Pensées pour Manu, oncle et parrain décédé ce 19 mars au bel âge de 88 ans

Tu es décédé il y a plus de dix jours maintenant. Je suis venu te rendre un hommage au funérarium, ne sachant me rendre à ton enterrement le lendemain. Je viendrai un jour prochain déposer une fleur sur ta tombe. Mais en attendant, il me restait ce que je sais encore faire de mieux, partager par écrit quelques pensées à ton égard.

A dire vrai, je n’ai pas réalisé tout de suite. On est pris par le temps, les obligations diverses, les soucis du quotidien et professionnels. On a pas assez de temps pour méditer. Ce moment de recueillement, je l’ai eu seulement en me rendant à Rixensart au funérarium.

Ce que je pense, je ne peux le livrer facilement devant des regards extérieurs, même proches. Alors, je le fais par écrit, à froid, seul devant mon bureau.

Souvenirs

Un jour, mon frère et moi t’avons accompagné à DHL qui était ton employeur. Tu étais un homme important et apprécié là-bas. Sympathique et aimable. Cela se voyait et se ressentait dans tes contacts humains. Il y a sans doute des pilotes qui profitent de leur rang élevé pour en imposer mais ce n’était pas ton cas.

Ce jour là, j’ai pu découvrir ton métier qui était aussi ta passion. Monter dans des avions cargos, les visiter, découvrir un poste de pilotage ; ce furent des souvenirs qui restèrent gravés dans ma mémoire, même si je n’en ai que des flashs.

Je me souviens aussi de ce jour, beaucoup plus tard, où tu avais rencontré, à l’occasion d’une fête de famille, un ancien pilote de l’armée avec qui tu avais compagnoné après guerre. Quelle joie pour vous deux de vous revoir, par surprise, et de vous raconter vos anecdotes.

Tu adorais raconter ta riche expérience de vie et c’était toujours fait d’une manière vivante et non condescendante.

Ta passion, c’était aussi tes enfants. Tu étais très fier d’eux et cela se voyait. Je me souviens d’histoires à propos de l’Alaska, du mode de vie, des expériences vécues par Guy, d’un extrait de l’émission des belges du bout du monde, des photos dans le bureau, des articles dans les journaux ou encore des aurores boréales. L’Alaska avait beau être à des milliers de kilomètres, c’était comme s’il ne s’était jamais vraiment éloigné.

Ton autre fils était lui aussi très brillant, avait bien réussi et tu en étais fier.

Je pense que la vie t’a donné ce que tu voulais qu’elle te donne et qu’elle a été belle. Tu as eu celle que tu voulais et cela participait certainement à ta bonne humeur. J’en suis heureux pour toi. Je suis triste de ton départ mais, comme la photo qui était posée sur ton cercueil, je ne peux m’empêcher de penser à toi avec le sourire.

Regret

Nous avions convenu de venir vous rendre visite, à Marie-Thérèse et à toi, avec Florence lorsque le printemps serait revenu. Ça n’a pas pu se faire, c’est dommage. Mais tu as pu revoir tes deux fils avant de partir et c’était certainement le plus important.

En même temps que mes parents reprenaient contact avec vous, j’ai eu, sans m’en rendre compte, la peur de perdre mes souvenirs familiaux. Aujourd’hui, je sais que c’était lié à vous parce que votre santé déclinait à tous les deux. Alors, j’ai commencé à interroger des membres de ma famille et à prendre note pour plus tard de ce qui peut être dit et entendu. J’ai l’ambition un jour d’y mettre de l’ordre et de permettre à mes frères et à mes enfants, neveux, nièces, etc … de découvrir un peu mieux la vie de leurs ancêtres.

Toutefois, ce vendredi où je suis venu te rendre hommage, j’ai eu cette pensée que ce travail, c’est avec toi que j’aurais dû le commencer. Malheureusement, j’ignorais que tu nous quitterais si vite. On ne s’imagine jamais que cela va arriver. On pense toujours qu’on aura tout le temps. Mais c’est faux, tu es parti et je n’ai pas pu venir t’écouter me raconter une dernière fois tous tes souvenirs d’une vie trépidante. Et je n’ai pu les coucher sur écrit. C’est là mon plus grand regret sans doute.

Je sais que mes parents continueront, autant que leur propre santé le permet, à veiller sur Marie-Thérèse. Je sais aussi que tu ne voulais pas la laisser seule, mais la vie est parfois cruelle. Repose en paix, Manu.

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Petit bilan personnel et blog 2017

Pour le bilan des films de l’année, voir : Bientôt les Oscars 2018 … occasion d’un petit bilan filmique 2017

Bilan personnel

Couple

Cette année, nous avons fais un grand pas en emménageant ensemble dans l’appartement que je louais.

Ce ne fut pas une décision facile mais il le fallait. A noter que ce n’était ni un coup de folie ni quelque chose d’irréfléchi. C’était bien pesé, on savait vers quoi on allait et les risques qu’on prenait. On habitait déjà mi-temps ensemble donc on savait aussi comment se passerait la vie commune.

