2015 (rapport annuel de WordPress)

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 38 000 fois en 2015. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 14 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Un moment d’égarement: petite comparaison entre le film de 1977 et 2015

Introduction

Ayant vu récemment les deux films intitulés « un moment d’égarement » (celui de 2015 de Jean François Richet et celui de 1977 de Claude Berri), deux oeuvres ayant environ quarante ans d’écart, je voudrais les comparer sur quelques thèmes via quelques petits commentaires et analyses. Il y aura évidemment, comme d’habitude, des spoilers.

Le film de 1977 sur youtube:

Humilité / ton du film

Le film de 2015 profite probablement d’un budget plus développé et cela se voit à l’écran. Personnellement, je ne trouve pas que cela serve vraiment le propos du film. Dans le film originel, on retrouvait une certaine intimité, humilité, le fait que les hommes et les femmes se retrouvent bien petits et démunis face à l’amour et ses conséquences.

La beauté du film sorti cette année fait sans doute trop rêver alors qu’on devrait logiquement éprouver de la tristesse ou de la réflexion face à cette situation. Même dans le contexte « comédie » que prend bien plus le nouveau film, il y a globalement une ambiance pas assez humble à mon goût.

La scène d’introduction en 1977, ce sont les embouteillages, la chaleur accablante, le monde fou sur la plage, la radio en arrière plan et personne qui parle.

En 2015, c’est une route déserte, très certainement l’air conditionné et un des deux père qui fait de longs monologues.

Il y a aussi une complicité père fille qui disparait entre les deux films dans cette même scène d’introduction.

Cette scène, à elle seule, marque le film. Dans l’un on va « souffrir » avec nos acteurs et ils vont souffrir avec leurs enfants et, dans l’autre, on sent que ce sera finalement assez léger et que les parents n’auront pas de vrai contact avec les enfants (ils en sont déconnectés).

Politiquement correct

C’est là qu’on voit le plus qu’on a énormément changé en quarante ans. Là où les seins nus à la plage étaient montrés et admis, c’est plus prude aujourd’hui. Mais ce n’est qu’un détail. En 2015, imaginer une vraie histoire d’amour entre un vieux et une Lolita est devenu totalement inimaginable et infilmable, même et ça se voit.

En 1977, il y a de la drague, de la séduction, et même s’il n’est pas très partant au départ, s’il le vit avec gêne, il est quand même actif, notre homme plus âgé.

En 2015, ce n’est pas tout juste s’il ne se fait pas violer (il ne cesse de refuser et ne dira jamais oui, la seule fois où il dit son amour c’est sous la contrainte donc d’une certaine manière cela ne vaut rien). Et la position dans laquelle ils font l’amour est d’ailleurs symptomatique. En 77, il est au dessus. En 2015, elle est au dessus de lui pour vraiment montrer à l’écran qu’il est le moins actif possible (on se demande d’ailleurs qui retire le caleçon). J’ai revu cette scène, il se fait embrasser, il a les mains en l’air sans la toucher, c’est elle qui va jusqu’à guider ses mains pour les mettre aux bons endroits. Et, on ne filmera d’ailleurs pas beaucoup plus loin l’acte, sans doute pour éviter de nous montrer un possible consentement dans la suite des « opérations ».

Par la suite, il n’assume rien du tout, ils ne refont pas l’amour. Alors que quarante ans plus tôt, on voit une vraie histoire avec des questionnements, des interrogations. Ce qui était d’ailleurs intéressant.

En 1977, on évoque la libération des femmes, les relations avec des lolitas, la différence d’âge, l’amour, l’Amitié. En 2015, cela se réduit à la différence de génération, l’enfant roi et la tyrannie d’une adolescente sur un adulte (mais en réalité, même pas volontairement, je pense). Le politiquement correct est passé par là. Et le marketing, également, il vaut mieux évoquer le moins de sujet de société possible. Le film doit rester léger, un produit de consommation qu’on oublie juste après. Les moments drôles ne sont pas là pour faire passer les moments difficiles, ils sont là pour les remplacer et les faire oublier.

Moi qui aime le cinéma qui permet le partage après la séance, cela peut évidemment difficilement me satisfaire. Parce qu’on est pas dans l’humour avec ses grandes phrases, on est dans le comique de situation qui ne prête pas non plus à discussion ou répétition après coup.

Les intrigues rajoutées, le macho

Puisqu’on enlève une partie de l’histoire au nom du politiquement correct, on se retrouve à devoir meubler avec une scène de jet ski sans grand intérêt ou surtout l’histoire du sanglier dont tout le monde se fout. Mais, qui sert sans doute à se moquer encore plus du « macho » de l’histoire complètement en dehors de ses pompes.

