Commentaires sur la loi relative à la dénonciation d’une atteinte suspectée à l’intégrité au sein d’une autorité administrative fédérale par un membre de son personnel

[edit du 04/02/2015: rajout du nouveau site de lanceurs d’alerte]

Introduction

Le 04/10/2013, le Moniteur Belge a publié une Loi du 15/09/2013 sur la dénonciation d’atteintes à l’intégrité au sein de l’administration fédérale. Vous la retrouverez sur Juridat. Cette loi est aussi appelée loi sur les « lanceurs d’alerte » et est très compliquée, le but ne sera donc pas ici de l’analyser en long et en large ni de l’expliquer mais de se concentrer sur quelques commentaires.

L’intérêt de la loi

Ceux qui ont lu les livres de Zoé Shepard (même si elle évoque des situations françaises) peuvent imaginer à quel point cela peut être difficile de dénoncer une illégalité qu’on se voit obliger de commettre ou dont on est l’observateur passif. A qui s’adresser ? Avec quelle protection ? Il y a une obligation de s’adresser au Procureur du Roi mais cela reste très impressionnant et le risque de représailles est évidemment évalué plus important en dénonçant qu’en ne dénonçant pas. Il était donc sans doute nécessaire de faire quelque chose pour y remédier.

Résumé

Il sera possible de faire une dénonciation en interne ou via les médiateurs fédéraux (responsables devant le Parlement). Etant donné l’aspect sensible d’une dénonciation, je pense que ce sera la voie décentralisée qui sera surtout utilisée.

Pré plainte, plainte, enquête, … Tout le processus est d’une complexité sans nom et n’est pas sans risque pour celui qui dénonce.

La protection concernera, de manière non exhaustive, les actions suivantes:

 § 2. Par mesure ayant une conséquence préjudiciable pour les conditions ou les circonstances de travail, qui découle de la dénonciation d’une atteinte suspectée à l’intégrité, il faut entendre, entre autres, le fait de :
1° licencier un membre du personnel, hors le cas de la démission volontaire;
2° résilier anticipativement ou ne pas prolonger une nomination à titre temporaire;
3° ne pas convertir une nomination à titre temporaire pour une période d’essai en une nomination à titre définitif lorsque celle-ci est envisageable;
4° déplacer ou muter un membre du personnel ou refuser une demande en ce sens;
5° prendre une mesure d’ordre;
6° prendre une mesure d’ordre intérieur;
7° prendre une mesure disciplinaire;
8° priver un membre du personnel d’une augmentation salariale;
9° priver un membre du personnel de possibilités de promotion;
10° priver un membre du personnel de facilités dont bénéficient les autres collaborateurs;
11° refuser un congé;
12° attribuer une évaluation défavorable.

La protection est de deux ans sauf si le Gouvernement désire en faire une durée plus longue. Ces deux ans commencent à la fin de la procédure.

Si la personne ne suit pas correctement la procédure, elle n’est PAS protégée.

A noter que, bien que cela paraisse séduisant, la Loi prévoit que c’est à l’autorité de « prouver qu’aucune mesure et/ou qu’aucune menace de mesure visée à l’article 15, § 2, n’a été prise ou formulée, au cours de la période de protection, à l’encontre du membre du personnel protégé » dans le cas où le membre du personnel se sent menacé d’une telle mesure ou dit en avoir été victime. HUM, prouver l’inexistence de quelque chose me parait impossible où alors on a pas la même logique …

Mais, s’il y a preuve qu’une menace existait bien, les médiateurs peuvent « avertir l’autorité administrative compétente. » Ca c’est de la menace !! Alors que, si le rapport des médiateurs ne conclut rien de tel (ce qui pourrait être le fait que la plainte aux médiateurs ait en fait permis de « prévenir » une menace bien réelle plutôt que de la « guérir »), le membre du personnel risque la même chose et un dossier disciplinaire.

Super la protection donc, si on essaie de vous faire du mal et que vous ne le prouvez pas, vous avez un dossier disciplinaire et si vous arrivez à le prouver « l’autorité compétente est prévenue ». Mais la preuve proviendra forcément du fait qu’on vous a appliqué une sanction quelconque – ce qui est la seule chose qu’on peut prouver – et rien ne dit qu’il sera remédié réellement et rapidement à la sanction dont on est censé être protégé. Or, une vraie protection évite les sanctions au lieu de les « soigner » avec des placebos.

Enfin, la loi finit en abrogeant l’article 29 du code d’instruction criminelle (en bref, l’obligation de dénoncer au procureur du Roi les faits délictueux) pour ceux qui font appel à cette procédure.

Elle rentrera en application le 4 avril 2014 (il reste donc encore la possibilité de l’amender avec du bon sens, mais j’ai peu d’espoir).

Devoir de réserve, liberté d’expression et article 29: les occasions manquées !

Celui qui s’exprimera publiquement pour dénoncer une infraction ne sera pas nécessairement sanctionné. Au contraire de la France, je ne connais pas de jurisprudence belge sur le devoir de réserve. Par contre, une chose est certaine, il ne sera pas protégé. Or, c’est justement ce qui manquait aujourd’hui.

Au vu de la manière dont est faites la loi, de l’obligation de suivre une procédure très compliquée et de cette non protection de celui qui agit en dehors d’elle, on peut d’ailleurs se demander si un des objectifs n’est pas finalement que tout reste « au sein de l’administration ».

