Arlington Road, film de Mark Pellington

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film juste avant de commencer à écrire l’article (en VO sous titré français).arlington-road

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Ceci est une critique rapide : je n’ai pas trop d’inspiration ni de temps pour faire plus. J’irai donc directement dans le vif des sujets sans trop de préliminaires.

Suspense

Pour que ce genre de film marche, il faut qu’il y ait un minimum de suspense.

On se doute très vite que son voisin est suspect. Les indices sont très flagrants: le plan, la lettre, les jeux des enfants puis encore les paroles anti gouvernement lors du diner.

On comprend assez vite également qu’il y aura un attentat ou une tentative d’attentat (déjà, le film est un peu bourrin, on en parle dés le début et on se doute que ce n’est pas un hasard, surtout que la femme du héros n’est pas précisément morte dans un attentat, ça attire encore plus l’attention).

Toutefois, hormis cela, le déroulement de l’histoire laisse quand même la place à pas mal de suspense et de tension. Cette partie-là du film n’est pas mauvaise. Jusqu’au bout, on peut se demander ce qui arrivera finalement.

Le plan final

C’est le plus gros ratage du film. Tarabiscoté, pas crédible, presque ridicule, le plan tel qu’appliqué ne tient pas la route. Pour moi, cela suffit à ce que le film ne puisse être considéré comme « bon » car c’est trop important pour que ça puisse être bâclé.

D’abord les quelques explosifs stockés dans son coffre n’auraient jamais du provoquer une telle explosion, surtout à partir d’un parking souterrain. Il aurait fallu une camionnette bourrée à craquer. D’où l’idée de la camionnette, d’ailleurs.

Ensuite, pourquoi se faire chier à trouver un plan pour faire pénétrer une voiture de force dans les parkings souterrains alors qu’une explosion depuis la rue peut déjà être terriblement efficace et est nettement plus simple et beaucoup moins aléatoire à mettre en place.

Pour que leur plan marche, il fallait que (dans un ordre pas entièrement chronologique) :

  1. le héros loue une voiture
  2. qu’il surveille les entrepôts au bon moment
  3. qu’il voie que la camionnette est remplie d’explosifs
  4. qu’il la suive
  5. qu’il voit soudainement que son fils est dedans
  6. qu’il panique et la suive à toutes vitesses
  7. pour se retrouver devant une autre camionnette ressemblante
  8. juste au moment où elle pénètre
  9. et qu’il force le passage sécurisé (de justesse !!! car herse, barrière etc …)
  10. que le FBI n’empêche pas la camionnette de rentrer
  11. que son ami du FBI ne fasse pas fouiller ni évacuer le bâtiment
  12. que lui même ne fasse pas une alerte à la bombe pour faire évacuer le bâtiment
  13. ni qu’il ne dise pas tout au FBI quand il en a l’occasion (il a une preuve !!! et il ne la dit pas)
  14. qu’au moment ou plutôt dans la journée il suivait la camionnette, son voisin lui barre la route sans trop pêter sa voiture
  15. que pendant la bagarre, les terroristes ait le temps de mettre les bombes dans son coffre sans qu’il ne remarque rien !
  16. last but not least, tout ce plan impliquait forcément que le voisin allait être démasqué par le héros (alors que sans les feux d’artifice, ils ne se connaissaient pas) … etc … et ne me dites pas le contraire, on improvise pas une attaque terroriste surtout s’il s’agit de remplacer un plan simple par un plan compliqué

J’arrête là. Je ne vais pas non plus mentionner que les conversations au talkie walkie semblent ne pas aller dans le sens du plan comme on le voit.

C’est beaucoup, beaucoup trop compliqué et aléatoire. C’est sur, ça en jette plein les mirettes. On se dit que, comme le héros, on s’est fait avoir et que donc c’est trop bon. Mais non, la vérité, c’est que les meilleurs plans sont les plus simples et ne dépendent en tout cas jamais du hasard. Et ici, c’est carrément très mauvais.

arlington-road-1999-03-g

La bureaucratie

Bien que le film semble, heureusement, anti terroriste, il apporte aussi quand même un fort message anti état en critiquant fort son incompétence voir en justifiant carrément les raisons que les terroristes ont pour agir. Bien sur, le méchant est montré comme un psychopathe et ses méthodes sont décriées (notamment le fait qu’il tue des enfants) mais ça n’empêche que le film garde une certaine bienveillance envers ses actions (son père ruiné, la femme du héros tuée à cause de mauvais fichiers, les enquêtes mal menées).

Les terroristes sont d’ailleurs montrés comme étant beaucoup plus efficaces que les anti terroristes.

Je ne sais pas si c’est voulu mais c’est intéressant.

Relations entre le voisin et le fils du héros

Le voisin se mets presque à nier son propre fils et joue excessivement avec le fils du héros. Pourquoi ? J’ai trouvé que ça ajoutait au climat de tension, certes, mais que ça n’avait pas forcément trop de logique ni d’intérêt.

Tout ce que vous direz …

Quoi qu’il vous arrive, on trouvera toujours des éléments de votre vie ou des mots que vous avez dit pour pouvoir vous incriminer. C’est un des messages du film, notamment quand on interroge ses étudiants.

Complot des enquêtes mal menées

Autre message: le gouvernement ne fait pas bien son boulot et il n’y a jamais de terroristes esseulés mais presque toujours des énormes organisations terroristes très bien organisées. Waipe, c’est un peu limite quand même. A croire qu’il faut forcément qu’il y ait toujours des énormes complot en Amérique.

