Peut-on être ami avec un facho ?

Très court billet, pour changer.

Les polémiques sur les amitiés du nouveau secrétaire d’état à l’asile me gênent. Pas les autres polémiques (qui sont normales et même suffisantes pour l’attaquer) mais bien uniquement celle sur sa présence à l’anniversaire d’un sympathisant de la collaboration avec les nazis.

Pourquoi ?

  1. On peut être ami avec quelqu’un sans en partager les idées, l’amitié, c’est au delà de ça
  2. Ce serait un monde très triste que celui qui nous obligerait à n’avoir des amitiés qu’avec les gens qui pensent comme nous
  3. Comment faire changer les gens contaminés par des idées extrêmes si on ne peut pas développer une relation de confiance avec eux ?
  4. Ce qui est privé devrait rester privé

Si vous avez d’autres arguments ou contre-arguments, je suis ouvert.

Joëlle, la noire

De mon enfance

En maternelle, dans mon école, il n’y avait pas beaucoup d’étrangers.

Et, à ce que je me rappelle, une seule « noire ».

J’ai un terrible souvenir. Je ne sais pas en quelle année je suis, ni quel âge j’ai. Je sais juste qu’on tourne autour d’un jeu dans la cour (?) à plusieurs, qu’il y a plusieurs enfants dessus dont Joëlle et qu’on crie « Joëlle la noire ». Voir même pire: tu pues. Ou des choses comme ça. Une chose est sure, on la stigmatisait et on s’en moquait. On peut être très con quand on est un enfant. Je n’en suis pas du tout fier. Je voudrais ne pas avoir fait cela, mais on ne revient pas en arrière (ce serait trop facile).

Je n’ai pas d’autres souvenirs. Peut-être qu’elle est devenue une copine, qu’elle s’est intégrée ou qu’on l’a changé d’école. Je n’en sais rien du tout. Mais même si ce moment de persécution avait été unique, toi, petit enfant de moins de six ans, tu n’avais pas à subir cela une seule seconde.

Je ne sais pas qui tu es « Joëlle ». Ni si tu liras jamais ceci. Mais saches que j’ai un poids sur la conscience, moi qui n’aime pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse (ce que j’ai surement appris au cours de religion, même non croyant, on peut y apprendre des choses intéressantes).

Je regrette ces quelques mots, cette attitude, la manière dont je me suis comporté. Peut-être que j’ai suivi les autres mais ça n’excuserait rien.

Si tu t’appelles Joëlle (j’espère ne pas me tromper sur le prénom !) et que tu as été en maternelle à la Providence entre 86 et 90. Ou que tu ne t’appelles pas Joëlle mais que tu te reconnais. Saches que je voudrais te présenter mes plus profondes excuses pour le mal, même petit, que je t’ai fais.

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À son enfance

Aujourd’hui, ma fille va, et c’est plus ou moins un hasard, dans une école maternelle aussi multiculturelle que le quartier dans lequel elle est implantée.

Jamais, il ne lui viendrait à l’esprit de faire ça. Elle est habituée à la différence et j’en suis fier.

Sa meilleure amie l’année dernière était noire (Fatima). Et c’est encore le cas cette année (Mariam). Est-ce un hasard ? Les gens qui me connaissent savent que j’ai du mal avec le hasard dans les comportements humains.

Je ne comptes pas sur ma fille pour racheter les comportements de ma propre enfance. Évidemment. Mais je suis fier et content de voir que, parfois, l’histoire ne se répète pas.

"Hermandad - friendship" by Rufino - hermandad - friendship. Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hermandad_-_friendship.jpg#mediaviewer/File:Hermandad_-_friendship.jpg

« Hermandad – friendship » by Rufino – hermandad – friendship. Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hermandad_-_friendship.jpg#mediaviewer/File:Hermandad_-_friendship.jpg

Droit à l’oubli, s’attaquer à Google est-il la bonne idée ?

Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, l’information n’a jamais été aussi disponible qu’auparavant. Et ce n’est qu’un début. Car il y a encore pas mal de potentiel pour améliorer qualitativement et quantitativement ce à quoi on peut accéder sur internet.

Cela amène des nouvelles questions de société comme celle du « droit à l’oubli ». Quelqu’un qui apparait dans un article de presse verra ce même article apparaitre à chaque fois qu’une autre personne fera une recherche sur son nom. Il risque alors d’être condamné « à vie » pour ce qu’il a fait (ou pas fait … il arrive qu’on soit accusé puis innocenté).

Face à cela, la réaction des autorités est, aujourd’hui, d’obliger Google à censurer les résultats de recherche compromettants sur base d’une demande des personnes qui s’estiment lésées.

Une mauvaise idée … de passer par les moteurs de recherche

Je trouve que c’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons:

  • la censure ne se fait que sur les résultats de recherche de Google. Elle est donc facilement contournable, il suffit d’utiliser un ou plusieurs autres moteurs de recherche. Ce n’est pas à la portée de tout le monde ? Justement, on verra se développer des équipes payées pour envoyer les requêtes de droit à l’oubli à tous les moteurs de recherche existant (mais ce ne sera pas efficace, certains ne sont pas concernés par la législation européenne). Et on verra des équipes payées pour aller rechercher là où la censure n’aura pas encore fait œuvre.
  • chaque résultat censuré est indiqué en bas de la page de recherche. Cela incitera donc encore plus à la curiosité.
  • cela occasionne des coûts énormes à Google, coûts qui ne peuvent être investis dans l’innovation. Par ailleurs, on peut se demander quelles seront les demandes suivantes. Or, un moteur de recherche n’est pas là pour censurer le web ni pour être rendu responsable des chemins qu’il indique.
  • ça ne résout pas le problème à la base: l’article qui mets en cause la personne. Pire, ça semble l’occulter. Or, demain, il suffira qu’une URL change pour qu’un contenu censuré redevienne disponible, sans même que la personne, éventuellement, s’en rende compte. Et, de toute façon, l’article restera disponible.

Pour résumer: ça ne résout pas le problème. En effet, un recruteur aura encore les moyens de vous retrouver. Votre entourage également. Les habitudes changeront simplement (les moteurs de recherche des sites de journaux, d’autres moteurs de recherche moins connus seront utilisés). Et en plus, ça demandera une vigilance de tous les instants (cas des URL qui changent ou d’un contenu qui est copié-collé ailleurs). Seul aspect « positif »: ça crée de l’emploi.

Une meilleure idée de résoudre le problème à la source

En fait, la solution que je préconise pour le droit à l’oubli est la suivante: anonymiser (via initiales, noms et prénoms d’emprunt) les dossiers judiciaires. Ainsi, quand quelqu’un est entendu pour une affaire judiciaire, la justice communiquera avec un faux nom pour les affaires de moindre importance. Et pour les autres affaires, on pourrait demander aux journaux d’eux même éviter de mettre en avant les identités.

Autre alternative: obliger une anonymisation automatique des articles après un délai raisonnable (quelques années).

Mais, en tous les cas, ne pas s’attaquer aux moteurs de recherches mais plutôt au contenu qu’ils indexent. C’est à mon sens là qu’il faut trouver des idées. J’en ait énoncé deux mais vous en avez peut-être d’autres.

Et permettre des redémarrages dans la vie

Quand on a commit des actes qui nous poursuivent longtemps après, cela peut nous enfermer. Peut-être que, parfois, la société devrait aussi nous permettre de redémarrer et d’avoir une nouvelle chance dés le moment où on a payé pour ce qu’on a fait. Cela peut alors passer par un nouveau nom et une nouvelle identité. Qu’il serait pénalement interdit de divulguer (sinon ça n’a pas d’intérêt). A réfléchir également. Et à n’accorder qu’aux personnes qui ne sont pas sociopathes ou psychopathes.

