Economies d’énergies : rénover vite pour économiser plus

Le coût de l’énergie ne diminue pas avec le temps. Au contraire, avec l’épuisement des ressources fossiles, il a même plutôt tendance à augmenter toujours plus vite.

Ainsi donc, il ne faut pas partir de l’idée que la rentabilisation d’une installation économisatrice d’énergie (ou productrice d’énergie renouvelable) ne doit pas se calculer sur de coûts énergétiques qui seraient restés constants mais qui, au contraire, auraient continué à augmenter. Cela veut donc dire que chaque année qui passe sans agir alourdit la facture finale.

À bien y réfléchir, je pense donc qu’il faudra mettre les grands moyens pour agir au plus vite (une décision qui intervienne dans les douze à dix-huit premiers mois après l’installation du nouveau Conseil provincial) et concrétiser un plan d’actions sur tous les bâtiments dont la Province compte garder la gestion dans le futur. Cela devra se faire par une analyse de la situation qui proposera au Conseil Provincial les situations budgétaires chiffrées et détaillées suivantes :

– option minimaliste: le maximum d’investissements possibles sans devoir mettre un sou (auto financé par les économies réalisées, avec le surplus de certaines économies qui compense le déficit d’autres)

– option médiane: on ajoute une intervention de la Province pour bouger le curseur et augmenter les travaux à réaliser. Cette intervention permettra d’assurer le financement de mesures supplémentaires qui sont rentables mais pas assez pour s’auto financer

– option maximale: on ajoute le montant nécessaire pour procéder à toutes les opérations d’économie d’énergie recommandées (suivant un choix recherchant le meilleur rapport coût / bénéfice en ce qui concerne la technique choisie) pour augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments

– option maximale bis: on ajoute le montant nécessaire pour faire passer tous les bâtiments dans le standard « basse énergie »

(c) Jean-Michel BAUD // Cette photo n’a pas un lien direct avec l’article mais est liée au thème des défis énergétiques

Une fois cette étude en main, le Conseil provincial aura toutes les cartes en main pour débattre et se décidera rapidement sur les montants qu’il voudra investir dans l’opération. Etant entendu que grâce à la connaissance précise des besoins apportée par l’étude, si des moyens budgétaires supplémentaires se libéraient les années suivantes, on pourrait alors les affecter adéquatement pour augmenter la liste des travaux sans problème.

La décision prise, il reviendra alors au Collège de l’exécuter avec toute l’autonomie nécessaire sur le choix des modalités de partenariat éventuel et de financement et il pourra lancer au plus vite les appels d’offres nécessaires.

Quelques années plus tard, un bilan intermédiaire sera effectué et une comparaison entre les résultats attendus et obtenus sera présentée au Conseil provincial. Ce dernier mettra à jour la décision de départ en prenant en compte le « réel ». Le Collège pourra alors terminer le programme des travaux jusqu’à la fin de la mandature.

Au final, ce sera un investissement qui aura profité à la planète, aux finances provinciales et qui aura augmenté la valeur du patrimoine de celle-ci tout en procurant ou garantissant de l’emploi à des entreprises de la Province. La Province de Namur est VERTE sur une bonne partie de son territoire, rendons-là toujours plus verte également dans la gestion de son administration et de son patrimoine. Faisons en une administration exemplaire et qui attirera les décideurs d’autres administrations qui chercheront à nous copier. Soyons un exemple pour les autres.

N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour débattre de la présente proposition si vous voyez des pistes d’amélioration.

Le télétravail : une nécessité ?

Pour écrire cet article, je me suis basé sur mon expérience de travailleur au SPF Sécurité Sociale, mes études et mes recherches sur le sujet. Toutefois, je vous recommande un article intéressant qui vient de l’écho si vous cherchez une source plus « neutre ».

Bien loin l’époque où on ne voyait dans le télétravail qu’une possibilité d’améliorer la mobilité en diminuant les déplacements. Aujourd’hui, les expériences de télétravail dans l’administration ou ailleurs se sont développées très fortement et on a un peu plus de recul et tout autant de bonnes raisons de l’implanter dans un nombre plus important d’administrations. Passons en revue quelques bonnes raisons et balises et tirons-en ensuite les conclusions pour les services de la Province.

Une meilleure mobilité

Commençons par un des arguments les plus vieux mais pas pour autant dépassé. Les administrations locales n’échappent pas au problème de la mobilité. Si elles comprennent souvent des travailleurs qui habitent plus près de leur lieu de travail, sur courtes distances, la voiture est parfois plus rapide et pratique que les transports en commun. Et les transports en commun sont souvent bien remplis aux heures de pointe qui sont, pour ceux qui travaillent près de chez eux, souvent similaires aux heures où les écoliers empruntent le bus.

