La vie d’Adèle (film) et Le bleu est une couleur chaude (BD), critique, petite analyse et commentaires

Avant propos

J’écris cet article après avoir revu le film et relu la bande dessinée. Après coup, je me rends compte que ce fut un exercice plus compliqué que je ne l’imaginais car les deux histoires sont finalement assez différentes.

J’ai tenté une petite analyse, comparaison et critique. Cela n’a pas pour but d’être exhaustif et j’attends vos remarques contradictoires en commentaires si vous n’êtes pas d’accord.

Si l’auteure passe un jour par ici, je serais intéressé par une mini interview qui contiendrait les questions suivantes:

  • pensez-vous que le film respecte l’oeuvre originale ?
  • avez-vous aimé le film ?
  • vouliez-vous faire une histoire militante ou seulement raconter une histoire d’amour ?
  • avez-vous des commentaires par rapport à ce que j’ai écris ici ?

Un grand merci si elle voulait se prêter à ce jeu.

Spoilers ?

Soyons clairs dès le départ, comme à mon habitude, cet article dévoile les intrigues des deux oeuvres car on ne peut pas analyser sans dévoiler.

Les œuvres …

  1. Le film: « La vie d’Adèle, chapitres 1 et 2 » de Abdellatif Kechiche
  2. La BD: « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh

Thème central

Pour la Bande Dessinée, le thème est l’amour homosexuel dans un sens presque clairement militant.

Cet amour devient presqu’impossible à travers tous les obstacles qu’il rencontre:

  • parents d’Adèle qui l’expulsent et qui semblent profondément homophobes
  • le doute d’Adèle sur sa propre sexualité, alors même qu’elle ne doute pas de son amour
  • le doute d’Emma sur la sexualité d’Adèle
  • le comportement des camarades de classe

Dans le film, la pression sociale est représentée à travers les moqueries de ses camarades de classe. Il y a une scène assez violente pour Adèle, quand elle se fait attaquer par ses copines. Mais, si elle nie son homosexualité, c’est uniquement pour les autres. Elle ne doute pas d’elle-même. Et semble même très bien l’ accepter. De nouveau, elle nie celle-ci à ses parents, à ses collègues, à la société, mais ce n’est pas du tout un poids pour elle car elle considère avant tout que c’est quelque chose d’intime qui ne regarde qu’elle.

Le film a, de ce fait, un propos beaucoup plus universel. Il parle d’Amour, de premier amour et d’emprise. De même que de la difficulté du deuil amoureux. Adèle découvre l’homosexualité et la désillusion après son premier baiser. Emma lui apporte une amour partagé mais éphémère. Et, au final, elle peut se demander si elle n’a pas été totalement instrumentalisée comme le sont toutes les personnes qui passent dans la vie d’Emma.

De plus, l’absence du côté militant se marque nettement avec Emma qui ne l’est pas du tout dans le film.

Un bon film, une mauvaise adaptation

J’aime beaucoup le film, mais, pour moi, vu le changement de thème et les gros changements à l’histoire, on peut parler d’un bon film et d’une mauvaise adaptation.

Cependant, ce qui en fait un bon film pour moi vient probablement aussi de la trahison de l’adaptation. Je ne pense pas que j’aurais pu aimer autant et m’identifier aux acteurs si le propos avait été uniquement homosexuel ou, pire, s’il avait été uniquement militant.

Les titres

Dans la BD, le bleu est une astuce stylistique très bien exploitée. Jusqu’aux dernières pages, cette couleur nous montre à quel point Emma obnubile Adèle. Elle en est le repère central.

Mais, “le bleu est une couleur chaude” ramène aussi à une relation surtout sexuelle et passionnée. Là dessus, d’ailleurs, je trouve que la BD nage entre deux eaux. Les passages avec Emma après la mort d’Adèle nous montrent un amour réciproque. Alors que d’autres passages nous lancent sur la piste d’un plan cul non assumé.

Dans le film, on suit Adèle tout le temps. Le chapitre 1 et 2 pourraient laisser penser à une suite possible, sans doute voulue à l’origine. Le bleu y est beaucoup moins présent et il n’y a pas eu de recherche stylistique en ce sens. Je trouve logique le changement de titre (pour la version originale française.)

Gérer son premier Amour et en faire le deuil

C’est pour moi un thème majeur des deux histoires.

Y a-t-il une vie après le premier amour ? Il y a en tout cas une mort si on ne sait pas en faire le deuil …

La relation Adèle – Emma

Dans le film

Emma est intriguée par Adèle. Elle l’amuse et est une source d’inspiration. Mais la Emma du film a une personnalité extrêmement narcissique et très égocentrique. Oui, elle est capable d’avoir des sentiments ou de la tendresse pour les autres: ce n’est pas une psychopathe. Mais, pour autant, c’est aussi quelqu’un qui utilise les gens comme elle le voudrait et pour son plaisir personnel.

Emma a un tout premier but: réussir en tant qu’artiste. Adèle est celle, grâce à son inspiration qui lui permet de commencer à être reconnue. Mais elle est aussi un léger boulet car elle refuse (ou est incapable) de s’intégrer à ce milieu.

Elle a ensuite un deuxième but, dont elle ne s’entretient même pas avec Adèle, avoir un enfant. Dès ce moment, Adèle ne compte plus du tout. Quels qu’aient pu être ses sentiments à son égard, sa réussite professionnelle et maternelle compte plus que ses sentiments envers Adèle. Et cette dernière est remplacée aisément.

Le troisième but pourrait être de devenir elle-même maman de son propre enfant. On remarque cette scène où Emma refuse de consommer de l’alcool comme si elle était enceinte (ou tentait de l’être !).

Chacun de ces buts a évidemment une incidence très forte sur la relation. Mais, la personnalité d’Emma joue également un rôle important. On voit à plusieurs reprises qu’elle tolère très difficilement la contradiction. Elle qui pourrait être très ouverte et tolérante du fait de sa sexualité est en fait totalement fermée.

On le voit notamment dans les discussions « intellectuelles » qu’elles ont. Ces scènes servent à nous montrer le fossé qui les sépare de ce point de vue (et qui n’est dérangeant que pour Emma) mais nous montrent aussi que quand Adèle affirme quelque chose avec sa candeur naïve, Emma en rit avec un définitif « je ne crois pas non » (ou quelque chose approchant).

Emma étant très narcissique, elle a été attirée par l’ascendant qu’elle avait sur Adèle mais cette dernière, en refusant d’épouser une carrière d’artiste, la renvoie à ses propres choix moins stables financièrement. La critique d’Adèle pour ce genre de métiers ne concernait qu’elle même, toutefois,  il est indéniable que le refus d’Adèle de rentrer dans ce style de carrière n’a pu que la blesser et l’éloigner toujours plus.

Dans la BD

Emma est aussi un obstacle à la relation par son manque d’assurance et par la peur de voir Adèle se découvrir finalement hétéro.  Par ailleurs, elle est beaucoup moins narcissique et beaucoup plus engagée dans des combats publics pour les autres.

Elle est donc très différente de celle du film. Sa personnalité est moins affirmée. Tout comme celle d’Adèle d’ailleurs.

Le couple dure beaucoup plus longtemps; il semble plus fort et équilibré. Il est très lent à s’officialiser, mettant même Adèle dans une position de maîtresse au début. Dans le film,  les choses vont plus vite à se faire et à se défaire.

Ce que je retiens le plus de la BD sont les blessures, la peur d’être blessé et  les relations très sensible  avec une difficulté de communication.

La fin

La fin du film laisse encore un certain espoir. Pour moi, Adèle commence ou a fait le deuil de l’amour. Elle va pouvoir avancer et continuer sa vie. Elle est à la croisée des chemins. Et on nous montre un éloignement de l’univer relationnel d’Emma, même avec les personnes avec qui elle avait le plus d’affinités dans ce cercle. Comme le garçon qui la cherche mais ne la trouve pas car elle a déjà pris un « tournant » qui la rend inaccessible.

La BD connaît une fin beaucoup plus abrupte. Adèle décède et Emma regrette de n’avoir pas plus profiter de la vie avec sa compagne. Cette fin m’a fait penser au fantasme que peuvent avoir ceux qui n’arrivent pas à faire le deuil d’une relation, envisageant jusqu’au suicide car leur vie n’a plus de sens ou qu’ils pensent que cela pourrait les rapprocher de l’être aimé ou provoquer, par dépit, de la culpabilité dans son chef.

D’un côté le deuil de la relation est fait ou semble en bonne voie. De l’autre il n’est pas fait et c’est celui de sa propre personne qu’il faut maintenant le faire. En considérant les deux histoires côte à côte, on pourrait presque y voir un message …

Suggérer VS Montrer

La BD a cette poésie terrible de ne pas tout écrire, de ne pas tout montrer. Un exemple très fort de ces « silences » est évidemment la scène où Adèle se fait virer de chez elle par ses parents.

Le film est dans une extrême totalement inverse. On est dans le gros plan permanent, les scènes de sexe sont longues (très belles) et on ne nous cache rien, seules finalement les pensées d’Adèle nous échappent (mais la BD nous les montre, justement, du fait du narrateur « journal intime »).

La désunion

Dans le film, la désunion est montrée comme un processus lent dont la responsabilité peut d’abord être imputée à Emma. Elle est de moins en moins présente et perd de l’intérêt pour Adèle car elle veut rester dans l’intime et ne pas dévoiler ses écrits au monde.

Donc, Emma profite d’une incartade d’Adèle pour mettre fin à la relation, ce qu’elle n’osait probablement pas faire elle-même. Il est probable et même certain que la tromperie lui a fait mal, je ne le nie pas. Mais je pense également que cela arrivait au bon moment et que ça l’arrangeait. Peut-être même qu’elle s’attendait à cette trahison et qu’elle l’a provoqué inconsciemment.

