Transformer les déchets en « or »

Au départ de cet article, je voulais simplement traiter la question des déchets et j’avais déjà une petite idée vers où j’allais aller. Mais, comme souvent quand on fait des recherches, j’ai fait une petite découverte sympathique.

Ainsi, saviez-vous que la province abritait, à Gembloux, un Master en valorisation biologique des effluents ? Il y a donc du talent, du savoir-faire, et des possibilités de développement économique (comme toujours quand on a une expertise). En encourageant les spin off (voir ici une liste des spin off universitaires belges) et les étudiants qui voudraient investir et innover dans le domaine, on créerait une émulation intéressante dans un domaine d’avenir.

Concernant cette formation, on peut y lire sur le site internet de présentation de celle-ci :

« Le déchet doit aujourd’hui être considéré comme une ressource dont la gestion et l’exploitation sont devenues un défi majeur de notre société et un enjeu déterminant dans le cadre du développement durable. »

Comment ne pas être d’accord avec ça ? Je fais entièrement mien ses propos, ils sont une introduction parfaite au présent article.

A Namur, l’organisme qui traite la question des déchets n’est pas la Province elle-même mais une intercommunale, le BEP Environnement et cette dernière a mis en ligne une page où il est expliqué ce qui est fait en matière de valorisation des déchets.

Si le namurois moyen produit 550 kg de déchets par an, chiffre en petite diminution par rapport à 1999 (572 kg), 72 % sont compostés, recyclés ou valorisés et presque tout le reste part en incinérateur (sauf 0,2 % en décharge).

Grâce au tri des déchets organiques, on produit ainsi de l’électricité pour 1500 personnes. Le belge est un champion pour le tri du verre et des PMC. Le bois collecté est transformé en combustible. Il y a donc du positif dans tout ça.

Pour les encombrants, il y a également du bon. Surtout la collaboration avec la Ressourcerie Namuroise qui est une très belle réussite. Mais il y a encore de la marge d’amélioration. Le service ne couvre pour le moment que des communes du nord de la Province. Le succès namurois ayant servis d’exemple, le service s’étend mais de nombreuses zones ne sont pas couvertes. Par conséquent, il faudrait aider la ressourcerie namuroise, ou d’autres ressourceries à créer, à couvrir l’entièreté du paysage namurois. Cela au bénéfice de l’emploi, de la nature et des citoyens. Cela doit être une priorité pour y arriver au plus vite.

Puis, dans un autre domaine, il faut rappeler que le meilleur déchet est un déchet qui n’existe pas. Il faut donc comprendre ce qui compose encore les 28 % de déchets qui partent à l’incinérateur et trouver un plan d’action pour les diminuer (on pense notamment au suremballage). Car, non seulement le traitement des déchets coûte cher, mais il faut aussi garder à l’esprit qu’une partie de ces déchets sont réalisés à partir de dérivés du pétrole et que cette ressource est précieuse et rare et donc à préserver au maximum.

Par ailleurs, la collecte des déchets organiques est encore récente. Est-elle efficace ? Y a-t-il encore des possibilités d’améliorer les quantités récoltées ? Pourquoi les gens y passent, n’y passent pas ? Ce sont ce genre de question qu’il faudrait poser à des panels afin de comprendre ce qu’il est possible de faire pour améliorer la situation actuelle.

L’utilisation des panels devrait d’ailleurs s’étendre aux autres domaines du BEP Environnement afin d’améliorer toujours plus le service. Je pense qu’un budget annuel constant devrait être consacré à cela dans le cadre d’un budget R&D.

Enfin, si tant est que cela soit possible, l’électricité produite, au lieu d’être revendue sur le réseau devrait pouvoir être fournie aux partenaires du BEP en fonction de leurs apports respectifs. Le bois, au lieu d’être revendu, pourrait également être valorisé au sein d’unité de cogénération et également être fourni à tarif préférentiel aux partenaires. Cela ferait du BEP Environnement, non seulement un producteur d’énergie (électricité + chaleur) mais également un fournisseur direct des communes et de la Province.

