Generation Kill: critique de la bureaucratie militaire

La critique et l’analyse de la série sont basés sur une vision unique en VF réalisée il y a une semaine en plusieurs fois (les épisodes n’ont pas été vus les uns à la suite des autres).

Il est conseillé d’avoir déjà vu la série vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vue, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-)

Bientôt suivront la critique de Occupation (très différent et d’ailleurs moins bon) et éventuellement de Over There (je n’ai pas encore vu cette dernière).

Petites précisions sur la série

Fiche Allocinéfiche wikipédia.

C’est une mini série de 2008 et sept épisodes basée sur le livre éponyme de Evan Wright. Elle est adaptée à la télévision par David Simon et Ed Burns et a eu une nomination aux Emmy Awards dans la catégorie « meilleure mini série ou téléfilm ». Les faits qui y sont décrits se sont déroulés en 2003 et l’écrivain les a couvert en tant que journaliste de Rolling Stones qui suivait une unité au cœur de la guerre.

affiche du film (c) HBO

Résumé

L’histoire se passe au début de la guerre d’Irak et commence quelques jours avant le début des hostilités, continue avec l’avancée des armées de la coalition jusqu’à Bagdad et termine avec le début de l’occupation et le départ du journaliste. Nos soldats sont  à l’avant plan et, malgré cela, vivent une guerre où l’action reste relativement limitée. Elle se termine dans le beau merdier qu’est l’occupation américaine de l’Irak. Tout au long, comme une constante, il y a la bureaucratie militaire, l’incompétence d’officiers et la recherche des honneurs et des médailles parfois inutilement au détriment de la sécurité des troupes.

Pourquoi analyser cette série ?

C’est probablement ce qui m’a été donné de voir de meilleur sur la guerre en Irak et ce n’est pas un hasard si c’est parce qu’on y trouve une histoire racontée par un extérieur qui a assisté à la guerre à l’avant du front. J’ai trouvé, par ailleurs, intéressant que la série ne s’axe pas sur le côté bien ou pas bien de cette guerre (ou sur la présence des armes de destruction massive) mais mets plus profondément en avant les dysfonctionnements d’une armée et les problèmes que peuvent occasionner une guerre éclair quand on ne réfléchit pas à la gestion du pouvoir qui va suivre et à l’occupation par une armée offensive qui est uniquement préparée à la guerre.

© Home Box Office (HBO)

© Home Box Office (HBO)

Commentaires sur divers thèmes

Generation Kill

J’ai du mal à interpréter le titre et sans doute mon anglais n’est pas assez bon pour cela. S’agit-il d’une génération tuée ou d’une génération qui tue ? Si vous avez une explication ou un commentaire sur le titre, n’hésitez pas. Je me demande si le titre ne fait pas référence à un moment du film où quelques soldats discutent sur le cas d’un de leur collègue qui a abattu deux gamins sans que cela ait l’air de lui faire quoi que ce soit. Ils parlent alors des jeux vidéos et de l’influence qu’ils auraient sur certains jeunes. D’où peut-être le nom de « Generation Kill ».

Musique

Dans son souci de réalisme, la série ne comprend aucune musique et c’est vraiment une idée géniale. Cela accentue fortement le côté « docu » et notre immersion dans l’action. On la vit au plus près de ce que vivent les soldats et non avec des émotions accentuées artificiellement par des musiques faites pour nous relaxer ou nous stresser un peu plus.

Logistique défectueuse

L’armée américaine est la première armée du monde. Mais, alors qu’elle va envahir l’Irak, qu’elle a des troupes en Arabie Saoudite depuis une dizaine d’années, que l’invasion est prévue depuis de nombreux mois, une partie du ravitaillement qui n’est pourtant pas la partie la plus difficile à transporter manque encore au moment de se lancer dans la bataille. Nos hommes manquent de piles pour leur lunettes de vision nocturne (c’est une unité de reconnaissance) et de lubrifiant pour leur armement (une mitraillette connait des problèmes en moment critique), notamment. Ils ont beau le signaler et le demander, rien ne viendra.

Alors que les circonstances ne l’exigeait pas, ils doivent abandonner un camion de logistique et … manger une seule ration par jour pour compenser les jours suivants. Jours d’attente parce qu’ils ont avancé … trop vite. Ce camion contenait également les « drapeaux » (je ne me souviens plus du terme exact) du bataillon, ce qui donnera un coup au moral.

La moitié de la troupe sera atteinte de grippe intestinale et sera presque hors de combat peu après que le ravitaillement leur ait fourni des Milkshakes (l’Irak est un pays où règne des chaleurs terribles).

Enfin, ils doivent se coltiner des tenues de camouflage « vertes » (on est en plein désert) et utiliser des Hummer d’occasion qui connaissent par moment quelques petites défaillances.