Dans ce que montre le film, on voit une Adèle se retrouver sexuellement face à un mur (Emma qui fait semblant d’avoir ses règles) et se retrouve à être systématiquement seule le soir avec Emma qui reste près de sa maitresse. A côté de cela, Adèle prépare toute seule la réception pour Emma et on a pas vraiment de reproches à lui faire.

Le film montre de la tendresse et de la tristesse de la part d’Emma quand elles se revoient au café. Il montre également que l’attirance sexuelle et les souvenirs sont toujours là. Mais, on comprend qu’Emma n’aime plus Adèle et, au fond, on peut même se demander si cet amour a existé un jour.

Comme un miroir, au début Adèle pleure avant de rompre alors qu’elle n’aime pas Thomas. Et à la fin, Emma pleure pendant qu’elle dit ne plus avoir de sentiments pour Adèle.

Et c’est là une grosse différence avec la BD. Dans cette dernière, Emma semble aimer Adèle dès leur premier croisement de regard et n’a jamais cessé d’avoir des sentiments pour elle.

Certes, le couple dysfonctionnait également lors de la rupture. Mais, s’il avait tenu plus de dix ans, Emma est toujours présente et la distance s’instaure plus à cause de la militance « politique » que par manque d’amour. Quand Adèle trompe Emma et provoque la rupture, elles s’aiment toujours ! Et Emma accepte même de recoller les morceaux mais c’est la maladie qui provoque la désunion irrémédiable et finale.

Par ailleurs, cette distance est aussi expliquée par la perte du père. Quand Adèle perd le contact avec ses parents, une blessure nait en elle, qui ne guérit jamais vraiment. Ainsi, dans la BD, les causes sont bien plus partagées et Adèle, au delà de la tromperie (qui dans les deux cas est plus un symptôme qu’une cause !), a une part bien réelle.

L’isolement

Dans la BD, Adèle ne se retrouve jamais isolée. Valentin reste à ses côtés jusqu’au bout et elle continue à avoir une vie sociale, de ce qu’on en voit.

Dans le film, on ressent qu’après l’école, elle se coupe socialement, ne voit plus ses amis d’enfance et ne participe pas aux activités extra professionnelle dans son école. Et, même avec les amis d’Emma, il n’y a pas de forte intégration car ils sont tout simplement trop différents à l’exception d’une seule personne.

Ce n’est qu’une fois qu’elle se retrouve de plus en plus seule chez elle qu’elle fait le pas vers les autres et qu’elle en arrive à tromper Emma, plus pour se sentir moins isolée que par désamour pour Emma.

Il est à noter que ce n’est pas Emma qui enferme Adèle, c’est Adèle qui s’enferme toute seule car son Amour est tellement grand qu’elle en vient à se sacrifier et à ne plus avoir d’envies en dehors de son dévouement total pour l’être aimé.

Différences

Par moment, j’ai eu l’impression que les différences ont été recherchées tant elles sont nombreuses.

Par exemple, dans la BD Adèle ne fume pas. Sa mère dit que c’est un vice qu’Emma ne lui  a pas transmis. Dans le film, on la voit énormément fumer.

L’attention à la couleur bleue est très prononcée dans la BD et n’a presqu’aucune importance dans le film.

Je ne vais pas faire la liste des différences mais mon impression a été que le réalisateur voulait tellement s’approprier l’oeuvre qu’il a fini par en faire quelque chose de totalement nouveau.

Conclusion

J’ai préféré le film tout en appréciant la BD. Celle-ci ressemble énormément à ce que j’aime lire: des œuvres graphiquement travaillées, des histoires intimes et des histoires bien racontées. Mais elle me parle moins, tout simplement.

Sans savoir si cela a vraiment joué, je voudrais dire que j’ai vu le film avant de lire la bande dessinée.

La discussion d’après film m’a incité à prolonger vers ma propre histoire, vers les sentiments et émotions que celui-ci a évoqué en moi. Celle sur la BD m’a porté vers l’esthétique même du récit très très bien retranscrite. Ces récits ont donc dégagé des choses assez différentes en moi.

Enfin, pour dire vrai, cet amour endeuillé et impossible m’a plus dérangé dans la BD car elle pourrait encourager des fantasmes morbides et surtout dangereux. Je pense qu’au final, la vision de l’amour du film est plus positive et tournée vers l’avenir.

L’adoption: Qinaya Tome 1, BD de Zidrou

On peut pas dire ce qu’on a jamais entendu

Alors on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul, tout ça sans avoir vécu

Sur de rien, Shurik’n

Zidrou dans l’adoption (Tome 1), c’est une belle histoire remplie d’émotions.

La BD m’avait été conseillée par une vendeuse quand je lui avait dit être un très grand fan de Jim (aussi édité chez Grand Angle). Pourtant, je n’avais encore jamais fait le pas, reportant sans cesse mon achat. La couverture ne me plaisait pas, le thème me paraissait lourd et potentiellement rempli de bons sentiments. Bref, j’hésitais.

Puis, vint la publication dans le journal Métro pour préparer la sortie du tome 2. Et j’ai tout de suite accroché. Le posséder est devenu très rapidement un « besoin ». Ma compagne me l’a offerte et je l’ai lue début de semaine.

Je vais en parler un petit peu même si elle ne m’inspire pas de grandes analyses. Et je mettrai peut-être l’article à jour après parution du tome 2 …

Etre père

L’absence de père, symbolique ou bien réel, est un thème récurrent et important du récit:

  • un des amis de Gabriel a perdu un enfant
  • avoir un enfant par adoption : en sauvant un enfant qui n’a pas eu de père, on peut tenter de soigner sa propre blessure narcissique de ne pas en avoir eu. On remarquera que c’est le fils de Gabriel qui est le plus persuadé d’avoir bien agi.
  • Gabriel n’a pas été un père et on peut se douter qu’il le sait. Cette agressivité qu’il a envers son propre fils ressemble fortement à cette culpabilité offensive que ressentent parfois ceux qui savent qu’ils n’en ont pas fait assez, même avec les meilleures raisons du monde.
  • avoir un enfant par adoption (2): parfois il y a des raisons psychologiques qui font qu’on arrive pas avoir un enfant par voie naturelle. Ces raisons peuvent être liées à une enfance où le père a manqué et l’angoisse de ne pas pouvoir en devenir un bon soi-même.

D’une certaine manière, c’est banal car beaucoup de nos parents ou grands parents ont été des pères peu présents et pleinement investis dans leur travail. Ce n’est que récemment qu’en tant que père, on cherche à s’investir autant auprès de nos épouses que de nos enfants. Mais c’est très difficile d’être une figure paternelle quand on a pas eu de modèle au départ. Il faut inventer sa fonction.

Gabriel découvre qu’il peut être un bon parent,  y prend goût et plaisir. C’est ce qui rend la fin si douloureuse et on se doute que le tome 2 accentuera cela. Son fils s’en rend compte et jalouse d’ailleurs cette relation. Cependant, en voyant l’intérêt de son père pour Qinaya, il vit un peu par procuration ce qu’il aurait aimé vivre à l’âge de la petite fille. Cela donne des sentiments ambivalents mélangeant fierté et jalousie / envie.

Adopter

L’adoption est une démarche très difficile. La BD aborde cette difficulté et le tome 2 le fera sans doute encore plus fortement.

Mais il y a aussi cette critique de nos bons sentiments d’occidentaux qui se croient autorisés à kidnapper ou  à adopter, dans des circonstances troubles, des enfants provenant d’ailleurs, sous prétexte qu’ils connaîtront forcément une meilleure vie ici.

Sauf qu’élever un enfant, lui permettre de bien grandir ne demande pas uniquement des conditions matérielles et, au contraire, la présence des parents est importante même s’ils sont « pauvres ». Une personne cherchera toujours à retrouver ou connaitre ses origines, qu’elles soient humaines ou géographiques.

Je suis très curieux d’en savoir plus sur les circonstances du rapt et ses conséquences sur Qinaya, sa famille biologique et d’adoption.

Une relation qui commence mal

Gabriel est très grognon et n’accueille pas du tout avec bonheur cette « lubie » un peu spéciale de son fils et de sa belle-fille. Il a, par ailleurs, une meilleure relation avec sa fille qu’avec son fils.

Mais, après avoir pris le temps de découvrir cet enfant, cette petite fille mignonne venue d’un autre continent, il se découvre un peu plus. Il s’ouvre aux autres et au bonheur.

Conclusion

La petite est craquante, le dessin est beau, le cadrage et la réalisation très bons, les couleurs jolies. Toutefois, sans savoir l’exprimer, il y a une sorte de « flou » qui me plait un peu moins. Peut-être suis-je trop habitué à un certain style ? Mais l’histoire prime et j’ai vraiment apprécié la lecture de cette oeuvre intimiste. Mon plus gros regret est que le tome 2 ne soit pas encore sorti ! Je n’aime pas m’arrêter à la moitié d’une histoire …

Pour une fois, je suis relativement muet mais je pense que c’est avant tout lié à cette impression de ne pas encore avoir lu toute l’histoire. Il me faudra mettre à jour cet article dans quelques mois …

Nota Bene de Benjamin Brillaud aux éditions Robert Laffont

Ce livre est léger et intéressant. Il se lit facilement, on apprend des choses et, effet collatéral, on se met à se dire que la violence de Game of Thrones n’est pas si exagérée en regard du passé, finalement.