Cela pourrait d’ailleurs se faire dans un cadre plus large (avec constitution d’une coopérative, implication des citoyens et des pouvoirs publics ; en visant d’autres types d’énergies vertes que sont l’éolien et le photovoltaïque). Je suis convaincu que la Province pourrait jouer ce rôle et que cela pourrait même être rentable. Nous ne savons pas de quoi notre futur énergétique sera fait et il est donc on ne peut plus important de tendre un maximum vers notre auto suffisance énergétique et les déchets peuvent y aider.

En résumé, on pourrait :

  • profiter de l’expertise universitaire et investir dans des spin off dans le domaine afin de la renforcer
  • étendre le service des ressourceries à tout le territoire provincial
  • prévoir, dans le cadre d’une politique R&D :
    • l’analyse du contenu des poubelles et les moyens à mettre en oeuvre pour élmininer certains déchets à la source en ne les créant pas
    • la consultation de panels de citoyens afin de mieux comprendre les comportements de la population vis-à-vis des déchets
  • continuer d’investir dans la production d’énergie à partir des déchets tout en essayant de les revendre à bon prix directement aux partenaires du BEP Environnement

Le débat est ouvert. Si vous avez d’autres propositions à nous faire partager, n’hésitez pas, même (et surtout) si elles sont novatrices.

Mon expérience militante

Le billet d’aujourd’hui va un peu parler de moi et inaugurer la rubrique « bio(graphie) ». Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas fan de cet exercice mais je sais aussi que certains d’entre vous ne me connaissent pas ou peu et sont désireux que je me dévoile quelques peu à travers quelques sujets personnels.

Je vais commencer par la genèse de mon engagement politique. Quand j’ai commencé mes études secondaires (à moins que ce ne soit la fin de mes études primaires ?), la France réalisait des essais nucléaires dans le Pacifique (Mururoa). Sans savoir dire pourquoi, cela me touchait beaucoup car j’avais, déjà à l’époque, une fibre environnementaliste forte. Personne n’est précisément Ecolo dans la famille mais j’ai connu un père qui jardinait beaucoup, peut-être cela m’a-t-il conduit à m’intéresser à la nature ? On ne fera pas ma psychanalyse ici 😉

Ce qui est sur, c’est que cela a, à l’époque, ouvert une petite fenêtre sur l’importance du rôle à jouer par la politique pour sauvegarder la nature ou en tout cas le mauvais rôle qu’elle pouvait jouer si on n’y prenait pas garde.

Quelques années plus tard, en 1999, ce sont de grandes élections (européennes, chambre, sénat, Wallonie et Communauté française). Moi, alors encore écolier faisant le trajet à pied de la maison à l’école, je ne peux manquer d’être confronté aux militants des différents partis qui tentent de convaincre chaque passant de voter pour leur parti. Cela éveillera ma curiosité et me poussera même à suivre des débats à la télévision ou à la radio. Je lis également les tracts et reçoit le programme de différents partis.

Bien sur, ma fibre environnementale me poussait naturellement vers Ecolo mais le discours éthique et de bonne gestion a toute son importance également à une époque où le monde politique n’avait pas encore évolué autant qu’aujourd’hui (ce qui ne veut pas dire qu’aujourd’hui tout est parfait loin de là). Sur l’aspect démocratie interne notamment, Ecolo parait être le seul parti à ne pas être resté dans un fonctionnement moyenâgeux et il faut bien avouer que devoir faire allégeance à des cadres de parti ne va pas du tout avec ma personnalité.

Les discours de Isabelle Durant ou encore surtout de Jacky Morael finiront de me convaincre et je deviendrai cette année là sympathisant. A quatorze ans, ce qui est très jeune. Avec le recul, j’ai encore souvent du mal à y croire. Pendant les années qui suivront, mon implication se limitera à recevoir et lire les différentes publications du mouvement et à lire le journal que mes parents reçoivent à la maison. Puis à débattre de tout ça dans une famille pas nécessairement favorable au parti, ce qui sera toujours un enrichissement.

