Reportage du Paris Match du 3 juin 1967 sur l’incendie de l’Innovation

J’ai redécouvert ces archives chez mes parents. Magnifiquement conservé, le Paris Match de 1967 directement après l’incendie de l’Innovation. C’était du journalisme d’une autre époque mais, pour tous ceux que cela intéresse et qui ont vécu l’incendie de l’Innovation de près ou de loin, j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un intérêt à partager ces archives.

J’ai donc entrepris de les numériser puis de les retranscrire. Elles sont vraiment d’un intérêt élevé. Merci à Paris Match pour ce travail de qualité qui cinquante ans après reste toujours intéressant. Si cela intéresse quelqu’un, je tiens les scans à disposition.

Images et textes (c) Paris Match

Bruxelles, la tragédie du grand magasin

2000 personnes prisonnières du feu. C’est l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de Bruxelles qui commence…

Ces mannequins en feu, deux mille personnes

Il est 13h30. Les sirènes hurlent. Le feu soudain est partout. Derrière les vitres, des silhouettes flambent comme des torches. Ce ne sont encore que des mannequins. Mais il y a des centaines d’hommes et de femmes qui cherchent désespérément à échapper aux flammes. Pour plus de trois cents d’entre eux, ce sera une mort horrible.

Ils préfèrent mourir en sautant dans le vide

Il est 13h45. Déjà le magasin n’est plus qu’un immense brasier. Les prisonniers du feu brisent les vitres des fenêtres, escaladent des corniches, se glissent sur les toits. Ceux qui n’ont pas d’autre issue plongent dans le vide. D’autres pour qui le danger est moins pressant, mais qu’une peur atroce a aveuglés se jettent sur les trottoirs de la rue des Damiers. Ce sont les premières victimes. Les pompiers disent : « Nous n’avions pas assez de bâches pour tous. »

Il a sauté de quinze mètres. En trois minutes, de cette fenêtre, six autres personnes l’ont imité. A gauche, ci-dessous, on a placé sur des brancards ceux qui se sont écrasés sur le sol : on recouvre leur corps. A droite, des volontaires sont accourus et tendent une bâche pour sauver les prisonniers du feu.

13H25, alerte : les robes de communion flambent comme des torches…

– Vingt-cinq minutes au bord d’une gouttière, croyez-moi, c’est long ! Surtout quand la gouttière chauffe… Ses deux mains brûlées jusqu’à l’os disparaissent sous deux énormes pansements. Il les agite sans cesse devant son visage, comme un vieux boxeur qui raconterait le combat de sa vie.

– Dire que j’ai failli crever là-dedans, comme un rat, ça n’est pas imaginable !

S’il en veut au destin, François Couturat sait pourquoi. Ce Français de Bruxelles a derrière lui vingt ans d’aventures sur toutes les mers du monde, du Chili à Zanzibar. Il venait enfin de s’établir dans un emploi tranquille : directeur de la filiale belge d’une société française de produits pharmaceutiques.

– J’étais allé déjeuner en vitesse au self-service de « l’Innovation » avec M. Coppens, mon collaborateur flamand. A côté de nous, je me souviens, deux vieilles dames belges parlaient de l’existence de Dieu. Il était un peu plus d’une heure et nous allions sortir. Comme j’avais une lettre urgente à poster, Coppens m’a fait remarquer que le magasin possédait un bureau de poste au quatrième étage. Nous y sommes montés. Et là, nous avons pris la file au guichet, avec une dizaine de personnes. C’est alors que la sonnette s’est mise à tinter. Une sonnette de rien du tout, fixée contre un pilier tout à côté de moi. Derrière son guichet, le postier n’a même pas levé les yeux. Devant moi, une femme continuait à jouer avec son chien. A travers la sonnerie nous avons entendu quelqu’un crier. Une dame, l’air agité, qui répétait : « Au feu ! c’est l’alerte au feu ! » Le postier m’a souri avec un air de commisération du côté de la dame. C’était mon tour et je lui ai tendu ma lettre. La sonnerie tintait toujours. Soudain, le postier a pris un air ennuyé.

– Désolé, m’a-t-il dit. Moi, j’arrête.

Je m’apprêtais à redescendre, quand la sonnerie s’est interrompue. En même temps toutes les lampes se sont éteintes. Et alors je me suis retrouvé dans la nuit : de l’escalier du troisième arrivait un torrent de fumée. Une fumée âcre, bizarre, si épaisse qu’en quelques secondes, elle avait envahi tout l’étage. Autour de moi, je ne distinguais plus personne. J’entendais des cris, et aussi les aboiements du petit chien qui s’éloignaient dans l’obscurité. Je commençais à suffoquer. Dans le fond du magasin, j’aperçois une lueur : une fenêtre. Je cours. Deux silhouettes me précèdent, ouvrent la fenêtre : une femme et un homme que j’ai le temps de reconnaitre comme le postier. Ils enjambent l’appui et disparaissent. Quand j’arrive à la fenêtre, je me penche dans l’espoir de trouver une corniche. Et j’aperçois, vingt mètres plus bas, deux corps disloqués sur le trottoir : le postier et la femme au milieu d’une mare de sang…

Le service de sécurité : quatre pompiers

Ici, il faut arrêter le récit pour une constatation capitale : les sonnettes d’alarme étant les mêmes que celles du service, personne sur le moment ne s’en est inquiété. « On n’y a pas cru », tel est le leitmotiv des rescapés. Pire : souvent ce sont les employés eux-mêmes qui ont rassuré leurs clients. C’est que, comble de malchance, il était presque 13H30, heure habituelle de la sonnerie pour la cantine.

A côté du bureau de poste, au rayon des meubles, un des vendeurs s’appelle Raymond Remiers. Comme on est à l’heure creuse du déjeuner, que le lundi est un jour creux et que le mois de mai est lui-même une période creuse, un trou commercial entre les « communions » et le « balnéaire » – sans quoi, combien de morts déplorerait-on aujourd’hui ? – M. Raymond et les autres vendeurs ont tout le temps de s’offrir une petite causette. Mais la sonnerie en signal continu (alors que celle du service est intermittente) finit par l’inquiéter.

– Le feu ! crie M. Raymond. Et il court au bout du couloir où se trouve le bureau des secrétaires de l’administration. On l’accueille en riant :

– Allez ! allez ! M. Raymond, vous nous faites encore marcher, une fois.

Il est alors 13H35, au plus il est 13H40. C’est-à-dire que l’alerte a été donnée depuis un quart d’heure à peine et déjà tout brûle. Comment expliquer cela, qui semble passer l’entendement ?

Il faut revenir à l’origine du feu. 13H25, au premier étage, rayon fillette. Mme Vandenhaegen, la vendeuse rentre à l’instant du self-service. Elle remarque une odeur bizarre :

– On dirait que ça brûle quelque part.

Et elle se dirige vers sa remise. La remise est une sorte de compartiment à ciel ouvert élevé au milieu de chaque rayon d’habillement à l’aide de cloisons de contre-plaqué, qui sert à la fois de salon d’essayage et de réserve pour les vêtements. Quand elle arrive devant le local, Mme Vandenhaegen voit des flammes danser au sommet des cloisons. Elle ouvre la porte. A l’intérieur, ce n’est plus qu’un brasier.

– Je me souviens surtout des robes de communion, qui flambaient comme des torches.

La jeune femme court à travers les rayons pour chercher le pompier le plus proche qui se trouve à une cinquantaine de mètres.

C’est un petit homme de soixante ans, Marcel Fretin, un ancien pompier municipal à la retraite (pour cet immense magasin, le service de sécurité est constitué, en tout et pour tout, par une permanence de quatre pompiers). Et encore le quatrième est-il allé déjeuner.) Fretin accourt avec un extincteur. Mais le jet semble tout de suite dérisoire devant le brasier qui ronfle. Le pompier se replie vers son poste, fait donner l’alarme et s’élance dans l’escalier.

Le tiers des clients était au restaurant

– Que voulez-vous ? Je me suis demandé ce que je pouvais faire. Alors j’ai pensé à la petite fille de la téléphoniste qui était avec sa mère au bureau de poste du quatrième. Je l’ai prise sur mes épaules et je l’ai descendue dans la rue. Après je ne sais plus. Les pompiers de la ville sont arrivés. Je me suis mis avec eux.

Mme Vandenhaegen, la vendeuse, a gagné calmement la sortie par l’escalier. Quand elle est arrivée dehors, la rue était déjà noire de fumée.

– Je n’arrive pas à comprendre, dit-elle. Le matin même j’avais visité ma remise, rangé les robes. Il n’y avait absolument rien à l’intérieur qui puisse être une cause d’incendie. Pas de fer à repasser, pas de réchaud, pas la moindre prise de courant. Et pas question de fumer en cachette : ce serait le renvoi immédiat. Alors ?

Pour l’heure, l’origine du feu est encore un mystère. Mais il est un autre point que le témoignage que Mme Vandenhaegen nous a livré peut éclairer : c’est la rapidité avec laquelle s’est propagé le feu, si grande qu’on a pu croire que l’incendie s’était déclaré en plusieurs endroits à la fois. Mais lorsque le feu a été découvert, il s’agissait déjà d’un énorme brasier. Or, les cages d’escalier n’étaient qu’à quelques mètres de là. On peut donc penser que les flammèches s’y sont engouffrées et qu’elles ont ainsi essaimé en quelques instants l’incendie sur toute la hauteur du bâtiment.

Une autre raison pour laquelle le feu s’est propagé si vite est commune, celle-là, à presque tous les « grands magasins » d’Europe. Datant du début du siècle, parfois de plus loin, ils furent, à l’origine, des temples de la frivolité bâtis dans le style de leur époque : verrières, boiseries, ferraille, stuc. Et depuis, sur ces armatures fragiles, toutes les modes ont laissé leur dépôt. Au cours des ans, des faux-semblants de carton, de papiers et de contre-plaqué sont venus s’y stratifier, au gré de « rénovations » qui n’ont été, le plus souvent, que des maquillages commandés par le goût du temps. Pas de meilleur aliment pour le feu que ces vieux oripeaux. L’ « Innovation » venait de recevoir son dernier déguisement : la quinzaine américaine. Pour cette « U.S. parade », on n’avait pas lésiné sur le calicot. De haut en bas du magasin s’étiraient banderoles aux couleurs américaines, bannières étoilées, guirlandes et affiches géantes.

