L’intelligence érotique, livre de Esther Perel, petite critique

J’ai découvert Esther Perel au détour d’une conférence TED sur internet et je dois avouer que c’était assez passionnant. Dans ces cas là, je regarde si l’auteur a déjà publié des livres et je vois si l’un d’eux peut motiver un achat. Et c’est comme ça que « l’intelligence érotique » a atterrit dans ma boite aux lettres il y a quelques mois en attendant de trouver le temps de le lire.

Un livre parfois éprouvant à lire

Le livre se base énormément sur la pratique de thérapeute de l’auteure. Les exemples pratiques y sont à foison et tout ce qui est dit est toujours illustré. Toutefois, et c’est un indice que rien n’est trafiqué, ça ne finit pas toujours bien. Elle n’arrive pas toujours à aider les couples (et c’est normal).

Mais, pour quelqu’un comme moi, c’est assez angoissant. C’est la réserve que je mets au livre et la première raison qui fait que j’ai mis beaucoup de temps à le lire.

La deuxième raison est liée au besoin de digérer ce qu’on lit. J’aime bien laisser un peu de temps après avoir lu quelques pages ou quelques chapitres. Cela permet l’introspection.

La dernière raison est mon empathie naturelle. Ce n’est pas seulement qu’il n’y a pas toujours une solution définitive de trouvée (malgré un excellent thérapeute) et donc la preuve que tout ne peut pas toujours être résolu. C’est aussi que je ne peut m’empêcher de me mettre dans les situations dites au moment où je les lis et que ce n’est pas toujours plaisant de s’imaginer faire des choses qu’on ne voudrait pas ou qu’on s’interdit.

Mais remplit de pensées intelligentes, iconoclastes et bien construites

A beaucoup de moments, je me suis dit en lisant que je pensais vraiment pareillement. Ou que c’était agréable de voir que l’auteure utilise son cerveau et ne se contente pas de répéter ce que le reste de sa profession fait ou dit. Elle a l’énorme avantage d’avoir vécu dans différents pays et différentes cultures et cela la rend moins perméable à la morale ou à la culture américaine. C’est très positif et rend le propos plus universel même si, précisément, les situations évoquées à titre d’exemple sont, par contre, presque toujours empreintes de cette culture américaine.

Un « must have »

C’est, sur les relations de couple, un des meilleurs livres que j’ai lu. Il peut, au minimum, servir à la réflexion et je n’ai, à aucun moment, regretté son achat.

Quelques citations, pour finir

Le livre fait quand même plus de 300 pages (poche) donc c’est difficile de faire des choix et, donc, c’est très peu représentatif de l’ensemble. Les « gras » sont de moi.

  • « Pour les couples modernes, le défi consiste donc à réconcilier le besoin de sécurité et de prévisibilité avec celui d’excitation et de mystère, qui donne le frisson. » (…) « Nous sacrifions malheureusement bien souvent la passion pour atteindre la stabilité » p. 27
  • « Mais, en même temps, nous avons peur: plus le sentiment est profond, plus la perte pourrait être douloureuse. Alors nous faisons tout pour rendre l’amour plus sur en l’inscrivant dans la dépendance et l’attachement. (…) Or, l’excitation est liée à une certaine dose d’insécurité: en cherchant à maitriser l’incertitude, nous finissons par ôter sa vitalité à la relation. Nous apprécions le confort, mais nous nous plaignons d’en subir les contraintes. La spontanéité nous manque. En voulant contrôler les dangers de la passion, nous l’avons fait disparaitre, l’ennui conjugal est né ». p. 33
  • « Au fil des années, j’ai remarqué que la place centrale accordée aux enfants n’était pas une simple question de mode de vie, mais parfois de configuration émotionnelle. Les enfants sont une vraie source d’enrichissement pour les adultes. Leur amour inconditionnel, leur dévouement total, insufflent du sens à nos existences. Le problème surgit lorsque nous faisons appel à eux pour obtenir ce que nous ne trouvons plus chez l’autre: l’impression que nous sommes spéciaux, que nous comptons, que nous ne sommes pas seuls. Transférer ces besoins affectifs d’adulte sur nos enfants représente pour ces derniers un fardeau trop lourd à porter. Pour se sentir en sécurité, ils ont besoin de savoir qu’il existe des limites à leur puissance et à ce qu’on leur demande de façon furtive. Ils ont besoin de nous voir vivre nos propres relations amoureuses, quelles que soient leurs formes. Si nous sommes satisfaits sur le plan affectif et sexuel (disons de façon raisonnable), nous permettons à nos enfants de développer leur propre indépendance, en toute liberté et en toute confiance. » p. 218

Bonne lecture … 🙂

Dusty Springfield / Jacques Brel – If you go away / Ne me quitte pas

J’ai découvert récemment la version anglaise de « ne me quitte pas » chantée par Dusty Springfield. Je l’ai beaucoup appréciée et je voulais la partager.

