It’s a free world – film de Ken Loach

Pour inaugurer la catégorie « films », je vais recycler un travail que j’ai du rendre pour un cours de « sociologie du travail » l’année dernière et qui donnait quelques commentaires à propos du film « it’s a free world » de Ken Loach. Bien sur j’ai modifié le texte (que j’ai rendu avec des fautes, je m’en rends compte maintenant), comme toujours, mais cela me donnera au moins l’impression que ce travail aura servi à quelque chose. Déjà, à ce que quelques personnes le lisent. 🙂

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers.

Petites précisions sur le film

Fiche Allociné, Première et fiche Wikipédia.

Le réalisateur est le britannique Ken Loach. Il a eu le prix du scénario à la Mostra de Venise en 2007. Le film est sorti début 2008 et dure un peu plus d’une heure et demie.

© FilmFour Ltd

Résumé

En mission en Pologne avec l’agence d’intérim pour laquelle elle travaille, Angie est chargée de recruter des polonais pour les faire venir travailler en Angleterre, son pays. Mère célibataire, originaire de milieu modeste, elle a déjà enchaine un certain nombre de jobs. Mais elle a du caractère et ne se laisse pas faire. Objet d’avances sexuelles d’un de ses supérieurs, elle se fait licencier quand elle lui fait comprendre qu’elle n’acceptera pas de rentrer dans son jeu.

Elle décide alors d’entreprendre et de lancer sa propre agence de recrutement avec une amie. Pour elle qui a connu la misère et l’injustice, notamment à travers son dernier licenciement, il y a un désir de ne pas répéter les horreurs du système. Elle veut réaliser cela avec humanité et si elle commence dans une certaine illégalité, son but est de se régulariser au plus vite.

Mais, piégée par les circonstances (notamment les arnaques des autres avec qui elle fait affaire) et l’appât du gain, elle deviendra exploiteuse également. Cette situation l’amène à une certaine amoralité marquée notamment par sa dénonciation d’un squat pour pouvoir elle-même y loger ses clandestins comme marchande de sommeil. L’insécurité viendra car, contrairement aux exploiteurs habituels, elle ne bénéfice pas de suffisamment de rentrées d’argent pour habiter une maison sécurisée avec des personnes pouvant veiller sur sa sécurité. Seule pour tout organiser, elle est aussi aux premières loges et ne peut compter sur des sous-fifres pour assumer l’impopularité de ses actions à sa place.

Pourquoi ce film ?

Je l’ai vu au cinéma et j’en avais retiré une bonne impression. Quelques années après, s’agissant d’analyser une oeuvre liée au travail, j’ai pensé directement à ce film car il traitait de problèmes très actuels.

Commentaires sur divers thèmes

It’s a free world

Le titre évoque clairement le libéralisme très présent en Angleterre. Je traduirais personnellement cette expression par « je fais ce que je veux » ou « je suis libre ». Car, si littéralement on parle d’un monde libre, c’est évidemment pour mieux marquer ses propres libertés sans devoir se justifier que l’héroïne dit ces paroles dans le film. L’approche est intéressante justement. Face à ses actes, elle préfère ne pas culpabiliser et « botter en touche » avec quelques mots qui lui évitent de penser aux autres et aux conséquences tout en la rassurant intérieurement (c’est le système, pas elle, et elle ne fait que respecter les règles du jeu).

C’est intéressant également car c’est précisément quand elle devient « capitaliste » et fonde son entreprise que l’engrenage va commencer et que de statut de victime elle va passer à un statut beaucoup moins enviable d’exploiteuse antipathique. Le film ne donne cependant pas l’impression que ce déroulement soit inéluctable. Son amie, avec qui elle fonde l’entreprise, n’a pas le même caractère et la même approche des choses. Mais précisément, Angie, l’héroïne vient d’une classe sociale défavorisée. Peut-être est-ce là un message sur le fait qu’avoir été victime n’immunise absolument pas du danger de devenir un jour bourreau. Il y a parfois chez ceux qui ont utilisé l’ascenseur social une volonté très grande de ne pas être assimilé à ceux qu’ils côtoyaient auparavant avec même parfois du mépris (« j’y suis arrivé, ils peuvent aussi »).

