L’incendie de l’innovation en 1967 … si loin et si proche de moi

Loi de Murphy selon Wikipédia

« S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »

La loi de Murphy est le constat, élevé au rang de principe fondamental de l’univers, que « le pire est toujours certain ».

On ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout système comme si la loi était vraie. En particulier, un équipement doit être à l’épreuve non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l’utilisateur.

Note personnelle ou conclusion avant l’heure: si on avait tenu compte de cette loi, si on avait pris un peu plus au sérieux que le pire est toujours certain ou du moins probable, ce sont des milliers de personnes décédées, blessées, traumatisées, touchées par un lien familial qui auraient pu être épargnées.

Tout le monde en a déjà parlé …

Alors pourquoi ai-je ressenti ce besoin d’écrire un billet personnel ? Parce que c’est aussi une partie de mon histoire personnelle et familiale, une sorte d’héritage que je dois porter et dont je dois parler.

Je pense que cet incendie a eu sa part d’influence sur ma personnalité. Et j’ai envie d’ajouter ma pierre à l’édifice pour que personne n’oublie ce qui fut la plus grande catastrophe de l’histoire de Belgique en temps de paix. Et, surtout, que personne ne néglige plus jamais la sécurité incendie.

(c) Le Soir Illustré et biblio mania

Et si …, ces (non) choix qui nous sauvent la vie

Ma mère, Myriam Minique (si vous l’avez connue dans sa jeunesse : Contact), qui avait 23 ans le jour du drame, travaillait dans une crèche à Boondael à l’époque.

Le jour du drame, elle s’est rendue à la mutuelle dans le centre ville. Durant le temps de midi, elle voulut prendre son après-midi en congé. Elle failli téléphoner à sa collègue pour lui demander de la remplacer. Et elle se serait rendu à l’Innovation, si elle l’avait fait car c’était son magasin préféré.

Au final, elle s’est dit que de toute façon elle n’avait pas les sous, refuse de déranger sa collègue et prend son service comme prévu.

Et si …

Cette question, je me la pose souvent pour moi-même. Et si  un jour, je prends un train plus tôt ou plus tard, ou le bon train … Et qu’il y a un accident. Et si mon lacet se défait et qu’à quelques minutes près, c’est un autre qui se fait renverser à ma place.

Ma mère, ce jour là, a failli y rester ou connaitre plus directement le traumatisme.

Cela veut dire aussi qu’elle a pu développer ce qu’on appelle le syndrôme du survivant (interview d’une psychologue, page wikipédia).

Tout le monde se souvient

Il n’est pas nécessaire d’être allé à l’Innovation ce jour là pour avoir connu le traumatisme.

Le nombre de gens impactés est bien plus grand que cela. Chaque bruxellois connaissait quelqu’un directement ou indirectement touché par l’incendie. Les secouristes, badauds, pompiers, habitués de l’Innovation, familles et amis de ces personnes là, ce sont plusieurs milliers ou dizaine de milliers de personnes qui ont vécu cela dans leur chair.

Ce jour là, un opticien de la rue où ma mère travaillait a fermé ses volets à 16H. Son épouse était cheffe vendeuse à l’Innovation. On peut imaginer, et lui rendre hommage ainsi, qu’elle est restée prisonnière et qu’elle a aidé autant qu’elle pouvait les clients et les collègues à s’échapper faisant ainsi honneur à ses responsabilités. Mais, cela console-t-il vraiment de le savoir ou de l’imaginer ?

Ma mère me racontait également l’histoire d’une mère qui était dans l’innovation. Une amie la croise dans le tram et lui fait remarquer avec le sourire qu’elle a survécu. Mais, sans savoir, que son enfant et sa mère, eux y sont restés.

Du côté de mon père aussi

Ma grand-mère paternelle, je l’ai peu connue, bien qu’elle ait vécu jusqu’à un âge avancé.

Elle s’appelait Marie-Thérèse COLLETTE. Il se fait qu’elle travaillait le jour du drame au premier étage, celui où l’incendie s’est déclaré. La vendeuse qui a lancé l’alerte s’appelait aussi Marie-Thérèse mais, après renseignements, son nom de famille était Vanderhaegen. Jusqu’à récemment, j’ignorais totalement ce fait.

(c) RTBF

Mon fonctionnement interne

Je suis un peu comme un joueur d’échecs, j’essaie souvent de deviner ce qui va arriver. Je m’imagine des scènes. C’est la manière trouvée par mon cerveau pour gérer le stress et les angoisses. En même temps que se déroulent sous mes yeux mes rêves éveillés, je vois ce qui va et ne va pas, je peux ajuster mes réactions. Cela m’est souvent utile.

Mais, à contrario, surtout dans ses moments d’angoisse post-attentats, ce n’est pas toujours joyeux.

Une de mes grandes peurs, depuis tout petit, est de perdre ceux que j’aime. Ou d’être perdu pour eux (je sais, pas très original). Un de mes plus grands cauchemars: perdre la vie sur le chemin du retour et laisser ma fille m’attendre à l’école. Sans « adieux », sans que plus jamais elle ne me revoie, l’abandonnant involontairement pour toujours.

Et dans tous ces témoignages lus, entendus, ce sont ceux là qui me touchent le plus: ces familles détruites par la disparition d’un proche, d’un ami, d’un enfant, d’un mari, d’une épouse. Quand je lis ces histoires de main qui lâche, d’enfant écrasés, de parents perdus … j’en ai les larmes aux yeux; j’en pleure véritablement. Car je ne peux m’empêcher de me mettre à la place de ces gens. Je ne peux éviter de penser perdre ma compagne ou ma fille et d’en être irrémédiablement détruit.

