En finir avec Daesh, livre et essai de Carlos Crespo

Pourquoi ce livre ?

J’ai acheté ce livre pour plusieurs raisons :

  • le sujet nous touche naturellement tous. Il n’y a plus beaucoup de pays dans le monde ayant échappé à la folie du terrorisme. En Belgique, on vit désormais avec l’idée que la Mort terroriste pourrait nous emporter au détour d’un chemin. Les probabilités restent incroyablement faibles, mais on y pense et on y accorde une importance réelle : l’injustice de ces situations nous insupporte d’autant plus qu’on a que peu de contrôle sur la situation.
  • Daech n’est en voie d’élimination qu’en Syrie-Irak mais continue à exercer sa barbarie dans de multiples points du globe. De plus, éliminer l’EI n’est pas suffisant, il faut encore aussi éviter que de nouveaux groupes du même acabit ne renaissent. Se cultiver sur le sujet ne fait donc pas de mal. Comme dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir.
  • Je connais l’auteur et, même si nous ne nous voyons pas souvent, je garde pour lui un grand respect hérité de notre compagnonnage du temps du mouvement étudiant (conseil étudiant, FEF). Ceux qui le connaisse savent que c’est quelqu’un qui est capable de débattre sereinement, qui n’est pas dogmatique et qui est au contraire assez pragmatique. Il est aussi assez cultivé et je savais que le livre serait de qualité car la discussion est toujours intéressante avec lui (du moins l’espérais-je mais je ne fus pas déçu)

Qu’en dire, sommairement ?

La lecture est très fluide et accessible. Le livre n’est pas long mais j’ai mis du temps à le terminer parce que je préférais ne pas l’avaler trop vite pour bien le digérer. L’auteur met un point d’honneur à ne pas créer un énième essai élitiste non accessible au commun des mortels. Au contraire, il veut pouvoir être lu et compris de tout le monde.

Cela garantit aussi une démarche intellectuellement honnête. Si certains auteurs peuvent être parfois tentés de camoufler le vide par un propos abscons, ce qui permets d’accuser ceux qui n’ont pas aimé de ne pas avoir compris, ici, on comprend parfaitement le propos et tout le monde peut donc le critiquer avec aisance et se l’approprier vraiment.

Mon opinion est qu’un bon essai n’est pas un cours donné par un professeur qu’on doit prendre ou laisser mais bien plutôt une discussion qui doit nous faire avancer et, ici, on est bien dans ce dernier cas.

D’ailleurs, justement, pour ne pas prendre le risque d’être uniquement dans l’intuition et le subjectif, il y a des recherches et une analyse très concrète de la communication Daéchienne.

Ce que j’ai également bien apprécié, c’est l’élargissement du point de vue tout en étant jamais hors sujet. En remontant aux propos de Jaurès d’avant la première guerre mondiale, en élargissant au contexte plus large dans lequel cette horreur arrive, on permet une analyse plus pertinente et, aussi à mon avis, plus intemporelle.

Les critiques que je pourrais faire au livre sont d’ailleurs plus dans ce qui n’y est pas que dans ce qui y est écrit. Mais est-ce vraiment une critique ? Un essai est là d’abord pour alimenter la réflexion avant de prétendre être une encyclopédie sur un sujet précis. Et si j’ai envie de prolonger le livre par mes réflexions propres, je pense que c’est tout à son honneur.

La laïcité

On parle beaucoup de laïcité en France depuis des années. Par ricochet, vu que nous regardons beaucoup de débats français, en Belgique également.

Je dois dire que le rappel par Carlos des buts, origine et de ce qu’est réellement la loi française sur la laïcité est  salutaire. Remettre l’église au milieu du village, si on me permets l’expression dans ce contexte, à ce propos est donc une bonne chose.

La laïcité n’a jamais visé à supprimer les religions, à les organiser ou à en règlementer la pratique du culte. Au contraire, elle vise à ce que mutuellement l’un ne s’occupe pas de l’autre et vice versa. En Belgique, nous avons adopté une politique assez différente qui est celle de la neutralité de l’état. En quelque sorte, les églises sont reconnues comme des services publics dont l’état assure le financement sans pour autant se mêler de son organisation, en échange les Eglises ne se mêle pas de politique.

La politique de neutralité fait que, en théorie, toutes les religions sont sur le même pied même si l’implantation « historique » de l’Eglise catholique fait qu’elle est un peu privilégiée, toutes proportions gardées.