Pour toute armée qui veut mener une guerre éclair, une logistique sans faille est indispensable. Dans le cas présent, les conséquences ne furent pas fâcheuses mais on ose même pas imaginer si l’ennemi avait été plus consistant que l’Irak de Saddam.

© Home Box Office (HBO)

Guerre éclair ? Choc et effroi ? Gestion de la victoire et de la sympathie

Bien que les américains soient détestés par une partie des irakiens, l’avancée dans la partie Chiite est clairement marquée par un fort soutien des irakiens qui vont à leur rencontre et les accueillent comme des libérateurs. A cet accueil, les américains ne répondent pas vraiment de manière symétrique ou même peu sympathiquement, concentrés qu’ils sont sur leur mission mais aussi, pour certains, du fait de leurs préjugés racistes.

Toutefois, et c’est bien là le problème, l’armée avance vite, très vite, conquiert et ne s’installe pas réellement directement. Elle ne profite pas non plus de la sympathie qui existe pour l’entretenir. Il n’y a pas d’Etat qui vient s’installer aussi tôt après la prise de pouvoir par les américains. Personne pour sécuriser les villes et les villages, se poster devant les lieux stratégiques, protéger les stocks d’armes et de munitions. Là où c’est le plus marqué, c’est évidemment à Bagdad où il faut plusieurs jours aux américains (trop tard) pour se rendre compte qu’ils doivent agir pour sécuriser.

Ce sera assurément une des grandes causes des malheurs américains qui surviendront durant l’occupation. La prise des villes est trop rapide et superficielle. La cause en est la guerre éclair: il faut aller vite, très vite. On finit par aller beaucoup plus vite que ce que les plans initiaux prévoyaient. Mais on ne conquiert pas vraiment et les soldats devront nettoyer des villes entières des années après.

Une autre cause est bien l’opération « choc et effroi » en elle-même et l’aversion au risque des soldats américains qui les conduits à faire appel au soutien aérien ou à l’artillerie de manière trop fréquente et non proportionnée. Ou à utiliser leurs propres armes contre des objectifs civils absolument inoffensifs à la manière de cow boys. A force de tout détruire, la reconstruction de l’Irak n’en est que plus compliquée. Et le ressentiment d’une population qui se rend compte que la situation sous Saddam pouvait presqu’être encore plus enviable ne fait que compliquer la tâche des américains. C’est le chaos et c’est eux-même qui l’ont créé (plus d’eau, d’électricité).

C’est sans doute la deuxième grande cause de la difficulté de l’occupation pour les américains. On parle évidemment ici des causes relatées par le film. La dissolution du parti Baas et de l’Armée irakienne si elle est évoquée ne l’est que de manière mineure (acte politique) par rapport aux autres faits (militaires).

Cet action « choc et effroi » était paradoxalement sans doute d’autant plus inutile que les américains avaient opté pour la guerre éclair et que rien ne laissait penser que la résistance irakienne leur poserait un réel souci. Ainsi, il n’était pas besoin de tout détruire pour prendre possession de l’Irak. La destruction leur posera, par contre, d’immenses difficultés dans la gestion de l’après conflit.

Humanité – psychopathe

La plupart des soldats sont humains et survivent soit en étant un peu « fous » soit en relativisant tout ce qu’ils voient (beaucoup d’horreurs). Ils sont d’ailleurs dégoûtés de ce que leur propre armée réalise et se rendent compte des difficultés que cela engendrera plus tard. Un soldat, par contre, est un vrai psychopathe. D’autres militaires auront à propos de lui la réflexion qu’il vaut sans doute mieux l’avoir dans sa propre armée que dans celle d’en face. Toutefois, cela peut poser question de se demander comment un tel profil psychologique a pu réussir à se faire recruter dans un bataillon d’élite de l’armée.

L’humanité est aussi exprimée à travers quelques scènes où les soldats aident des réfugiés. Un des chefs, qui participe pourtant avec les autres, aura la réflexion que tout ça n’est pas bon pour eux: « comment combattre après avoir vécu ceci ? ». Cela met sans doute en avant la nécessite d’avoir des troupes qui soient chargées de gérer spécifiquement l’occupation et les questions humanitaires.

Un officier doit rappeler que les irakiens sont également des êtres humains. Un soldat doit apprendre à tuer et pour cela oublier qu’il en face de lui des humains mais un équilibre est nécessaire, surtout en présence de civils nombreux.

Enfin, après la fin de la guerre, les soldats sont un peu dégoûtés de voir qu’aucun plan réel ou crédible de sécurisation ou de remise en état de l’Irak n’existe et que s’ils ont été champions pour foutre la merde, le reste ne suit pas avec autant de brio.