Ca ne fait qu’accentuer, par ailleurs, encore plus le politiquement correct de l’histoire puisqu’on tire sur « le » personnage dépassé comme si tout le monde n’en avait pas déjà conscience. Assez facile en fait. Ce type est présenté comme le gros loser quitté par sa femme sans même s’en rendre compte. Il n’inspire que de la pitié. Dans le remake, le macho, c’est celui qui n’a pas de sentiments, le personnage diabolisé finalement.

Alors que dans l’original, c’était un personnage qui inspirait le respect, avec du charisme et il avait nettement plus de profondeur. Il réfléchissait au futur, avait des sentiments, assumait ses actes et a de l’empathie pour celle qui l’aime si passionnément.

Par contre, pour ne pas faire que dans le négatif, je dois avouer que la scène où ils se retrouvent très rapprochés à faire du sport et de la randonnée est très bien trouvée même si elle aurait pu être mieux exploitée (bah oui, ça manque un peu de subtilité avec notre lolita qui mets ses seins à l’air et l’autre qui fait genre « je comprends pas » et personne d’autre ne voit rien du tout).

Mais, quand on y réfléchit, cette scène existe uniquement pour expliquer comment l’amour nait. Or, ça ne donne pas du tout de profondeur à cet amour qui semble né en un instant. Tout ça parce qu’on a zappé le fait que dans le premier film, l’amour était antérieur aux vacances.

L’Amitié

En 1977, on a à faire à deux AMIS, des vrais et ça se voit. Victoire Lanoux et Jean Pierre Marielle sont de vrais complices à l’écran. Leur amitié virile n’empêche pas l’un d’étaler de la crème solaire sur l’autre. Là où dans le film plus récent, la crème solaire ne s’étale plus entre mecs. C’est drôle d’une certaine manière car, ce qui était encore sans ambiguïté possible il y a quarante ans ne semble plus l’être aujourd’hui au point où on change la scène.

Dans l’histoire de 2015, on pourrait tout aussi bien avoir l’impression qu’ils sont juste potes et certainement pas des amis de toujours. C’est dommage car du coup, ça enlève une partie de l’intérêt. Dans le « vieux » film, il y a la peur de « blesser » un ami quand dans le moderne, il y a une peur plus physique de se faire « frapper » par le macho imbécile de service. Je trouve ça très différent, et pas en mieux.

La fin

En 1977, on termine sur une image fixe des deux amants qui se regardent en face à face. L’air est un peu grave, celui d’une histoire d’amour qui peut enfin commencer mais sans perdre de vue, de manière très lucide, toutes les difficultés à venir.

En 2015, on termine sur des jeux de regards pas si explicites mais avec en dernier plan la Lolita qui arbore un sourire en coin qui a gagné, assez dominateur. Vincent Cassel, pour ses derniers plans apparait plus embarrassé qu’amoureux. Lui qui n’assume toujours pas, qui se donne une baffe à lui-même dans la nuit et qui ne semble que dans le regret et la soumission bien plus que dans la « consommation » de l’acte ou de l’amour. On le plaint.

Mais peut-être que ça se veut représenter un couple moderne où l’inversion des rôles conduit à voir la femme dominer et l’homme subir ? Je préférais au moins le couple final de 1977 qui avait le mérite d’être équilibré malgré la différence d’âge (avec en plus la conscience de l’homme divorcé qui avait appris de ses erreurs et changé).

L’amour adolescente, la maturité

La lolita de 1977 avoue être amoureuse depuis en fait plusieurs années de cet homme divorcé et aux traits très masculins. Finalement, assez logique, il incarne par son machisme un parfait père de substitution par rapport à son vrai père déjà un peu perdu par les changements de société. Elle est vraiment amoureuse et cherche à séduire bien plus qu’à forcer.

En 2015, rien de tout ça. On nous présente cela bien plus comme une attirance physique subite que comme un amour. Cette sale gosse de 2015 est une gamine qui ne se refuse rien, qui prend ce qu’elle a envie et qui joue vulgairement de son corps ou de ses menaces pour obtenir ce qu’elle veut. On a plus l’impression d’un amour de passage comme certaines peuvent en connaitre dix par an, voir, pire, d’un caprice face à un homme qui ose se refuser à elle. Et certainement pas d’un Amour préexistant depuis longtemps (faute sans doute également au politiquement correct, à nouveau, d’ailleurs).

