Mon pays a-t-il la grosse tête ? (léger coup de gueule)

Je ne sais pas si ma perception est juste ou pas mais j’ai l’impression que, d’un point de vue sportif, mes compatriotes se sont mis, parfois, à avoir de beaucoup trop grosses attentes. Et que du coup, quand on n’est pas premier, on est déçus !

Je pense qu’il y a des raisons à cela : nous avons des joueurs de grand talent et c’est une chance qui risque de ne pas se représenter dans le futur. Depuis Justine Hénin et Kim Clijsters, nous n’avons plus vibré autant en tennis depuis longtemps. En football, on annonce des joueurs meilleurs que tous ceux qu’on aurait connu depuis lors (j’exagère à peine).

Alors, du coup, on est cohérent, on estime qu’il faut gagner tout. On oublie que l’important c’est de participer. Et on surestime grandement nos joueurs. Oui, on a une bonne équipe de foot et on a de bons joueurs de tennis. Mais on reste la petite Belgique et, finalement, la meilleure preuve qu’on en fait trop, ce sont bien les résultats.

Pourtant, on arrive pas à redescendre sur terre, il faut alors trouver des boucs émissaires (l’entraineur) ou être frustrés. Et il n’y a même pas de fête !! Ou sont les gros titres marquant l’exploit ? Ou sont les foules criant leur joie ? Il n’y en a plus.

Et c’est ce qui me désole le plus. J’ai l’impression que si on refaisait le Mexique (1986) aujourd’hui, on arriverait encore à être déçu de finir quatrième.

On a été numéro un mondial au classement des pays en foot ? La belle affaire, tout le monde sait que ce classement ne représente rien.

Mais le Mexique, les USA, le Japon, c’était des belles coupes du monde, et on était éliminé avec le panache. Et on était heureux.

Alors, finir deuxième au Masters ou deuxième à la Coupe Davis quand on est un petit pays de dix millions et sans se ridiculiser, pourquoi on arrive plus à le fêter ? Pourquoi la dernière coupe du monde a-t-elle finit en psychodrame malgré un parcours très bon ? Oui, on a fêté chaque victoire, mais on aurait du aussi fêter la défaite « finale » !

Pitié, redescendons sur Terre et redevenons la Belgique qui arrive à être heureuse, qu’elle gagne ou qu’elle perde et qui sache reconnaitre les exploits où ils sont au lieu d’imaginer des coupes qu’on aurait soit disant pu gagner.

Peut-être est-ce à cause de la crise politique et économique, on a besoin de se raccrocher à des symboles. Je n’en sais rien, je ne vais pas extrapoler, mais ça me rend triste. J’espère qu’on saura se remettre en question pour le futur.

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Happy Birthdead, film de Christopher Landon, explications alternatives, critique et commentaires

endpic2J’ai vu le film il y a environ deux semaines au cinéma. A titre personnel, il m’a laissé mitigé.

De manière globale, j’aime beaucoup le film qui, à priori, malgré quelques défauts, arrive à avoir une histoire qui tient plutôt bien debout, qui est pleine d’humour et qui nous oblige à réfléchir tout du long pour essayer de résoudre l’énigme. Et il ne se prend pas la tête tout en n’étant pas cliché ou simpliste.

Donc, voilà, c’est peu dire que j’ai passé un bon moment de cinéma sans pour autant considérer le film comme exceptionnel ou chef d’oeuvre.

Pourtant, il y a un goût de trop peu. Pas forcément sur le film mais sur ma compréhension du film. Je me dis d’ailleurs que ce film pourrait devenir culte. Je pense qu’il faudrait le visionner et revisionner pas mal de fois avant de tout voir et d’avoir des certitudes. Mais je ne suis même pas sur qu’il y ait moyen d’en avoir (ce qui n’est pas forcément un défaut mais est frustrant).