Ma fille

Durant les six derniers mois de l’année, j’ai aussi pris conscience des difficultés en lecture de ma fille et on a travaillé cela avec assiduité : lectures tous les jours. Ce ne fut pas toujours facile, surtout au début, mais les résultats sont là, gros progrès dans le dernier bulletin de l’année. Il ne faut pas lâcher car elle a toujours difficile pour certaines prononciations, elle mélange parfois les lettres et confond encore certains sons. Mais elle a bien progressé, elle est douée quand elle comprend qu’on a rien sans rien. Sa plus grosse difficulté, c’est encore de tolérer son propre échec car elle se veut parfaite malgré qu’on (ses parents) ne lui mettons pas la pression, pourtant.

Par rapport au divorce, je pense qu’un suivi psy serait profitable. Actuellement, elle voit déjà la PMS de l’école de temps en temps quand elle a ses grosses périodes de stress (qu’elle ne peut pas cacher, vu l’eczéma que cela provoque dans ses cheveux) et cela l’aide bien. Mais elle ne vit pas toujours bien la séparation, c’est normal, ce n’est jamais facile pour un enfant, quel que soit son âge, de voir ses parents divorcer.

Travail

Pour moi, au boulot, ce fut l’occasion d’une promotion qui fit du bien pour la reconnaissance de mon travail. Mais, d’un autre côté, ce fut aussi la concrétisation d’un projet de « redesign » qui provoque bien des inquiétudes au sein de mon équipe (et de stress pour moi, on ne va pas se le cacher). Du coup, 2018 s’annoncera peut-être avec un changement de job : je regarde les opportunités. Mais, je ne partirai que si le nouveau job m’intéresse et me permet de relever de nouveaux défis.

Je ne me suis jamais vu occuper la même fonction toute ma vie. Je me suis même souvent vu imaginer réorienter ma carrière vers la moitié de celle-ci ou après que le ou les enfants aient suffisamment grandi. L’informatique m’intéresse beaucoup. Pour autant, ce n’est jamais facile de quitter quelque chose qu’on connait ou qu’on a appris à connaitre pour quelque chose de nouveau. Surtout quand on a le sentiment de ne pas encore avoir fait le tour de la fonction actuelle. Mais, d’un autre côté, il vaut mieux partir avant que les choses ne se dégradent de trop.

Syndicalement, comme les dernières années, avec tous les changements en cours dans la fonction publique, ce fut de nouveau une année prenante. Là aussi, mon travail est apprécié, mais il s’agit de ne pas non plus se noyer. J’ai toujours pris à cœur de défendre mes collègues mais j’ai toujours eu également comme objectif parallèle que cela ne m’empêche pas de rester efficace dans ma fonction principale.

Blog

16 articles ont été publiés en 2017.

36 889 pages vues en 2017, soit une grosse diminution par rapport à 2016 (qui était à 44 568). Au total, on a dépassé le cap symbolique des cinq ans et 150 000 vues.

Je continue à écrire selon mes envies et à diversifier un lectorat qui continue de venir très majoritairement de Google. Il y a maintenant 143 articles et 88 abonnés au blog.

J’ai toujours autant de plaisir et d’envie d’écrire. J’espère que cela durera encore des dizaines d’années. Le manque de temps fait que ce bilan est tardif (on est quasi en mars !!). Mais malgré ça, arriver à écrire encore plus d’un article par mois me satisfait pleinement.

L’incendie de l’innovation en 1967 … si loin et si proche de moi

Loi de Murphy selon Wikipédia

« S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »

La loi de Murphy est le constat, élevé au rang de principe fondamental de l’univers, que « le pire est toujours certain ».

On ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout système comme si la loi était vraie. En particulier, un équipement doit être à l’épreuve non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l’utilisateur.

Note personnelle ou conclusion avant l’heure: si on avait tenu compte de cette loi, si on avait pris un peu plus au sérieux que le pire est toujours certain ou du moins probable, ce sont des milliers de personnes décédées, blessées, traumatisées, touchées par un lien familial qui auraient pu être épargnées.

Tout le monde en a déjà parlé …

Alors pourquoi ai-je ressenti ce besoin d’écrire un billet personnel ? Parce que c’est aussi une partie de mon histoire personnelle et familiale, une sorte d’héritage que je dois porter et dont je dois parler.

Je pense que cet incendie a eu sa part d’influence sur ma personnalité. Et j’ai envie d’ajouter ma pierre à l’édifice pour que personne n’oublie ce qui fut la plus grande catastrophe de l’histoire de Belgique en temps de paix. Et, surtout, que personne ne néglige plus jamais la sécurité incendie.

(c) Le Soir Illustré et biblio mania

Et si …, ces (non) choix qui nous sauvent la vie

Ma mère, Myriam Minique (si vous l’avez connue dans sa jeunesse : Contact), qui avait 23 ans le jour du drame, travaillait dans une crèche à Boondael à l’époque.

Le jour du drame, elle s’est rendue à la mutuelle dans le centre ville. Durant le temps de midi, elle voulut prendre son après-midi en congé. Elle failli téléphoner à sa collègue pour lui demander de la remplacer. Et elle se serait rendu à l’Innovation, si elle l’avait fait car c’était son magasin préféré.

Au final, elle s’est dit que de toute façon elle n’avait pas les sous, refuse de déranger sa collègue et prend son service comme prévu.

Et si …

Cette question, je me la pose souvent pour moi-même. Et si  un jour, je prends un train plus tôt ou plus tard, ou le bon train … Et qu’il y a un accident. Et si mon lacet se défait et qu’à quelques minutes près, c’est un autre qui se fait renverser à ma place.