Votre voisin

Ne faites pas confiance à votre voisin, même s’il a l’air gentil ou père parfait. Vous ne savez pas qui il peut être véritablement: potentiellement un terroriste psychopathe tueur d’enfants sans scrupules. Je ne déconne pas, c’est dans l’accroche commerciale du film (« never trust your neighbour » sur la couverture de mon DVD). Le réalisateur lui-même dit que son film a pour but de nous inciter à être prudent et nous méfier. C’est quand même assez malsain, au final.

Impressions personnelles finales

L’idée était intéressante. Point de vue suspense ou prévisibilité, il y avait moyen de faire mieux mais c’est encore suffisant (certains trucs sont prévisibles). Par contre, pour la crédibilité et le réalisme du plan des ennemis, c’est zéro. Et c’est dommage parce que, hormis cela, le film était relativement moyen et s’en sortait pas trop mal. Mais avec ça, je donne moins de 10/20. En comptant également le fait que certains des messages subliminaux (gouvernement toujours mauvais, incompétence, terroristes très bien organisés, complots, se méfier de tout le monde) m’ont paru trop caricaturaux ou à charge ou malsains, je baisse même encore un peu la note.

Au final, il y avait moyen de faire beaucoup mieux, car l’idée de départ et la trame générale n’était vraiment pas mauvaise mais, dommage, c’est très mal exploité. Le film veut, comme dans ceux du même genre, faire intelligent en élaborant un plan compliqué qui doit nous surprendre mais, pour moi, c’est ça avant tout qui tue le film et qui n’aide pas à oublier les autres défauts du film (au contraire).

1287666478-arlingtonroadaff

La surprise du chef

Je viens d’apprendre que ce film a été nominé pour son … scénario. Bon, heureusement qu’il n’a pas gagné !

Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma il y a très peu de temps.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Ceci est une critique rapide : le film est surtout un divertissement dans le bon sens du terme et je n’ai pas trop d’inspiration ni de temps pour faire plus. J’irai donc directement dans le vif des sujets sans trop de préliminaires.

405662

Musiques du film

J’ai bien compris le principe : le héros a un walkman avec une seule cassette audio (approximativement 90 minutes de musique donc …) et il est coincé dans cet univers musical depuis son départ de la Terre (et il a beaucoup de piles mais n’y pensons pas).

Une première remarque est que, je trouve cela dommage, les musiques sont pour la plupart inconnues aujourd’hui (en Belgique en tout cas). C’est tout à fait normal vu que quantité de chansons sont des hits aux USA sans jamais passer l’Atlantique. Mais j’aurais trouvé ça mieux de prendre des chansons plus connues mondialement. Soit, ce n’est qu’une petite critique.

Une autre petite critique est le fait que n’importe qui deviendrait dingue à force d’écouter tout le temps la même musique. En même temps, ça peut avoir un côté rassurant et on sait que c’est ça qui le relie à sa mère et son enfance comme une sorte de cordon ombilical. Mais ça aurait pu être sympa de le voir collectionner les cassettes audio pour varier un peu son plaisir.

Hormis ces deux petites critiques, et là ça devient plus subjectif, je n’ai pas vraiment accroché à la bande son, lui trouvant parfois un rythme étrange mais surement pas entrainant. En même temps, le film lui même se veut parfois (même s’il n’évite clairement pas les clichés) également différent des autres films du genre.

L’humour dans le film

Pour cet aspect là, j’ai beaucoup plus apprécié. Bien, ce n’est certainement pas un film où on rigole tout le temps (film d’aventure avant tout) mais l’humour est quand même présent et j’ai accroché plutôt bien. Un bon point pour une production Marvel car, bien que je n’en ai pas vu beaucoup, l’humour parait plus bourrin habituellement. Et là, c’est l’autre bon point, on a un humour plus second degré or j’accroche bien plus au second qu’au premier degré.

397294

Ecriture, cohérence

Pas été déçu de ce point de vue là. J’ai eu l’impression qu’un certain soin ou un soin certain a été laissé à l’écriture du film. De nouveau, et je le répéterai encore, on est pas face à un « blockbuster » habituel, ça parait un brin (au moins) plus intelligent.

Le père de Starlord

Hypothèse toute personnelle: le père de Starlord est le grand Dieu (je ne me souviens plus du nom) qui réclamait le diamant pour satisfaire la soif de vengeance de Ronan.

Pourquoi ? Parce que c’est cliché, le héros comme fils inconnu du futur méchant. Parce que sa future « copine » précise bien qu’elle n’est pas la fille biologique de ce Dieu mais qu’elle a été adoptée (ha oui, l’inceste, ça l’aurait pas trop fait). Parce que le fait qu’ils se retrouveront tous les deux ensemble n’est quand même pas un hasard (car si elle n’est pas la fille biologique, elle est quand même la fille et ça compte dans le genre « hasard intéressant »).

Je ne serais pas surpris également que la mort de la mère Peter Quill soit liée à la « copulation » avec ce Dieu. Dans le genre, pour ajouter du « tu as tué ma mèèèreeeee ! ». Mais là, je n’espère pas, ce n’est qu’une petite hypothèse.

Le fait est, en tout cas, qu’on en parle beaucoup sur la fin et que ça va donc forcément venir sur le tapis dans la suite, c’est une certitude. Or, son père devait forcément être assez puissant pour pouvoir faire appel aux ravageurs (pas un quidam sur une planète) et on ne voit que peu de personnages puissants encore en vie et n’ayant pas affronté visuellement Quill.