Au boulot

Je suis délégué syndical, je fais parfois des visites de bâtiment dans le but de vérifier leur conformité. C’est une mission souvent déconsidérée dans les faits mais, pourtant, d’une importance cruciale.

Durant mes études, j’ai été sensibilisé au bien-être au travail et aux normes qui y sont accolées. Il y a deux choses que je vérifie systématiquement: l’hygiène (savon dans les toilettes ?, propreté ?) et les normes incendie. Ca me rend furieux (même si je ne le montre pas) quand je vois des graves problèmes.

A bien y réfléchir, aujourd’hui, je me demande si cette histoire familiale que j’ignorais jusqu’il y a peu, n’est pas en partie la cause de cette très grande importance que j’accorde à la sécurité incendie. Et de l’irritation que je ne peux m’empêcher de ressentir face, parfois, au je m’enfoutisme des collègues ou des autres syndicats, au relativisme trop fréquent face à des situations anormales: un couloir encombré, des charges calorifiques inutiles, une sortie de secours fermée et dont on ne sait où se trouve la clé (!!).

(c) RTBF

La bêtise humaine … et les héros

Ce jour là, il y a eu des actes extrêmement courageux et héroïques ! Des gens ont fait tout ce qui leur était possible, sans trop réfléchir, pour aider. Et il y a certainement eu des vies sauvées grâce à cela. Et ça, c’est vraiment beau.

Mais d’un autre côté, je ne peux pas non plus oublier les gens qui en ont profité pour voler un appareil photo ou dans la caisse et qui ont profité de cet immense malheur pour leur profit personnel. J’espère qu’ils en ont acquis des immenses remords par la suite.

Egalement, je pense que la sécurité incendie aurait pu être bien meilleure. Elle l’était déjà (splinklers) dans d’autres magasins donc, hormis le coût, c’était tout à fait possible ! Les nombreuses erreurs commises et dysfonctionnements ont fait beaucoup de victimes. Je comprends le « non lieu » au regard des normes (inexistantes) de l’école et, heureusement, l’arsenal législatif a été étoffé depuis mais quand même … il ne faut pas attendre d’être obligé pour agir. Alors, oui, ça me mets en colère.

C’était une époque où il y avait sans doute trop de confiance ?! Cette anecdote où un employé, avant de s’enfuir avec raison, signale au restaurant qu’il y a le feu ! Et personne ne le croit ! Mais, avec une sonnerie incendie fonctionnant mieux, le restaurant aurait été évacué plus vite.

Incompétence, injustice

Ce drame est un mélange de malchance, de mauvais choix humains et techniques et, sans doute aussi, d’incompétence et d’économies mal placées.

Enfant, j’ai été un peu traumatisé par l’histoire du Titanic qui rappelle beaucoup de ces ingrédients avec un excès d’optimisme et des mauvais choix. Et des hommes et femmes piégés au milieu d’un élément froid et mortel. C’était de l’eau, pas du feu: seule différence de ce piège mortel, qui ne le rend pas moins horrible.

(c) Paris Match

Attentats, foule

J’ai toujours été sensibilisé aux effets de foule: écrasements, panique, etc … Et les attentats injustes et horribles qui se sont déroulés ces dernières années, n’ont fait qu’accentuer cette petite phobie que je garde sous contrôle.

Le 14 juillet 2016, je n’étais pas à Nice, j’étais aux Sables d’Olonne. Plage noire de monde, digue de mer également. Nous y avons assisté d’un endroit où nous ne risquions pas l’écrasement. Et quand tout fut finit, nous avons attendu que la foule se dissipe. Car, ce sont des choses que j’ai toujours faites.

En rentrant à l’hôtel, nous avons allumé la télévision, il y avait l’attentat de Nice qui tournait en boucle. Et j’ai compris que ce genre de précautions n’était certainement pas inutiles même si je n’imaginais pas à quel point.

Je déteste me promener dans la rue Neuve quand elle est noire de monde. Et je ne cesse de penser aux catastrophes possibles. Ca ne m’empêche pas de vivre. Mais j’ai cette angoisse en moi. Et je regrette que ma fille grandisse dans un monde pareil même si je veux la préserver au maximum. C’est une bonne chose qu’elle ne sache pas encore que le monde n’est pas tout rose.

Plus jamais ça, soyons toujours vigilants

Rappelons-nous que cet incendie a touché des milliers de personnes directement et, indirectement, encore au moins dix fois plus. Tous, on a donc de bonnes raisons de se rappeler que jusque dans notre chair, on est liés à cet événement horrible.

Il y a des lois, il y a l’inspection du bien-être au travail (SPF Emploi), il y a nos délégations syndicales. Il est de notre devoir d’alerter les bonnes personnes si on constate des dysfonctionnements dans la sécurité. Chacun, nous pouvons être un héros et éviter des morts ou des blessés évitables.

Parce que, si le pire n’est jamais certain, il est au moins toujours probable ! Cela n’arrive pas qu’aux autres !

Dans ma rue, un marchand de sommeil hébergeait des ouvriers polonais dans un immeuble prévu officiellement pour l’entreposage de matériaux. Certaines fenêtres, évacuations, avaient été fermées par des cloisons. Un incendie s’est déclaré, deux personnes se sont enfuies et deux autres sont mortes, brûlées vives. Des riverains les ont entendu crier !