Heureusement, nous l’avons vu, ni l’heure, ni le jour, ni l’époque ne favorisaient la fréquentation du magasin. La clientèle, au moment de l’incendie, pouvait être évaluée à sept ou huit cents personnes, auxquelles s’ajoutaient environ mille deux cents employés. Par chance, beaucoup d’employés déjeunaient encore à la cantine du sous-sol.

Mais le tiers au moins des clients étaient au self-service du troisième étage, réputé dans tout Bruxelles pour ses plats et ses prix. Christiane Paul, dix-neuf ans, étudiante en philologie à la faculté de Saint-Louis, occupe une table avec trois amies. Elles n’ont qu’une heure, entre deux cours, pour le déjeuner. Et le self d’ « Inno », outre qu’il sert vite, prend les bons de repas de la faculté.

Les quatre amies parlent bas, car un de leurs professeurs, M. Motte, déjeune à une table voisine. Christiane avale les dernières cuillerées de son gâteau de riz quand l’odeur de la fumée lui parvient. Une serveuse arrive en courant : « Le feu ! ». Christiane et ses camarades sont à peine debout qu’elles commencent à suffoquer. Autour d’elles, des gens passent, se tenant la gorge avec les mains. Heureusement, Christiane a l’habitude des lieux. Suivie de ses trois camarades elle se dirige tout de suite vers la sortie de secours. Pour l’atteindre, il faut enjamber le tapis roulant sur lequel circulent les plats.

M. Motte, le professeur, a suivi les jeunes filles. Mais, au moment de franchir le tapis roulant, il s’est effondré, terrassé par l’asphyxie. Christiane et ses amies, avec un groupe de serveuses et de clients, parviennent jusqu’à une fenêtre au pied de laquelle se trouve une échelle de fer. Mais l’échelle longue seulement de quelques barreaux, ne domine que le vide. Quatre ou cinq mètres plus bas, c’est l’arête d’un toit à double pente. Et ce toit est une verrière. Une grosse dame, folle de panique, s’agrippe au dernier barreau, lâche prise. Et les jeunes filles, terrifiées, la voient disparaitre à travers la verrière. A présent, sous l’échelle, il n’y a plus qu’un trou béant. Christiane, qui n’a pas perdu la tête, se suspend à son tour. Et en imprimant un mouvement de balancier à son corps, elle réussit à éviter le trou et à tomber à plat sur l’autre face de la verrière. Tout le monde l’imite. Et le toit, miraculeusement, ne cède pas. Au bout du toit, il y a une corniche de tôle. Et, au bout de la corniche, d’autres toits qui mènent jusqu’à la façade d’un bâtiment où l’on finit par découvrir une fenêtre ouverte. On s’y engouffre. Et l’on pénètre dans une sorte d’entrepôt obscur, dont toutes les portes sont verrouillées. Pendant d’interminables minutes, les jeunes filles montent et descendent l’escalier à la recherche d’une issue.

13h50 : l’aluminium de la façade fond. A l’intérieur, plus de survivants.

La seule qu’elles trouvent est une fenêtre donnant sur une cour intérieure formée par la terrasse d’un toit du rez-de-chaussée. Là, des corps disloqués gisent. Christiane et ses compagnons lèvent les yeux vers la façade intérieure du magasin. Et elles voient quatre personnes sauter par les fenêtres et s’abattre, sans un mot, sur la terrasse.

Horrifiées, les jeunes filles retournent à l’exploration de leur entrepôt. Enfin, c’est une serveuse qui trouve l’issue. La minute d’après, sans comprendre comment, toute la bande se retrouve dans la rue Neuve, à l’entrée principale du magasin. Alors Christiane s’aperçoit qu’elle a la jambe couverte de sang : un morceau de la verrière qui lui était entré dans le mollet. Quant à sa camarade Jacqueline, qui s’apprêtait à signer son bon de repas au moment de l’alerte, elle tient toujours son stylo à la main droite et elle a gardé son sac dans la main gauche.

Comment a-t-elle pu descendre l’échelle, sauter sur la verrière et courir de toit en toit avec les deux mains occupées ? Ce sont des choses qu’on n’explique pas à la faculté.

La baronne Griendl, elle, était moins familière du self-service. Elle achevait de déjeuner en attendant son fils Olivier, un garçon de douze ans, qui était allé au rez-de-chaussée voir le règlement du grand concours dont le vainqueur passerait trois semaines aux U.S.A. Tout à coup, Olivier remonte et crie : – Mère, tout brûle ici !

Aussitôt l’étage est envahi par la fumée. La baronne se dirige vers l’escalier. Mais il est plein à craquer.

– D’abord, je me suis mise à crier : « Avancez donc ! » Mais en regardant bien – ce qui n’était pas facile avec la fumée – je me suis aperçue que les gens n’avançaient pas parce qu’en arrivant à l’étage inférieur les premiers de la file s’effondraient, morts de suffocation. Alors mon fils a eu un trait de génie. Il a enfourché la rampe. Il a pris sa respiration et il s’est laissé glisser d’une seule traite jusqu’au rez-de-chaussée. Le petit diable était sauvé !

La baronne, elle, prise au milieu de la cohue, pense qu’elle va mourir. Elle n’est pas la seule.

– C’est alors que, derrière moi, j’ai entendu quelqu’un murmurer : « Je donne ma vie pour le Vietnam. »

On a beaucoup épilogué, depuis lors, sur cette déclaration. Dans les jours précédents, un groupe de communistes prochinois s’était livré à plusieurs manifestations contre la parade américaine d’ « Innovation ». Un jour, lancée de la plus haute balustrade, une pluie de tracts s’était abattue sur la foule des chalands. « Ceci, pouvait-on lire, n’est qu’un avertissement… Les anti-impérialistes sont décidés à employer de nombreux autres moyens pour faire entendre leur volonté. »

Vivante au milieu des cadavres

D’où l’hypothèse – terrible à concevoir, mais impossible à exclure – qu’un exalté pourrait être à l’origine du drame. Mais la baronne Griendl ajoute :

– J’insiste, l’homme qui a dit cette phrase l’a murmurée, et non pas criée. A moi qui suis chrétienne, cela a donné une idée. J’ai dit : « Je meurs pour tous ceux qui souffrent », et je me suis évanouie.

Quand elle revient à elle, la baronne sent un souffle d’air sur son visage. A côté d’elle, une fenêtre vient de s’ouvrir. Un pompier apparait.

– Y a-t-il des vivants, ici ? demande le soldat du feu.

– C’était, dit la baronne, un homme immense qui m’a semblé haut d’au moins deux mètres. J’ai eu tout juste la force de soulever la main. Je crois bien que j’étais la seule vivante au milieu d’une douzaine de cadavres. Il m’a saisie d’une poigne terrible et m’a emportée par la fenêtre.

Pierre Deroubaix, trente-huit ans, est vendeur au rayon des accessoires auto. Il entend crier « au feu ! » et bondit à travers le self-service où les gens déjeunent dans un paisible cliquetis de fourchettes.

Les clients le regardent, hébétés, hésitant à se lever. Autour du restaurant, c’est déjà un mur de flammes. Pierre Deroubaix saisit une chaise et brise quatre ou cinq fenêtres qui donnent sur les toits des boutiques basses du magasin. Et, d’un seul coup, c’est l’affolement. Près de lui, Deroubaix entend une voix qui exhorte des gens au calme : c’est M. Delsipée, le directeur du magasin. Avec la dame du vestiaire, Josette Lutwig, tous deux vont se relayer pour aider les gens à passer par les fenêtres. Bientôt, tout devient si sombre qu’il est impossible de distinguer quelqu’un. Il faut opérer à tâtons. Au bord de la fenêtre, une femme, suffoquant, hurle :

– Mon enfant ! Je veux mon enfant !

Et elle fait mine de retourner vers le restaurant. Pierre Deroubaix lui assène une énorme gifle et l’arrache du sol pour lui faire passer l’appui de fenêtre. Puis il se retourne et la dernière silhouette qu’il aperçoit est celle de M. Delsipée, qui vient de sauver une fillette et qui repart, à tâtons, dans la fumée, bras en avant, comme un somnambule, en quête d’un nouveau sauvetage. Ce sera le dernier témoignage sur M. Delsipée, le directeur d’ « Innovation », mort comme un capitaine de la tradition.

Pierre Deroubaix n’en peut plus. Ses yeux, ses mains, son visage lui cuisent atrocement. Il passe la fenêtre à son tour. Sur les toits, au-dessous desquels gronde l’incendie, il lui faudra encore défoncer à coups de pied une barrière d’aluminium chauffée au rouge avant d’atteindre, enfin, le refuge où les pompiers viendront le chercher pour le transporter à l’hôpital, la face et le cou brûlés, à demi aveugle.

Yan Van de Gehuchte, un jeune Flamand de vingt ans, est cuisinier au self-service. Nu comme un ver sous sa blouse blanche, il a déjà préparé deux cent cinquante repas sur ses fourneaux. Quand l’alerte retentit, il court à la porte de la cuisine. Puis il revient précipitamment pour fermer ses robinets de gaz. Quand il ressort, l’air est irrespirable. Yan enlève sa toque blanche et se l’enfonce dans la bouche. Devant lui, deux autres cuistots, Noël et Pierre, ouvrent une fenêtre et se jettent dans le vide (Yan les reverra à l’hôpital Saint-Pierre, l’un littéralement écartelé, l’autre avec les bras et les pieds brisés).

Les gens se jetaient dans le vide

Au-dessus du vaisselier, il y a une fenêtre qui donne sur la Rue Aux-Choux. Yan parvient à l’ouvrir. Partout, dans la salle, des gens tombent, terrassés par l’asphyxie. Yan accroche le bras d’une cliente qui chancelle. Il lui dénoue son foulard et l’oblige à s’en faire un bâillon. La femme veut se jeter dans le vide. Yan la serre contre lui de toutes ses forces jusqu’à la venue des pompiers. Ils arrivent enfin ! Et Yan voit l’échelle s’élever lentement. L’échelle s’arrête à quelques mètres : elle était trop courte ! Il faudra attendre dix minutes pour qu’arrive une nouvelle voiture. Cette fois, l’échelle est assez longue.