If you go away de Dusty Springfield

Paroles: http://www.lyricsfreak.com/d/dusty+springfield/if+you+go+away_20043891.html

Ne me quitte pas de Jacques Brel

Paroles: http://www.metrolyrics.com/ne-me-quitte-pas-lyrics-jacques-brel.html

Les grosses différences

  • Brel est dans la supplique désespérée. C’est déjà fini, il le sait. Ne me quitte pas n’est pas une chanson de reconquête, c’est une chanson de deuil. Aucune femme ne reviendra par cette chanson, peu importe la beauté et la poésie des paroles.
  • Dans la version de Springfield, c’est déjà un peu moins joué. Certes, elle dit qu’elle sait qu’il va le faire, qu’il doit le faire. Mais, cela veut aussi dire que précisément, ce n’est pas encore fait. Tout comme le titre de la chanson le dit également « si tu t’en vas ».
  • Brel est dans l’abstrait, des grandes idées très mégalo, très imbues de son égo et de toute puissance d’abord puis d’humiliation profonde. Mais très « je » et égocentré dans tous les cas. Et quand il parle de l’autre, c’est pour en faire une Reine, de nouveau un être désincarné et très peu concret et humain.
  • Springfield, évoque aussi la nature, mais reste plus proche du concret et surtout de l’autre et de son sourire, et des expériences qu’ils vont vivre à deux. C’est plus enthousiasmant. Elle évoque aussi ses sentiments, ce que cela lui fera en cas de départ. Ca donne plus envie de rester.
  • Dans sa chanson, Brel parle d’oubli, de pardon. Il semble être à l’origine du départ, avoir commis une faute (une maitresse, une liaison ?). Cette chanson s’adresse probablement à un Amour très fort et officiel.
  • Springfield, elle, ne semble pas avoir quelque chose à se reprocher. Le départ est différent « as I know you must ». Je l’imagine plutôt comme une maitresse devant céder le terrain à l’officielle. Elle ne désire pas qu’il quitte sa vie mais sait qu’il le fera et qu’il le doit car une plus légitime qu’elle compte plus fort. Cela dit, c’est une interprétation très personnelle car la chanson ne donne pas beaucoup d’indices.

Finalement, les deux chansons pourraient très bien être les deux faces d’une même pièce et ça me plait beaucoup. Brel pourrait très bien quitter sa maitresse pour reconquérir sa femme. Et la maitresse pourrait très bien être celle qui ne veut pas être quittée ou abandonnée.

Dans tous les cas, les deux interprétations (de même que les textes) sont magnifiques. Mais, en cas de rupture, je préfère tout de même la version anglaise car je la trouve plus optimiste et pleine d’espoir. Et celle de Brel plus déprimante. Finalement, plus appropriée quand tout est fini. Mais, quand on se fait larguer, on admet rarement rapidement que tout est « déjà » fini et sans espoir même si c’est souvent comme ça malgré tout.

Un moment d’égarement: petite comparaison entre le film de 1977 et 2015

Introduction

Ayant vu récemment les deux films intitulés « un moment d’égarement » (celui de 2015 de Jean François Richet et celui de 1977 de Claude Berri), deux oeuvres ayant environ quarante ans d’écart, je voudrais les comparer sur quelques thèmes via quelques petits commentaires et analyses. Il y aura évidemment, comme d’habitude, des spoilers.

Le film de 1977 sur youtube:

Humilité / ton du film

Le film de 2015 profite probablement d’un budget plus développé et cela se voit à l’écran. Personnellement, je ne trouve pas que cela serve vraiment le propos du film. Dans le film originel, on retrouvait une certaine intimité, humilité, le fait que les hommes et les femmes se retrouvent bien petits et démunis face à l’amour et ses conséquences.

La beauté du film sorti cette année fait sans doute trop rêver alors qu’on devrait logiquement éprouver de la tristesse ou de la réflexion face à cette situation. Même dans le contexte « comédie » que prend bien plus le nouveau film, il y a globalement une ambiance pas assez humble à mon goût.

La scène d’introduction en 1977, ce sont les embouteillages, la chaleur accablante, le monde fou sur la plage, la radio en arrière plan et personne qui parle.

En 2015, c’est une route déserte, très certainement l’air conditionné et un des deux père qui fait de longs monologues.

Il y a aussi une complicité père fille qui disparait entre les deux films dans cette même scène d’introduction.

Cette scène, à elle seule, marque le film. Dans l’un on va « souffrir » avec nos acteurs et ils vont souffrir avec leurs enfants et, dans l’autre, on sent que ce sera finalement assez léger et que les parents n’auront pas de vrai contact avec les enfants (ils en sont déconnectés).

Politiquement correct

C’est là qu’on voit le plus qu’on a énormément changé en quarante ans. Là où les seins nus à la plage étaient montrés et admis, c’est plus prude aujourd’hui. Mais ce n’est qu’un détail. En 2015, imaginer une vraie histoire d’amour entre un vieux et une Lolita est devenu totalement inimaginable et infilmable, même et ça se voit.

En 1977, il y a de la drague, de la séduction, et même s’il n’est pas très partant au départ, s’il le vit avec gêne, il est quand même actif, notre homme plus âgé.

En 2015, ce n’est pas tout juste s’il ne se fait pas violer (il ne cesse de refuser et ne dira jamais oui, la seule fois où il dit son amour c’est sous la contrainte donc d’une certaine manière cela ne vaut rien). Et la position dans laquelle ils font l’amour est d’ailleurs symptomatique. En 77, il est au dessus. En 2015, elle est au dessus de lui pour vraiment montrer à l’écran qu’il est le moins actif possible (on se demande d’ailleurs qui retire le caleçon). J’ai revu cette scène, il se fait embrasser, il a les mains en l’air sans la toucher, c’est elle qui va jusqu’à guider ses mains pour les mettre aux bons endroits. Et, on ne filmera d’ailleurs pas beaucoup plus loin l’acte, sans doute pour éviter de nous montrer un possible consentement dans la suite des « opérations ».