Des voisins savaient mais la ville n’avait pas été alertée. Et si les responsables payeront, il est trop tard pour deux êtres humains, quelles que soient leurs origines. Dénoncer ce genre de situation, ce n’est pas de la délation, c’est du civisme ! On pense toujours que quelqu’un d’autre va le faire à notre place, que les autorités n’agiront pas, ce n’est pas forcément vrai.

Personnellement, j’ai déjà dénoncé un propriétaire verreux qui louait des kots dans des conditions anormales avec aucune norme respectée. J’ai été me renseigner s’il avait un permis locatif et il n’en avait pas. Par ailleurs, en expliquant la disposition des lieux et les manquements, il m’a été assuré qu’il n’en aurait pas sans de profonds travaux. Je l’ai fais, je ne le regrette pas, et je le referai si c’était nécessaire.

La sécurité, c’est l’affaire de tous.

(c) Le Vif

Il n’est jamais trop tard pour bien faire

Quelque chose qui m’a interpellé, c’est l’absence d’aide psychologique apportée aux victimes. Même cinquante après, je ne pense pas qu’il soit unite d’entamer ce genre de thérapies. Ou d’écouter les survivants pour leur permettre de panser leurs plaies plus facilement.

Pour aller plus loin

Le Paris Match d’il y a cinquante ans

Les photos en couleur (c) du Paris Match de 1967 avec les légendes qui y étaient écrites.

Le film en couleur de la tragédie. C’était la trêve du déjeuner. Sur la façade du magasin un drapeau étoilé annonçait la « quinzaine commerciale américaine ».

C’est la fournaise. Sous l’effet de la chaleur toutes les vitres explosent tour à tour. Mais les montants d’acier des fenêtres sont devenus comme les barreaux d’une prison. Derrière, à tous les étages c’est l’enfer.

Même le fer a fondu. Tout ce qui était de bois, de plastique a brûlé. On ne sait encore, pour combien de Bruxellois, ces décombres sont un tombeau. Des sept étages d’Innovation, il ne reste qu’un cratère géant.

Le toit brûle avant les deux derniers étages. Cette photo souligne un mystère : elle permet de se demander s’il y a un ou plusieurs foyers d’incendie. Sur sa hampe intacte le drapeau américain se consume lentement.

Ma mère possède encore le Paris Match d’il y a cinquante ans et j’ai entièrement scanné et retranscris le reportage sur l’incendie pour le mettre à disposition sur cette page de mon blog.

Média

On retrouve une couverture média importante si ce n’est pour la TV où aucune émission spciale ne semble prévue pour les 50 ans, ce qui me semble particulier même si j’imagine que le JT assurera une couverture importante des commémorations.

Web

2016 en vrac … petit bilan

WordPress ne fait plus de rapports automatisés, du coup, le bilan sera un peu plus personnel cette année: vie, blog, séries, films, livres.

Dans ma vie

2016 fut l’année d’un nouvel amour que j’espère durable, de vacances reposantes et de la première année complète de garde alternée (qui fonctionne très bien). Ce fut aussi une entrée en primaire stressante pour mon petit lapin mais elle a reçu toutes les éloges des professeurs lors de la réunion de parents.

C’est aussi beaucoup d’angoisses malgré mon apparence paisible. Et ce fut la mononucléose que je ne souhaite à aucun adulte même si j’avais heureusement quelqu’un près de moi pour me soutenir dans la maladie.

Je n’attends rien de 2017 mais je pense que le pire est derrière moi, dans ma vie.

J’espère pouvoir avancer professionnellement, dans mon couple et dans ma famille, ce sont mes souhaits. Et j’aimerais pouvoir finaliser un projet d’écriture fictionnelle mais qui n’est pas encore une priorité face à tout le reste.

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Pour le blog

Le blog a récemment passé les 120 000 vues (et les 100 000 en juin).

Cette année fut la plus vue de son histoire avec un peu moins de 45 000 vues. Il y eut aussi le plus gros mois avec 5 447 et le plus gros jour avec 653 vues (pour la diffusion télévisée de « Perfect Mothers« ). La progression est constante d’une année à l’autre et ça me fait plaisir. Mais je sais aussi que toute progression connaitra un jour une fin.

210 commentaires, c’est un commentaire deux jours sur trois. Il y a aussi les contacts par e-mail ou messenger auxquels je réponds régulièrement. Tout ça est encore tout à fait gérable et c’est tant mieux.

Aujourd’hui, il y a 127 articles publiés. 18 l’ont été en 2016. J’essaierai de maintenir ce rythme mais toujours la qualité avant la quantité. Le prochain film devrait être Interstellar (depuis le temps qu’il attend !).

Crimes à Oxford, la face cachée de Margo et Transcendance ont été trois analyses de film qui attendaient depuis longtemps et qui ont pu être publiées. Si je peux faire Interstellar, Hook et The Reader cette année, je serai déjà content.

Les articles publiés étaient plutôt diversifiés. Même si cela me fait perdre des vues et des abonnements, j’aime garder cet aspect « journal » qu’avaient les blogs à l’origine et cela continuera.

RDV au cap des 150 000 pour en rediscuter. Cela devrait arriver au grand plus tard à la fin de l’année.