– Excusez-moi, madame, dira Yan à la cliente qu’il a sauvée : cinq minutes de plus et je vous lâchais…

José Vanderberande, trente ans, vendeur au garage Jaguar, venait déjeuner chaque jour au self « Inno » avec un copain dont la femme travaillait au cinquième étage du magasin. Quand l’alarme retentit, José saute sur une table pour atteindre la fenêtre et casse un carreau avec son coude.

– Les gens me regardaient comme si j’étais fou. Ils continuaient de manger.

José se retrouve sur une corniche. Par hasard, elle est munie d’une échelle de secours. José atterrit sur une cour intérieure (celle qu’ont vue Christiane et son groupe d’étudiantes par la fenêtre de leur entrepôt).

– Là, raconte José, c’était atroce. Une mare de sang…

Des gens du troisième qui auraient pu descendre par les toits s’étaient jetés directement sur la cour. Il y en avait une dizaine. Deux s’étaient tués sur le coup. Les autres bougeaient encore. Il y en avait un qui criait : « Aidez-moi ! Sortez-moi de là ! » J’ai essayé d’en prendre dans mes bras, mais tout seul, c’était difficile. Comme je connaissais les lieux par cœur, j’ai trouvé l’escalier qui conduisait au dehors et j’ai fait signe aux sauveteurs : « Venez avec moi, il y a des gens là-haut. »

Et puis, je voulais retrouver mon copain qui ne m’avait pas suivi. Nous sommes remontés une première fois jusqu’à la cour et là, nous avons commencé à ramasser les gens qui bougeaient. J’ai pris dans mes bras une petite fille de sept ou huit ans dont la mère gisait à côté d’elle, sûrement morte. Je l’ai passée à un brancardier et je suis remonté. J’ai encore aidé à descendre trois personnes, mais quand j’ai voulu remonter pour la troisième fois, l’escalier brûlait. J’ai essayé de contourner le bâtiment par la rue. De tous côtés les gens se jetaient dans le vide. J’ai vu un Noir au bord d’une corniche. Il a hésité une seconde. Puis il a sauté et il est tombé sur le toit d’une Austin 850. Il a rebondi sur le sol et il n’a plus bougé. Mais, peut-être que ce n’était pas un Noir, seulement un type avec une tête noircie par la fumée. Et, un peu plus loin, j’ai retrouvé la bagnole de mon copain ; elle avait brûlé. Lui, je ne l’ai jamais revu, ni sa femme. Elle travaillait au cinquième. Il a sûrement voulu aller la retrouver. Ils ont dû se croiser en route. »

Rue du Damier, parmi les gens qui se sont amassés sur la corniche du quatrième étage, il y a François Couturat. Après la chute mortelle du postier, il a cherché une fenêtre qui ne donnerait pas directement sur le vide. Et maintenant, il est là, sur une frêle corniche de zinc, avec une dizaine de personnes autour de lui. Il y a « M. Raymond », de l’ameublement, celui dont les vendeuses avaient cru qu’il les « faisait marcher ». Et une jeune femme à l’air décidé qui toise le vide sans broncher et qui n’a pas lâché son sac à main. Elle se nomme Monique Lenssens et elle travaillait au cinquième étage, au service des statistiques. Quand l’alarme a retenti, Monique Lenssens avait fini de déjeuner. Elle regagnait le bureau, en tenant à la main son dessert, une gaufre. A côté d’elle son amie, Josette, une fille-mère qu’elle avait prise sous sa protection. Du cinquième étage, il faut franchir plusieurs passages acrobatiques pour atteindre la corniche. Deux hommes, talonnés par le feu, se sont jetés dans le vide devant elles, et elles ont vu les corps éclater sur le pavés. Josette, que le feu terrifie, veut sauter elle aussi. Monique lui administre une paire de claques.

– Et maintenant, pense à ton gosse !

Ainsi, Monique et Josette se sont-elles retrouvées sur la corniche avec les autres.

Il y a dix minutes qu’elles sont là, et, à présent, le zinc commence à chauffer. Monique a découvert un filet d’eau dans une gouttière et, de temps en temps, elle va s’y refroidir les pieds. En bas, d’un peu partout, des corps continuent à s’écraser sur le trottoir. Du haut de leur perchoir les réfugiés de la corniche voient un prêtre leur donner l’absolution.

C’est le père Robyns, un vieux curé de Notre-Dame-du-Finistère, l’église voisine, qui est accouru dès le début du feu. Entre deux absolutions, le père Robyns lève son visage vers les prisonniers de l’incendie et, les mains en porte-voix, leur crie : « Surtout, ne sautez-pas, restez calmes. On vient. »

On vient, en effet. Une voiture de pompiers, une échelle à coulisse sur son toit, s’engage dans la rue du Damier. Sauvés ? Non. Car au dernier moment, les pompiers ont aperçu un gros câble aérien qui courait le long de la façade. Ils ont pensé à la haute tension. Et ils n’osent pas déployer leur échelle métallique. Plus tard, on s’apercevra qu’il ne s’agissait que d’un câble téléphonique. Mais pour l’heure, les gens de la corniche, qui n’en peuvent plus d’émotion, regardent la voiture des pompiers s’éloigner en marche arrière et disparaitre au coin de la rue. Ils se retournent. Derrière eux, par les fenêtres, on voit le feu qui s’approche. Bientôt, la corniche sera intenable. Il va falloir sauter. Les réfugiés sont là depuis vingt minutes et en bas, dans la rue, toujours pas l’ombre d’une bâche de sauvetage. Mais plutôt se briser les os que de mourir sur le gril.

Un bolide passe près de moi : la dame au sac

– J’étais au bord de la corniche, les genoux pliés, raconte le docteur Couturat. J’avais repéré des fils électriques au milieu de la rue. Et j’étais en train de me dire qu’avec un peu de chance – enfin beaucoup de chance ! – ils pourraient amortir ma chute. C’est alors que le miracle s’est produit.

Le miracle est un petit homme en blouse, presque chauve, la cinquantaine, bedonnant (« Un personnage de Simenon », dira François Couturat). Il se nomme Jeff Van Belingen, et fait partie de l’équipe de décoration du magasin. Par chance, la décoration d’ « Inno » a son local à part, de l’autre côté de la rue. Jeff s’est souvenu qu’il avait un stock de cordes dans son atelier. Il en a coupé vingt-cinq mètres, la hauteur des quatre étages, plus ce qu’il faut pour faire un nœud. Il l’a roulée en courtes boucles pour former un paquet. Et il a essayé de la lancer aux naufragés. Mais, à quelques mètres de la corniche, la corde est retombée sur le trottoir. Le petit homme l’a ramassée et il a disparu sous une porte. Alors, Couturat et ses voisins, les nerfs brisés, sont passés une fois de plus de l’espoir au désespoir.

– Pour moi, dit François Couturat, c’était le dernier carat et j’allais me balancer. Quand tout à coup j’ai vu réapparaitre mon homme. Il était presque en face de moi, au troisième étage, de l’autre côté de la rue, cramponné à l’encadrement d’une fenêtre.

Coppens, mon collègue flamand, a eu l’idée de l’attacher à une cheminée d’aération. Et la descente a commencé. Ah ! cette corde. Grosse comme un crayon, blanche avec un petit filet bleu, je m’en souviendrai toujours. Impossible de la tenir. Je me suis laissé glisser et j’ai tout de suite eu la peau des mains arrachée.

J’allais sauter, un petit homme apparait et me lance une corde

J’avais tellement mal qu’au milieu de la descente, j’ai cru que j’allais tout lâcher. En bas, les sauveteurs l’ont senti. Au même moment, une bâche venait enfin d’arriver. On l’a tendue sous la corde. Mais à l’instant où j’allais sauter, voilà la bâche qui s’écarte sur ma gauche. Plus question de lâcher. Je me cramponne de mes deux mains brûlées. Et je vois passer à côté de moi une sorte de bolide : la dame au sac à main, qui rebondit dans la bâche.

Monique Lanssens la dame au sac, avait bien décidé d’emprunter la corde. Mais il y avait ce sac qu’elle ne voulait pas lâcher. Et il y avait Josette, la fille mère, sa protégée, anéantie d’effroi, qui voulait sauter dans le vide avant même l’arrivée de la bâche. Finalement, Josette se laisse convaincre. Mais au moment où va arriver le tour de Monique, la corniche surchauffée, lui brûle la plante des pieds. Impossible d’attendre que François Couturat ait fini sa descente. Elle fait signe aux sauveteurs de la bâche, calcule son élan pour ne pas heurter les fils électriques, et saute.

Deux fois l’extrême onction le même jour

Dans Bruxelles dominé maintenant par le nuage noir de l’incendie, l’alerte est générale. André Lanssens, le mari de Monique, qui travaille sur les hauteurs de la ville, a tout de suite eu le sentiment que sa femme était en danger. Il est monté sur le toit de son bureau, il s’est orienté à l’aide d’une petite boussole et il en a conclu que l’incendie était dans le quartier de l’ « Innovation ».

Il fonce avec sa voiture, en slalom à travers les embouteillages, franchit les barrages de police, défonce une porte de l’ « Innovation », est repoussé par les flammes et finit par se dire que si sa femme est sauvée, elle a téléphoné à son bureau. Il cherche un téléphone, mais toutes les lignes sont déjà occupées par la chasse aux nouvelles. Finalement, il obtient son bureau et apprend que sa femme est à la clinique Disca. Mais ce n’est pas elle qui le lui a appris.

Dévoré par l’inquiétude, il fonce à la clinique et découvre sa femme qui lui sourit entre deux oreillers.

– Alors, qu’est-ce que tu as ?

– Oh ! presque rien. Une fracture de la colonne vertébrale.

En tombant dans la bâche jambes tendues, Monique s’est fracturé une vertèbre, mais la moelle épinière n’est pas atteinte.

– Et ce fameux sac, enfin, qu’est-ce qu’il pouvait bien contenir ?

– Mon chèque d’allocations familiales : j’avais eu l’imprudence de le signer à l’avance. Alors, vous comprenez, n’importe qui aurait pu l’encaisser.