© Home Box Office (HBO)

Perte de réalité entre le sommet et la base

Lors de son entretien avec le « Parrain », le journaliste embarqué se rend compte que l’officier en face de lui n’a que très peu conscience de ce que pense réellement sa troupe et du soutien que certains officiers ou sous officiers ont ou n’ont pas.

Lui qui n’est pas dans l’action immédiate se montre excité par le fait de se faire tirer dessus. En réalité, les troupes aussi aiment l’action et ont peur de ne pas en avoir assez. Mais la différence, c’est qu’elles ne veulent pas prendre de risques inutiles là où l’officier cherchent sans arrêts des missions sans réels intérêts pour avoir les honneurs et les médailles. On les fait ainsi traverser une ville qui pouvait être contournée et qui sera ensuite nettoyée par les blindés. Ou prendre d’assaut un aéroport heureusement vide mais qui, s’il avait contenu les hommes qu’on pensait y trouver, aurait provoqué une bataille asymétrique entre blindés irakiens et hummers américains. La bataille aurait alors provoqué d’énormes pertes chez les américains. Le pis de tout étant que cet objectif devait initialement être pris par les britanniques.

La discipline avant tout

Même dans les plus mauvais moment de la guerre, les hommes ne comprennent pas qu’on viennent les emmerder pour un vêtement mal porté ou une moustache non rasée. Le respect de points futiles du règlement est le cadet de leur souci. On pourrait y voir l’exemple d’un officier incompétent. Mais la discipline est réellement importante dans une armée et ces rappels à l’ordre ont au moins pour intérêt de les occuper et de focaliser sur un ennemi intérieur sur lequel ils peuvent se défouler dans leurs conversations.

Intégration du journaliste dans la troupe

A l’opposé, politiquement, du militaire de base voir même perçu comme anti militariste, on pourrait s’attendre à de grosses difficultés d’adaptation. Pourtant, tout se passe bien. Et les scènes où le journaliste n’est pas présent à l’image sont suffisamment nombreuses pour comprendre qu’il a réussi à avoir le respect des troupes et qu’il en fut même certainement un peu l’oreille.

Bien que « PNC », Personnel Non Combattant, les soldats respecteront son courage et feront en sorte de le garder en vie. On sent d’ailleurs qu’ils apprécient sa présence et espèrent qu’il pourra parler d’eux et de ce qu’ils ont vécu. Il faut aussi dire que l’action renforce la cohésion et que le milieu militaire n’est pas l’endroit où on peut trouver le plus d’oreilles attentives. Cela facilite donc la mission du journaliste.

Règles d’engagement, ennui et fébrilité « bourrine »

La guerre est composé de très nombreux moments d’inaction (majoritaires) et de moments de fébrilité où on agit parfois de manière bourrine (exemple: les réservistes qui arrivent et font pêter un village). Mais le plus important, c’est que les règles d’engagement changent tout le temps et passent de trop défensives (avec la fuite de Fedayins sans que les soldats américains puissent réagir) à trop offensives (où tout le monde, y compris civils, est considéré comme ennemi). Cela aboutit à des bavures et à de l’inefficacité. Finalement, certains sous officiers feront même du sabotage en refusant de diffuser certains ordres qu’ils jugent trop dangereux pour les populations civiles.

A plusieurs reprises, des tirs amis ou des tirs inutiles (qui ratissent un champs en croyant viser des chars irakiens qui étaient en fait un village pacifique) sont montrés. Si bien que le danger vient parfois autant de ses propres troupes que des troupes ennemies.

Le summum est atteint sur le barrage où un camion est abattu parce qu’il n’a pas obéi à l’injonction de s’arrêter. Puis, tous les hommes qui en sortent sont abattus. Par la suite, une voiture subira un sort pareil et un enfant est tué sur le siège arrière de la voiture. Ils demanderont au conducteur de la voiture pourquoi il ne s’est pas arrêté, sans réponse mais on devine que l’injonction n’a pas été comprise. Le doute se fera alors rétrospectivement sur le danger réel que représentait le camion abattu auparavant. Alors que l’occupation n’a pas encore commencé et que la population civile ne se révèle pas encore menaçante, les soldats se montrent déjà beaucoup trop fébriles et les bavures trop nombreuses.

Principe de Peter et incompétence

L’armée, comme elle est présentée là, comprend de nombreux incompétents dans les postes d’encadrement. Dont certains sont réellement dangereux mais protégés par des pistons. Et d’autres juste bêtes mais protégés par leur statut d’officier. Globalement, on remarque que les officiers sont relativement protégés, même de leur insubordination. Par contre, les sous officiers ou les soldats subissent plus facilement les problèmes disciplinaires.

© Home Box Office (HBO)

© Home Box Office (HBO)

Difficulté de la communication

Les rumeurs sur la mort d’une star ou d’une soldate américaine violée courent. Mais personne n’est là pour les confirmer ou les infirmer. Pourtant, ces informations jouent réellement sur le moral de la troupe. On remarque que les officiers prennent trop cela à la légère. Une diffusion plus efficace de l’information manque.