La seule chose qui ne m’a pas intéressé, mais il est facile de zapper, sont les informations « et pendant ce temps là autour du monde » à la fin de chaque chapitre. Je comprends le but de vouloir donner un peu de contexte extérieur mais c’est tellement lointain et sans influence par rapport aux batailles qui sont contées que l’intérêt est finalement assez bas (de mon point de vue !).

Par contre, durant le récit, le contexte avant/après de la bataille proprement dites est bien restitué de sorte qu’on comprend toujours où on mets les pieds.

La plupart des batailles sont, si pas inconnues, au mieux connues principalement de nom (même pour un amateur du Sciences et Vie Guerres et Histoires comme moi). Du coup, on agrandit vraiment sa culture.

Je pense, sans pouvoir juger, que l’auteur a mené un travail sérieux de recoupement des sources ou qu’il a tenté de le faire. Cela se remarque par les précautions prises dans le texte à différents moments.

Des parties « fiction » sont ajoutées pour aider à nous plonger un peu plus au fond de l’action. Bien proportionnés, ces passages ne m’ont pas dérangés. Ils ne sont pas forcément indispensables mais pas dommageables non plus.

Il n’y a pas de commun dénominateur (hormis bien sur la défaite cinglante pour l’un des deux protagonistes) aux batailles si ce n’est qu’une victoire n’est jamais acquise d’avance quelle que soit la supériorité numérique ou technologique de départ et que le contexte géographique, s’il est bien utilisé, peut faire énormément pour renverser un pronostic (et à mon avis, c’est sans doute là qu’un bon leader saura mettre sa patte : en choisissant le terrain et en l’exploitant au mieux).

Je recommande ce livre aux amateurs de guerre et d’histoire qui ont envie d’un livre au style amateur mais au contenu sérieux. Quelque chose qui se lit facilement et rapidement, sans prise de tête. Je ne le recommande pas à ceux qui veulent une littérature plus scientifique, ce n’est pas le but ici.

Une belle surprise qui m’a permis de souffler après le beaucoup plus compliqué et prise de tête (mais intéressant) que fut le tome 2 de e-penser.

Le plus gros effet de bord est de m’avoir donné envie de relire les exemplaires – disparus 😦 – de l’histoire en Bandes Dessinées (le titre exact m’est inconnu) qu’il y avait chez mes parents et qui contaient avec tant d’intérêt les histoires des conquistadores et explorateurs comme Magellan, Vasco de Gama, Cortès, … Si quelqu’un les possède encore (ou connait même le titre exact), qu’il me contacte …. Je suis intéressé !

Interstellar, film de Christopher Nolan, critique et commentaires

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma au moment de sa sortie et la base de l’analyse a été écrite peu de temps après. C’est seulement maintenant que je complète, finalise et publie mais je voulais le revoir avant.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

Le film a été écrit (avec son frère) et réalisé par Christopher Nolan mais était prévu au départ pour Steven Spielberg si j’ai bien compris ce qu’en dit Durendal dans son VLOG.

Résumé

La Terre ne va pas bien. La NASA, en secret, a pour mission de regarder dans l’espace si la solution à notre survie ne s’y trouve pas. Sans cette solution, nous serions condamnés car plus rien ne pousse sur Terre et l’oxygène se raréfie.

Pourquoi analyser ce film ?

Quand je suis sorti de la séance, j’avais un énorme WTF ? (« c’est quoi ce truc ?? ») dans la tête.

Si, pour moi, on est loin d’être face à un chef d’oeuvre (et je suis en opposition avec les critiques là dessus), on est quand même pas non plus si éloigné d’un film qui dit quelque chose. La prétention du film a être ce qu’il n’est pas m’a ennuyé mais, au final, il n’est pas vide non plus.

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Le titre: « Interstellar »

Un bon point, le titre n’a pas été trahi par la traduction française.

Sinon, il évoque l’espace qui se situe entre les étoiles. L’aspect symbolique du titre n’est pas à négliger. Ne dit-on pas parfois que les personnes disparues se trouvent dans les étoiles ? Or, dans le film, la disparition a un rôle important.

Critiques « premier degré »

Je reprends ici des critiques sur le film comme si on le regardait sans y voir de sens caché. C’est sans doute ici que les fans trouveront le plus à redire. En effet, c’est à son premier degré de lecture que j’ai le moins accroché.

Quand ?

Le temps de l’histoire est très proche du nôtre. Et nous avons très peu de repères temporels. Mais globalement, on ne semble pas du tout être dans le futur. Très peu de technologie ou alors similaire à celle d’aujourd’hui (voiture à essence, pas de GSM mais système de radio, ordinateur similaire au nôtre, fusées similaires aux nôtres).

Toutefois, des dates sont données qui laissent à penser qu’on est au moins quelques dizaines d’années plus loin qu’aujourd’hui, ce qui n’est déjà pas mal. C’est le même monde que le nôtre mais l’humain a déconné et n’a pas réagi face aux dangers connus.

Bien sur, les robots sont beaucoup plus évolués que ce qu’on voit aujourd’hui mais, globalement, les gens normaux vivent comme à notre époque excepté que c’est … moins bien (famines, sciences, tempêtes). Par cela, ce film marque clairement son pessimisme sur notre futur, le fait qu’on soit arrivé à un « plus haut » dans l’innovation et que l’humain n’est pas capable de se remettre en question (même si c’est contradictoire avec le message donné par Mann sur la planète Congélo).

On me dira que c’était indispensable par rapport au thème du film et le besoin d’aller habiter ailleurs. Sauf que Passengers, par exemple, mais aussi la SF de manière générale montre qu’on peut aborder l’exploration spatiale sous un angle colonisateur et que c’est même plus réaliste que de parler de la possibilité de sauver ou exporter l’humanité sur des colonies spatiales.

En soit, ce n’est pas une critique mais j’ai eu l’impression de ne pas retrouver l’univers habituel de la SF hormis le temps écoulé par rapport à aujourd’hui.

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Quel est le fléau ?

C’est pour moi trop vite expédié. On parle de problèmes dans l’agriculture et de manque d’oxygène. Mais ces seuls problèmes sont curables aujourd’hui. Certes, cela demande beaucoup d’énergies de lutter contre la désertification mais un futur qui maitriserait le nucléaire au thorium ou la fusion (ce que la SF permet d’imaginer) ne devrait pas être embêtée au point de risquer de disparaitre.

Je retiens l’hypothèse d’un réchauffement climatique trop important. Mais, je trouve que dans un film qui prend tant de temps à expliquer ce qui se passe dans les dialogues et qui dure si longtemps, un peu plus d’explication aurait eu un intérêt (ne fut-ce qu’une ou deux phrases en introduction).

Oh bonjour, tu viens faire le pilote pour notre mission hyper cruciale ?

Le gars a un TRAUMATISME du fait d’un crash qu’il a eu dans le passé. Il a totalement arrêté son activité de pilote et en fait des CAUCHEMARS la nuit !! A priori, rien que pour le psychologique, il n’est plus fiable (Dieu sait que c’est important pour une mission dans le vide interstellaire).

Mais bon … aucun test physique, psychologique, médical.

Et pourtant, on décide presque du jour au lendemain (on le suppose en tout cas) de l’envoyer dans l’espace et de lui faire piloter une navette avec laquelle on est même pas sur qu’il soit familiarisé. Sans l’entrainement hyper intensif que cela suppose et pour la mission la plus importante de toute l’histoire de l’humanité ! Pour l’envoyer durant des années dans la solitude et le noir intersidéral ! Comme si les facteurs psychologiques ne comptaient pas dans ce contexte là …

Ça c’est un gros WTF !

Et si on terraformait la Terre, plutôt ?

La Terre va mal, d’accord. OK, elle se désertifie. Mais elle n’est PAS encore inhabitable. Et elle est même encore très très loin du niveau atteint par les autres planètes qu’on voit aux alentours de Gargantua. Qui elles-mêmes ne sont pas si éloignées de ce qu’on pourrait voir sur une planète comme Mars, par exemple.

Bref, ce serait un défi technique beaucoup moins dispendieux (dans une société qui ne veut plus dépenser pour l’aventure spatiale !!) et beaucoup plus réaliste de chercher à « terraformer » (rendre habitable) la Terre que d’aller emprunter un trou de ver et transformer une planète inconnue très loin de la nôtre !

D’ailleurs, le problème principal, celui qui motive l’exode, est celui de la production de nourriture. Mais si on arrive à produire de la nourriture dans une station spatiale ou sur une planète où il faut une combinaison pour marcher, est-ce vraiment impossible de le faire sur Terre ?

Surtout quand on a pas beaucoup de temps devant soi. D’ailleurs, le film évacue complètement le destin de ceux qui restent sur Terre. Doit-on les laisser mourir de faim lentement à travers d’innombrables guerres pour les ressources ? Doit-on plutôt réfléchir à une diminution de la population via la natalité ? Favoriser le suicide ?

Bon, là dessus, je ne critique pas, le film est déjà suffisamment long comme ça que pour aborder en profondeur des thématiques supplémentaires. Il n’empêche que les solutions proposées ne sauveront qu’un nombre très faible d’humains et que personne ne semble s’intéresser aux autres. Sauver l’humanité en laissant l’énorme majorité de ses membres actuels crever, c’est quand même bien étrange.

Donc, quand on fait un film sur le sauvetage de l’humanité, parler de ce qu’il faut entreprendre sur Terre n’est pas anodin non plus. Mais ça pourrait fâcher … Tandis qu’explorer l’espace, ça ne fâche personne. Et c’est là qu’on voit qu’on est bien à Hollywood et pas dans une production plus libre et indépendante qui aurait pu « déranger » et proposer quelque chose de plus profond.