Ils sont tous sauvés, ceux de la corniche : Monique et sa fille mère, le team franco-belge Couturat-Coppens, M. Raymond et ses vendeuses, tous. Mais il était temps. Jeff Van Belingen me révélera plus tard :

– Au moment où j’ai lancé la corde, j’ai vu quelque chose que vous n’avez pas vu : le mur, derrière nous, qui venait de se lézarder sous l’effet de la chaleur…

Au même instant, sur le trottoir de la rue du Damier, le père Robyns donnait l’extrême-onction à la baronne Griendl. Elle tournait de l’œil, le visage noir de fumée, le manteau brûlé, mais cependant bien vivante, avec son fils Olivier à côté d’elle qui venait de la retrouver par miracle dans la cohue après sa descente sur la rampe de l’escalier en feu. On l’a conduite à l’hôpital Saint-Pierre. Et là, l’aumônier, en la désignant, a dit à une infirmière :

– Celle-là n’en a pas pour deux heures. Je vais l’administrer sans autorisation.

– C’est ainsi, messieurs, que j’ai reçu deux fois l’extrême-onction le même jour. Je suis bonne catholique, mais trop, c’est trop !

Ceux de la corniche ont été parmi les derniers rescapés. Rue Neuve, la chaleur atteint maintenant 35° à l’air libre.

« L’Innovation », avec ses 24 000 mètres carrés de surface de vente et ses 8 000 mètres carrés d’entrepôts, l’orgueilleux magasin aux 30 millions de chiffre d’affaires quotidien, n’est plus qu’un immense brasier, qu’un immense four crématoire où se consument trois cents pauvres morts. Victimes d’un fléau monstrueux, révoltant. Et cependant – quelles que soient les responsabilités en cause – victimes d’un certain progrès. Victimes de la société de consommation, avec ses risques que nous devons admettre au même titre que ceux de l’autoroute ou de l’avion.

Au 4° étage de la Rue-aux-Choux, une vieille dame achève de brûler contre la grille d’un balcon, sous les yeux fascinés des sauveteurs et des badauds. Rue Neuve, on emmène une femme désespérée (c’est Christiane Paul, l’étudiante rescapée, qui racontera l’histoire). Elle était avec son fils dans le magasin. A travers la fumée noire et poisseuse – la fumée des incendies modernes : nylon, plastique, produits de synthèse – elle a saisi la main d’enfant qui se tendait vers elle. Elle a traversé tout l’incendie et quand elle est arrivée dans la rue, elle s’est aperçue que l’enfant qu’elle venait de sauver n’était pas le sien…

Il est 15 h 15. Cent dix minutes après la sonnerie d’alarme, la glorieuse verrière modern’style de « l’Innovation » vient de s’écrouler au milieu du brasier, dans une gigantesque, une fabuleuse pluie d’étincelles. Tout est consommé. Les ambulances qui sillonnent Bruxelles n’auront plus de vivants à transporter. Le temps de l’horreur est fini. Celui du deuil commence.

Le drapeau américain : de la parade à l’horreur

C’était le 13 mai. Ce jour-là, la Rue Neuve, à Bruxelles, est devenue une annexe de la V° avenue de New York. Les majorettes défilaient sous les confetti. Les magasins Innovation avaient organisé cette grande parade pour annoncer la « quinzaine commerciale américaine ». De vrais Indiens étaient venus d’Amérique : les enfants voulaient les voir et les toucher. Mais le lendemain du défilé, des tracts réclamaient le boycottage de « la quinzaine américaine » et la direction d’Innovation recevait des lettres de menaces. « Il faut mettre fin aux manœuvres de propagande U.S., disaient les tracts. Les anti-impérialistes sont prêts à employer de nombreux moyens pour faire entendre leur volonté. » De nombreux moyens ? C’est cette phrase aujourd’hui qui, après le feu, la douleur et les morts, fait peur. Une incendie aussi terrible que celui d’Innovation peut-il avoir été provoqué par l’homme ?

La joyeuse parade de la rue Neuve. C’était il y a quelques jours, pour annoncer l’exposition. Les majorettes étaient pour la plupart des employés du magasin.

Ils ne devaient pas mourir ce jour là

Les pompiers ont brisé leur prison d’acier

Sur la façade où cent drames se jouent à la fois, deux visages déformés par la terreur. Ils sont là, au 2° étage, tout proche, à six mètres à peine du sol. Ils ont brisé les vitres à coups de poing. Mais les barreaux d’acier les tiennent prisonniers. Derrière eux le feu se rapproche à une vitesse folle. Ils gesticulent, ils hurlent. Mais qui les entend ? Elle a 23 ans. Il a 24 ans. Ils vont mourir. Et puis soudain une échelle jaillit. Un pompier brise leur carcan de verre et d’acier. Elle s’appelle Catherine Seydel, elle est étudiante en sciences économiques. Il s’appelle Paul Rayer, il est ingénieur des Mines. « J’essayais une veste, dit Catherine. Paul était avec moi, au 2° étage, dans la cabine d’essayage. Soudain j’ai senti une odeur de brûlé. J’ai écarté les rideaux. Devant nous tout l’étage brûlait. Autour de nous plus personne. Paul a défoncé un panneau. Nous avons aperçu une fenêtre. Mais nous ne pouvions pas l’ouvrir. Nous ne pouvions pas écarter les barreaux. Les gens dans la rue regardaient ailleurs. Quand le pompier est arrivé, ma jupe venait de prendre feu. »

Paul et Catherine à l’hôpital Saint-Pierre : ils sont blessés aux mains. Mais pas de brûlures graves.

Monique Leussens à la clinique : fracture de la colonné vertébrale. Mais la moelle épinière n’est pas atteinte. Elle est sûre de guérir.

Elle n’a jamais voulu se séparer de son sac

On l’appelle désormais « la dame au sac ». Monique Leussens a refusé une corde qu’on lui tendait. Du 4° étage elle s’est jetée dans le vide. Les pompiers l’ont reçue dans une bâche tendue. « En prenant la corde, dit-elle, j’aurais dû lâcher mon sac. Impossible ! Il y avait mon chèque d’allocations familiales. »

Le docteur Couturat a empoigné la corde. En bas, il remercie son sauveteur, Jeff Van Belingen (à g.)

Le décorateur les a sauvés en lançant une corde

25 mètres de corde blanche épaisse comme un crayon : pour eux c’est le salut. Jeff Van Belingen, est décorateur aux mgasins Innovation : « Je suis souvenu d’un stock de corde qui traînait à l’atelier, raconte-t-il. Il y avait dix personnes qui attendaient sur une corniche au 4° étage. Je leur ai lancé ma corde par la fenêtre d’une maison voisine. » « A la descente, disent les rescapés, cela brûlait les mains jusqu’aux os. »

On l’avait cru mort à sa fenêtre

A la fenêtre du 3° étage, une silhouette inerte. Tout à l’heure les pompiers sont montés ici. « Y a-t-il des vivants ? » a crié l’un d’eux. Une femme a répondu. On l’a emmenée. Mais Joseph Gequières, le plongeur du restaurant, ne pouvait plus bouger. Il étouffait lentement. On l’a laissé pour mort. Et puis, soudain, un souffle d’air. Gequières sort du coma. Il lève un bras. Et c’est le miracle : on l’aperçoit d’en bas. La grande échelle, remonte vers lui. Il est sauvé.

Joseph Gequières, 60 ans, sur son lit d’hôpital : douze heures sous une tente à oxygène. Il est brûlé au premier degré.

Sauvée ! Dans la foule, une jeune femme retrouve sa mère. Pour des centaines d’autres Bruxellois l’attente et l’angoisse vont durer pendant des jours

Mais 250 clientes n’auront pas autant de chance que ces femmes qui, miraculeusement rescapées de la catastrophe, en seront quittes pour l’hôpital.

Ci-dessous, obligée d’évacuer sa maison, elle emporte ses canaris.

Blessées mais sauvées. Ci-dessus, la corde a déchiré ses mains.

 

 

 

 

Les fantômes de la vie (histoires racontées)

On m’a déjà dit que j’avais une bonne oreille et que c’était agréable de se confier à moi. Je pense que ça dépend en partie du contexte, je ne suis pas toujours dans les conditions ou dans l’envie de le faire. Mais c’est vrai que cela arrive de temps en temps que des amis ou des inconnus me racontent une partie de leur vie. Je trouve ça  gratifiant et, en même temps, il faut savoir aussi porter cela.

Je vais vous raconter deux histoires qui m’ont fortement marqué. Je le fais avec mes souvenirs, des années après. La mémoire est toujours trompeuse donc il est possible qu’il y ait des inexactitudes mais le fond est là.

La chambre vide

Cette histoire-ci m’a été dites dans un contexte professionnel.

Le raconteur devait avoir dans la quarantaine quand il me l’a raconté. Et les faits s’étaient passés une vingtaine d’années auparavant.

A cette époque, il était jeune et s’il aimait bien, comme tout jeune, faire des expériences ou des petites conneries, ce n’était pas pour autant un délinquant. Casier judiciaire vierge.

Ce jour là, avec un ami, ils avaient réussi à se procurer un flingue et faisaient les fous avec. Un flingue avec des munitions dans un chargeur. Faut avouer, on a tous rêvé d’en tenir un jour un dans sa main (beaucoup d’hommes en tout cas). C’était le soir, il a tiré un coup en l’air.

La balle, heureusement, n’est retombée sur personne.

Puis, il a retiré le chargeur. Comme il l’avait sans doute vu à la télévision, d’un coup. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans la rue, elle était quasiment déserte.

Il a alors pointé l’arme dans la direction de son ami, la sachant non chargée. Il a appuyé sur la détente. Et son ami est tombé, mortellement touché.

Une arme automatique prépare toujours la balle suivante dans la chambre. Quand on veut désarmer un automatique, il faut non seulement retirer le chargeur mais aussi retirer la balle qui se trouve potentiellement dans la chambre. Il ne le savait. Maintenant, il le sait, pour le reste de sa vie.

Ce jour là, il a perdu un ami, il a tué un homme et il a compris comment désarmer réellement un flingue et pourquoi il ne faut jamais pointer d’armes en direction de quelqu’un. Il a aussi perdu toute chance de trouver un emploi. Sur son extrait de casier judiciaire, il est écrit « homicide » et ça ne s’efface pas.

