En vrac de la télé (1)

Comme d’habitude dans les articles « en vrac », on parle de beaucoup mais pas profondément.

Séries

Je ne spoile pas ni ne dévoile de trop.

Sachez que ce sont des séries que j’ai aimé regarder ces derniers mois (sachant que je ne suis pas fan de séries à la base). Je les présente en quelques mots et je vous invite à les découvrir si le cœur vous en dit. La plupart ont été vues sur BeTV et certaines sont encore diffusées en ce moment. Un certain nombre ne sont que des mini-séries, genre que j’affectionne particulièrement tant je déteste les séries qui trainent en longueur et finissent par tomber dans la médiocrité toujours plus profonde à chaque nouvelle saison / épisode (qui a dit Walking Dead ?).

Mr Mercedes

La chanson du générique de début donne le ton. En dix épisodes (je n’ai vu que la première saison, la deuxième commence seulement à être disponible), on voit évoluer une enquête sur un événement grave qui a changé la vie d’un policier. Ce policier, aujourd’hui à la retraite, est le principal atout de la série : il est bourru, drôle, attachant, maladroit, sympathique (et un peu alcoolique). Même si c’est inspiré d’une oeuvre de Stephen King, il n’y a pas de fantastique ici.

Je ne peux m’empêcher de vous mettre la musique du générique :

Getting On

Série télévisée probablement pas si éloignée du réel, malheureusement, et en même temps, c’est ce qui la rend drôle. En se moquant de la bureaucratie et du nouveau management appliqués au monde hospitalier, on rit souvent pour ne pas pleurer. Evidemment, cela se passe aux Etats-Unis où le système d’assurance maladie imparfait qu’ils ont là-bas rajoute encore un peu de piquant.

Pour en savoir plus : https://www.lemonde.fr/blog/seriestv/2013/11/25/getting-on-prometteuse-adaptation/

Sally4ever

Pitch en très résumé : c’est l’histoire de Sally et de tous les tarés qui l’entoure. C’est vraiment drôle. Et en même temps complètement givré et « What The Fuck ». Il y a des moments où on est gênés, on ne sait quoi penser, on a presqu’envie de vomir. Mais au final, on a adoré. Âmes sensibles s’abstenir et je préfère prévenir : on voit du vomi, de la drogue et des  excréments. Cela va en empirant avec les derniers épisodes parfois presqu’insoutenables par moment (on ne vous en voudra pas de détourner les yeux …).

C’est l’incongru et cet humour malaisant et british qui fait le sel de la série et c’est cela qui nous a donné envie de tout voir en entier mais je ne sais pas, par contre, si on est prêt de revoir les épisodes de si tôt. Cela commence relativement soft et c’est de pire en pire du point de vue tabous (notamment scatologiques) comme déjà dit juste avant. Je suis tombé dessus par hasard et je n’ai pas décroché. Voyez les deux premiers épisodes et vous saurez si cela peut vous plaire.

Je n’ai qu’une chose à dire, c’est que cela peut être vraiment très drôle et en même temps, cela n’est clairement pas pour tout le monde.

D’autres avis :

The Lawyer

Ici, on quitte l’humour scabreux ou bizarre pour arriver dans une histoire d’enquête policière et de mafia en Scandinavie (c’est un peu la région à la mode pour cela).

La série n’est pas exceptionnelle mais j’ai passé un bon moment à la regarder et, l’essentiel sans doute, je me suis assez bien identifié au héros. Pas ici d’histoire d’avocats comme on en a l’habitude (plaidoiries) mais plutôt des histoires de familles pas toutes nettes. Des hommes ni tout blancs ni tout noirs.

Irresponsable

Série française !

Irresponsable est très drôle et met en scène un héros complètement … irresponsable et tellement humain et touchant en même temps. J’aime énormément les histoires de loosers … je m’identifie plus facilement à un humain raté qu’à un super héros.

Ici, on a une histoire très légère sur deux saisons (pour le moment) comme on aimerait en voir plus souvent.

Le héros a eu une aventure adolescente amoureuse il y a de cela très longtemps. Mais son amoureuse a disparu presque du jour au lendemain et son cœur ne s’en est jamais vraiment remis. Quinze ans (ou un peu plus) plus tard, la jeune fille le retrouve et l’invite au restaurant pour lui annoncer une nouvelle renversante : il est père !

De cela s’ensuit toutes des aventures où il essaye difficilement d’assumer enfin sa paternité et d’être plus mature tout en espérant reconquérir celle qu’il aime. C’est bien écrit, léger et on rigole beaucoup. Cela se regarde très vite, aussi.

Vernon Subutex

Série française, là encore ! Je le dis parce que ce n’est pas si fréquent de passer du bon temps devant les productions hexagonales. Adaptation (parait-il assez libre) d’une série de romans de Virginie Despentes.

Aussitôt vu, aussitôt j’ai eu envie de revoir tous les 9 épisodes encore une fois.

Incontestablement, le point le plus positif de la série est sa musique très réussie. Puis, c’est aussi l’ambiance. On est dans un monde d’humains imparfaits et on s’y sent bien. Si on se sent plus proche de ceux qui souffrent et luttent que de ceux qui ont toujours eu tout cuit dans leur bouche comme des moineaux, alors on se sent dans son élément dans cette série.