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Conseils culturels

Rayon séries

L’année dernière, grâce à l’offre BeTV, j’ai découvert la série The Wire dont on m’avait tant parlé déjà. J’ai adoré. Cette série représente vraiment ce que j’aime voir à la télévision: des histoires bien écrites et bien travaillées, un certain réalisme, un bon casting, des personnages intéressants et pas manichéens et également en petit plus, une petite critique du fonctionnement de nos sociétés mais sans pour autant tomber dans la facilité.

Cette série devra à terme figurer dans ma Dévédéthèque !

Je n’avais pas encore non plus eu l’occasion de voir Game of Thrones. J’avais tort mais cela m’a permis d’en faire un moment télévisulel à partager entre amoureux. Cette série est juste parfaite. Et la fin de la saison 6 est purement jouissive. WAW !

Rayon nouveauté, Billions apparu fin de l’année m’a beaucoup plus. Je ne sais pas où va nous mener la saison 2 qui arrivera très vite mais ça risque d’être très sympa.

Enfin, The Young Pope m’a vraiment captivé grâce surtout à son excellent casting. Très bonne qualité et très intéressant (et puis, c’est gai de se mettre au jeu de ce qu’on ferait si on devenait Pape). De Zestien, petite série flamande est un peu « OVNI » mais vraiment drôle et un peu acerbe.

Rayon pas vraiment déception mais quand même un peu: Westworld. Thème extrêmement intéressant et traité de manière originale. Excellent casting. Atmosphère géniale. Mais plus les épisodes passent et plus je deviens sceptique sur l’histoire et le scénario. Et le dernier épisode qui aurait pu être une apothéose a viré un peu au n’importe quoi selon moi. C’est plus un « Meh » ( (C) Fossoyeur de films) qu’un flop et je regarderai la saison 2. Mais voilà, je suis d’autant plus déçu que le sans faute aurait pu être possible.

Rayon carrément déception (toujours un peu plus): Walking Dead. Je continue à regarder par habitude mais les faiblesses sont des gouffres. On ne va pas tirer sur l’ambulance.

Côté films

Je ne vais pas faire trop long, je ne liste pas tout ce que j’ai vu, ni tout ce que j’ai aimé, j’essaye de me limiter au cinéma, par ailleurs:

  • Papa ou Maman 2 (différent du premier, ce qui est positif puisque ça reste très drôle)
  • Ma vie de courgette (émouvant, beau ! la preuve qu’un budget énorme n’est pas obligatoire). Je regrette juste de ne pas avoir pu le voir avec Flo.
  • Don’t Breathe (très bon film d’horreur, et je suis exigeant car il est très facile de faire du mauvais, c’est un jeu d’équilibres compliqué)
  • La danseuse (WAW)
  • War Dogs (je dois admettre que ma compagne a moins aimé, cela doit être un film à l’humour plus masculin)
  • A man called Ove (le meilleur film de l’année selon moi !!! Injustement méconnu même si je comprends que la VO puisse rebuter. Humour et émotions sont au programme durant tout le film)

J’ai beaucoup aimé, très bons films également :

  • Le livre de la jungle (grande réussite Disney et très belle adaptation)
  • Pride and Prejudice VS Zombie (Waw, un bel ovni très réussi)
  • Zootopia (excellent film d’animation très drôle)
  • Spotlight (quelle aventure !)
  • Joy (un beau biopic réussi)
  • Comment c’est loin (je pense l’avoir vu en 2016)

Côté livres et BD

  • La force des discrets de Susan Cain (lisez le !)
  • Guy Delisle, S’enfuir, récit d’un otage.
  • JIM, l’érection (ce n’est pas érotique, ne fuyez pas à cause du titre)
  • Elisabeth Badinter, fausse route. Très instructif.

Le mot de la fin …

Ce blog me prend du temps, mais pas tant que cela en fin de compte. Et j’en ai encore à vous consacrer. N’hésitez jamais à écrire, commenter, me contacter, m’interpeller. Et à vous abonner au flux RSS (je conseille Inoreader pour les lire) pour être tenu au courant de la sortie de chaque article !

Et puis, h’hésitez pas, vous aussi, à devenir blogueur pour être participant au débat plutôt que seulement spectateur.

Par contre, ne le devenez surtout pas pour suivre cette mode de gens qui pensent qu’ils vont pouvoir devenir célèbres ou en vivre. Oui, ça peut être un rêve. Mais bloguer ne vaut le coup que si c’est une vraie passion à la base.

Allez, je vous souhaite une bonne année 2017 !

Projets d’écriture

Un peu comme un défi personnel, je me suis mis à l’écriture de fiction cet été. Je n’ai eu le temps que de faire deux pages A4 en une semaine. C’est maigre, mais pour une fois, j’ai une idée de où je vais et de la fin que j’écrirai. J’ai laissé mon cerveau cogiter suffisamment avant de continuer et je ne le regrette pas.

C’est un projet que j’ai toujours eu. Mais, ici, c’est un peu spécial. Peut-être pour me faciliter la tâche et me prémunir contre toute déception quant au résultat, je le fais en partie pour apprivoiser la mise en page d’un livre et le monde de l’édition.

C’est un univers que je connais encore mal mais comme j’ai toujours été passionné par la communication et l’informatique, ce ne peux pas me faire de mal d’en apprendre un peu plus. J’ai une compagne qui lit beaucoup, elle m’a involontairement donné envie d’en savoir plus sur le monde des livres et de l’édition.

Quand je lui ai parlé de ce projet, ça l’a excité plus que je ne l’imaginais. Je n’aurais rien du lui dire, je n’aime pas avoir la pression.