Voir moins de personnes sur les routes, que ce soit dans un bus, un train ou une voiture présente donc un réel intérêt.

Moins de perte de temps / des temps scolaires plus gérables

Même pour des trajets « courts », on peut souvent perdre une heure dans les transports et c’est déjà ça de gagné lors d’une journée de télétravail. Le stress est également moins présent quand il ne faut pas multiplier les trajets et les horaires boulot / école /crèche. Avec des enfants plus grands et autonomes, il est même possible de faire une pause le mercredi pour aller chercher les enfants à l’école, puis de reprendre le travail.

(c) Samwebster

Des économies

Certains ne chauffent pas leur maison quand ils ne sont pas là. Moi, j’ai toujours eu l’impression qu’il vaut mieux avoir une maison qui est chauffée de manière sobre en continu plutôt que de devoir avoir à mettre les radiateurs à fond quand on rentre du travail. Ma consommation personnelle ne changerait donc pas en télétravaillant. Par contre, pour l’employeur, le télétravail offre la possibilité de substantielles économies présentes ou futures. En effet, si le lieu de travail est organisé avec les principes du Clean Desk et du Dynamic Office (pas de bureau personnel), on peut diminuer fameusement le nombre de m² à louer et à chauffer. Le SPF Sécurité Sociale économise par ce principe là 9 millions d’euro sur ces frais de fonctionnement. Pour un SPF de 1000 personnes (c’est plutôt petit par rapport à d’autres mastodontes), c’est déjà un beau résultat et on imagine très bien ce que ça pourrait donner si on l’appliquait plus largement. Où si on l’appliquait à la Province (qui a un nombre plus ou moins équivalent d’agents).

Un bien être renforcé pour les agents / une productivité en hausse / un employeur Sexy

Le télétravail rend les agents plus heureux. Par le principe de confiance, par la possibilité de dormir plus, par le fait de ne plus devoir faire face avec les soucis quotidiens de train ou de bus en retard, par la possibilité de mieux gérer ses différentes vies (familiale et professionnelle), l’employé qui bénéfice du télétravail est plus heureux. Et le cas du SPF Sécurité Sociale montre également qu’il est plus productif. Ou encore que son administration attire plus de talents pour qui les conditions de travail peuvent être très importantes. Or, les tensions sur le marché de l’emploi dans les années à venir font que les administrations ont tout intérêt à se rendre « sexy » dés maintenant pour continuer à attirer les talents demain au moment où le recrutement sera rendu le plus difficile, notamment pour des fonctions critiques.

Travailler depuis l’endroit où on se sent le mieux, c’était un rêve, cela deviendra de plus en plus la réalité. Moins de stress = un travail mieux et plus vite fait.

(c) citrixonline

A lire ceci, on pourrait croire que tout est parfait. Il y a cependant quelques balises qu’il est nécessaire de garder à l’esprit pour que ce soit une réussite.

Trois jours max

Le plafond actuel dans l’administration fédérale est de trois jours maximum. Trois jours ne me parait pas de trop. A vrai dire, je ne suis pas certain qu’aller au delà poserait vraiment problème mais je pense que cette limite reste une balise intéressante pour la généralisation du télétravail. Elle garantit un minimum de lien avec le lieu de travail officiel et est également une garantie aux adversaires de la mesure.

Libre choix

Il va sans dire que le télétravail devra toujours rester un libre choix. Ca ne se discute même pas.

Hiérarchie qui partage certaines valeurs

Si votre hiérarchie ne vous fait pas confiance, vous en demande deux fois plus quand vous êtes en télétravail, contrôle chaque minute passé loin du bureau et vous reproche les avantages même du télétravail (meilleure organisation du temps notamment), alors ça ne pourra JAMAIS marcher. Pire, cela vous donnera une mauvaise expérience de la chose. Il est donc important, avant de se lancer d’introduire des valeurs essentielles comme la confiance et l’orientation résultat et de faire également bien comprendre que la mesure vise EGALEMENT à mieux concilier la vie privée et professionnelle et que ça ne peut donc être reproché à l’agent.

Important, si ce n’est fondamental.

Droit réel et obligation de moyens de la part de l’encadrement

Le télétravail doit être un droit et non une faveur. Cela pour autant, évidemment, que le travail le permette (mais la logique est bien de permettre au plus grand nombre d’y accéder). Et pour que cela puisse être un droit réel, l’employeur doit avoir l’obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir pour rendre le processus de travail « télétravaillable ». C’est ainsi que la numérisation des dossiers, si elle est nécessaire au télétravail, sera entreprise. Il s’agit, en réalité, d’une vraie OPPORTUNITE pour l’organisation qui se voit obligée de redéfinir certains de ses processus de travail, souvent pour les numériser, en tous les cas pour les rendre plus efficaces pour l’agent et le citoyen (car la numérisation offre beaucoup de possibilités qui vont dans le bon sens).