Sur la tolérance du système

Pour Angie, le basculement dans l’illégalité commence lorsqu’un patron lui-même désabusé lui présente un jugement. Ce jugement concerne quelqu’un qui s’est fait prendre après avoir employé des centaines de clandestins et qui n’a eu pour seule sanction qu’un avertissement. Il devient, dés ce moment là, très clair pour Angie que les risques, surtout pour les petits poissons comme elle, sont infimes (la suite du film ne lui donnera pas tort … du moins pour ce qui est des risques « officiels »). Le travail des clandestins semble toléré par le système. La réponse du cinéaste est apportée dans la bouche du patron. Un sans papier travaille comme personne. Guidés par la peur et sans protections légales, ils sont comme des esclaves modernes et représente le rêve de la flexibilité des modèles économiques purs tout en offrant une compétitivité accrue à l’économie.

© FilmFour Ltd

Les effets des migrations illégales sur les systèmes sociaux

Lors d’une discussion avec son père sont évoqués les effets délétères sur les pays d’où viennent les immigrants et sur ceux où ils arrivent. D’un côté, des pays se voient vider d’une partie de leur main d’œuvre et pas nécessairement la moins qualifiée. Des professeurs, des docteurs, des infirmières, des ingénieurs qui quittent le pays et lui enlèvent une partie de leur main d’œuvre non seulement nécessaire au développement économique du pays mais aussi à son système social (soins médicaux, enseignement). De l’autre, un pays où les autochtones voient une pression à la baisse sur leurs salaires par le biais de cette nouvelle concurrence.

Egoïsme et ingratitude

Bien qu’elle prêche le droit à s’occuper d’elle et de son fils uniquement et la nécessité de ne pas s’occuper du reste du monde, elle demande aussi sans cesse de la gratitude pour ce qu’elle fait. Endoctrinée par cette société dans laquelle elle a grandit (prônant l’individualisme et le libéralisme) et par l’exemple de son père qu’elle ne veut pas suivre (« depuis 30 ans dans la même société et toujours pauvre » ; « elle ne veut pas suivre le même parcours et devenir une loque »), elle est persuadée de mériter les éloges. Elle donne du travail, se bouge, entreprend et peu importe que ce soit légal ou pas ou même que les conditions de travail où les salaires ne soient pas à la hauteur du « minimum syndical » (comme le dit son père). Tout ça est pour elle comme une revanche sociale. Elle aspire pour elle-même et son fils à connaitre un statut que son père n’a jamais su lui offrir et elle voit l’argent, légal ou non, comme le meilleur moyen d’y parvenir.

Toutefois, tout n’est pas mauvais dans son personnage. Il y a une réelle dichotomie. Il y a souvent des bons sentiments sincères. Elle pense réellement faire le bien mais cela dérape. Sa volonté du début s’efface toujours plus face aux coups durs qu’elle encaisse.

Rythmes professionnels et familiaux

Tout au long du film, on peut voir par intervalle l’école interpeller Angie sur la situation de son fils Jamie. Toujours négativement. Cette situation démontre d’une certaine manière la difficulté pour une mère célibataire d’apporter l’équilibre demandé par son fils si elle doit travailler de manière intensive. Toujours occupée à son « business », elle n’a en réalité que peu de temps pour profiter de l’argent qu’elle en dégage. Et cet argent ne suffit pas à l’éducation de son fils car c’est du temps et de l’attention que celui-ci réclame. Pire encore, la vie de Jamie est mise en danger mais cela ne l’empêchera pas de continuer sa sale besogne.

Assuétude

Elle promet, tout au long du film, à son amie Rose, engagée avec elle dans ces aventures, qu’elles se régulariseront. Un peu comme un fumeur qui promet sans cesse que c’est là sa dernière cigarette. Mais le film finit sans que cette promesse se soit jamais réalisée.

Pour aller plus loin

En vente sur Amazon.

Critique intéressante du journal Le Monde, Ecran Large et de Stéphane Mas.

Et bien sur, les commentaires pour réagir ou me prévenir de votre propre critique sur votre blog.

Troubles de l’élection à Namur ?

Le conseil des femmes francophones de Belgique avait lancé peu avant les élections une campagne afin d’inciter à améliorer le nombre de femmes élues après le scrutin.