Cela dit, alors que, curieusement, je lis très peu de romans depuis le sortir de mon adolescence, l’écriture vient plus facilement. J’ai vraiment l’impression que les années et les expériences de la vie peuvent être un facilitateur pour raconter des histoires. En tout cas, ça l’est vraiment pour moi. Pas que je raconte ma vie, mais le fait d’avoir vécu permets de mieux comprendre comment elle fonctionne et les destinations qu’on aurait pu ou pas du prendre avec leurs conséquences.

J’ai toujours aimé écrire. Jusqu’à présent, le blog satisfaisait pleinement mes envies. Et ce sera toujours le cas. Je suis lu ici par des gens du monde entier avec qui il m’arrive d’échanger et c’est très satisfaisant. Le blog est un peu comme ma compagne en écriture, et ce roman comme une maitresse. Le blog restera, c’est certain, il est ma première priorité.

Si certains veulent m’aider dans cette « épreuve » en lisant des chapitres et en me donnant leur avis, ils peuvent me contacter par mail ou par message et je leur enverrai la première version terminée. Ils me seront très précieux.

Les fantômes de la vie (histoires racontées)

On m’a déjà dit que j’avais une bonne oreille et que c’était agréable de se confier à moi. Je pense que ça dépend en partie du contexte, je ne suis pas toujours dans les conditions ou dans l’envie de le faire. Mais c’est vrai que cela arrive de temps en temps que des amis ou des inconnus me racontent une partie de leur vie. Je trouve ça  gratifiant et, en même temps, il faut savoir aussi porter cela.

Je vais vous raconter deux histoires qui m’ont fortement marqué. Je le fais avec mes souvenirs, des années après. La mémoire est toujours trompeuse donc il est possible qu’il y ait des inexactitudes mais le fond est là.

La chambre vide

Cette histoire-ci m’a été dites dans un contexte professionnel.

Le raconteur devait avoir dans la quarantaine quand il me l’a raconté. Et les faits s’étaient passés une vingtaine d’années auparavant.

A cette époque, il était jeune et s’il aimait bien, comme tout jeune, faire des expériences ou des petites conneries, ce n’était pas pour autant un délinquant. Casier judiciaire vierge.

Ce jour là, avec un ami, ils avaient réussi à se procurer un flingue et faisaient les fous avec. Un flingue avec des munitions dans un chargeur. Faut avouer, on a tous rêvé d’en tenir un jour un dans sa main (beaucoup d’hommes en tout cas). C’était le soir, il a tiré un coup en l’air.

La balle, heureusement, n’est retombée sur personne.

Puis, il a retiré le chargeur. Comme il l’avait sans doute vu à la télévision, d’un coup. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans la rue, elle était quasiment déserte.

Il a alors pointé l’arme dans la direction de son ami, la sachant non chargée. Il a appuyé sur la détente. Et son ami est tombé, mortellement touché.

Une arme automatique prépare toujours la balle suivante dans la chambre. Quand on veut désarmer un automatique, il faut non seulement retirer le chargeur mais aussi retirer la balle qui se trouve potentiellement dans la chambre. Il ne le savait. Maintenant, il le sait, pour le reste de sa vie.

Ce jour là, il a perdu un ami, il a tué un homme et il a compris comment désarmer réellement un flingue et pourquoi il ne faut jamais pointer d’armes en direction de quelqu’un. Il a aussi perdu toute chance de trouver un emploi. Sur son extrait de casier judiciaire, il est écrit « homicide » et ça ne s’efface pas.

Il en payera les conséquences jusqu’à la fin de ses jours.

Ne jouez pas avec des armes à feu. N’en pointez pas une en direction de quiconque. Si vous compter en utiliser une, apprenez au moins à vous en servir correctement. Et retirez toujours la balle qui est dans la chambre, en plus du chargeur, si vous espérez en désarmer une.

 

La chambre pleine

Il est tard, très tard. Je suis dans le train pour Namur en provenance de Bruxelles. Approximativement 19-20h. Le train n’est plus très loin de Namur. Dans mes souvenirs, je me dirigeais vers la sortie, mais peut-être qu’il m’avait tout simplement interpellé avant.

Il ? Un homme âgé. Et passablement éméché. L’alcool est un vilain démon qui, lui, le rendait triste. Il semblait porter un immense poids sur les épaules, et je me rendis compte après que c’était réellement le cas.

Dix ou quinze auparavant, la chute du mur de Berlin, le démembrement de l’URSS. Ce ne fut pas seulement une opportunité pour les pays qui se libéraient de l’impérialisme soviétique, ce fut aussi un acte qui eut des conséquences parfois terribles pour une partie des populations.

Les russes ont eu une politique réellement colonialiste. Ce qui implique notamment de « peupler » les pays conquis. Cela a des conséquences encore aujourd’hui en servant de prétexte à Poutine pour envahir une partie de la Géorgie ou de l’Ukraine pour les cas les plus connus. Cela en eut à l’époque pour des minorités pas forcément appréciées qui se retrouvaient complètement lâchées par leur mère patrie.

Dans le pays, j’imagine d’asie centrale, où se rendit notre homme, la mafia lui proposait contre argent, de coucher avec trois filles trois soirs d’affilée, une par soir, et de pouvoir en choisir une comme femme.

