J’accuse, film de Roman Polanski, critique et commentaires

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film à la télévision il y a quelques jours.

Le but de cet article est de faire diverses analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Première partie : le boycott

Si je n’ai pas vu l’oeuvre au cinéma, je tiens à dire que ce ne fut pas par « boycott ». Ce fut seulement parce qu’il ne resta pas suffisamment longtemps en salles près de chez moi pour que j’en aie l’occasion (par l’effet du boycott ? je n’en suis pas persuadé, cela reste un film d’auteur et ceux-ci ne font pas une longue carrière près de chez moi).

Donc, j’ai du attendre qu’il passe à la télévision, sur BeTV (télévision payante), pour pouvoir satisfaire ma grande curiosité à son sujet. Curiosité que la polémique n’avait fait qu’attiser.

A la télévision, où on ne paye pas un « prix d’entrée », la question du boycott ne se pose pas de la même manière. Mais elle se pose quand même car il semble qu’il y avait, d’abord et avant tout, une posture morale derrière cette injonction.

Je vais donc commencer par en parler afin d’évacuer, une fois pour toute, ce sujet. Puisque je l’ai vu, je profiterai bien évidemment de mon expérience pour étoffer mon point de vue. Je préfère ajouter également que je suis, de base, assez peu favorable à la censure et que je considère qu’il faut vraiment de bonnes raisons pour en réaliser une, même sous une forme qu’on peut voir comme plus « soft » (le boycott).

Faut-il boycotter « J’accuse » du réalisateur Roman Polanski ?

Je pense que toute personne qui s’intéresse un peu au cinéma a du entendre parler de cette polémique. Et chacun a, évidemment, son avis. Mais le plus difficile, c’est que les débats sont souvent passionnés avec une faible acceptation pour les avis différents du sien. Cela ne me plait pas du tout.

Je vais donc rappeler que ce que je vais écrire ici n’est que le fruit de mes réflexions personnelles à un instant T. Tant mieux si ça peut vous intéresser ou faire évoluer votre propre réflexion / opinion. Mais cela n’a pas pour but ni de vous convaincre d’adopter le même point de vue, ni de vous faire croire que seule ma perception est la bonne. Mon avis pourra encore évoluer, de toute façon.

Ceci dit, on peut commencer.

Comment répondre à la question ?

La question peut paraitre très simple car il n’y a que deux réponses possibles : oui / non. Mais en réalité, elle est plutôt compliquée car il faut prendre en compte de très nombreux arguments. Il faut prendre une balance et placer tous ces arguments d’un côté ou de l’autre et essayer d’estimer enfin vers quel côté cela penche le plus. Et, comme dit précédemment, pour assumer le fait d’inciter à ne pas le voir, cela doit pencher pas seulement un petit peu mais vraiment beaucoup vers la censure.

Le produit est-il remplaçable ?

Pour la plupart des produits, il est possible de boycotter une marque ou une société tout en ayant quelque chose de très similaire ailleurs.

Quand ce n’est pas le cas, comme ici, les choses sont déjà différentes.

Si je veux découvrir au cinéma un bon film qui parle de l’affaire Dreyfus, ai-je vraiment le choix ? Ou si je suis prof et que je prévois une leçon sur le sujet ? Même s’il existe sans doute d’autres films, chaque réalisateur a sa propre patte et se restreindre sur d’autres bases qu’artistiques ou de contenu n’est pas pertinent. On a déjà pas souvent un choix très grand alors si on le restreint, on risque de devoir choisir une oeuvre qui ne sera pas appropriée, soit qu’elle est moins bonne, soit qu’elle adopte un point de vue qui pousse moins à la réflexion.

La conclusion est, pour moi, que dans le cas d’une oeuvre cinématographique, le fait que l’oeuvre ne soit pas remplaçable va toujours aller contre le boycott. C’est pour moi un argument fort parce que je suis, de base, plutôt opposé à la censure que j’estime infantilisante et dangereuse.

Il n’y a qu’un seul film « J’accuse ». Je ne trouverai jamais exactement le même film, tourné par un autre réalisateur. Alors que je si je boycotte la supérette du coin, je peux trouver les mêmes produits dans un autre magasin.

Les faits reprochés sont-ils avérés ?

Je peux reconnaitre les faits de deux manières. Soit via la justice et là, il n’y a alors aucun doute « officiel » (même si la justice peut se tromper et préfère ne pas prendre de risques). Ou soit par le biais d’un aveu ou quand on est face à une situation assimilable au flagrant délit (haut niveau de preuve). Le témoignage contredit (parole contre parole) ou non confirmé n’est pas, à priori, un niveau suffisant de preuve.