Cohabitation entre hommes dans un moment de tension

On le sait, les moments de tensions et de cohabitation créent des émotions et des attachements très forts. On peut voir les blagues ou les réflexions « anti » homos très présentes mais pas vraiment méchantes comme une sorte de protection contre cela. Ou comme une persuasion un peu « méthode coué« .

Raisons réelles de la guerre

Assez peu évoqué finalement. A un moment, le journaliste fait la réflexion que s’ils n’ont plus besoin de leurs tenues spéciales, c’est qu’il n’y a pas d’armes de destruction massives et que les raisons de la guerre étaient fausses. Les soldats semblent ne pas donner d’importance à cela. Deux raisons peuvent expliquer cela.

D’abord, au milieu de l’incompétence de leurs chefs, cette information n’est pas plus importante qu’une autre et puisqu’ils sont au milieu de la guerre, autant ne pas trouver une raison supplémentaire pour se démotiver.

Ensuite, ce sont des soldats professionnels. Ils savent que les raisons pour lesquels on les envoie faire la guerre sont politiques et pas toujours très avouées. Ils ne sont pas là pour se poser de questions mais pour se battre. Toutefois, ça ne veut pas dire qu’ils acceptent de se battre sans qu’il y ait un sens. Pour eux, ils sont là pour abattre Saddam et aider le peuple irakien. D’où leur désarroi quand ils se rendent compte que leur hiérarchie n’accorde finalement qu’une faible importance au bien être de la population irakienne.

Impressions personnelles finales

Cette série est, de mon point de vue, un véritable chef d’œuvre. J’ai pris un énorme plaisir à la voir et elle m’est restée dans la tête pendant plusieurs jours. Je savais que, quoi que je puisse écrire dessus, cela ne rendrait jamais suffisamment l’intérêt et la beauté de cette série dont le réalisme est sans doute le principal point fort, qui nous aide à nous immerger en même temps que les héros comme un protagoniste supplémentaire.

Pour aller plus loin

En vente en DVD.

Excellente critique de Pierre Sérisier sur le Blog des sériesTV du journal le Monde et très bonne critique de Fabrice Deprez sur Across The Days.

Et bien sur, les commentaires pour réagir ou me prévenir de votre propre critique sur votre blog.

Don de sang pour les fonctionnaires fédéraux belges : commentaires personnels suite aux derniers changements

Introduction et contexte

[edit le 15/10/2015 pour rajouter la décision du conseil d’état devant le recours en annulation]

Depuis quelques mois, le don de sang ne donne plus droit à une dispense de service pour les fonctionnaires fédéraux. Suite à cela, le nombre de dons a baissé. On va essayer de comprendre pourquoi, d’être clair sur ce qui s’est passé (légalement) et de faire quelques commentaires.

Comme vous pouvez le voir sur cette image archivée du site Fedweb (au 02/08/2010), la législation, avant, était la suivante:

Pour le don de sang et de plaquettes, vous pouvez recevoir une dispense de service pour la journée (complète) au cours de laquelle la prise de sang est effectuée.

Lorsque la prise de sang est faite après les heures de service:

  • vous pouvez recevoir, le jour ouvrable suivant, une dispense de service compensatoire.
  • un vendredi soir ou un soir avant un jour de fête, vous recevez la dispense de service le jour même de la prise de sang.

On remarquera qu’on ne parle pas de jour de congé mais de dispense de service. On remarquera également que, bien qu’on parle de dispense « le jour ouvrable suivant », cela ne valait que si ce n’était pas la veille d’un jour férié ou de week-end. Ce jour a, en effet, été instauré pour permettre le « repos » du personnel concerné. C’est d’ailleurs toujours comme cela que cela a été présenté depuis que je travaille dans la fonction publique.

Vous pouvez retrouver la circulaire qui réglait les modalités précises de cela ici. Il s’agissait d’un droit qui n’était soumis à aucune restriction.

Aujourd’hui, la législation a changé depuis le 15 décembre avec l’arrêté royal du 26/11/2012. Cet arrêté a été attaqué au Conseil d’Etat le 29/01/2013 et celui-ci a rejeté le recours le 13/04/2015 (avec un arrêt intermédiaire le 08/07/2014). Le conseil d’état s’étant prononcé en néerlandais, je ne me prononcerai pas sur le contenu de son arrêt ou sur les motivations de la requête.

Voici ce que dit Fedweb sur ce changement:

Pour le don de sang, de plaquettes ou de plasma sanguin, le congé est limité à la durée du don (au temps nécessaire), augmentée de deux heures de déplacement au maximum.

Par « temps nécessaire », il faut entendre le temps nécessaire pour l’enregistrement, le remplissage du questionnaire médical, l’examen médical, la prise de sang et un court temps de repos.