Par ailleurs, je me demande s’il n’a pas souffert de problèmes lors de la réécriture demandée par le réalisateur. En effet, lors de l’écriture d’un tel film, chaque scène, chaque détail à son importance. Et quand on demande de réécrire une partie, on peut faire s’écrouler tout le château de cartes sans s’en rendre compte.

Bref, malgré ou parce que ce que je viens de dire, j’ai eu envie de proposer ma solution au puzzle. Attention: spoilers ! Je dévoile ce qui se passe dans le film ! Ne pas lire plus si vous ne l’avez pas encore vu …

Contrairement à mon habitude, je ne vais pas faire une critique ou analyse approfondie, juste discuter de qui est ou serait réellement le tueur, ce qui est déjà pas mal au final pour ce genre d’oeuvre. Dans le texte, j’utilise le masculin neutre « le » tueur pour dire le ou la tueur, tueuse, par simplification.

La théorie donnée en apparence par le film

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La meurtrière est la coloc’. Elle voulait la tuer du fait de son comportement et parce qu’elle était jalouse de sa relation avec le docteur. Son arme est le cupcake.

De ce qui est dit, nous supposons qu’elle est également la personne derrière tous les autres meurtres. Mais, en réalité, c’est pensé par Tree mais ce n’est pas dit (et pour cause, dans cette réalité là, il n’y qu’une seule tentative de meurtre à avouer) et évidemment pas avoué. On ne peut donc pas faire dire au film plus que ce qu’il ne dit réellement lui-même.

Pourquoi chercher une autre explication ?

Il y a un certain nombre de choses qui ne vont pas trop et le récit me paraitrait plus cohérent si la vérité était moins simple. Et plus j’y réfléchis, plus j’ai l’impression que ce n’est pas « seulement » ça, comme une sorte d’intuition. Sans aucune certitude toutefois, surtout que je n’ai vu le film qu’une seule fois et que je pense devoir le voir au moins trois ou quatre fois pour tout comprendre.

En gros, les deux autres hypothèses ?

  1. La Coloc’ n’est pas la seule à vouloir la tuer ! C’est d’ailleurs ce qui rendrait le film particulièrement intéressant et le puzzle particulièrement difficile. Tant qu’on imagine qu’il n’y a qu’un seul tueur, on ne peut pas résoudre totalement l’énigme. En effet, si quelqu’un a un alibi correct d’un côté, cela ne l’empêche pas de pouvoir tuer dans une autre journée.
  2. Nous avons à faire à un « crime de l’orient express ». En fait, elle a tellement d’ennemis qu’ils étaient tous prêts à la tuer. Pire, dans mon hypothèse, ils sont même carrément ligués contre elle, ce qui explique l’efficacité systématique du meurtre. Voir même la manière dont elle s’en sort.

En effet, on me dira que la journée arrête de se répéter après qu’elle ait découverte UNE et UNE SEULE meurtrière.

Sauf que, au final, elle ne doit pas uniquement sa survie au fait d’avoir tué un de ses assassins mais aussi au fait d’être enfin devenue aimable et appréciée de tous les autres assassins possibles. Elle ne peut survivre sans se changer elle-même, c’est la réalité du film, lui-même.

Cet argument n’est donc pas valable si on tient compte du fait qu’à la dernière journée elle n’a pas seulement trouvé un coupable mais qu’elle a aussi résolu ses problèmes avec tous les autres.

A noter que, quelle que soit l’hypothèse choisie, celle du film ou une des miennes, le « serial killer » de l’hôpital est innocent.

Jessica Rothe

Les éléments allant dans le sens d’une autre hypothèse

Cela peut paraitre anecdotique mais, souvent, au début d’un film ou d’un livre, on trouve un indice discret, mais flagrant quand on a compris, qui dit dans quelle direction va partir le film.