La justice s’est prononcée aux USA il y a très longtemps, il a payé la peine prévue par l’arrangement qu’il avait passé et a évité une sorte d’abus de droit (une possibilité de peine de prison sans fin) en quittant le pays. Par ailleurs, la victime, Samantha Gailey, n’a plus de désir de vengeance et estime que, pour elle, l’affaire est close. Jusqu’à l’épisode de l’abus de droit, il a rempli le « contrat » qu’il avait conclu avec la justice et qui devait aboutir à sa libération.

Il y a eu ensuite, récemment, de nombreux témoignages sur des faits très anciens. Les faits sont tellement anciens qu’il n’y a plus de travail judiciaire possible. Ici, Polanski n’a rien reconnu. Et il n’y a donc aucune preuve autre que « parole contre parole ».

A noter sur le sujet de la prescription cet article écrit par des avocats dont le contenu m’a intéressé.

La quantité de témoignages est-elle une preuve en soit ? Il est vrai que c’est interpellant. Mais dans l’autre sens, le temps passé va au contraire rendre les témoignages moins fiables. La mémoire humaine est très malléable et le travail des années ou de suggestion peut créer des faux souvenirs. C’est aussi pour cela que des preuves matérielles ou des aveux sont très importants.

Selon le double principe important de la présomption d’innocence et de la charge de la preuve pour l’accusation, il n’y a pas assez pour que je considère sa culpabilité comme avérée pour les cas où la justice ne s’est pas prononcée. Et même si elle l’était, il me semble que tous les faits rapportés sont trop anciens et que la prescription joue.

Cette ancienneté et le fait qu’aucun témoignage récent n’existe veut dire aussi que, si les accusations avaient été vraies, il aurait donc fini par s’arrêter et s’amender de lui-même sans devoir passer par la case « justice ». Et cela, c’est important car cela veut dire qu’on est face à quelqu’un qui est capable de s’amender, s’arrêter et qu’un long temps de probation est passé sans récidive (en gros Polanski ne serait pas quelqu’un d’irrécupérable). Cela n’excuse pas ou ne provoque pas le pardon mais je pense que le temps et le changement sur la durée doivent quand même être pris en compte.

Si il y a la prescription qui est prévue dans nos états de droit ou si les peines de prisons sont rarement à vie, ce n’est pas sans raison.

En conclusion, ici la balance va en faveur de la présomption d’innocence en grande partie mais j’appuie quand même un peu sur l’autre côté de la balance vu le nombre de témoignages. Le fait qu’au moins un cas a été reconnu et avéré ne rentre pas dans la balance car je ne suis pas pour des peines « à vie » et il est sage qu’une réinsertion soit possible après avoir purgé une peine.

Le « produit » a-t-il été le fait de ce seul homme ?

Je fais partie des rares personnes qui restent dans la salle de cinéma jusqu’au bout du générique. J’aime bien regarder tous ces noms qui ont participé à une oeuvre collective. Et parfois, il y a un petit bonus tout à la fin sous forme d’un petit commentaire audio ou de quelques images supplémentaires, mais ce n’est pas la raison principale.

Pour faire un film, il y a énormément de professionnels qui sont nécessaires. Cela veut dire aussi que beaucoup de gens vivent de cette industrie. Et quand on boycotte un film, c’est une punition collective qu’on fait. Or, j’ai toujours détesté les punitions collectives. Voir, même, j’ai toujours trouvé cela très lâche. Le réalisateur a évidemment un rôle important mais ce serait être insultant, et peu social, pour tous les autres que de faire comme si c’était le seul qui avait créé ou le seul qui en bénéficiait (pour justifier le boycott).

Car, en plus d’être une punition collective, c’est aussi cracher sur un travail artistique qui, à priori, n’est pas corrélé à ce qu’on l’accuse. Les nominations aux César me paraissent tout à fait méritées si on regarde la qualité du travail réalisé.

Ici, on est clairement à faire beaucoup pencher la balance en faveur du non boycott.

Le film est-il de qualité ? Nous apporte-t-il quelque chose en tant que société ?

Oui, selon moi, le film est de grande qualité. Je suis content de l’avoir vu.

Et je pense que les thématiques qu’il aborde sont particulièrement bienvenues en ces temps politiques troublés où les populismes extrémistes n’ont jamais été aussi forts. Mais on reparlera dans la deuxième partie.

Le film fait-il l’éloge de ce qu’on reproche à Polanski ?

Si on considère que Polanski a subit une injustice, on peut voir un parallèle entre la situation du film et celle de son auteur. Mais on est d’accord que ceux qui appellent au boycott ne pensent pas Polanski innocent (donc, pour eux, il n’y a aucun lien possible).