Je rajouterais, mais je ne sais pas si c’est un faux souvenir, que je ne pense pas que l’on voit le visage du père présumé de Starlord durant le film. De nouveau un classique (ou un cliché ?) mais il pourrait bien lui ressembler. Mais là, je doute fortement de mes souvenirs.

Quelle suite ?

Après avoir vu le film, je suppute que dans le suivant ou un des suivants on aura probablement certains éléments parmi ceux-ci:

  • un affrontement Starlord – Dieu (hyper cliché mais la réalisation arrivera peut-être à montrer ça sous un angle intéressant)
  • la fille restante du Dieu s’est échappée et ira le rejoindre ou reprendre contact avec lui: l’occasion d’une nouvelle guerre ou bataille et le besoin de défendre à nouveau la planète des gens tellement gentils qu’ils ont une femme comme présidente
  • d’autres « diamants » existent: il s’agira de se battre pour éviter que des esprits malins les récupèrent vu que pas mal de monde a l’air de les convoiter
  • une bataille entre deux « dieux » surpuissants possédant le diamant
  • la révélation pour James Quill de qui est son père (car les ravageurs le savent eux)

Ce qui m’a le moins plu

Je ne me suis pas identifié au héros et donc j’ai regardé le film « de l’extérieur ». J’aurais apprécié m’immerger un peu plus et ressentir plus de choses et, surtout, des émotions. En vrai, je n’ai pas eu beaucoup d’empathie pour les héros ni même pour les « gentils ».

Ca ne m’a pas empêché de passer un bon moment mais c’est évidemment ce qui fait que ce film ne pourra pas être classé au plus haut dans mes films préférés, même pour un film de divertissement.

Quoi de plus dommage, en effet, que de ne ressentir aucune tension quand la bataille finale fait rage et qu’un monde pourrait être écrasé ou anéanti ? Maintenant, ça peut aussi provenir de moi qui n’était peut-être pas assez éveillé au moment de voir le film.

L’erreur Jack Sparrow

Il y a un anachronisme apparent dans le film. Starlord cite Jack Sparrow qui pourtant n’est pas encore sorti au cinéma quand il est kidnappé dans les années 80. D’après des infos lues sur le forum d’allocine, c’est seulement une erreur de la traduction française (l’erreur n’existe pas en VO ni en sous-titres).

Encore une belle raison de maudire les personnes chargées des traductions pour les films étrangers !

401826

Second degré, film qui ne se prend pas trop au sérieux

Les références aux années 80 étaient évidentes (et trop vieilles pour mon âge) mais il y a aussi un côté « je ne me prends pas trop au sérieux » qui est assez jouissif pour ce genre de films. On peut notamment penser à la scène où ils se lèvent tous. Ou à Starlord dont personne ne se souvient jamais du nom. J’espère que cette légèreté restera pour les prochains volets.

Impressions personnelles finales

Film assez divertissant.

Je pense que les préjugés négatifs que j’avais du fait d’autres sorties Marvel (souvent abondamment spoilées par l’odieux connard) ont, cette fois, servi positivement le film car il était loin des critiques qu’on peut habituellement faire sur ce genre de films.

Il avait quand même pas mal de défauts (musique, le rythme un peu étrange de certaines scènes du début, absence d’identification et de tensions) mais c’est rattrapé par l’écriture pas mauvaise, les moments d’humour et le spectacle visuel. Les petites énigmes et indices sur la suite ont aussi éveillé mon attention et ma curiosité. L’aspect « qui ne se prend pas au sérieux tout le temps » est évidemment fort apprécié.

En quelques mots, c’est moyen mais ce n’est pas mauvais. On passe un moment intéressant et on a envie de voir la suite.

Catacombes (As Above, So Below), film de John Eric Dowdle, critique et commentaires

« Le passé va venir vous hanter » (affiche française)
« Encore plus profond, toujours plus terrifiant » (bande annonce française)
« Your past will haunt you » (bande annonce anglaise), traduction: « VOTRE passé va venir vous hanter » (on remarquera que la traduction française trahit l’idée originale)
« As above, so below » (bande annonce anglaise) qu’on pourrait traduire par « en haut comme en bas »

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma il y a très peu de temps.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

Le film est tourné en caméra à l’épaule. Le début commence très mal d’ailleurs mais, je vous rassure, seules les premières minutes sont aussi mal tournées. Une fois qu’on quitte l’Iran, ça devient regardable sans avoir la nausée.

Il a été scénarisé par le frère du réalisateur et c’est la troisième réalisation de ce dernier. Il se passe en grande partie à Paris dans les catacombes.

Résumé

Le film raconte la quête d’une archéologue pour trouver la pierre philosophale. Cela la conduit à vivre des aventures horrifiques dans les catacombes de Paris et d’en ressortir totalement changée.

Pourquoi analyser ce film ?

J’ai lu certaines critiques le trouvant incompréhensible et, effectivement, il n’est pas toujours compréhensible si on s’arrête à un premier degré de lecture. Je voulais donc apporter un petit plus à sa compréhension en ajoutant quelques petits éléments de psychologie.

© Universal Pictures International France

© Universal Pictures International France

 

Le titre: « Catacombes » (fr), « As Above, So Below » (en)

Le titre français fait référence à l’endroit où une majeure partie de l’action se déroule rappelant ainsi que le film se passe en grande partie à huis clos. Je pense que ce choix est avant tout marketing: rappeler qu’on est en France (chauvinisme) et accentuer l’aspect horrifique du film (on ne pourra pas s’échapper facilement). Il n’est pas du tout une traduction du titre anglais, en ce sens, il le trahit forcément beaucoup.