Par quoi le film commence-t-il ? Par le gong de l’horloge et la sonnerie de son smartphone. Et, qui l’appelle ? Son père. C’est pour ça que j’ai pensé tout au long du film que c’était lui, d’autant plus qu’elle lui manifeste un mépris assez flagrant. Et que l’histoire du décès de sa mère est très peu raconté, ce qui permet d’imaginer beaucoup de choses.

Il y a également le fait que le mobile de la jalousie est valable pour d’autres. Elle couche avec des mecs qui ne l’intéresse même pas vraiment alors qu’elle sait que cela fait mal à d’autres. Si sa coloc’ a des raisons de lui en vouloir, elle n’est pas la seule. Sa copine de la confrérie, à la fête, qui lui envoie des SMS a déjà subit cela dans le passé et lui reproche de le refaire.

Les armes sont différentes ! Le tueur ne tue pas toujours de la même manière, cela n’a pas vraiment de sens, je trouve. Cela pourrait très bien correspondre à des tueurs eux-mêmes différents. Et, à savoir que quelqu’un qui voudra tuer par poison (manière plutôt féminine) n’a pas le même profil psychologique que quelqu’un qui voudra tuer avec un couteau. Pour moi, il y a probablement autant de tueurs que d’armes différentes, au moins pour les morts intervenues sans improvisation (je pense à celle avec la voiture de police).

Si on se lève un matin avec l’envie de tuer et un scénario pré écrit dans sa tête, à chaque fois que la journée recommence, ce détail devrait être exactement pareil, comme le klaxon ou l’arrosage automatique ! C’est donc un élément assez important pour dire qu’il y a des meurtriers différents.

La bougie du cupcake est la même que celle qui met le feu à la nappe d’essence du véhicule accidenté. Ce genre de bougie doit être assez standard mais cela peut être compris comme un léger indice de collusion même si je pense que le réalisateur ne l’a fait que pour encourager la thèse du tueur unique (qui ne me semble pourtant pas tenir la route, et c’est logique puisque le scénario n’a pas été écrit comme ça à la base).

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Des indices accusant d’autres personnes sont parfois donnés sans pour autant être vraiment démentis. Par exemple, la bougie qui allume l’essence faisant exploser la voiture de police ! Elle est une référence claire et directe à la bougie unique qui servait au père pour fêter l’anniversaire de sa femme et de sa fille (ce qui est dit dans un film l’est rarement sans raison). Autre exemple, le masque trouvé dans le bureau du Docteur (même s’il est neuf ou justement parce qu’il est neuf … et donc peut-être acheté pour l’occasion). Ou encore la carte que transporte la cheffe de la confrérie, qui est la carte de bon anniversaire contenant la menace à propos de la nourriture (ce qui va dans le sens d’une entente entre les deux personnes).

La coloc’ ne peut pas être si facilement accusée de tous les meurtres ! Si c’est bien elle qui libère le psychopathe, cela veut aussi dire qu’elle travaille ce soir là et ne peut donc pas être présente sur toutes les scènes de crime. Certains éléments incriminant dans une journée innocentent dans une autre.

C’est un peu tarabiscoté mais la journée ne recommence pas « parce qu’elle est tuée » mais parce qu’elle meurt, pour preuve le suicide. Même si c’est un indice faible, pour moi, cela va dans le sens qu’on ne recherche pas UN unique tueur mais qu’on cherche à régler une situation et un comportement de manière plus générale. Elle doit faire la paix avec tous ces ennemis, ce qui implique peut-être donc qu’il y en a forcément plus d’un.

Je n’ai pas assez de souvenirs pour tout passer en revue (mais vous pouvez prolonger avec les commentaires, comme d’habitude). A priori, je vois quatre tueurs potentiels. ET, aucun d’eux n’est, je pense, cité au moment où elle définit ses ennemis. Au contraire, ce sont tous des proches, ce qui est d’ailleurs crédible avec le fait qu’on veuille la tuer. Comme disait César dans la série Rome, on craint plus de ses amis que de ses ennemis.