En 2003, j’atterris à Namur pour mes études en Gestion des Ressources Humaines. Quelques mois auparavant, Ecolo a reçu la plus grosse raclée de son histoire. Je la perçois comme injuste (d’un point de vue du bilan) mais comprend que l’écologie politique est en danger réel face aux autres partis qui ont peut-être bien décidé d’avoir sa peau. Des élections ont lieu l’année suivante et je suis directement mis dans le bain comme militant. Je ne serai pas candidat mais le « Ecolo de l’époque » n’hésitait pas à intégrer toutes les bonnes volontés et je participe (passivement) au bureau de campagne et (activement) aux différentes actions.

La campagne est très difficile et les gens peuvent être assez violents dans leurs paroles. Ecolo est un parti qui inspire alors une haine profonde chez une partie de la population. D’une nature optimiste et toujours persuadé de l’importance de mon parti pour l’avenir du pays, je reste positif et croit encore que nos idées triompheront. Je serai donc très déçu quand les premiers résultats tomberont en mai 2004. La fin de soirée ne sera pas meilleure. Notre tête de liste, Gérard Lambert, n’est pas élue et cela s’est joué à quelques voix près. Je retirerai un goût amer de la violence de cette campagne et du résultat final.

Dans le même temps, je prends des responsabilités dans le mouvement étudiant et met, fort logiquement, en veilleuse mon activité au sein du parti ; ne considérant pas les deux comme compatibles. Je ne serai d’ailleurs pas candidat aux élections communales de 2006. Vice-président du Conseil étudiant, Vice-président puis président de la FEF (le premier namurois), j’ai acquis une expérience militante très précieuse et enrichissante (je précise pour les grognons que la FEF d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et ne sera probablement pas celle de demain, je n’attends donc pas d’être jugé sur autre chose que les actes relatifs à mon mandat). J’y rencontrerai notamment des hommes et des femmes doués et intelligents avec qui ce fut un réel plaisir de travailler.

Pour l’anecdote, il faut savoir que le premier permanent de l’époque avait écrit un papier qui vexa le Cabinet de la Ministre de l’époque et dans lequel il évoquait que celle-ci ne marquerait pas la législature par son empreinte législative (ou quelque chose approchant). Par défi, son cabinet s’enquit donc de revoir presque tous les décrets et arrêtés ayant trait à l’enseignement supérieur. Ce ne fut pas une mauvaise chose et donna l’occasion de travailler et négocier sur une étendue relativement vaste.

Après la FEF, j’ai commencé, lentement, à reprendre mon militantisme politique en passant par l’organisation de jeunesse écolo j et son antenne namuroise. Quelques années auparavant, j’avais assisté à sa création avant de la déserter. Y revenir me donna l’occasion d’y assumer la coordination du groupe à deux reprises (je termine la deuxième période et je ne me représente pas car j’estime qu’il est important qu’il y ait du renouvellement).

D’un point de vue professionnel, je me suis investi depuis quelques années comme militant CSC au sein de mon organisation.

Avant d’arriver à la conclusion du présent article, je voulais quand même encore évoquer deux petites expériences de mon passé. La première fut la volonté de créer une petite association étudiante dans mon école, projet que je ne mena pas jusqu’au bout, mais qui resta en moi comme quelque chose à promouvoir plus tard.

La deuxième fut ma participation à un Conseil Provincial des Jeunes, celui du Brabant-Wallon (CPJ). Ce fut ma première participation à des élections « officielles » et m’obligea à m’intéresser à la structure provinciale pour la première fois. Ce fut plutôt positif et j’en garda, encore une fois, le désir de promouvoir ce projet en atterrissant à Namur.

Enfin, en 2012, j’ai été candidat à la Province pour Ecolo; numéro 6 sur le canton Namur Assesse. Ce furent les premières élections auxquelles je me suis présenté et ce fut évidemment un grand défi. J’étais candidat avant tout pour vous convaincre de la nécessité du projet écologique. Vous pouvez voir le résultat ici.