Pour cet article, nous allons simplement regarder, par parti pour la ville et la Province de Namur, quels sont les résultats pour ces élections venant de se terminer.

Dans le tableau, on retrouve le nombre d’élus au total, le nombre d’élus masculins, féminins et le nombre de « changement(s) de sexe » nécessaire(s) pour obtenir la situation la plus proche de la parité entre hommes et femmes (quand le nombre d’élus est impair, la parité est impossible).

A la ville de Namur

Nbre élus Elus H Elus F Chgmt –> SPPP
CDH  16  8  8  0
 PS  15  9  6  1
 MR  10  6  4  1
 Ecolo  6  2  4  1
 Tous  47  25  22  1

La palme va au CDH qui arrive à avoir une parité parfaite. Le bilan des autres partis n’est pas mauvais non plus, il ne leur faudrait à tous qu’un seul changement de sexe pour arriver à une situation proche de la parité.

Globalement, grâce à des déséquilibres qui se compensent (Ecolo est ainsi le seul parti à avoir plus d’éluEs que d’élus), le résultat est bon également. Il ne faudrait qu’un seul changement de sexe pour que le Conseil soit le plus proche possible de la parité.

A la province de Namur

C’était quand même là que je me présentais donc on ne pouvait pas ne pas examiner également ces résultats à la loupe. 🙂

Nbre élus Elus H Elus F Chgmt –> SPPP
 MR  13  11  2  4
 PS  12  10  2  4
 CDH  8  7  1  3
 Ecolo  4  3  1  1
 Tous  37  31  6  12

Là, c’est un peu tout le contraire de la situation à la ville. La parité n’est qu’un doux rêve et on en est très loin. Pour rapporter en pourcentage, globalement, il n’y a que 16,2% de femmes là où il y en avait 46,8% à la ville de Namur.

Si ce n’est Ecolo qui limite les dégâts et n’a qu’un seul « changement de sexe » à effectuer pour obtenir la parité (mais n’a que quatre élus également), les autres en ont tous 3 ou 4. Globalement, ça fait 12 !

Conclusion

C’est à la commune où les listes sont les plus grandes et où l’ordre sur la liste compte le moins pour être élu que le problème de parité se pose le moins. Est-ce la raison unique ? Les candidats provinciaux sont peut-être également choisis sur d’autres bases (candidats plus confirmés) et cela pourrait également jouer dans ce résultat.

Toutefois, pour les adeptes de la parité, nous ne pouvons que recommander d’examiner également dans d’autres grosses communes et provinces pour voir si ces résultats peuvent se reproduire ailleurs. Mais, même en restant prudent, on doit bien se dire que, si la circonscription électorale provinciale avait été élargie à toute la Province, il est possible qu’on eut retrouvé plus de parité au final.

Cela est d’autant plus important que le nombre d’élus a été fameusement diminué depuis la réforme et que, même après fusions, les districts électoraux provinciaux restent petits.

Si vous avez d’autres commentaires ou remarques, n’hésitez pas à les faire en commentaire. 🙂

Merci pour votre soutien: mes résultats

Tout d’abord vous parler des statistiques de ce blog. Un premier petit succès puisque 443 vues ont été enregistrées en un peu moins de deux mois d’existence. Une preuve sans doute de la pertinence de continuer à vous défendre des idées et un programme autrement que par des statuts Twitter et Facebook, forcément toujours trop limités et ne laissant pas assez la place à l’argumentation. C’est probablement la raison qui fait que le travail entamé ici, je le continuerai. Le débat politique ne s’arrête pas aux élections, tout le monde en conviendra.

Ensuite, mon score électoral. S’il n’est pas glorieux, il est au dessus de mes espérances les plus basses (100) ou de ce que j’escomptais pour en être heureux (400).

J’ai obtenu 539 voix. MERCI à tous ceux qui y ont contribué.

Par rapport à une campagne que je regrette n’avoir pas eu le temps de mener plus intensément ou de manière plus visible. Cela reste intéressant. Je ne suis pas non plus le dernier de mon parti. Rapporté aux candidats, pour la plupart expérimentés, qui se battait avec moi pour mon parti à la Province, ce n’est pas beaucoup; si on compare aux scores communaux où à ceux des candidats sur les autres listes, cela reste intéressant et dépasse beaucoup de candidats. Chacun voit midi à sa porte, je savais dés le départ que ce serait difficile en étant pas natif de Namur et donc en ayant peu de famille et d’amis établis de longue date ici. J’espère de toute façon avoir apporté des voix à mon parti, c’est l’essentiel et pour une première on manque de notoriété.