Cela est d’ailleurs corroboré par le fait qu’il n’y aura plus d’obligation de dénonciation des faits au Procureur du Roi. Est-ce un mieux ? Je ne pense pas. D’autant plus qu’en lisant bien, on se rend compte que, justement, celui qui obéit à l’article 29 n’est toujours pas protégé non plus. Une autre grosse occasion manquée.

Une protection en carton

Alors que la mise au placard est souvent un des risques les plus élevés, on remarquera qu’elle n’est même pas évoquée, même indirectement dans la liste (heureusement) non exhaustive de la loi. Dans les faits, le côté très formel, le besoin de prouver ou non, le « réel » pouvoir des médiateurs font que je ne pense pas que cette protection servira à quoi que ce soit. Rien que la durée ridicule de deux ans est une aberration. Un chef qui veut se venger saura très très bien attendre deux ans avant d’assouvir sa vengeance. Cette protection est tellement passive qu’elle n’en sera que peu utile.

Alors qu’il aurait pu être utile d’avoir une protection non limitée dans le temps (au moins durant le temps que reste en place des personnes identifiées comme pouvant vouloir assouvir une vengeance), on n’a qu’une protection de deux ans. Alors qu’il aurait pu être utile de prendre des mesures d’office contre les auteurs de l’acte délictueux (car ils ne seront pas forcément sanctionnés !), on ne prévoit pas de dossier disciplinaire contre eux. Alors, encore, qu’une mobilité facilitée aurait pu être offerte pour le dénonciateur vers un autre poste, rien de tel non plus. Bref, il aurait été utile de faire preuve de créativité et d’imagination pour que dans les faits il y ait une vraie protection. Surtout que, soyons clairs, ce genre de dénonciations ne devrait pas être très fréquent et donc être à priori gérable même pour des mesures exceptionnelles comme la mobilité facilitée.

Le fait même de confier la protection aux médiateurs fédéraux alors qu’ils n’ont pas de pouvoirs autre que d’interpellation est une grande rigolade (si je puis m’exprimer ainsi).

Et les syndicats ?

Il aurait pu être intéressant de mêler les organisations syndicales à plusieurs moments. Celui de la pré enquête aurait permis de garder un total anonymat jusqu’à ce qu’un premier avis juridique soit rendu. Ensuite, la dénonciation aurait pu se faire au nom du syndicat même, même s’il est souvent facile d’identifier la source (ce qui ne dispenserait donc pas de la protéger). Enfin, le comité de concertation de base devrait être averti des cas en question pour permettre aux organisations syndicales de jouer leur rôle de protection des affiliés. Ensuite, toute mesure concernant les personnes protégées devrait obligatoirement y remonter pour information et/ou approbation.

Rien de tout cela n’est fait comme s’il n’y avait pas de syndicats dans la fonction publique et comme s’ils n’avaient pas de rôle à jouer pour protéger le personnel.

Cela dit, pour être honnête, mêler les délégués syndicaux a pour problème que ceux-ci sont eux-même, dans la fonction publique fédérale, extrêmement mal protégés (une protection quasiment inexistante qui se limite à une entrevue obligatoire en cas de sanction – de mémoire -). C’est un autre sujet sur lequel les parlementaires devraient sans doute se pencher pour au minimum interpeller le Gouvernement.

Faut-il l’utiliser ? Que faut-il faire ?

Non. C’est mon conseil. Que vous pouvez ou non ne pas suivre mais je n’ai pas le sentiment que dans l’état actuel cette loi offre suffisamment de garanties tant en ce qui concerne le suivi et donc l’utilité de la dénonciation qu’en ce qui concerne la protection qui doit être accordée.

Avec l’application de la loi, on pourra voir si cette peur est démesurée. On pourra au moins voir l’évaluation qu’en feront les médiateurs et le nombre de personnes qui y feront appel (et qui auront donc, eux, confiance dans l’utilité et la sécurité de leur démarche).

Mais, si on veut quand même agir, le conseil que je donne est de réunir le plus de preuves possibles et de, si on veut rester passif et discret, attendre la prochaine visite de la Cour des Comptes et leur montrer où ils doivent chercher. Certes, la Cour des Comptes n’a pas non plus un pouvoir très grand mais elle est quand même redoutée et d’une grande crédibilité dans ses analyses. Et si on veut être un peu plus actif, communiquer directement avec la Cour des Comptes et solliciter auprès d’elle un contrôle spontané. Si vous la jouer finement, personne ne saura jamais que c’est vous qui avez percé le tuyau.

Si le service d’audit interne existe et que celui-ci est au dessus de tout soupçon, c’est encore plus simple de les contacter mais, malheureusement, peu d’organisations fédérales l’ont organisé malgré l’obligation qu’elles ont de le faire. Chez un précédent employeur, l’audit interne existait et était très actif et efficace. Il dépendait directement de la direction et existait même depuis une plus longue période que l’obligation copernicienne (cf. plan copernic).

Je me dis que si plus d’organisations optait pour un tel système, l’efficacité de l’administration serait augmenté d’une autre manière (en positif) que par le biais d’un changement de la carrière en forme d’usine à gaz (comme décidé dernièrement). Et l’audit interne serait justement l’interlocuteur qui devrait être privilégié pour mener de telles enquêtes et protéger (ne fut-ce que par un devoir de discrétion sur les sources) celui qui dénonce.

