombre » des catacombes n’est d’ailleurs pas vraiment exploité. J’entends par là que c’est uniquement le côté souterrain qui est utilisé, bien plus que les six millions de cadavres qui ne hantent pas vraiment les lieux.

D’ailleurs, si quelque chose hante les lieux, c’est bien antérieur aux catacombes elles-mêmes, certainement.

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© Universal Pictures International France

 

Enigme des planètes

Après vérification, jusqu’au 17ème siècle, on comptait effectivement 8 corps dans l’espace. Je ne sais pas si ça correspond vraiment bien à l’idée de planètes pour les gens de l’époque mais cela semble être en accord avec la solution proposée pour l’énigme. Un bon point, donc. Je voulais faire la vérification, autant la partager avec vous.

Les feux

Même si les feux peuvent s’expliquer par les phénomènes surnaturels (cela reste un film fantastique), ils devraient toutefois quand même contribuer à épuiser l’oxygène, surtout dans la salle aux trésors où l’oxygène ne se renouvèle pas. Nos héros ne connaissent toutefois pas de soucis à ce sujet (à moins que ce ne soit ce qui les fasse halluciner) à aucun moment, même dans des galeries écroulées sans accès à la sortie. Ce n’est pas une grosse critique car ce serait difficile de tenir compte de ce phénomène. Et puis, clairement, les lois de la physique sont malmenées mais c’est pour une bonne cause.

Le tag, le piano, le téléphone … jusqu’où faut-il aller pour avoir peur ?

De nombreux objets sont là pour rappeler à nos héros des souvenirs. Un tag laissé par Papillon alors qu’il n’est jamais allé dans la galerie. Un piano exactement le même que dans l’enfance de George. Le téléphone qui sonne en plein milieu d’une galerie où il n’existe aucun fil téléphonique. Téléphone où on entend le père de Scarlett. Lataupe qui réapparait après deux ans (!) bien en vie et même pas vraiment rancunier.

La plupart de ces choses devraient déjà terrifier beaucoup de gens dans la même situation et le même contexte !! Mais, pas eux. Et ils continuent toujours plus loin sans revenir en arrière. George lui-même est normalement traumatisé par les profondeurs mais on ne le remarquera quasiment jamais. Papillon et ses amies disent qu’ils ne pénètreront jamais dans la galerie murée mais y vont finalement sans trop de souci.

Chaque épisode horrifique semble d’ailleurs vite oublié. Alors qu’ils devraient presque devenir « fous » et en tout cas très angoissés, ils ne le sont pas.

Oui, c’est sans doute une des plus grosses critiques qu’on puisse faire. Elle est nécessaire pour la narration et le second degré, pour qu’on puisse aller au bout de l’épopée. Mais, il n’empêche ce n’est pas toujours très crédible ni cohérent. Comme quand notre héroïne retire la capuche sur son père pendu. Qui ferait ça ? Même dans la vie réelle. Pas beaucoup de monde. Même si elle est scientifique (donc froide ??), cela reste son père et rend la charge émotionnelle encore plus forte. Et, ici, il y a en plus l’environnement horrifique et on sait que les démons ne sont pas spécialement très gentils.

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© Universal Pictures International France

 

L’Iran

Notre héroïne est française et doctorante ou docteure en histoire et archéologie. Pourquoi entre-t-elle illégalement en Iran ? En disant en plus risquer la lapidation pour cet acte. Il est pourtant tout à fait possible pour des français de voyager en Iran.

Ensuite, pourquoi attend-elle la dernière minute avant l’explosion des galeries qu’elle veut explorer ? On imagine mal que cela ait été annoncé au dernier moment. Y aller au moment le plus dangereux n’est pas très crédible bien que cela donne de l’intérêt à la scène du film et un peu de suspense.

Pourquoi diable, d’ailleurs, les iraniens iraient-ils faire exploser des galeries au dessus desquelles il y a des habitations ? On imagine qu’ils prendraient au moins la précaution de faire évacuer les habitations avant et de contrôler cette évacuation.

Scarlett a une force de malade. Elle parvient à casser une stèle en quelques coups. A mon avis, le scénariste n’a jamais essayé en vrai. Ou alors, c’était fait en platre. En vrai, il aurait été plus intelligent et réaliste de casser « autour » de la stèle puis de la faire tomber.

Le voyage en Iran m’a donné d’abord l’impression de n’être qu’un prétexte pour associer George à l’aventure. Mais, après coup, je me suis dit que c’était surtout un point de départ intéressant pour entrer dans les travaux du père de Scarlett.