Et, même là, le déroulé n’est pas le même :

  • Dreyfus subit une injustice à cause des préjugés raciaux et/ou parce qu’il a une trop belle « gueule » de coupable et/ou à cause de l’incompétence des services de renseignement (ou un mix des trois !).
  • Polanski se sent victime d’une injustice car il pense avoir payé son dû à la justice des USA et qu’il a respecté sa part du contrat avec elle.

Autrement dit : l’un est innocent et accusé à tort, l’autre est coupable mais ne veut pas payer indéfiniment pour le même fait. Les situations ne sont pas tout à fait les mêmes, on est d’accord.

Conclusion

Je ne suis pas en faveur du boycott. Je conseille au contraire de voir l’oeuvre, que vous aimiez ou non Polanski. Que vous le pensiez coupable ou non. Pour une raison que je n’ai pas encore évoquée : voir une oeuvre ne sera jamais un blanc-seing à l’artiste. Non, voir une oeuvre ne cautionne pas tout ce qu’un artiste a fait. Par contre, cela permet souvent de mieux comprendre celui-ci. Car oui, l’oeuvre et l’artiste sont liés. Et quoi de plus intéressant que de s’intéresser à ce qu’un être humain fait pour mieux le comprendre, y compris si vous le pensez coupable.

Je le répète encore une fois : voir un film ne constitue pas et ne constituera JAMAIS une caution à tout ce qu’un réalisateur a pu « réaliser » dans sa vie.

Vous me direz que vous voulez seulement le « punir », « rendre justice ». Alors, vous punissez toutes les personnes qui ont travaillé avec lui et vous rendez une justice populaire. On a alors tout simplement pas les mêmes valeurs.

Et les victimes dans tout cela ? Personne ne les oblige à voir le film. Pire, la campagne de boycott est là pour occuper les médias en permanence. Est-ce vraiment positif pour elles ? Ou seulement pour ceux qui s’érigent comme leurs défenseurs auto-proclamés ? On l’a vu, la première victime, la seule reconnue, n’a pas le « bon avis » sur la question. Du coup, sa parole n’a pas d’importance. Ce qui me laisse à penser qu’on est plus dans la manipulation des victimes que dans leur défense.

Deuxième partie : le film

Comme d’habitude, j’articule mon propos autour de quelques thématiques que je choisis et qui ne sont pas forcément connectées entre elles.

Le complot

Le film est très clair sur le fait que, selon lui, il y a bien eu une sorte de complot contre Dreyfus. On a tout fait pour qu’il soit accusé et reconnu coupable. Cela ne veut pas dire que ceux qui ont agit en ce sens n’étaient pas persuadé de sa culpabilité. Là-dessus, finalement, il reste encore un léger doute. Mon impression est qu’ils le croient coupable, qu’ils le veulent coupable et qu’ils agissent en ce sens, au moins au début. Toutefois, le film nous montre quand même qu’ils prennent beaucoup de précautions pour l’isoler et qu’il ne puisse parler à personne. Comme si au moment du verdict de culpabilité, ils savent déjà.

Sur l’isolement, on peut se dire que c’était soit pour l’exemple (le « casser »), soit parce qu’ils le savaient déjà innocent et qu’ils voulaient à tout prix éviter le scandale. Là encore, cela ne voudrait pas forcément dire qu’ils le savaient innocent dès le départ. Mais qu’ils veulent éviter le scandale après s’être rendu compte de leur bêtise.

Le responsable de la cabale pourrait être le responsable du renseignement qui précède Picquard, qu’on voit très peu, et qui meurt rapidement de par une maladie « honteuse ». On suppose que c’est par lui que tout a commencé et que c’est lui qui a donné les ordres puis qui a fait tout déraper. Les responsables ne parlent pas de lui en termes élogieux (évocation des tremblements), ce qu’on peut voir comme une preuve que, rapidement, ils se doutent que le travail n’a pas été bien fait.

Après la condamnation, on voit que, malgré les preuves, les différents responsables ne changent pas leur jugement voir font obstruction au rétablissement de la vérité.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cela :

  • le biais de confirmation. Ce serait l’explication la plus « humaine ». Personne n’aime admettre avoir fait une erreur. Et quand l’erreur a eu des conséquences graves, il est probable que le biais de confirmation va être encore plus renforcé : cela permet de ne pas se sentir responsable de toutes les conséquences graves qui en ont résulté.
    Le film ne donne pas l’impression qu’on se trouve face à un aveuglement. On peut presque oublier cette explication, selon moi.
  • l’antisémitisme. Dreyfus étant juif, on se laisse aveugler par la haine envers les juifs et on considère l’injustice comme moins grave. Ici, le film est explicite sur cette part d’explication. S’il n’avait pas été juif, les choses ne se seraient peut-être pas passé exactement de manière pareille.
  • l’honneur / le déshonneur, l’égo. Là, on est face à la motivation la plus importante. L’armée, le Gouvernement doivent avoir une image infaillible et ne peuvent se déjuger publiquement. Et après tout le ramdam médiatique qui a eu lieu, se compromettre est hors de question pour eux. C’est bien pour cette raison-là que prouver l’innocence de Dreyfus a été si difficile et a pris autant de temps. Il s’agit aussi de questions de « carrière » mais on va en parler au point suivant.