Il en payera les conséquences jusqu’à la fin de ses jours.

Ne jouez pas avec des armes à feu. N’en pointez pas une en direction de quiconque. Si vous compter en utiliser une, apprenez au moins à vous en servir correctement. Et retirez toujours la balle qui est dans la chambre, en plus du chargeur, si vous espérez en désarmer une.

 

La chambre pleine

Il est tard, très tard. Je suis dans le train pour Namur en provenance de Bruxelles. Approximativement 19-20h. Le train n’est plus très loin de Namur. Dans mes souvenirs, je me dirigeais vers la sortie, mais peut-être qu’il m’avait tout simplement interpellé avant.

Il ? Un homme âgé. Et passablement éméché. L’alcool est un vilain démon qui, lui, le rendait triste. Il semblait porter un immense poids sur les épaules, et je me rendis compte après que c’était réellement le cas.

Dix ou quinze auparavant, la chute du mur de Berlin, le démembrement de l’URSS. Ce ne fut pas seulement une opportunité pour les pays qui se libéraient de l’impérialisme soviétique, ce fut aussi un acte qui eut des conséquences parfois terribles pour une partie des populations.

Les russes ont eu une politique réellement colonialiste. Ce qui implique notamment de « peupler » les pays conquis. Cela a des conséquences encore aujourd’hui en servant de prétexte à Poutine pour envahir une partie de la Géorgie ou de l’Ukraine pour les cas les plus connus. Cela en eut à l’époque pour des minorités pas forcément appréciées qui se retrouvaient complètement lâchées par leur mère patrie.

Dans le pays, j’imagine d’asie centrale, où se rendit notre homme, la mafia lui proposait contre argent, de coucher avec trois filles trois soirs d’affilée, une par soir, et de pouvoir en choisir une comme femme.

Elles étaient consentantes. Heureusement ? Oui et non. Ca ajoute encore plus au drame. Ces filles là ne demandaient qu’à partir pour quitter la situation dans laquelle elles étaient. Une situation terrible. En choisir une, c’était en abandonner deux. Deux femmes qu’il avait également connu intimement et qui avait tout fait pour être choisies. Qu’il avait utilisé pour son plaisir pour au final ne pas pouvoir les sauver.

Parmi ces trois femmes, deux auraient l’espoir d’une vie meilleure, donneraient toute leur énergie pour cela et verraient leurs espoirs déçus.

Ce choix là parait anodin. Mais il l’avait complètement détruit. En réalité, il ne pouvait qu’en sortir détruit, mais c’était trop tard maintenant. Et il ne s’en sortait plus. Il me l’avait raconté comme tentative de libérer son fardeau.

J’espère avoir pu aider sa détresse. Peut-être étais-je le premier, le seul à qui il a raconté cela.  Peut-être l’avait-il fait des dizaines de fois sans succès. Mais il était là, malheureux et, ce soir là, je l’ai un peu aidé à porter sa croix.

Ca m’a fait plaisir de lui être utile pour quelques minutes (ensuite mon train est arrivé en gare), mais je n’ai pas oublié. Et peut-être qu’en racontant cette histoire, je lui rends un peu hommage, je l’aide à porter ce poids avec plus de monde.

C’est aussi un avertissement. Ne soyez pas tétanisé par les choix que vous devez faire. Mais n’oubliez jamais d’en mesurer les conséquences et de vous placer dans la situation pour évaluer les conséquences possibles.

Ce voyage ne pouvait pas se terminer bien. Quelle que soit la fille qu’il ait pu choisir, il ne pouvait que se sentir coupable des deux autres abandons qu’il allait faire en même temps. Sur le moment, il en a surement bien profité, il n’a pas vu la malice. Mais par la suite, peut-être des années, cela a détruit sa vie. Probablement, qu’il n’a même pas pu combler la femme qu’il a prise avec lui. Tout ça pour ça …

Déjà, au départ, il faut être dans une certaine misère affective (que je ne juge pas) pour entreprendre un tel voyage. Mais lui, en plus, parce que ce n’est sans doute pas non plus le cas de tout le monde, n’avait clairement pas les épaules pour en assumer les conséquences.

Le mot de la fin

J’espère que ces deux histoires vous auront intéressé, fait réfléchir. N’hésitez pas à les partager, en hommage, au moins, à ces deux hommes qui ont fait du mal, tous les deux sans l’intention de le faire, et qui en payent un prix très lourd: celui des remords et des regrets.

comment j’ai failli payer deux fois trop cher des billets de train

Etant belge, je commande généralement mes billets de train internationaux sur le site SNCB Europe. Mais, celui-ci a la très désagréable lacune de ne pas permettre de choisir des places côte à côte ou en carré. Or, quand on prend le train à plusieurs, on a pas trop envie de s’éparpiller dans plusieurs voitures. A fortiori quand on voyage avec des enfants.

J’ai donc été voir si, du côté français, en réservant le même train, j’avais cette possibilité. Et c’est le cas. Le site voyages SNCF permet de choisir un carré ou des places côte à côte. Et il est aussi assez agréable d’utilisation.

Je m’attendais à des différences de tarif, et c’est aussi pour ça que j’allais voir. Car, en payant à la source (TGV SNCF), j’allais sans doute payer un peu moins.

Et bien non. Pour le trajet « retour », les places étaient deux fois plus cher. Sans que je n’y comprenne rien du tout. Les places à tarifs réduits étaient disponibles sur le site SNCB mais pas SNCF. Hein ?

Alors, j’ai repensé à ces fameux articles qui nous disent que notre voyagiste retient notre adresse IP et augmente les tarifs à chaque visite. Voir ici par exemple: http://rue89.nouvelobs.com/rue89-eco/2013/05/27/billet-train-coutait-moins-cher-matin-comment-dejouer-lip-tracking-242636

Et je me suis dit que le problème était peut-être là. Me sachant lié par un aller-retour, la SNCF en profitait peut-être pour essayer de me refiler des places plus chères que celles qui étaient disponibles. Une seule manière de le savoir: ouvrir un autre navigateur (pas de cookie et la SNCF, vu le navigateur différent, croit à une autre personne). Et là, miracle (!), les prix avaient baissé de moitié (égaux à ceux de SNCB Europe). Il m’a donc fallu acheter l’aller et le retour séparément pour économiser 100 EUR.

La morale: n’achetez pas vos aller et retour en même temps. Et faites le avec des navigateurs différents (par exemple, Firefox et Chrome). Vous pourriez faire de belles économies.

Conseils pour le passage de la phase 1 de l’accession au niveau A dans l’administration fédérale belge (+ màj sur autres niveaux)

EDIT 23/11/2016: cet article a été écrit pour aider à passer la phase 1 de l’accession au niveau A mais est valable également pour les tests génériques A, B et C (pour les niveaux B et C, j’ai tenté de mettre à jour l’article pour élargir sa portée).

Je lis régulièrement dans la presse des critiques sur les tests du Selor. Pourtant ceux-ci sont objectifs et scientifiques. Ils respectent, en tout cas, les enseignements de la psychologie du travail. Cela les rend, aussi, paradoxalement, plus facilement préparables puisque tout est standardisé. Le plus gros avantage est que chacun est traité de la même manière et que les tests sont connus à l’avance dans les grandes largeurs (et donc une préparation est bel et bien possible).

Dans le présent article, je vais simplement partager mes ressentis et mes conseils après avoir passé et réussi le test abstrait, de jugement situationnel et le bac à courrier pour le niveau A (procédure d’accession). Ces tests sont similaires à ceux utilisés pour d’autres épreuves du niveau A. Les tests Selor changeant régulièrement, ces conseils ne sont évidemment valables que pour le moment où ils ont été écrits. N’hésitez pas à signaler en commentaire les changements opérés pour prévenir les lecteurs de ceux-ci.

En lisant cet article, on devrait en tout cas logiquement être mieux préparé.

Test de raisonnement abstrait niveau A (et B)

Le raisonnement abstrait C se trouve tout en bas.

Le test se présente de la manière suivante :

–          deux formes imbriquées. Une grande et une petite.

–          Un ou deux dominos. Avec une partie haute et une partie basse. Un chiffre sous forme de points (comme dans un domino) dans la partie haute et basse du domino. L’absence de point peut exister et ne constitue pas, ici, un chiffre (cela aurait pu être zéro) puisqu’il ne provoque pas de changement.

–          Deux formes imbriquées changées selon les chiffres du domino.

–          Cela répété sur trois lignes

–          Enfin, à droite, deux formes imbriquées et un ou deux dominos

–          Et tout en bas, cinq solutions possibles

Les significations des chiffres peuvent être les suivantes :

–          Rond / carré : changement de forme (le 1 dans l’exemple)

–          Trait vertical (le 4 dans l’exemple)

–          Trait horizontal (le 3 dans l’exemple)

–          Changement de couleur (le 2 dans l’exemple)

–          Trait oblique descendant vers la droite (le 5 dans l’exemple)

–          Trait oblique montant vers la droite

On remarquera donc qu’il y a six significations possibles et que les chiffres dans les dominos vont de un à six.

La partie haute et basse du domino s’occupent chacun d’une des deux formes (la grande ou la petite).

Autre chose importante, il y a plusieurs « écran de base ». Les écran de base sont indiquées en haut à gauche. Série 1, 2, 3 … Tant que nous sommes dans le même, les chiffres signifient la même chose et la partie haute et basse du domino changent la même forme.

On dispose d’une feuille de brouillon. Je conseille de l’utiliser pour chaque série afin de faciliter la compréhension des énigmes. Noter 1 à 6 et la signification à côté de même que Haut et bas et l’incidence à côté.

Voici un exemple :

exemple test domino Selor

Dans cet exemple, la partie haut du domino modifie la petite forme. La partie basse modifie la grande forme (si vous connaissez l’un vous connaissez l’autre, cela n’arrive jamais que les deux parties modifient la même chose).

La réponse est D.

La première chose à faire est de découvrir quelle forme, la partie haute ou basse change. Et le noter. Dans les premiers exercices, il y a toujours un domino avec une partie vide. Cela permet de savoir quelle forme la partie non vide change. Une fois qu’on sait cela, c’est très facile. Il suffit simplement d’observer quel action fait chaque chiffre et le noter sur la feuille.