Les voici :

  • son père
  • sa colloc’
  • le docteur
  • Danielle

La liste qui est faites pourrait être en fait la liste des personnages qui ne font pas partie du complot.

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Les différentes morts de Tree

  1. Elle meurt poignardée dans la rue en allant à la fête d’anniversaire (ici, tout le monde peut être coupable)
  2. Elle est poignardée dans la chambre durant la fête d’annif, musique va très fort et personne entend rien (ici, une seule personne est innocentée, le mec avec qui elle essaye de coucher mais on peut se demander si la coloc’ ne l’est pas aussi puisqu’elle est absente pour cause de travail. Par ailleurs, si le médecin était passé, cela se serait probablement vu et aurait attiré l’attention)
  3. Elle se barricade dans la maison et ne sort pas. Mais elle est quand même poignardée (quelqu’un qui a les clés ou qui y réside habituellement ?)
  4. Elle meurt assommée devant la maison de son ex coup d’un soir gay (qui pouvait le savoir ?)
  5. Elle meurt noyée peu après avoir vu Stéphanie, l’épouse du docteur (donc, elle ne peut être coupable)
  6. Elle meurt écrasée par le bus en se disputant avec Danielle, la cheffe de maisonnée (est-ce un meurtre ou un accident ? impossible de savoir)
  7. Elle meurt dans l’explosion de la voiture de police après que le tueur ait mis une « bougie d’anniversaire » sur l’essence qui coulait sur la chaussée et qui tombait du réservoir abîmé de la police (ici, ce n’est ni Greg ni Lori, ce qui pourrait être l’élément permettant d’élargir le cercle des coupables à trois minimum)
  8. Elle meurt pendue pour sauver Carter (personne de disculpé ici)
  9. Elle décède dans son sommeil à cause du cupcake empoisonné (c’est la coloc’ qui en responsable et l’avoue le « jour suivant »)

Déclaration du réalisateur

Sur la fiche wikipédia anglophone, il est noté que le réalisateur a voulu changer l’histoire originellement écrite car, au départ, le film aboutissait sur la révélation que Lori ET Grégory (le docteur) étaient les tueurs.

Alors, si le film « annonce » bien un tueur différent, on sait que ce qu’un film dit dans les dialogues n’est jamais à prendre au pied de la lettre. C’est la vérité de ceux qui les disent. Mais le spectateur a une autre vue sur l’action et les protagonistes peuvent toujours se tromper.

Par ailleurs, le scénariste a pu volontairement se jouer de son réalisateur en n’adaptant pas correctement l’histoire ou en laissant deux solutions d’énigme possibles.

Enfin, l’énigme d’un film se résout par les éléments du film. Ni le réalisateur, ni le scénariste, ni les dialogues ne sont suffisants. Il faut que les faits montrés et racontés priment sur tout.

Hypothèse finale

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Rôle du père

J’ai envisagé le père comme étant le tueur durant tout le film, à cause de la sonnerie de téléphone, du fait qu’elle le nie comme s’il n’existait pas et encore parce qu’il est très peu présent et donc un coupable idéal. Il y a aussi l’histoire de la bougie qui est comme un écho à ce que Tree raconte sur les anniversaires en commun avec sa mère et « une seule bougie ». Cette obsession de frapper durant son anniversaire peut d’ailleurs venir de là également.

Par contre, j’ai du mal à imaginer qu’il ait pu rentrer en contact avec les autres et tout organiser. Oui, il a le profil du commanditaire et il aurait même pu être le tueur (après tout, il a déjà perdu sa femme et sa fille fait comme s’il n’existait plus). Mais les deux mondes ont l’air cloisonné et comment aurait-il pu savoir que sa fille était détestée de tout le monde et qu’il trouverait de l’aide parmi ses amis ? Ou comment ses amis auraient pu savoir que le propre père de Tree serait prêt à la tuer ?