La bureaucratie VS l’honneur le courage

L’affaire Dreyfus serait sans doute à jamais resté nébuleuse si un seul homme n’avait pas pris l’initiative de mener une vraie enquête, de prendre en compte les éléments qu’il avait et de chercher à faire justice. Tout seul, sans l’aide d’autres personnes, il ne serait arrivé à rien. Mais sans lui, il n’y aurait pas eu moyen d’innocenter complètement Dreyfus.

D’abord parce qu’il trouve le VRAI coupable ! Ce qui était essentiel et qu’il était le seul à pouvoir faire. Ensuite, parce qu’il arrive à prouver que Dreyfus n’était pas un traitre et fait sortir les éléments du dossier vers la société civile.

Il est vraiment important que le film le mette à l’honneur.

Car, tout autour de lui, c’est le comportement inverse qui est observé. Celui de la bureaucratie. On obéit, on favorise sa carrière, on protège son institution et on se fiche de l’injustice. En fait, la bureaucratie est, malheureusement, un comportement très humain et très courant. Faire du personnage joué par Jean Dujardin un héros est donc essentiel pour moi si on veut rappeler que le comportement bureaucrate n’est pas la seule voie possible et que la résistance à celle-ci peut même finir par être récompensée. En effet, Picquart subit le contrecoup dans un premier temps mais termine le film réhabilité et Ministre.

D’ailleurs, peu importe qu’au final, Picquart avait ou n’avait pas des nobles intentions dès le moment où dans les actes, et malgré son antisémitisme, il agit et permet à la vérité de triompher. En y réfléchissant, je trouve ça encore plus beau qu’un opportuniste et antisémite ait été au centre de la réhabilitation d’un juif et qu’il ait réussi à mettre au moins en partie cette haine de côté pour arriver au résultat qu’on connait. Le chemin à parcourir était moins évident et moins facile pour lui mais il l’a quand même fait.

De même, si le film le rendait plus beau qu’il ne l’était dans le réel, cela ne me dérangerait pas non plus. Un film n’est pas exactement un documentaire. Et quand cela sert un propos qui encourage à se comporter comme un Homme plutôt que comme un bureaucrate, alors tant mieux.

Découpage du film

Le film est très bien réalisé, on ressent beaucoup d’émotions à le regarder. Mais, petit bémol, je trouve que le découpage dans les différents « temps » n’est pas toujours si facile à comprendre. L’histoire dure longtemps et par brefs moments, j’ai été un peu perdu. Ce n’est pas très grave mais c’est un des reproches que je ferai au film.

Le point de vue

L’affaire n’est pas vue par les yeux de Dreyfus. Outre que cela n’aurait pas été très intéressant vu que l’action se passe majoritairement hors de sa vue, c’est aussi un choix de narration très intéressant. Celui qui vit avec nous l’affaire n’est autre qu’un antisémite. Et qui malgré cela se battra pour la justice.

Casting

J’ai trouvé Jean Dujardin excellent dans son rôle. Il nous montre là toute l’étendue de son talent d’acteur.

Le casting du film, lui-même, est très bien composé avec beaucoup d’acteurs de talent.

On se rend compte que ce film avait tout pour rassembler autour de lui s’il n’y avait pas eu la polémique lancée autour de son réalisateur.

Une histoire que je méconnaissais

Très rapidement, je me suis rendu compte que je n’avais retenu de mes leçons scolaires que très peu de chose. En fait : l’existence d’une polémique qui avait clivé la société. Autrement dit, je ne me souvenais que du fait que quelqu’un avait été accusé à tort et qu’il y avait eu des énormes tensions dans la société française sur fond d’antisémitisme.

Le film permet de comprendre beaucoup mieux ce qui s’est passé. Notamment le fait que cela a duré très longtemps. Mais il va aussi plus loin car seul un film peut vraiment montrer les jeux de pouvoir et relationnels qui ont eu lieu et qui ont été importants.

Conclusion

C’est, selon moi, un bon film français historique. Si l’affaire Dreyfus vous intéresse, allez le voir. Si vous aimez les héros qui n’hésitent pas à prendre des risques même s’ils ne sont pas tout propre, allez le voir également. Dans tous les cas, je ne pense pas que vous passerez un mauvais moment de cinéma.