Conclusion

Introduire le télétravail à large échelle, devenir une administration pilote qui marcherait sur les pas des organisations les plus modernes de ce pays et le faire savoir, voici des ambitions qu’on peut avoir pour l’administration provinciale. Si on le réalise dans une politique coordonnée de GRH modernisée, cela sera certainement au bénéfice de tous : citoyens ET fonctionnaires.

La placardisation dans les administrations

[article mis à jour le 09/03/2013 et le 15/09/2014]

Voici un sujet qui me tient à coeur. D’abord parce que je suis fonctionnaire, ensuite parce que j’aime la bonne gestion et, enfin, parce que c’est un gros problème de Gestion des Ressources Humaines et que c’est un peu mon domaine d’études.

Petite définition de la placardisation (après une recherche rapide sur internet, je n’en ait pas trouvé de satisfaisante) par moi-même:

La mise au placard d’un agent est le fait de lui retirer tout travail et/ou de détériorier fortement son environnement de travail (local, bureau, absence de lumière) tout en le mettant à l’écart de ses collègues. Il s’agit d’une forme de harcèlement moral. Les raisons peuvent être diverses. Parfois le placard existe dés le départ car le recrutement se fait pour une fonction pour laquelle il n’existe pas suffisamment de travail. Dans ce cas, le placard n’est pas intentionnel mais n’en fait pas pour autant moins de dégât. Cette situation est vécue comme une honte et sera cachée le plus souvent à l’entourage. Des techniques seront même parfois mises en oeuvre pour simuler un excès de travail ce qui rend la détection de ce type de situation paradoxalement plus difficile.

Zoé Shepard (de son vrai nom Aurélie Boullet) a écrit deux livres. Un premier « Asbolument débordée » et un deuxième « Ta carrière est finie« . Je vous les recommande tous les deux. Le premier est plus humoristique, le deuxième un peu plus dramatique mais tous les deux sont « réalistes » et certainement intéressants.

A propos de « ta carrière est finie » qui évoque plus particulièrement la placardisation, je vous invite à regarder la vidéo suivante présentant une petite interview de l’auteure. Elle ne dure que quatre minutes et, même si vous avez déjà lu le livre, ça rafraichit un peu en mémoire certains messages de ce dernier.

La Province de Namur est une grosse administration (plus de 1000 agents). Le risque que des gens se retrouvent dans un placard existe. Il est même certain car la Province a déjà été condamnée pour un fait pareil (cf cet article dans l’avenir) [mise à jour du 09/03/2013: nouvel article de l’avenir ou on confirme la condamnation] [mise à jour du 15/09/2014: article où on précise que les coupables ont été punis par leur parti]. Ce qui s’est passé pour cette femme est inqualifiable et n’aurait jamais du se produire. L’article évoque également d’autres pratiques qu’on dit « du passé » mais dont rien ne garantit qu’elles n’existent pas encore aujourd’hui.

Ce que je voudrais pour la Province de Namur, c’est une Gestion des Ressources Humaines qui soit attentive à détecter les placards, qui y mette fin et qui punisse ceux qui y ont recours. Et qui soutienne ceux qui l’ont subit. Ca passe par d’autres pratiques de gestion et l’oubli total des pratiques du passé comme celles dénoncées dans l’article (voir plus haut). La majorité actuelle étant là depuis 1985, elle se dédouanera difficilement de sa responsabilité dans cette affaire.

J’ai déjà quelques idées qui pourraient être mises en pratique par une nouvelle majorité:

– coaching et accompagnement des carrières par des agents de la cellule RH

– analyse des besoins et des fonctionnements des services avant tout recrutement ou tout remplacement de départ à la retraite (et réalisation de ce travail par des gens qualifiés, de préférence l’audit interne)

– analyse des taux de turn over et d’absentéisme par service ou équipe et enquête lorsque les taux se révèlent alarmants

– mise en place d’une manière anonyme, pour le service RH, de recevoir des plaintes sur le fonctionnement d’un service

– création d’une cellule d’audit interne placée directement sous l’autorité d’un chef ne devant rendre des comptes qu’au Conseil Provincial et désigné par ce dernier après appel à candidature large

– mise en place de procédures de mobilité interne facilitées permettant à des agents de s’investir dans des projets de l’institution sur une part de leur temps de travail ou de changer de fonction facilement et rapidement sur accord de l’audit interne

Si vous avez d’autres idées pour faire avancer le schmilblick ou des critiques sur les idées émises ici, n’hésitez pas.