The Edukators (Die fetten Jahre sind vorbei), film de Hans Weingartner, critique et commentaires

« One day, you want a car that doesn’t break down and some other conveniences. Then you have children and want security for them. Then one day, to your surprise, you find yourself voting conservative. » (Hardenberg dans le film)

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film plusieurs fois et la dernière fois il y a plusieurs mois. J’ai pris quelques notes lors la dernière vision et me base sur celles-ci. Vos commentaires relèveront donc peut-être certaines erreurs et je corrigerai si besoin selon vos feedbacks.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

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Petites précisions sur le film

Le film est tourné en caméra numérique à l’épaule. Mais ça ne pose pas de souci et, pour une fois, je trouve qu’il y a une vraie plus value artistique, cela va bien avec l’ambiance du film.

Le film a été nommé pour la palme d’or de Cannes en 2004.

Résumé

Le film raconte l’aventure de trois jeunes anti capitalistes qui dérapent et se retrouvent confrontés à une situation qu’ils n’avaient pas prévue et qui ne sera pas toujours facile à gérer. Ce sera aussi l’occasion de confronter leurs idées et d’avoir un débat avec celui qui fait partie du clan qu’ils ont appris à aimer détester mais qui se révèle sans doute plus humain qu’ils ne le voudraient.

Pourquoi analyser ce film ?

J’ai aimé les aventures que vivent ces trois jeunes: aventure amoureuse et aventure politique. C’est un film intéressant et que je recommande sans être non plus un chef d’oeuvre (la fin m’a un peu déçu même si elle n’est pas forcément mauvaise).

Le titre: « The Edukators » (fr), « Die fetten Jahre sind vorbei » (de)

Le titre « français » fait référence à la signature que se donne le groupe à chacune de ses actions.

Le titre allemand veut dire « les années grasses sont révolues » et fait donc référence à la crise que nous traversons. Sur Atmosphères53, on voit le titre comme un avertissement que donnent les éducateurs aux patrons dont ils violent l’intimité. Les deux explications peuvent se tenir, ce qui est encore plus intéressant.

Aucun des deux titres ne me parait mauvais: en français, on mets l’accent sur l’action, en allemand, on mets l’accent sur les raisons et cette génération perdue qui ne connait que la crise et ne s’en sort plus.

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Critiques sur divers thèmes

Deux générations qui s’affrontent

Notre prisonnier a vécu des choses similaires mais, comme le dit le titre, les vaches grasses sont révolues. Autrement dit, ce n’est pas du tout pareil d’être révolutionnaire aujourd’hui qu’hier.

Pourtant, le film laisse planer le doute sur le futur de nos rebelles. Suivront-ils le même chemin ? On pourrait croire que non car le film finit en disant que les « hommes ne changent pas ».

Mais, c’est ce même film qui nous rappelle aussi que cet homme qui est devenu un « bourgeois honni » était encore plus révolutionnaire qu’eux à leur époque. Je pense donc que le film entretient en réalité le flou. Ou plutôt qu’il peut donner l’impression qu’on devient conservateur en vieillissant et qu’un retour en arrière n’est alors plus possible.

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Sexe, amour

Hardenberg est très intelligent et comprend vite beaucoup de choses. Il en profite pour essayer de mettre un peu la zizanie chez ses geôliers en évoquant les relations cachées.

Il y a un ménage à trois avec un cocu qui s’ignore. Mais les choses se passent sans être voulues. C’est là une différence avec la génération de Hardenberg qui semblait agir avec moins de « morale » pour les freiner ou culpabiliser. Je veux dire par là que ces jeunes là sont moins libertins que la génération qui les a précédé. Mais c’est peut-être aussi ça qui mets plus en danger leur couple car, pour expliquer les écarts sexuels, ils se créent sans doute une histoire d’amour qui permettra de dire que ce n’était pas « juste du sexe ».

Cela dit, le contexte du passage à l’acte avec l’amant est très particulier aussi. Il est connu qu’en situation de risque ou de danger, on tombe plus facilement amoureux et que le désir monte. Ca aurait pu être seulement un « accident » occasionnel. Mais ils récidivent et les sentiments montent.