Se mouiller sans attraper la crève …

Je me suis posé la question de savoir comment ils arrivaient à garder leurs vêtements propres et surtout secs. Bon, comme on va fort en profondeur, il est possible qu’il fasse assez chaud et que les vêtements puissent sécher facilement après chaque plongeon sans qu’ils attrapent pour autant une pneumonie.

Survie de Lataupe

Il parait évident que Lataupe n’a pas survécu. C’est donc, comme les autres, une sorte de fantôme. Toutefois, il n’est pas méchant tant qu’on est pas passé de l’autre côté. J’ai du mal avec ce personnage. J’ai l’impression que son unique utilité est d’amener jusqu’à la pièce où il y a l’énigme. Toutefois, de mémoire, comme tous les démons, il n’est méchant et mortel que lorsque l’on commence à passer « à l’envers ». Ce pourrait donc simplement être le démon de Souxie même si ce n’est pas expliqué.

Le film

Les films « caméras à l’épaule » se veulent souvent réalistes pour faire croire que le film est issu des caméras. Toutefois, je n’ai pas souvenir qu’ils récupèrent vraiment la caméra de Benji. Et, à leur place, récupérerait-on cette caméra ?? Non, franchement, on chercherait probablement juste à survivre. Même si ça peut être cohérent de vouloir avoir une preuve de ce qui est arrivé.

Par ailleurs, le procédé peut gâcher « un peu » le film puisqu’il donne des indices sur le nombre de personnes qui survivront au final.

On ne va évidemment pas faire l’injure de comparer ce film au maitre du genre: « the descent » mais, dans ce dernier, les scénaristes avaient pensé à une raison suffisante pour continuer à garder sur soit la caméra: elle permettait de voir dans le noir sans allumer les lampes.

Critiques « second degré »

Ici, on va aller un peu plus dans le « psychologique ». Si vous n’aimez pas ce genre d’analyses plus « tirées par les cheveux », alors, je pense que vous pouvez vous arrêter ici. Toutefois, nous sommes persuadés que vous ne comprendrez jamais vraiment le film sans cette lecture car le film est d’abord à prendre au second degré. Ce qui permet d’ailleurs, selon nous, de relativiser les problèmes dont nous avons parlé plus avant.

Voyage dans l’inconscient

« Jusqu’à ce que vous preniez conscience de tout ce que vous avez d’inconscient, ce qui est inconscient contrôlera votre vie et vous l’appellerez le destin » Carl Jung

« As above, So below » a été décrit plus haut comme venant de l’hermétisme et disant que nous « devons trouver la vérité en nous ».

Ce film est un grand voyage dans l’inconscient. De ce voyage, seuls ceux qui arriveront à régler leurs problèmes intérieurs pourront en sortir vivants et changés, en paix avec eux-mêmes.

Plus ils iront profondément, iront dans des espaces qu’ils avaient condamnés et plus cela sera difficile et horrifique. La vérité de leur passé ne sera pas soutenable pour tous et certains y laisseront leur peau. Les portes qui se referment sont là pour indiquer qu’il s’agit d’un voyage dont on ne s’échappe pas. Qui est d’abord plus ou moins gentil (le coup de téléphone, le piano sont « seulement » inquiétants) mais qui va aller de pire en pire jusqu’à ce qu’enfin le voyage finisse.

Les tunnels

C’est limite « cliché » et certainement un classique. Quand un héros entre dans un puits ou un tunnel, on peut dire qu’il réalise une métaphore de l’accouchement. Dans ce cas-ci, c’est un peu plus compliqué que cela.

Toute la première partie, ils retournent en arrière dans un voyage presque psychanalytique jusqu’à la naissance. Car, beaucoup de nos traumatismes sont dans le passé voir la prime enfance, ce n’est pas une métaphore douteuse.

Dans le film, les traumatismes révélés ne sont pas si anciens MAIS un traumatisme nouveau est souvent, d’une certaine manière, un rappel de quelque chose plus ancien et inconscient. Il n’est donc jamais inutile de remonter aussi loin qu’on peut le faire.

Dans la deuxième partie, il s’agit là, réellement, de réacoucher en affrontant les problèmes et, par cette renaissance, devenir une nouvelle personne plus saine d’esprit et débarrassée de ses vieux démons.

Je trouve d’ailleurs intéressant de reprendre deux photos d’une scène où c’est assez explicite:

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© Universal Pictures International France

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© Universal Pictures International France

Dans la première photo, on voit Scarlett en position du foetus, soit la position que l’on a dans le ventre maternel dans les derniers moments.