Conclusion

Pourquoi cette loi ? Le but semble être de diminuer les infractions commises au sein de l’administration ou de mieux les faire connaitre pour les traiter comme il se doit. Cela ne sera vraisemblablement que peu atteint.

Le but aurait pu être de protéger ceux qui dénonçaient par voie de presse (même anonymement) ou en exécutant simplement l’obligation légale prévue dans le code d’instruction criminelle.  Mais là encore: nada. Au contraire.

Enfin, d’autres moyens existaient pour régler ces problèmes mais on ne les effleure même pas: protéger mieux les délégués syndicaux, appliquer réellement l’instauration d’audits internes dans les organisations fédérales, donner plus de pouvoir à la Cour des Comptes, sanctionner plus rapidement et adéquatement ceux qui contreviennent à la loi, protéger la liberté d’expression des fonctionnaires et supprimer toute possibilité de référence à un devoir de réserve excepté en ce qui concerne la protection de la vie privée ou encore lutter efficacement contre les placards (car ceux-ci sont souvent la conséquence de comportements pas assez « obéisssants »).

Mais rien de tout ça encore. Alors, rêvons un peu et espérons que ce petit pas que constitue ce texte légal servira à quelque chose ou, au minimum, que si son inutilité apparait on rouvrira le débat pour évoquer d’autres pistes et améliorer les lacunes du texte !

PS: la lecture du texte de loi fut assez fastidieuse. N’hésitez pas à m’apporter tout complément d’informations, par mail ou dans les commentaires, pour améliorer le présent article. Je vous en remercierai mille fois.

Lancer une alerte

Comme petit complément, j’ajoute le nouveau site internet lancé notamment par la RTBF, La Libre et Le Soir pour permettre de transmettre anonymement des documents aux journaux concernés: Source Sure

Ma fille est intolérante au lactose, quelques conseils et trucs à savoir

Edit février 2016: je pense avoir trouvé une méthode pour détecter une intolérance génétique au lactose (entre beaucoup de choses) pour environ 140 dollars américains. Mais j’attends les résultats pour vous confirmer. Ils devraient arriver vers mars au plus tard. Je vous dis déjà que la firme https://www.23andme.com propose un test génétique qui regarde toutes sorte de maladies ou traits génétiques, ainsi que les origines géographiques sur base de notre ADN. C’est très résumé mais il y a en partie le test du gène qui produit la lactase et cela permet donc de détecter une intolérance génétique au lactose.

Re-edit: dans mon cas, ça m’a permis de savoir que je n’avais pas le gène. Mais, pour la Belgique, il faut aller chercher soi-même le gène. En Belgique, on a pas accès aux résultats simplifiés, mais on a quand même accès à tout son génome. Quoiqu’il en soit, si quelqu’un est intéressé et que je reçois la demande, je mettrait à jour l’article avec la marche à suivre.

Dernière modification le 19/12/2015 Si vous arrivez sur cette page, c’est, j’imagine, que vous avez déjà une idée sur ce qu’est l’intolérance au lactose.

Mais si vous ne savez pas, je vous invite à consulter Wikipédia ou cette vidéo:

A savoir que l’intolérance au lactose est un business (ou un danger pour certains business) et que certains résultats Google sont en fait des liens vers des publicités « cachées » vers l’un ou l’autre fabriquant ou commerçant donc il n’est pas inutile d’être prudent sur ce qu’on trouve sur internet.

A savoir également que l’intolérance au lactose est une découverte plutôt récente dans les faits dans nos pays européens. Beaucoup de docteurs ne savent pas ce que c’est ! Et même parmi les plus jeunes, ils ne disposent parfois que de peu d’informations.

C’est ainsi qu’une intolérance « basique » au lactose peut ne jamais être détectée ou très tardivement par méconnaissance de votre (vos) docteurs. Une fois cela dit, je vais vous dire comment, nous, parents d’une fille qui a une intolérance totale au lactose, nous débrouillons pour la nourrir correctement et ce à quoi nous faisons attention. Et pour être clair, ce n’est pas une sinécure !

Les indications sur les produits …

Quand il est écrit « contient: (…) lait », vous pouvez dire au revoir à l’idée d’acheter ce produit. MAIS, cette mention ne semble pas obligatoire. Autrement dit, quand c’est écrit, vous avez la certitude, quand ce n’est pas écrit, il faut alors examiner scrupuleusement les ingrédients. Edit: la législation oblige depuis peu à mentionner les allergènes mais on est encore dans une période de transition donc ce n’est pas encore le cas pour tous les produits.

Quand il est écrit « peut contenir des traces de : (…) lait », alors, par contre, normalement c’est bon. Cela veut seulement dire que d’autres produits dans l’atelier en contiennent et que si la « table » est mal nettoyée entre deux préparations, alors il pourrait se retrouver du lactose. Normalement, ça n’arrive pas. Quand cette mention existe, c’est donc une quasi certitude qu’il n’y en a normalement pas dans les ingrédients (on ne peut pas mettre « peut contenir des traces » quand il y a des ingrédients qui en contiennent). C’est donc, paradoxalement, souvent la seule mention qui assure que le produit est OK.