C’est aussi une saga sur le temps qui passe et sépare les vieux amis. Je pense que si vous avez lu et aimé les romans, vous pouvez quand même tester la série car elle est, parait-il, assez originale et surtout, parce qu’elle est parfaitement adaptée à son support et offre donc surement une expérience unique et différente des livres.

Baron noir

C’est une série que je n’ai pas vu récemment (une nouvelle saison tous les deux ans environ et la dernière n’est pas encore arrivée) mais dont j’attends le retour (saison 3) avec impatience. Sur la politique française avec un Kad Merad excellent.

Billions (saison 4)

De saison en saison, c’est une valeur sûre.

Un scénario bien construit, bien écrit et toujours un peu surprenant. Bien malin qui pourra dire où cela finira et où cela nous mènera au dernier épisode de la dernière saison. Je ne sais pas combien de saisons il reste mais je ne suis toujours pas lassé après quatre saisons pleines et j’espère que la bonne qualité se maintiendra jusqu’à la fin.

J’imagine et je crois que tout est déjà écrit.

Un grand atout est que le casting est excellent. La prestation de Paul Giamatti, particulièrement, fait beaucoup. Son personnage n’est certes pas toujours tout à fait droit ou moral, mais cela reste, je trouve une des personnes les plus appréciables du monde de Billions. Même s’il dévie régulièrement un peu du droit chemin, il ne le fait pas uniquement pour le pouvoir et n’est pas vraiment intéressé par l’argent (facile quand on est riche de naissance). Il a un chemin tracé et le suit jusqu’au bout.

J’ai hâte de connaitre la fin et de savoir qui seront les gagnants et les perdants.

Escape at Dannemora

Alors là, c’est beaucoup plus sombre. Pas sûr que tout le monde aimera.

L’histoire de prisonniers et de gardiens de prisons dans une centre pénitentiaire merdique des états-unis.

Une évasion avec peu d’intelligence des deux côtés mais beaucoup de faiblesse humaine. Pas beaucoup d’humour. Mais l’humanité sale et bête.

On a tous nos faiblesses béantes et on est tous victimes de celle des autres. Et malgré cela, le monde tourne. Alors quand je regarde cette série, je ne ressens pas des émotions magnifiques mais je suis quand même un peu hypnotisé par ce reflet des plus mauvais côtés de la société dans laquelle on évolue.

Si vous ne voulez pas être spoilé pour la dernière saison de GoT, vous pouvez arrêter votre lecture ici, c’est la dernière série dont je parle.

Game Of Thrones (saison 8)

Je fais partie des rares qui ont aimé cette série de la première à la dernière saison.

Je pense que les nombreuses critiques de ce final finiront par s’apaiser avec le temps. Rien qu’en revoyant les premières saisons (par ailleurs assez similaires et denses aux dernières), on se rend compte que tout était déjà prémédité dès le début. En ce sens, invoquer qu’on ait fait n’importe quoi de l’oeuvre de George Martin me fait rire. Je ne pense vraiment pas qu’on ait dévoyé son travail ou sa volonté.

Pour le reste, j’ai décidé de créer un article à part où je réponds à diverses critiques négatives sur la fin de série :

Article rapide en réponse aux critiques sur la fin de GoT

Films

L’article est déjà assez long … Peut-être pour le prochain « en vrac ». 😉

Game of Thrones Saison 8, réponse aux critiques (article court)

A ne pas lire si vous n’avez pas encore vu la fin de la série ! Je ne spoile pas totalement mais certainement déjà de trop.

Il y aurait tant à dire sur cette huitième saison mais on va juste reprendre quelques critiques qui ont été faites et donner un commentaire en quelques mots à leur propos :

On ne combat pas dos à une citadelle

Alors, en fait, il y a plein de bonnes raisons pour combattre dos à une citadelle et c’est notamment le cas quand on ne veut pas supporter un siège.

Winterfell n’a pas de douves et doit faire face à un nombre énorme de marcheurs blancs. Personnellement, vu les forces en présence, je les estime entre cent et deux cent milles, la plupart ne sont pas armés ou sont de mauvais combattants mais le nombre épuise les défenseurs. Il faut donc en tuer un maximum dés qu’ils arrivent et la stratégie expliquée par Brienne ne paraissait pas si mauvaise avant coup (après, c’est facile). Ne pas oublier que personne ne sait vraiment à quoi s’attendre.

Par ailleurs, comme on l’a vu à la bataille de la Nera (ceci, c’est plutôt pour le siège de Port-Real), il n’est pas si difficile de pénétrer à l’intérieur d’une forteresse donc il est très important de tenir les portes.

Je le répète, et c’est commun aux deux batailles, les défenseurs ne cherchaient pas épuiser les assiégeurs, ils cherchaient à les affaiblir et à les tuer. Et il y a des contingences logistiques. A Winterfell, il y a très peu de ravitaillement, donc il faut tuer le plus vite possible un maximum d’ennemis. A Port Réal, seule la compagnie dorée est dehors et ce sont des mercenaires dont on se fout de la vie. Et s’ils arrivent à affaiblir rapidement l’ennemi, le siège ne pourra plus se tenir.

Pourquoi envoyer les dohtrakis à l’assaut ?

Et pourquoi pas ? D’abord, cela fait des images magnifiques. Ensuite, ce sont des guerriers qui n’ont appris que ce genre de combat en force. Enfin, rien ne dit que leurs épées ne permettent pas de tuer des marcheurs blancs. D’abord, ils viennent d’Essos et je ne suis pas sur que leurs épées ne soient pas faites en acier valérien. Ensuite, on voit assez mal et elles pourraient très bien être faites en verdragon. Enfin, les marcheurs blanc ne sont tués que par certain type d’arme mais quand ils sont décapités, ils sont quand même affaiblis.