Aujourd’hui, juste après ces élections, j’ai décidé de faire une pause dans mon engagement militant chez Ecolo. J’ai fait le tour et d’autres raisons que je n’expliquerai pas ici sont à la base de cette décision. Après autant d’années passées à militer ou à être sympathisant, c’est évidemment un grand changement, presqu’un deuil, mais je ne le regrette absolument pas. Ce genre de rupture est nécessaire pour avancer dans la vie et poursuivre un même but: amour du débat et de la démocratie, honnêteté intellectuelle et sentiment d’utilité à travers la défense d’une cause qui en vaut la peine. L’outil pour faire cela a de l’importance (la forme compte aussi) et ce ne sont pas les causes qui manquent et qui pourraient bénéficier de mon investissement.

Cette décision est le fruit d’une réflexion qui couvait déjà depuis un certain temps et n’est certainement pas un hasard. Je savais que mon engagement électoral pourrait être une fin intéressante pour ne pas arrêter sur rien et donner un dernier coup pour le parti dans lequel j’ai si longuement milité. Je reste membre, mais il y a une différence entre être membre, apporter son soutien et sa réflexion sporadiquement et militer activement, ce que j’ai fait (beaucoup d’heures ou de centaines – milliers ? – d’heures même si je ne les compte pas) mais que j’arrête actuellement.

Il ne me reste donc plus qu’à profiter de cette pause d’abord pour retrouver ma famille un peu plus, la maison et finir mes études en cours du soir. Ensuite, peut-être plus vite que je ne le pense, je retrouverai d’autres engagements et sans doute même du plaisir dans ma militance. Je vous tiendrai informés via ce blog.

Je reste encore actif, toutefois, dans écolo j Namur mais je considère cette activité comme différente de celle qu’on peut avoir dans un parti. Ca reste une organisation de jeunesse politique avec des moyens et des buts très différents d’un vrai parti. Et le temps que j’y consacre depuis quelques mois était déjà fortement réduit.

Médias sociaux, internet et le BEP Environnement

Le monde évolue, les citoyens avec mais pas toujours les organisations (publiques ou non). Ou en tout cas souvent avec retard.

Vous souvenez-vous des fortes neiges qui ont eu lieu il y a deux et trois ans ? A ce moment là, l’information manquait. Il aurait été pourtant si simple d’avoir un compte Twitter, une page Facebook ou de mettre à jour le site internet. Ou de prévoir une newsletter ciblée en fonction des communes. Rien de tout cela pour le moment. Je ne sais pas s’il existe une cellule de crise mais je trouve que pour le peu d’argent que ça coûterait et pour les services que cela rendrait, il est temps pour le BEP de s’investir au sein des médias sociaux et de le faire bien.

Toute information utile (changement du jour de collecte, grève, fermeture exceptionnelle d’un parc à conteneur, etc) doit pouvoir être mise en ligne à travers ces médias et atteindre les citoyens au plus vite et au plus facile.

Des PASS pour favoriser la culture dans la province de Namur ?

16Nam. C’est le nom de l’initiative lancée par la Ville de Namur offrant un « passeport » avec un accès facilité à divers lieu culturels l’année de leurs seize ans (plus d’infos ici). L’idée est séduisante, elle offre une certaine visibilité à divers lieux culturels parfois méconnus et peut permettre une certaine « prise de risque » pour celui qui reçoit le « pass ». Tout le monde en sort gagnant, la culture (au sens large) comme la jeunesse.

En s’associant à un tel projet, la Province pourrait l’étendre à d’autres villes. Elle pourrait également l’étendre à d’autres âges. Si l’idée « jeunes » est une bonne idée au départ, il y a d’autres moments de la vie qui mériteraient de recevoir un pass. Des moments où la maturité s’éveille, les besoins évoluent et où l’on pourrait également donner l’envie de la découverte. C’est aussi le rôle du service public que d’encourager la diffusion de la culture (toujours au sens le plus large) vers des publics qui n’y sont pas nécessairement initiés.