Bref, je suis circonspect et le film, en ne l’ayant vu qu’une fois, ne permet pas de trancher. J’en viens donc à me demander si ce n’est pas seulement, depuis le début du film, une fausse piste donnée expressément. Je ne le vois pas, en tout cas, faire partie d’un complot. Au pire, c’est l’un des tueurs ayant eu la même idée en même temps que les autres (et ne me dites pas que c’est improbable, un jour qui recommence en boucle, ça l’est aussi).

Je le pense coupable de la mort par explosion de la voiture de police à cause de l’arme du crime (la bougie). Et, parce que ce ne peut être ni Lori (qui ne tuerait pas Greg puisqu’elle l’aime) ni Gregory (qui se fait poignarder). Toutefois, Danielle est aussi une suspecte potentielle.

Rôle de Lori

Elle travaille ce jour là, du moins c’est ce qu’elle déclare aux autres. Mais, on sait que la police vérifie les alibis quand elle fait une enquête. Donc, la seule mort dont elle peut être accusée directement est celui du cupcake empoisonné. Et, justement, quelqu’un qui tue par du poison n’est pas nécessairement quelqu’un qui tue avec un couteau. D’ailleurs, comme infirmière, elle avait surement l’occasion de tuer Tree par une petite piqûre durant son sommeil ou plein d’autres moyens. Enfin, on trouve un masque mais, à ma connaissance, pas de couteau.

Pour moi, à son égard, on ne peut être sur que d’une seule des morts. Pour les autres, j’ai même l’impression qu’elle a un alibi.

Et, quand à la libération du tueur en série, qui n’est nécessaire que pour les crimes et donc pas pour le cupcake censé la tuer discrètement, autant le docteur que elle pouvaient le faire et je ne me souviens pas que Lori le reconnaisse, on l’entend seulement comme scénario dans la bouche de Tree et Lori est plutôt dubitative face à une partie de son discours.

Rôle de Grégory (le docteur)

Le masque est découvert dans son bureau (mais il est neuf alors que celui du tueur est usé). Il peut être tuyauté par Lori. Et il peut avoir été persuadé par cette dernière que Tree en était amoureuse et voulait casser son couple. En effet, lors d’une de ces journées revécues, il est surpris d’apprendre qu’elle n’est pas amoureuse et veut alors en profiter. Il y a donc un mobile de sa part et il peut avoir été manipulé. Il pouvait vouloir tuer uniquement parce qu’il se sentait menacé dans son couple officiel.

Rôle de Danielle (la cheffe de maison)

Elle n’est jamais innocentée totalement (dans l’hypothèse où il peut y avoir plusieurs tueurs). En effet, la mort qui l’innocente (écrasées par le bus) ne pourrait très bien être qu’accidentelle. Et elle était en possession de la carte d’anniversaire. Soit dit en passant, cette carte concernait le cupcake. Donc, cela la lie plutôt à Lori.

Seule la première mort l’innocente vraiment puisqu’elle l’attendait dans le bâtiment étudiant pour la surprise party.

Lors de la mort durant la surprise party, on apprend qu’elle avait deux mobiles. Le fait que Tree lui avait volé sans scrupule un petit ami et le fait qu’elle ait remis le couvert le soir-même. Ce sont deux raisons qui expliquent qu’elle ait pu elle aussi avoir envie de la tuer et qu’elle se soit associée à d’autres pour ce faire.

En résumé (je mélange le certain et les hypothèses)

Les morts 6 et 8 ne sont pas des meurtres.

Le docteur et Lori agissent de concert peut être avec Danielle.

Lori a commis un meurtre direct, celui du 9. C’est le SEUL meurtre sur de la série. SAUF si j’ai loupé des éléments donnés par le film (et dont  je ne serais pas surpris qu’ils existent, mais bien cachés).