Cela dit, autant je comprends qu’on les envoie charger (des chevaux ne servent à rien pour défendre) autant je ne suis pas sur pour leurs armes.

Les dragons ont des performances trop variables

Quand un dragon, affaiblit et déjà blessé à la base !, est tué, c’est par surprise et les bateaux assaillants ont le bon angle. En plus, il n’est pas dirigé par Jon. C’est l’excès de confiance de la part des targaryens qui a fait qu’ils ont pu l’avoir.

Quand Dany détruit tous les engins de défense et la flotte de Port Royal, elle a eu le temps de réfléchir, de se préparer et elle peut prendre les bons angles d’attaque. Par ailleurs, les défenseurs ont équipé l’entièreté des murailles avec les balistes mais elles sont très lourdes à manœuvrer et elles ne peuvent couvrir tous les angles donc il y a perte de temps pour pouvoir viser quand le dragon, s’il est prêt vole très vite. Les Lannister ont été trop confiants dans l’édification de leurs défenses (ce qui est cohérent avec le fait que Cerseï n’a quasiment jamais fait que des mauvais choix stratégiques et tactiques). Ils auraient peut-être dû équiper uniquement les alentours du Donjon Rouge avec du coup beaucoup plus d’angles assurés avec le même nombre de machines sans devoir trop bouger. Mais cela aurait fait du cœur du pouvoir une cible beaucoup plus évidente et directe.

Daenarys n’est pas cohérente

Non, non et non. Regardez toutes les saisons précédentes et tout vous paraitra tellement évident. Combien de fois ne menace pas-t-elle de tout réduire en flammes ? Son caractère colérique, impulsif n’est pas du tout neuf … et est totalement constant. Par ailleurs, plus elle a de pouvoir et moins elle écoute ses conseillers et plus elle prend confiance en elle et devient fasciste.

Je pense que les fans, et ils ont été nombreux, de son personnage ont complètement occulté et excusé tous ses côtés négatifs, exactement comme Tyrion le dit tout à la fin, d’ailleurs. Du coup, la trahison parait arriver d’un seul coup, mais ce n’est dû qu’à un aveuglement très long et au déni.

Par ailleurs, les circonstances de la dernière saison et sa paranoïa qui n’a cessé de grandir au fil des trahisons expliquent aussi beaucoup de ce qui se passe (la menace de John et son refus d’assumer un amour incestueux).

Enfin, le message de la série était depuis le départ de se méfier des bons Rois qui revendiquent leur trône par un droit divin et de par leur naissance. Et qui prétendent faire le bien aux autres et aux plus faibles, même malgré eux. Parfois, ils se transforment en fascistes sanguinaires qui préfèrent encore changer le monde (faire table rase et partir sur du neuf !) que de changer leur vision du monde et admettre qu’ils ont pu avoir tort ou que le monde n’a pas nécessairement besoin d’eux.

Il n’y a pas de révolution ni de démocratie

On me dit que tout revient comme avant ? Et pourtant, on abandonne l’hérédité, on a un Roi qui abandonne autant le pouvoir symbolique que réel et personne ne le manipule en sous main. Le Roi est choisi par l’ensemble des Royaumes. Les Royaumes peuvent choisir de partir sans que cela ne crée de guerre et la défense de la capitale n’est plus effectuée par une armée aux mains d’une famille (même si c’est un peu très très bizarre de voir les Dothrakis s’en charger). Enfin, il y a aussi le fameux trône de fer qui disparait et le seul trône qui existe encore est un fauteuil roulant (très symbolique). Le Roi n’a plus les attributs de la puissance et il est respecté pour sa connaissance et non plus pour sa force brute.

La scène avec Sam qui propose une forme extrême de démocratie (le suffrage universel) est là aussi pour nous montrer qu’on ne passe d’une extrême avec l’autre si facilement (surtout que la population est en grande partie non éduquée). Ce qu’on obtient est bien une révolution mais une révolution durable et surtout le meilleur de ce qui pouvait être obtenu à ce moment là.

Arya qui tue le Roi de la Nuit

Elle ne se télétransporte pas ! L’arbre sacré est protégé au moins partiellement par les murailles et il y a des passages secrets. On en parle d’ailleurs quand Théon est assiégé par le bâtard des Bolton. Donc pour moi, son apparition est tout à fait crédible. D’autant plus qu’elle a appris tout au long des saisons à se battre à la perfection et à se glisser tel un ninja. A noter que les concepteurs de la série savaient depuis toujours que ce serait elle qui tuerait le Roi de la Nuit. Le « not today » n’est qu’un rappel d’un épisode d’une des premières saisons et tout son parcours a été fait dans ce but là. C’était LA tueuse de méchants et il était parfaitement logique que ce soit elle qui oeuvre.

Les prophéties ne se réalisent pas

Alors là, en revoyant les premières saisons, j’ai été plutôt étonné mais énormément de choses qui sont dites comme allant se réaliser se révèlent vraies. Par exemple à propos de Cerseï qui va être remplacée par une plus jeune (même si ce n’est que pour quelques heures) ou même le rêve que Daenerys fait dans la tour de la cité Quarth. On la voit avec de la cendre qui tombe (qu’on pouvait prendre pour de la neige) et elle carresse le trône mais ne s’y assoit pas.