Manque de temps et chances de trouver un monde habitable

On scrute l’espace depuis quelques années maintenant à la recherche d’exoplanètes. Et les planètes qu’on découvre comme pouvant abriter la vie sont encore extrêmement rares. Rien que sur le système solaire, il n’y en a qu’une seule pouvant abriter directement et facilement la vie (la nôtre). Mars étant celle qui se rapproche le plus.

Donc, fonder l’espoir de l’humanité sur un système proche où il y aurait une planète directement habitable, c’est quand même avoir de grandes chances de se planter, à priori. Si on avait eu l’a priori que ce n’était pas urgent, et qu’on avait encore des dizaines d’années devant nous, c’eut été plus réaliste d’imaginer fonder des colonies et sauver notre humanité, dommage.

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Etoile ou trou noir ?

C’est peut-être moi qui n’ait pas compris. Mais on ne voit pas d’étoile. Or toute la vie telle que nous la connaissons, en tout cas l’humanité, est ultra dépendante des rayons du soleil (une étoile). Peut-on espérer développer la vie dans ces conditions là ? Bien sur le Trou noir semble produire de la lumière, lui aussi. Mais, le fait-il aussi bien qu’une étoile comme le soleil ? J’en doute. Tout comme je doute qu’on puisse obtenir une telle luminosité sur les planètes qu’on visite et notamment la planète Océan. Or, l’être humain de par son génome et sa conception a besoin de soleil et de lumière.

Planète Océan ?

Une chance pour eux, les planètes sont telluriques. Toutefois, perso, si je devais exécuter ce genre de mission, je me mettrais d’abord en orbite, j’enverrais un robot observer et j’attendrais d’avoir ses observations avant d’atterrir, ne fut-ce que pour choisir le lieu d’atterrissage le plus adéquat. Si ça avait été fait, on aurait eu une morte en moins dans la planète Océan car son caractère inhabitable serait apparu tout de suite.

D’ailleurs comment savent-ils qu’ils ont pied ?? Et comment peuvent-ils imaginer développer l’humanité dans un océan ? Si c’était possible, on le ferait sur Terre, non (au moins, il y a déjà de la vie, du poisson qu’on peut pêcher, etc) ? Cette planète n’avait aucun intérêt dés le départ et ça se voit.

Alors, ultime problème, pourquoi cette scientifique risque-t-elle sa vie pour une balise qu’on utilisera même pas par la suite tellement elle a peu d’intérêt. Je pense que c’est juste une facilité d’écriture pour ajouter de l’émotion, de la peur, du suspense, de la perte de temps, un mort de plus de manière totalement artificielle, et ça me déçoit.

Le film étant déjà très long, supprimer ce genre de moments qui ne servent à rien aurait été, de plus, tout à fait possible (et même bénéfique ! on aurait perdu une scène d’action, mais on aurait gagné une scène ridicule en moins).

Planète Congélo ?

De nouveau, comment espérer développer la vie sur une planète aussi gelée ?? Il est pourtant évident que si la surface est gelée, se rapprocher des profondeurs a peu de chance d’offrir un autre visage. Les cultures ne poussent plus bien sur la Terre à cause de la chaleur mais il faut chercher un juste milieu. Passer d’un désert de chaleur à un désert de glace n’a aucun sens.

C’est pas le pire. Matt Damon, notre super scientifique (le meilleur du monde, comme dirait ma fille) a triché pour qu’on le récupère. MAIS, il n’a même pas les meilleurs résultats, c’est seulement celui qui a continué d’émettre le plus tard. Genre si vous trichez pour être sur qu’on vienne chez vous, vous le faites bien, au moins, non ?? A cause de ça, il a failli ne pas être secouru.

Enfin, sa tentative de meurtre est ridicule et surtout très risquée. Car, de toute façon, il aurait bien fallu qu’il avoue que la vie y était impossible ! Et il n’aurait certainement pas été abandonné sur cette planète.

Pourquoi choisir la planète congélo plutôt que l’autre ?

Le but des scientifiques était seulement de faire des relevés, les envoyer (une fois par an, on ne sait trop pourquoi) puis attendre. Dans ces conditions là, sauf si j’ai raté quelque chose, on se fiche un peu de savoir de quand date la dernière émission de données. Seul le résultat des échantillons compte. Et ce n’était pas la planète congélo la meilleure !

On peut se dire que c’est fait exprès pour, facilement, donner un peu de substance et d’action au film et d’y mélanger une intrigue amoureuse. Mais cela aurait été mieux amené si les meilleurs données avaient été envoyées par la planète congélo (d’autant plus qu’elles sont quand même trafiquées !).

Pourquoi envoyer des scientifiques seuls ?

Il est connu que l’être humain a besoin d’interactions, sinon il dépérit. Qu’il soit un grand scientifique ou pas. Et là, on les envoie seuls ! Au moins deux, avec des préservatifs ou une stérilisation préalable (pour éviter les grossesses non désirées) aurait quand même été un minimum. En réalité, même à plusieurs, il y aurait eu des soucis (mésententes, jalousies, … on sait que la durée de vie d’un « couple » n’est pas toujours très longue) mais seuls, c’est la folie assurée.

La difficulté à rester enfermés à plusieurs et à supporter les odeurs de l’un, l’humour de l’autre, l’absence de sexe, les désordres mentaux, etc … Cela constitue des défis énormes pour l’exploration spatiale de longue durée. Pour moi, ce sont même parmi les défis les plus importants. Tu peux avoir une technologie irréprochable et quand même faire foirer ta mission car tes astronautes se sont entretués ou suicidés en chemin (ou morts de maladie). Et ici, on l’évoque à peine. Dommage.

C’était peut-être le génie de Event Horizon, de faire un thème central du danger pour notre santé mentale et la survie des équipages de voyager « trop » loin.

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La technologie

De nouveau, une facilité du scénario pour créer de la tension et des choix forcés, les vaisseaux fonctionnent avec du carburant. Et, on est dans la science fiction ! Dommage de ne pas avoir osé quelque chose de plus innovant.

Le facteur humain

La réaction de Matt Damon, qui trafique les données, est tout à fait compréhensible. Et même prévisible ! Comment cela se fait-il que ces données puissent être trafiquées ? Il aurait fallu prévoir un moyen pour que ce ne soit pas possible. Et qu’un contrôle soit effectué. Sur Terre, la plupart des métiers fonctionnent avec un contrôle externe ou interne mais là, on y a pas pensé … Bien, ils sont pas dans la merde.

Les communications

Ho, comme c’est pratique. Le scénario nous explique que ça passe dans un sens mais pas dans l’autre (ou alors une fois l’an et de manière très rudimentaire). Comme ça ils sont isolés et on ne sait rien de la réussite ou non de leur mission. Ça rajoute de l’émotion et du drame. Mais c’est trop facile.

Je critique beaucoup d’éléments du film mais celui-là en particulier n’aurait pas du exister … on se fiche trop du spectateur.

Nouvelle planète avec vue sur « trou noir »

Ca vous dit de reconstruire l’humanité à proximité d’un trou noir ? Moi pas … Rien d’autre à dire tellement ça me parait évident.

« Ils »

Etrange. Nos scientifiques se sont aperçus de la création d’un trou de ver à proximité de notre planète. OK. Mais ils l’attribuent à « ils ». Cela donne un peu de mystère au film mais j’aurais préféré qu’on s’aperçoive d’un trou de ver sans chercher à l’expliquer par des sortes d’extra terrestres. Envisager que des extra terrestres auraient créé un trou de ver pour nous sans l’utiliser pour voyager n’a pas de sens. De même que savoir que nous sommes là préalablement à la création du trou de ver est en soit également impossible.

Le plan « B »

Je rêve où ils comptent peupler une planète avec juste des embryons ? Hohé ? Et le fait qu’un bébé n’est pas autonome, a besoin de personnes autour de lui pour être éduqué, grandir … apprendre ? Et la difficulté de maintenir le savoir et le progrès technique, ce qui demanderait au moins une arche de Noé entière de tous les métiers ?

Même quelques humains ne seraient pas suffisants pour élever une marmaille pareille, sans médecine, antibiotiques, hôpitaux, etc … Et si on est capable d’envoyer cent personnes, les embryons perdent du coup beaucoup de leur utilité. Ce plan B parait avoir été aussi peu étudié que le reste, en définitive.

Les agriculteurs ?

L’école ne veut pas que le fils parte étudier à la Fac car il y a besoin de cultivateurs. Toutefois, ça m’a paru étrange parce qu’on voit bien qu’on a encore une agriculture hyper mécanisée et productiviste avec des champs immense pour une seule famille d’agriculteurs. En ce sens, il n’y a pas l’air d’avoir réellement beaucoup plus besoin de main d’oeuvre qu’aujourd’hui (ou une petite part de la population est suffisante). Par contre, plus de scientifiques pour régler les problèmes de la planète, réfléchir à des OGM et à des solutions ne serait pas du luxe.

C’est illogique, sauf à vouloir démontrer que le monde ne tourne pas rond (et en soit, j’applaudis l’idée si c’est un peu plus assumé).

Il aurait été plus cohérent de montrer une agriculture non mécanisée, avec des chevaux, biologiques, qui demandait beaucoup plus de main d’oeuvre, ce qui aurait été, en plus, en adéquation à la fois avec le contexte méfiant envers la science du monde dans lequel se passe l’histoire et également avec le besoin affiché de plus de cultivateurs.

Le monde = les USA

Quand le monde est sauvé par la NASA qui plante des drapeaux américains aux confins de l’univers, oui, je trouve ça un peu con et agaçant, c’est clair. Mais c’est tellement habituel.