Elles étaient consentantes. Heureusement ? Oui et non. Ca ajoute encore plus au drame. Ces filles là ne demandaient qu’à partir pour quitter la situation dans laquelle elles étaient. Une situation terrible. En choisir une, c’était en abandonner deux. Deux femmes qu’il avait également connu intimement et qui avait tout fait pour être choisies. Qu’il avait utilisé pour son plaisir pour au final ne pas pouvoir les sauver.

Parmi ces trois femmes, deux auraient l’espoir d’une vie meilleure, donneraient toute leur énergie pour cela et verraient leurs espoirs déçus.

Ce choix là parait anodin. Mais il l’avait complètement détruit. En réalité, il ne pouvait qu’en sortir détruit, mais c’était trop tard maintenant. Et il ne s’en sortait plus. Il me l’avait raconté comme tentative de libérer son fardeau.

J’espère avoir pu aider sa détresse. Peut-être étais-je le premier, le seul à qui il a raconté cela.  Peut-être l’avait-il fait des dizaines de fois sans succès. Mais il était là, malheureux et, ce soir là, je l’ai un peu aidé à porter sa croix.

Ca m’a fait plaisir de lui être utile pour quelques minutes (ensuite mon train est arrivé en gare), mais je n’ai pas oublié. Et peut-être qu’en racontant cette histoire, je lui rends un peu hommage, je l’aide à porter ce poids avec plus de monde.

C’est aussi un avertissement. Ne soyez pas tétanisé par les choix que vous devez faire. Mais n’oubliez jamais d’en mesurer les conséquences et de vous placer dans la situation pour évaluer les conséquences possibles.

Ce voyage ne pouvait pas se terminer bien. Quelle que soit la fille qu’il ait pu choisir, il ne pouvait que se sentir coupable des deux autres abandons qu’il allait faire en même temps. Sur le moment, il en a surement bien profité, il n’a pas vu la malice. Mais par la suite, peut-être des années, cela a détruit sa vie. Probablement, qu’il n’a même pas pu combler la femme qu’il a prise avec lui. Tout ça pour ça …

Déjà, au départ, il faut être dans une certaine misère affective (que je ne juge pas) pour entreprendre un tel voyage. Mais lui, en plus, parce que ce n’est sans doute pas non plus le cas de tout le monde, n’avait clairement pas les épaules pour en assumer les conséquences.

Le mot de la fin

J’espère que ces deux histoires vous auront intéressé, fait réfléchir. N’hésitez pas à les partager, en hommage, au moins, à ces deux hommes qui ont fait du mal, tous les deux sans l’intention de le faire, et qui en payent un prix très lourd: celui des remords et des regrets.

Le choix d’Hercule

Etant enfant, je ne saurais dire quel âge, j’ai lu une histoire sur Hercule dans un livre de mythes et légendes. Cette histoire m’a marqué et, aujourd’hui encore, je m’en souviens.

Pour résumer très fort, Hercule devait faire un choix de vie. Deux femmes lui proposaient deux chemins différents, un facile, l’autre difficile.

Le premier choix appelé « volupté » ou « félicité »:

Si tu me fais ton amie, je te conduirai par la route la plus douce et la plus facile; aucun plaisir ne te sera refusé; aucune peine n’affligera ta vie. D’abord tu n’auras à redouter ni la guerre, ni les vains soucis: ta seule occupation sera de trouver les boissons et les mets qui pourront te plaire, ce qui flattera le mieux, à ton avis, les yeux et les oreilles, l’odorat et le toucher; les amours avec toute leur ivresse; le sommeil avec toute sa douceur; et tu ne songeras qu’au moyen le plus court d’être heureux. Et, si tu crains de manquer jamais des trésors qui achètent les Plaisirs, rassure-toi, je t’en comblerai, sans prescrire jamais à ton corps ni à ton esprit des travaux pénibles: tu jouiras des travaux des autres; tout, pour t’enrichir, te sera légitime je donne à ceux qui me suivent le droit de tout sacrifier au bonheur.

Le deuxième choix appelé « vertu »:

J’espère donc, si tu choisis ma route que tu vas briller entre les grands hommes par tes exploits et tes vertus, et donner ainsi un nouvel éclat à mon nom, un nouveau prix à mes bienfaits. Je ne t’abuserai pas en te promettant les plaisirs; j’ose t’apprendre avec franchise les décrets des dieux sur les hommes. Ce n’est qu’au prix des soins et des travaux qu’ils répandent le bonheur et l’éclat sur votre vie. Si lu désires que les dieux te soient propices, rends hommage aux dieux; si tu prétends être chéri de tes amis, que ton amitié soit généreuse; si tu ambitionnes les honneurs dans un état, sois utile aux citoyens; s’il te paraît beau de voir tous les Grecs applaudir à ta vertu, cherche à servir la Grèce entière; veux-tu que la terre te produise des fruits abondants? tu dois la cultiver; que tes troupeaux t’enrichissent? Veille sur tes troupeaux; aspires-tu à dominer par la  guerre, à rendre tes amis libres et tes ennemis esclaves? apprends des guerriers habiles l’art des combats et que l’expérience t’enseigne à le pratiquer, veux-tu enfin que ton corps devienne robuste et vigoureux? souviens-toi de t’accoutumer à l’empire de l’âme, et de l’exercer au milieu des fatigues et des sueurs.

A la fin, la « Vertu » promettait ceci, dans un dernier dialogue visant à convaincre Hercule de la choisir:

je te promets le bonheur et la gloire

Etant enfant, cela m’a marqué. Et peut-être que cela a influencé mon caractère, la valeur que j’accorde à l’effort, la patience et au besoin de souffrir pour mieux apprécier.