Schéma de développement commercial de l’arrondissement de Namur

L’implantation d’un nouveau centre commercial se fait-elle, à Namur, à la légère ? 

Face à certaines interrogations légitimes (cela aura un impact sur une large partie de la Province de Namur et en tout les cas sur son chef lieu), j’ai donc voulu me renseigner sur l’impact du projet « Coté Verre » de City Mall (ex Foruminvest).

Assez rapidement, on se rend compte que deux études ont été commandées. Une par le promoteur et une par la région wallonne (cette dernière est dite « schéma de développement commercial de l’arrondissement de Namur »). Ne croyant aucunement dans la possibilité que le promoteur diffuse son étude, je décide d’aller demander celle de la Région Wallonne (document public puisque financé par des fonds publics). Il ne me faudra que quelques jours d’une personne à l’autre par échange de mails pour réussir à l’obtenir.

Elle comprend trois phases. La première a consisté en un diagnostic de l’existant. La deuxième a étudié ce qui pouvait être développé et l’analyse des conséquences pour chacune de ces possibilités. La dernière, la plus intéressante, s’appuie sur les deux premières phases pour fournir des conseils à l’autorité publique. Je la mets à disposition pour que vous puissiez la lire en cliquant sur le lien suivant (et comme ça vous évitez de faire le même parcours que moi et d’ennuyer des personnes qui ont autre chose à faire) :

Phase 3 du Schéma de développement commercial de l’arrondissement de Namur

Que dit cette étude ?

Besoin d’un centre commercial

Qu’il y a des manques commerciaux à Namur (dans certains secteurs), que la situation de la ville pourrait se dégrader si rien n’est fait (notamment pour offrit des moyennes et grandes surfaces), que la ville a de beaux atouts à défendre et à renforcer, qu’il y a une évasion commerciale (clients qui font leurs courses ailleurs) importante dans certains secteurs et que les loyers sont trop élevés, notamment. Que de ce fait là, l’augmentation du nombre de surfaces commerciales est tout à fait nécessaire.

Esquisse du projet Côté Verre de City Mall

Être attentif au bas de la ville

Elle dit également qu’il y a des dangers pour le bas de la ville si la délivrance du permis socio économique ne mets pas certaines barrières. Que de ce point de vue là, il y a donc une maitrise possible. Ainsi, si l’Inno rejoint le centre commercial, d’autres locomotives devront impérativement le remplacer ou alors il faut empêcher l’Inno de déménager. C’est possible en définissant la grandeur des surfaces commerciales que devra accueillir le centre. Il y aurait un intérêt économique à déménager l’Inno (il est deux fois plus petit par rapport à ceux des autres grandes villes wallonnes) mais cela comporte un risque si on ne prend pas garde que la Fnac ou Média Markt, par exemple, ne le remplace et donc n’aillent pas également se mettre à l’intérieur de « Côté Verre ». Vu les tailles différentes des uns et de l’autre, il est tout à fait possible d’interdire l’un en interdisant l’autre.

Par ailleurs, l’étude met en avant la spécialisation dans l’Horeca qui continuera dans le Vieux Namur et qui est une bonne opportunité pour ce quartier.

Bien positionner le centre + perméabilité

Il doit être proche des transports en commun et du centre ville. Ce sera le cas. Il doit également être le moins « autarcique » possible. On doit pouvoir passer du centre à la ville facilement et par différents endroits, il ne doit pas non plus être trop grand. Ce sera le cas et ce fut clairement imposé au promoteur.

Dimensionner correctement

Si on compare avec un indice complexe prenant en compte le contexte socio économique et la grandeur de la zone de chalandise, la ville de Namur peut accueillir 20 000m² supplémentaires pour monter un peu au dessous du niveau de Charleroi ou de Mons au niveau de l’offre. Elle est en tout cas la grande ville ayant l’indice le plus bas, de loin, actuellement.

Si on tient compte du nombre de commerces déjà existants, la dimension maximale va de 23 000 à 25 000 m² pour ne pas phagocyter les axes déjà existants.

Le projet prévoit 20 000m² brut (c’est à dire y compris couloirs, etc). On est donc dans l’ordre d’idée des balises émises par l’étude. Ouf.