Et c’est là finalement une grande différence. Si le film des années septante nous montre dans une des premières scènes la jeune fille sucer son pouce, elle finit le film avec bien plus de maturité que celle qui, quarante ans plus tard, a sans doute déjà tout expérimenté du sexe mais qui se comporte encore énormément comme un enfant immature qui voit, désire et prend en un instant sans que personne ne lui refuse quoi que ce soit.

D’ailleurs, dans le film original, on accompagne les trois principaux protagonistes (lolita + les deux pères) dans leurs cheminements personnels et leurs évolutions. Dans le remake, personne ne grandit, personne n’évolue vraiment, c’est bien triste (à part le macho qui comprend à quel point il est dépassé, c’est vrai, une féministe a du écrire le script). La fin de 2015 m’a même laissé un peu perplexe. Le « retour à la normale », si je peux m’exprimer ainsi, se fait par le petit sourire de la jeune femme, sourire victorieux et la défaite des deux autres. L’un qui décide de laisser faire, l’autre de se laisser dominer.

Dans le film original, l’histoire d’amour, avec énormément d’humilité (on sent que ce ne sera pas facile) gagne à la fin. Dans le remake, c’est seulement l’enfant roi qui a obtenu ce qu’elle voulait (et sans même avoir à vraiment le réclamer, en plus !).

Réaction de la fille « non » lolita

Dans le premier film, la fille accepte la situation. Elle est « politisée » d’une certaine manière, elle a un regard sur les hommes et les femmes. Et si elle fait la leçon à son père, c’est pour lui dire d’accepter d’évoluer et de changer son regard sur les femmes et de ne pas refaire les mêmes conneries qu’avec sa mère. Mais en aucun cas elle a un regard moral ou même n’exprime de la jalousie. Elle est finalement très saine d’esprit (l’oedipe est digéré).

En 2015, la seule réaction est celle de pleurer, bouder et jalouser. Elle est beaucoup moins mature. Pour autant, quelle que soit l’époque, elle ne me parait pas réellement illogique. Mais, cela permet surtout d’éviter une thématique importante du film de départ liée à la condition féminine (totalement oubliée du nouveau … et même si la situation a changé pour les femmes, ça n’aurait pas été inintéressant d’y apporter un regard moderne).

Ambiance, état d’esprit

Dans le nouveau, j’ai eu l’impression qu’on est plus dans le sexe que dans l’amour. Que la séduction est remplacée par la drague. Et la poésie par la vulgarité. Mais, il ne faut pas non plus exagérer, la fin est par exemple assez bien filmée avec ce qu’il faut de lenteur, poésie et musique appropriée.

Marielle VS Cassel

Je ne peux en dire grand chose. Marielle joue incroyablement juste. Cassel arrive juste à être agaçant d’un bout à l’autre par son surjeu permanent. Cela dit, si le but, et c’est possible, est de nous faire passer ce père qui se fait « violer » par la fille de son ami comme quelqu’un d’extrêmement pathétique, c’est très réussi.

Conclusion

Si on les compare, les deux films sont tout simplement trop différents. On a vraiment gardé que le minimum du pitch de base. Tellement différents qu’il peut devenir difficile de parler réellement de remake. L’un se veut film de société et l’autre ne prétend pas vraiment être plus qu’une comédie.

J’adore celui de Claude Berri. Je ne déteste pas celui de Jean François Richet. L’un est un très grand film que je n’aurais jamais découvert sans l’autre (c’est déjà un grand mérite). L’autre est un film moyen qui permet de passer quand même un bon moment de télévision (c’est sympathique). La réflexion est remplacée par l’humour. L’amour disparait. Mais il y a des qualités esthétiques indéniables.

L’idée d’un remake était en tout cas intéressante. Mais si quelqu’un voulait retenter le coup par quelque chose d’un peu plus osé et qui respecte un peu plus les thématiques de départ, il ferait alors surement un bon remake. Ici, ce n’est pas le cas. Pour faire du commercial, on ne peut pas prendre le risque de choquer: dommage. Dommage car un remake prenant compte l’évolution de la société en quarante ans aurait donné un film plus intéressant à comparer. On aurait eu deux visions de société qu’on aurait pu mettre côte à côte.

On me dira peut-être qu’il y a un peu de ça ici derrière cette domination de l’homme par la femme et cette perte de l’équilibre qui se construisait dans le premier film. Sans doute, mais ça passe trop inaperçu à mon goût. Et j’avais envie de rester dans une critique plutôt tranchée. En seulement une heure vingt, le premier film disait beaucoup, avec émotions, et le faisait bien. Avec vingt minutes de plus, le deuxième film ne fera jamais vraiment mieux que survoler le sujet et ça mérite une opinion tranchée à mon goût.