Dans la photo qui suit et qui est dans la scène directement après, Scarlett passe par un petit trou, obligée de ramper pour « renaitre ». Or, c’est précisément au moment où les univers s’inversent. Moment que nous avons décrit comme étant celui de la … renaissance.

Métaphore d’une cure psychanalytique

Vous l’aurez compris, via les deux éléments expliqués ci avant, ce film n’est rien d’autre qu’une métaphore d’une cure psychanalytique accomplie jusqu’au bout.

Il y a même un élément supplémentaire. Dans toute cure psychanalytique, on tombe amoureux de son praticien via un transfert pour faire aboutir le processus. Or, ici, on peut se demander si ce qu’elle fait après avoir chassé son démon intérieur et, pour faire revivre George, n’est pas justement de lui offrir sa personne, son amour. C’est un peu plus nébuleux en voyant le film, mais comme ça va bien avec ma théorie plus globale, je garde pour le moment cette explication à la scène.

Scarlett et son père

Une partie de la vie de Scarlett, peut-être même avant sa mort, ont été faits pour lui et non pour elle. Pour lui plaire. Mais, malgré cela, ce dernier se suicide. Elle ne se doutait pas qu’il allait si mal. Elle s’en sentira coupable et cherchera à aller encore plus loin dans les recherches de celui-ci. Mais, en réalité, cela ne l’aide pas. Au contraire, le fantôme de son père continue à être présent.

Ce n’est que quand elle découvre que, la pierre philosophale, c’était « elle » qu’elle a accompli définitivement sa guérison et que ses démons ne lui font plus peur ou ne sont plus une menace. C’est à ce moment là qu’elle peut le prendre dans ses bras et lui parler. En fait, toute la quête de son père, la pierre philosophale, c’était sa fille ou pour sa fille. Et quand il a voulu la joindre par téléphone, elle n’a pas répondu présent, accentuant encore plus son désarroi et la culpabilité que cette dernière ressentira.

Je n’ai compris certaines choses qu’après vision du film. Mes souvenirs ne sont pas hyper précis et forcément un peu manipulés. Je suis certain qu’il y aurait moyen de dire encore plus sur l’histoire entre Scarlett et son père mais je vais m’arrêter là pour le moment et attendre éventuellement la sortie du DVD pour réouvrir le chapitre.

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© Universal Pictures International France

 

Le premier tunnel

Les protagonistes veulent absolument éviter le passage emmuré (l’inconscient) et décide de prendre un autre chemin qui est beaucoup plus long et évite la zone. Toutefois, ce chemin les fait aboutir directement au même endroit. Ils comprennent alors qu’ils ne pourront éviter le passage par l’inconscient. Ce dernier est tout simplement obligatoire pour réaliser la quête du film.

La prêtresse

Il n’y en a que pour Scarlett et son père. Et sa mère ? Où est elle ? Il n’y a d’ailleurs que très peu de personnages féminins si ce n’est l’héroïne. Souxie est assez inconsistante.

Mais, mais, il y a le personnage un peu mystique de la prêtresse. Elle les observe à plusieurs reprises sans pour autant jamais vraiment intervenir (dans mes souvenirs). Serait-elle la mère de Scarlett ? La pendaison, est-elle dûe à cette dernière ? Quel est son rôle ? Mauvais, bon ?

Je sens qu’il y a des sens cachés à propos de la mère. Sans doute des symboles que je n’ai pas pu repérer. Ou alors le film est volontairement muet pour montrer l’importance presqu’exclusive de la relation père-fille ? Difficile à dire.

Si, dans ma théorie, le père se suicide parce que sa fille ne le sauve pas, on peut se dire que la mère aurait alors une certaine rancune vis-à-vis de la fille, rancune rajoutée à de la jalousie qui pourrait bien préexister.

Je n’en dirai pas plus, manquant d’éléments, mais cela pourrait être à creuser.

Le tag de Papillon ?

Je pense qu’il figure là pour montrer que Papillon a lui aussi déjà pénétré dans son inconscient. Toutefois, on voit que son travail s’est arrêté très rapidement. Il n’en a laissé qu’une petite trace au début de son passage. Et, depuis, il craint cette expérience.

Ce tag pourrait également être le révélateur que ce tic qu’il a est lié à ses angoisses personnelles ou même lié à la mort dans la voiture qui finira par l’engloutir.

Le cliché du trésor …

C’est peut-être un des symboles les plus clichés. Quand ils veulent s’emparer du trésor, tout s’écroule comme pour indiquer, comme dans Aladdin, que les vrais trésors ne sont pas matériels et que le matérialisme nous éloigne de la vérité et de notre découverte intérieure.