Lactoserum, lait en poudre, … Même en très petites quantités, à éviter comme la peste car la concentration de lactose dans cette petite quantité est très élevée dans ces produits déshydratés. Nous avons eu l’exemple d’un biscuit qui contenait moins d’un pourcent de lactoserum et dont les conséquences furent catastrophiques. Le lactoserum est une vraie crasse qui se trouve malheureusement dans beaucoup de produits sans qu’on puisse vraiment comprendre la raison (exemple: certains pains, nuggets surgelés, …). Et sinon, de manière non exhaustive, le lait, le beurre, le babeurre, et tout ce qui y ressemble est évidemment contre-indiqué. En cas de doute, ne pas donner. Plus un fromage est dur, moins il y a de lactose dedans.

Différences en fonction des pays

La Belgique, pays où je réside, offre un très large choix d’aliments vraiment sans lactose. Mais c’est loin d’être le cas partout. Alors, quand vous voyagez ou comptez voyager, renseignez-vous sur la disponibilité des produits OU prenez les quantités nécessaires sur la route en vous assurant d’avoir accès sur place à un frigo. C’est contraignant mais il en va de la santé de votre enfant. Ainsi, quand nous sommes partis en vacances en France pour une semaine, nous avons du emporter des sérieux stocks de nourriture avec nous. Il faut d’ailleurs savoir que les niveaux d’intolérance varient fortement en fonction des pays. L’Espagne ou les pays d’Afrique comprennent une population beaucoup plus intolérante au lactose que la Belgique ou la France. Connaitre vos origines pourra donc également vous aider à faciliter le diagnostic. Ces différences se marquent aussi dans l’alimentation (remplacement de produits lactés par de l’huile d’olive dans la préparation, par exemple) ou la disponibilité de produits sans lactose.

Durée des symptômes et test

Quand notre enfant fait un écart de régime (et vous l’apprendrez, c’est très difficile de sensibiliser efficacement toutes les personnes qui s’en occupe ou l’encadre), les effets peuvent durer jusqu’à une semaine ! Un bon test (supprimer tous les produits avec lactose) doit, à mon avis, donc durer au moins dix jours et se faire avec une suppression totale du lactose.

Pour les tests sanguins, très à la mode, ils ne sont pas du tout fondés scientifiquement. J’ai lu qu’il y avait quasiment une chance sur deux pour que le résultat ne corresponde pas (faux positif ou faux négatif). De plus, ce sont des tests d’allergie et non d’intolérance. Ils ne sont pas du tout recommandés ! Un petit article pour en savoir plus.

Pharmacien, médicaments

Devant les symptômes, certains pharmaciens recommanderont des produits utiles contre la diarhée « normale » mais tout à fait contre productifs contre l’intolérance au lactose (!!!) : yaourts et certains probiotiques. Car, en effet, certains médicaments contre la diarrhée contiennent du lactose. En absence de prescription médicale, il est donc utile de se faire aider d’un bon pharmacien. Beaucoup de médicaments, antibiotiques, antidouleurs en contiennent ou ont des effets similaires. Signalez-le donc aux équipes soignantes même quand c’est déjà noté dans le dossier médical. Il existe des probiotiques sans lactose, il faut donc demander au docteur de vérifier les ingrédients avant prescription. J’utilise, pour le moment, Probiotical D de Phacobel. Un peu moins de 15€ pour 20 gélules mais c’est sans lactose.

« Sans lactose » (en réalité: avec lactase), à prendre parfois avec précautions

Certains produits sont vendus avec l’appellation « sans lactose » mais comprennent encore du lactose en petite (ou plus grosse) dose. Pour une intolérance totale, cela n’ira pas. Regardez donc bien les astérisques qui indique souvent dans ce cas là qu’il s’agit en réalité d’un produit dans lequel on a ajouté du lactase mais en aucun cas on a retiré le lactose.Or, le lactase n’agit pas de la même manière quand il est synthétisé dans le corps ou quand il est ingéré. Il y a également un problème de quantité, il ne sera jamais totalement efficace. Le lactase est donc une solution dont il faut à priori se méfier sauf si vous avez une légère intolérance. Par contre, les produits « zéro lactose » n’en contiennent pas (pour ceux que je connais, il n’y a pas d’abus de langage). Pourquoi y a-t-il cette différence ? En fait, une société scandinave a développé et protégé par brevet un processus qui enlève réellement le lactose du lait. Et qui par là même en fait des laits plus « light » (le lactose est un sucre). Vous retrouverez ces produits sous le nom « Diléa » en Belgique (anciennement « Valio »). Elle propose une large gamme et, franchement, c’est que du bonheur depuis qu’on l’a découverte. D’autres sociétés opèrent en ajoutant du lactase dans le lait. Par expérience, j’ai de très grands doutes sur l’efficacité de cette méthode d’adjonction de lactase et je ne recommande donc pas cela. Le « matin léger » fonctionne ainsi (mais il est honnête car de mémoire l’emballage mentionne la grosse quantité de lactose encore présente) de même que le lait « sans lactose » du Lidl (qui lui indique une très faible quantité de lactose qui ira peut-être pour une intolérance légère).