Le titre anglais fait référence à une doctrine de l’hermétisme. A propos du titre, Cinémur dit ceci d’intéressant:

« L’Hermétisme est basé sur une recherche intérieure visant à trouver la vérité en soi – une vérité nullement communicable à quiconque ».

On verra dans la suite de l’article que le titre anglais est donc particulièrement bien choisi. Une partie des accroches commerciales le sont également particulièrement : « Votre passé viendra vous hanter » (si on respecte le sens anglais). Le film ne se fout pas de vous.

Ce film fait-il peur ?

TRES subjectivement, je l’ai trouvé assez moyen. Il fait sursauter, ça c’est sur. L’ambiance est pas mal. Mais je ne l’ai pas trouvé si horrifique que ça. Alors que la personne à côté de moi a eu beaucoup plus peur. Cependant, moi, ça m’allait très bien car je ne veux, pour le moment, plus voir de films tels The Grudge où, sorti de la salle de cinéma, vous avez encore les boules, voir difficile à vous endormir. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime bien les films souterrains: ce ne sont pas des endroits qu’on fréquente souvent.

Ce n’est en tout cas pas le genre de films qu’il faut voir si on est blasé du genre et qu’on veut avoir très peur et en tension constante.

Critiques « premier degré »

Je reprends ici des critiques sur le film comme si on le regardait sans y voir de sens caché.

Quand ?

Par qui la pierre a-t-elle été cachée ?

Si elle a été cachée par Nicolas Flamel, il est mort en 1418. Or, les catacombes ne sont créées qu’au 18ème siècle (il en est d’ailleurs beaucoup question dans le film). Toutefois, les carrières souterraines (dont les catacombes ne sont qu’une petite partie) ont commencé à exister depuis le 12ème siècle.

C’est donc tout à fait possible que la pierre philosophale ait été cachée du vivant de Nicolas Flamel.

A noter que cela met en évidence un problème du film, il confond les carrières ou galeries de Paris avec les catacombes alors que la majorité du film se passe plus dans les galeries de Paris qu’uniquement dans les catacombes.

Le côté « sombre » des catacombes n’est d’ailleurs pas vraiment exploité. J’entends par là que c’est uniquement le côté souterrain qui est utilisé, bien plus que les six millions de cadavres qui ne hantent pas vraiment les lieux.

D’ailleurs, si quelque chose hante les lieux, c’est bien antérieur aux catacombes elles-mêmes, certainement.

350917

© Universal Pictures International France

 

Enigme des planètes

Après vérification, jusqu’au 17ème siècle, on comptait effectivement 8 corps dans l’espace. Je ne sais pas si ça correspond vraiment bien à l’idée de planètes pour les gens de l’époque mais cela semble être en accord avec la solution proposée pour l’énigme. Un bon point, donc. Je voulais faire la vérification, autant la partager avec vous.

Les feux

Même si les feux peuvent s’expliquer par les phénomènes surnaturels (cela reste un film fantastique), ils devraient toutefois quand même contribuer à épuiser l’oxygène, surtout dans la salle aux trésors où l’oxygène ne se renouvèle pas. Nos héros ne connaissent toutefois pas de soucis à ce sujet (à moins que ce ne soit ce qui les fasse halluciner) à aucun moment, même dans des galeries écroulées sans accès à la sortie. Ce n’est pas une grosse critique car ce serait difficile de tenir compte de ce phénomène. Et puis, clairement, les lois de la physique sont malmenées mais c’est pour une bonne cause.

Le tag, le piano, le téléphone … jusqu’où faut-il aller pour avoir peur ?

De nombreux objets sont là pour rappeler à nos héros des souvenirs. Un tag laissé par Papillon alors qu’il n’est jamais allé dans la galerie. Un piano exactement le même que dans l’enfance de George. Le téléphone qui sonne en plein milieu d’une galerie où il n’existe aucun fil téléphonique. Téléphone où on entend le père de Scarlett. Lataupe qui réapparait après deux ans (!) bien en vie et même pas vraiment rancunier.

La plupart de ces choses devraient déjà terrifier beaucoup de gens dans la même situation et le même contexte !! Mais, pas eux. Et ils continuent toujours plus loin sans revenir en arrière. George lui-même est normalement traumatisé par les profondeurs mais on ne le remarquera quasiment jamais. Papillon et ses amies disent qu’ils ne pénètreront jamais dans la galerie murée mais y vont finalement sans trop de souci.

Chaque épisode horrifique semble d’ailleurs vite oublié. Alors qu’ils devraient presque devenir « fous » et en tout cas très angoissés, ils ne le sont pas.

Oui, c’est sans doute une des plus grosses critiques qu’on puisse faire. Elle est nécessaire pour la narration et le second degré, pour qu’on puisse aller au bout de l’épopée. Mais, il n’empêche ce n’est pas toujours très crédible ni cohérent. Comme quand notre héroïne retire la capuche sur son père pendu. Qui ferait ça ? Même dans la vie réelle. Pas beaucoup de monde. Même si elle est scientifique (donc froide ??), cela reste son père et rend la charge émotionnelle encore plus forte. Et, ici, il y a en plus l’environnement horrifique et on sait que les démons ne sont pas spécialement très gentils.

515704

© Universal Pictures International France

 

L’Iran

Notre héroïne est française et doctorante ou docteure en histoire et archéologie. Pourquoi entre-t-elle illégalement en Iran ? En disant en plus risquer la lapidation pour cet acte. Il est pourtant tout à fait possible pour des français de voyager en Iran.

Ensuite, pourquoi attend-elle la dernière minute avant l’explosion des galeries qu’elle veut explorer ? On imagine mal que cela ait été annoncé au dernier moment. Y aller au moment le plus dangereux n’est pas très crédible bien que cela donne de l’intérêt à la scène du film et un peu de suspense.