Quelques réflexions sur le futur électrique

Introduction

Depuis quelques années, le nucléaire occupe une place importante du débat énergétique. Non sans raison. Actuellement, on a des centrales vieillissantes qu’on va peut-être prolonger. On en a des qui sont fissurées et qu’il va falloir surveiller de très près car, même si le risque est officiellement minimisé, personne ne pourra nier qu’on ne les aurait jamais démarrées telles quelles si on avait connu ces défauts le jour de leur lancement. Et puis il y a de toute façon tous les problèmes « habituels » qu’occasionne le nucléaire, déjà en temps normal.

Ce débat est souvent très passionné et idéologique. Mais il oublie souvent une source extrêmement prometteuse de production d’électricité, celle de la fission nucléaire non plus sous forme solide mais sous forme liquide avec l’utilisation de sels fondus. Autrement dit un des réacteurs envisagés dans le cadre du nucléaire dit de quatrième génération.

Pour en savoir plus à son sujet, je vous invite à consulter (au choix):

Une petite citation d’un article sur Alvin Weinberg:

Au début des années 60, Weinberg et ses collègues ont mené une série de tests qui ont mis en lumière des failles de sécurité dans la conception du réacteur à eau pressurisée (note: les réacteurs utilisés aujourd’hui). Une sécurité supérieure était très importante pour Weinberg : pour lui, un réacteur à sels fondus qui utilisait du thorium comme combustible offrirait des avantages considérables par rapport aux modèles à eau légère. En tant que liquide de refroidissement, les sels fondus à pression atmosphérique résistent à des températures beaucoup plus élevées et réduisent les contraintes mécaniques sur la cuve du réacteur. En tant que combustible, le thorium ne peut pas être utilisé pour fabriquer des armes utiles ; dans un réacteur, il peut générer du nouveau combustible à l’uranium qui est consommé pour produire de l’énergie.

Nouveau départ du nucléaire avec la quatrième génération: le choix de la raison et de l’écologie

Puisqu’il existe un « nouveau » nucléaire n’ayant rien à voir avec l’ancien et basé sur la fission liquide et non plus solide, repartons sur cette base là, oublions l’ancienne et voyons ce que cela pourrait nous apporter.

Argument 1, la consommation

La plupart des scénarios tablant sur du 100% renouvelable semblent devoir inclure obligatoirement une diminution de la consommation.

Or, consommer moins ne doit pas être un but en soi. Et c’est aussi très très aléatoire de se dire qu’à un horizon moyen ou long on arrivera à consommer moins. On ne connait pas nos besoins à cette échelle là et la consommation individuelle est difficile à influencer.

Diminuer la consommation ne doit être un but QUE si nous n’avons pas les moyens de produire suffisamment d’électricité proprement. Les réacteurs à fission liquide, s’ils permettent de produire un complément aux énergies renouvelables peuvent donc être un atout très important pour nos sociétés en permettant, à terme, de combler nos besoins sans polluer ou réchauffer la planète.

Cela n’enlève en rien que la consommation a un coût et donc, dans tous les cas, il restera un incitant à moins consommer. Mais cet incitant sera économique et non technique.

Argument 2, emploi et économie

Les pays qui développeront les premiers ce nucléaire de quatrième génération acquerront un savoir-faire qui permettra de développer l’emploi et l’économie notamment en exportant cette technologie. Contrairement à la fusion, faire fonctionner ces réacteurs à brève échéance n’est pas un grand risque, il faut juste investir et être prêt à combattre l’inertie des lobbys industriels.

Argument 3, développer le tiers monde

Les pays du tiers monde n’ont pas accès au nucléaire actuel. Ils ne peuvent donc compter que sur les énergies fossiles et renouvelables. Or, satisfaire la demande d’électricité de manière fiable et continue à bons prix est une condition nécessaire au développement de nombreux pays.

Argument 4, un monde plus sur (moins de prolifération d’armes nucléaires)

Certains pays peuvent légitimement vouloir développer un nucléaire civil mais être suspectés de vouloir, en réalité, se doter de la bombe atomique. Cette ambiguïté est inhérente au mode de production actuel du nucléaire (et une des raisons d’ailleurs pour laquelle le lobby militaire l’a poussé en avant). Avec la génération 4, plus possible de jouer double jeu et le monde en sortira gagnant.

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Argument 5, gérer les déchets

Les déchets nucléaires sont un énorme problème actuel. Et ce problème ne va pas aller en diminuant puisque de très nombreux déchets nucléaires vont encore être produits dans le futur.