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Motivation, idéalisme

Nos trois jeunes larrons sont tous les trois des activistes engagés. Aucun doute là dessus, le film le montre. Et ils sont politiquement instruits, ils savent de quoi ils parlent et même plutôt bien (même si c’est parfois cliché, mais c’est nécessaire pour avoir l’opposition avec Hardenberg qui est devenu très cynique).

Pourtant, si on regarde de plus près, les motivations des actes qui amènent cet engrenage sont-elles si politiques et engagées que cela ?

Personnellement, je trouve que le film ne montre, de ce point de vue là, qu’un seul « vrai » idéaliste: Jan.

C’est une rancœur personnelle qui amène Jule à « forcer » Peter à y aller sans préparation cette nuit là. Elle veut se venger de l’homme qui l’a ruiné et non faire œuvre de « pédagogie ». Et Peter est lui désireux de plaire et la suit sans savoir dire non. C’est d’ailleurs lui qui lui dévoile, dans le même but certainement, cette activité qui est normalement secrète.

Peter avait d’ailleurs fâché Jan en volant une Rolex lors d’une précédente « éducation ». Ce qui allait contre ses principes éthiques.

Jan est en fait le seul qui parait vraiment totalement idéaliste. Mais il en perd du coup le contact avec la réalité jusqu’à ne pas voir qu’il perd sa petite amie pour son colocataire.

Toutefois, l’amour peut aussi changer les hommes et c’est encore Peter qui finit par moment par devenir le plus radical.

Par ailleurs, dans les discussions qui ont lieu, on comprend pourquoi Hardenberg, lui n’est plus idéaliste. C’est parce que l’idée que rien ne peut être changé a finit par s’ancrer en lui. Et s’il y a de toute façon des maitres et des esclaves, autant se placer du côté des maitres que des esclaves. Par ailleurs, les choses se sont passées petit à petit, femme, enfants, l’habitude du confort nous changent sans même que nous ne nous en rendions vraiment compte.

Pour finir, le film ne montre pas tant que ça de motivations réellement altruistes. La jalousie, la pauvreté et l’insécurité vécue sont de puissants moteurs à leur idéologie. Et quand ils disparaissent, les idées changent également pour s’adapter à la situation.

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L’idéalisme se mêle à l’amour et à la famille

Je ne pense pas que ce soit totalement un hasard que les deux histoires soient parallèles (politique et sentimentale). Au contraire, c’est un message. Nos choix familiaux influencent nos choix idéologiques. Par amour, par confort aussi, par besoin de sécurité, on finit par changer notre conception du monde pour la rendre plus proche de ce que l’on sait de la vie et pour rendre plus acceptable les choix qu’on (a) fait.

Gentils, méchants ?

Peut-on être du côté du bien quand on contrevient à la loi d’un pays démocratique ? En tant que révolutionnaires et tenant d’une idéologie extrême, ils le pensent évidemment. D’autant plus qu’ils voient l’état comme un esclave du capitalisme. Toutefois, ne jamais oublier que les propriétés privées qu’ils « aménagent » sont aussi habitées par d’autres personnes pas forcément responsables de ce qu’ils combattent.

Les enfants, les épouses ? Un viol de propriété est toujours quelque chose de traumatisant et à ne certainement pas prendre à la légère. Peuvent-ils être gentils quand ils commettent des actes collatéraux qui contreviennent à leur propre morale. Y pensent-ils seulement ? Mais le film nous montre dés l’ouverture, volontairement ou non, une famille toute entière qui en subit les désagréments.

A titre personnel, je me méfie toujours des gens qui se croient meilleurs que les autres et je suis aussi opposé à « faire justice soit-même ». Quand à notre état, je le trouve encore suffisamment démocratique pour lui obéir légitimement.