Ma mère, ce jour là, a failli y rester ou connaitre plus directement le traumatisme.

Cela veut dire aussi qu’elle a pu développer ce qu’on appelle le syndrôme du survivant (interview d’une psychologue, page wikipédia).

Tout le monde se souvient

Il n’est pas nécessaire d’être allé à l’Innovation ce jour là pour avoir connu le traumatisme.

Le nombre de gens impactés est bien plus grand que cela. Chaque bruxellois connaissait quelqu’un directement ou indirectement touché par l’incendie. Les secouristes, badauds, pompiers, habitués de l’Innovation, familles et amis de ces personnes là, ce sont plusieurs milliers ou dizaine de milliers de personnes qui ont vécu cela dans leur chair.

Ce jour là, un opticien de la rue où ma mère travaillait a fermé ses volets à 16H. Son épouse était cheffe vendeuse à l’Innovation. On peut imaginer, et lui rendre hommage ainsi, qu’elle est restée prisonnière et qu’elle a aidé autant qu’elle pouvait les clients et les collègues à s’échapper faisant ainsi honneur à ses responsabilités. Mais, cela console-t-il vraiment de le savoir ou de l’imaginer ?

Ma mère me racontait également l’histoire d’une mère qui était dans l’innovation. Une amie la croise dans le tram et lui fait remarquer avec le sourire qu’elle a survécu. Mais, sans savoir, que son enfant et sa mère, eux y sont restés.

Du côté de mon père aussi

Ma grand-mère paternelle, je l’ai peu connue, bien qu’elle ait vécu jusqu’à un âge avancé travaillait ce jour là à l’Innovation.

Elle s’appelait Marie-Thérèse COLLETTE. Il se fait qu’elle travaillait le jour du drame au premier étage, celui où l’incendie s’est déclaré, dans le rayon des fourrures. La vendeuse qui a lancé l’alerte s’appelait aussi Marie-Thérèse mais, après renseignements, son nom de famille était Vanderhaegen. Jusqu’à récemment, j’ignorais totalement ce fait.

[EDIT du 19/05/2018] Jusqu’il y a peu, j’ignorais également qu’une sœur de mon père travaillait dans le rayon des parfums mais, par chance, elle n’était pas là ce jour là car elle était en vacances.

(c) RTBF

Mon fonctionnement interne

Je suis un peu comme un joueur d’échecs, j’essaie souvent de deviner ce qui va arriver. Je m’imagine des scènes. C’est la manière trouvée par mon cerveau pour gérer le stress et les angoisses. En même temps que se déroulent sous mes yeux mes rêves éveillés, je vois ce qui va et ne va pas, je peux ajuster mes réactions. Cela m’est souvent utile.

Mais, à contrario, surtout dans ses moments d’angoisse post-attentats, ce n’est pas toujours joyeux.

Une de mes grandes peurs, depuis tout petit, est de perdre ceux que j’aime. Ou d’être perdu pour eux (je sais, pas très original). Un de mes plus grands cauchemars: perdre la vie sur le chemin du retour et laisser ma fille m’attendre à l’école. Sans « adieux », sans que plus jamais elle ne me revoie, l’abandonnant involontairement pour toujours.

Et dans tous ces témoignages lus, entendus, ce sont ceux là qui me touchent le plus: ces familles détruites par la disparition d’un proche, d’un ami, d’un enfant, d’un mari, d’une épouse. Quand je lis ces histoires de main qui lâche, d’enfant écrasés, de parents perdus … j’en ai les larmes aux yeux; j’en pleure véritablement. Car je ne peux m’empêcher de me mettre à la place de ces gens. Je ne peux éviter de penser perdre ma compagne ou ma fille et d’en être irrémédiablement détruit.

Au boulot

Je suis délégué syndical, je fais parfois des visites de bâtiment dans le but de vérifier leur conformité. C’est une mission souvent déconsidérée dans les faits mais, pourtant, d’une importance cruciale.

Durant mes études, j’ai été sensibilisé au bien-être au travail et aux normes qui y sont accolées. Il y a deux choses que je vérifie systématiquement: l’hygiène (savon dans les toilettes ?, propreté ?) et les normes incendie. Ca me rend furieux (même si je ne le montre pas) quand je vois des graves problèmes.

A bien y réfléchir, aujourd’hui, je me demande si cette histoire familiale que j’ignorais jusqu’il y a peu, n’est pas en partie la cause de cette très grande importance que j’accorde à la sécurité incendie. Et de l’irritation que je ne peux m’empêcher de ressentir face, parfois, au je m’enfoutisme des collègues ou des autres syndicats, au relativisme trop fréquent face à des situations anormales: un couloir encombré, des charges calorifiques inutiles, une sortie de secours fermée et dont on ne sait où se trouve la clé (!!).

(c) RTBF

La bêtise humaine … et les héros

Ce jour là, il y a eu des actes extrêmement courageux et héroïques ! Des gens ont fait tout ce qui leur était possible, sans trop réfléchir, pour aider. Et il y a certainement eu des vies sauvées grâce à cela. Et ça, c’est vraiment beau.

Mais d’un autre côté, je ne peux pas non plus oublier les gens qui en ont profité pour voler un appareil photo ou dans la caisse et qui ont profité de cet immense malheur pour leur profit personnel. J’espère qu’ils en ont acquis des immenses remords par la suite.