Un don de sang peut être réalisé dans un centre de transfusion sanguine ou dans le cadre d’une collecte de sang organisée par une section locale de la Croix-Rouge ou en collaboration avec l’employeur.

L’arrêté, lui est un peu différent (et rappelons-le, c’est le seul qui a force légale):

L’agent obtient un congé pour don de sang, de plasma sanguin et de plaquettes à condition qu’il ait reçu l’autorisation de l’autorité dont il relève avant le don. Ce congé peut être refusé pour des raisons de service.
L’agent obtient un congé pour la durée nécessaire pour le don de sang, de plasma sanguin ou de plaquettes ainsi que pour un temps de déplacement maximum de deux heures.
Le congé est assimilé à une période d’activité de service.

Ce qu’on omet donc de dire sur Fedweb, c’est que la durée nécessaire n’est pas définie (et donc à l’appréciation du chef), qu’il faut obtenir l’autorisation préalable (ce qui est différent d’être autorisé sauf refus) et que le congé peut être refusé pour « raisons de service » (là encore non définies, donc à l’appréciation du chef). On remarquera directement que la possibilité de donner ou non ne dépend plus entièrement de l’agent, qu’il va devoir prouver ses déplacements, son arrivée, son départ et que, également, les exigences bureaucratiques et les possibilités de se faire « emmerder » par un chef tatillon (ça arrive !) augmentent.

Give Blood

Raisons du changement

Bien que l’AR ait visiblement été pris en novembre (cf. le Moniteur), la communication gouvernementale a été faites suite au Conseil des Ministres du 28/09/2012 et est uniquement factuelle (pas de raisons évoquées). C’était déjà le cas suite au passage en première lecture au début de l’été.

Le Gouvernement semble d’ailleurs avoir été plutôt suiveur dans l’affaire puisqu’on peut retrouver un article du site de RTL datant du 04/09/2011 qui énonce la demande faites par l’aile flamande de la Croix Rouge de supprimer ce jour de « congé »:

Un donneur qui reçoit une compensation (un jour de congé, de l’argent, ou autre) pourrait plus facilement nous cacher une maladie ou un voyage effectué, toute chose qui doit être dite. Cela diminue la sécurité du don de sang.

Dans cette phrase, il y a quelque chose de très important, c’est le conditionnel. « Pourrait ». Le fait est que cette législation existe depuis longtemps (la circulaire date de 99). Et c’est interpellant qu’aucune statistique indiquant que le sang des fonctionnaires serait de moins bonne qualité suite à des tricheries n’existe ou n’est produite pour prouver quelque chose. Non, à la place, on utilise un conditionnel. Ou alors la personne qui parle préfère utiliser du conditionnel plutôt que des faits. Mais c’est très peu probable. On va donc prendre des risques sur la quantité de sang qu’on va récolter sur base d’un conditionnel (j’insiste, c’est très fort !). J’ajoute que jusqu’à aujourd’hui encore, aucune communication n’a été faites pour montrer un sang de moins bonne qualité chez les fonctionnaires (ça ne démontrerait pas forcément quelque chose mais ce serait au moins un « fait » et élèverait le débat).

Au lieu de ça, on fait des communications du style: venez donner, même sans jour (en accentuant donc sur ce qui a blessé, qu’on nous traite de « menteurs » prêt à donner du sang risqué !!; c’est très « intelligent »). Je ne parle pas au hasard, la page Facebook suivante dit très exactement ceci:

« Les fonctionnaires fédéraux n’ont plus droit à bénéficier d’un jour de congé pour aller donner leur sang. Et quoi? Une raison valable pour ne plus en donner? NON! Je suis fonctionnaire fédéral(e) et je continue à donner mon sang. »

pageFBfonctionDonneSang

[edit du 12/06/2012: un mois après, la page a gagné deux « likes » en plus et atteint donc le chiffre mirobolant de 14 personnes] [edit du 15/10/2015: c’est maintenant triplé à 26 personnes, trois ans après le lancement de la page]

Une autre communication donne lieu à des commentaires et arguments tel que (les parenthèses et emphases sont de moi):

  • En tant qu’étudiante, je n’ai jamais pris de jours de congés non plus pour donner mon sang (humour ?)
  • J’ai entendu dire que le jour de congé pouvait pousser certaines personnes à mentir (rumeur, la personne en est d’ailleurs consciente puisqu’elle indique que c’est « peut-être » une bonne chose ensuite)
  • Je n’ai d’ailleurs jamais compris pq un don de sang donnait droit à un jour de congé (parce que ce n’en était pas un au sens usuel du terme)
  • Travaillant dans le privé depuis plusieurs années , je peux vous assurer que l’employeur n’a jamais accordé de jour de repos à l’employé qui donne son sang. (…) Pour participer à une collecte de sang dans ma commune, je dois demander un jour de congé qui n’est pas toujours accordé d’ailleurs vu les effectifs calculés au plus juste. (…) Personnellement je n’ai jamais eu besoin d’un jour de repos après un don de sang …. (droit ou pas droit finalement ? … quand au jour de repos nécessaire … certaines personnes ou métiers ou postes n’en ont peut-être pas besoin mais les médecins recommandent quand même de ne pas faire d’efforts le lendemain)