Nous avons deux élus sur la circonscription: Georges Balon Perin et Laurence Lambert. Quatre au total: Etienne Cléda et Eric Van Poelvoorde en plus. Ce seront tous des conseillers provinciaux de qualité et je continuerai de suivre la matière en vous informant de temps en temps via ce blog. On l’apprend aujourd’hui mais la majorité provinciale change (PS-MR devient MR-CDH) et c’est déjà quelque chose de bien (après tant d’années …). Je suivrai cela en espérant que ça ira dans le bon sens.

(c) Myben.be // la route est encore longue, sinueuse et dangereuse pour Ecolo mais le projet vaut la peine que nous nous remettions en question au bénéfice de tous

Serais-je encore candidat ou candidat à la candidature ?

On verra, en tout cas, ce fut très enrichissant de pouvoir participer à une élection en tant que candidat et non pas en tant que simple militant. Une expérience passionnante que je recommande à tous.

Maintenant, je vais laisser ce blog sans mise à jour durant quelques jours. De nombreuses discussions internes vont avoir lieu, qui auront la priorité. Puis je devrai le relooker et le retravailler pour en faire un outil de long terme et plus seulement un site de campagne. Mais je reviendrai très vite, peut-être plus tôt que prévu, pour garder le contact avec  vous. En attendant, n’hésitez pas à suivre ce blog via son flux RSS.

ENCORE MERCI pour toutes les marques de sympathie et à très vite.

Dernier article avant les élections

J’avais encore beaucoup d’articles à écrire sur des sujets mineurs ou plus importants. Et je n’ai pas eu le temps. Et j’ai même été un peu « à la bourre » pour le présent article (je comptais le publier début d’après midi, oups).

Mais je vais quand même vous dire ce que vous avez provisoirement manqué avant de vous donner le programme des prochains jours:

– un conseil provincial de la jeunesse à la Province de Namur (j’ai expérimenté celui du Brabant-Wallon, l’expérience est transposable et améliorable)

– vous parler du projet MyOffice 3.0 mené par mon SPF, ce que j’en pense, y mêler un peu de jour Google ou de mobilité volontaire d’un service à l’autre et se dire que cela pourrait améliorer la vie des fonctionnaires provinciaux et la qualité du service (toujours les deux)

– expliquer ce qu’Ecolo pourrait faire pour les écoles provinciales (pédagogie, participation, autonomie des acteurs) ou pour répondre aux besoins des adultes en reprise d’étude (offre plus grande, e-learning)

– vous parler de l’augmentation de la qualité de l’offre de places en crèches, accueillantes, co-accueillantes pour permettre à chaque parent de travailler sans soucis de garde de ses enfants

– expliquer en quoi le fait de prioriser les aides économiques sur le développement de spin offs pourrait améliorer l’emploi

– parler du projet de cité administrative de l’état ou de nouvelle maison de la culture et les envisager bien plus en partenariat avec la ville ou d’autres administrations

– de la volonté de soutenir l’engagement citoyen à travers des « kots à projets » pour les jeunes qui débutent dans la vie active et veulent se lancer à plusieurs dans des projets au bénéfice de la collectivité et habiter en commun avec d’autres pour payer un logement moins cher à leurs débuts tout en partageant un certain mode de vie

– prévoir un rapport annuel d’activités public réalisé chaque année pour présenter aux citoyens ce qui a été fait par la Province

– last but not least, comment je vois la Province évoluer et pourquoi il faut voter Ecolo demain, mais ça je vais quand même en toucher un petit mot en fin d’article

Je n’ai pas eu le temps de faire tout cela. Mais ce n’est que partie remise.