Par ailleurs, je crois en la sincérité d’Hardenberg quand il dit qu’il a des remords d’avoir ruiné la vie de June. Mais il est tellement dans sa tour d’ivoire qu’il finit par en oublier les réalités de ceux qui sont en bas (pour ne pas culpabiliser de sa situation aisée ?).

L’impasse et le retour en arrière

Le film nous montre bien dans quels engrenages on peut parfois se retrouver. Chaque action nous incite à aller toujours plus loin. Mais ce plus loin est souvent finalement pire que la situation qu’on a voulu éviter initialement. Et l’impasse devient toujours plus difficile à éviter.

Finalement, ils s’en sortent. Et plutôt bien. Mais, n’aurait-il pas mieux valu pour eux assumer dés le départ leur acte et éviter ce kidnapping ?

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Le syndrôme de Stockholm inversé

Il est intéressant de se dire que Hardenberg ne déteste jamais vraiment ceux qui le kidnappent. Au contraire, il a une sympathie parce qu’il se reconnait en eux même s’il en a peur par moment à cause de leur caractère imprévisible.

Par contre, lui qui est détesté par tout le monde finit par se faire apprécier, presque devenir un « ami ». On a une inversion du syndrôme de Stockholm qui est presqu’amusante mais qui peut mettre aussi en avant, finalement, la réalité des rapports de force (qui sont différents de ceux qu’on voit en apparence). Car c’est bien lui qui est le puissant et il le reste durant la cavale.

Une « terrible » aventure ?

En fait, pour notre patron, cette aventure commence mal mais elle est aussi comme une retraite « spirituelle ». Elle l’oblige à faire une pause et elle lui rappelle sa jeunesse. Ces moments à la montagne sont des bons moments pour lui.

Qui a la belle vie, finalement ?

Et, justement, à la fin, on voit Hardenberg un peu prostré dans sa voiture. Il regrette d’avoir envoyé la police. Il est de nouveau dans son rôle de patron qui lui bouffe sa vie. Loin de la vie tranquille à la montagne à profiter de plaisirs simples. Loin de son idéologie d’antan et du sentiment qu’il avait alors d’être dans le bon camps. Certes, il a tout le confort et l’argent dont on peut rêver mais c’est aussi un piège dont il n’arrive plus à se dépêtrer. Est-il heureux ?

A l’opposé, nos trois jeunes ont réussi à échapper à la police et ils profitent de la vie de manière heureuse. On peut se douter que ça ne durera pas éternellement mais c’est tout de même un beau message sur la nécessité de profiter des bons moments de notre jeunesse même si elle peut parfois nous amener à voir les choses de manière trop simpliste.

En fait, cet enlèvement e fut peut-être l’action la plus pédagogique que les Edukators aient pu faire vis à vis des « capitalistes ».

En effet, la prise d’otage ne fut pas d’une grande violence psychologique. Au contraire, on a pu voir comment elle fut bien vécue par le principal intéressé. Elle n’eut pas de dégâts collatéraux sur les proches (pas au courant jusqu’à son dénouement). Et, surtout, elle amène, via la discussion et les moments de vie vécus ensemble, le doute dans la tête du « patron bourgeois ». N’est-ce pas finalement le but qui est recherché ?

Impressions personnelles finales

C’est un film que j’aime bien regarder. Les images sont très belles, l’actrice principale l’est également. Les paysages sont dépaysants, les dialogues sont plaisants. Et on aime bien se retrouver au milieu de leur aventure. On la vit avec eux et on se demande comment cela va finir.

Mais la fin, justement, m’a déçu même si c’est évidemment très subjectif. J’ai eu comme l’impression qu’il fallait se rattraper et ne pas montrer Hardenberg sous un trop beau jour. Comme si le réalisateur se rendait compte que le message qu’il donnait n’était peut-être pas celui recherché au début et qu’il fallait se rediriger vers un peu plus de simplisme et de manichéisme à la fin. Comme, également, s’il fallait également que le film reste orienté « à gauche » (dans le bon camps).