Beurre et margarine

Dans cette catégorie, soit vous voulez du beurre et vous aurez le beurre Diléa (anciennement Valio), soit de la margarine et, alors, il faut la mention « 100% végétal ». Alpro en fait en Belgique. En France, j’ai trouvé une seule margarine qui ne contenait pas de lactose (le babeurre en contient et est présent dans de nombreuses margarines). Faites donc gaffe à ne pas croire que parce que vous achetez de la margarine, elle est forcément sans lactose.

Chocolat

Du chocolat sans lait, c’est du chocolat noir ? Non. Réfutez cette idée. Dans une majorité de chocolat noir, vous retrouvez quand même des produits laitiers et la teneur en cacao n’y change pas grand chose.

Lidl vent du chocolat sous la marque Fin Carré et sans lactose pour certains. De même pour certaines de leurs mignonnettes. J’en ai trouvé également chez Colruyt. Généralement, c’est du chocolat pas forcément toujours facile à manger pour les enfants (bien qu’ils s’y habituent vite …). Je pense qu’on peut en trouver dans beaucoup de grandes surfaces mais il n’y a souvent qu’une seule marque de l’assortiment qui sera OK.

Lait chocolaté

C’est assez cher, comme beaucoup de produits Diléa il faut bien le dire, mais il existe des laits chocolatés en petits berlingots. L’avantage, c’est qu’ils peuvent les boire facilement au petit matin. Il existe également des laits chocolatés au soja mais ça n’a pas le même goût.

Lait

Il n’existe plus qu’un seul format possible chez Diléa: un litre (avant, il y avait aussi un demi litre, ce qui évitait les gaspillages).

Si pas d’allergie au soja, il existe également les laits de soja (qui ont un goût très différent).

Attention, pour le lait de riz, il est totalement déconseillé pour les enfants. Le riz contient de l’arsenic qui, comme chacun le sait, est un poison. En ingérer de fortes quantités est donc problématique, et plus encore pour les jeunes enfants du fait de leur faible poids. Plus d’infos (en anglais): dans l’article publié sur le blog IFLS.

Rice milk is so high in inorganic arsenic that the UK Food Standards Agency issued the advice that children under the age of four-and-a-half should not drink rice milk. Traduction: Le lait de riz contient une concentration si élevée en arsenic inorganique que l’agence sur l’alimentation du Royaume Uni a émis un avis déconseillant aux enfants de moins de 4 ans et demi d’en boire.

Récemment, le Conseil Supérieur de la Santé belge a également émis des recommandations assez fortes sur les boissons à base de riz pour les nourrissons et jeunes enfants : https://www.presscenter.org/fr/pressrelease/20181216/arsenic-dans-lalimentation-des-nourrissons-et-jeunes-enfants

Fromage, « danettes », yaourts, crème fraiche, gruyère

Pour tous ces produits là, une seule marque: Diléa. Ou alors Alpro Soja (si pas intolérance au soja).

Viandes

Evitez comme la peste (sauf si vous avez les ingrédients inscrits sur le packaging) les viandes ou charcuteries « préparées ». Elles contiennent presque toujours de grosses quantités de lait et donc de lactose. Le lait est utilisé comme liant. Si vous achetez une saucisse ou du haché préparé, la quantité de lactose sera importante. Pour ceci donc, on achète les jambons sous vide pré découpés (les ingrédients sont notés), on va uniquement chez des bouchers chez qui on peut avoir confiance et qui font des préparations spécialement pour nous ou encore au rayon self service du supermarché (d’année en année, je remarque que les choses s’améliorent).

Soja

D’après notre docteur, un nombre non négligeable d’intolérants au lactose sont également intolérants au soja. A éviter donc lors du test d’intolérance ! Sinon, risque de le fausser en obtenant pas de résultats à cause du soja.

Par ailleurs, les produits à base de soja n’ont pas le même goût. Nous évitons le soja tant que faire se peut mais dans certains pays il n’est pas possible de faire autrement. Ce n’est pas non plus une mauvaise solution mais vu les risques d’intolérance croisée, on préfère éviter. Mais, ce n’est pas déconseillé pour autant, si ce n’est durant la période ou vous testez l’intolérance au lactose (pour ne pas falsifier les résultats).

Pain

Et oui, faites-y bien gaffe. Bien que ce soit un mystère pour moi, de nombreux pains contiennent du lactose. Et il est très difficile d’avoir accès aux ingrédients. Dans une boulangerie, la vendeuse ne le saura pas forcément (car il vient souvent de certains ingrédients) et en grande surface, ce n’est pas toujours indiqué correctement. Nous achetons à l’AD Delhaize ou les allergènes sont bien indiqués correctement (et un pain sur deux ou trois environ n’en contient pas) ou alors les pains industriels pré découpés (en général mais pas toujours, un changement récent vient d’en ajouter pour le pain de notre grande suface) n’en contiennent pas. Pour donner des exemples de pain que nous achetons: le camp rémy (je pense dispo uniquement chez Delhaize) et le Belle Epoque (dispo au Delhaize et au Carrefour Mestadagh).

Pâtisseries, gâteaux

Oubliez 😦 Du moins ceux qui sont en vente dans le commerce. Il vous est toujours possible de cuisiner vous-même mais les produits sans lactose ne réagissent pas exactement de la même manière. Cela demande donc un apprentissage.