© Universal Pictures International France

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Les choses sont comme vous voulez qu’elles soient

Bon, d’accord, ce n’est pas la phrase exacte du film (probablement). Mais c’est le sens du message. Le film nous dit que ce qui est à l’extérieur (notre vie consciente) est influencée par ce qui est à l’intérieur (notre inconscient). Donc, en apprenant à nous connaitre de l’intérieur, nous arriverons seulement alors à faire en sorte que les choses soient comme on voudrait qu’elles soient. C’est à dire qu’on récupère alors réellement notre libre arbitre et l’influence occulte de notre passé.

Cela indique également que seuls nous-même pouvons avoir de l’influence sur notre vie et qu’il faut de la volonté pour y arriver. Les choses n’arrivent pas par hasard et croire au destin c’est perdre la possibilité de changer les choses positivement.

« Une vérité nullement communicable à quiconque »

Au début, nous avions rappelé que la vérité qu’on trouvait en suivant les principes de l’hermétisme n’était pas « communicable à quiconque ». On peut faire le parrallèle dans le film avec le fait que les peurs qui sont découvertes n’effraient en réalité que celui qui l’a vécue au plus profond de lui-même. Elles ne se communiquent pas aux autres.

Comparaison avec « The Descent »

The Descent, je pense, est probablement le film d’horreur classé « numéro 1 » (ou proche) dans mon hit parade des films d’horreur.

Je comprends qu’on compare « Catacombes » à « The Descent » mais les deux films ne sont que difficilement comparables. L’un est un film presqu’absolument parfait et l’autre est un film de bonne volonté mais qui a manqué de moyen, de temps et d’ambition d’écriture.

Cela dit, c’est vrai: tous les deux font partie d’un même genre où on est confronté à l’horreur dans un endroit noir, enterré et un huis clos dont on ne trouve pas la sortie. Mais ça s’arrête là. Dans The Descent, la tension monte tout le temps, les personnages deviennent fous (et c’est logique), le premier degré se suffit à lui-même, l’écriture est parfaite et on a vraiment de l’horreur à un haut niveau (tout en évitant les pièges style « the grudge » puisque l’horreur reste confinée à un lieu et contexte précis). Et, cerise sur le gâteau, The Descent pouvait même être « réaliste ». Je veux dire par là qu’il est envisageable que tout ce qui est dedans puisse se passer sans être du « fantastique ». Ce n’est pas le cas dans « Catacombes ».

Impressions personnelles finales

Film assez moyen, mais pas inintéressant, et qui se laisse voir. Pour ma part, on aurait très bien pu retirer la « caméra à l’épaule » sans que le film n’y perde quoi que ce soit.

Il me parait impossible que le scénariste n’ait pas eu conscience de l’aspect second degré de son film. Et je trouve que cela m’aide à apprécier le film. Un peu comme si le film gardait volontairement deux degrés de lecture dont un resterait opaque pour la majorité de ceux qui le verront. Une manière de faire un film intelligent sans perdre trop de spectateurs en chemin.

Mais, pour autant, le film ne sera pas « culte » pour moi. Il manque quelque chose que « The Descent » arrive parfaitement à faire. Un scénario à deux lectures ou le premier degré est suffisamment bien écrit pour se suffire à lui même. Or, l’écriture et le scénario ne sont pas assez bons pour tenir la route dans un angle de vision moins « averti ».

© Universal Pictures International France

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Pour aller plus loin

Bande annonce en français:

Bande annonce en anglais:

Autres critiques intéressantes:

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19 réflexions sur “Catacombes (As Above, So Below), film de John Eric Dowdle, critique et commentaires

    • pas faux

      quelque chose qui m’avait un peu déçu, c’est que tout ce voyage est censé les transformer, mais à la fin, on ne voit peut être pas assez justement qu’ils se sont transformé et ont évolué
      ça aurait nécessité des scènes en plus, et peut-être que ça aurait alourdi, mais ça m’a frappé

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  1. Bonjour, j’aime bien lire après certains films (qui nous font poser des questions) ce genre de résumé-analyse comme tu as fait, et le tient est vraiment pas mal et bien complet 😉

    Pour rajouter quelque chose, je viens de voir le film et la caméra principale (la grosse) est bien lâchée au moment de fuir mais quand Scarlett repart en arrière reposer la pierre et repart ensuite rejoindre les 2 autres elle passe devant la caméra et la ramasse 🙂 (1h21 du film)

    Ensuite, je trouve ça original et mystérieux qu’en fait, en passant du coté « bon » (avec le corp mort mais en bon état, le trésor etc..) au coté « mal » (meme corp mais en mauvais état, dessins des fresques inversés, esprits maléfiques etc…) que la gravité s’inverse aussi du coup. Ils ont l’impression de descendre mais au final reviennent à la surface.