Egalement, je pense que la sécurité incendie aurait pu être bien meilleure. Elle l’était déjà (splinklers) dans d’autres magasins donc, hormis le coût, c’était tout à fait possible ! Les nombreuses erreurs commises et dysfonctionnements ont fait beaucoup de victimes. Je comprends le « non lieu » au regard des normes (inexistantes) de l’école et, heureusement, l’arsenal législatif a été étoffé depuis mais quand même … il ne faut pas attendre d’être obligé pour agir. Alors, oui, ça me mets en colère.

C’était une époque où il y avait sans doute trop de confiance ?! Cette anecdote où un employé, avant de s’enfuir avec raison, signale au restaurant qu’il y a le feu ! Et personne ne le croit ! Mais, avec une sonnerie incendie fonctionnant mieux, le restaurant aurait été évacué plus vite.

Incompétence, injustice

Ce drame est un mélange de malchance, de mauvais choix humains et techniques et, sans doute aussi, d’incompétence et d’économies mal placées.

Enfant, j’ai été un peu traumatisé par l’histoire du Titanic qui rappelle beaucoup de ces ingrédients avec un excès d’optimisme et des mauvais choix. Et des hommes et femmes piégés au milieu d’un élément froid et mortel. C’était de l’eau, pas du feu: seule différence de ce piège mortel, qui ne le rend pas moins horrible.

(c) Paris Match

Attentats, foule

J’ai toujours été sensibilisé aux effets de foule: écrasements, panique, etc … Et les attentats injustes et horribles qui se sont déroulés ces dernières années, n’ont fait qu’accentuer cette petite phobie que je garde sous contrôle.

Le 14 juillet 2016, je n’étais pas à Nice, j’étais aux Sables d’Olonne. Plage noire de monde, digue de mer également. Nous y avons assisté d’un endroit où nous ne risquions pas l’écrasement. Et quand tout fut finit, nous avons attendu que la foule se dissipe. Car, ce sont des choses que j’ai toujours faites.

En rentrant à l’hôtel, nous avons allumé la télévision, il y avait l’attentat de Nice qui tournait en boucle. Et j’ai compris que ce genre de précautions n’était certainement pas inutiles même si je n’imaginais pas à quel point.

Je déteste me promener dans la rue Neuve quand elle est noire de monde. Et je ne cesse de penser aux catastrophes possibles. Ca ne m’empêche pas de vivre. Mais j’ai cette angoisse en moi. Et je regrette que ma fille grandisse dans un monde pareil même si je veux la préserver au maximum. C’est une bonne chose qu’elle ne sache pas encore que le monde n’est pas tout rose.

Plus jamais ça, soyons toujours vigilants

Rappelons-nous que cet incendie a touché des milliers de personnes directement et, indirectement, encore au moins dix fois plus. Tous, on a donc de bonnes raisons de se rappeler que jusque dans notre chair, on est liés à cet événement horrible.

Il y a des lois, il y a l’inspection du bien-être au travail (SPF Emploi), il y a nos délégations syndicales. Il est de notre devoir d’alerter les bonnes personnes si on constate des dysfonctionnements dans la sécurité. Chacun, nous pouvons être un héros et éviter des morts ou des blessés évitables.

Parce que, si le pire n’est jamais certain, il est au moins toujours probable ! Cela n’arrive pas qu’aux autres !

Dans ma rue, un marchand de sommeil hébergeait des ouvriers polonais dans un immeuble prévu officiellement pour l’entreposage de matériaux. Certaines fenêtres, évacuations, avaient été fermées par des cloisons. Un incendie s’est déclaré, deux personnes se sont enfuies et deux autres sont mortes, brûlées vives. Des riverains les ont entendu crier !

Des voisins savaient mais la ville n’avait pas été alertée. Et si les responsables payeront, il est trop tard pour deux êtres humains, quelles que soient leurs origines. Dénoncer ce genre de situation, ce n’est pas de la délation, c’est du civisme ! On pense toujours que quelqu’un d’autre va le faire à notre place, que les autorités n’agiront pas, ce n’est pas forcément vrai.

Personnellement, j’ai déjà dénoncé un propriétaire verreux qui louait des kots dans des conditions anormales avec aucune norme respectée. J’ai été me renseigner s’il avait un permis locatif et il n’en avait pas. Par ailleurs, en expliquant la disposition des lieux et les manquements, il m’a été assuré qu’il n’en aurait pas sans de profonds travaux. Je l’ai fais, je ne le regrette pas, et je le referai si c’était nécessaire.

La sécurité, c’est l’affaire de tous.

(c) Le Vif

Il n’est jamais trop tard pour bien faire

Quelque chose qui m’a interpellé, c’est l’absence d’aide psychologique apportée aux victimes. Même cinquante après, je ne pense pas qu’il soit unite d’entamer ce genre de thérapies. Ou d’écouter les survivants pour leur permettre de panser leurs plaies plus facilement.

Pour aller plus loin

Le Paris Match d’il y a cinquante ans

Les photos en couleur (c) du Paris Match de 1967 avec les légendes qui y étaient écrites.

Le film en couleur de la tragédie. C’était la trêve du déjeuner. Sur la façade du magasin un drapeau étoilé annonçait la « quinzaine commerciale américaine ».