Soupes

Je me suis une fois, amusé, à lire les ingrédients de soupes en conserve dans un magasin de nuit. Toutes contenaient d’une manière ou d’une autre du lactose (crème fraiche, lait, lactoserum, pas forcément en grosse quantité mais presque toujours présent). Dernièrement, toutefois, j’ai trouvé chez Lidl de la soupe Kania tomates avec boulettes qui ne contenaient pas de lactose. Ca existe, donc, mais il faut chercher.

Ecole, anniversaires

Beaucoup de gens pensent savoir ce qu’est l’intolérance au lactose et ce qui peut être mangé ou non. En fait, leurs connaissances sont souvent extrêmement lacunaires. Mon conseil est de sensibiliser « fortement » toutes les personnes qui vont encadrer votre enfant et à fortiori les profs à ce qu’il ne mange RIEN d’autre que ce que vous donnez. Et exigez de pouvoir voir les ingrédients de tout ce qu’on pourrait vouloir lui donner. Un bon conseil.

Mais il est aussi important d’éduquer votre enfant à ce qu’il soit lui-même conscient de ce qu’il peut ou ne peut pas manger. Évidemment, il n’est pas agréable pour un enfant d’être privé de gâteaux quand tous ses copains de classe mangent ce qui a l’air si appétissant. Il est donc fondamental que les parents préviennent l’école à l’avance des anniversaires pour que vous puissiez apporter quelque chose afin que l’enfant ne se sente pas puni. Une sécurité supplémentaire est que l’école dispose toujours d’une réserve de secours au cas où (car ça peut arriver, les anniversaires où les parents préviennent le jour même; ça nous est d’ailleurs déjà arrivé, EDIT: en fait ça arrive tout le temps). Dans notre cas, il y a toujours des danettes au frigo et l’équipe éducative habituelle est bien consciente du problème donc ça se passe plutôt bien. Hormis une fois une prof remplaçante que nous n’avions pu prévenir, malheureusement, on ne peut totalement empêcher ce genre de choses.

10 heures, friandises, biscuits

Comme on l’a vu plus haut, les espagnols sont très majoritairement intolérants au lactose. Leurs produits contiendront donc plus volontiers de l’huile d’olive que du beurre. La petite adore les « magdalenas » (madeleines espagnoles) qu’on trouvait parfois en vente au magasin Trafic. Autrement, certaines gaufres et les barquettes au fruit n’en contiennent souvent pas. Les compotes non plus. Et les fruits nature sont évidemment OK. Les pâtes de fruit, à condition d’en trouver, sont généralement OK. Grany vend depuis peu des cookies chocolat brut au chocolat noir et qui ne contiennent pas de lactose. Les galettes de riz contiennent généralement du lactose. On a toutefois trouvé chez Lidl des biotrend « dark chocolate » qui n’en contenaient pas. D’une marque à l’autre pour un même produit, les compositions changent. J’ai l’impression que les sous-marques sont souvent moins problématiques que les marques.

Déjeuner (ou petit déjeuner pour les français)

Une seule pâte à tartiner choco existe (à ma connaissance) sur le marché, c’est le Kwatta Noir Pur.  Ca tombe bien, ça a toujours été ma préférée (Nutella = beurk). J’ai vu récemment une autre pâte à tartiner dans un carrefour market, il s’agit de la marque Damhert. Bien que celle-ci soit beaucoup plus chère que le Kwatta (environ le double si on prend le prix au kg), elle présente l’avantage de contenir de la noisette pour ceux qui préfèrent ce goût là. Elle a aussi l’avantage d’être annoncée sans gluten même si je n’ai jamais regardé si ce n’était pas également pareil pour le kwatta. Pour les confitures, je regarde toujours par principe mais normalement il n’y a pas de problème. On prend de la gelée de groseille et jamais constaté de lactose dedans.

Pâques

Cette année (2014), nous avons trouvé des oeufs sans lactose mais uniquement en marque distributeur (Delhaize Puur Fondant, Carrefour Puur Noir Plein). Les grandes marques n’en proposent apparemment pas. Il faut vérifier les ingrédients mais ça existe.

Quick Belgique

J’ai remarqué que la liste des allergènes évoluait.

Avant, j’avais été étonné de découvrir qu’il y avait du lactose dans les frites de chez Quick. Cela m’avait incité à regarder plus attentivement leur carte des allergènes (très complète). Vous la trouverez sur leur site en bout de page (https://www.quick.be/fr/page/nutrition).

A l’époque, il n’y avait quasi que les nuggets qu’elle pouvait manger. Aujourd’hui, c’est plus et c’est tant mieux, mais ça peut évoluer, surtout avec le rachat par Burger King qui occasionnera surement des changements de fournisseurs. Les frites sont apparemment de nouveau admise, il y a un burger, les fish n dips accessibles également. A la date du jour, en tout cas. C’est un réel progrès, j’espère que ça se maintiendra.

Ne pas hésiter donc à vérifier régulièrement les dernières versions.

Glaces

Il existe dans le commerce des glaces au soja mais nous ne les avons jamais goûtées. Par contre mon épouse a acheté à un prix raisonnable une sorbetière et nous faisons donc nos propres glaces « maison ». Je pense que c’est encore le mieux et le plus simple. Et toute la maison peut en profiter. Le notre était en promo, je pense qu’on ne l’a pas payé plus de 50 ou 60€ mais on en trouve pour moins cher chez Amazon donc surement dans le commerce également.