Ca m’a un peu déçu. Mais peut-être qu’une autre fin m’aurait déçu pareillement. Ce film est difficile à terminer mais le voyage en vaut la peine.

Au final, je ne suis donc pas déçu de l’avoir vu et je le recommande même souvent.

Pour aller plus loin

comment j’ai failli payer deux fois trop cher des billets de train

Etant belge, je commande généralement mes billets de train internationaux sur le site SNCB Europe. Mais, celui-ci a la très désagréable lacune de ne pas permettre de choisir des places côte à côte ou en carré. Or, quand on prend le train à plusieurs, on a pas trop envie de s’éparpiller dans plusieurs voitures. A fortiori quand on voyage avec des enfants.

J’ai donc été voir si, du côté français, en réservant le même train, j’avais cette possibilité. Et c’est le cas. Le site voyages SNCF permet de choisir un carré ou des places côte à côte. Et il est aussi assez agréable d’utilisation.

Je m’attendais à des différences de tarif, et c’est aussi pour ça que j’allais voir. Car, en payant à la source (TGV SNCF), j’allais sans doute payer un peu moins.

Et bien non. Pour le trajet « retour », les places étaient deux fois plus cher. Sans que je n’y comprenne rien du tout. Les places à tarifs réduits étaient disponibles sur le site SNCB mais pas SNCF. Hein ?

Alors, j’ai repensé à ces fameux articles qui nous disent que notre voyagiste retient notre adresse IP et augmente les tarifs à chaque visite. Voir ici par exemple: http://rue89.nouvelobs.com/rue89-eco/2013/05/27/billet-train-coutait-moins-cher-matin-comment-dejouer-lip-tracking-242636

Et je me suis dit que le problème était peut-être là. Me sachant lié par un aller-retour, la SNCF en profitait peut-être pour essayer de me refiler des places plus chères que celles qui étaient disponibles. Une seule manière de le savoir: ouvrir un autre navigateur (pas de cookie et la SNCF, vu le navigateur différent, croit à une autre personne). Et là, miracle (!), les prix avaient baissé de moitié (égaux à ceux de SNCB Europe). Il m’a donc fallu acheter l’aller et le retour séparément pour économiser 100 EUR.

La morale: n’achetez pas vos aller et retour en même temps. Et faites le avec des navigateurs différents (par exemple, Firefox et Chrome). Vous pourriez faire de belles économies.

(pro) Vaccination, traduction de « Dear parents, you are being lied to »

Cet article est une traduction rapide de l’article original suivant: http://violentmetaphors.com/2014/03/25/parents-you-are-being-lied-to/

Il contient un tas de références scientifiques (en anglais) et est à ce titre quasiment inattaquable mais est également surtout un coffre aux trésors pour des débats que vous pourriez devoir tenir avec des personnes irrationnellement « anti vaccins ».
N’hésitez pas à me signaler une erreur de traduction ou un autre problème technique.

Chers parents,

On vous ments. Les gens qui clament agir dans le meilleur intérêt de vos enfants mettent leur santé et même leur vie en danger.

Ils disent que la rougeole n’est pas une maladie mortelle.
Mais elle l’est.

Ils disent que la varicelle n’est pas quelque chose de grave.
Mais elle peut l’être.

Ils disent que la grippe n’est pas dangereuse.
Mais elle l’est.

Ils disent que ce n’est pas si mauvais pour un enfant d’avoir la coqueluche.
Mais ça l’est.

Ils disent que les vaccins ne sont pas si efficaces pour prévenir les maladies.
Mais les vies de 3 millions d’enfants sont sauvées chaque année par la vaccination, et 2 millions meurent chaque année pour des maladies qu’on peut empêcher par la vaccination.

Ils disent qu’une « infection naturelle » est meilleure qu’une vaccination.
Mais ils ont faux.

Ils disent que la sécurité des vaccins n’a pas été rigoureusement testée.
Mais les vaccins sont soumis à un niveau de tests plus élevé que pour n’importe quel autre médicament. Par exemple, cette étude a testé la sécurité et l’efficacité du vaccin pneumococcal sur plus de 37 868 enfants.