C’est la fournaise. Sous l’effet de la chaleur toutes les vitres explosent tour à tour. Mais les montants d’acier des fenêtres sont devenus comme les barreaux d’une prison. Derrière, à tous les étages c’est l’enfer.

Même le fer a fondu. Tout ce qui était de bois, de plastique a brûlé. On ne sait encore, pour combien de Bruxellois, ces décombres sont un tombeau. Des sept étages d’Innovation, il ne reste qu’un cratère géant.

Le toit brûle avant les deux derniers étages. Cette photo souligne un mystère : elle permet de se demander s’il y a un ou plusieurs foyers d’incendie. Sur sa hampe intacte le drapeau américain se consume lentement.

Ma mère possède encore le Paris Match d’il y a cinquante ans et j’ai entièrement scanné et retranscris le reportage sur l’incendie pour le mettre à disposition sur cette page de mon blog.

Média

On retrouve une couverture média importante si ce n’est pour la TV où aucune émission spciale ne semble prévue pour les 50 ans, ce qui me semble particulier même si j’imagine que le JT assurera une couverture importante des commémorations.

Web

2016 en vrac … petit bilan

WordPress ne fait plus de rapports automatisés, du coup, le bilan sera un peu plus personnel cette année: vie, blog, séries, films, livres.

Dans ma vie

2016 fut l’année d’un nouvel amour que j’espère durable, de vacances reposantes et de la première année complète de garde alternée (qui fonctionne très bien). Ce fut aussi une entrée en primaire stressante pour mon petit lapin mais elle a reçu toutes les éloges des professeurs lors de la réunion de parents.

C’est aussi beaucoup d’angoisses malgré mon apparence paisible. Et ce fut la mononucléose que je ne souhaite à aucun adulte même si j’avais heureusement quelqu’un près de moi pour me soutenir dans la maladie.

Je n’attends rien de 2017 mais je pense que le pire est derrière moi, dans ma vie.

J’espère pouvoir avancer professionnellement, dans mon couple et dans ma famille, ce sont mes souhaits. Et j’aimerais pouvoir finaliser un projet d’écriture fictionnelle mais qui n’est pas encore une priorité face à tout le reste.

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Pour le blog

Le blog a récemment passé les 120 000 vues (et les 100 000 en juin).

Cette année fut la plus vue de son histoire avec un peu moins de 45 000 vues. Il y eut aussi le plus gros mois avec 5 447 et le plus gros jour avec 653 vues (pour la diffusion télévisée de « Perfect Mothers« ). La progression est constante d’une année à l’autre et ça me fait plaisir. Mais je sais aussi que toute progression connaitra un jour une fin.

210 commentaires, c’est un commentaire deux jours sur trois. Il y a aussi les contacts par e-mail ou messenger auxquels je réponds régulièrement. Tout ça est encore tout à fait gérable et c’est tant mieux.

Aujourd’hui, il y a 127 articles publiés. 18 l’ont été en 2016. J’essaierai de maintenir ce rythme mais toujours la qualité avant la quantité. Le prochain film devrait être Interstellar (depuis le temps qu’il attend !).

Crimes à Oxford, la face cachée de Margo et Transcendance ont été trois analyses de film qui attendaient depuis longtemps et qui ont pu être publiées. Si je peux faire Interstellar, Hook et The Reader cette année, je serai déjà content.

Les articles publiés étaient plutôt diversifiés. Même si cela me fait perdre des vues et des abonnements, j’aime garder cet aspect « journal » qu’avaient les blogs à l’origine et cela continuera.

RDV au cap des 150 000 pour en rediscuter. Cela devrait arriver au grand plus tard à la fin de l’année.

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Conseils culturels

Rayon séries

L’année dernière, grâce à l’offre BeTV, j’ai découvert la série The Wire dont on m’avait tant parlé déjà. J’ai adoré. Cette série représente vraiment ce que j’aime voir à la télévision: des histoires bien écrites et bien travaillées, un certain réalisme, un bon casting, des personnages intéressants et pas manichéens et également en petit plus, une petite critique du fonctionnement de nos sociétés mais sans pour autant tomber dans la facilité.

Cette série devra à terme figurer dans ma Dévédéthèque !

Je n’avais pas encore non plus eu l’occasion de voir Game of Thrones. J’avais tort mais cela m’a permis d’en faire un moment télévisulel à partager entre amoureux. Cette série est juste parfaite. Et la fin de la saison 6 est purement jouissive. WAW !

Rayon nouveauté, Billions apparu fin de l’année m’a beaucoup plus. Je ne sais pas où va nous mener la saison 2 qui arrivera très vite mais ça risque d’être très sympa.

Enfin, The Young Pope m’a vraiment captivé grâce surtout à son excellent casting. Très bonne qualité et très intéressant (et puis, c’est gai de se mettre au jeu de ce qu’on ferait si on devenait Pape). De Zestien, petite série flamande est un peu « OVNI » mais vraiment drôle et un peu acerbe.

Rayon pas vraiment déception mais quand même un peu: Westworld. Thème extrêmement intéressant et traité de manière originale. Excellent casting. Atmosphère géniale. Mais plus les épisodes passent et plus je deviens sceptique sur l’histoire et le scénario. Et le dernier épisode qui aurait pu être une apothéose a viré un peu au n’importe quoi selon moi. C’est plus un « Meh » ( (C) Fossoyeur de films) qu’un flop et je regarderai la saison 2. Mais voilà, je suis d’autant plus déçu que le sans faute aurait pu être possible.