On empêchera pas les mouvements idéologiques radicaux en « nationalisant » les religions et en en faisant une question politique. C’est même tout le contraire de ce que la Loi prévoyait. Rien n’interdit l’état de combattre les mouvements qui sont contre lui, bien évidemment, autant en Belgique qu’en France d’ailleurs, mais de là à organiser les religions, ce serait non seulement contre productif mais également carrément de la propagande gratuite pour Daesh.

Par ailleurs, parfois des débats publics sur des micros phénomènes (burqa, parti Islam) n’ont fait qu’accentuer le sentiment de persécution et de discrimination (chaque religion comprend son lot d’intégristes, mais seule une semble particulièrement visée) des musulmans et cela ne fait que rajouter un peu d’engrais dans le terreau du recrutement pour Daesh.

Les mouvements politiques qui instrumentalisent le plus la question ne le font d’ailleurs, je pense, que rarement de bonne foi mais seulement pour exciter un électorat voir créer et entretenir des problèmes durables afin de maintenir leur business électoral. Les extrêmes chercheront toujours la confrontation mais au bout du compte aucun électeur extrémiste n’a jamais gagné plus de tranquillité ou de sécurité en posant ce choix.

L’Islam

S’il y a bien une notion que je déteste, c’est quand j’entends parler de l’Islam comme étant une religion unique. Généralement, on ajoutera après « religion d’amour et de paix » de manière ironique mais pas moins offensante envers la majorité qui n’emmerde pas leurs voisins.

Si l’auteur rappelle de manière très juste que ce n’est pas uniquement une question de religion mais que ces crimes sont alimentés en premier lieu par d’autres choses et que la religion seule n’y ferait rien, je me dois de rajouter et compléter un peu.

En effet, les gens qui agissent au nom de l’Islam pour tuer sont souvent des voyous et des psychopathes ou des personnes manipulées et manipulables. Dans ce contexte-là, la religion est un prétexte (faible, car les personnes qui l’utilisent ont rarement elles-mêmes une pratique très « pure ») qui serait facilement remplacé par un autre. On trouve toujours une raison pour justifier la haine et la violence qui est en soit. De nombreux mouvements terroristes agissent au nom de principes politiques et ce n’est pas plus honorable.

Or, si l’athé observateur que je suis a toujours constaté une chose, c’est que les gens s’approprient leurs croyances par rapport à leurs propres personnalité (dont certaines sont il est vrai très perméables à ce qui les entoure, mais pour le pire comme pour le meilleur).

On a trop souvent tendance à imaginer les croyants comme des moutons prêts à suivre aveuglément les prêches de leur curé ou de leur Imam. Mais même dans les régions les plus illetrées, les gens ont un esprit critique et ont besoin d’aménager la religion en laquelle ils croient par rapport à ce qu’ils sont au fond d’eux. C’est humain et heureux. Et c’est pour ça que des religions dont le livre sacré n’évolue par d’une seule virgule au fil du temps voient pourtant les pratiques évoluer fortement avec les années et les siècles. C’est tout simplement parce que les sociétés font évoluer les religions et pas l’inverse.

Par ailleurs, parler d’UN Islam sera toujours un énorme mensonge. Bien sur, il y a un seul livre sacré pour tous les musulmans. Mais s’arrêter là serait d’un énorme simplisme.

D’abord, on critique souvent l’absence de clergé hiérarchique dans l’Islam. Mais le fait d’avoir un et unique Pape n’a jamais empêché les personnes se revendiquant du catholicisme de développer une pensée et des actes différents du sien, même dans des moments où le pouvoir de celui-ci était beaucoup plus important. Aujourd’hui encore, des sectes intégristes se développent et se détachent de l’autorité ou de la parole du pape.

Egalement, l’absence de « grand chef » est une particularité qui laisse justement beaucoup plus de liberté et de responsabilité individuelle à chaque musulman pour définir en toute autonomie sa pratique et son culte. Il sera certes guidé par son imam et son entourage mais pas beaucoup plus ou beaucoup moins qu’un catholique ne l’est avec son curé.

Ensuite, lors de son expansion qui était plus politique que religieuse, l’Islam n’a jamais imposé UNE et UNE seule lecture du Coran. Bien au contraire, l’expansion de l’Islam s’est faites systématiquement en tenant compte des particularités et cultures locales existantes. C’est ce qui me fait dire qu’il y a aujourd’hui des dizaines d’Islam institutionnels différents et chaque pays a le sien, lié à sa propre culture. Au sein même d’un pays, il y a parfois plusieurs lectures. Et les premières victimes des intégristes musulmans sont souvent les autres musulmans considérés comme impurs, ce qui n’arriverait pas si les pratiques étaient uniformes partout dans le monde.