Serpent qui se mord la queue

Ma dernière critique est aussi la plus forte. Toute l’intrigue ne peut se résoudre que via une « boucle infinie » et un paradoxe temporel. En effet, ce que fait le personnage à la fin est censé s’être déjà produit avant qu’il ne parte (on le voit au début du film). Donc, c’est totalement impossible.

Ce à quoi le film répond avec une pirouette digne d’un enfant de cinq ans: mais oui, il faut s’affranchir du temps et tout devient possible (bien sur !). C’est presque texto dans la bouche de Murphy quand elle résout l’équation.

Des planètes pouvant abriter la vie mais …

Jadis, les explorateurs étaient des hommes prêts à endurer mille dangers. En ce compris la rencontre avec des animaux sauvages ou des tribus d’indigènes pas toujours très amicales.

Mais là, leur équipement ne tient absolument pas compte de cette possibilité de rencontres dangereuses avec une vie extraterrestre, même végétale.

En ce sens, ils recherchent la planète qui ait le plus de chances de pouvoir abriter la vie tout en faisant comme si il était certain que celle-ci ne l’abriterait pas du tout.

Suspense et station spatiale et autres problèmes style navette

Pour aller plus loin dans la critique au premier degré

L’excellent et hilarant spoiler de l’odieux connard (si vous êtes fans du film et ne supportez pas la critique, n’y allez pas).

Critiques « second degré »

Ici, on va aller un peu plus dans le « psychologique » et « symbolique ». Si vous n’aimez pas ce genre d’analyses plus « tirées par les cheveux », alors, je pense que vous pouvez vous arrêter ici. Toutefois, je pense que ce film doit essentiellement se comprendre dans son second degré. Donc, si on s’arrête ici, on perd pas mal de clés de compréhension de l’histoire.

Je pense qu’il y a vraiment un sens au film mais qu’il est difficile de l’appréhender et que, donc, je peux me planter totalement dans mes réflexions et analyses. C’est pour ça que je vous incite à commenter et critiquer abondamment. Pour un autre film (« le cartel »), ça m’a d’ailleurs aidé à mieux le comprendre.

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De quoi parle réellement le film ?

Le film parle de la difficulté du deuil, de ce qu’on ne peut pas contrôler dans la vie et qui nous fait peur, de la manière dont on éduque sa fille en l’absence de mère et de ce qu’il faut faire pour s’en sortir et vivre malgré tout.

Allons plus loin et évoquons quelques scènes ou concepts.

Le crash de la navette et la science

Le film commence par ça, ce n’est pas du tout anodin (le début d’un film ne l’est presque jamais). C’est un cauchemar, pour lui. Un jour, un évènement inattendu et inexpliqué est arrivé et lui a fait perdre le contrôle. Ce qu’il ne peut expliquer le terrorise. Il arrête alors la recherche spatiale et devient agriculteur.

Pour moi, ce crash symbolise la mort de sa femme. La science n’a pas pu la sauver. Et quand il se rend à l’école pour la réunion de parents, on voit qu’il a une certaine ambivalence vis-à-vis de la science. A la fois, sa fille a encore accès au savoir non camouflé (missions Apollo) et dans le même temps, on voit que malgré ses bons résultats, son fils ne pourra se rendre à l’université.

Par ailleurs, on peut voir que sa fille est liée à la science et son fils à l’agriculture.

Donc l’une reste liée à son ancien monde, celui de la conquête spatiale, celui de sa vie avant le décès de son épouse (on a pas de date, mais je me permets de le situer ainsi), celui d’un moment où tout était encore possible et le monde pas encore en « phase terminale ».

Et l’autre est lié au monde d’après, celui de la désespérance, de l’arrêt du programme spatiale, du besoin de revenir en arrière sur ses ambitions et de se contenter des tâches liées au bas de la pyramide de Maslow.

Un fantôme ?

Là, ça me parait assez simple, le fantôme, c’est sa femme et la mère de sa fille.

Les fantômes n’existent pas, dit-il au début du film, tout comme son épouse qui n’est plus de ce monde. On remarquera que cette histoire ne lie que le père et la fille. Le fils ne semble pas exister dans cette « intrigue ».

Hormis cela, la mère est également un fantôme par l’extrêmement faible place qu’elle occupe dans le film. On ne parle quasiment jamais d’elle. Cette faible place est, paradoxalement, un indice de sa très grande importance.

On remarquera que cette histoire de fantôme arrive pendant le cauchemar de la navette qui le « hante ». Jusqu’au décès de son épouse, il a pensé que la science lui permettrait de toujours tout contrôler et la perte de cette certitude l’a rendu fou. Il ne s’en est jamais remis  ni n’a réussi à faire le deuil. Or, ne dit-on pas qu’un fantôme est là parce que quelque chose d’irrésolu existe, comme son deuil justement.

Ma pensée est également que si la fille est touchée par le fantôme, c’est parce que son père ne l’a pas aidée à faire le deuil. Probablement que son sexe ou la ressemblance avec sa mère ne l’a pas aidé.

Pourquoi l’histoire du drône au début ?

Pour moi, la chasse au drône au début du film n’a qu’un seul but: faire entendre à la fille qu’elle doit avoir son esprit critique par rapport à ce que lui demande son père et que s’il lui demande de sauter « une falaise », elle ne doit pas le faire. Comme s’il avait lui-même conscience en partie qu’elle devait s’émanciper de lui pour vraiment grandir et vivre sainement sa vie.

Sinon, on peut également se dire qu’il stoppe un drône « de surveillance ». Est-ce également un hasard ? Comme s’il était parano ou, autre hypothèse, qu’il était lui-même acteur de la perte de contrôle scientifique sur le monde.

Le rapport au temps

Dans le trou noir, Cooper se contente d’entretenir une boucle temporelle dans laquelle il est prisonnier. Il n’arrive pas à s’échapper de la catastrophe que fut la mort de sa compagne. Cette boucle peut aussi être représentée par son fils qui continue le même métier ou son petit fils qui a son nom.

Alors que Murphy, elle, arrive, avec les données du trou noir (et donc de ce qui s’y passe) à vraiment comprendre la situation. Il en ressort qu’il faut pouvoir faire le deuil pour s’en sortir (le temps, dans l’équation). Ce qu’elle arrive parfaitement.

La scène de l’hôpital et la fin

Murphy a réussi à reprendre goût à la vie et à s’en sortir. Elle a eu des enfants et des petits enfants et a réussi, elle, à faire avancer la conquête spatiale en créant des bases spatiales dans l’univers.

Cooper, lui, est évidemment décédé dans le trou noir (sa boucle infinie sans deuil de son aimée). Il l’a été en emportant avec lui son fils, qui n’a pas réussi à avoir de descendance prolifique. Il arrive dans cette chambre d’hôpital comme un fantôme que personne ne remarque. Si ce n’est sa fille qui n’a jamais cessé de l’aimer même si elle n’a pas su le sauver de sa folie.

Au final, la voie qu’avait suivi Cooper était sans issue, tant le plan A que le plan B. Celle de Murphy, le plan C consistant à créer des bases dans l’espace a été la seule réussite. La Terre n’a jamais eu de nouvelles de l’escapade de Cooper et ses acolytes et tous les efforts qu’ils ont accompli n’ont servi strictement à rien. C’était complètement vain, en ce sens, l’analyse au premier degré devient moins catastrophique et est contrairement très cohérente avec le sens au second degré.

Impressions personnelles finales

J’avais beaucoup trop d’attentes vis à vis de ce film. Les critiques dithyrambiques ne rendent pas service à l’oeuvre. Car ce n’est pas un chef d’oeuvre et on est d’autant plus déçu qu’on pense qu’on va en voir un.

Film assez moyen, mais pas inintéressant, et qui se laisse voir. Pour ma part, on aurait très bien pu retirer la « caméra à l’épaule » sans que le film n’y perde quoi que ce soit.

Il me parait impossible que le scénariste n’ait pas eu conscience de l’aspect second degré de son film. Et je trouve que cela m’aide à apprécier le film. Un peu comme si le film gardait volontairement deux degrés de lecture dont un resterait opaque pour la majorité de ceux qui le verront. Une manière de faire un film intelligent sans perdre trop de spectateurs en chemin.

Mais, pour autant, le film ne sera pas « culte » pour moi. L’écriture comprends trop de défauts qui m’en décroche sans arrêt (cf. la critique premier degré).

Pour aller plus loin

Après séance du fossoyeur de films:

VLOG de Durendal:

Autres critiques intéressantes:

2016 en vrac … petit bilan

WordPress ne fait plus de rapports automatisés, du coup, le bilan sera un peu plus personnel cette année: vie, blog, séries, films, livres.

Dans ma vie

2016 fut l’année d’un nouvel amour que j’espère durable, de vacances reposantes et de la première année complète de garde alternée (qui fonctionne très bien). Ce fut aussi une entrée en primaire stressante pour mon petit lapin mais elle a reçu toutes les éloges des professeurs lors de la réunion de parents.

C’est aussi beaucoup d’angoisses malgré mon apparence paisible. Et ce fut la mononucléose que je ne souhaite à aucun adulte même si j’avais heureusement quelqu’un près de moi pour me soutenir dans la maladie.

Je n’attends rien de 2017 mais je pense que le pire est derrière moi, dans ma vie.

J’espère pouvoir avancer professionnellement, dans mon couple et dans ma famille, ce sont mes souhaits. Et j’aimerais pouvoir finaliser un projet d’écriture fictionnelle mais qui n’est pas encore une priorité face à tout le reste.

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Pour le blog

Le blog a récemment passé les 120 000 vues (et les 100 000 en juin).