Par la suite, il n’assume rien du tout, ils ne refont pas l’amour. Alors que quarante ans plus tôt, on voit une vraie histoire avec des questionnements, des interrogations. Ce qui était d’ailleurs intéressant.

En 1977, on évoque la libération des femmes, les relations avec des lolitas, la différence d’âge, l’amour, l’Amitié. En 2015, cela se réduit à la différence de génération, l’enfant roi et la tyrannie d’une adolescente sur un adulte (mais en réalité, même pas volontairement, je pense). Le politiquement correct est passé par là. Et le marketing, également, il vaut mieux évoquer le moins de sujet de société possible. Le film doit rester léger, un produit de consommation qu’on oublie juste après. Les moments drôles ne sont pas là pour faire passer les moments difficiles, ils sont là pour les remplacer et les faire oublier.

Moi qui aime le cinéma qui permet le partage après la séance, cela peut évidemment difficilement me satisfaire. Parce qu’on est pas dans l’humour avec ses grandes phrases, on est dans le comique de situation qui ne prête pas non plus à discussion ou répétition après coup.

Les intrigues rajoutées, le macho

Puisqu’on enlève une partie de l’histoire au nom du politiquement correct, on se retrouve à devoir meubler avec une scène de jet ski sans grand intérêt ou surtout l’histoire du sanglier dont tout le monde se fout. Mais, qui sert sans doute à se moquer encore plus du « macho » de l’histoire complètement en dehors de ses pompes.

Ca ne fait qu’accentuer, par ailleurs, encore plus le politiquement correct de l’histoire puisqu’on tire sur « le » personnage dépassé comme si tout le monde n’en avait pas déjà conscience. Assez facile en fait. Ce type est présenté comme le gros loser quitté par sa femme sans même s’en rendre compte. Il n’inspire que de la pitié. Dans le remake, le macho, c’est celui qui n’a pas de sentiments, le personnage diabolisé finalement.

Alors que dans l’original, c’était un personnage qui inspirait le respect, avec du charisme et il avait nettement plus de profondeur. Il réfléchissait au futur, avait des sentiments, assumait ses actes et a de l’empathie pour celle qui l’aime si passionnément.

Par contre, pour ne pas faire que dans le négatif, je dois avouer que la scène où ils se retrouvent très rapprochés à faire du sport et de la randonnée est très bien trouvée même si elle aurait pu être mieux exploitée (bah oui, ça manque un peu de subtilité avec notre lolita qui mets ses seins à l’air et l’autre qui fait genre « je comprends pas » et personne d’autre ne voit rien du tout).

Mais, quand on y réfléchit, cette scène existe uniquement pour expliquer comment l’amour nait. Or, ça ne donne pas du tout de profondeur à cet amour qui semble né en un instant. Tout ça parce qu’on a zappé le fait que dans le premier film, l’amour était antérieur aux vacances.

L’Amitié

En 1977, on a à faire à deux AMIS, des vrais et ça se voit. Victoire Lanoux et Jean Pierre Marielle sont de vrais complices à l’écran. Leur amitié virile n’empêche pas l’un d’étaler de la crème solaire sur l’autre. Là où dans le film plus récent, la crème solaire ne s’étale plus entre mecs. C’est drôle d’une certaine manière car, ce qui était encore sans ambiguïté possible il y a quarante ans ne semble plus l’être aujourd’hui au point où on change la scène.

Dans l’histoire de 2015, on pourrait tout aussi bien avoir l’impression qu’ils sont juste potes et certainement pas des amis de toujours. C’est dommage car du coup, ça enlève une partie de l’intérêt. Dans le « vieux » film, il y a la peur de « blesser » un ami quand dans le moderne, il y a une peur plus physique de se faire « frapper » par le macho imbécile de service. Je trouve ça très différent, et pas en mieux.

La fin

En 1977, on termine sur une image fixe des deux amants qui se regardent en face à face. L’air est un peu grave, celui d’une histoire d’amour qui peut enfin commencer mais sans perdre de vue, de manière très lucide, toutes les difficultés à venir.

En 2015, on termine sur des jeux de regards pas si explicites mais avec en dernier plan la Lolita qui arbore un sourire en coin qui a gagné, assez dominateur. Vincent Cassel, pour ses derniers plans apparait plus embarrassé qu’amoureux. Lui qui n’assume toujours pas, qui se donne une baffe à lui-même dans la nuit et qui ne semble que dans le regret et la soumission bien plus que dans la « consommation » de l’acte ou de l’amour. On le plaint.

Mais peut-être que ça se veut représenter un couple moderne où l’inversion des rôles conduit à voir la femme dominer et l’homme subir ? Je préférais au moins le couple final de 1977 qui avait le mérite d’être équilibré malgré la différence d’âge (avec en plus la conscience de l’homme divorcé qui avait appris de ses erreurs et changé).

L’amour adolescente, la maturité

La lolita de 1977 avoue être amoureuse depuis en fait plusieurs années de cet homme divorcé et aux traits très masculins. Finalement, assez logique, il incarne par son machisme un parfait père de substitution par rapport à son vrai père déjà un peu perdu par les changements de société. Elle est vraiment amoureuse et cherche à séduire bien plus qu’à forcer.