Après, on constate clairement que la « dame en rouge » se trompe à de nombreuses reprises mais peut-être est-ce, comme elle le dit, parce que les signes sont flous et qu’elle n’arrive pas à les interpréter. C’est un peu le piège avec les prophéties, c’est un peu comme avec les voeux d’un génie (qui peuvent se révéler dangereux). Ce qu’elles expriment ne dit pas toujours ce qu’elles n’expriment pas ou ce qui est sous-entendu. Elle ne donne qu’une partie de la vérité. Notre imagination limité fait le reste mais il est souvent impossible de les comprendre et d’anticiper tout ce qui va réellement arriver.

Une prophétie a autant de valeur que la personne qui la dit a de compétences et que la personne qui l’entend est capable de comprendre. Or, on a tous nos préjugés et même en face d’une vérité évidente, on peut être dans le déni.

La fin de Cersei est nulle et pas appropriée

J’imagine que certains auraient préféré la voir torturée ou mourir de manière crade. Je n’ai pas ce genre de penchant même si j’admets que la fin de Ramsey Bolton m’a fait plaisir (mais ce fut clairement le méchant le plus sadique et immoral de la série).

Pourtant, elle qui fut si fière et arrogante toute sa vie, elle qui est restée au balcon du Donjon Rouge pour défier Dany jusqu’au dernier moment, elle qui n’a pas hésité à intriguer (même si ce ne fut pas toujours fait très intelligemment) tout au long de la série se retrouve en petite chose fragile qui pleure et qui se retrouve écrasée par les pierres du Donjon Rouge symbolisant ce pouvoir qui était bien trop lourd pour ses épaules. Ecrasée en fuyant !

Et ce que j’aime aussi, c’est que cette fin nous la montre dans son côté le plus vulnérable et le plus humain. Il fallait absolument nous montrer ça ! Elle qui avait même résisté sans faillir à l’humiliation des moineaux est là à pleurer car elle comprend que sa fin est imminente, qu’elle a trop tardé et qu’elle ne pourra plus se sauver ni sauver la seule chose qui compte pour elle : son enfant.

Avec la musique derrière qui était parfaite, j’ai vraiment trouvé ce moment magnifique et approprié.

Et puis, je pense qu’elle ne méritait pas un châtiment sadique sachant qu’elle réprouvait elle-même et était dégoûtée de la cruauté de son fils ainé.

Enfin, certains regrettent sans doute qu’Arya ne l’ait pas tuée. Pourtant, c’est moralement une bonne chose qu’elle abandonne sa vengeance et qu’elle laisse d’autres s’en occuper à sa place. Oui, on était content de la voir s’occuper de Walder Frey, par exemple, mais au final, si elle retient cette leçon et laisse tomber Cerseï, c’est une bonne chose surtout qu’elle va quand même mourir. Et ça nous donne cette scène magnifique entre le limier et elle, pleine d’une tendresse magnifique envers celui qui a été un père pour elle.

Une vidéo à voir

Je ne résiste pas à l’envie de partager cette super chouette parodie musicale du roi de la nuit sur un air de « I just died in your arms tonight’ :

2016 en vrac … petit bilan

WordPress ne fait plus de rapports automatisés, du coup, le bilan sera un peu plus personnel cette année: vie, blog, séries, films, livres.

Dans ma vie

2016 fut l’année d’un nouvel amour que j’espère durable, de vacances reposantes et de la première année complète de garde alternée (qui fonctionne très bien). Ce fut aussi une entrée en primaire stressante pour mon petit lapin mais elle a reçu toutes les éloges des professeurs lors de la réunion de parents.

C’est aussi beaucoup d’angoisses malgré mon apparence paisible. Et ce fut la mononucléose que je ne souhaite à aucun adulte même si j’avais heureusement quelqu’un près de moi pour me soutenir dans la maladie.

Je n’attends rien de 2017 mais je pense que le pire est derrière moi, dans ma vie.

J’espère pouvoir avancer professionnellement, dans mon couple et dans ma famille, ce sont mes souhaits. Et j’aimerais pouvoir finaliser un projet d’écriture fictionnelle mais qui n’est pas encore une priorité face à tout le reste.

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Pour le blog

Le blog a récemment passé les 120 000 vues (et les 100 000 en juin).

Cette année fut la plus vue de son histoire avec un peu moins de 45 000 vues. Il y eut aussi le plus gros mois avec 5 447 et le plus gros jour avec 653 vues (pour la diffusion télévisée de « Perfect Mothers« ). La progression est constante d’une année à l’autre et ça me fait plaisir. Mais je sais aussi que toute progression connaitra un jour une fin.

210 commentaires, c’est un commentaire deux jours sur trois. Il y a aussi les contacts par e-mail ou messenger auxquels je réponds régulièrement. Tout ça est encore tout à fait gérable et c’est tant mieux.

Aujourd’hui, il y a 127 articles publiés. 18 l’ont été en 2016. J’essaierai de maintenir ce rythme mais toujours la qualité avant la quantité. Le prochain film devrait être Interstellar (depuis le temps qu’il attend !).

Crimes à Oxford, la face cachée de Margo et Transcendance ont été trois analyses de film qui attendaient depuis longtemps et qui ont pu être publiées. Si je peux faire Interstellar, Hook et The Reader cette année, je serai déjà content.