Le père a pu commettre l’avant dernier meurtre, celui du 7 (elle ne se réconcilie avec lui qu’avant le dernier décès).

Le docteur commet le meurtre 1 et 5.

Danielle commet les assassinats 2, 3 et 4.

Les petits défauts du film

Sans pour autant que cela m’empêche de l’apprécier, parce que je les trouve nécessaires au récit et difficiles à contourner, on peut se demander pourquoi l’héroïne ne cherche pas, plutôt qu’à survivre, à « démasquer » son agresseur (retirer le masque pour découvrir qui il est).

De même, rien n’est expliqué sur la raison pour laquelle elle revit en boucle la journée. Mais, en même temps, je trouve ça intéressant de ne pas chercher à expliquer. On a suspension consentie d’incrédulité et c’est très bien comme cela.

Enfin, l’héroïne passe quand même facilement sur la carte d’anniversaire. Surtout que, en soit, elle est une belle erreur de la part du tueur. Pourquoi signer son crime ?? Et pourquoi même prévenir ? Mais pour le fait de prévenir, cela peut être dû à la satisfaction du tueur de savoir que la personne sait que c’est elle (heu, j’ai vu cela récemment dans un Columbo, celui où quelqu’un tente de le tuer lui et sa femme).

Autres critiques

Visiblement, le film n’est pas encore sorti en France, ce qui a rendu plus difficile de m’inspirer ailleurs et de voir si d’autres pensaient comme moi.

Mais j’ai quand même trouvé quelques critiques (comme d’habitude, je ne partage pas forcément ce qui est dit mais je trouve simplement que c’est bien écrit et intéressant à lire) :

Conclusion finale

J’espère que, comme pour l’article sur le film Cartel, j’aurai des commentaires qui me feront douter de ce que j’ai écris et permettront d’approcher un peu plus d’une « vérité » si tant est que le film le permette.

J’ai aimé ce film et j’ai aimé y réfléchir. Je pense qu’il vaut le coût du billet pour aller le voir au cinéma. J’espère que ce fut pareil pour vous.

5 ans d’existence du blog et 150 000 vues

5 ans de blog et le cap des 150 000 vues, cela méritait bien un petit article pour faire le point sur les stats.

Les stats générales

140 articles avec celui-ci, plus de 150 000 vues, 889 commentaires (dont 278 de moi) et 82 abonnés.

Cet article non compris, c’est aussi 167 302 mots qui ont été publiés. Le plus gros article (Interstellar) en faisant 4344.

Le jour le plus vu l’a été avec 825 vues. Dix articles ont été vus plus de 1000 fois depuis la création.

Ces stats ci-dessous datent de fin octobre, peu avant le passage des 150 milles mais n’ont évidemment pas spectaculairement évolué depuis (oui, il m’arrive de préparer un article un peu à l’avance et de ne pas avoir le temps de le finaliser au moment opportun). Et j’ai la flemme à cette heure (1 heure du matin) de mettre à jour les copies d’écran.

Articles les plus lus

L’article qui a l’audience la plus large compte pour un tiers des vues, et les deux premiers articles pour la moitié. Cela n’a pas changé depuis le passage des cent milles vues.

Les articles de film sont ceux qui continuent à monter le plus régulièrement avec le temps. Les diffusions à la télé française peuvent amener des pics importants de vues (par exemple, avec le Loup de Wall Street tout dernièrement) et c’est même souvent comme ça que je suis informé. Mais cela ne se répète pas avec tous les films. Tout dépend de l’audience, du référencement de mes articles et bien sur du film lui-même (car certains incitent plus à la curiosité que d’autres).

(la copie d’écran n’est pas exhaustive)

Origine des lecteurs

Le premier référent, ce sont les moteurs de recherche pour presque 110 000 vues (dont la très grosse majorité d’une des déclinaisons de Google).

Ensuite vient Facebook avec … 2424 vues.