En 2015, rien de tout ça. On nous présente cela bien plus comme une attirance physique subite que comme un amour. Cette sale gosse de 2015 est une gamine qui ne se refuse rien, qui prend ce qu’elle a envie et qui joue vulgairement de son corps ou de ses menaces pour obtenir ce qu’elle veut. On a plus l’impression d’un amour de passage comme certaines peuvent en connaitre dix par an, voir, pire, d’un caprice face à un homme qui ose se refuser à elle. Et certainement pas d’un Amour préexistant depuis longtemps (faute sans doute également au politiquement correct, à nouveau, d’ailleurs).

Et c’est là finalement une grande différence. Si le film des années septante nous montre dans une des premières scènes la jeune fille sucer son pouce, elle finit le film avec bien plus de maturité que celle qui, quarante ans plus tard, a sans doute déjà tout expérimenté du sexe mais qui se comporte encore énormément comme un enfant immature qui voit, désire et prend en un instant sans que personne ne lui refuse quoi que ce soit.

D’ailleurs, dans le film original, on accompagne les trois principaux protagonistes (lolita + les deux pères) dans leurs cheminements personnels et leurs évolutions. Dans le remake, personne ne grandit, personne n’évolue vraiment, c’est bien triste (à part le macho qui comprend à quel point il est dépassé, c’est vrai, une féministe a du écrire le script). La fin de 2015 m’a même laissé un peu perplexe. Le « retour à la normale », si je peux m’exprimer ainsi, se fait par le petit sourire de la jeune femme, sourire victorieux et la défaite des deux autres. L’un qui décide de laisser faire, l’autre de se laisser dominer.

Dans le film original, l’histoire d’amour, avec énormément d’humilité (on sent que ce ne sera pas facile) gagne à la fin. Dans le remake, c’est seulement l’enfant roi qui a obtenu ce qu’elle voulait (et sans même avoir à vraiment le réclamer, en plus !).

Réaction de la fille « non » lolita

Dans le premier film, la fille accepte la situation. Elle est « politisée » d’une certaine manière, elle a un regard sur les hommes et les femmes. Et si elle fait la leçon à son père, c’est pour lui dire d’accepter d’évoluer et de changer son regard sur les femmes et de ne pas refaire les mêmes conneries qu’avec sa mère. Mais en aucun cas elle a un regard moral ou même n’exprime de la jalousie. Elle est finalement très saine d’esprit (l’oedipe est digéré).

En 2015, la seule réaction est celle de pleurer, bouder et jalouser. Elle est beaucoup moins mature. Pour autant, quelle que soit l’époque, elle ne me parait pas réellement illogique. Mais, cela permet surtout d’éviter une thématique importante du film de départ liée à la condition féminine (totalement oubliée du nouveau … et même si la situation a changé pour les femmes, ça n’aurait pas été inintéressant d’y apporter un regard moderne).

Ambiance, état d’esprit

Dans le nouveau, j’ai eu l’impression qu’on est plus dans le sexe que dans l’amour. Que la séduction est remplacée par la drague. Et la poésie par la vulgarité. Mais, il ne faut pas non plus exagérer, la fin est par exemple assez bien filmée avec ce qu’il faut de lenteur, poésie et musique appropriée.

Marielle VS Cassel

Je ne peux en dire grand chose. Marielle joue incroyablement juste. Cassel arrive juste à être agaçant d’un bout à l’autre par son surjeu permanent. Cela dit, si le but, et c’est possible, est de nous faire passer ce père qui se fait « violer » par la fille de son ami comme quelqu’un d’extrêmement pathétique, c’est très réussi.

Conclusion

Si on les compare, les deux films sont tout simplement trop différents. On a vraiment gardé que le minimum du pitch de base. Tellement différents qu’il peut devenir difficile de parler réellement de remake. L’un se veut film de société et l’autre ne prétend pas vraiment être plus qu’une comédie.

J’adore celui de Claude Berri. Je ne déteste pas celui de Jean François Richet. L’un est un très grand film que je n’aurais jamais découvert sans l’autre (c’est déjà un grand mérite). L’autre est un film moyen qui permet de passer quand même un bon moment de télévision (c’est sympathique). La réflexion est remplacée par l’humour. L’amour disparait. Mais il y a des qualités esthétiques indéniables.

L’idée d’un remake était en tout cas intéressante. Mais si quelqu’un voulait retenter le coup par quelque chose d’un peu plus osé et qui respecte un peu plus les thématiques de départ, il ferait alors surement un bon remake. Ici, ce n’est pas le cas. Pour faire du commercial, on ne peut pas prendre le risque de choquer: dommage. Dommage car un remake prenant compte l’évolution de la société en quarante ans aurait donné un film plus intéressant à comparer. On aurait eu deux visions de société qu’on aurait pu mettre côte à côte.

On me dira peut-être qu’il y a un peu de ça ici derrière cette domination de l’homme par la femme et cette perte de l’équilibre qui se construisait dans le premier film. Sans doute, mais ça passe trop inaperçu à mon goût. Et j’avais envie de rester dans une critique plutôt tranchée. En seulement une heure vingt, le premier film disait beaucoup, avec émotions, et le faisait bien. Avec vingt minutes de plus, le deuxième film ne fera jamais vraiment mieux que survoler le sujet et ça mérite une opinion tranchée à mon goût.

Psychologie de la vie amoureuse de Sigmund Freud

La traduction que nous utilisons est celle parue à la « Petite bibliothèque Payot » en 2010.