Ensuite, le deuxième niveau de difficulté est de ne plus avoir que des dominos complets. Ou d’avoir deux dominos côte à côte. Pour trouver si c’est la partie haute ou basse qui est modifiée, il faut aller chercher le même chiffre qui est présent deux fois en haut ou en bas. Et puis chercher les changements similaires sur la petite ou grande forme.

Quand il y a plusieurs dominos, il peut être plus difficile de trouver. C’est pour ça qu’il faut bien noter car quand on est dans le deuxième exercice de la même série, il n’y a parfois qu’un ou deux chiffres qui sont encore inconnus. Et il faut commencer par les dominos isolés (cela permet déjà souvent de trouver au moins trois ou quatre chiffres, les dominos par deux contiennent donc déjà alors des chiffres connus et il devient facile de devenir les deux derniers).

Retenez-bien : trouver quelle partie du domino modifie quelle forme. Puis compléter sur la feuille les modifications apportées par chaque chiffre. Enfin, il devient alors facile de deviner l’énigme.

A savoir qu’il arrivera qu’un même chiffre se retrouve deux fois au même endroit dans l’énigme. Il faut comprendre cela comme annulant l’action : faire puis défaire, c’est finalement ne rien changer.

Exemple, le chiffre 3 se retrouve deux fois en bas et ne change donc rien : dominosEgaux

Le bac à courrier niveau A

Compétences évaluées :

Intégrer l’information Établir des liens entre diverses données, concevoir des alternatives et tirer des conclusions adéquates.
Décider Prendre des décisions à partir d’informations (in)complètes et initier des actions ciblées afin de mettre en œuvre les décisions.

C’est la partie la plus difficile et de loin. Difficile également de donner des conseils.

Le premier, c’est que le bac à courrier du niveau A ne ressemble pas à celui du niveau B parce que les compétences évaluées ne sont pas les mêmes. Attendez-vous donc à être perturbés si vous l’avez déjà passé.

Le deuxième, c’est que la feuille de brouillon incite à prendre des notes. Beaucoup trop de notes. Notamment parce que les explications sont hyper nombreuses. Il vaut mieux noter où retrouver les infos que les infos elles-mêmes. En effet, pour les trois tests, nous ne disposons que d’UNE seule feuille A4.

Le troisième, c’est de bien faire les choses dans la séquence demandée. C’est très important. Si c’est d’abord thème et puis importance ou vice-versa, il faut le faire. L’ordinateur enregistre en effet l’ordre dans lequel vous faites les actions. L’importance est déterminée par les tâches que vous devez réaliser. L’urgence est déterminée par les délais que vous avez et qui sont précisés dans l’introduction.

Le dernier conseil est de ne pas avoir peur de faire des choses qui paraissent bizarre ou répétitives (avoir le même thème sur 90% des courriers). Il ne faut pas non plus hésiter et il vaut mieux aller à l’instinct de manière à savoir faire tous les mails. Quitte à revenir plus tard dessus.

Pour ce bac à courrier, le thème est celui d’un centre hospitalier. L’intervenant doit surtout prendre des décisions, demander une prise de décision et transmettre des informations (beaucoup). Egalement, gérer des réunions.

Les compétences étudiées plus particulièrement sont « intégrer l’information » et « décider ». C’est important à savoir au moment de lire l’énoncé ou de traiter les mails. Elles sont différentes des compétences demandées en niveau B et C qui sont « analyser » et « résoudre des problèmes ». C’est pour ça que le bac à courriers est si différent pour le niveau A quand on a été habitué à réussir celui d’un autre niveau.

Quelque chose qui m’a perturbé est qu’on ne sait pas planifier la mise d’un point à l’ordre du jour d’une réunion en même temps qu’une réunion. Je faisais donc cette action la veille. Mais je ne sais pas si c’est la meilleure chose à faire.

Test de jugement situationnel niveau A, B et C

Compétences évaluées en niveau A (les autres niveau plus bas) :

Travailler en équipe Créer et améliorer l’esprit d’équipe en partageant ses avis et ses idées et en contribuant à la résolution de conflits entre collègues.
S’auto-développer Planifier et gérer de manière active son propre développement en fonction de ses possibilités, intérêts et ambition, en remettant en question de façon critique son propre fonctionnement et en s’enrichissant continuellement par de nouvelles idées et approches, compétences et connaissances.
Atteindre les objectifs S’impliquer et démontrer de la volonté et de l’ambition afin de générer des résultats et assumer la responsabilité de la qualité des actions entreprises.
Agir de manière orientée service Accompagner des clients internes et externes de manière transparente, intègre et objective, leur fournir un service personnalisé et entretenir des contacts constructifs.
Faire preuve de fiabilité Agir de manière intègre, conformément aux attentes de l’organisation, respecter la confidentialité et les engagements et éviter toute forme de partialité.

Le test se présente de la manière suivante : vous avez une situation qui est racontée, quatre réactions et l’obligation de coter ces réactions de – – à + +.

Exemple :

Situation

Vous avez remarqué que vos collègues trafiquaient les cartes de pointage. Un jour, l’un de ceux-ci part plus tôt et vous demande de pointer les cartes de vos collègues à sa place.

Propositions

A. Vous acceptez et promettez de ne rien dire.  – –

B. Vous ne voulez pas le faire mais promettez de ne rien en dire. +-

C. Vous dites que ça ne peut pas durer et qu’il ne faut pas le faire. Vous demandez à votre collègue de ne plus le faire. +

D. Vous refusez, demandez de ne plus le faire et vous engagez à le signaler à votre chef si vous voyez faire encore une fois. ++

C’est moi qui établit les la situation et les propositions. Mais l’idée est là. Ici, c’est la compétence intégrité qui est examinée. Pas celle du travail en équipe (je pense). Donc, ne pas hésiter à aller même plus loin de ce qu’on ferait car seule la compétence intégrité doit être prise en compte.

Si on passe ce test au « feeling », on a de bonnes chances de le réussir (entre 50 et 60%) mais j’ai déjà aussi vu des échecs un peu en dessous de 50%.

Celui qui veut, par contre, maximiser ses résultats ou ses chances de réussite doit comprendre le fonctionnement du test. Si je le comprends bien, chaque cas ne se rapporte qu’à une seule compétence. La première chose à trouver est donc la compétence étudiée (par exemple : travail en équipe). Ensuite, une fois qu’on a cette compétence en tête, il est beaucoup plus facile de savoir si la réaction proposée est adéquate ou pas.

Il est possible que ce soit plus compliqué que cela et que certaines propositions se rapportent à plusieurs compétences. En tous les cas, il faut connaitre les compétences génériques du niveau A (cf plus haut). Après, savoir où on met le curseur (+ + ou + ?) est assez subjectif et je ne sais pas comment le test donne les points (faut-il avoir exactement les mêmes réponses ?).

Pour le niveau B et le niveau C. Merci beaucoup à Sabine 🙂 qui a donné les compétences analysées en commentaires. J’ai vérifié pour le niveau C sur base du dernier examen Selor fin 2016 et elles sont les mêmes.

  • Atteindre les objectifs (S’impliquer et démontrer de la volonté et de l’ambition afin de générer des résultats et assumer la responsabilité de la qualité des actions entreprises)
  • Analyser l’information (Analyser de manière ciblée les données et juger d’un œil critique l’information)
  • Travailler en équipe (Créer et améliorer l’esprit d’équipe en partageant ses avis et ses idées et en contribuant à la résolution de conflits entre collègues.)
  • Agir de manière orientée service (Accompagner des clients internes et externes de manière transparente, intègre et objective, leur fournir un service personnalisé et entretenir des contacts constructifs)
  • Faire preuve de fiabilité (Agir de manière intègre, conformément aux attentes de l’organisation, respecter la confidentialité et les engagements et éviter toute forme de partialité)
  • S’auto-développer (Planifier et gérer de manière active son propre développement en fonction de ses possibilités, intérêts et ambition, en remettant en question de façon critique son propre fonctionnement et en s’enrichissant continuellement par de nouvelles idées et approches, compétences et connaissances)
  • Résoudre les problèmes (Traiter et résoudre les problèmes de manière autonome, chercher des alternatives et mettre en œuvre les solutions)

Raisonnement abstrait niveau C

Le site du Selor permet de s’entrainer au raisonnement abstrait niveau C. Il se présente différemment que celui qu’on a vu plus haut :

exemple6

 

Pour s’y entrainer, il faut aller sur http://www.selor.be/fr/tests/tests-sur-pc/capacit%C3%A9-de-raisonnement-abstrait/

(les réponses sont: 1. A ; 2. A ; 3. C ; 4. C ; 5. A et 6. D)

Moi, je convertis les « boutons » en des numéros, cela me parait plus facile mais chacun fait comme il veut. Le premier bouton devient donc 1, le deuxième 2, etc …

On peut être tenté d’aller chercher la signification uniquement des boutons dont on a besoin. C’est un mauvais calcul, intuitivement, j’ai l’impression qu’on se trompe plus facilement en le faisant. Le mieux est sans doute de noter tous les boutons et d’en chercher la signification puis seulement de résoudre l’énigme.

Les différentes significations, si on part de l’exemple, semblent être: couleur, taille, forme, horizontal, vertical et changement de sens des barres.

Dans l’exemple de la copie d’écran: 1: couleur; 2: sens barre; 3: taille; 4: forme.

 

Les changements 1 et 3 doivent être appliqués aux formes de base. Le changement 1 isole déjà D et E. Le changement 3 décide de la réponse D. En effet D a une couleur différente et une taille différente.

Pour trouver la signification des boutons, il y a plusieurs méthodes:

  • la première consiste à noter tous les changements ligne par ligne, puis chercher les changements communs pour les boutons qui s’appliquent à plusieurs lignes et déterminer les boutons restant par élimination
  • la deuxième consiste à comparer deux lignes qui ont un bouton en commun et un qui ne l’est pas. Quand on a trouvé le changement commun aux deux lignes, on a aussi trouvé le changement de l’autre bouton. Cette méthode-ci me parait plus économe au niveau de l’espace pris sur la feuille de brouillon
  • dans tous les cas, il faut noter sur la feuille de brouillon les différents boutons (1, 3, 4 par exemple) utilisés dans l’énigme et puis noter à côté une notation abrégé comme par exemple F (forme), H (horizontal), V (vertical), C (couleur), S (sens barre), T (taille). Il faut bien comprendre qu’aucun de ces exercices n’est vraiment difficile. Mais l’ennemi c’est le temps et ça demande une excellente organisation !