Limites du présent article

Bien sur, ici, je ne parle que de l’étude SDC/AN. Je ne parle pas du permis socio économique car je ne possède pas ce dernier mais je fais entièrement confiance à l’échevine du commerce et à l’échevin de l’aménagement du territoire pour avoir respecté les consignes d’Augéo (auteur du schéma) lors de la rédaction de celui-ci. Par contre, la lecture d’une étude comme celle-ci est toujours intéressante et instructive pour comprendre les enjeux en question. Je vous invite donc, si vous avez un peu de temps et que vous vous intéressez au dossier, à le faire.

Je reste évidemment ouvert au débat (les commentaires sont là pour ça) mais ce projet me semble un plus pour la Province de Namur qui risque sinon de voir sa position commerciale s’affaiblir au profit de LLN, Charleroi, Liège ou d’un centre commercial déconnecté du centre. Et aucune de ces options n’est clairement bonne pour l’économie namuroise, pour la vie de la Capitale ou pour l’environnement (à mon avis).

L’enjeu sera de ne déforcer aucune partie de Namur (on pense au bas de la ville) notamment en y gardant des locomotives commerciales et en continuant à y garder une attractivité forte de l’Horeca (en imaginant que les chalands du centre iront manger ou boire un verre après avoir fait leur course et repasseront devant les commerces du bas de la ville ou tout simplement se rendront dans une des locomotives restantes du bas de la ville).

Que fait la province de Namur avec son argent ?

La réponse à la question va être difficile à donner. Ou plutôt, elle sera imparfaite. Quand on veut savoir ce que fait un pouvoir communal ou provincial avec son argent il est utile de regarder le budget mais il est surtout utile de regarder les comptes. Car seuls ces derniers reprennent les dépenses réellement effectuées.

Or, à la Province de Namur, les derniers comptes publiés sont ceux de 2006. Il y a six ans, donc !

J’aurais pu m’arrêter là et faire une « brève » en indiquant qu’avec Ecolo dans la majorité, ça ne se passerait pas ainsi et les comptes seraient publiés.

Mais, ce serait un peu court car l’analyse du budget peut elle aussi révéler des éléments intéressants. Après tout, ce n’est rien de moins que ce que l’on prévoit de faire avec notre argent.

Budget et note de politique générale 2012

Le budget 2012 ordinaire est publié ici. Je vous copie les deux graphiques ci dessous. Seul le budget ordinaire est représenté, pourtant, le budget extra ordinaire (dépenses non récurrentes, en gros) mériterait lui aussi plus de publicité.

Avec ces deux graphiques, on est pas encore super avancés.

Heureusement, une note de politique générale existe et explique en 38 pages une partie de ce budget provincial.

Si, depuis 2009, nous avions droit à la présentation des dépenses par secteur et des dépenses en répartition économique (dette, personnel, frais de fonctionnement), ce n’est pas le cas en 2012 mais j’ai l’impression qu’il s’agit seulement d’un simple oubli de la personne chargée de mettre à jour le site.

Analyse rapide

1. Les chiffres

Ce que les graphiques ne montraient pas, la note budgétaire le dit. La Province, c’est, « en prévision » (nous sommes dans un budget), 151 millions de recettes, 141 millions de dépenses et boni de 8 millions à l’exercice général.

Les recettes étaient encore de 133 millions en 2007. L’augmentation est donc de 18 millions ou de 13,5%. Ca peut paraitre beaucoup mais il ne faut pas oublier que l’inflation joue aussi dans ce chiffre et qu’une part importante des dépenses sont des salaires qu’il faut indexer régulièrement.

2. Le personnel

Sur les six dernières années, il y a 40 équivalent temps plein qui ont été perdus (-3,7%). Mais il y en a aussi à l’heure actuelle 40 de plus qu’au plus bas de ces six dernières années (où la baisse avait été de 7,5% par rapport à 2006). Le nombre d’agents est au total de 1023,24 ETP.

3. Charge de la dette

Apparemment, la province se désendette, ce que nous ne pouvons que souligner positivement. La charge est passé de 20 millions (tout de même !) à 17 millions.

Conclusion rapide

Il est positif de constater que la Province se désendette et qu’elle investit dans des secteurs importants comme l’enseignement. Son personnel est en légère diminution. Ses dépenses et recettes augmentent sans que cela ne soit trop important au regard de l’inflation.

Toutefois, la note de politique générale donne des informations sur les dépenses mais sans aucune exhaustivité et parfois de manière bien trop parcellaire. Il est difficile d’examiner réellement ce que représentent les chiffres et les services que rend la province. On ne peut pas se contenter de chiffres qu’on nous donne ici et là sans plus d’informations.