9782228905527

A propos

C’est un petit livre composé de trois petits essais distincts mais qui se complètent l’un l’autre. Il est préférable d’avoir des bases en psychologie mais ça reste très accessible (pas besoin d’un master). Si on enlève la préface, il y a environ 80 pages, ce qui n’est pas énorme.

On ne va pas le réécrire ou le résumer ici mais seulement aborder quelques éléments en espérant vous donner envie d’en lire plus (si le sujet vous intéresse).

Gardons également à l’esprit que ce livre a été écrit au début du 20° siècle dans un contexte culturel bien précis et par certains côtés différent du nôtre.

Tendresse >< sensualité

Freud évoque deux courants sexuels distincts qui sont attirés par des « objets » (en psychanalyse, ce n’est pas un mot péjoratif) opposés.

Le courant tendre est le courant primitif. Celui qui nous vient de l’enfance et évoque l’attachement à la mère ou au père. C’est une sexualité forcément immature et bloquée par le tabou de l’inceste. A noter que le mot sexualité n’évoque évidemment pas la même chose à l’enfance et à l’âge adulte.

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Le courant sensuel est la sexualité génitale et adulte. Il se crée en empruntant les passages creusés par le courant tendre mais doit se détacher de l’objet premier pour se réaliser.

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Le livre parle du conflit entre ses deux courants comme étant à la base de nombreux problèmes sexuels (frigidité, érection notamment). Si certains hommes arriveront à combiner amour (plus proche du courant tendre) et sexualité (courant sensuel) avec une même personne, d’autres devront nécessairement avoir une femme sublimée et une maitresse rabaissée pour s’en sortir sur les deux plans.

Ainsi, en parlant d’un certain type d’hommes, Freud a cette superbe bien que dramatique phrase pour résumer les conséquences des conflits qui peuvent exister entre courant tendre et sensuel :

« Lorsqu’ils aiment, ils ne désirent pas. Et lorsqu’ils désirent, ils ne peuvent pas aimer ».

De ces hommes qui veulent sauver des prostituées

Freud consacre une partie du livre à ces hommes qui ne sont attirés que par des femmes déjà prises, ayant mauvaise réputation, pour lesquelles ils sont obsédés et qu’ils veulent sauver (avec l’impression qu’elles ne sont rien sans lui). Avec aussi la condition de vivre en série ce genre de relations et qu’ils ne vivent jamais aussi bien la passion qu’avec la jalousie qu’elles engendrent (excepté pour le mari officiel).

Pour lui, ils ne font rien d’autre que de tenter de rendre le cadeau de leur naissance à leur mère (ici de substitution) en lui faisant un enfant. Le trio reconstitué est celui de son enfance avec son père. Raison pour laquelle, ce « tiers lésé » (comme l’appelle Freud) ne reçoit pas l’animosité de l’amant. Cette femme jugée « unique », « irremplaçable » n’est qu’une mère de substitution.

Si le caractère de prostituée peut surprendre, il faut se rappeler que des notions opposées dans l’inconscient peuvent représenter une réalité similaire comme les deux faces d’une même pièce. Il l’explique également par d’autres motifs liés notamment à la découverte de la sexualité chez la mère.

Courant sensuel et désir

Pour faire simple, Freud remarque que certains hommes ont le désir plus poussé vers les femmes de petite vertu. Chez d’autres femmes, le désir se porte plutôt vers l’interdit. La culture commandant aux femmes de faire l’amour le plus tard possible et de se réserver (sous peine de passer pour une femme de … petite vertu), elles ressentiraient plus de plaisir en transgressant l’interdit et en se comportant comme on leur interdit de le faire (notamment, relations extra conjugales).

Le tabou de la virginité

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Si à notre époque être le premier amant de sa femme peut être considéré comme une bonne chose car on estime que cette expérience rendra la femme plus fidèle ou attachée, cela n’a pas toujours été le cas.

Freud en étudie les raisons. Et revient sur le « présent » de son époque où il remarque que les premiers mariages sont rarement aussi heureux que les suivants. Autrement dit, ce tabou passé de la virginité pouvait probablement se justifier.

Cela dit, à notre époque, bien rares sont les couples où la femme a connu avec son mari sa première relation sexuelle. Ce qui ne rend pas moins intéressante l’étude en question.

Donc, si on regarde les civilisations primitives, la femme n’était que rarement déflorée par son premier mari et le plus souvent, elle ne l’était pas au cours d’un rapport sexuel amoureux mais au court d’un rituel religieux ou autre.

En s’interrogeant sur les raisons, il évoque la possibilité de la peur du sang (souvent considéré comme impur) mais aboutit sur la conclusion que ce premier rapport féminin crée dans les faits une animosité et un désir de castration chez la femme qui rendra les relations ultérieures avec cette homme moins parfaites qu’espérées. Et que les hommes en avaient conscience.

Conclusion

Ce n’est évidemment pas un résumé scientifique et il trahit certainement son auteur. On ne passe pas de cent pages à quelques lignes sans le faire.

Mais, si le sujet vous intéresse vraiment, alors je vous conseille d’approfondir avec le livre. Bien que je garde un regard critique (et Freud utilise beaucoup de précautions dans ses textes) et qu’on peut le trouver simpliste (comme souvent avec la psychologie freudienne où le complexe d’œdipe reçoit un rôle important pour le développement de la sexualité ultérieure), c’est une oeuvre que j’apprécie et qui a l’avantage d’être courte et digeste.