Tout ça pour conclure que je rejoins grandement l’auteur quand il dit (enfin, je résume pour lui) que le focus sur l’Islam et la religion est contre productif et ne nous aidera pas, au contraire, à régler le problème.

Une lecture instructive de la littérature Daéchienne

Cela n’a pas du être toujours facile mais Carlos s’est astreint, pour son essai, à se nourrir de concret. Il n’a pas voulu suivre son intuition mais en partant des publications francophones a permis d’ancrer son étude sur du réel.

Cette lecture en dit long sur ce qui permet aux « journalistes » intégristes de recruter. Je ne vais pas tout dire non plus, sinon vous n’aurez plus rien à découvrir dans le livre ;-).

Parler de l’intégration sans le dire

Le mot n’est, je pense, jamais dit. Il est vrai qu’il est beaucoup trop connoté négativement. Toutefois, le fait est que si des jeunes se sentent discriminés injustement, s’ils ont parfois l’impression d’être belges (ou français ou …) sans l’être pleinement aux yeux de tous, s’ils ont l’impression d’être sans avenir ici et qu’il existe des complots contre eux ; il est tout à fait juste de dire qu’ils ne se sentent donc pas intégrés à la société et qu’ils seront plus sensibles à des discours leur promettant une nouvelle vie ailleurs et un nouveau départ sous l’œil bienveillant de Dieu.

Ce propos là est évidemment à différencier du propos politique habituel sur l’intégration. Le propos habituel utilise la violence et l’intégrisme (également existants) pour en réalité exclure encore plus au lieu de jeter des ponts. Le mot intégration peut être utilisé pour inclure et créer des ponts ou au contraire créer des mur. Aujourd’hui, toutefois, il n’est, et c’est dommage, utilisé que dans un sens excluant et stigmatisant.

Combattre l’intégrisme passe donc de manière urgente par le combat contre cette exclusion sociale (pas forcément économique d’ailleurs, beaucoup de ceux qui sont partis n’étaient pas forcément défavorisés). Je comprends parfaitement que beaucoup de belges dits « de souche » ont peur. D’abord peur pour leur avenir, ensuite peur qu’on ne leur impose une religion dont ils ne veulent pas. Mais aller au delà du fantasme et créer des liens avec l’autre sera la meilleure manière d’offrir un meilleur avenir à tous. Je crois dans le pouvoir de la communication et de la médiation entre communautés. C’est toute la force de l’extrême droite d’arriver à nous séduire sur des discours pourtant paradoxaux (les étrangers volent à la fois notre emploi ET vident les caisses du chômage, par exemple).

Mais il faut arriver à séduire sur un discours opposé, inclure et offrir un avenir sera gagnant pour tout le monde au final.

On a rien à gagner avec l’exclusion qui existe aujourd’hui. Elle crée frustration, délinquance et intégrisme. On sera tous gagnants le jour où on ne fera plus de différence entre les belges. La très grosse majorités des croyants (catholiques comme musulmans) ne cherchent pas à nous imposer leur foi mais veulent garder leur liberté de conscience et de culte. Et, de toute façon, notre démocratie et les droits de l’homme, même s’ils ne sont pas forcément populaires aujourd’hui, agissent précisément pour garantir les droits individuels de chacun. Ceux qui critiquent la charte des droits de l’homme devraient se rendre compte que c’est précisément cette charte qui rend aujourd’hui impossible toute application moyen âgeuse de la charia à la mode syrienne chez nous.

Comme l’auteur, ou du moins ce que j’ai compris de son propos, je pense qu’il y a une urgence à agir contre l’exclusion. Et qu’il ne faut pas se tromper de débat. Tant qu’on débattra de religion (son interprétation, sa pratique), on ne convaincra que les convaincus : les intégristes le resteront et ceux qui ne le sont pas ne se sentiront pas concernés. Mais, en agissant sur l’exclusion sociale (une manière plus positive de parler de l’intégration), non seulement on ne se concentre plus sur la religion mais on peut aussi se focaliser sur une vraie raison de la radicalisation.