Cette année fut la plus vue de son histoire avec un peu moins de 45 000 vues. Il y eut aussi le plus gros mois avec 5 447 et le plus gros jour avec 653 vues (pour la diffusion télévisée de « Perfect Mothers« ). La progression est constante d’une année à l’autre et ça me fait plaisir. Mais je sais aussi que toute progression connaitra un jour une fin.

210 commentaires, c’est un commentaire deux jours sur trois. Il y a aussi les contacts par e-mail ou messenger auxquels je réponds régulièrement. Tout ça est encore tout à fait gérable et c’est tant mieux.

Aujourd’hui, il y a 127 articles publiés. 18 l’ont été en 2016. J’essaierai de maintenir ce rythme mais toujours la qualité avant la quantité. Le prochain film devrait être Interstellar (depuis le temps qu’il attend !).

Crimes à Oxford, la face cachée de Margo et Transcendance ont été trois analyses de film qui attendaient depuis longtemps et qui ont pu être publiées. Si je peux faire Interstellar, Hook et The Reader cette année, je serai déjà content.

Les articles publiés étaient plutôt diversifiés. Même si cela me fait perdre des vues et des abonnements, j’aime garder cet aspect « journal » qu’avaient les blogs à l’origine et cela continuera.

RDV au cap des 150 000 pour en rediscuter. Cela devrait arriver au grand plus tard à la fin de l’année.

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Conseils culturels

Rayon séries

L’année dernière, grâce à l’offre BeTV, j’ai découvert la série The Wire dont on m’avait tant parlé déjà. J’ai adoré. Cette série représente vraiment ce que j’aime voir à la télévision: des histoires bien écrites et bien travaillées, un certain réalisme, un bon casting, des personnages intéressants et pas manichéens et également en petit plus, une petite critique du fonctionnement de nos sociétés mais sans pour autant tomber dans la facilité.

Cette série devra à terme figurer dans ma Dévédéthèque !

Je n’avais pas encore non plus eu l’occasion de voir Game of Thrones. J’avais tort mais cela m’a permis d’en faire un moment télévisulel à partager entre amoureux. Cette série est juste parfaite. Et la fin de la saison 6 est purement jouissive. WAW !

Rayon nouveauté, Billions apparu fin de l’année m’a beaucoup plus. Je ne sais pas où va nous mener la saison 2 qui arrivera très vite mais ça risque d’être très sympa.

Enfin, The Young Pope m’a vraiment captivé grâce surtout à son excellent casting. Très bonne qualité et très intéressant (et puis, c’est gai de se mettre au jeu de ce qu’on ferait si on devenait Pape). De Zestien, petite série flamande est un peu « OVNI » mais vraiment drôle et un peu acerbe.

Rayon pas vraiment déception mais quand même un peu: Westworld. Thème extrêmement intéressant et traité de manière originale. Excellent casting. Atmosphère géniale. Mais plus les épisodes passent et plus je deviens sceptique sur l’histoire et le scénario. Et le dernier épisode qui aurait pu être une apothéose a viré un peu au n’importe quoi selon moi. C’est plus un « Meh » ( (C) Fossoyeur de films) qu’un flop et je regarderai la saison 2. Mais voilà, je suis d’autant plus déçu que le sans faute aurait pu être possible.

Rayon carrément déception (toujours un peu plus): Walking Dead. Je continue à regarder par habitude mais les faiblesses sont des gouffres. On ne va pas tirer sur l’ambulance.

Côté films

Je ne vais pas faire trop long, je ne liste pas tout ce que j’ai vu, ni tout ce que j’ai aimé, j’essaye de me limiter au cinéma, par ailleurs:

  • Papa ou Maman 2 (différent du premier, ce qui est positif puisque ça reste très drôle)
  • Ma vie de courgette (émouvant, beau ! la preuve qu’un budget énorme n’est pas obligatoire). Je regrette juste de ne pas avoir pu le voir avec Flo.
  • Don’t Breathe (très bon film d’horreur, et je suis exigeant car il est très facile de faire du mauvais, c’est un jeu d’équilibres compliqué)
  • La danseuse (WAW)
  • War Dogs (je dois admettre que ma compagne a moins aimé, cela doit être un film à l’humour plus masculin)
  • A man called Ove (le meilleur film de l’année selon moi !!! Injustement méconnu même si je comprends que la VO puisse rebuter. Humour et émotions sont au programme durant tout le film)

J’ai beaucoup aimé, très bons films également :

  • Le livre de la jungle (grande réussite Disney et très belle adaptation)
  • Pride and Prejudice VS Zombie (Waw, un bel ovni très réussi)
  • Zootopia (excellent film d’animation très drôle)
  • Spotlight (quelle aventure !)
  • Joy (un beau biopic réussi)
  • Comment c’est loin (je pense l’avoir vu en 2016)

Côté livres et BD

  • La force des discrets de Susan Cain (lisez le !)
  • Guy Delisle, S’enfuir, récit d’un otage.
  • JIM, l’érection (ce n’est pas érotique, ne fuyez pas à cause du titre)
  • Elisabeth Badinter, fausse route. Très instructif.

Le mot de la fin …

Ce blog me prend du temps, mais pas tant que cela en fin de compte. Et j’en ai encore à vous consacrer. N’hésitez jamais à écrire, commenter, me contacter, m’interpeller. Et à vous abonner au flux RSS (je conseille Inoreader pour les lire) pour être tenu au courant de la sortie de chaque article !

Et puis, h’hésitez pas, vous aussi, à devenir blogueur pour être participant au débat plutôt que seulement spectateur.

Par contre, ne le devenez surtout pas pour suivre cette mode de gens qui pensent qu’ils vont pouvoir devenir célèbres ou en vivre. Oui, ça peut être un rêve. Mais bloguer ne vaut le coup que si c’est une vraie passion à la base.

Allez, je vous souhaite une bonne année 2017 !

Ballerina, petite critique et analyse

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma quelques jours avant de commencer l’article.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Pourquoi ce film ?

Je fais une petite critique de ce film parce que j’ai eu des discussions après l’avoir vu sur une théorie et je voulais la partager plus largement. Tant qu’à faire cela, autant y ajouter une petite critique sur le film de manière plus générale. Ce ne sera pas très long parce que, tout simplement, il n’y a pas moyen de faire une longue analyse avec un scénario aussi simpliste.

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Critique générale

Qualité de l’animation

Ayant un jeune enfant et étant passionné de cinéma, je vais voir une bonne partie de la production des films d’animation qui sortent au cinéma. En ce sens, j’ai une préférence pour le génie Pixar (et je n’en manque pas un) mais je vais voir vraiment de tout. Je ne suis pas « contre » la production française: « Avril et le monde truqué » était vraiment pas mal du tout, tant dans le visuel que dans l’histoire ou la réalisation (à mon avis, trop méconnu).

Ici, c’est une grosse déception sur les dernières années. Sans doute suis-je devenu exigeant, mais on ne peut pas prétendre faire un film pour l’export si on atteint pas une qualité au moins égale à celle des concurrents. Et puis, c’est le thème du film qui me rend plus exigeant: on parle de grâce, de mouvements classiques, de DANSE !

Attention, les décors sont tous magnifiques. Les jeux d’ombre sont bien gérés. Les personnages ne sont pas vraiment mal dessinés. Mais les mouvements ne passent pas, ça manque de fluidité, de naturel et de grâce. Par moment, j’avais l’impression de revenir des années en arrière, presque comme dans certaines animations anciennes de jeux vidéos. Elles n’avaient certes pas le même niveau de détail mais on retrouvait cette même animation artificielle.

Sans compter qu’il y a un côté « balourd » non seulement dans les mouvements mais dans le côté stéréotypé des mouvements de visage, des yeux, etc …

Ma compagne a partagé cette critique de l’animation trouvant qu’il y avait des similitudes avec les dessins animés Barbie, par exemple.

Lourdeur du film

Mais cela permet une bonne transition envers le film qui est lui-même très très lourd. Au sens propre comme au figuré. Les blagues sont lourdes (du comique très bas de gamme). Les personnages tombent tout le temps (!!!). Même la DANSEUSE !!! Mais, ça ne l’handicape en rien pour danser …

Lois de la physique

Et c’est d’ailleurs un autre point sur ce film. Qu’est-il exactement ? Un film initiatique ? Un film comique ? Les deux ?

En tout cas, les personnages sont invulnérables, semblent marcher dans les airs, tombent de trois ou dix mètres sans se fouler un pied. Alors, peut-être que dans un film qui s’assumerait comique dans le genre « bugs bunny », ça passerait sans souci. Mais il ne semble pas que ce soit la volonté première de ce film.

Car il reste un film de danse. Justement. Il n’y a pas un sport ou une activité où il faut autant maitriser (de manière pratique) les lois de la physique et savoir bouger son corps sans le blesser ou tomber. Alors, ce côté « cartoon » m’a bien déçu.

La musique, la danse et les émotions

Il y a des moments forts en émotions et la musique y aide beaucoup (par exemple, le lac des cygnes). Ces moments sont rares mais ils existent. Et ils me font penser que si la bande son avait été moins travaillée dans un sens commercial et plus dans le thème du film, l’émotion aurait pu être plus grande. Les scènes de danses sont rares et on dirait qu’on a voulu éviter le « classique ».

Comme si le film n’assumait pas totalement son propos. On veut faire un film sur une ballerine mais … évitons la musique classique et faisons les s’affronter dans une « battle » sans aucun sens. Au final, il y aurait eu moyen d’avoir un final bien plus rempli d’émotions. Peut-être que le scénariste considérait lui-même comme ringard ce style de danse ou de musique ? Je me suis posé la question.