Les articles publiés étaient plutôt diversifiés. Même si cela me fait perdre des vues et des abonnements, j’aime garder cet aspect « journal » qu’avaient les blogs à l’origine et cela continuera.

RDV au cap des 150 000 pour en rediscuter. Cela devrait arriver au grand plus tard à la fin de l’année.

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Conseils culturels

Rayon séries

L’année dernière, grâce à l’offre BeTV, j’ai découvert la série The Wire dont on m’avait tant parlé déjà. J’ai adoré. Cette série représente vraiment ce que j’aime voir à la télévision: des histoires bien écrites et bien travaillées, un certain réalisme, un bon casting, des personnages intéressants et pas manichéens et également en petit plus, une petite critique du fonctionnement de nos sociétés mais sans pour autant tomber dans la facilité.

Cette série devra à terme figurer dans ma Dévédéthèque !

Je n’avais pas encore non plus eu l’occasion de voir Game of Thrones. J’avais tort mais cela m’a permis d’en faire un moment télévisulel à partager entre amoureux. Cette série est juste parfaite. Et la fin de la saison 6 est purement jouissive. WAW !

Rayon nouveauté, Billions apparu fin de l’année m’a beaucoup plus. Je ne sais pas où va nous mener la saison 2 qui arrivera très vite mais ça risque d’être très sympa.

Enfin, The Young Pope m’a vraiment captivé grâce surtout à son excellent casting. Très bonne qualité et très intéressant (et puis, c’est gai de se mettre au jeu de ce qu’on ferait si on devenait Pape). De Zestien, petite série flamande est un peu « OVNI » mais vraiment drôle et un peu acerbe.

Rayon pas vraiment déception mais quand même un peu: Westworld. Thème extrêmement intéressant et traité de manière originale. Excellent casting. Atmosphère géniale. Mais plus les épisodes passent et plus je deviens sceptique sur l’histoire et le scénario. Et le dernier épisode qui aurait pu être une apothéose a viré un peu au n’importe quoi selon moi. C’est plus un « Meh » ( (C) Fossoyeur de films) qu’un flop et je regarderai la saison 2. Mais voilà, je suis d’autant plus déçu que le sans faute aurait pu être possible.

Rayon carrément déception (toujours un peu plus): Walking Dead. Je continue à regarder par habitude mais les faiblesses sont des gouffres. On ne va pas tirer sur l’ambulance.

Côté films

Je ne vais pas faire trop long, je ne liste pas tout ce que j’ai vu, ni tout ce que j’ai aimé, j’essaye de me limiter au cinéma, par ailleurs:

  • Papa ou Maman 2 (différent du premier, ce qui est positif puisque ça reste très drôle)
  • Ma vie de courgette (émouvant, beau ! la preuve qu’un budget énorme n’est pas obligatoire). Je regrette juste de ne pas avoir pu le voir avec Flo.
  • Don’t Breathe (très bon film d’horreur, et je suis exigeant car il est très facile de faire du mauvais, c’est un jeu d’équilibres compliqué)
  • La danseuse (WAW)
  • War Dogs (je dois admettre que ma compagne a moins aimé, cela doit être un film à l’humour plus masculin)
  • A man called Ove (le meilleur film de l’année selon moi !!! Injustement méconnu même si je comprends que la VO puisse rebuter. Humour et émotions sont au programme durant tout le film)

J’ai beaucoup aimé, très bons films également :

  • Le livre de la jungle (grande réussite Disney et très belle adaptation)
  • Pride and Prejudice VS Zombie (Waw, un bel ovni très réussi)
  • Zootopia (excellent film d’animation très drôle)
  • Spotlight (quelle aventure !)
  • Joy (un beau biopic réussi)
  • Comment c’est loin (je pense l’avoir vu en 2016)

Côté livres et BD

  • La force des discrets de Susan Cain (lisez le !)
  • Guy Delisle, S’enfuir, récit d’un otage.
  • JIM, l’érection (ce n’est pas érotique, ne fuyez pas à cause du titre)
  • Elisabeth Badinter, fausse route. Très instructif.

Le mot de la fin …

Ce blog me prend du temps, mais pas tant que cela en fin de compte. Et j’en ai encore à vous consacrer. N’hésitez jamais à écrire, commenter, me contacter, m’interpeller. Et à vous abonner au flux RSS (je conseille Inoreader pour les lire) pour être tenu au courant de la sortie de chaque article !

Et puis, h’hésitez pas, vous aussi, à devenir blogueur pour être participant au débat plutôt que seulement spectateur.

Par contre, ne le devenez surtout pas pour suivre cette mode de gens qui pensent qu’ils vont pouvoir devenir célèbres ou en vivre. Oui, ça peut être un rêve. Mais bloguer ne vaut le coup que si c’est une vraie passion à la base.

Allez, je vous souhaite une bonne année 2017 !

Generation Kill: critique de la bureaucratie militaire

La critique et l’analyse de la série sont basés sur une vision unique en VF réalisée il y a une semaine en plusieurs fois (les épisodes n’ont pas été vus les uns à la suite des autres).

Il est conseillé d’avoir déjà vu la série vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vue, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-)

Bientôt suivront la critique de Occupation (très différent et d’ailleurs moins bon) et éventuellement de Over There (je n’ai pas encore vu cette dernière).

Petites précisions sur la série

Fiche Allocinéfiche wikipédia.