Rayon carrément déception (toujours un peu plus): Walking Dead. Je continue à regarder par habitude mais les faiblesses sont des gouffres. On ne va pas tirer sur l’ambulance.

Côté films

Je ne vais pas faire trop long, je ne liste pas tout ce que j’ai vu, ni tout ce que j’ai aimé, j’essaye de me limiter au cinéma, par ailleurs:

  • Papa ou Maman 2 (différent du premier, ce qui est positif puisque ça reste très drôle)
  • Ma vie de courgette (émouvant, beau ! la preuve qu’un budget énorme n’est pas obligatoire). Je regrette juste de ne pas avoir pu le voir avec Flo.
  • Don’t Breathe (très bon film d’horreur, et je suis exigeant car il est très facile de faire du mauvais, c’est un jeu d’équilibres compliqué)
  • La danseuse (WAW)
  • War Dogs (je dois admettre que ma compagne a moins aimé, cela doit être un film à l’humour plus masculin)
  • A man called Ove (le meilleur film de l’année selon moi !!! Injustement méconnu même si je comprends que la VO puisse rebuter. Humour et émotions sont au programme durant tout le film)

J’ai beaucoup aimé, très bons films également :

  • Le livre de la jungle (grande réussite Disney et très belle adaptation)
  • Pride and Prejudice VS Zombie (Waw, un bel ovni très réussi)
  • Zootopia (excellent film d’animation très drôle)
  • Spotlight (quelle aventure !)
  • Joy (un beau biopic réussi)
  • Comment c’est loin (je pense l’avoir vu en 2016)

Côté livres et BD

  • La force des discrets de Susan Cain (lisez le !)
  • Guy Delisle, S’enfuir, récit d’un otage.
  • JIM, l’érection (ce n’est pas érotique, ne fuyez pas à cause du titre)
  • Elisabeth Badinter, fausse route. Très instructif.

Le mot de la fin …

Ce blog me prend du temps, mais pas tant que cela en fin de compte. Et j’en ai encore à vous consacrer. N’hésitez jamais à écrire, commenter, me contacter, m’interpeller. Et à vous abonner au flux RSS (je conseille Inoreader pour les lire) pour être tenu au courant de la sortie de chaque article !

Et puis, h’hésitez pas, vous aussi, à devenir blogueur pour être participant au débat plutôt que seulement spectateur.

Par contre, ne le devenez surtout pas pour suivre cette mode de gens qui pensent qu’ils vont pouvoir devenir célèbres ou en vivre. Oui, ça peut être un rêve. Mais bloguer ne vaut le coup que si c’est une vraie passion à la base.

Allez, je vous souhaite une bonne année 2017 !

Projets d’écriture

Un peu comme un défi personnel, je me suis mis à l’écriture de fiction cet été. Je n’ai eu le temps que de faire deux pages A4 en une semaine. C’est maigre, mais pour une fois, j’ai une idée de où je vais et de la fin que j’écrirai. J’ai laissé mon cerveau cogiter suffisamment avant de continuer et je ne le regrette pas.

C’est un projet que j’ai toujours eu. Mais, ici, c’est un peu spécial. Peut-être pour me faciliter la tâche et me prémunir contre toute déception quant au résultat, je le fais en partie pour apprivoiser la mise en page d’un livre et le monde de l’édition.

C’est un univers que je connais encore mal mais comme j’ai toujours été passionné par la communication et l’informatique, ce ne peux pas me faire de mal d’en apprendre un peu plus. J’ai une compagne qui lit beaucoup, elle m’a involontairement donné envie d’en savoir plus sur le monde des livres et de l’édition.

Quand je lui ai parlé de ce projet, ça l’a excité plus que je ne l’imaginais. Je n’aurais rien du lui dire, je n’aime pas avoir la pression.

Cela dit, alors que, curieusement, je lis très peu de romans depuis le sortir de mon adolescence, l’écriture vient plus facilement. J’ai vraiment l’impression que les années et les expériences de la vie peuvent être un facilitateur pour raconter des histoires. En tout cas, ça l’est vraiment pour moi. Pas que je raconte ma vie, mais le fait d’avoir vécu permets de mieux comprendre comment elle fonctionne et les destinations qu’on aurait pu ou pas du prendre avec leurs conséquences.

J’ai toujours aimé écrire. Jusqu’à présent, le blog satisfaisait pleinement mes envies. Et ce sera toujours le cas. Je suis lu ici par des gens du monde entier avec qui il m’arrive d’échanger et c’est très satisfaisant. Le blog est un peu comme ma compagne en écriture, et ce roman comme une maitresse. Le blog restera, c’est certain, il est ma première priorité.

Si certains veulent m’aider dans cette « épreuve » en lisant des chapitres et en me donnant leur avis, ils peuvent me contacter par mail ou par message et je leur enverrai la première version terminée. Ils me seront très précieux.