Un enchainement de scènes rapides et efficaces

Dés le début, du film, les scènes vont rapidement. J’ai pardonné le côté irréaliste ou ridicule. Je considère que le dessin animé peut se le permettre si tant est que ça sert au film. Mais bon, trop de facilités d’écritures … font que l’histoire est mal racontée … et tellement prévisible !

Des personnages parfois ridicules

La « méchante », comme s’il en fallait une est « caricaturale » et folle. La fille de la méchante est une sale peste qui fait les pires vacheries et, cependant, la seconde d’après, elles deviennent les meilleures amies du monde. Le beau garçon ne sert qu’à être manipulateur et méchant. Le bon ami est un vrai paillasson qui fait pitié tant il court après une héroïne totalement égocentrique et légèrement écervelée. Voilà, qui n’aide pas à s’attacher et à s’identifier aux personnages.

Une morale qui se contredit elle-même ?

La morale est censée nous dire que les efforts sont récompensés. Mais Felicy a bossé seulement une semaine et chaque jour, elle devenait meilleure qu’une de ses camarades qui bossait probablement depuis des mois ou des années … Et elle voulait être danseuse sans jamais s’être entrainée ou renseignée une seule fois avant d’arriver dans la capitale …

Elle entre dans le cours de danse en volant une lettre. Lettre qui elle-même n’est envoyée que par favoritisme (la mère, restauratrice, utilise ses bonnes relations). Donc elle entre par ce biais là et y reste également parce que le prof semble vouloir la garder (j’ai ma théorie là dessus, on verra en bas) malgré son niveau au plus bas.

Les faits qui sont montrés par le film tendent à dire que la danse n’est pas quelque chose de si difficile que cela à apprendre et qu’il n’est pas nécessaire de travailler dur pour y arriver.

Par ailleurs, l’héroïne ne semble pas apprendre non plus de ses ainés puisque, alors que sa professeure a raté sa carrière à cause d’une blessure, elle se met tout le temps en danger. Mais comme chaque chute n’a aucune conséquence, on peut la comprendre.

Théorie sur les parents de Félicy

A bien y réfléchir, c’est peut-être la chose la plus subtile du film. Mais, après en avoir parlé avec les autres personnes avec qui j’ai vu le film, je suis le seul à partager cette théorie jusqu’à présent.

Pour commencer, quel est le vrai thème du film selon moi ? La recherche de ses parents !

On me dira que pas un seul instant dans le film, elle ne semble vouloir les retrouver. Mais, justement, un enfant de cet âge là ne peux PAS ne pas rechercher ses parents. Surtout si elle a été abandonnée. Et si ce n’est pas montré ou dit explicitement, cela ne peut l’être qu’implicitement.

Regardons les éléments qui vont dans le sens d’une recherche de ses parents (en fait, surtout de sa mère):

  • la boite à musique, qu’elle garde si précieusement, la relie directement à sa mère puisqu’elle était dans le berceau
  • cette boite à musique avait une danseuse et c’est donc le seul « message » compréhensible que sa mère lui ait laissé … or, elle veut à tout prix être danseuse
  • le film pose d’ailleurs régulièrement la question « pourquoi être danseuse » comme si c’était un indice de l’importance de la réponse !
  • chacune des transitions « sommeil » du film soit inclus (généralement) la boite à musique, soit inclus sa mère … en train de danser

Maintenant, arrivons au vif du sujet:

Pour moi, les parents de Félicy sont Odette (la femme qu’elle rencontre à l’opéra) et le Maitre de ballet.

Voyons d’abord les éléments qui ne vont pas dans ce sens là:

  • dans son rêve, la mère de Félicy est rousse
  • la boite à musique fait que, si Félicy est la fille d’Odette, Odette ne peut en avoir le moindre doute. Et pourtant elle ne dit rien

Et répondons:

  • dans son rêve, elle est un bébé ! Et elle voit la scène, non depuis ses yeux mais comme si elle était à l’extérieur. Elle « imagine » la scène et, forcément, imagine sa mère comme étant rousse comme elle. Mais ce rêve ne nous donne aucune indication sur le physique de sa maman.
  • quelqu’un qui a abandonné totalement son enfant étant jeune, coupant tout contact, pourrait-il lui avouer si facilement qu’elle est … sa mère ? Non évidemment. Bien sur, l’enfant lui pardonnerait certainement. Mais quand la relation entre les deux est excellente, pourquoi vouloir prendre le risque de tout gâcher ? Par ailleurs, Félicy ne parle jamais de sa mère et ne facilite pas la confidence. Puis, le temps n’a pas encore fait son oeuvre.

Ou répondons aussi au « mobile » de l’abandon …

Si Félicy est la fille du prof de danse et d’Odette, elle est la fille d’une union probablement mal vue (une fille et son professeur … la différence de classe sociale). Et elle était, pour une danseuse professionnelle, un fardeau lourd à porter seul. Son obsession de la danse pourrait avoir encouragé l’abandon, ce qui est au final intéressant au vu de l’histoire.

Puis voyons les éléments « à charge » de cette parenté. Ces éléments pris isolément ne sont pas suffisants. Mais tous ensemble, ils ont contribué à forger ma conviction :

  • ça m’a marqué dés les premières secondes, c’est sans doute l’indice le plus sérieux, Félicy a un visage particulier mais surtout une coupe de cheveux qu’elle est la seule à arborer dans le film. La seule avec … Odette. Ainsi, la première rencontre m’a tout de suite fait penser qu’il y aurait de grandes chances pour qu’Odette se révèle sa mère. Je pensais même que ça arriverait de manière peu subtile. Mais ça au moins, le film ne l’a pas trop mal fait. Cette ressemblance entre les deux personnages (passions, physique) ne me semble pas être le fait du hasard.
  • le « tu n’es pas ma mère » qui blesse fort Odette. Rappelons que rien n’existe normalement dans un film qui n’ait un sens. Or, c’est le seul moment où Félicy parle de sa mère.
  • la complicité bien que cachée en partie qui existe entre Odette et le professeur: le bisou à la fin mais également le fait qu’il la protège, d’abord en interdisant son licenciement et ensuite en lui offrant un logement mais déjà au départ en lui donnant un travail au sein de l’opéra. Plus le film avance, et plus il se montre ensemble en même temps qu’ils s’occupent toujours plus de l’avenir de Félicy
  • l’abandon de Félicy pourrait avoir été un déclencheur qui aurait mis du froid dans la relation entre ses parents et on sent que sa réapparition réchauffe la relation tout au long du film. C’est d’ailleurs un aspect qui me dérange un peu car on peut voir cela comme une culpabilisation de l’enfant par rapport à la relation de ses parents. Or, c’est un mécanisme déjà suffisamment présent chez l’enfant que pour l’encourager dans un film d’animation.
  • c’est le seul enfant pour laquelle le maitre de danse montre un peu de compréhension et de gentillesse. En paroles. Mais aussi quand il fait preuve d’une énorme mansuétude à la fin. En pardonnant son retard et en la faisant recommencer plusieurs fois malgré de grosses erreurs. Et il se montre plus que déçu par son comportement de la veille. Or, au moins quand elle raconte ce qui s’est passé et d’où elle vient, il peut devenir plus évident pour lui que la personne en face est sa fille. La mansuétude dont il fait preuve lors des premiers jours de cours peut d’ailleurs venir autant du travail d’Odette que de l’envie de protéger sa fille.
  • certains plans, dont je ne me souviens plus exactement, je pense quand Félicy raconte l’histoire de son échappée de l’orphelinat et quand elle dit à Odette qu’elle n’est pas sa mère ou quand elle réussit sa prestation montre une Odette particulièrement émue.
  • Odette et Félicy ont leur petit « moment » boite à musique sur le plancher de l’opéra quand la boite est réparée. Il y a évidemment toute une symbolique avec cette boite cassée et réparée.
  • Le professeur de danse est végétarien et il est rappelé que Félicy ne sait pas rivaliser physiquement avec la fille Lahaut à cause de sa carence en viande.
  • La carte postale qui sert à trouver l’opéra … D’où vient-elle ? N’était-elle pas liée à la maman de Félicy ?
  • Elle croise le maitre de ballet dans un bar breton … Et elle a été abandonnée en Bretagne. N’est-ce pas une manière pour le maitre de Ballet de se souvenir de sa fille abandonnée ? Ou d’espérer l’y retrouver un jour ?

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Quelques erreurs historiques

(c) Lisbeth

La statue de la liberté a été inaugurée en 1886 à New-York. La construction de la tour Eiffel n’a commencé qu’en 1887. L’inventeur des machines d’exercice qu’utilise la fille Lahaut est né en 1880, ce qui rend leur présence ici assez improbable.

Conclusion

Je ne me suis pas ennuyé ou endormi devant le film, ça je dois le reconnaitre. Mais le côté balourd a rapidement finit par m’agacer réellement. Et s’il n’y avait pas eu, au moins l’énigme de la mère de Félicy, je pense que je me serais ennuyé ferme tant tout est prévisible. Il faut reconnaitre que les décors sont beaux mais l’animation pas vraiment maitrisée.

Ce qui a du faire le plus de torts au film est sans doute la volonté de l’exporter. Si on oublie le côté artistique et que le côté commercial prend trop de place, on augmente les chances de se planter et c’est ce qui est arrivé ici.

Toutefois, j’admets un point qui remonte sa cote. La petite histoire non dite sur la recherche des parents donne un peu de subtilité au tout et permet de se rattraper un peu. Mais, très peu la verront … (et on peut d’ailleurs être tout à fait en désaccord avec ma théorie là dessus).

Pour aller plus loin

Deux critiques que j’ai apprécié sur le film:

Finalement, la critique s’est révélée plus longue que je ne l’imaginais, comme toujours.