Bien sur, il n’y a rien ici de « budgété » mais nous soutenons que la faisabilité provinciale d’un tel projet doit pouvoir être étudiée aussi bien pour l’extension du 16Nam que pour la création d’un tel passeport pour les 25, 40 et 65 ans. « Provincialiser » le projet présenterait d’ailleurs un grand avantage: celui de permettre une ouverture au-delà de sa seule commune en incitant à découvrir ce qui n’est pas forcément à côté de chez soi.

Tout en restant dans l’idée d’un carnet que chaque personne reçoit chez soi avec la liste des institutions participantes, d’une manière plus originale, nous défendons également l’idée de la création d’une monnaie locale (pour en savoir plus voir sur Wikipédia et Etopia, cela figure dans le programme général d’Ecolo page 3). Plutôt que de recevoir des bons en pourcentage ou des entrées gratuites en fonction du lieu, la personne recevrait plutôt des « billets » de la monnaie locale qu’on pourrait appeler temporairement des « MNL » pour Monnaie Namuroise Locale (1 MNL = 1 EUR). On aurait pu, pour l’humour, également appeler ça temporairement des CUL (abréviation de Culture) mais nous nous en sommes finalement abstenu.

Simple d’utilisation, le système offrirait une plus grande flexibilité et pourrait être utilisé de manière plus large qu’actuellement pour le Pass 16Nam déjà en vigueur à la Ville de Namur. Une bourse d’échange pourrait se mettre en place dans laquelle certains pourraient proposer des petits services en échange de MNL. Actuellement, les bons non utilisés ont toutes les chances de ne jamais être valorisés; alors que, dans le cas envisagé, en plus d’accroître le flux de visiteurs, le lien social serait renforcé, de même que les petits services offerts entre citoyens. Les entreprises pourraient également les offrir à leurs clients ou à leurs employés (avec exonération). Et, le plus merveilleux dans tout ça, c’est que cela profiterait exclusivement à des structures locales puisque seules celles-ci accepteraient cette monnaie.

Bien sur, ça demande une taille critique mais je crois celle-ci plus facilement atteignable à travers la Province qu’à travers n’importe quelle commune namuroise. Et le choix d’une échelle plus large ne garantirait pas que la monnaie locale ne serait pas utilisée dans d’autres provinces, ce qui n’est pas le but.

Pour la Province, il ne resterait plus qu’à échanger contre de vrais euros les recettes en fausse monnaie. Au passage, on remarquera que, du coup, les caisses sont également mieux sécurisées puisqu’une partie d’un éventuel vol ne serait pas valorisable.

A tout cela, on pourrait nous objecter (avec raison) que le passage en « monnaie locale » va du coup fortement déforcer l’objectif de diversification de la « consommation » culturelle et qu’elle sera utilisée pour les biens les plus populaires. Cette objection ne nous parait pas absurde. Lors de la réalisation du projet, voire du test ou de l’évaluation, il faudra donc étudier si cet effet pervers se produit. Une possibilité réaliste d’y remédier serait de prévoir des billets avec une couleur différente qui ne seraient échangeables qu’auprès des opérateurs exerçant un art moins « populaire ».

Au départ de deux idées différentes  qu’elle associerait- un pass culture et la création d’une monnaie locale – la Province pourrait soutenir et développer la culture d’une manière intelligente. Alors bien sur, si cela devait être mis en place, il faudra ensuite l’évaluer. Car ça peut aussi échouer mais le risque pris n’est pas très grand par rapport au bénéfice attendu donc nous pensons que cela en vaut la peine.

Si ce projet un peu novateur et original vous pose question, n’hésitez pas à donner votre avis !

Conseils d’Administration des intercommunales

La Province de Namur est active dans des intercommunales et peut donc influer sur leur gestion de manière positive. À Namur, j’ai recensé six intercommunales importantes dans lesquelles l’institution provinciale possède une capacité d’influence : l’INASEP, le BEP, le BEP Expansion Economique, le BEP Environnement, le BEP Crématorium et IDEFIN.