Pourquoi diable, d’ailleurs, les iraniens iraient-ils faire exploser des galeries au dessus desquelles il y a des habitations ? On imagine qu’ils prendraient au moins la précaution de faire évacuer les habitations avant et de contrôler cette évacuation.

Scarlett a une force de malade. Elle parvient à casser une stèle en quelques coups. A mon avis, le scénariste n’a jamais essayé en vrai. Ou alors, c’était fait en platre. En vrai, il aurait été plus intelligent et réaliste de casser « autour » de la stèle puis de la faire tomber.

Le voyage en Iran m’a donné d’abord l’impression de n’être qu’un prétexte pour associer George à l’aventure. Mais, après coup, je me suis dit que c’était surtout un point de départ intéressant pour entrer dans les travaux du père de Scarlett.

Se mouiller sans attraper la crève …

Je me suis posé la question de savoir comment ils arrivaient à garder leurs vêtements propres et surtout secs. Bon, comme on va fort en profondeur, il est possible qu’il fasse assez chaud et que les vêtements puissent sécher facilement après chaque plongeon sans qu’ils attrapent pour autant une pneumonie.

Survie de Lataupe

Il parait évident que Lataupe n’a pas survécu. C’est donc, comme les autres, une sorte de fantôme. Toutefois, il n’est pas méchant tant qu’on est pas passé de l’autre côté. J’ai du mal avec ce personnage. J’ai l’impression que son unique utilité est d’amener jusqu’à la pièce où il y a l’énigme. Toutefois, de mémoire, comme tous les démons, il n’est méchant et mortel que lorsque l’on commence à passer « à l’envers ». Ce pourrait donc simplement être le démon de Souxie même si ce n’est pas expliqué.

Le film

Les films « caméras à l’épaule » se veulent souvent réalistes pour faire croire que le film est issu des caméras. Toutefois, je n’ai pas souvenir qu’ils récupèrent vraiment la caméra de Benji. Et, à leur place, récupérerait-on cette caméra ?? Non, franchement, on chercherait probablement juste à survivre. Même si ça peut être cohérent de vouloir avoir une preuve de ce qui est arrivé.

Par ailleurs, le procédé peut gâcher « un peu » le film puisqu’il donne des indices sur le nombre de personnes qui survivront au final.

On ne va évidemment pas faire l’injure de comparer ce film au maitre du genre: « the descent » mais, dans ce dernier, les scénaristes avaient pensé à une raison suffisante pour continuer à garder sur soit la caméra: elle permettait de voir dans le noir sans allumer les lampes.

Critiques « second degré »

Ici, on va aller un peu plus dans le « psychologique ». Si vous n’aimez pas ce genre d’analyses plus « tirées par les cheveux », alors, je pense que vous pouvez vous arrêter ici. Toutefois, nous sommes persuadés que vous ne comprendrez jamais vraiment le film sans cette lecture car le film est d’abord à prendre au second degré. Ce qui permet d’ailleurs, selon nous, de relativiser les problèmes dont nous avons parlé plus avant.

Voyage dans l’inconscient

« Jusqu’à ce que vous preniez conscience de tout ce que vous avez d’inconscient, ce qui est inconscient contrôlera votre vie et vous l’appellerez le destin » Carl Jung

« As above, So below » a été décrit plus haut comme venant de l’hermétisme et disant que nous « devons trouver la vérité en nous ».

Ce film est un grand voyage dans l’inconscient. De ce voyage, seuls ceux qui arriveront à régler leurs problèmes intérieurs pourront en sortir vivants et changés, en paix avec eux-mêmes.

Plus ils iront profondément, iront dans des espaces qu’ils avaient condamnés et plus cela sera difficile et horrifique. La vérité de leur passé ne sera pas soutenable pour tous et certains y laisseront leur peau. Les portes qui se referment sont là pour indiquer qu’il s’agit d’un voyage dont on ne s’échappe pas. Qui est d’abord plus ou moins gentil (le coup de téléphone, le piano sont « seulement » inquiétants) mais qui va aller de pire en pire jusqu’à ce qu’enfin le voyage finisse.

Les tunnels

C’est limite « cliché » et certainement un classique. Quand un héros entre dans un puits ou un tunnel, on peut dire qu’il réalise une métaphore de l’accouchement. Dans ce cas-ci, c’est un peu plus compliqué que cela.

Toute la première partie, ils retournent en arrière dans un voyage presque psychanalytique jusqu’à la naissance. Car, beaucoup de nos traumatismes sont dans le passé voir la prime enfance, ce n’est pas une métaphore douteuse.

Dans le film, les traumatismes révélés ne sont pas si anciens MAIS un traumatisme nouveau est souvent, d’une certaine manière, un rappel de quelque chose plus ancien et inconscient. Il n’est donc jamais inutile de remonter aussi loin qu’on peut le faire.

Dans la deuxième partie, il s’agit là, réellement, de réacoucher en affrontant les problèmes et, par cette renaissance, devenir une nouvelle personne plus saine d’esprit et débarrassée de ses vieux démons.

Je trouve d’ailleurs intéressant de reprendre deux photos d’une scène où c’est assez explicite:

579671

© Universal Pictures International France

244308

© Universal Pictures International France

Dans la première photo, on voit Scarlett en position du foetus, soit la position que l’on a dans le ventre maternel dans les derniers moments.