Or, il se fait que les réacteurs à fission liquide se prêtent très très bien au traitement des déchets nucléaires et ne produisent au final que des déchets à durée de vie beaucoup moins grande mais aussi beaucoup moins nombreux. Dés le moment où nous avons des grandes quantités de déchets à gérer dont nous prétendons ne pas savoir que faire, et en parallèle une méthode qui peut les transformer tout en produisant de l’électricité … allons-y !

Argument 6, la sécurité

Cette méthode est intrinsèquement sure. Pas besoin de refroidissement actif pendant des années. Pas de risque d’emballement non plus. Non, en cas de souci, le réacteur s’arrête passivement sans même besoin d’intervention humaine. Et, ça, ce n’est pas trop beau pour être vrai, c’est juste génial.

Par ailleurs, ils n’ont pas de nécessité à être installés près d’une mer ou d’un fleuve et peuvent même être enterrés, ce qui les rend beaucoup moins sensibles aux aléas environnementaux ou aux attaques terroristes.

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Argument 7, le réchauffement climatique

A l’heure où il nous faut diminuer drastiquement nos émissions de CO2, on peut difficilement cracher sur une méthode qui, certes, n’est pas renouvelable mais qui émet très peu d’émissions de gaz à effet de serre. Et qui peut au moins servir de complément aux énergies renouvelables sans compromis avec les besoins d’une société moderne, et cela partout dans le monde.

Argument 8, le futur de la mobilité

Notre futur mobile, qu’il soit en transports en commun (pour partie importante pourvu que les gouvernements fassent les investissements nécessaires) ou en voiture nécessitera une consommation d’électricité plus importante.

En effet, pour remplacer le pétrole, il y a l’électricité (pour les transports par rail), le gaz, l’air comprimé, les batteries  et surtout l’hydrogène.

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Mais toutes ces technologies demandent une augmentation très importante de la production électrique. L’hydrogène, la technologie la plus prometteuse pour l’avenir, doit ainsi être séparé de l’oxygène au travers d’un processus d’électrolyse de l’eau. Il nous faut donc pouvoir nous assurer de disposer de sources d’énergies nous permettant de ne pas être dépendant de l’étranger pour produire notre hydrogène dans le futur (d’autant plus que le procédé est simple et connu).

Argument 9, l’indépendance énergétique

Pour la Belgique et la France, pays fortement nucléarisés, les déchets nucléaires existent en grand nombre et permettraient d’assurer une production électrique pour pas mal d’années. Bien sur, cet argument ne concerne que les pays qui ont déjà l’énergie nucléaire.

Conclusion

Idéalement, il ne faudrait plus perdre de temps et y aller. Cet article est une petite brique que je mets pour contribuer à ce que cette solution soit mieux connue et mieux promue.

Mais il y a malheureusement, très malheureusement, pas mal de raisons de douter que des décisions seront prises rapidement:

  • par dogmatisme, les écologistes sont généralement contre toute solution qui englobe le mot « nucléaire ». Beaucoup de mouvement écologistes se sont créé en réaction au nucléaire dans les années 70. Cela fait partie de l’ADN d’un mouvement. Et si on ne peut leur reprocher un manque d’arguments en ce qui concerne les technologies actuelles, il y a un malentendu qui rejette également la quatrième génération pourtant techniquement très différente.
  • les politiciens ont souvent peu de connaissances techniques dans le domaine énergétique, ils se tournent donc vers des experts (bonne chose) mais ces experts sont, dans le domaine nucléaire, souvent liés soit à des mouvements qui se sont fondés en opposition à nos centrales actuelles (et par extension à tout ce qui y est lié, même de très loin) soit à des lobbys étroitement liés au nucléaire actuel et en opposition à toute remise en question ou évolution de celui-ci. Autrement dit, on est pas sorti de l’auberge.
    • à noter que la NVA (parti très puissant en Belgique dans le gouvernement actuel) n’a même pas réussi à imposer un réacteur de quatrième génération en Belgique alors que c’était à priori son souhait si on suit la presse qui relatait les négociations précédant la formation de l’actuelle coalition fédérale
  • l’inertie de la société, la presse, des experts rend difficile tout changement radical dans la production d’électricité

Toutefois, il y a quand même des raisons d’espérer et notamment la très forte volonté chinoise d’arriver rapidement à quelque chose ainsi que l’espoir que les USA aient la même volonté. Ces deux pays pourraient très bien jouer le rôle de moteur à l’échelon mondial.