C’est une mini série de 2008 et sept épisodes basée sur le livre éponyme de Evan Wright. Elle est adaptée à la télévision par David Simon et Ed Burns et a eu une nomination aux Emmy Awards dans la catégorie « meilleure mini série ou téléfilm ». Les faits qui y sont décrits se sont déroulés en 2003 et l’écrivain les a couvert en tant que journaliste de Rolling Stones qui suivait une unité au cœur de la guerre.

affiche du film (c) HBO

Résumé

L’histoire se passe au début de la guerre d’Irak et commence quelques jours avant le début des hostilités, continue avec l’avancée des armées de la coalition jusqu’à Bagdad et termine avec le début de l’occupation et le départ du journaliste. Nos soldats sont  à l’avant plan et, malgré cela, vivent une guerre où l’action reste relativement limitée. Elle se termine dans le beau merdier qu’est l’occupation américaine de l’Irak. Tout au long, comme une constante, il y a la bureaucratie militaire, l’incompétence d’officiers et la recherche des honneurs et des médailles parfois inutilement au détriment de la sécurité des troupes.

Pourquoi analyser cette série ?

C’est probablement ce qui m’a été donné de voir de meilleur sur la guerre en Irak et ce n’est pas un hasard si c’est parce qu’on y trouve une histoire racontée par un extérieur qui a assisté à la guerre à l’avant du front. J’ai trouvé, par ailleurs, intéressant que la série ne s’axe pas sur le côté bien ou pas bien de cette guerre (ou sur la présence des armes de destruction massive) mais mets plus profondément en avant les dysfonctionnements d’une armée et les problèmes que peuvent occasionner une guerre éclair quand on ne réfléchit pas à la gestion du pouvoir qui va suivre et à l’occupation par une armée offensive qui est uniquement préparée à la guerre.

© Home Box Office (HBO)

© Home Box Office (HBO)

Commentaires sur divers thèmes

Generation Kill

J’ai du mal à interpréter le titre et sans doute mon anglais n’est pas assez bon pour cela. S’agit-il d’une génération tuée ou d’une génération qui tue ? Si vous avez une explication ou un commentaire sur le titre, n’hésitez pas. Je me demande si le titre ne fait pas référence à un moment du film où quelques soldats discutent sur le cas d’un de leur collègue qui a abattu deux gamins sans que cela ait l’air de lui faire quoi que ce soit. Ils parlent alors des jeux vidéos et de l’influence qu’ils auraient sur certains jeunes. D’où peut-être le nom de « Generation Kill ».

Musique

Dans son souci de réalisme, la série ne comprend aucune musique et c’est vraiment une idée géniale. Cela accentue fortement le côté « docu » et notre immersion dans l’action. On la vit au plus près de ce que vivent les soldats et non avec des émotions accentuées artificiellement par des musiques faites pour nous relaxer ou nous stresser un peu plus.

Logistique défectueuse

L’armée américaine est la première armée du monde. Mais, alors qu’elle va envahir l’Irak, qu’elle a des troupes en Arabie Saoudite depuis une dizaine d’années, que l’invasion est prévue depuis de nombreux mois, une partie du ravitaillement qui n’est pourtant pas la partie la plus difficile à transporter manque encore au moment de se lancer dans la bataille. Nos hommes manquent de piles pour leur lunettes de vision nocturne (c’est une unité de reconnaissance) et de lubrifiant pour leur armement (une mitraillette connait des problèmes en moment critique), notamment. Ils ont beau le signaler et le demander, rien ne viendra.

Alors que les circonstances ne l’exigeait pas, ils doivent abandonner un camion de logistique et … manger une seule ration par jour pour compenser les jours suivants. Jours d’attente parce qu’ils ont avancé … trop vite. Ce camion contenait également les « drapeaux » (je ne me souviens plus du terme exact) du bataillon, ce qui donnera un coup au moral.

La moitié de la troupe sera atteinte de grippe intestinale et sera presque hors de combat peu après que le ravitaillement leur ait fourni des Milkshakes (l’Irak est un pays où règne des chaleurs terribles).

Enfin, ils doivent se coltiner des tenues de camouflage « vertes » (on est en plein désert) et utiliser des Hummer d’occasion qui connaissent par moment quelques petites défaillances.

Pour toute armée qui veut mener une guerre éclair, une logistique sans faille est indispensable. Dans le cas présent, les conséquences ne furent pas fâcheuses mais on ose même pas imaginer si l’ennemi avait été plus consistant que l’Irak de Saddam.

© Home Box Office (HBO)

Guerre éclair ? Choc et effroi ? Gestion de la victoire et de la sympathie

Bien que les américains soient détestés par une partie des irakiens, l’avancée dans la partie Chiite est clairement marquée par un fort soutien des irakiens qui vont à leur rencontre et les accueillent comme des libérateurs. A cet accueil, les américains ne répondent pas vraiment de manière symétrique ou même peu sympathiquement, concentrés qu’ils sont sur leur mission mais aussi, pour certains, du fait de leurs préjugés racistes.

Toutefois, et c’est bien là le problème, l’armée avance vite, très vite, conquiert et ne s’installe pas réellement directement. Elle ne profite pas non plus de la sympathie qui existe pour l’entretenir. Il n’y a pas d’Etat qui vient s’installer aussi tôt après la prise de pouvoir par les américains. Personne pour sécuriser les villes et les villages, se poster devant les lieux stratégiques, protéger les stocks d’armes et de munitions. Là où c’est le plus marqué, c’est évidemment à Bagdad où il faut plusieurs jours aux américains (trop tard) pour se rendre compte qu’ils doivent agir pour sécuriser.