Dans la photo qui suit et qui est dans la scène directement après, Scarlett passe par un petit trou, obligée de ramper pour « renaitre ». Or, c’est précisément au moment où les univers s’inversent. Moment que nous avons décrit comme étant celui de la … renaissance.

Métaphore d’une cure psychanalytique

Vous l’aurez compris, via les deux éléments expliqués ci avant, ce film n’est rien d’autre qu’une métaphore d’une cure psychanalytique accomplie jusqu’au bout.

Il y a même un élément supplémentaire. Dans toute cure psychanalytique, on tombe amoureux de son praticien via un transfert pour faire aboutir le processus. Or, ici, on peut se demander si ce qu’elle fait après avoir chassé son démon intérieur et, pour faire revivre George, n’est pas justement de lui offrir sa personne, son amour. C’est un peu plus nébuleux en voyant le film, mais comme ça va bien avec ma théorie plus globale, je garde pour le moment cette explication à la scène.

Scarlett et son père

Une partie de la vie de Scarlett, peut-être même avant sa mort, ont été faits pour lui et non pour elle. Pour lui plaire. Mais, malgré cela, ce dernier se suicide. Elle ne se doutait pas qu’il allait si mal. Elle s’en sentira coupable et cherchera à aller encore plus loin dans les recherches de celui-ci. Mais, en réalité, cela ne l’aide pas. Au contraire, le fantôme de son père continue à être présent.

Ce n’est que quand elle découvre que, la pierre philosophale, c’était « elle » qu’elle a accompli définitivement sa guérison et que ses démons ne lui font plus peur ou ne sont plus une menace. C’est à ce moment là qu’elle peut le prendre dans ses bras et lui parler. En fait, toute la quête de son père, la pierre philosophale, c’était sa fille ou pour sa fille. Et quand il a voulu la joindre par téléphone, elle n’a pas répondu présent, accentuant encore plus son désarroi et la culpabilité que cette dernière ressentira.

Je n’ai compris certaines choses qu’après vision du film. Mes souvenirs ne sont pas hyper précis et forcément un peu manipulés. Je suis certain qu’il y aurait moyen de dire encore plus sur l’histoire entre Scarlett et son père mais je vais m’arrêter là pour le moment et attendre éventuellement la sortie du DVD pour réouvrir le chapitre.

534768

© Universal Pictures International France

 

Le premier tunnel

Les protagonistes veulent absolument éviter le passage emmuré (l’inconscient) et décide de prendre un autre chemin qui est beaucoup plus long et évite la zone. Toutefois, ce chemin les fait aboutir directement au même endroit. Ils comprennent alors qu’ils ne pourront éviter le passage par l’inconscient. Ce dernier est tout simplement obligatoire pour réaliser la quête du film.

La prêtresse

Il n’y en a que pour Scarlett et son père. Et sa mère ? Où est elle ? Il n’y a d’ailleurs que très peu de personnages féminins si ce n’est l’héroïne. Souxie est assez inconsistante.

Mais, mais, il y a le personnage un peu mystique de la prêtresse. Elle les observe à plusieurs reprises sans pour autant jamais vraiment intervenir (dans mes souvenirs). Serait-elle la mère de Scarlett ? La pendaison, est-elle dûe à cette dernière ? Quel est son rôle ? Mauvais, bon ?

Je sens qu’il y a des sens cachés à propos de la mère. Sans doute des symboles que je n’ai pas pu repérer. Ou alors le film est volontairement muet pour montrer l’importance presqu’exclusive de la relation père-fille ? Difficile à dire.

Si, dans ma théorie, le père se suicide parce que sa fille ne le sauve pas, on peut se dire que la mère aurait alors une certaine rancune vis-à-vis de la fille, rancune rajoutée à de la jalousie qui pourrait bien préexister.

Je n’en dirai pas plus, manquant d’éléments, mais cela pourrait être à creuser.

Le tag de Papillon ?

Je pense qu’il figure là pour montrer que Papillon a lui aussi déjà pénétré dans son inconscient. Toutefois, on voit que son travail s’est arrêté très rapidement. Il n’en a laissé qu’une petite trace au début de son passage. Et, depuis, il craint cette expérience.

Ce tag pourrait également être le révélateur que ce tic qu’il a est lié à ses angoisses personnelles ou même lié à la mort dans la voiture qui finira par l’engloutir.

Le cliché du trésor …

C’est peut-être un des symboles les plus clichés. Quand ils veulent s’emparer du trésor, tout s’écroule comme pour indiquer, comme dans Aladdin, que les vrais trésors ne sont pas matériels et que le matérialisme nous éloigne de la vérité et de notre découverte intérieure.

© Universal Pictures International France

© Universal Pictures International France

 

Les choses sont comme vous voulez qu’elles soient

Bon, d’accord, ce n’est pas la phrase exacte du film (probablement). Mais c’est le sens du message. Le film nous dit que ce qui est à l’extérieur (notre vie consciente) est influencée par ce qui est à l’intérieur (notre inconscient). Donc, en apprenant à nous connaitre de l’intérieur, nous arriverons seulement alors à faire en sorte que les choses soient comme on voudrait qu’elles soient. C’est à dire qu’on récupère alors réellement notre libre arbitre et l’influence occulte de notre passé.

Cela indique également que seuls nous-même pouvons avoir de l’influence sur notre vie et qu’il faut de la volonté pour y arriver. Les choses n’arrivent pas par hasard et croire au destin c’est perdre la possibilité de changer les choses positivement.

« Une vérité nullement communicable à quiconque »

Au début, nous avions rappelé que la vérité qu’on trouvait en suivant les principes de l’hermétisme n’était pas « communicable à quiconque ». On peut faire le parrallèle dans le film avec le fait que les peurs qui sont découvertes n’effraient en réalité que celui qui l’a vécue au plus profond de lui-même. Elles ne se communiquent pas aux autres.