Pour revenir à l’article de RTL, il y aussi le fait qu’on ne se préoccupe de la sécurité du don que pour ceux qui reçoivent et pas pour ceux qui donnent (pour moi, les deux doivent pouvoir être protégés). Les personnes ayant de longues journées, des jobs difficiles ou tout simplement des constitutions fragiles apprécieront.

Conséquences

Le magazine Fedra a du publier un article pour diminuer l’absentéisme aux collectes de don de sang.

Il y est dit:

Inquiétude ?

Durant la préparation de cet article, la rédaction de fédra a reçu un message de Sibille de Cartier, fonctionnaire au SPF Affaires étrangères. Lors de la dernière collecte à laquelle elle a participé, le nombre de donneurs était passé de plus de 150 à un peu plus de 30 … Elle exhorte, et fédra avec elle, les fonctionnaires à rester mobilisés. Son témoignage : « Le premier don de sang de SPF Affaires étrangères – depuis la suppression du jour de congé pour les donneurs – a eu lieu ce matin. Une trentaine de personnes … plutôt que 150-180 (chiffre habituel selon le personnel médical présent) avant la mesure. En parlant avec le personnel sur place, ils m’ont expliqué que cette mesure avait des répercussions sur le nombre de dons un peu partout. Et l’impact se fait sentir sur la collecte. Il en va pourtant de la vie de chacun. Que penserons-nous quand nous emmènerons un proche à l’hôpital et qu’il n’y aura pas de sang à sa disposition pour le sauver ? Voici une opportunité réelle pour les fonctionnaires de démonter les stéréotypes à leur sujet. Et de contribuer à sauver des vies ! Merci à tous ceux qui continuent à donner leur sang. Pensez-y lorsque que la collecte passera près de chez vous ou dans vos bureaux la prochaine fois. »

Au delà de la communication « culpabilisante » maladroite, on peut remarquer que les conséquences de cette décision sont réellement catastrophiques puisque le nombre de dons a drastiquement diminué.

Or, si l’on regarde bien, le problème évoqué au départ n’est pas tant ceux qui le font pour le jour de repos mais ceux qui le font pour le jour de repos et qui sont prêts à mentir au détriment de la santé publique pour cela (on remarquera que ce n’est pas du tout la même chose). Et si les derniers sont les seuls à poser problème, on les évoquait comme étant extrêmement minoritaires. Mais avec la nouvelle mesure, on a pas perdu uniquement ceux-ci mais également toutes les personnes qui se sont senti insultées et celles qui donnaient mais sans être prêtes à mentir. On peut honnêtement se demander si le « jeu en valait la chandelle » !

D’autant plus que des gens prêts à mentir pour un jour le feront également pour quelques heures. Pour ce type de personnes là, tout est toujours bon à prendre. Est-on donc sur de les avoir réellement perdues ? Ne continuent-ils pas à donner, mais en dehors des collectes pour pouvoir maximiser leurs temps de déplacement ? Ce serait dramatique car on aurait diminué le nombre de dons sans augmenter la qualité.

On a vu aussi que le changement de règlementation a créé la possibilité pour le chef de refuser de manière assez arbitraire et que la « bureaucratie » est augmentée puisqu’il faut prouver le temps qu’on a passé au don de sang si on ne veut pas se faire emmerder. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, pas plus les fonctionnaires que les autres n’aiment spécialement la bureaucratie et devoir se justifier. Encore moins quand on les contrôle alors qu’ils font quelque chose de « bien ». Par ailleurs, que ce soit moi ou d’autres, il arrive que le don soit refusé parce que notre taux de fer était trop bas lors du précédent don ou parce qu’on a été malade, etc … Dans ces cas là, vous n’aurez pas de « papier » pour vous justifier.

Bien sur, vous me direz, tous les chefs ne sont pas comme ça. Non, et tous les services du personnel n’exige pas non plus un papier pour chaque absence. Mais ça arrive. Et les SPF sont souvent de grandes bureaucraties du fait de leur taille (pas tous, heureusement).