Et c’est là que se situe le problème. Les comptes ne sont pas disponibles du tout (bien sur nous ne nous attendions pas à retrouver ceux de 2012 mais au minimum ceux de 2011) et les chiffres budgétaires sont très généraux. Ils devraient pouvoir être disponibles, détaillés jusqu’au dernier carat. Cette exigence nous parait plus qu’élémentaire. Tous les chiffres devraient pouvoir être disponibles et nous le réclamerons pour que tous les citoyens puissent jouer leur rôle et s’informer exactement sur la situation de leur province.

80 000€ pour les futurs conseillers provinciaux

En 2012, vous élirez 37 conseillers.

Dans le budget 2012, la Province a prévu de leur acheter du matériel informatique pour 80 000€. Si vous faites le calcul avec moi, vous verrez donc que chaque conseiller se verra offrir du matériel informatique pour 2 162€ par personne. En tout cas, c’est le maximum prévu.

Espérons que ce chiffre se révélera finalement MOITIE moindre (minimum !). 800€ suffiraient déjà très largement pour acheter des ordinateurs portables de qualité avec les logiciels nécessaires. A titre personnel, j’ai du renouveler mon matériel cette année et ait réussi à le faire pour moins de 500€.

Quartier de la gare de Namur

Pour introduire

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un enjeu dépendant de l’institution provinciale, il s’agit quand même d’un débat qui m’intéresse et qui aura des conséquences pour un territoire bien plus large que celui du seul chef lieu de la province. Je ne suis pas candidat à la commune mais je reste un citoyen namurois, je me permettrai donc de m’exprimer ici brièvement sur le sujet et ce sera principalement en tant que citoyen namurois plus qu’en tant que candidat provincial (autrement dit, je n’engage pas mon parti même si je ne contredis pas ses positions sur le sujet).

Pour résumer un peu, je parle ici du réaménagement du quartier de la gare avec notamment le déménagement de la gare des bus sur le toit de la gare SNCB, la construction d’un centre commercial de 20 000m² pour les grandes et moyennes surfaces, l’extension du nombre de places de parkings et la libération de la voiture sur la moitié des voiries devant la gare. Pour simplifier.

une vue du projet actuel

Position du PS

Par rapport à cela, les trois partis dans la majorité partagent le projet. Il est donc intéressant de voir ce que propose l’opposition au conseil communal (PS) d’autant plus que celle-ci était dans la majorité lorsque les premiers projets furent discutés avec le promoteur. Page 15 de leur programme, ou ici, on peut lire ceci:

« Réaménager le square Léopold  et recréer le lien entre Namur et Bomel  par la couverture des voies de chemin fer. »

Ce n’est pas très précis mais heureusement, une candidate PS (pas n’importe qui: numéro 3 sur la liste) a décrit un peu plus ce qui est entendu par là dans un billet de blog. Une contribution où il y est dit:

– que le PS est enthousiaste à propos du centre commercial et pas du déménagement de la gare des bus sur la dalle (en estimant que les coûts sont trop élevés en regard du fait que tous les bus ne seront pas concernés)

– en lieu et place, ils proposent d’agrandir la dalle actuelle pour l’amener vers le pont de Louvain. D’y construire des parkings, d’y faire passer tous les bus et d’y construire un grand parc arboré pour aller et venir au centre commercial et en ville. Cela permettrait, selon madame Déom de garder le square Léopold « réaménagé ».

Voir l’extrait in extenso en cliquant sur l’image:

Réactions

1. Localisation du centre commercial ?

Le simple fait de parler de square « réaménagé » est déjà un fameux aveux sur son état actuel. Toutefois, pour le sauver il faut bouger le centre commercial. Mais la proposition « concrète » n’est pas très claire sur ce dernier. On le mets où ? Et on lui donne combien de m² ? Car, si on recouvre les voies de chemin de fer jusqu’au pont de Louvain, on triple l’étendue actuelle de la dalle et donc on augmente forcément les surfaces à « rentabiliser ». Car le coût d’une telle opération ne pourrait être prise en compte par les pouvoirs publics. Et vu l’énormité du montant en jeu, ce ne pourrait être que City Mall lui-même (société derrière Coté Verre, le projet actuel).

Donc, là, on découvre les premières difficultés. Il faut convaincre City Mall d’investir pour faire un centre commercial plus grand en le faisant sur un autre terrain en plus de celui qu’elle a acheté. Il faut donc la convaincre de faire un investissement bien plus grand et d’offrir bien plus de mètres carré commerciaux (problématique pour la ville quand le schéma de développement commercial recommande de ne pas aller au delà de 25 000m² MAX). Cet agrandissement substantiel nuirait très fortement aux commerçants de l’axe rue de fer / rue de l’ange et pourrait même les tuer (tout est une question de proportion) en y attirant les « locomotives ».