(c) Jessie Romaneix // pourquoi cette photo ? elle est apparue dans la recherche « bientôt fini » sur Google et est très belle

Demain, vous aurez les résultats via le site officiel de la région wallonne. Sur ce blog, je communiquerai mes résultats personnels, mes analyses et mon bilan de campagne lundi ou mardi. Mais ce ne sera pas le point final. En effet, j’ai décidé de prolonger l’aventure. Les sujets qui ont été loupés pourront donc être publiés quand même car l’envie est toujours là même si la campagne finit demain.

Et donc, comme promis, je finis le présent article par quelques mots qui vous aideront à comprendre pourquoi je pense qu’il faut voter Ecolo à la Province demain. Ces mots sont en fait de Georges Balon Perin mais je les partage:

Nous sommes beaucoup interrogé sur le pourquoi de se présenter à la Province et en même temps de vouloir la supprimer ….réponse très simple :
tant qu’elle existe, autant la gérer convenablement càd de manière transparente (il y a un semblant de démocratie …on vote mais personne ne connait les enjeux ou ce qu’il s’y passe) et en mettant fin aux nombreux gaspillages : il y a encore énormément de dépenses de prestiges à la discrétion de l’exécutif ou de clientélisme : ce niveau de pouvoir est bcp moins encadré que la RW ou les communes. La gestion est vraiment ‘ »surannée »
si on veut y mettre fin de manière intelligente (cad avec une transition respectueuse des gens et garantir une continuité des services) mieux vaut être à l’intérieur du système

Voter Ecolo, ça ne veut donc pas dire stopper tous les services. Ca ne veut pas dire licencier tout le personnel. Ca veut dire, petit à petit, organiser le transfert des compétences à l’endroit où elles seront le mieux gérées. Ca veut dire respecter le personnel également. Car des besoins publics à satisfaire, il y en a. On aura toujours besoin de ces agents et de profiter de leur expérience. Si la Province doit s’éteindre dans vingt ans, c’est aussi en commençant aujourd’hui qu’on évitera la casse sociale. Une réforme de l’état produira des conséquences négatives pour la Wallonie. Cette réforme aura des conséquences négatives pour les Provinces (elle provoquera sans doute même leur disparition pour des raisons de coûts). Seules les Provinces qui auront prévu cette échéances avec l’aide d’Ecolo pourront éviter la casse sociale.

Enfin, voter pour Ecolo, c’est tout simplement voter pour une bonne gestion, une gestion participative, intelligente qui tienne compte du 21ème siècle. Et qui prévoie les enjeux du futur et les anticipe. Pour créer de l’emploi non délocalisable et investir dans les secteurs verts notamment.

Pour terminer: demain, allez voter. Votez pour qui vous voulez mais votez pour ceux en qui vous avez confiance. J’espère que vous ne serez pas déçus. Bon dimanche.

Recruter « objectivement » et mettre fin aux pratiques du passé

Il y a un domaine dans lequel l’administration fédérale a bien évolué, c’est celui du recrutement « objectivé » de son personnel.

J’entends par là qu’aujourd’hui, il n’y a plus de clientélisme, d’une part, pour recruter les nouveaux agents (excepté le top management où un doute est encore permis du fait de la nomination par le Gouvernement) et, d’autre part, les méthodes utilisées sont professionnelles. Pour avoir travaillé dans un service de recrutement d’un SPF et pour suivre depuis deux ans un Master en Sciences du travail et avoir suivi le cours relatif au recrutement, je peux vous dire qu’on est face à une situation relativement saine et bonne.

Les pouvoirs locaux, eux, n’ont pas encore cette réputation. C’est peut-être le cas mais force est de constater que les personnes qu’on connait par ci ou par là ne disent rien pour nous rassurer.

Les solutions que je propose sont les suivantes:

  • s’inscrire dans le « cadre » Selor et imposer l’utilisation de leur base de données de CV. Ceux-ci sont anonymes au moment de la première sélection, ce qui évite en partie déjà le clientélisme
  • utiliser des tests écrits reconnus fiables par les chercheurs reconnus dans le domaine et utiliser la méthode STAR lors des oraux voir les mises en situation lorsque la situation l’exige
  • instaurer une obligation de motivation des décisions et laisser le jury déterminer de la réussite et du classement
  • limiter la composition des jurys à deux intervieweurs dont une provenant du service qui recrute et l’autre du service des Ressources Humaines plus une secrétaire chargée de prendre note de la délibération et du déroulement de l’entretien
  • les cotations des intervieweurs seront données à la secrétaire qui sera seule à connaitre les points de chacun jusqu’à la fin du dernier entretien
  • signaler directement le résultat de son entretien au candidat sitôt la délibération terminée, ceci afin qu’aucun résultat ne puisse être modifié ultérieurement
  • signifier rapidement les résultats et le classement
  • prévoir une possibilité interne de recours
  • enregistrer le déroulement de l’entretien et de la délibération pour consultation par la commission de recours
  • faire passer les promotions de moindre importance par les mêmes procédures que celles du recrutement
  • pour les « top managers » et pour les promotions importantes, prévoir un jury composé de personnalités externes et choisies au hasard dans une liste reconnue et approuvée par le Conseil provincial. Rendre la décision de ce jury liante
  • faire évaluer les pratiques de recrutement par le Selor de manière régulière

En supplément, je propose également à la Province d’aider les communes qui le souhaiteraient à professionnaliser également leurs services recrutement ou à utiliser son personnel et ses compétences.

Ces idées vont dans le but de permettre à la fois des méthodes efficaces et professionnelles mais aussi d’en finir avec le clientélisme. Bien sur, on peut en discuter pour en retirer, en aménager, en ajouter. Et si Ecolo va à la Province, il faudra un compromis avec une autre formation politique pour améliorer tout ça. Mais avec ce bref article, vous avez au moins un aperçu de ce qu’il est possible de faire. Nous ne sommes pas sans ressources !

Label Anysurfer et respect des standards du Web

Les personnes malvoyantes ou aveugles ont aussi le droit de consulter l’internet. Qui plus est quand le site internet appartient à une autorité publique, il devient alors moralement obligatoire qu’il le soit. Si le site internet est créé en respectant les standards du web, normalement tout va bien. Mais c’est loin d’être le cas de tous les sites internet et encore moins des plus anciens.

Il a donc été créé un label « Anysurfer » qui garantit que le site répond bien à un cahier des charges d’accessibilité. Ce label n’étant pas affiché sur le site de la Province, on peut donc directement savoir que la Province n’a pas essayé de l’obtenir.

Ca ne veut toutefois pas dire nécessairement que le site internet n’est pas accessible mais seulement qu’un non voyant n’est pas certain, avec son appareillage spécifique, d’y accéder correctement.

Alors, pour le fun, j’ai décidé de passer le site internet sur le validateur du W3C, l’organisme chargé de l’édition des standards du web.

Vous pouvez trouver le résultat complet en cliquant sur le lien : http://validator.w3.org/check?uri=http%3A%2F%2Fwww.province.namur.be%2F&charset=%28detect+automatically%29&doctype=Inline&group=0

Il y a en tout 99 erreur détectées. Ca ne nous dit toujours pas si le site est accessible ou non, je n’ai pas le matériel pour le vérifier mais ça donne un indice sur le degré de respect des standards, ce qui y est lié quand même.

Lors de la mise à jour du site internet qui devrait certainement arriver dans le courant de la prochaine législature, Ecolo sera certainement attentif à l’obtention du label AnySurfer et au respect des standards du Web.

Faire confiance aux logiciels libres

Suivre les exemples et … en devenir un

Introduction

Les administrations sont toutes informatisées. Et elles utilisent donc toutes des logiciels soit pour faire de la « bureautique » (Word, Excel) soit pour utiliser des logiciels plus spécifiques. Cela pose des questions de gestion publique (cela a un coût), philosophique (logiciels avec code ouvert ou fermé) et de sécurité (comment garder une main mise sur les outils qu’on utilise sans être dépendant de sociétés multinationales). Très majoritairement, les logiciels utilisés aujourd’hui sont propriétaires. Windows est, par exemple, très certainement le plus répandu des systèmes d’exploitation et Microsoft Office est sans doute la suite bureautique la plus utilisée également (mais peut-être déjà moins).

Il s’agit donc bien d’un sujet politique qui mérite d’être débattu avant et après l’échéance électorale.