Et une flopée (une centaine ?) de référents anecdotiques en nombre de vues qui doivent compter en tout pour 1500 – 2000 vues au maximum.

Il manque donc plusieurs dizaines de milliers de vues. J’ai deux hypothèses qui ne se contredisent pas : celle de ceux qui « rebondissent » sur le site et visitent une deuxième ou troisième page. Et ceux qui sont revenus sur le site en connaissant déjà l’adresse au départ.

Evolution de l’écriture

Jusqu’à présent, pour 2017 : 14 articles avec celui-ci (ce sera 15 minimum vu qu’un autre article est quasiment fini).

Pour les autres années, c’était :

  • 2016 : 18
  • 2015 : 14
  • 2014 : 40
  • 2013 : 16

On garde donc une assez bonne moyenne. Un par mois me semble le service minimum à assurer. Au delà, pour le moment, je suis content. L’ambition, c’est 24 annuel mais si je n’y arrive pas, ce n’est pas un drame.

Conclusion

Ces derniers mois, il n’y a plus de progression d’audience. Certains articles baissent avec le temps et ce n’est pas compensé par ceux qui augmentent. Mais le plaisir est toujours présent. Chaque lecteur est unique et même si un article n’était lu, au final, que par une seule personne, cela me satisferait déjà d’avoir pris du temps de le mettre à disposition sur le web.

Comme je l’imagine, les 200 000, ce ne sera pas pour tout de suite. Cette année est la première année de diminution du nombre de vues. Le passage aura donc, plus que probablement, lieu en 2019. Ce sera notre prochain RDV statistiques, à moins de mettre au monde un nouvel article « à clics », ce que l’on ne sait jamais à l’avance 🙂 D’ici là, lecteurs, blogueurs, etc portez-vous bien.

Moi, je me vois encore dans dix ans entretenir ce même plaisir d’écriture. Et sans doute encore bien plus tard encore. Il y aura toujours des blogs et je serai toujours un blogueur.

Catalogne : gagner la com’ et perdre la paix

Ce que nous vivons

Aujourd’hui, les « dégâts » sont, quoi qu’on en dise, minimes. Il y a peu de blessés graves, pas de morts. C’est déjà de trop ! Mais quand on parle nationalisme, indépendance, on sait que l’étape suivante toujours possible aujourd’hui, c’est la guerre civile.

On espère qu’on arrivera pas là mais, par immaturité politique, le Gouvernement Catalan a pris un risque inconsidéré pour son peuple et sa prospérité. Il faut dire que les nationalistes agissent souvent bien plus avec l’émotion qu’avec l’intelligence et la raison, exception peut-être de Bart De Wever dans le Nord de mon pays qui a une intelligence redoutable et sait l’utiliser pour avancer vers son but.

A priori, tout le contraire du gouvernement catalan, donc.

Droit à l’autodétermination ?

Si les catalans avaient examiné l’histoire, ils sauraient qu’il n’y a pas vraiment de droit à l’autodétermination exportable et généralisable. Et un même pays, la Russie par exemple, peut faire une guerre très dure à la Tchétchénie, agir contre l’indépendance du Kosovo et annexer la Crimée tout en soutenant militairement la sécession du Donbass (ou en l’organisant directement, d’ailleurs, mais sans l’assumer publiquement).

Médiatiquement et politiquement, il faut plusieurs conditions (pas forcément toutes, ce n’est pas une science dure) pour pouvoir se réclamer de ce droit :