Commentaire

Dans le passé, ou même encore aujourd’hui, la religion catholique a défendu le sexe comme ayant pour but unique la procréation et non pas le plaisir. C’est intéressant de noter que dans le même temps, c’est aussi une religion qui est contre le sexe avant le mariage et qui est contre le divorce (c’est cohérent).

En quelque sorte, on peut lier les deux car si on suit Freud, ces recommandations diminuent les chances d’avoir des relations sexuelles épanouies (plaisantes). Cela rendra les coïts moins nombreux en dehors des périodes de procréation. Mais, paradoxalement, cela augmente aussi fortement les « risques » de relations extra conjugales que la religion proscrit sans doute avec encore plus de force.

Aujourd’hui, évidemment, il est devenu très rare d’avoir des couples où l’un et l’autre n’ont connu qu’un seul partenaire durant leur vie. Le problème de la virginité en est donc moins un mais, socialement, notre culture chrétienne continue à valoriser son « importance » et celle de la réserver pour un grand moment et un homme qui en vaille la peine.

La lecture du livre de Freud nous conduirait plutôt à aller dans le sens contraire et à revenir à l’idée des pratiques ancestrales. Les femmes ne devraient pas se garder vierge pour LE « prince charmant ». La première fois est presque toujours une expérience décevante et douloureuse, il n’est sans doute pas un problème de le faire avec quelqu’un avec qui on ne désire pas vivre une grande relation.

Enfin, le livre m’a éveillé sur le caractère si particulier du trio amoureux qu’on peut souvent voir en littérature et qui, finalement, ne pourrait être que la répétition d’un schéma enfantin.

Ce qu’Helen Fisher nous apprend sur les antidépresseurs

Une vidéo TED

Ce dont je vous parle se retrouve dans la vidéo suivante « pourquoi nous aimons, pourquoi nous trompons » (TED). Dans cette vidéo, c’est Helen Fisher qui parle, une des scientifiques les plus expertes dans le domaine de l’amour.

Elle est passionnante et nous explique entre autres qu’il y a trois zones du cerveau (attachement, amour, désir sexuel) qui peuvent être déclenchées indépendamment les unes des autres. Et qu’il est possible d’être attaché à une femme, en aimer une autre et en désirer encore une autre.

Si vous voulez la voir en entier, voici le lien (elle dure plus de vingt minutes):

http://www.ted.com/talks/helen_fisher_tells_us_why_we_love_cheat?language=fr

Les effets des antidépresseurs

Je vous mets le transcript:

« Et ces médicaments augmentent les niveaux de sérotonine et en augmentant les niveaux de sérotonine, ils coupent le circuit de dopamine. Tout le monde sait ça. La dopamine est associée à l’amour. Donc, non seulement le circuit de dopamine est coupé mais ils effacent le besoin sexuel. Et en tuant le besoin sexuel, vous tuez l’orgasme. Et en tuant l’orgasme, vous tuez le flux d’hormones associé à l’attachement. Ces éléments sont connectés dans le cerveau. Et lorsque vous intervenez sur un processus cérébral, vous touchez à un autre processus. Je dis simplement qu’un monde sans amour est un endroit mortel. »

Elle le dit ailleurs, ces médicaments doivent pouvoir être pris, mais à court terme. Or, ils sont prescrits de plus en plus. Parfois trop facilement, et parfois trop longtemps.

Je pense qu’il est important de connaitre leurs effets avant de les prendre.

Personnellement, je n’ai jamais été fan des drogues et du plaisir artificiel. Et je classe les antidépresseurs dans cette catégorie. Mais si, en plus, ils ont ces effets sur le sentiment amoureux, sur l’envie sexuelle, sur l’orgasme, l’attachement, alors il est certain que je n’en prendrai jamais. Car les effets secondaires me paraissent beaucoup trop important pour en valoir la peine.

The Great Porn Experiment: résumé et traduction

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet encore peu commun sur ce blog: l’amour, le sexe, l’érotisme (je viens d’ailleurs de créer une catégorie, ce sera le premier article classé dedans).

Et bien que cela fasse longtemps que j’aie envie de parler d’un livre de Freud (psychologie de la vie amoureuse) où on explique notamment pourquoi certains hommes ont des maitresses et ne quittent pas leur femme pour autant, je vais plutôt parler de l’effet du porno sur l’homme (oui, ça ne concerne pas trop la femme apparemment ?) avec un regard scientifique.

La vidéo du TEDx Glasgow avec Gary Wilson

Le transcript avec les slides et ce qui est dit peut être obtenu ici: http://yourbrainonporn.com/great-porn-experiment-transcript

Dans cette vidéo, l’orateur évoque ce que la science peut nous apprendre sur le porno et ses conséquences sur le cerveau ou notre comportement. Il a lu et étudié les différentes études menées sur le sujet et nous en fait un résumé. Je tente une traduction et une réécriture.

Passé versus présent

Le porno d’aujourd’hui n’a pas les mêmes effets que celui du passé. Une raison à cela, les contenus accessibles sont énormes et permettent un renouvèlement constant de ce que l’on regarde. Une expérience australienne a montré que ce n’était pas la nudité qui nous excitait mais la nouveauté. Les graphiques affichent des « pics » lorsque la personne regarde du porno qu’elle n’a pas encore vu avant.

POURQUOI ?