Vous pouvez me donner des éléments qui vont dans le sens ou contredisent ma théorie et je les lirai avec grand intérêt. Toutefois, et puisque le film a choisi de ne pas donner lui-même de réponse nette (la mère de Félicy pourrait être n’importe qui, même la mère « Lahaut » finalement), je pense que personne ne pourra « prouver » qu’il a raison.

Mais c’est quelque chose de positif, à mon sens. J’aime bien quand les films nous permettent de débattre et de nous approprier des vérités tout en laissant du doute.

Remerciements à Lisbeth pour la relecture et la discussion.

Miss Peregrine et les enfants particuliers, film de Tim Burton; critique et commentaires

« – Vous êtes en sécurité ici. Et vous pouvez vivre avec nous aussi longtemps que vous le désirez.
J’ai voulu répondre, mais je n’ai réussi qu’à bredouiller :
– Je… Je ne peux pas… Mes parents.
– Ils auront beau vous aimer, a-t-elle murmuré, ils ne vous comprendront jamais. »


– Ne le prends pas mal, ai-je dit, mais vous êtes quoi?
– On est particuliers, a-t-il répondu, l’air perplexe. Pas toi?
– Je ne sais pas. Je ne crois pas.
– Dommage.

Miss Peregrine et les enfants particuliers, citation du livre

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma quelques jours avant de commencer l’article.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petite précision sur le film

Le film est adapté d’un livre de Ransom Riggs (il a le même titre).

Résumé

Enfant, le grand père de Jakob lui parle d’une maison étrange ou se retrouve des enfants avec des talents particuliers. Même si ses parents lui disent que rien n’est vrai, il n’oubliera jamais. La mort de son grand-père dans des circonstances tragiques réveille ce souvenir et il décide de partir à leur rencontre.

Le titre: « Miss Peregrine et les Enfants particuliers (Fr) », « Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children » (En)

Il y a une différence entre le titre français et anglais. Là où le titre anglais se focalise sur le « foyer » de Miss Peregrine, le titre français lui se concentre plutôt sur Miss Peregrine elle-même. C’est dommage.

Par rapport au « peculiar », « particulier » n’est qu’une des traductions possibles. Google donne également : étrange, bizarre, curieux et spécial. Globalement, cette traduction ne me parait pas mauvaise. Le mot « particulier » en français offre à la fois une grille de lecture positive et négative mais quand même souvent plus négative que positive.

L’affiche

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Sur l’affiche, on voit autant les enfants particuliers que Miss P. et le foyer est en arrière plan. Hormis Jakob, tous les enfants ont des vêtements de couleur et Miss P. est en noir complet. Le noir est pourtant d’habitude un code couleur réservé aux « méchants » dans les contes ou histoires pour enfants. Mais c’est aussi une couleur qui peut être donnée pour des personnages mystérieux. Cela dit, il correspond plutôt bien au personnage froid, distant et un peu mystérieux de Miss P.

Critique au premier degré

Pour une fois, je suis assez d’accord avec Durendal et sa critique du film. Pour ce qui est de la critique du film sur son aspect non symbolique, voici sa vidéo:

Par contre, je vais évoquer le « bombardement » de 1943. En 1943, il n’y avait normalement plus de bombardement du Royaume Uni par la Luftwaffe. Mais, je pense que si cette date a été choisie et non pas une date au plus fort de la bataille d’Angleterre, c’est probablement pour laisser un indice supplémentaire sur ce que je vais dire dans la suite de cet article.

Je veux également parler des parents de Jakob. Si sa mère n’est pas très attentive à lui, ce n’est encore rien concernant son père qui s’en contrefiche complètement. Je n’ai jamais vu des parents aussi caricaturaux de toute ma vie. Cela manque clairement de subtilité jusqu’à en devenir presque parodique et cela m’a bien dérangé.

On indique qu’on a trouvé des cadavres dans la maison. Cela veut forcément dire que la boucle s’est terminée un jour avec les enfants dans la maison. Or, sachant ce qui va se produire à la fin de la boucle, même sans Miss P. pour l’entretenir, aucune raison que les enfants aillent dormir dans la maison. Ca c’est un mystère pour moi.

La symbolique et l’explication du film

Mon hypothèse est que le foyer de Miss Peregrine est en réalité un foyer maltraitant. C’est-à-dire (dans le cas présent), un foyer dans lequel les enfants sont élevés avec la peur du monde extérieur, sans possibilité de remettre en question des dogmes et avec des traitements qui ne leur permettent pas de devenir adultes. La société extérieure est uniquement présentée comme une menace. Voici tous les éléments qui vont avec cette hypothèse:

  • En 1943, il n’y avait pas de bombardement sur l’Angleterre, la boucle temporelle est créée donc sur un faux prétexte
  • Ils n’ont aucun contact avec l’extérieur, ou le moins possible et les personnages extérieurs (comme Baron) sont considérés comme mauvais ou sources de problèmes.
  • Quand Jakob vient visiter la maison, on ne lui demande pas de rester et on s’arrange même pour qu’il ne reste pas, or il a le pouvoir de voir les méchants
  • Le seul autre enfant à être parti du foyer est également un enfant capable de voir les méchants, étonnant non ?
  • Par ailleurs, il n’est jamais retourné au foyer. Qu’il ne l’ait pas fait parce qu’il n’était plus enfant ou parce qu’il ne le voulait pas, cela reste suspect.
  • Miss P. n’est jamais agréable avec les enfants et ne leur offre aucune affectivité, même aux plus petits
  • Elle leur impose de refaire la même chose, ce qui ressemble à une torture gigantesque: imaginez pour l’éternité refaire tout le temps la même chose alors que vous pourriez vivre des journées toujours différentes mais qui auraient simplement le même contexte
  • Les creux sont invisibles … Ce qui est très pratique comme menace. Faire croire à une menace que personne ne voit, c’est un peu comme utiliser un croque mitaine comme menace pour garder ses enfants tranquilles.
  • La boucle a ceci de pratique qu’elle empêche les enfants de grandir et donc permet à Miss P. de les garder pour toujours sous son contrôle. Par contre, le reste du monde, malgré la boucle, continue à évoluer.
  • Les enfants n’ont plus aucun contact avec leurs parents.
  • Pendant les combats, les gens « normaux » ne voient rien comme s’il n’y avait rien. Et si c’était bien le cas ?
  • Les enfants ne reçoivent ni instruction, ni entrainement.
  • Baron essaie de trouver Miss P. principalement pour … l’enfermer. Comme on le ferait avec quelqu’un qui a commis un délit.
  • A la fin de l’histoire, les enfants semblent aller mieux … et ils n’ont plus la tutelle de Miss P.
  • Baron peut se transformer en n’importe qui, histoire de dire que les méchants peuvent être tout le monde. Intéressant, il se fait passer pour son psy. Une manière de dire que même un psy n’est pas une personne fiable à qui on peut se confier.
  • Le côté « particulier » des enfants est comme par hasard soit une occasion de les brider (les semelles de plombs), soit un prétexte pour les dévaloriser (jumeaux cachés). Ce côté particulier n’est pas du tout exploité pour valoriser les enfants mais plutôt pour les faire se sentir mal. Les parents maltraitants vont souvent faire comprendre à leurs enfants qu’ils ont un « problème ».

Ceci explique pourquoi le film est si mauvais « au premier degré », le vrai propos n’est pas celui d’enfants particuliers qu’il faut protéger. Il est plutôt celui d’enfants maltraités qu’il faut sauver.

Ceci est mon hypothèse alors que je n’ai vu le film qu’une seule fois. Mais je voulais en parler pour éveiller à cette possibilité et faire réfléchir d’autres qui ont vu le film comme moi. Du coup, si vous avez des éléments qui vont dans ce sens ou qui le contredise, n’hésitez pas.

D’habitude, je fais des critiques plus fouillées mais comme le film m’a ennuyé, certains passages m’ont échappé et je n’ai pas envie de payer un ticket de cinéma pour le revoir. A sa sortie en VOD, on verra si je le reverrai et modifierai mon analyse.

Je ne suis pas vraiment satisfait de l’article mais je le publie quand même car je trouve qu’il apporte quand même quelque chose pour l’analyse de ce film.

Impressions personnelles finales

Ce n’est pas que ce soit nécessairement un mauvais film, c’est probablement qu’il ne m’était pas destiné. Les images sont pas mal, le scénario n’est pas à la hauteur (mais c’est si fréquent qu’on le pardonnerait presque) et, surtout, on est pas « pris » dans le film. Moi qui ai de l’empathie assez facilement, je ne suis pas du tout rentré dedans, j’ai même failli m’endormir (cela peut m’arriver pour des films avec beaucoup d’action du moment où je décroche et je me fiche du destin des acteurs).

Par contraste saisissant, le film « la danseuse » que j’ai vu peu de temps après m’a totalement captivé et maintenu en éveil alors que j’avais été le voir fatigué et qu’il était certainement beaucoup plus « lent ». Mais là, on s’intéresse à l’héroïne !

Puis, je peux parfois aisément passer outre un film avec autant de problèmes d’écriture si au moins le second degré est bien développé et s’il nous captive malgré tout. Mais ce ne fut pas le cas. Pour prendre un seul exemple, je veux bien qu’on nous présente des parents totalement démissionnaires et indignes. D’accord, j’apprécie ça. Mais avec de la SUBTILITE ! Parce que là, c’est tellement peu subtile que ça en devient grossier voir limite parodique.

Donc, pour paraphraser ce que je disais, ce film n’est pas un navet mais est surement destiné à un public bien précis dont je ne fais assurément pas partie.