Diléa vend également depuis 2015 de la glace à la vanille par packaging de 500 ml.

Les ingrédients suspects à tort

Tout ce qui contient « Lact » nous fait peur. Mais parfois, cela désigne simplement des choses qui sont liés au lait sans être pour autant du lactose.

Acides lactiques et ferments lactiques, ainsi ne sont pas signe de présence de lactose. Vous pouvez être rassurés.

Recettes

Ma compagne a ouvert un blog où elle liste, notamment, les recettes qu’elle utilise pour ma fille ou pour ma filleule (qui en plus d’avoir le lactose a le gluten et les œufs … pas facile).

Voici l’adresse de ces recettes: https://lisbook.wordpress.com/category/recettes/

Conclusion

Tout ceci est le fruit d’un long apprentissage. Si vous avez d’autres trucs et astuces ou même des remarques sur ce qui est écrit ici, n’hésitez pas à le faire en commentaire.

N’hésitez pas également à partager ou imprimer ceci pour ceux qui auraient besoin de l’information. On a pas toujours eu facile avec cette intolérance et je serais ravi d’aider le plus de parents à s’en sortir avec un apprentissage rapide. Par ailleurs, n’oubliez jamais de demander les ingrédients pour les vérifier vous-même (quitte à le faire deux fois avec votre compagnon ou compagne). Il vaut mieux vexer une susceptibilité d’un « kissikonnait » que de partir pour une semaine de problèmes intestinaux. Vérifier également les ingrédients à chaque changement de recettes ou de packaging, même minime (un changement d’emballage peut parfois cacher un changement de recette). Le lactose est « partout »  pour des raisons que j’ignore mais il faut donc faire très attention si vous voulez être surs de ce que vous donnez. Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts, n’hésitez donc pas ! Note: je n’ai été payé par personne pour relater cela. Si des marques sont mises en évidence par la suite, c’est parce que ce sont celles que j’achète.

Groupes facebook : visualiser les personnes qui ont vu

Si vous vous demandez à partir de combien de membres un groupe Facebook n’affiche plus les personnes qui ont visualisé les différents posts (articles et interventions postées dans le groupe), par expérience – octobre 2013 -, il semblerait que ce soit à partir de 250.

Bien sur, ce chiffre peut évoluer du jour au lendemain mais, étant donné que je m’étais moi-même posé la question sans trouver de réponses, je voulais partager l’information.

Si vous constatez un changement ou une preuve que ce n’est plus le cas, n’hésitez pas à le signaler en commentaire ou par mail.

Francisation du mot « Hashtag »

Début de cette année (et oui, je ne suis pas rapide mais profite d’avoir un peu de temps pour écrire ou finaliser des articles en attente depuis longtemps), l’académie française a proposé « mot dièse » pour remplacer « hashtag« .

Cette proposition est d’une incroyable pauvreté et se contente surtout de décrire l’apparence d’un hashtag.

Pourtant le Web est basé sur le lien hypertexte ou autrement dit « hyperlien » (peu de gens le savent), c’est à dire la possibilité d’accéder à un contenu en cliquant sur un lien au sein d’une page. Lien lui même mis en évidence. Le Hashtag est justement une continuation de cela. En cliquant sur le « mot dièse » (comme dirait l’académie), on accède plus à un contenu bien déterminé mais à des contenus basés sur le même hashtag. C’est une invention assez intéressante et qui va dans le sens de la sérendipité et dans le sens du Web comme il est conçu à ses origines.

Alors, plutôt que d’inventer un mot ridicule qui ne veut rien dire et qui a peu de chance d’être repris et de passer dans le langage courant, je pense qu’il aurait été nettement plus intéressant de proposer « hypermot ». Ce mot a une filiation claire et assumée avec « hyperlien ». Certes, comme beaucoup de francisation, il n’aurait pas forcément été plus utilisé que le mot original (est-ce seulement souhaitable ?) mais au moins cela aurait été logique et aurait eu du sens.

Si vous êtes d’accord avec moi, utilisez le et aidez à sa contamination dans le langage courant ! 🙂

Ma fille en classe verticale de maternelles : premières impressions

[précisions pour les non belges: j’habite la Belgique, l’enseignement maternel représente l’enseignement dispensé aux enfants entre trois et six ans, il y a trois années. Cet enseignement est généralement précédé d’un « accueil » à partir de deux ans et demi, cet accueil étant gratuit, il est majoritairement préféré aux crèches et aux systèmes d’accueil des enfants en bas âge qui eux coûtent assez cher]

Ma fille a maintenant trois ans et trois mois. Elle est rentrée en classe d’accueil à deux ans et demi début janvier 2013 à l’école fondamentale Notre Dame de Namur. Elle y a appris beaucoup de choses et a été très gâtée par Madame Marie-Julie, Madame Véro et les diverses stagiaires qui se sont succédées.  Depuis septembre, elle est rentrée pour de vrai dans le système scolaire, c’est à dire en maternelle avec Madame Françoise.