Attention, on me dira que certains recrutés du califat provenaient de la classe moyenne. Je le répète, ce n’est pas contradictoire, au contraire. La violence de la discrimination est plus forte encore quand on a justement plus aucune raison de l’être. Si c’est injuste, on peut encore comprendre le propriétaire qui hésite à nous louer parce qu’on a peu de revenus. Mais quand ce n’est même plus le cas, c’est évidemment encore plus intolérable car seuls les préjugés racistes agissent alors. On peut avoir de l’argent et quand même se sentir exclu. C’est d’autant plus terrible que notre société véhicule le message que l’argent permet tout. Enfin, beaucoup de radicalisés provenaient de nos prisons, ce qui prouve qu’il y a deux types de publics différents qui sont passé à l’action en rejoignant le moyen orient.

Pour l’anecdote, lors du départ d’un précédent appartement, une personne d’origine étrangère l’avait visité mais était plus intéressé par celui du rez de chaussée pour lequel en plus il n’y avait pas de candidats (le propriétaire ne connaissant à l’époque pas Internet pour trouver un locataire). C’était mon propriétaire qui le louait également et je lui ai donc transmis le dossier nickel (emploi, preuve de payement, etc). Le candidat ne l’a pas eu et le propriétaire a préféré le laisser non loué plus longtemps …

La question des valeurs et des repères

Fight Club est un film qui m’a personnellement profondément marqué. Une œuvre que je respecte énormément, trop pour avoir encore pris le risque d’y consacrer un article (et puis, beaucoup l’ont déjà fait, donc c’est moins utile).

Venir avec cette référence peut paraitre bizarre mais ça ne l’est pas tant que ça.

Ce film (je n’ai pas encore lu le livre) parle en filigranes de personnes (surtout des hommes) qui n’ont plus de repères, plus de valeurs, qui sont paumés, qui ne supportent plus l’absurdité de leur travail et de la bureaucratie et qui décident de créer un club où ils retrouvent leur « vraie » virilité en se battant car l’adrénaline du combat leur donne l’impression de retrouver un sens à leur vie.

Ensuite, ils créent le projet Chaos, un projet totalement nihiliste qui vise à détruire le capitalisme « immoral » pour repartir sur des bases nouvelles mais qu’on devine, de par le nom même du projet, proche du néant civilisationnel.

Une fois rappelé cela, je pense que le parallèle avec un Daesh au fond très nihiliste et recrutant en partie parmi les rejetés du capitalisme moderne pour créer une société dont les standards semblent dater de plusieurs siècles peut être fait plus facilement. Ils profitent aussi de ce qu’ils dénoncent comme étant un recul des valeurs.

Toutefois, à partir de cette perte de repères (pas forcément négative, si ce n’est par le vide qui les remplace), le personnage principal de Fight Club devient complètement schizophrène. Ce n’est pas qu’un twist astucieux du film, c’est aussi un message bien réel. La catastrophe n’est pas inévitable et même le chef du projet Chaos cherche jusqu’à la dernière minute à l’éviter, au besoin en tentant de se suicider.

Pour les personnes qui sont plus vulnérables parce que dans la même situation dénoncée par ce film (il y a déjà longtemps et il se révèle un peu prémonitoire), rien n’est perdu ! Mais, la nature ayant horreur du vide, c’est aussi à nous de penser à remplacer l’ancien monde par un nouveau monde réellement enthousiasmant et attractif, dans lequel tout le monde peut se retrouver. Sinon, d’autres le feront malheureusement à notre place, pas toujours pour le meilleur.

Je ne résiste pas à vous remettre la scène finale de Fight Club :

De même que ce discours culte (désolé pour le son assez bas, si quelqu’un trouve une meilleure version, il peut me la communiquer) :

Conclusion

Le livre n’apporte pas de solution clé en main ou simpliste. C’est assez logique. Mais c’est toujours bien de rappeler que la défaite militaire de Daech en Syrie ne règlera pas tout. Même celle de Daesh et de tous les mouvements assimilés partout dans le monde ne règlerait pas tout si cette défaite était uniquement militaire. Le combat est aussi un combat politique pour une société dans laquelle chacun puisse se sentir bien et trouver sa place.

A ce propos, je me rappelle qu’Obama a longtemps hésité avant d’intervenir en Irak, du fait de la politique confessionnelle de Maliki (premier ministre irakien chiite) qui était pour beaucoup dans la création de l’EI. Il ne voulait pas intervenir avec une solution militaire unique mais avait bien compris qu’une solution politique incluante pour les sunnites irakiens était indispensable à une victoire durable.