2. La gare des bus ?

Si je suis évidemment d’accord sur le fait qu’il soit dommage que tous les bus ne puissent pas migrer vers la dalle, il faut alors trouver un moyen de faire venir les bus urbains sur celle-ci et de les faire partir dans la bonne direction. Ils n’ont pas le même parcours que les bus périurbains puisqu’ils viennent du boulevard Mélot et partent en direction de la rue de fer ou viennent de la rue Godefroid puis partent en direction du boulevard Mélot (pour beaucoup d’entre eux).

Ce ne sont pas les trajets les plus faciles à relier à la dalle mais admettons que ce soit possible. Le coût, lui, en sera de toute manière démultiplié alors que les pouvoirs subsidiants se sont déjà entendu sur une enveloppe maximale et que c’est la crise.

C’est d’ailleurs ce qui me fait penser que cette extension de la dalle pour les bus n’est possible que si City Mall prend à sa charge les dépenses supplémentaires, ce qu’il ne pourrait faire qu’en échange d’un agrandissement de ses surfaces commerciales (voir point précédent).

3. + de nouveaux parkings ?

Pour les parkings, le projet actuel en prévoit déjà plusieurs centaines de places supplémentaires, on en rajouterait donc encore. Pourquoi pas bien que l’augmentation prévue via un parking SNCB et le parking souterrain projeté est déjà substantiel. Mais rien n’est dit sur leur localisation imaginée. Y a-t-on réfléchit ?

4. Un nouveau parc arboré ?

L’idée est séduisante … s’il n’y avait que ça. De nouveaux jardins suspendus, cela donnerait une belle attractivité à la ville. Mais le rapport coût – bénéfice d’un projet aussi mégalo l’enterrerait aussitôt. Et des arbres, ça grandit, ça provoque de l’ombrage, ça peut tomber en cas de tempête, ça a besoin de place pour les racines. Quand à la fréquentation d’un tel parc, comme l’espace serait partagé avec une gare des bus (et un parking ?), on doute quand même de l’attractivité de la chose (pas très sécurisant pour faire jouer les enfants surtout que ce sera fameusement en hauteur). Le soir et la nuit, ce grand parc risque, de plus, de devenir aussi peu sécurisant que le parc Louise Marie actuellement.

5. Et les navetteurs, on les oublie ?

On a l’air de l’oublier dans ce projet de grande esplanade mais il y a aussi des usagers qui prennent le train ! Et les plonger dans un noir quasi absolu n’est pas la solution la plus sécurisante ni la plus agréable pour eux. Alors qu’actuellement, on peut bénéficier d’une lumière naturelle suffisante sur une bonne partie des quais (et même une partie sous dalle suivant l’heure du jour), ce sera très loin d’être le cas avec cette « méga » esplanade vu l’endroit où elle se trouve et son orientation par rapport au soleil.

6. Et les bomellois ?

Le projet d’esplanade prétend faciliter les échanges entre Bomel et le centre ville. Hum. Peut-on rappeler que la voie rapide qui longe le chemin de fer a un rôle important de délestage du trafic de transit sur le Boulevard du Nord et devant la gare ? Et qu’il est prévu de la prolonger vers le début du Boulevard d’Herbatte pour améliorer sa rapidité et sa fluidité ? Que dés lors, ce n’est pas nécessairement le meilleur endroit pour faire passer les habitants de Bomel au centre et vice-versa ? En gros, ils continueront donc de passer par la gare comme actuellement, ça ne changera strictement rien.

Conclusion

Qui est mégalo au final ?

Si le projet actuel est accusé par certains d’être mégalo ou « bling bling ». Que dire de celui d’une esplanade jusqu’au pont de Louvain ?

Le détail piquant …

Dans sa lettre de précampagne, la tête de liste déclarait qu’elle avait « agi pour que le projet (nda: on parle bien du projet de la majorité qu’elle décrie maintenant) de la dalle de la gare se réalise« . Deux mois après, le programme du PS se montre opposé à ce même projet … cohérence !

Conclusion finale

La proposition du PS a au moins l’intérêt de mettre sur la table une idée qui méritait d’être étudiée et débattue publiquement. Je dois bien avouer que je l’ai trouvé séduisante au premier abord mais le coût de celui-ci et le danger d’un centre commercial trop agrandi (nécessaire pour prendre en charge ce coût démesuré) me convaint qu’il n’est probablement pas meilleur que le projet actuellement sur la table.