Quand nous avons cherché une école et pris la décision de l’inscrire à Notre Dame à Namur, la classe verticale (mélange de premières, deuxièmes et troisièmes maternelles) était quelque chose qui nous séduisait quand nous l’avons découverte (nous ne savions même pas que des écoles l’organisait). Mais ce ne fut qu’un point parmi d’autres qui nous a décidé et pas un point déterminant.

Aujourd’hui, ce serait peut-être différent. D’abord parce que nous avons pu en parler plus longuement lors de la rencontre « parents-professeurs » mais aussi parce que nous avons pu entendre un professeur de primaire évoquer les effets positifs et voir notre fille s’épanouir parfaitement dans ce système.

Pour en dire un peu plus, les professeurs font des choses différentes avec chaque classe d’âge. Les enfants de première année sont appelés « Ouistiti », les deuxièmes « Koala » et les troisièmes « Kangourou ». Un enfant qui progresse un peu plus vite pourra apprendre en écoutant ce qui est dit avec les plus âgés. Il y a de l’entraide entre les différents âges : les kangourous accompagnent les ouistitis aux toilettes, les sorties scolaires sont plus faciles à gérer. L’entrée en primaire est facilitée car, dans la cour de récréation, il y a déjà des têtes connues. Les professeurs de primaire qui se plaignaient du manque d’autonomie voient que la situation s’est grandement améliorée.

Je ne sais pas combien d’écoles appliquent ce système mais je suis convaincu qu’il gagnerait à être étendu à de plus nombreuses écoles. Bien sur, tout changement provoque de l’appréhension et de la peur. Mais je n’ai jamais vu une telle unanimité, après coup, dans l’équipe pédagogique pour défendre le système: aucune personne à qui j’en ai parlé ne voudrait, pour rien au monde, revenir en arrière.

Je conclurai par ceci: si vous hésitez à mettre votre enfant dans une école qui applique ce système, n’hésitez plus, votre enfant en sortira gagnant. J’ajoute que l’école de ma fille comprend une population assez mélangée et que pour un enfant dont les parents ne parlent parfois pas la langue du pays (ou imparfaitement), l’apprentissage de l’autonomie est essentiel. Au delà du pédagogique, il y a donc un effet social encore plus appréciable ! 🙂

Réflexions sur la construction de logement et le prix des terrains

Aujourd’hui, les terrains à bâtir aux prix les plus bas sont soit situés dans des zones rurales éloignées de tout avec dépendance forte à la voiture soit possèdent des caractéristiques qui les rendent peu désirables.

En dehors de ces terrains là, les prix montent vite très haut. Et le prix élevé fait de la possibilité de construire « sa » maison ou d’en acheter une neuve un rêve de plus en plus inaccessible.

On pourrait dire que ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose car cela pousse à l’achat de maisons anciennes qui sont alors rénovées ce qui provoque une amélioration de la performance énergétique des bâtiments.

Toutefois, je pense qu’il reste important de réfléchir aux mesures qui peuvent être prises pour baisser le coût du logement et donc également celui des terrains. Notamment parce que la baisse du coût du neuf provoquera inévitablement une baisse également du côté du vieux.

Une mesure à laquelle j’ai pensé est la suivante: limiter la spéculation. Ce serait sans doute d’avantage symbolique mais pourrait quand même avoir un effet sur les prix. Le principe serait que, si on achète un terrain à bâtir, c’est pour construire dessus dans un délai de quelques années. Sinon, il faudrait soit le revendre, soit renoncer à le vendre plus cher que le prix consenti pour son achat augmenté des frais. De cette manière, on ne pénalise pas l’achat du terrain réalisé pour un membre de la famille mais on empêche l’achat d’un terrain dans le seul but de le revendre plus cher plus tard (les terrains étant de plus en plus rares, il est utile qu’ils ne restent pas en dehors du marché trop longtemps).

Des mesures plus dures pourraient être prises comme l’expropriation de terrains non utilisés pour les « activer » ou la fixation des prix de vente. Mais la première demande des moyens financiers que les communes n’ont plus ainsi qu’un certain courage politique. Et la deuxième présente l’inconvénient, en sortant du marché, qu’il y aura pléthore d’acheteurs face à des terrains qui seront redevenus abordables. Autrement dit, ce sera un peu la bataille pour chaque terrain avec certainement de l’argent noir qui servira à départager les candidats (un retour indirect au marché pour fixer le prix de vente). Et les propriétaires n’auront plus d’incitants à vendre si cela doit se faire à un prix très bas voir plus bas que celui auquel ils auront acheté.

En réalité, le problème principal des terrains, c’est leur rareté. Et cela ne risque pas de changer à l’avenir car il y a une prise de conscience des dangers de la périurbanisations ou de l’importance de sauvegarder un maximum de terres cultivables. Cela induit donc que, dés aujourd’hui, il va falloir pousser à ce que le moindre terrain disponible soit utilisé au mieux. Faire construire une quatre façades avec un grand jardin deviendra un luxe qui sera l’exception. A côté de cela, les deux ou trois façades bien isolées devront devenir une norme y compris donc dans le neuf.

Autre changement, les sociétés spécialisées dans la construction vont devoir de plus en plus réorienter une partie de leurs activités vers la démolition-reconstruction et la rénovation. Et là dedans, il y a clairement un marché insatisfait aujourd’hui au vu de ce que j’entends dans mon entourage et de la qualité du logement wallon,