Par ailleurs, beaucoup de fonctionnaires fédéraux effectuent de longs trajets pour faire la navette jusqu’à Bruxelles (souvent debout, en heures de pointe), certains métiers demandent des efforts physiques, d’autres provoquent des fatigues mentales et certains fonctionnaires sont physiologiquement déjà plus faibles. Alors, bien sur, on pourrait faire au cas par cas. Mais quel intérêt ? Qui va aller vérifier que vous êtes bien debout dans le train ? Va-t-on octroyer le repos en fonction de votre IMC ? Va-t-on passer du temps à définir quel poste y a droit et lequel n’y a pas droit ? Il y a tellement de subjectivité dans tout ça qu’il parait nettement plus simple d’octroyer le repos à tout le monde, cela coûtera moins cher en paperasse et en temps de travail à évaluer tout ça. D’autant plus qu’il faut le dire, le travail qui n’est pas fait un jour doit quand même toujours être rattrapé le lendemain. Il est très rare que quelqu’un fasse votre travail en votre absence.

Enfin, toute la communication autour de cette mesure a été désastreuse. Les fonctionnaires sont déjà dans une période difficile dont ils sont les boucs émissaires idéaux (diminuer la dépense publique a des conséquences directes sur eux), ils subissent de grands changements et une pression accrue du fait des départs à la retraite non remplacés et voilà que d’un coup on vient les accuser de tricher au dépends de la vie humaine pour des « jours de congé » comme des gros profiteurs. En fait, on vient faire une communication qui vient taper sur un clou (celui des parasites) dont ils trouvent précisément qu’on tape un peu trop dessus dernièrement. Le résultat ne s’en est pas fait attendre. Ils donnent avec courage et bonheur mais si on leur fait comprendre d’une manière malhabile que leur sang n’est pas bon, et bien c’est vexant et ils choisiront d’arrêter les frais. C’est peut-être « gamin », mais c’est terriblement humain.

D’autant plus qu’on vit dans une société de plus en plus individualiste où, face à la crise, le repli sur soit peut être un réflexe malheureux qu’il conviendrait de ne pas encourager.

Coût du sang et éthique

S’il est intéressant de voir que la « rémunération » d’un jour de repos pourrait poser des problèmes de santé publique et est, de ce fait là, annulée, on peut également regarder d’autres questions éthiques concernant le don de sang et sa fourniture aux hôpitaux. Après tout, si la Croix-Rouge veut améliorer la sécurité sanitaire du don de sang, on peut également l’aider en élargissant la question.

Si le don de sang est bénévole et désintéressé, les hôpitaux, eux, ne reçoivent pas le sang gratuitement. Ils payent pour chaque unité (en Belgique en tout cas). Les tarifs sont réglés par un arrêté publié au Moniteur du 28/06/2009. S’il est entièrement logique que la Croix Rouge soit payée pour le service qu’elle rend, le mode de financement est lui complètement pervers. La récolte du sang est une activité nécessitant essentiellement des coûts fixes (le personnel n’augmente et ne diminue pas en fonction des dons, les collectes sont régulières, les transports de sang sont réguliers). En finançant cette activité par des revenus qui peuvent être variables (le sang est une marchandise), il rend celui qui le récolte dépendant économiquement de ce qu’il récolte. Cela veut dire qu’en cas de baisse des dons, l’institution prend un risque financier. Et on sait que moins d’argent peut inciter à plus de flexibilité. Un risque qu’on préférerait oublier en finançant simplement la Croix Rouge sur base de coûts fixes reconnus et certainement pas en fonction de la quantité de sang livrée. Le sang étant une marchandise exportable, cela augmente également son intérêt.

Ces dérives peuvent être aussi humanitaires. Puisque le sang n’est financé que par sa vente, on pourra être tenté de ne le fournir qu’au plus solvable (et c’est « logique » !).  Un article récent de la tribune de Genève explique ainsi que la Croix Rouge Suisse a arrêté de fournir du sang aux Grecs pour cause de factures impayées:

«Nous ne pouvons prendre le risque de menacer financièrement notre entreprise», indique le directeur à la Tribune de Genève. » (Note: le fait qu’ils agissent en fonction de leur santé financière ne fait que renforcer la crainte émise supra)

C’est d’ailleurs « dans l’intérêt de la Grêce » (ou comment se donner bonne conscience):

« Mais le Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge estime que la réduction des dons de sang suisse est dans l’intérêt de la Grèce puisque pour s’en sortir, elle sera obligée de développer ses propres infrastructures et ne sera donc plus dépendante de l’étranger. » (Note: on va jeter du sang valable, dont la Grêce est dépendante, dont la Suisse n’a pas besoin mais ce n’est évidemment pas scandaleux, c’est juste dans leur « intérêt »).

Ce chapitre est là pour rappeler qu’il faut toujours balayer devant sa porte avant d’accuser l’autre. En l’occurrence, il faut être logique et la Croix Rouge devrait donc réclamer un autre financement mixant les rentrées fixes et variables ou même un financement public et stable.
Camion don du sang Poissy 2011

Quelle autre solution aurait pu être utilisée ?