C’est ce même chemin que je voudrais voir épouser ma fille. Je lui ai donné pour moitié ce fardeau qu’est la vie. Elle n’a rien demandé. Mais elle va subir beaucoup d’épreuves, certaines extrêmement douloureuses. J’espère qu’elle s’en sortira mieux que moi. On voudrait toujours que nos enfants fassent mieux que nous.

Mais plus que tout, je lui souhaite d’être heureuse car rien n’est pire que la souffrance quand elle n’est pas récompensée au final.

J’aimerais pouvoir l’accompagner jusqu’au bout du chemin, j’espère que j’arriverai toujours à tenir le coup pour la soutenir jusque là malgré les douleurs, la tristesse et ce que la vie peut parfois nous offrir de pire dans ce que nous redoutons. Quand je regarde en arrière, je n’ai pas le sentiment d’avoir toujours été très heureux. Mais encore une fois, c’est une autre histoire.

Divorcer, déménager et se remettre en route

Activité du blog

Il y a plein de bonnes ou mauvaises raisons pour lesquelles un blog peut se mettre en pause (plus de six mois dans le cas présent).

Souvent, c’est le manque de temps.

Dans mon cas, ce n’est certainement pas le manque d’inspirations (je ne compte pas les articles qui restent en « brouillon » depuis plus d’un an, quasiment écrits mais jamais finalisés; je ne compte pas non plus les articles que j’ai eu envie d’écrire qui ne sont même pas dans « brouillons »).

Il y a aussi l’état « mental ». On peut être motivé, prendre plaisir à le faire et pourtant manquer de l’énergie nécessaire. Dans mon cas, c’était et c’est encore pas mal le cas. Mais, comme on dit, l’appétit vient en mangeant alors je vais essayer de me forcer pour remettre la machine en route.

Divorcer

Et oui, bien que je n’ai jamais été quelqu’un « comme tout le monde », je suis aussi passé par cet étape. Pendant des années, ce ne fut même pas une éventualité. Et un jour, c’est apparu comme inéluctable jusqu’à ce que cela devienne même un souhait partagé. Et, au final, je peux même considérer cela comme une bonne chose (euphémisme).

Bien sur, après dix ans de vie de couple, avec un enfant en bas âge, ce n’est pas une aventure toujours aisée. Ce fut parfois très difficile. Mais aujourd’hui, cela se passe plutôt bien. On pourrait même dire que ça se passe parfois bien pire ailleurs. Alors, touchons du bois et continuons notre vie.

Une nouvelle ville

J’ai habité Wavre (un peu moins de quinze ans), Chaumont-Gistoux (quelques années) et Namur (une douzaine d’années; d’abord comme étudiant). Aujourd’hui, j’habite Tournai. Je pense pouvoir dire sans me tromper que j’y suis pour longtemps à nouveau.

Non, je n’oublierai pas Wavre où j’ai fait quasi toute ma scolarité. Je n’oublierai pas non plus Namur qui m’a tant charmé par son subtil équilibre entre avantages d’une petite et d’une grande ville et le charme de sa citadelle et de son centre ancien.

Tout en me décevant parfois par le conservatisme et la négativité obsessionnelle de certains de ses habitants qui aiment se dire comme étant « vrais » namurois car y ayant toujours vécu. Cela dit, aucune ville n’est parfaite et ces namurois là, je les aime aussi; on avait un amour commun: notre ville.

Mais dans mon cœur, il y a désormais de la place pour une troisième ville. Une ville que j’ai considéré dés le premier jour comme étant mienne également. Je n’ai jamais pensé et ne penserai jamais qu’on est meilleur citoyen quand on a toujours habité au même endroit. La fidélité a certes du bon; mais quand on habite toute sa vie quelque part, on finit par ne plus remarquer les trésors qui nous entourent. Et on finit parfois également par ne plus vouloir aucun changement dans un décor qui s’est figé et qui nous sécurise. Or, qui n’avance pas (ou plus) recule. Le renouvellement est nécessaire et bénéfique si on le fait de manière intelligente.

Je ferai ce qu’il faut pour m’intégrer mais je n’oublierai pas pour autant mon sens critique. Quand on passe d’une ville de 110 000 habitants, capitale, à une ville frontalière de 70 000 habitants, on perd forcément en qualité de service. On ne peut pas comparer des pommes et des poires, alors il faut accepter d’être indulgent sur certaines choses. Je m’empêche, pour le moment, de voir les aspects négatifs pour que le changement se passe bien. Mais, je ne rendrais pas service à ma ville si je ne disais pas ce qui fonctionne bien ailleurs et qui pourrait bien fonctionner ici aussi.

Quitter un lieu de vie, des contacts humains

Je ne suis pas vraiment asocial mais surtout très timide au départ et quand même assez introverti. Cela dit, à presque trente ans on ne vit et on ne voit plus la vie de la même manière qu’à dix ou à vingt.