Ils disent que les docteurs n’admettront aucun effet secondaire aux vaccins.
Mais les effets secondaires sont bien connus, et excepté dans de rares cas plutôt doux.

Ils disent que le vaccin Rougeole Rubéole Oreillons cause l’autisme.
Cela ne le cause pas. (La question de savoir sir les vaccins causent l’autisme a été étudiée recherche après recherche, et elles montrent toutes des preuves écrasantes qu’ils ne le cause pas.)

Ils disent que le thimérosal (ou thiomersal) dans les vaccins cause l’autisme.
Cela ne le fait pas, et il n’y en a de toute façon plus dans le plupart des vaccins depuis 2001.

Ils disent que l’aluminium dans les vaccins (un adjuvant, ou composant du vaccin destiné à améliorer la réponse immunitaire) est nocif pour les enfants.
Mais les enfants consomment plus d’aluminum dans le lait maternel qu’ils n’en consomment dans les vaccins, et des niveaux bien plus élevés d’aluminum sont nécessaires pour causer de la nocivité.

Ils disent que le Vaccine Adverse Events Reporting System (ou le “vaccine court”) prouve que les vaccins sont nocifs.
Ce n’est pas le cas.

Ils disent que calendrier vaccinal normal ne permet pas au système immunitaire d’un enfant de faire face correctement.
Ce n’est pas le cas.

Ils disent que si les enfants des autres sont vaccinés, il n’y a pas de nécessité que leurs enfants le soient.

C’est un des arguments les plus méprisables que j’ai entendu. Premièrement, les vaccins ne sont pas toujours 100% efficaces, donc il est possible qu’un enfant vacciné devienne infecté s’il est exposé à la maladie. Pire, il y a des gens qui ne peuvent être vaccinés, parce qu’ils sont immuno-déficients, ou parce qu’ils sont allergiques à certains composants. Ces gens dépendent de l’iimunité de groupe pour les protéger. Les gens qui choisissent de ne pas vacciner leurs enfants contre les maladies infectieuses ne risquent pas seulement la vie de leurs propres enfants, mais aussi celle des enfants des autres.

Ils disent que les remèdes « alternatifs », « naturels » sont meilleurs que la médecine sur base de preuves scientifiques.
Ils ne le sont pas.

La vérité est que les vaccins sont une de nos plus grandes réalisations pour la santé publique, et une des plus importantes choses qu’on puisse faire pour protéger nos enfants.

Je peux exactement prédire la réponse que je vais avoir de la part des activistes anti vaccins. Parce qu’ils ne peuvent argumenter contre des preuves scientifiques écrasantes sur les vaccins, ils diront que je travaille pour Big Pharma. (ça n’a jamais été le cas). Ils diront que je ne suis pas une scientifique (je le suis), et que je suis un “Agent 666” (je ne sais pas ce que c’est, mais je suis quasiment sure que je n’en suis pas).

Aucune de ces choses ne sont vraies, mais ils sont les réponses automatiques des anti vaccins parce qu’ils n’ont pas de faits pour soutenir leur position. A un certain niveau, très profond, ils doivent le comprendre, et avoir peur de ce que ça implique, donc ils attaquent le messager.

Pourquoi mentent-ils ? Certains le font pour le profit, en essayant de vendre leur remèdes alternatifs en vous faisant peur sur la médecine scientifique. Je suis sure que beaucoup d’autres dans le mouvement anti vaccins ont de bonnes intentions, et croient honnêtement que les vaccins sont nocifs. Mais comme un astrophysicien l’a récemment dit “La bonne chose avec la science, c’est qu’elle est vraie même si vous n’y croyez pas”. Dans le cas des croyants d’une conspiration vaccinale, ce n’est pas une bonne chose. Les bonnes intentions ne vont pas empêcher les microbes d’infecter et nuire, et le message que les vaccins sont dangereux a des conséquences terribles. Il y a maintenant des épidémies de maladies qu’on pourrait prévenir avec les vaccins à travers les Etats-Unis à cause d’enfants non vaccinés.