J’ai profité de mon article pour prolonger avec les réflexions personnelles qu’il m’a inspiré (et que vous ne retrouverez donc pas forcément dans le livre telles quelles). Et j’espère que chaque lecteur aura envie de faire de même, de le prêter et d’entamer des discussions. Ca peut paraitre simpliste de dire cela mais c’est en stigmatisant ou en imprimant un discours identitaire sans cesse répété qu’on finit par créer le comportement dont on ne veut pas là où il n’est pas présent aujourd’hui. Un débat ouvert et tolérant devrait, au contraire, permettre de dépasser cela je pense.

On pourrait dire que Carlos n’est pas très précis sur les solutions, je ne pense pas qu’il y ait d’ailleurs un chapitre appelé comme cela (j’ai fini le livre il y a quelques semaines), mais il n’y a pas de solution simple et rapide pour réparer les erreurs du passé. D’une certaine manière, l’auteur ne s’aventure pas dans le terrain politique concret d’aujourd’hui et c’est très bien comme cela. Cela doit être fait après en faisant participer un public large.

Du même auteur

Il a récemment publié une carte blanche dans l’hebdomadaire belge d’investigation Le Vif L’Express et a été interviewé par le journal La Libre Belgique.

Son blog, même s’il n’est plus très souvent mis à jour.

A voir sur le même sujet, pour mieux comprendre

La série HBO « The State« . Elle a été diffusée récemment sur BeTV. C’est une mini série en, je pense, six épisodes. Elle est vraiment très bien réalisée et extrêmement instructive sur le vécu de ceux qui ont rejoint le califat.

Comment avancer quand on est bloqué ?

C’est très bateau mais c’est une façon légère de commencer l’année sur ce blog. Je vous partage ici quelques « life hacks » qui fonctionne assez bien chez moi.

La plupart de ceux que je vais vous donner sont basés sur un principe étudié en sciences : notre cerveau fonctionne mieux en arrière plan qu’en avant plan (cf. le livre de Richard Wiseman que je chronique ici : Lectures en vrac, juin 2018). Quand vous faites une pause, votre cerveau continue de turbiner et essaye de résoudre le problème, le dossier, qui est resté en suspens.

Tout le monde a déjà expérimenté cela. Vous êtes bloqué, vous vous énervez, ce mot est « sur le bout de la langue », vous passez à autre chose et tout s’éclaire : le mot vous revient directement. Ici, il y a aussi le phénomène de focalisation et d’énervement qui nous pose problème. Ca tombe bien, la plupart des trucs que je donne sont aussi utile pour se calmer.

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Dormir

C’est le plus évident mais si vous dormez sur un problème, votre sommeil ne sera peut-être pas le meilleur mais vous aurez les idées beaucoup plus claires au réveil. Adolescent, je me souviens de ces jeux d’aventure / réflexion sur lesquels on restait des heures à chercher la solution jusque tard dans la nuit. Mais, parfois, il faut savoir avouer son impuissance et aller rejoindre son lit.

Ne dis-t-on d’ailleurs pas que la nuit porte conseil ? Et bien, c’est très juste ! Très souvent, vous aurez une meilleure idée du choix que vous vouliez ou même carrément la solution. C’est tout le bien que Morphée peut nous faire quand on est dans ses bras.

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Faire une pause

Faire une pause, ce n’est pas « ne rien faire ». Faire une pause, c’est faire quelque chose de différent et qui, de préférence, ne va pas vous demander trop de cérébralité.

Comme pauses favorites pour faire avancer mon travail, il y a :

  • la vaisselle (j’adore, mes mains sont occupées, le travail est mécanique, le cerveau a toute la disponibilité pour penser à des choses compliquées)
  • repasser (en vrai, je ne le fais plus depuis que je vis en couple car mon fer à repasser capricieux m’énerve)
  • une petite promenade. Tous les jours, je marche pour aller chercher mon train ou me rendre au travail, quotidiennement, ça représente au moins trois quarts d’heures ; ce sont souvent les moments pendant lesquels j’avance le mieux dans la résolution de mes problèmes. Il faut dire que leur moment, au début de la journée et à la fin de la journée de travail, c’est juste parfait. Les gens qui font tout en voiture ne se rende pas compte du mal que ça leur fait.
  • Jouer à un jeu … simple et débile. Si le jeu devient l’activité principale, les autres problèmes passeront à l’arrière plan.
  • Facebook, avec des réserves. Si on s’astreint à ne pas commencer à débattre et à juste regarder, alors, cela peut être une pause efficace. Sinon, c’est un loisir à part entière à réserver pour les temps de loisir.