Les fantômes de la vie (histoires racontées)

On m’a déjà dit que j’avais une bonne oreille et que c’était agréable de se confier à moi. Je pense que ça dépend en partie du contexte, je ne suis pas toujours dans les conditions ou dans l’envie de le faire. Mais c’est vrai que cela arrive de temps en temps que des amis ou des inconnus me racontent une partie de leur vie. Je trouve ça  gratifiant et, en même temps, il faut savoir aussi porter cela.

Je vais vous raconter deux histoires qui m’ont fortement marqué. Je le fais avec mes souvenirs, des années après. La mémoire est toujours trompeuse donc il est possible qu’il y ait des inexactitudes mais le fond est là.

La chambre vide

Cette histoire-ci m’a été dites dans un contexte professionnel.

Le raconteur devait avoir dans la quarantaine quand il me l’a raconté. Et les faits s’étaient passés une vingtaine d’années auparavant.

A cette époque, il était jeune et s’il aimait bien, comme tout jeune, faire des expériences ou des petites conneries, ce n’était pas pour autant un délinquant. Casier judiciaire vierge.

Ce jour là, avec un ami, ils avaient réussi à se procurer un flingue et faisaient les fous avec. Un flingue avec des munitions dans un chargeur. Faut avouer, on a tous rêvé d’en tenir un jour un dans sa main (beaucoup d’hommes en tout cas). C’était le soir, il a tiré un coup en l’air.

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La balle, heureusement, n’est retombée sur personne.

Puis, il a retiré le chargeur. Comme il l’avait sans doute vu à la télévision, d’un coup. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans la rue, elle était quasiment déserte.

Il a alors pointé l’arme dans la direction de son ami, la sachant non chargée. Il a appuyé sur la détente. Et son ami est tombé, mortellement touché.

Une arme automatique prépare toujours la balle suivante dans la chambre. Quand on veut désarmer un automatique, il faut non seulement retirer le chargeur mais aussi retirer la balle qui se trouve potentiellement dans la chambre. Il ne le savait. Maintenant, il le sait, pour le reste de sa vie.

Ce jour là, il a perdu un ami, il a tué un homme et il a compris comment désarmer réellement un flingue et pourquoi il ne faut jamais pointer d’armes en direction de quelqu’un. Il a aussi perdu toute chance de trouver un emploi. Sur son extrait de casier judiciaire, il est écrit « homicide » et ça ne s’efface pas.

Il en payera les conséquences jusqu’à la fin de ses jours.

Ne jouez pas avec des armes à feu. N’en pointez pas une en direction de quiconque. Si vous compter en utiliser une, apprenez au moins à vous en servir correctement. Et retirez toujours la balle qui est dans la chambre, en plus du chargeur, si vous espérez en désarmer une.

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La chambre pleine

Il est tard, très tard. Je suis dans le train pour Namur en provenance de Bruxelles. Approximativement 19-20h. Le train n’est plus très loin de Namur. Dans mes souvenirs, je me dirigeais vers la sortie, mais peut-être qu’il m’avait tout simplement interpellé avant.

Il ? Un homme âgé. Et passablement éméché. L’alcool est un vilain démon qui, lui, le rendait triste. Il semblait porter un immense poids sur les épaules, et je me rendis compte après que c’était réellement le cas.

Dix ou quinze auparavant, la chute du mur de Berlin, le démembrement de l’URSS. Ce ne fut pas seulement une opportunité pour les pays qui se libéraient de l’impérialisme soviétique, ce fut aussi un acte qui eut des conséquences parfois terribles pour une partie des populations.

Les russes ont eu une politique réellement colonialiste. Ce qui implique notamment de « peupler » les pays conquis. Cela a des conséquences encore aujourd’hui en servant de prétexte à Poutine pour envahir une partie de la Géorgie ou de l’Ukraine pour les cas les plus connus. Cela en eut à l’époque pour des minorités pas forcément appréciées qui se retrouvaient complètement lâchées par leur mère patrie.

Dans le pays, j’imagine d’asie centrale, où se rendit notre homme, la mafia lui proposait contre argent, de coucher avec trois filles trois soirs d’affilée, une par soir, et de pouvoir en choisir une comme femme.

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Elles étaient consentantes. Heureusement ? Oui et non. Ca ajoute encore plus au drame. Ces filles là ne demandaient qu’à partir pour quitter la situation dans laquelle elles étaient. Une situation terrible. En choisir une, c’était en abandonner deux. Deux femmes qu’il avait également connu intimement et qui avait tout fait pour être choisies. Qu’il avait utilisé pour son plaisir pour au final ne pas pouvoir les sauver.

Parmi ces trois femmes, deux auraient l’espoir d’une vie meilleure, donneraient toute leur énergie pour cela et verraient leurs espoirs déçus.

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Ce choix là parait anodin. Mais il l’avait complètement détruit. En réalité, il ne pouvait qu’en sortir détruit, mais c’était trop tard maintenant. Et il ne s’en sortait plus. Il me l’avait raconté comme tentative de libérer son fardeau.

J’espère avoir pu aider sa détresse. Peut-être étais-je le premier, le seul à qui il a raconté cela.  Peut-être l’avait-il fait des dizaines de fois sans succès. Mais il était là, malheureux et, ce soir là, je l’ai un peu aidé à porter sa croix.

Ca m’a fait plaisir de lui être utile pour quelques minutes (ensuite mon train est arrivé en gare), mais je n’ai pas oublié. Et peut-être qu’en racontant cette histoire, je lui rends un peu hommage, je l’aide à porter ce poids avec plus de monde.