Pour un seul point, j’ai un message commun aux anti vaccins: Eduquez-vous. Mais quand ils donnent la signification “lisez tous ces sites internet qui disent la même chose que nous”, je suggère que vous devriez apprendre ce que la communauté scientifique dit. Apprenez comment le système immunitaire fonctionne. Allez lire l’histoire des maladies avant l’invention des vaccins, et parlez aux personnes âgées qui ont grandit quand la polio, la rougeole, et d’autres maladies ne pouvaient pas être empêchées. Allez lire sur la manière dont les vaccins ont été développés, et comment ils fonctionnent. Lisez Andrew Wakefield, et comment son article clamant un lien entre le vaccin RRO et l’autisme a été retiré, et son autorisation médicale  a été révoquée. Lisez les nombreuses, énormes études qui ont explicitement examiné si le vaccin causait l’autisme… et n’ont rien trouvé. (Et puisqu’on y est, lisez les recherches en cours pour déterminer ce qui la cause—ou les causes — de l’autisme, ce qui n’est pas aidé par les gens clamant que les vaccins en sont la cause).

Cela peut sembler beaucoup de travail, et les travaux scientifiques peuvent sembler intimidants à lire. Mais lire des articles scientifiques est une compétence qui peut être maitrisée. Il y a ici une grande ressource pour évaluer les informations médicales sur internet, et j’ai écris un guide pour non scientifiques sur comment lire et comprendre la littérature scientifique. Vous devez à vos enfants et à vous-même d’enquêter de manière approfondie sur la question. Ne faites pas confiance à ce que des étrangers sur internet disent (pas même moi !). Lisez vous-même les articles scientifiques en lien dans cet article et parlez à votre pédiatre. En dépit de ce que dit la communauté anti vaccins, vous n’avez pas à avoir peur des vaccins. Vous devriez plutôt avoir peur de ce qui se passe sans eux.

 

10 chansons de rupture amoureuse

Ca fait un petit temps que je n’ai plus écrit dans la rubrique « musique ».

Alors, je vais publier un article qui attendait depuis quelques mois, une sélection éclectique de chansons de rupture amoureuse. Le genre de choses qu’on aime bien écouter quand on se sent mal parce qu’on peut un peu s’y reconnaitre:

  1. Michel Sardou, 55 jours, 55 nuits (pour les passions qui marquent notre vie)
  2. Orelsan, finir mal, live au zénith (l’interprétation est juste extra, ce moment où vous aimez encore et feriez tout pour faire revenir l’être aimé et où vous regrettez vos erreurs)
  3. Renaud, Manu (parfois, on veut mourir)
  4. Johnny Hallyday, requiem pour un fou (la passion rend fou)
  5. Jena Lee ft Orelsan, je rêve en enfer (quand le paradis se transforme en enfer, le problème des sentiments asymétriques)
  6. P!nk, juste give me a reason (ne pas comprendre, vouloir convaincre)
  7. Stromae, formidable (l’envie de mourir, la déchéance personnelle)
  8. Patricia Kaas, je voudrais la connaitre (cette curiosité malsaine, on sait que ça nous fera du mal mais on veut savoir, une question d’égo aussi sans doute)
  9. James Blunt, Goodbye My Lover (être largué, mais continuer à aimer)
  10. Orelsan, la peur de l’échec (derrière chaque échec qui s’accumule, il y a des remises en question possible de toute une vie)

(les dix chansons se lancent les unes après les autres)

Vous vous attendiez peut-être à y retrouver « ne me quitte pas » de Jacques Brel. Je ne l’ai pas sélectionnée, elle est trop connue dans le registre. Et puis, jamais aucune femme ne retombera amoureuse de vous si vous la suppliez. Oubliez cette chanson !