L’effet Coolidge pardi !!! (voir sur Wikipedia)

Tant qu’un mouton doit inséminer une même femelle, son excitation diminue au fur et à mesure du temps. Son temps de latence devient de plus en plus long entre deux coïts: il n’a plus vraiment envie !

Alors que s’il se retrouve en face d’une nouvelle femelle à chaque fois, il repart « comme en 40 » à chaque fois. Il est prêt et « en veut ». Jusqu’à l’épuisement.

Le porno moderne nous met en face de nouvelles femmes excitantes en permanence et avec un « réservoir » quasiment infini à portée d’un nouveau clic à chaque fois (surtout si on tient compte de la gratuité de la plupart de ces sites). Donc, l’effet Coolidge s’applique en plein.

La raison en est sans doute « biologique ». Une femelle qui est déjà inséminée n’est pas intéressante pour l’instinct de reproduction: le mâle doit inséminer le plus de femmes possibles pour maximiser les chances de propager son ADN.

Notre cerveau est programmé, en nous offrant de la dopamine, pour perpétuer cet effet. Et le porno sur internet offre autant d’excitations visuelles que nos ancêtres auraient pu en voir en plusieurs vies. Difficile de résister et donc dégâts à la clé (on le verra après).

Petite anecdote marrante (enfin, je trouve), une jeune personne a demandé: « serons-nous la première génération à nous masturber de la main gauche ? ».

La difficulté des enquêtes

La réalité du sexe avec un vrai partenaire est évidemment bien différente.

Mais, une des difficultés pour étudier les effets (ou non effets) de cette activité fut que les chercheurs, en 2009, ne trouvèrent pas de groupe contrôle !!! Autrement dit, il n’existait personne (chez les hommes) qui n’utilisait pas sa connexion pour regarder du Pron dans le collège que voulait étudier le chercheur !!

Comme tout le monde y allait, c’était comme demander à un poisson ce qu’il pensait de l’eau. Si tout le monde fumait depuis l’âge de dix ans, on pourrait croire qu’il est normal pour les humains d’avoir des cancers du poumon et de la gorge.

Symptômes

Certains problèmes (anxiété sociale, stress, dépression, TOC) peuvent être le résultat d’une addiction plutôt que la cause. Mais si l’on ne fait pas le bon diagnostic, on ne prescrit pas non plus la bonne méthode pour les soigner. De ce fait, les soignants pouvaient penser que les gens allaient sur les sites X parce qu’ils n’étaient pas bien et ne pensaient pas que cela pouvait être l’inverse.

Le sexe c’est la santé (ou l’addiction)

Un autre problème est que le sexe est bien vu, comme quelque chose qui nous mets en bonne santé et donc on ne l’associe pas à une drogue ou une addiction. Mais cette vision oublie que le sexe et le porno sont deux choses différentes ! Tout comme World of Warcraft est différent des échecs.

Or, une étude a montré que parmi toutes les activités qu’on peut faire sur internet, la pornographie est celle qui a le plus haut potentiel d’addiction.

Le sexe, la nourriture, l’affectif font partie des besoins fondamentaux. Et le cerveau les récompense encore plus que les autres.

Les études montrent que si on permet à des rats de manger à l’infini, ils deviendront quasiment tous obèses. C’est la même raison pour laquelle tant d’humains sont en surpoids (4 américains sur 5). A contrario, les drogues non naturelles (alchool, cocaïne, par exemple) font statistiquement beaucoup moins de dépendance (10%), que ce soit aux humains ou aux rats.

Si la nature nous a fait comme cela, ce n’est pas par hasard, évidemment ! C’est normalement un avantage pour la survie de la « vie ».

Si la saison des amours ne finit jamais …

Mais, quid si la saison des amours ne finit jamais ?

La dopamine va avoir pour effet de:

  • nous faire comprendre qu’on a atteint le jackpot de l’évolution (bingo !!)
  • déclencher l’émission d’une autre molécule appelée DeltaFosB (et ça c’est très important !!!)

Cette molécule va se loger dans le circuit des récompenses du cerveau et commencer à le changer. Et elle va encourager l’excès par un cercle vicieux (comme dans toutes les drogues !).

Excès de dopamines, création de deltafosb, cerveau change, donc, augmentation du comportement addictif, encore plus de dopamines, plus de deltaFosB, cerveau qui change, etc … La DeltaFosB va exiger un plus haut niveau de dopamine pour produire le même niveau de plaisir. On retrouve le comportement du cocaïnomane qui augmente ses doses au fur et à mesure du temps.

… ça peut finir mal

Trois conséquences:

  1. Désensibilisation à un certain nombre de plaisirs de la vie courante
  2. Le porn devient le plaisir suprême et tout le reste parait de plus en plus ennuyeux et inintéressant
  3. La personne perd de plus en plus le contrôle de lui-même

En fait, ce mécanisme est très connu et s’applique à toutes les drogues. C’est seulement qu’on ne réalise pas assez à quel point le porno moderne peut y amener (du fait de l’effet Coolidge). De nouveau, on reste dans le domaine de la science et tout ça est prouvé notamment par des scans du cerveau qui montrent les changements.

Beaucoup d’études récentes ont été faites qui montrent toutes la même chose: la nouveauté constante disponible à un clic de souris peut créer de la dépendance. Et on le sait parce que les chercheurs ont examinés d’anciens drogués du porno et ont pu voir que leur cerveau rechangeait dans le sens inverse. Les changements de cette drogue sont donc réversibles (heureusement) !