Vous l’aurez compris : toute activité qui

  • ne demande pas un trop grand temps de cerveau disponible
  • et qui ne nous manger trop de temps

C’est pour ça que je ne mets pas la télévision dedans, par exemple.

Je ne mets pas non plus la musique, le cinéma ou la lecture. Pour moi, la musique est à utiliser durant le temps d’activité : elle me booste. Pour la lecture et le cinéma, c’est juste trop prenant pour être une vraie pause. Ce sont des loisirs pleins et entiers.

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Faire un choix arbitraire

C’est souvent la manière dont j’aide mes proches quand ils hésitent fortement entre deux choix qui leur paraissent équivalents (livre X ou Y par exemple). Je leur dit : « fais ça (livre X) ». A ce moment là, ils se voient vraiment choisir cette solution et si ça ne leur plait pas ou si c’est un mauvais choix, ils le sauront tout de suite.

Bien sur, on ne peut pas utiliser cette méthode pour des choix trop importants. Mais si vous vous pourrissez la vie à ne jamais savoir quel cadeau choisir, quel livre lire, quel film aller voir, quel repas faire, ça peut être une méthode où vous ne prenez aucun risque.

Plus classique : la liste des + et –

Je ne le fais que très peu souvent. J’aime bien analyser les choses mais la vérité est que certains + peuvent compenser beaucoup de moins et certains – peuvent valoir beaucoup de positif. Bref, ce n’est pas parce qu’on a dix items dans une liste et cinq dans l’autre qu’on est plus avancé. Chaque item n’a en effet pas le même poids. D’autant plus que nos choix ne sont pas que rationnels mais aussi émotionnels.

En vrai, je préfère une version améliorée du « choix arbitraire ». J’envisage le futur à brève, moyenne et longue échéance dans un choix ou dans un autre. En prenant mon temps. En voyant ce qui peut passer d’une colonne à l’autre avec l’espoir et la probabilité. Et en ajustant avec le temps. Ce qui nous parait souhaitable et probable peut devenir un jour avec l’expérience totalement improbable. C’est même souvent le cas dans la vie, il faut une seule goutte d’eau pour faire déborder un vase bien rempli. Mais dans la vie, le vase est opaque et on ne sait jamais réellement à quel point il est rempli.

Quand on est vraiment sur, on fait le choix et on s’avance vers un but. On pose des jalons. Cela ne doit pas être révolutionnaire. On peut continuer la vie comme on la mène actuellement mais préparer chaque jour un peu plus la nouvelle vie et rendre le choix un peu plus évident. Un peu comme si on testait l’eau du bain jusqu’à ce qu’elle ne soit plus trop froide et qu’on puisse enfin s’immerger totalement dedans mais en rentrant d’abord une main puis un orteil, puis un pied, une jambe, etc pendant que l’eau chaude le remplit petit à petit avec un débit et une chaleur imprévisible.

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Faire face au vide

A force de travail et de transpiration, à force d’essais, on arrive souvent à quelque chose. Mais parfois, le résultat, c’est un quasi vide (ou du moins le ressentons-nous comme tel !). Les espoirs déçus, douchés, nous amènent parfois à nous retrouver dans une situation de vide dans notre tête où nous n’en pouvons plus.

Je ne parle pas de la dépression profonde mais du coup de mou passager mais quand même violent.

Face à cela, je pense que mon meilleur « truc » reste de sortir seul, prendre ses écouteurs, sa musique, et se promener longuement. Si on a la chance d’avoir un cimetière ouvert, on s’y rend et on y marche le long des allées en pensant à ceux qui ont été et qui ne sont plus. On imagine des destins, des vies, des morts, des chagrins. On s’autorise à pleurer car dans ce lieu là, ce sera toujours permis sans y voir aucune faiblesse. On peut aussi s’imaginer notre dernier jour à nous.

Moi, ça me fait toujours du bien. RELATIVISER est essentiel dans la vie. Mais il faut aussi savoir RESSENTIR. Avec cette activité, je fais les deux et je digère mieux.

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Et vous ?

J’imagine que pour certains d’entre vous, la pause parfaite sera de tricoter, de bricoler, de faire une activité artistique. Je pense que ce sont des bonnes activités pour une pause.

Si vous avez d’autres choses à ajouter, n’hésitez pas à laisser un commentaire, je suis particulièrement intéressé.