Ce sera assurément une des grandes causes des malheurs américains qui surviendront durant l’occupation. La prise des villes est trop rapide et superficielle. La cause en est la guerre éclair: il faut aller vite, très vite. On finit par aller beaucoup plus vite que ce que les plans initiaux prévoyaient. Mais on ne conquiert pas vraiment et les soldats devront nettoyer des villes entières des années après.

Une autre cause est bien l’opération « choc et effroi » en elle-même et l’aversion au risque des soldats américains qui les conduits à faire appel au soutien aérien ou à l’artillerie de manière trop fréquente et non proportionnée. Ou à utiliser leurs propres armes contre des objectifs civils absolument inoffensifs à la manière de cow boys. A force de tout détruire, la reconstruction de l’Irak n’en est que plus compliquée. Et le ressentiment d’une population qui se rend compte que la situation sous Saddam pouvait presqu’être encore plus enviable ne fait que compliquer la tâche des américains. C’est le chaos et c’est eux-même qui l’ont créé (plus d’eau, d’électricité).

C’est sans doute la deuxième grande cause de la difficulté de l’occupation pour les américains. On parle évidemment ici des causes relatées par le film. La dissolution du parti Baas et de l’Armée irakienne si elle est évoquée ne l’est que de manière mineure (acte politique) par rapport aux autres faits (militaires).

Cet action « choc et effroi » était paradoxalement sans doute d’autant plus inutile que les américains avaient opté pour la guerre éclair et que rien ne laissait penser que la résistance irakienne leur poserait un réel souci. Ainsi, il n’était pas besoin de tout détruire pour prendre possession de l’Irak. La destruction leur posera, par contre, d’immenses difficultés dans la gestion de l’après conflit.

Humanité – psychopathe

La plupart des soldats sont humains et survivent soit en étant un peu « fous » soit en relativisant tout ce qu’ils voient (beaucoup d’horreurs). Ils sont d’ailleurs dégoûtés de ce que leur propre armée réalise et se rendent compte des difficultés que cela engendrera plus tard. Un soldat, par contre, est un vrai psychopathe. D’autres militaires auront à propos de lui la réflexion qu’il vaut sans doute mieux l’avoir dans sa propre armée que dans celle d’en face. Toutefois, cela peut poser question de se demander comment un tel profil psychologique a pu réussir à se faire recruter dans un bataillon d’élite de l’armée.

L’humanité est aussi exprimée à travers quelques scènes où les soldats aident des réfugiés. Un des chefs, qui participe pourtant avec les autres, aura la réflexion que tout ça n’est pas bon pour eux: « comment combattre après avoir vécu ceci ? ». Cela met sans doute en avant la nécessite d’avoir des troupes qui soient chargées de gérer spécifiquement l’occupation et les questions humanitaires.

Un officier doit rappeler que les irakiens sont également des êtres humains. Un soldat doit apprendre à tuer et pour cela oublier qu’il en face de lui des humains mais un équilibre est nécessaire, surtout en présence de civils nombreux.

Enfin, après la fin de la guerre, les soldats sont un peu dégoûtés de voir qu’aucun plan réel ou crédible de sécurisation ou de remise en état de l’Irak n’existe et que s’ils ont été champions pour foutre la merde, le reste ne suit pas avec autant de brio.

© Home Box Office (HBO)

Perte de réalité entre le sommet et la base

Lors de son entretien avec le « Parrain », le journaliste embarqué se rend compte que l’officier en face de lui n’a que très peu conscience de ce que pense réellement sa troupe et du soutien que certains officiers ou sous officiers ont ou n’ont pas.

Lui qui n’est pas dans l’action immédiate se montre excité par le fait de se faire tirer dessus. En réalité, les troupes aussi aiment l’action et ont peur de ne pas en avoir assez. Mais la différence, c’est qu’elles ne veulent pas prendre de risques inutiles là où l’officier cherchent sans arrêts des missions sans réels intérêts pour avoir les honneurs et les médailles. On les fait ainsi traverser une ville qui pouvait être contournée et qui sera ensuite nettoyée par les blindés. Ou prendre d’assaut un aéroport heureusement vide mais qui, s’il avait contenu les hommes qu’on pensait y trouver, aurait provoqué une bataille asymétrique entre blindés irakiens et hummers américains. La bataille aurait alors provoqué d’énormes pertes chez les américains. Le pis de tout étant que cet objectif devait initialement être pris par les britanniques.

La discipline avant tout

Même dans les plus mauvais moment de la guerre, les hommes ne comprennent pas qu’on viennent les emmerder pour un vêtement mal porté ou une moustache non rasée. Le respect de points futiles du règlement est le cadet de leur souci. On pourrait y voir l’exemple d’un officier incompétent. Mais la discipline est réellement importante dans une armée et ces rappels à l’ordre ont au moins pour intérêt de les occuper et de focaliser sur un ennemi intérieur sur lequel ils peuvent se défouler dans leurs conversations.

Intégration du journaliste dans la troupe

A l’opposé, politiquement, du militaire de base voir même perçu comme anti militariste, on pourrait s’attendre à de grosses difficultés d’adaptation. Pourtant, tout se passe bien. Et les scènes où le journaliste n’est pas présent à l’image sont suffisamment nombreuses pour comprendre qu’il a réussi à avoir le respect des troupes et qu’il en fut même certainement un peu l’oreille.