Comparaison avec « The Descent »

The Descent, je pense, est probablement le film d’horreur classé « numéro 1 » (ou proche) dans mon hit parade des films d’horreur.

Je comprends qu’on compare « Catacombes » à « The Descent » mais les deux films ne sont que difficilement comparables. L’un est un film presqu’absolument parfait et l’autre est un film de bonne volonté mais qui a manqué de moyen, de temps et d’ambition d’écriture.

Cela dit, c’est vrai: tous les deux font partie d’un même genre où on est confronté à l’horreur dans un endroit noir, enterré et un huis clos dont on ne trouve pas la sortie. Mais ça s’arrête là. Dans The Descent, la tension monte tout le temps, les personnages deviennent fous (et c’est logique), le premier degré se suffit à lui-même, l’écriture est parfaite et on a vraiment de l’horreur à un haut niveau (tout en évitant les pièges style « the grudge » puisque l’horreur reste confinée à un lieu et contexte précis). Et, cerise sur le gâteau, The Descent pouvait même être « réaliste ». Je veux dire par là qu’il est envisageable que tout ce qui est dedans puisse se passer sans être du « fantastique ». Ce n’est pas le cas dans « Catacombes ».

Impressions personnelles finales

Film assez moyen, mais pas inintéressant, et qui se laisse voir. Pour ma part, on aurait très bien pu retirer la « caméra à l’épaule » sans que le film n’y perde quoi que ce soit.

Il me parait impossible que le scénariste n’ait pas eu conscience de l’aspect second degré de son film. Et je trouve que cela m’aide à apprécier le film. Un peu comme si le film gardait volontairement deux degrés de lecture dont un resterait opaque pour la majorité de ceux qui le verront. Une manière de faire un film intelligent sans perdre trop de spectateurs en chemin.

Mais, pour autant, le film ne sera pas « culte » pour moi. Il manque quelque chose que « The Descent » arrive parfaitement à faire. Un scénario à deux lectures ou le premier degré est suffisamment bien écrit pour se suffire à lui même. Or, l’écriture et le scénario ne sont pas assez bons pour tenir la route dans un angle de vision moins « averti ».

© Universal Pictures International France

© Universal Pictures International France

 

Pour aller plus loin

Bande annonce en français:

Bande annonce en anglais:

Autres critiques intéressantes:

Et non, Kayvine-Edouware, tout n’est pas à toi …

Ce billet est un billet d’humeur et peut donc choquer car il caricature peut-être un peu mes pensées. Mais, j’assume et « qui se sente morveux se mouche ». Je reste de toute façon très ouvert aux commentaires, même extrêmement négatifs. Rien ne sera censuré. Donc n’hésitez pas à rétablir votre justice si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte. 🙂

Cela dit, maintenant, voici le billet …

Souvenir personnel en introduction

Je vais commencer par un petit souvenir personnel assez ancien et donc forcément pas tout à fait exact (la mémoire …). Il y a une vingtaine d’années environ, je jouais sur la plage avec plusieurs de mes frères et peut-être d’autres membres de la famille. On jouait plus précisément au ballon et une balle s’est perdue un peu plus loin. Un enfant en bas âge l’a alors pris en main.

Jusque là, rien d’anormal, c’est assez tentant et logique pour un enfant de cet âge.

Toutefois, son père qui assiste à la scène ne réagit pas et plusieurs minutes passent. Je décide donc, du haut de mon jeune âge, de me saisir du ballon (je précise, sans violence aucune, ni même remarque) pour recommencer à jouer (après tout, je ne suis pas son père mais pas non plus son babysitter).

Je me suis donc fait engueuler et par le père qui ne tolérait pas trop qu’on contrarie la toute puissance de son bambin et par mes frères. Le souvenir est lointain et imprécis mais les contours me semblent corrects.

Pourquoi en parler ? Parce qu’une scène à laquelle j’ai assisté hier m’y a fait penser, d’une part, et que cela indique également que le commentaire que je vais faire ne décrit pas nécessairement quelque chose de nouveau (pas de … « de mon temps » ou « c’était mieux avant », donc).

 Embed from Getty Images

Hier, à la plaine de jeux

Parce que je suis un « gentil » papa, il m’arrive parfois de sortir ma fille et de lui faire découvrir les joies du parc Louise-Marie et de sa pleine de jeux. Il lui arrive également d’avoir une journée dessins-animés quand il pleut comme aujourd’hui et qu’en plus j’ai beaucoup de travail à la maison. Mais ce n’est pas le sujet: juste pour dire que je ne fais pas mon malin en me faisant passer pour « parfait ».

J’étais donc là, assis sur l’herbe qui borde la plaine de jeux composée de sables fin, de toboggans et de balançoires. Florence s’amusait gentiment au loin avec le sable pour faire des « chateaux de princesses » et je l’observais régulièrement (au moins autant que mon GSM …) mais elle était sage et ne bougeait pas trop.

A quelques mètres de moi, un papi s’était installé avec deux enfants. Parti un moment pour les assister au toboggan, ses affaires de plage trainaient. Un petit enfant d’environ deux ans trouve cela intéressant et décide d’aller explorer, sa mère le suivant par derrière.

Jusque là, comme tantôt, rien d’anormal. Mais, comme tantôt, le parent oubliera un détail important: les enfants ne s’éduquent pas tous seuls. Non ! Ce rôle est dévolu aux parents ! Mais, tous le savent-ils encore ?? Parfois, je me le demande.