A suivre …

Durant les prochaines semaines, mois, je vais essayer de mettre à jour cet article, voir de proposer des exercices. Il va donc encore y avoir du changement.

 

Aide pratique

La CSC Services Publics organise régulièrement des formations pour ses affiliés, voir le site: https://csc-services-publics.csc-en-ligne.be/Formations/Formations.html

Ma fille est intolérante au lactose, quelques conseils et trucs à savoir

Edit février 2016: je pense avoir trouvé une méthode pour détecter une intolérance génétique au lactose (entre beaucoup de choses) pour environ 140 dollars américains. Mais j’attends les résultats pour vous confirmer. Ils devraient arriver vers mars au plus tard. Je vous dis déjà que la firme https://www.23andme.com propose un test génétique qui regarde toutes sorte de maladies ou traits génétiques, ainsi que les origines géographiques sur base de notre ADN. C’est très résumé mais il y a en partie le test du gène qui produit la lactase et cela permet donc de détecter une intolérance génétique au lactose.

Re-edit: dans mon cas, ça m’a permis de savoir que je n’avais pas le gène. Mais, pour la Belgique, il faut aller chercher soi-même le gène. En Belgique, on a pas accès aux résultats simplifiés, mais on a quand même accès à tout son génome. Quoiqu’il en soit, si quelqu’un est intéressé et que je reçois la demande, je mettrait à jour l’article avec la marche à suivre.

Dernière modification le 19/12/2015 Si vous arrivez sur cette page, c’est, j’imagine, que vous avez déjà une idée sur ce qu’est l’intolérance au lactose.

Mais si vous ne savez pas, je vous invite à consulter Wikipédia ou cette vidéo:

A savoir que l’intolérance au lactose est un business (ou un danger pour certains business) et que certains résultats Google sont en fait des liens vers des publicités « cachées » vers l’un ou l’autre fabriquant ou commerçant donc il n’est pas inutile d’être prudent sur ce qu’on trouve sur internet.

A savoir également que l’intolérance au lactose est une découverte plutôt récente dans les faits dans nos pays européens. Beaucoup de docteurs ne savent pas ce que c’est ! Et même parmi les plus jeunes, ils ne disposent parfois que de peu d’informations.

C’est ainsi qu’une intolérance « basique » au lactose peut ne jamais être détectée ou très tardivement par méconnaissance de votre (vos) docteurs. Une fois cela dit, je vais vous dire comment, nous, parents d’une fille qui a une intolérance totale au lactose, nous débrouillons pour la nourrir correctement et ce à quoi nous faisons attention. Et pour être clair, ce n’est pas une sinécure !

Les indications sur les produits …

Quand il est écrit « contient: (…) lait », vous pouvez dire au revoir à l’idée d’acheter ce produit. MAIS, cette mention ne semble pas obligatoire. Autrement dit, quand c’est écrit, vous avez la certitude, quand ce n’est pas écrit, il faut alors examiner scrupuleusement les ingrédients. Edit: la législation oblige depuis peu à mentionner les allergènes mais on est encore dans une période de transition donc ce n’est pas encore le cas pour tous les produits.

Quand il est écrit « peut contenir des traces de : (…) lait », alors, par contre, normalement c’est bon. Cela veut seulement dire que d’autres produits dans l’atelier en contiennent et que si la « table » est mal nettoyée entre deux préparations, alors il pourrait se retrouver du lactose. Normalement, ça n’arrive pas. Quand cette mention existe, c’est donc une quasi certitude qu’il n’y en a normalement pas dans les ingrédients (on ne peut pas mettre « peut contenir des traces » quand il y a des ingrédients qui en contiennent). C’est donc, paradoxalement, souvent la seule mention qui assure que le produit est OK.

Lactoserum, lait en poudre, … Même en très petites quantités, à éviter comme la peste car la concentration de lactose dans cette petite quantité est très élevée dans ces produits déshydratés. Nous avons eu l’exemple d’un biscuit qui contenait moins d’un pourcent de lactoserum et dont les conséquences furent catastrophiques. Le lactoserum est une vraie crasse qui se trouve malheureusement dans beaucoup de produits sans qu’on puisse vraiment comprendre la raison (exemple: certains pains, nuggets surgelés, …). Et sinon, de manière non exhaustive, le lait, le beurre, le babeurre, et tout ce qui y ressemble est évidemment contre-indiqué. En cas de doute, ne pas donner. Plus un fromage est dur, moins il y a de lactose dedans.

Différences en fonction des pays

La Belgique, pays où je réside, offre un très large choix d’aliments vraiment sans lactose. Mais c’est loin d’être le cas partout. Alors, quand vous voyagez ou comptez voyager, renseignez-vous sur la disponibilité des produits OU prenez les quantités nécessaires sur la route en vous assurant d’avoir accès sur place à un frigo. C’est contraignant mais il en va de la santé de votre enfant. Ainsi, quand nous sommes partis en vacances en France pour une semaine, nous avons du emporter des sérieux stocks de nourriture avec nous. Il faut d’ailleurs savoir que les niveaux d’intolérance varient fortement en fonction des pays. L’Espagne ou les pays d’Afrique comprennent une population beaucoup plus intolérante au lactose que la Belgique ou la France. Connaitre vos origines pourra donc également vous aider à faciliter le diagnostic. Ces différences se marquent aussi dans l’alimentation (remplacement de produits lactés par de l’huile d’olive dans la préparation, par exemple) ou la disponibilité de produits sans lactose.

Durée des symptômes et test

Quand notre enfant fait un écart de régime (et vous l’apprendrez, c’est très difficile de sensibiliser efficacement toutes les personnes qui s’en occupe ou l’encadre), les effets peuvent durer jusqu’à une semaine ! Un bon test (supprimer tous les produits avec lactose) doit, à mon avis, donc durer au moins dix jours et se faire avec une suppression totale du lactose.

Pharmacien, médicaments

Devant les symptômes, certains pharmaciens recommanderont des produits utiles contre la diarhée « normale » mais tout à fait contre productifs contre l’intolérance au lactose (!!!) : yaourts et certains probiotiques. Car, en effet, certains médicaments contre la diarrhée contiennent du lactose. En absence de prescription médicale, il est donc utile de se faire aider d’un bon pharmacien. Beaucoup de médicaments, antibiotiques, antidouleurs en contiennent ou ont des effets similaires. Signalez-le donc aux équipes soignantes même quand c’est déjà noté dans le dossier médical. Il existe des probiotiques sans lactose, il faut donc demander au docteur de vérifier les ingrédients avant prescription. J’utilise, pour le moment, Probiotical D de Phacobel. Un peu moins de 15€ pour 20 gélules mais c’est sans lactose.

« Sans lactose » (en réalité: avec lactase), à prendre parfois avec précautions

Certains produits sont vendus avec l’appellation « sans lactose » mais comprennent encore du lactose en petite (ou plus grosse) dose. Pour une intolérance totale, cela n’ira pas. Regardez donc bien les astérisques qui indique souvent dans ce cas là qu’il s’agit en réalité d’un produit dans lequel on a ajouté du lactase mais en aucun cas on a retiré le lactose.Or, le lactase n’agit pas de la même manière quand il est synthétisé dans le corps ou quand il est ingéré. Il y a également un problème de quantité, il ne sera jamais totalement efficace. Le lactase est donc une solution dont il faut à priori se méfier sauf si vous avez une légère intolérance. Par contre, les produits « zéro lactose » n’en contiennent pas (pour ceux que je connais, il n’y a pas d’abus de langage). Pourquoi y a-t-il cette différence ? En fait, une société scandinave a développé et protégé par brevet un processus qui enlève réellement le lactose du lait. Et qui par là même en fait des laits plus « light » (le lactose est un sucre). Vous retrouverez ces produits sous le nom « Diléa » en Belgique (anciennement « Valio »). Elle propose une large gamme et, franchement, c’est que du bonheur depuis qu’on l’a découverte. D’autres sociétés opèrent en ajoutant du lactase dans le lait. Par expérience, j’ai de très grands doutes sur l’efficacité de cette méthode d’adjonction de lactase et je ne recommande donc pas cela. Le « matin léger » fonctionne ainsi (mais il est honnête car de mémoire l’emballage mentionne la grosse quantité de lactose encore présente) de même que le lait « sans lactose » du Lidl (qui lui indique une très faible quantité de lactose qui ira peut-être pour une intolérance légère).

Beurre et margarine

Dans cette catégorie, soit vous voulez du beurre et vous aurez le beurre Diléa (anciennement Valio), soit de la margarine et, alors, il faut la mention « 100% végétal ». Alpro en fait en Belgique. En France, j’ai trouvé une seule margarine qui ne contenait pas de lactose (le babeurre en contient et est présent dans de nombreuses margarines). Faites donc gaffe à ne pas croire que parce que vous achetez de la margarine, elle est forcément sans lactose.

Chocolat

Du chocolat sans lait, c’est du chocolat noir ? Non. Réfutez cette idée. Dans une majorité de chocolat noir, vous retrouvez quand même des produits laitiers et la teneur en cacao n’y change pas grand chose.

Lidl vent du chocolat sous la marque Fin Carré et sans lactose pour certains. De même pour certaines de leurs mignonnettes. J’en ai trouvé également chez Colruyt. Généralement, c’est du chocolat pas forcément toujours facile à manger pour les enfants (bien qu’ils s’y habituent vite …). Je pense qu’on peut en trouver dans beaucoup de grandes surfaces mais il n’y a souvent qu’une seule marque de l’assortiment qui sera OK.

Lait chocolaté

C’est assez cher, comme beaucoup de produits Diléa il faut bien le dire, mais il existe des laits chocolatés en petits berlingots. L’avantage, c’est qu’ils peuvent les boire facilement au petit matin. Il existe également des laits chocolatés au soja mais ça n’a pas le même goût.

Lait

Il n’existe plus qu’un seul format possible chez Diléa: un litre (avant, il y avait aussi un demi litre, ce qui évitait les gaspillages).