Lors de l’écriture d’un précédent article ayant trait à l’Inasep, la taille de son Conseil nous a donné l’envie de pousser l’investigation plus loin. Pour chaque intercommunale, nous avons donc noté le nombre de membres du Conseil d’Administration, la fréquence des réunions (pour 2011) et le montant du jeton de présence.

Nous avons complété le tableau ci-dessous avec le résultat de nos recherches :

//Nom //Montant du jeton //Fréquence des réunions //Taille
Inasep inconnu inconnu 35
BEP Holding faitier inconnu 5 32
BEP Environnement inconnu 5 25
BEP Crématorium inconnu 3 19
BEP Expansion Economique inconnu 4 33
IDEFIN inconnu 5 32
Moyenne 4,4 réunions 29,33 membres

Concernant le montant des jetons de présence, c’est pareil chez tout le monde, aucune publicité n’en est faites ni sur le site internet, ni dans les rapports d’activité. S’agissant de gestion publique, il serait appréciable que cette information soit mieux connue à l’avenir. En ne la diffusant pas, ces intercommunales entretiennent, certainement involontairement, la suspicion et donnent l’impression que cette information est cachée car « pas diffusable ».

D’autant plus quand on a en tête l‘interview d’Anne Humblet réalisée par Sud Presse. Où on pouvait retrouver les paroles suivantes:

« Vous parliez aussi d’abus de la part de politiciens?
Certains sont spécialistes pour cumuler les mandats en province de Namur. Après les élections, ils se jettent sur les mandats dans des intercommunales qui rapportent, comme le BEP. Et après, ils viennent se vanter de gagner 15.000 euros par mois. Ca me dégoûte. Je pourrais le faire aussi ça mais j’aurais l’impression de voler l’argent du contribuable. ” (nda: ces paroles sont retranscrites ici sans que nous n’en endossions la responsabilité pour autant, manquant d’informations pour les vérifier)

Par rapport à la fréquence des réunions, la moyenne de 4,4 (avec la réserve que le chiffre n’a pas été trouvé pour l’INASEP) n’indique même pas une réunion tous les deux mois. Le maximum est d’ailleurs de cinq pour cette année 2011. La charge d’administrateur, en temps de présence en réunion, est moins élevée que ce à quoi je m’attendais mais peut-être est-ce dû aux nombreux cumuls auxquels font face certains membres des CA (un aménagement qui leur permettrait d’assister quand même à toutes les réunions). Cela peut également être dû à une activité ne nécessitant pas de réunions plus fréquentes, nous ne serons donc pas mauvaise langue.

Enfin, le nombre de membres des Conseils d’Administration est pléthorique avec une moyenne de 29,33 membres (plus bas : 19 -quand même- ; maximum : 35).

Pourquoi n’est-ce pas « idéal » ? Voici quelques arguments pour appuyer une réduction de la taille de ceux-ci :

  • avez-vous déjà fait une réunion à 29 (moyenne) ? Cela ne laisse que peu de temps à chacun pour s’exprimer
  • chacun des membres des CA touche des jetons de présence (montant inconnu) et il est possible de faire fonctionner un CA avec (beaucoup) moins de personnes. Sachant donc que diminuer le nombre d’administrateurs ne fera pas diminuer l’efficacité (au contraire) et permettra dans le même temps des économies, ce serait alors simplement un geste de bonne gestion
  • plus on est nombreux à partager une responsabilité et moins cette responsabilité est ressentie dans le chef de chacun. Plus le Conseil sera nombreux et plus l’implication de ses membres risque de diminuer au profit de ceux qui sont déjà impliqués dans la gestion quotidienne et à qui on fera « confiance ». Cette augmentation de pouvoir de l’opérationnel est dangereuse car le rôle du CA est aussi de contrôler et encadrer ceux-ci en étant garant de l’intérêt des actionnaires. Cela ne permettra donc pas au Conseil de jouer pleinement son rôle.