Et c’est là où les choses changent

On a maintenant des groupes contrôle ! OUI. Ce sont des groupes d’anciens gros utilisateurs de porno qui ont décidé par millier d’arrêter cela. Et on peut donc voir ce que la modification d’une seule variable provoque. La science possède enfin le groupe contrôle qui lui manquait tant avant.

Ce groupe est appelé par l’orateur « la résurrection des mecs » par opposition à « la fin des mecs » utilisés au début de la vidéo. On peut se demander quelles sont les motivations des gens qui le compose ?

Des motivations terre à terre

Parce que cette drogue diminue la performance sexuelle des jeunes hommes (!) :

  • dysfonctionnements érectiles qui ne sont pas soignables par les médicaments style viagra (car le problème n’est pas en dessous de la ceinture, il est dans le cerveau qui envoie des signaux toujours plus faible à la banane)

Cela n’a jamais été vu avant parce que Playboy est tout simplement très différent de ce que nous pouvons accéder à travers l’internet à large bande (haha, je me devais de faire ce jeu de mot geek). Les dysfonctionnements érectiles sont l’ultime problème, d’abord l’excitation diminue devant les films X, puis la libido diminue de manière plus générale et enfin il n’y a plus d’érection.

Un petit témoignage d’un mec dans la fin de la vingtaine. Il dit qu’il a été chez un psychiatre depuis 8 ans. Il a été diagnostiqué de plein de maladies différentes, a pris plein de médicaments différents. Il a été viré deux fois, était approché par les filles (car beau physique et bon statut) mais elle le quittait vite à cause de son étrangeté. Il était accro depuis ses 14 ans.

Il a arrêté le porno depuis deux mois. Ce fut terriblement difficile. Mais il a pu aussi arrêter toutes les autres médications. Il considère qu’il revit, il n’a plus de problème de mémoire, d’anxiété, ces dysfonctionnements érectiles ont disparue. Arrêter le porno était la clé !

Et de plus en plus de gens font comme lui et rejoignent des groupes qui abandonnent cette activité.

Temps pour revenir à la normale

On a constaté que le temps moyen n’était pas le même pour les jeunes et les vieux:

  • dans la vingtaine, il est de 4-5 mois avant de pouvoir avoir des érections
  • dans la cinquantaine, il est de deux mois

QUE ? Les vieux récupèrent plus vite ??

MAIS OUI, c’est à cause d’une variable. Si les vieux utilisent le porno depuis plus longtemps, ils n’ont pas commencé à le faire sur des connexions internet rapides !

La plasticité du cerveau

Quand les jeunes commencent à être accroc en surfant avec leur connexion très rapide à internet, leur cerveau est encore fort plastique et en plus ils produisent beaucoup de dopamines. Cela les rend plus vulnérables. ET à l’âge adulte, les gouts sexuels peuvent avoir été ancré dans un très haut niveau non compatible avec ce qu’ils peuvent avoir dans la vie réelle et créer de la panique. Heureusement, c’est réversible en cas d’abandon de l’addiction.

Au final, aller mieux, s’ouvrir sur le monde !

Ces abandons changent d’ailleurs réellement la façon de vivre de ces « drogués ».

Encore un témoignage parle de quelqu’un qui se sent beaucoup mieux, qui s’investit dans beaucoup d’activités etc …

L’orateur finit en nous demandant de faire confiance au groupe contrôle et d’être attentif aux effets bénéfiques que provoque l’arrêt de cette dépendance.

Conclusion

Cette vidéo est brillante et intéressante.

Mais, ma conclusion personnelle, c’est que, comme pour tout, il faut chercher et atteindre le juste milieu. Ici, on est face à une drogue puissante, beaucoup plus que les drogues synthétiques. Il faut donc être fort pour l’affronter, mais ce n’est pas forcément une raison pour ne pas y aller. Sauf si, bien sur, on a déjà démontré notre incapacité à la maitriser, clairement, là il vaudra mieux pour votre vie sociale d’arrêter tout.

En tous les cas, connaitre et comprendre ce qui est dit plus haut est très loin d’être inutile. Car si vous avez été ou allez trop loin. Ce savoir scientifique vous sera utile pour comprendre la cause des troubles éventuels de ce que vous vivez. Et ça vous évitera des longues séances improductives chez le psy si, au final, ce n’était pas des problèmes psychologiques mais tout simplement de dépendance qui étaient la cause primaire de tout.

Dans cet article, on évoquait pas les critiques des féministes vis à vis du porno. Cela pourrait faire l’objet d’un prochain billet mais je considère souvent que les critiques féministes se basent sur un porno dépassé pour émettre leurs critiques. Aujourd’hui, les gens ne consomment plus de manière passive devant leur TV, ils tapent des mots clés ou des catégories pour répondre à des fantasmes.

Je pense qu’on peut donc plus difficilement accuser les sites X d’influencer notre conception du sexe que ce n’était le cas avant. Surtout que le contenu amateur ou semi amateur est fort plébiscité, un contenu qui n’est pas concerné par les critiques d’avilissement de la femme vu qu’il représente la « vie réelle » ou une simulation plus proche. Enfin, il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Les jeunes, surtout s’ils ont eu un minimum d’éducation sexuelle savent très bien que ce qui se passe à la TV ou sur internet est différent de la vie réelle.

Et s’ils ne le savent pas, ils l’apprennent très vite.