Je dois dire que j’apprécie assez bien ce que j’appellerais les « petits contacts humains du quotidien » :

  • les caissiers et caissières du Delhaize, Carrefour Mestdagh, Lidl que je fréquentais plusieurs fois par semaine. Après quatre ans, on se connait, on se reconnait. On se salue parfois dans la rue. Quelques mots, parfois une petite discussion, des sourires et même de la complicité parfois face à un client où une situation particulière.
  • certains chauffeurs de bus agréables, sympathiques, au service du client. Tous ne le sont pas, mais les bons, on les connait, parfois ils nous reconnaissent aussi. Nous qu’ils ont vu tant de fois courir pour arriver à l’heure avec parfois un enfant dans les bras. Certains d’entre eux qui m’ont parfois félicité pour les histoires que je lisais à ma fille.
  • les autres usagers des transports en commun, les voisins. Ils étaient plus nombreux à me connaitre que moi à les connaitre. Mais quelques liens parfois s’entretiennent.
  • le monde de l’école Notre Dame. Déménager aussi loin, c’est évidemment changer d’école. Une école qui, globalement, a été une école appréciée. Des professeurs qui ont été ce que j’avais toujours rêvé pour ma fille. Que je ne remercierai jamais assez, s’occupant de la première accueil à la deuxième maternelle de ma fille dans une atmosphère propice à l’éveil sans oublier pour autant d’inculquer un minimum de discipline et de politesse. Se faisant le relais de l’éducation que je donnais à la maison.
  • la librairie Papyrus qu’on fréquentait généralement le vendredi, mais une fois par semaine minimum. La librairie, mais je pourrais aussi dire les libraires. Un endroit calme où la petite a pu entretenir un intérêt pour les histoires et les livres. Où elle a elle-même entretenu des liens et mis parfois à l’épreuve la patience de ces gentilles dames. Elle faisait un peu partie des meubles à la longue. Et une petite partie de la librairie avait déménagé chez nous (je pense qu’on ne doit pas être très loin des deux cents livres achetés).

On crée rarement une relation vraiment durable (amicale) avec ces « petits » contacts humains du quotidien. Ils n’existent que par les hasards des rencontres ou principalement parce qu’on habite un endroit et, du coup, disparaissent quand on déménage. On est pas « ami » sur Facebook. On ignore même souvent jusqu’au nom de famille. Pas plus de contacts téléphoniques. Le lien se rompt de manière plus ou moins définitive (même si on se promets de revenir) le jour du déménagement.

Mais, ce n’est pas pour autant que cela ne nous fait rien, du jour au lendemain de les abandonner (pour en créer de nouveaux ailleurs, quand même). Certains sont prévenus du départ prochain, pas tous. Bien sur (?), on ne prévient pas sa caissière que c’est la dernière fois qu’on la voit. Et pourtant, je le ressens comme un manque de respect et de politesse, comme si je ne disais pas « au revoir ». Du jour au lendemain, on ne se verra plus. Certains se demanderont peut-être ce qu’on est devenu. La plupart, soyons honnêtes, ne s’en rendront probablement pas compte.

Je ne peux m’empêcher, « quand même » (tic de langage que j’ai transmis à ma fille), de ressentir un peu (parfois beaucoup) de tristesse. Ces habitudes qu’on a créé, ces visages qu’on ne verra plus, cela reste perturbant. Mais le changement fait partie de la vie. Alors on remercie (jamais assez) ceux qu’on peut et on passe à autre chose. Qui sera surement aussi bien, je n’y mets pas de jugement de valeur, mais de toute façon « différent ».

Voilà, c’est la vie.

Et aujourd’hui …

On repart pour de nouvelles aventures. On arpente la ville, on explore, on découvre, on prend de nouvelles habitudes. On crée petit à petit, comme le petit prince à une échelle différente, des nouveaux petits contacts humains.

Et on se félicite que, pour notre enfant, tout se passe bien malgré la séparation de ses parents.

A la rentrée, elle apprendra l’anglais en immersion, une chance que je n’ai pas pu avoir. Et dans sept ans, elle apprendra probablement le néerlandais, toujours en immersion. Comme l’a toujours dit mon père, être trilingue deviendra, de plus en plus, une obligation pour trouver de l’emploi. Et je suis fier d’apporter cela à mon enfant.

Ce sont aussi les premiers pas de ma vie d’adulte en réelle indépendance et autonomie (séparation effective d’avec mon ancienne épouse). A 18 ans, j’ai quitté la maison pour un kot communautaire avant de partir vivre en couple à 20 ans. Je n’ai jamais vraiment vécu dans « mon » appartement. Ce n’est pas un objectif, je peux quitter cette expérience du jour au lendemain sans regret. Mais c’est encore quelque chose de nouveau.

Pour conclure (ce dont j’ai toujours difficile)

Après une aussi longue absence, ce blog méritait bien une mise à jour un peu plus longue en forme de confidence. Je prévois de planifier d’autres billets dans les semaines qui viennent. En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et profitez de la chaleur tant qu’il y en a.

Pour clôturer, une photo de la cathédrale de Tournai.

Quelques news

Il n’est pas dans mes habitudes de rester si longtemps sans écrire.

Ce n’est pas que je n’en ai plus l’envie, ni le besoin, loin de là. Je ne manque pas non plus d’idées. C’est tout simplement un manque de temps face à d’autres tâches plus prioritaires.

La vente d’une maison, le déménagement et la nouvelle vie qui va suivre, tout ça va encore me préoccuper jusque juillet au moins.

Peut-être que je trouverai du temps avant cela pour écrire à nouveau mais je voulais informer le lecteur qui arrive ici des raisons de la léthargie actuelle du blog.

En attendant, je continue à regarder des films à un rythme plus soutenu qu’avant, ce qui me donne beaucoup d’idées d’articles. Sans doute la fin 2015 rattrapera le début 2014.