Le problème principal, ce sont ceux qui ne donnent que pour avoir le jour de repos et qui sont prêts à mentir en dépit de toute considération sanitaire. Visiblement ceux-là étaient très minoritaires mais la Croix Rouge a oublié qu’en perdant ceux là elle perdrait aussi une partie des autres qui, eux, ne posaient aucun problème sanitaire.

Une solution aurait été de leur assurer le jour de repos dés avant la visite médicale et donc de leur enlever le besoin de mentir. On peut discuter sur le caractère « juste » de la mesure mais cela aurait permis de garder un nombre élevé de don de bonne qualité tout en gérant efficacement (peut être pas « justement ») les imbéciles qui mentent au questionnaire médical mais qui sont de toute façon très minoritaires. En quelques sortes, on ne diminuait que peu le nombre de dons et on augmentait la qualité. Que du bénéfice ! D’autant plus que ça pouvait être mis en place facilement par le Croix Rouge sans besoin de faire aucune modification légale.

Est-ce mal de rémunérer ?

Dans plus de la moitié des pays du monde (source: Fedra), le don de sang est rémunéré totalement ou en partie.

C’est énorme.

En ce qui concerne le don de sang, le seul enjeu qui compte, c’est la qualité du sang récolté. Selon nous, l’idée selon laquelle le don doit « forcément » être sans contre-partie pour être « beau » et « désintéressé », etc, nous ne la partageons pas. Car, le don de sang n’est pas quelque chose d’anodin pour l’être humain. C’est un don d’une partie de soi-même, ce qui n’est pas facile pour tout le monde. C’est aussi un acte médical stressant. Je connais beaucoup de gens qui ne donnent pas, pas parce que ce sont d’horribles crapules, mais parce que ça leur fait peur, tout simplement.

Par ailleurs, une rémunération symbolique (comme elle a lieu avec les petits Goodies de la croix rouge) pour autant qu’elle ne soit pas trop importante est utile car elle valorise le don. Face à cet acte de générosité, elle insiste sur l’importance et la reconnaissance de celui-ci ! Pour certains, on doit pouvoir donner sans contre partie uniquement. Mais c’est utopique. Reconnaitre symboliquement au moins, cela ancre la pratique et donne le message du merci. Et si la journée de congé n’était pas perçue comme une journée de repos mais comme une journée de « merci », et bien on peut être sur que pendant toute cette journée, la personne y pensera et cela conduira à survaloriser le don dans sa tête, à en faire la publicité et à recommencer la fois suivante. Même si elle était au départ individualiste et même si c’était un acte difficile pour elle.

On peut d’ailleurs se dire que si la moitié des pays fonctionnent encore avec ce système, c’est qu’il n’est sans doute pas dénué d’intérêt.

La cohérence de la Croix Rouge

On l’a vu le système a été modifié à la demande de la Croix Rouge. Toutefois, je ferais remarquer que chez nous, par exemple, la collecte avait lieu un jeudi « comme par hasard ». Que j’ai déjà donné mon sang l’avant veille de longs week-ends. Si on se plaint de l’attractivité du jour de repos, on ne joue pas avec non plus, sinon, c’est du masochisme et, au minimum, de l’incohérence. A moins que le but était tout simplement « pragmatique » et là, je peux entièrement le comprendre. Car, je ne connais personne qui ait jamais menti sur son questionnaire médical mais je ne nie pas que de telles personnes puissent certainement exister.

Conclusion

Ne jamais négliger le facteur humain et toujours bien évaluer les mesures qu’on va prendre voir même les tester: c’est primordial. Ici, on parle de la santé et de sauver des vies. Alors quand on prend une mesure qui concerne un groupe de 60 000 donneurs potentiels, on fait quand même un peu gaffe. D’autant plus que des dégâts qui sont faits peuvent parfois mener à une confiance cassée et être très difficiles à réparer.

Je ne sais pas comment ce dossier va évoluer mais je voulais exprimer ici quelques impressions et ressentiments tout en offrant quelques clés de compréhensions à ceux qui s’y intéressent. En tous les cas, j’espère qu’on parviendra, d’une manière ou d’une autre, à retrouver un jour le niveau de don qui existait avant tout en ayant toujours en tête l’objectif de qualité du sang la meilleure possible.

N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions accords ou désaccords, je ne vous censurerai pas. J’ai constaté que mon point de vue était minoritaire parmi les non fonctionnaires qui commentaient ce genre d’articles et je n’ai pas de problème avec ça. D’autant plus que cela peut s’expliquer facilement (comme il est moins facile de donner son sang dans le « privé », ce sont donc des personnes très motivées qui le font et qui peuvent regarder avec un air plus condescendant ceux qui, selon elles, acceptent une contre partie au don ce qui pour elles peut paraitre inacceptable).