C’est aussi un avertissement. Ne soyez pas tétanisé par les choix que vous devez faire. Mais n’oubliez jamais d’en mesurer les conséquences et de vous placer dans la situation pour évaluer les conséquences possibles.

Ce voyage ne pouvait pas se terminer bien. Quelle que soit la fille qu’il ait pu choisir, il ne pouvait que se sentir coupable des deux autres abandons qu’il allait faire en même temps. Sur le moment, il en a surement bien profité, il n’a pas vu la malice. Mais par la suite, peut-être des années, cela a détruit sa vie. Probablement, qu’il n’a même pas pu combler la femme qu’il a prise avec lui. Tout ça pour ça …

Déjà, au départ, il faut être dans une certaine misère affective (que je ne juge pas) pour entreprendre un tel voyage. Mais lui, en plus, parce que ce n’est sans doute pas non plus le cas de tout le monde, n’avait clairement pas les épaules pour en assumer les conséquences.

Le mot de la fin

J’espère que ces deux histoires vous auront intéressé, fait réfléchir. N’hésitez pas à les partager, en hommage, au moins, à ces deux hommes qui ont fait du mal, tous les deux sans l’intention de le faire, et qui en payent un prix très lourd: celui des remords et des regrets.

Le choix d’Hercule

Etant enfant, je ne saurais dire quel âge, j’ai lu une histoire sur Hercule dans un livre de mythes et légendes. Cette histoire m’a marqué et, aujourd’hui encore, je m’en souviens.

Pour résumer très fort, Hercule devait faire un choix de vie. Deux femmes lui proposaient deux chemins différents, un facile, l’autre difficile.

Le premier choix appelé « volupté » ou « félicité »:

Si tu me fais ton amie, je te conduirai par la route la plus douce et la plus facile; aucun plaisir ne te sera refusé; aucune peine n’affligera ta vie. D’abord tu n’auras à redouter ni la guerre, ni les vains soucis: ta seule occupation sera de trouver les boissons et les mets qui pourront te plaire, ce qui flattera le mieux, à ton avis, les yeux et les oreilles, l’odorat et le toucher; les amours avec toute leur ivresse; le sommeil avec toute sa douceur; et tu ne songeras qu’au moyen le plus court d’être heureux. Et, si tu crains de manquer jamais des trésors qui achètent les Plaisirs, rassure-toi, je t’en comblerai, sans prescrire jamais à ton corps ni à ton esprit des travaux pénibles: tu jouiras des travaux des autres; tout, pour t’enrichir, te sera légitime je donne à ceux qui me suivent le droit de tout sacrifier au bonheur.

Le deuxième choix appelé « vertu »:

J’espère donc, si tu choisis ma route que tu vas briller entre les grands hommes par tes exploits et tes vertus, et donner ainsi un nouvel éclat à mon nom, un nouveau prix à mes bienfaits. Je ne t’abuserai pas en te promettant les plaisirs; j’ose t’apprendre avec franchise les décrets des dieux sur les hommes. Ce n’est qu’au prix des soins et des travaux qu’ils répandent le bonheur et l’éclat sur votre vie. Si lu désires que les dieux te soient propices, rends hommage aux dieux; si tu prétends être chéri de tes amis, que ton amitié soit généreuse; si tu ambitionnes les honneurs dans un état, sois utile aux citoyens; s’il te paraît beau de voir tous les Grecs applaudir à ta vertu, cherche à servir la Grèce entière; veux-tu que la terre te produise des fruits abondants? tu dois la cultiver; que tes troupeaux t’enrichissent? Veille sur tes troupeaux; aspires-tu à dominer par la  guerre, à rendre tes amis libres et tes ennemis esclaves? apprends des guerriers habiles l’art des combats et que l’expérience t’enseigne à le pratiquer, veux-tu enfin que ton corps devienne robuste et vigoureux? souviens-toi de t’accoutumer à l’empire de l’âme, et de l’exercer au milieu des fatigues et des sueurs.

A la fin, la « Vertu » promettait ceci, dans un dernier dialogue visant à convaincre Hercule de la choisir:

je te promets le bonheur et la gloire

Etant enfant, cela m’a marqué. Et peut-être que cela a influencé mon caractère, la valeur que j’accorde à l’effort, la patience et au besoin de souffrir pour mieux apprécier.

C’est ce même chemin que je voudrais voir épouser ma fille. Je lui ai donné pour moitié ce fardeau qu’est la vie. Elle n’a rien demandé. Mais elle va subir beaucoup d’épreuves, certaines extrêmement douloureuses. J’espère qu’elle s’en sortira mieux que moi. On voudrait toujours que nos enfants fassent mieux que nous.

Mais plus que tout, je lui souhaite d’être heureuse car rien n’est pire que la souffrance quand elle n’est pas récompensée au final.

J’aimerais pouvoir l’accompagner jusqu’au bout du chemin, j’espère que j’arriverai toujours à tenir le coup pour la soutenir jusque là malgré les douleurs, la tristesse et ce que la vie peut parfois nous offrir de pire dans ce que nous redoutons. Quand je regarde en arrière, je n’ai pas le sentiment d’avoir toujours été très heureux. Mais encore une fois, c’est une autre histoire.