Elle lui dit, presque texto, « mais Kayvine-Edouware (nom d’emprunt neutre socialement), tu dois demander à qui c’est ».

Hein ?? Pardon ? « Tu » ? « demander à qui c’est ? ». Heu, non. Ce qu’il aurait fallu dire, madame, c’est « Kayvine-Edouware, ce n’est pas à toi ». Et « Kayvine-Edouware, tu viens ici et tu laisses ça tranquille, stp » puis, s’il n’obtempère pas, vous le prenez par le bras ou dans les bras et vous l’amenez ailleurs. Car, comme ça, vous lui apprendriez:

  • que les affaires qui trainent sur une plaine de jeux, même si le propriétaire n’est pas à côté, ne sont pas déposées là pour son unique bon plaisir (car c’est de son âge d’éventuellement le penser mais notre rôle d’éducateur de lui rappeler que … non)
  • que si c’était à lui, il le saurait (j’en suis à peu près sur). Il y a pas à aller interroger toute la pleine de jeu pour le savoir, ce serait « un peu » absurde.
  • qu’il est pas tout seul dans la vie, et qu’il a un parent qui est là pour lui apprendre les règles de la vie en société. En gros, qu’il n’est pas là pour « s’auto-éduquer ». Car, en plus, c’est franchement l’impression que m’a donné cette dame. Elle avait vraiment l’air de croire que la plus belle chose qu’elle puisse s’offrir à son enfant soit de le laisser s’auto-éduquer à la vie en société (mon dieu, c’est le genre de trucs qui m’énerve particulièrement, d’ailleurs j’hésitais entre hallucination et énervement en entendant sa mère parler).
  • que ce que vous dites n’est pas une option et qu’il devra s’y plier, qu’il le veuille ou non

Evidemment, l’enfant, probablement habitué à ce que sa mère parle complètement dans le vide (comment ne pas le comprendre, son éducateur n’éduque pas … il en profite logiquement pour ne pas s’éduquer) se fiche royalement (mais vraiment, hein, on eut l’impression qu’elle n’existait même pas pour lui) de « demander à qui c’est » et joue avec. Et sa mère n’intervient pas.

Vient alors l’élément qui remets un peu d’ordre, comme moi il y a vingt ans. Le papi (qui lui éduque les enfants car je l’ai vu à l’oeuvre) revient avec les deux enfants dont il a la garde. Et un des deux enfants reprend possession de son bien et fait preuve d’un peu de violence (il est très jeune) en faisant comprendre à l’intrus que, hé ho, c’est à lui et on ne convoite pas le bien d’autrui. Je pense qu’un peu de sable vole sans toucher le bambin, une sorte d’escarmouche pour indiquer le danger (lol).

La maman se fâche alors. Sur son enfant ? En reprenant ses esprits et en se rappelant qu’elle est mère et que ça implique quelques devoirs d’éducation ? Que nenni. Non, c’est sur l’autre enfant. Car ce n’est pas bien.

MAIS, pauvre CONNE, tu tiens vraiment à éduquer ton gosse le plus mal possible ?? C’est un concours ? Donc, non seulement, tu n’indiques pas à ton enfant que tout ce qui traine ne lui appartient pas. Non seulement, tu ne l’empêches pas de jouir du bien d’autrui. Mais, en plus, si quelqu’un, certes de manière un peu rude, le fait à ta place, tu l’engueules et cela devant ton enfant ! Mon dieu !! Mais tu crois qu’il a appris quoi ton enfant, là ?? Qu’il pouvait faire ce qu’il voulait des jouets des autres enfants et qu’en plus si un enfant voulait l’en empêcher, tu le défendras !! Waw.

BRAVO ! Vraiment, j’insiste. C’est BEAU. Quel courage aussi. Tu as peur de ton gosse ? Tu as peur d’éduquer ? Tu ne sais pas ce que ça veut dire ? Alors, fais pas de gosse(s). Pitié, épargne ça au reste de la société.

Le papi, car lui éduque, a aussi engueulé son enfant. Il espérait sans doute que l’autre mère fasse pareil avec le sien. Car il est vrai qu’éduquer les enfants des autres, c’est prendre des risques. Surtout avec les parents du type de ceux de « Kayvine-Edouware ». Mais, comme déjà dit, rien ne s’est passé et il n’a pas du en penser moins. Il est d’ailleurs parti de la plaine avec les enfants.

Embed from Getty Images

Conclusion

Rien de neuf là dedans, ça existait déjà il y a vingt ans. Ce sont également seulement des petites anecdotes qui ne disent rien sur la généralisation possible. Est-ce fréquent ou pas ? je n’en sais rien. Mais, ce n’est pas là où je veux en venir en mettant ces petites histoires en avant.

Non, là où je veux en venir, c’est juste de rappeler qu’être parent, c’est être éducateur. Et que si vous n’êtes pas prêt à ce que d’autres le fassent à votre place, vous ne devez pas non plus attendre que votre enfant s’auto-éduque. Encore moins si vous le confortez dans des comportements anti sociaux. Alors, tout simplement, merde, si vous décidez d’avoir des enfants, vous devez accepter TOUT le paquet qui va avec et dedans il y a votre rôle d’EDUCATEUR.

Ne l’oubliez jamais, svp (oui, je suis poli).

Ca fait longtemps que mon article « être (un bon) père » attends. Mais, avec celui-ci, j’anticipe déjà une partie de son contenu en rappelant ce qu’est être un (bon) parent.

N’hésitez pas à réagir si vous êtes ou pas d’accord.