    D’ailleurs cette fameuse bouche d’égout hummm un peu trop facile je trouve. Visible et simple, comme ci en plusieurs siècles personnes ne l’avait ouverte coté surface, et donc vu ce qui s’y cachait en dessous …surtout qu’elle mène dans la rue, tranquille ^^

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  2. J’ai beaucoup aimé cette critique et eu ce que je voulais (je voulais comprendre pour Souxie, parce que c’est le seul personnage pas vraiment développé, on ne connait pas son passé qui la hante…. Du coup, tu dis que La Taupe et elle seraient liés, ça me va, c’est possible ^^)
    Je te rejoins sur le fait que ça soit dommage que les personnages ne soient pas plus développés à la fin, car oui, la quête initiatique doit avoir un impact, mais bon, ça aurait peut-être fait une fin molle… ^^

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  3. Ah si je voudrais rajouter : J’ai pas trop compris pourquoi c’est le fantôme de Zed (la femme et le bébé) qui « attaque » Benji ? En plus on ne connait pas son « fantôme » à Benji… Ça fait un peu « on avait cette idée pour le fantôme de Zed, on voulait absolument le mettre parce qu’on n’a pas bossé sur Benji, par contre faut pas que ce soit le trio initial qui s’en sorte, donc on va inverser ces personnages »

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  4. Bonjour,
    Je trouve ton analyse très intéressante et tu as réussis à interpréter plus d’éléments que moi.
    Pourtant il y en a certains que tu as pas utilisé. Il y a aussi pour moi un autre « second degrés » à interpréter. Je vais tenter de te remémorer un peu la mémoire (ça fait longtemps que tu l’as pas vu ;p )
    -Quand ils passent par le tunnel avant d’entre dans le monde à l’envers, l’héroïne dis que ce sont les portes de l’enfer.
    -Quand Papillon meure, il crie « c’est pas moi c’est pas ma faute » à l’homme dans la voiture en feu, puis fini enterré les jambes en l’air. C’est d’ailleurs l’un des supplices décris dans l’Enfer de Dante de la Divine Comédie (pour information, c’est un livre de la renaissance qui est décris comme le deuxième livre le plus interprété et repris après la Bible, d’où le fait que ce n’est pas qu’un détail ici).
    -Avant que le trio ne se retrouve à Paris à la fin, ils sautent dans un puit immense, Scarlett parle d’avouer ses péchers.
    Tout ceci peut montrer le fait que les personnages sont « jugé » (comme au jugement dernier) et punis pour les erreurs, c’est d’ailleurs leurs erreurs qui les traumatises (la Taupe, au début, dit : « vous êtes pas venu me chercher » par exemple).
    Cet « Enfer » dans lequel les personnages rentrent, peut être ajouter à la thèse du voyage dans l’Inconscient. C’est ce qui me permet de dire que le film veut montrer que l’enfer viens de nous, que notre Inconscient est notre propre enfer qui nous fait souffrir (en réponse à la maxime : « l’enfer c’est les autres »).
    De plus le film sépare l’Inconscient en 2 partis distinct, une parti peu profonde; et l’autre, l’enfer, très profonde. Je n’ai pas poussé plus loin l’interprétation.

    Il y a aussi à ajouter l’histoire de la pierre philosophale. Dans la première parti de l’Inconscient, la pierre philosophale fonctionne, dans l’enfer (la parti profonde) elle ne fonctionne pas, c’est Scarlett qui deviens sa propre guérisseuse.
    J’interprète cela avec le fait que la Pierre est un moyen de guérison physique, et que la personne de Scarlett est mental.
    Les moyens de guérissons physique (médicaments, anti-dépressifs) ne suffisent pas à guérir un personne à tout les niveau, seul celle-ci en est capable avec un travail sur soi.

    Voici mon interprétation assez longue mais qui j’espère peu te sembler intéressante.

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  5. Rah la la, merci pour toutes ces explications, j’ai pour ma par adoré ce film, cependant certains points restaient flous pour moi. Vous m’avez éclairé, MERCI !!!
    Demeure la mort de Ben que je ne comprends pas et je crois que, malheureusement je ne comprendrai jamais. Peut être avez vous une idée?

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  6. Une excellente analyse pour ma part, bien détaillée et claire. Je suis d’accord avec ce côté segond degré qui colle parfaitement à ma vision du film.
    Le réalisateur aurait du « finir » son film, la fin est trop nette, sans aucun liens avec l’idée de base. C’est dommage pck le film en sois était pas mal.

    J'aime

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