 

Rajout du 02/10/2012:

Pour compléter ce que je disais à ce sujet, l’échevin Gavroy a affirmé sur Facebook à propos de ce projet:

« Cette alternative n’est pas crédible et elle est contreproductive. Il n’y a pas d’argent public pour étendre la dalle de la gare vers le pont de Louvain. Si le privé paye cet investissement, il demandera un centre commercial de 50.000m2 pour rentabiliser la dépense, ce qui représente une suroffre qui tuera les commerces existants. Pour réussir la complémentarité entre anciens et nouveaux commerces, il faut que le centre commercial soit construit en connexion directe avec la rue de fer. Le reculer vers les voies l’isolera des autres commerces. C’est ce que recherche habituellement les promoteurs pour assurer la seule réussite de leur centre. C’est ce que nous ne voulons pas à Namur, où nous avons imposé qu’il soit dans le prolongement direct du haut de la rue de fer. »

Je pense que cela va assez bien dans le sens d’un des arguments de l’article.

Défendre des projets ou attaquer des partis ?

Le niveau du débat politique ne s’élève jamais quand, au lieu de défendre un projet, on attaque des personnes ou des partis. Surtout quand on évite d’utiliser des arguments. Le MR à Namur n’aime pas fort Ecolo, on finit par le comprendre des communications d’une partie de ses membres au fur et à mesure du temps.

Ainsi, dernier fait en date, et j’en parle car il s’agit d’un fait provincial, un député permanent s’exprime sur l’interview du Ministre Nollet dans La Libre. Il le fait via une photo de l’article (visible ici). En fait, non, pas de l’article mais plutôt d’une de ses petites phrases mises en avant par les journalistes ou la rédaction en chef et qui visent souvent à ressortir une information du contexte pour attirer le regard.

Que la photo contienne la partie de texte complète et contextualisée, c’eut été sans doute trop demander. Reproduisons ici ce qui est donc mis en avant: « On peut vivre sans les provinces, mais il faut de la supracommunalité pour aider davantage les communes. »

Nous continuons en reproduisant le commentaire du Député permanent:

« Selon Jm Nollet (LLB-3/9/12), « on peut vivre sans les provinces mais il faut les remplacer par autre chose ».
Selon moi, on peut vivre sans les ECOLOs car nous menons très bien des politiques environnementales et de développement durable… »

Le commentaire, dont la subtilité saute aux yeux (le lecteur ne se sent pas du tout pris pour un con) est une sorte de téléphone arabe de l’écrit. En une seule retranscription, le message s’est déjà retrouvé déformé. En effet, supracommunalité est devenu « remplacer par autre chose ». Reconnaissons que ça ne veut pas dire la même chose. D’un coté on prétend vouloir continuer à soutenir les communes (ce qui n’est pas l’unique fonction des provinces)  et de l’autre ça devient, on supprime les provinces mais on « remplace par autre chose » (supposément pour reprendre toutes les fonctions actuelles).

Rappelons que derrière l’idée de la suppression des provinces, il y a d’abord en premier lieu celui d’une meilleure gestion des deniers publics, moins de doublons, plus de démocratie, une couche institutionnelle en moins. Si on supprime les provinces, on ne supprime pas pour autant les intercommunales (qui font souvent du très bon boulot sur Namur) et on ne virera pas pour autant les fonctionnaires. Mais on fera le changement dans une longue transition avec transferts vers d’autres niveaux de pouvoir, compétence par compétence. Cela aurait d’ailleurs l’intérêt d’offrir plus décentralisation à la Région Wallonne et à la Comunauté française. Et au final, il y aura soit des impôts en moins, soit de l’argent qui pourra être mieux utilisé.

Je passe sur l’attaque Ecolo car ce n’est pas à M. le député permanent de décider si Ecolo doit exister ou non et pourquoi mais tout simplement aux électeurs. Sur le fond de la proposition du Ministre Nollet, je ne la connais pas, l’article n’est pas disponible en ligne en intégralité et date déjà d’hier.

La coalition actuelle MR – PS est en place, sans discontinuer, depuis octobre 1985 (j’avais même pas un an !). Je sais pas pour vous, mais moi je trouve qu’un peu de changement ne peut pas faire de tort. Et nous, c’est sans exclusive encore bien (on peut travailler avec tout le monde, c’est le programme qui compte) car si Ecolo se présente aux élections provinciales, c’est bien pour être candidat à sa (bonne) gestion, pas pour rester au balcon.

Quand à l’avenir des provinces, leur disparition ou évolution, aussi bizarre que cela puisse paraitre, c’est en réalité un enjeu d’abord régional car c’est là que ça se décide. On peut en parler durant cette campagne, et je le ferai plus tard, mais ce n’est pas ici que ça se décidera.