Bien que « PNC », Personnel Non Combattant, les soldats respecteront son courage et feront en sorte de le garder en vie. On sent d’ailleurs qu’ils apprécient sa présence et espèrent qu’il pourra parler d’eux et de ce qu’ils ont vécu. Il faut aussi dire que l’action renforce la cohésion et que le milieu militaire n’est pas l’endroit où on peut trouver le plus d’oreilles attentives. Cela facilite donc la mission du journaliste.

Règles d’engagement, ennui et fébrilité « bourrine »

La guerre est composé de très nombreux moments d’inaction (majoritaires) et de moments de fébrilité où on agit parfois de manière bourrine (exemple: les réservistes qui arrivent et font pêter un village). Mais le plus important, c’est que les règles d’engagement changent tout le temps et passent de trop défensives (avec la fuite de Fedayins sans que les soldats américains puissent réagir) à trop offensives (où tout le monde, y compris civils, est considéré comme ennemi). Cela aboutit à des bavures et à de l’inefficacité. Finalement, certains sous officiers feront même du sabotage en refusant de diffuser certains ordres qu’ils jugent trop dangereux pour les populations civiles.

A plusieurs reprises, des tirs amis ou des tirs inutiles (qui ratissent un champs en croyant viser des chars irakiens qui étaient en fait un village pacifique) sont montrés. Si bien que le danger vient parfois autant de ses propres troupes que des troupes ennemies.

Le summum est atteint sur le barrage où un camion est abattu parce qu’il n’a pas obéi à l’injonction de s’arrêter. Puis, tous les hommes qui en sortent sont abattus. Par la suite, une voiture subira un sort pareil et un enfant est tué sur le siège arrière de la voiture. Ils demanderont au conducteur de la voiture pourquoi il ne s’est pas arrêté, sans réponse mais on devine que l’injonction n’a pas été comprise. Le doute se fera alors rétrospectivement sur le danger réel que représentait le camion abattu auparavant. Alors que l’occupation n’a pas encore commencé et que la population civile ne se révèle pas encore menaçante, les soldats se montrent déjà beaucoup trop fébriles et les bavures trop nombreuses.

Principe de Peter et incompétence

L’armée, comme elle est présentée là, comprend de nombreux incompétents dans les postes d’encadrement. Dont certains sont réellement dangereux mais protégés par des pistons. Et d’autres juste bêtes mais protégés par leur statut d’officier. Globalement, on remarque que les officiers sont relativement protégés, même de leur insubordination. Par contre, les sous officiers ou les soldats subissent plus facilement les problèmes disciplinaires.

© Home Box Office (HBO)

© Home Box Office (HBO)

Difficulté de la communication

Les rumeurs sur la mort d’une star ou d’une soldate américaine violée courent. Mais personne n’est là pour les confirmer ou les infirmer. Pourtant, ces informations jouent réellement sur le moral de la troupe. On remarque que les officiers prennent trop cela à la légère. Une diffusion plus efficace de l’information manque.

Cohabitation entre hommes dans un moment de tension

On le sait, les moments de tensions et de cohabitation créent des émotions et des attachements très forts. On peut voir les blagues ou les réflexions « anti » homos très présentes mais pas vraiment méchantes comme une sorte de protection contre cela. Ou comme une persuasion un peu « méthode coué« .

Raisons réelles de la guerre

Assez peu évoqué finalement. A un moment, le journaliste fait la réflexion que s’ils n’ont plus besoin de leurs tenues spéciales, c’est qu’il n’y a pas d’armes de destruction massives et que les raisons de la guerre étaient fausses. Les soldats semblent ne pas donner d’importance à cela. Deux raisons peuvent expliquer cela.

D’abord, au milieu de l’incompétence de leurs chefs, cette information n’est pas plus importante qu’une autre et puisqu’ils sont au milieu de la guerre, autant ne pas trouver une raison supplémentaire pour se démotiver.

Ensuite, ce sont des soldats professionnels. Ils savent que les raisons pour lesquels on les envoie faire la guerre sont politiques et pas toujours très avouées. Ils ne sont pas là pour se poser de questions mais pour se battre. Toutefois, ça ne veut pas dire qu’ils acceptent de se battre sans qu’il y ait un sens. Pour eux, ils sont là pour abattre Saddam et aider le peuple irakien. D’où leur désarroi quand ils se rendent compte que leur hiérarchie n’accorde finalement qu’une faible importance au bien être de la population irakienne.

Impressions personnelles finales

Cette série est, de mon point de vue, un véritable chef d’œuvre. J’ai pris un énorme plaisir à la voir et elle m’est restée dans la tête pendant plusieurs jours. Je savais que, quoi que je puisse écrire dessus, cela ne rendrait jamais suffisamment l’intérêt et la beauté de cette série dont le réalisme est sans doute le principal point fort, qui nous aide à nous immerger en même temps que les héros comme un protagoniste supplémentaire.

Pour aller plus loin

En vente en DVD.

Excellente critique de Pierre Sérisier sur le Blog des sériesTV du journal le Monde et très bonne critique de Fabrice Deprez sur Across The Days.

Et bien sur, les commentaires pour réagir ou me prévenir de votre propre critique sur votre blog.