Si pas d’allergie au soja, il existe également les laits de soja (qui ont un goût très différent).

Attention, pour le lait de riz, il est totalement déconseillé pour les enfants. Le riz contient de l’arsenic qui, comme chacun le sait, est un poison. En ingérer de fortes quantités est donc problématique, et plus encore pour les jeunes enfants du fait de leur faible poids. Plus d’infos (en anglais): dans l’article publié sur le blog IFLS.

Rice milk is so high in inorganic arsenic that the UK Food Standards Agency issued the advice that children under the age of four-and-a-half should not drink rice milk. Traduction: Le lait de riz contient une concentration si élevée en arsenic inorganique que l’agence sur l’alimentation du Royaume Uni a émis un avis déconseillant aux enfants de moins de 4 ans et demi d’en boire.

Fromage, « danettes », yaourts, crème fraiche, gruyère

Pour tous ces produits là, une seule marque: Diléa. Ou alors Alpro Soja (si pas intolérance au soja).

Viandes

Evitez comme la peste (sauf si vous avez les ingrédients inscrits sur le packaging) les viandes ou charcuteries « préparées ». Elles contiennent presque toujours de grosses quantités de lait et donc de lactose. Le lait est utilisé comme liant. Si vous achetez une saucisse ou du haché préparé, la quantité de lactose sera importante. Pour ceci donc, on achète les jambons sous vide pré découpés (les ingrédients sont notés), on va uniquement chez des bouchers chez qui on peut avoir confiance et qui font des préparations spécialement pour nous ou encore au rayon self service du supermarché (d’année en année, je remarque que les choses s’améliorent).

Soja

D’après notre docteur, un nombre non négligeable d’intolérants au lactose sont également intolérants au soja. A éviter donc lors du test d’intolérance ! Sinon, risque de le fausser en obtenant pas de résultats à cause du soja.

Par ailleurs, les produits à base de soja n’ont pas le même goût. Nous évitons le soja tant que faire se peut mais dans certains pays il n’est pas possible de faire autrement. Ce n’est pas non plus une mauvaise solution mais vu les risques d’intolérance croisée, on préfère éviter. Mais, ce n’est pas déconseillé pour autant, si ce n’est durant la période ou vous testez l’intolérance au lactose (pour ne pas falsifier les résultats).

Pain

Et oui, faites-y bien gaffe. Bien que ce soit un mystère pour moi, de nombreux pains contiennent du lactose. Et il est très difficile d’avoir accès aux ingrédients. Dans une boulangerie, la vendeuse ne le saura pas forcément (car il vient souvent de certains ingrédients) et en grande surface, ce n’est pas toujours indiqué correctement. Nous achetons à l’AD Delhaize ou les allergènes sont bien indiqués correctement (et un pain sur deux ou trois environ n’en contient pas) ou alors les pains industriels pré découpés (en général mais pas toujours, un changement récent vient d’en ajouter pour le pain de notre grande suface) n’en contiennent pas. Pour donner des exemples de pain que nous achetons: le camp rémy (je pense dispo uniquement chez Delhaize) et le Belle Epoque (dispo au Delhaize et au Carrefour Mestadagh).

Pâtisseries, gâteaux

Oubliez 😦 Du moins ceux qui sont en vente dans le commerce. Il vous est toujours possible de cuisiner vous-même mais les produits sans lactose ne réagissent pas exactement de la même manière. Cela demande donc un apprentissage.

Soupes

Je me suis une fois, amusé, à lire les ingrédients de soupes en conserve dans un magasin de nuit. Toutes contenaient d’une manière ou d’une autre du lactose (crème fraiche, lait, lactoserum, pas forcément en grosse quantité mais presque toujours présent). Dernièrement, toutefois, j’ai trouvé chez Lidl de la soupe Kania tomates avec boulettes qui ne contenaient pas de lactose. Ca existe, donc, mais il faut chercher.

Ecole, anniversaires

Beaucoup de gens pensent savoir ce qu’est l’intolérance au lactose et ce qui peut être mangé ou non. En fait, leurs connaissances sont souvent extrêmement lacunaires. Mon conseil est de sensibiliser « fortement » toutes les personnes qui vont encadrer votre enfant et à fortiori les profs à ce qu’il ne mange RIEN d’autre que ce que vous donnez. Et exigez de pouvoir voir les ingrédients de tout ce qu’on pourrait vouloir lui donner. Un bon conseil.

Mais il est aussi important d’éduquer votre enfant à ce qu’il soit lui-même conscient de ce qu’il peut ou ne peut pas manger. Évidemment, il n’est pas agréable pour un enfant d’être privé de gâteaux quand tous ses copains de classe mangent ce qui a l’air si appétissant. Il est donc fondamental que les parents préviennent l’école à l’avance des anniversaires pour que vous puissiez apporter quelque chose afin que l’enfant ne se sente pas puni. Une sécurité supplémentaire est que l’école dispose toujours d’une réserve de secours au cas où (car ça peut arriver, les anniversaires où les parents préviennent le jour même; ça nous est d’ailleurs déjà arrivé, EDIT: en fait ça arrive tout le temps). Dans notre cas, il y a toujours des danettes au frigo et l’équipe éducative habituelle est bien consciente du problème donc ça se passe plutôt bien. Hormis une fois une prof remplaçante que nous n’avions pu prévenir, malheureusement, on ne peut totalement empêcher ce genre de choses.

10 heures, friandises, biscuits

Comme on l’a vu plus haut, les espagnols sont très majoritairement intolérants au lactose. Leurs produits contiendront donc plus volontiers de l’huile d’olive que du beurre. La petite adore les « magdalenas » (madeleines espagnoles) qu’on trouvait parfois en vente au magasin Trafic. Autrement, certaines gaufres et les barquettes au fruit n’en contiennent souvent pas. Les compotes non plus. Et les fruits nature sont évidemment OK. Les pâtes de fruit, à condition d’en trouver, sont généralement OK. Grany vend depuis peu des cookies chocolat brut au chocolat noir et qui ne contiennent pas de lactose. Les galettes de riz contiennent généralement du lactose. On a toutefois trouvé chez Lidl des biotrend « dark chocolate » qui n’en contenaient pas. D’une marque à l’autre pour un même produit, les compositions changent. J’ai l’impression que les sous-marques sont souvent moins problématiques que les marques.

Déjeuner (ou petit déjeuner pour les français)

Une seule pâte à tartiner choco existe (à ma connaissance) sur le marché, c’est le Kwatta Noir Pur.  Ca tombe bien, ça a toujours été ma préférée (Nutella = beurk). J’ai vu récemment une autre pâte à tartiner dans un carrefour market, il s’agit de la marque Damhert. Bien que celle-ci soit beaucoup plus chère que le Kwatta (environ le double si on prend le prix au kg), elle présente l’avantage de contenir de la noisette pour ceux qui préfèrent ce goût là. Elle a aussi l’avantage d’être annoncée sans gluten même si je n’ai jamais regardé si ce n’était pas également pareil pour le kwatta. Pour les confitures, je regarde toujours par principe mais normalement il n’y a pas de problème. On prend de la gelée de groseille et jamais constaté de lactose dedans.

Pâques

Cette année (2014), nous avons trouvé des oeufs sans lactose mais uniquement en marque distributeur (Delhaize Puur Fondant, Carrefour Puur Noir Plein). Les grandes marques n’en proposent apparemment pas. Il faut vérifier les ingrédients mais ça existe.

Quick Belgique

J’ai remarqué que la liste des allergènes évoluait.

Avant, j’avais été étonné de découvrir qu’il y avait du lactose dans les frites de chez Quick. Cela m’avait incité à regarder plus attentivement leur carte des allergènes (très complète). Vous la trouverez sur leur site en bout de page (https://www.quick.be/fr/page/nutrition).

A l’époque, il n’y avait quasi que les nuggets qu’elle pouvait manger. Aujourd’hui, c’est plus et c’est tant mieux, mais ça peut évoluer, surtout avec le rachat par Burger King qui occasionnera surement des changements de fournisseurs. Les frites sont apparemment de nouveau admise, il y a un burger, les fish n dips accessibles également. A la date du jour, en tout cas. C’est un réel progrès, j’espère que ça se maintiendra.

Ne pas hésiter donc à vérifier régulièrement les dernières versions.

Glaces

Il existe dans le commerce des glaces au soja mais nous ne les avons jamais goûtées. Par contre mon épouse a acheté à un prix raisonnable une sorbetière et nous faisons donc nos propres glaces « maison ». Je pense que c’est encore le mieux et le plus simple. Et toute la maison peut en profiter. Le notre était en promo, je pense qu’on ne l’a pas payé plus de 50 ou 60€ mais on en trouve pour moins cher chez Amazon donc surement dans le commerce également.

Diléa vend également depuis 2015 de la glace à la vanille par packaging de 500 ml.

Les ingrédients suspects à tort

Tout ce qui contient « Lact » nous fait peur. Mais parfois, cela désigne simplement des choses qui sont liés au lait sans être pour autant du lactose.

Acides lactiques et ferments lactiques, ainsi ne sont pas signe de présence de lactose. Vous pouvez être rassurés.

Conclusion

Tout ceci est le fruit d’un long apprentissage. Si vous avez d’autres trucs et astuces ou même des remarques sur ce qui est écrit ici, n’hésitez pas à le faire en commentaire.

N’hésitez pas également à partager ou imprimer ceci pour ceux qui auraient besoin de l’information. On a pas toujours eu facile avec cette intolérance et je serais ravi d’aider le plus de parents à s’en sortir avec un apprentissage rapide. Par ailleurs, n’oubliez jamais de demander les ingrédients pour les vérifier vous-même (quitte à le faire deux fois avec votre compagnon ou compagne). Il vaut mieux vexer une susceptibilité d’un « kissikonnait » que de partir pour une semaine de problèmes intestinaux. Vérifier également les ingrédients à chaque changement de recettes ou de packaging, même minime (un changement d’emballage peut parfois cacher un changement de recette). Le lactose est « partout »  pour des raisons que j’ignore mais il faut donc faire très attention si vous voulez être surs de ce que vous donnez. Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts, n’hésitez donc pas ! Note: je n’ai été payé par personne pour relater cela. Si des marques sont mises en évidence par la suite, c’est parce que ce sont celles que j’achète.