Vous trouverez une définition des logiciels libres ici. Les logiciels libres sont des logiciels dont on peut consulter le code, le modifier et le redistribuer. Pour faire simple. Ce sont donc des logiciels sur lesquels on a beaucoup plus de contrôle. Alors qu’à l’inverse un logiciel propriétaire rend extrêmement dépendant de son fabriquant et s’il fait faillite ou décide d’arrêter le support, cela peut créer de graves problèmes.

(c) factoryjoe

 

Pourquoi les logiciels libres ?

L’Association promotion des logiciels libres APRIL a réalisé un excellent cahier pour les élections locales françaises de 2008. Il reste évidemment d’actualité et je vous invite à le consulter.

On peut toutefois en rappeler une première raison évidente même si elle fait encore parfois polémique (des études disant parfois le contraire mais avec une crédibilité pas toujours très grande). Il s’agit du coût. Passer aux logiciels libres permet de faire des économies. Les coûts les plus importants de la migration sont liés à la formation mais voilà bien justement un coût qui s’efface ou se lisse à moyen long terme. Un article de la presse canadienne fait un peu le point sur cette motivation et un autre article récent fait le point sur la situation à la ville de Munich.

La deuxième raison, c’est la sécurité de deux points de vues. D’un point de vue de la continuité de l’administration d’abord. Ne pas être dépendant d’une firme privée pour les mises à jour, le support et l’utilisation des données enregistrées est très important. D’un point de vue protection des systèmes informatiques et des données d’autres part puisque Linux fait l’objet de moins d’attaques et qu’il y a moins de virus informatiques sur ce système actuellement.

La troisième raison est philosophique. Le logiciel libre promeut un mode de travail basé sur des valeurs de partage et de redistribution notamment. Cette philosophie est plus que compatible avec les services publics, elle est en pleine complémentarité.

La dernière raison est économique. Faire le choix des logiciels libres, c’est souvent faire le choix de PME et/ou de sociétés européennes. La ville et la province de Namur comprennent une grosse expertise en matière informatique. En faisant ce choix là, on peut favoriser ce secteur économique et même lui donner des armes à un moment où les logiciels libres sont de plus en plus vogue dans le monde. Cela favorisera des emplois locaux, l’économie locale et nos centres d’expertise académiques.

Points d’attention

Les migrations aux logiciels libres ne sont pas toujours des succès, il y a des risques. Cela demande un suivi fort et un engagement ferme des décideurs d’y aller.

Faisons le, pas à pas, doucement mais surement

Tout changement provoque toujours des réticences et les services informatiques comme les utilisateurs auront chacun leurs raisons pour ne pas vouloir bouger. Cela dit, une fois fait, ils deviendront les meilleurs défenseurs et ambassadeurs de leur nouvelle situation.

Nous pensons que cette migration ne doit pas se réaliser de manière dogmatique. Il faut évidemment commencer par ce qui est le plus simple et le moins délicat et, quand il n’y a pas d’alternative valable (ou d’alternative tout court), migrer reste un objectif mais plus lointain. Pour bien y arriver, nous préconisons donc d’étudier les difficultés qui pourraient survenir pour les différentes migrations possibles (bureautiques, OS, navigateur internet, logiciels maison). Vu les activités de la Province, une migration ne devrait normalement pas poser de problèmes mais c’est évidemment à étudier et à voir. Dans ce processus, il faudra évidemment se nourrir des expériences réalisées dans d’autres administrations similaires.

(c) terretta

Incitons ensuite les communes à suivre le pas également

Avec l’expérience acquise, la Province devra susciter les mêmes migrations dans toutes les administrations et intercommunales sur son territoire. Une cellule pourra y être consacrée. Les sociétés spécialisées sur notre territoire grandiront grâce à ces contrats. Cela deviendra aussi une vitrine pour le pays et une province exemplaire pour susciter un engouement beaucoup plus large. Si demain, des experts viennent de pays étrangers ou d’autres administrations belges pour comprendre et s’inspirer, on pourra alors estimer avoir réussi à être devenu une province exemplaire dans le domaine.

Bien sur, on peut ne pas être d’accord. Je pense que, si on avance pas plus dans le domaine, c’est sans doute d’abord par méconnaissance des politiques. Mais il peut y avoir également des opinions négatives qui se valent à ce sujet. N’hésitez pas à faire part des plus et des moins et à compléter cet article via les commentaires qui vous sont, comme d’habitude, ouverts.