En bref, sur la fréquence des réunions, je ne me prononce pas, n’étant pas membre d’un de ces CA mais sur la transparence des politiques de rémunération des administrateurs et sur la taille des différents Conseils, il y a aujourd’hui clairement des possibilités d’amélioration.

Chance, une des priorités d’Ecolo pour ces élections est d’améliorer la gestion de la Province et ça pourrait passer par ce genre de mesures très concrètes. Il ne faudra pas l’oublier en octobre car sans vous, ce ne sera pas possible.

Gestion de l’eau et transparence

« Raindrops on water » by Leon Brooks

L’eau est un bien extrêmement précieux, je ne pense pas qu’il faille insister là dessus. Indispensable à la vie sur Terre, l’eau douce est aussi une ressource qui est rare et fragile. Je me suis donc interrogé sur ce qui était fait dans ce domaine.

A Namur, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’action provinciale passe principalement par le soutien à une intercommunale. Dans le cas présent, il s’agit de l’INASEP (http://www.inasep.be/).

Avec toutes les réserves d’usage, la lecture du rapport d’activité donne une très bonne impression sur la gestion de la structure. Elle semble même excellente. Il y a d’ailleurs une gestion environnementale très volontariste lisible à la lecture du rapport éponyme. On pourrait s’arrêter là et dire « bravo » car les chiffres sont bons.

Je considère cependant qu’il y a quand même deux possibilités nettes d’amélioration.

En premier lieu, le Conseil d’Administration est composé de 35 membres. Ce nombre parait exagérément élevé et il faudrait le réduire non seulement pour diminuer les dépenses en jetons de présence (même si je ne connais pas le montant en jeu) mais également pour une question évidente d’efficacité et d’exercice sain du pouvoir. On en reparlera dans un autre article.

En deuxième lieu, comme vous le savez peut-être, je suis très intéressé par ce qui concerne la transparence des données publiques (qu’on pourrait résumer grossièrement par « open data »). Je ne suis d’ailleurs pas le seul car il existe des législations et convention qui organise cette transparence « active » (d’initiative) et « passive » (sur demande).

Quand il s’agit d’informations environnementales, il existe une législation qui non seulement garantit le droit d’accès mais encourage carrément la diffusion « active » (d’initiative) par les organismes publics qui les détiennent. Les analyses de l’eau sont bien des informations environnementales telles que visées par la Convention d’Aarhus et les législations qui l’applique.

Donc, les analyses d’eau effectuées par l’Inasep devraient pouvoir être consultables facilement par n’importe quel citoyen et celui-ci devrait même pouvoir exporter les données pour en faire des statistiques. Ce n’est pas encore le cas.

A mon sens, ce n’est d’ailleurs évidemment pas qu’une question d’application de la loi pour la loi (que chacun interprétera d’ailleurs à sa façon) mais aussi et surtout de l’exercice possible de la vigilance citoyenne, du travail journalistique, de facilitation de la recherche scientifique ou encore d’accessibilité pour chaque citoyen aux données qui le concerne et qui concerne sa santé et celle de ses proches. En fait, si c’est un droit, ce n’est précisément pas par hasard.

Que l’on se place du côté du strict respect de la législation ou du côté d’un droit du citoyen à la transparence sur les données qui peuvent le concerner, on a deux bonnes raisons qui se suffisent à elles-même. Je pense donc qu’il est clair que ces informations devraient à l’avenir être rendues disponibles sur un site internet. Cela n’est techniquement pas compliqué pas plus que coûteux alors espérons que 2012 amène cette amélioration.

Les commentaires seront, comme toujours ici, libres. Si certains veulent que je donne les références sur lesquelles je m’appuie pour fonder mon avis sur le caractère « légal », ils peuvent le faire dans les commentaires et nous y ferons le débat mais je ne voulais pas alourdir le billet par des considérations juridiques.