  • Être opprimé ou minorisé politiquement : n’avoir rien à dire dans son propre pays. Si vous n’avez aucun droit, on considère que c’est normal que vous vous battiez pour les avoir. C’est un peu le principe de la déclaration des droits américains.
  • Chercher à obtenir ces droits avant de chercher l’indépendance, mais sans succès ou sans succès durable (dans le cadre des nations, on compte en longues années). Les américains ont d’abord négocié avec Londres mais sans aucun résultat.
  • L’oppression militaire : du sang et des larmes, ça aide beaucoup à légitimer des velléités d’indépendance. C’est ce que Londres a fait en réponse aux demandes pacifiques du congrès.
  • Avoir un allié puissant. Les américains ont eu la France. Cela les a aidé militairement, mais aussi cela aide politiquement d’avoir quelqu’un apte à défendre votre cause, à vous ouvrir ses frontières. Cela fait pression. En réalité, cette condition se situe plutôt dans la réussite d’une insurrection mais peut aider également à ne pas en avoir de par les garanties qu’offre un allié puissant.

La Catalogne est bien organisée, elle sait jouer sur l’opinion et jouer avec les images ou les vidéos. Elle a une bonne maitrise de la communication. Il est évident que le scrutin ne s’est pas déroulé dans des conditions optimales et que les résultats d’un vote organisé par un parti nationaliste sont sujets à caution. Mais qui dans la presse le dira assez fort ? Aujourd’hui, les catalans sont les gentils, difficile de questionner durablement vu le mauvais travail, en sens inverse, de com’ opéré par le gouvernement de Rajoy.

Mais, ont-ils gagné pour autant leur droit à l’autodétermination ? Se sont-ils assurés de pouvoir l’emporter pacifiquement ? Je ne crois pas.

Voyons pourquoi :

  • La Belgique est le seul (petit) pays à avoir protesté. On sait que le parti le plus influent de son gouvernement est nationaliste … Avec au passage la direction du Ministère de l’Intérieur et de l’Armée. Les autres soutiens viennent de régions ou partis nationalistes. On fait mieux. Ils ont besoin de mieux … Une catalogne indépendante sans ticket d’entrée dans l’Europe ne survivrait pas longtemps.
  • La police espagnole est certes intervenue durement, mais il n’y a pas eu de bain de sang. Les images sont dures mais pas assez pour justifier une intervention à l’ONU ou obliger les grands à se positionner.
  • Les catalans se plaignent que depuis des années, cela n’avance pas pour eux. Mais, pour un pays qui veut être indépendant pour les siècles à venir, qu’est-ce que sept ans ? Rien du tout. Un mouvement nationaliste doit savoir se montrer patient s’il veut emporter ou gagner une autonomie. Là, c’est clairement trop peu.
    Pire, le Gouvernement précédent a montré qu’il était prêt à avancer et qu’une majorité politique pouvait exister pour l’obtention de ces droits ! En quelque sorte, ce n’est pas tant l’Espagne qui bloque que le Gouvernement Rajoy. Ca fait une différence de taille.
  • Enfin, last but not least, les catalans sont loin d’être un peuple opprimé. Ils ont les mêmes droits politique que les autres espagnols. Et l’Etat espagnol leur offre même une autonomie de gestion avec un Gouvernement régional qui a de très larges prérogatives.

Et là, je parlais des conditions « positives », qui doivent être présentes. Je n’ai pas parlé des conditions « négatives » qui rendent encore plus difficile l’exercice de ce droit. Comme celle d’une région qui semble vouloir avant tout partir pour des raisons économiques et égoïstes. Tous les pays fonctionnent avec des régions qui centralisent la richesse et « doivent » être solidaires de régions plus pauvres. Beaucoup d’européens auront du mal à se sentir solidaires des catalans, d’autant plus qu’ils se retrouvent eux-mêmes dans ces catégories qui doivent vivre de la solidarité d’une région riche.

Du point de vue du « droit » à l’autodétermination qu’ils réclament, ce référendum, et même l’image désastreuse donnée par le Gouvernement espagnol n’est donc pas vraiment une victoire. Elle n’a pas changé fondamentalement les conditions du « droit » politique. La gueule de bois arrivera prochainement.

L’indépendance serait-elle vraiment un gain ?

N’oublions pas, d’ailleurs, que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Qu’une région riche le doit rarement à elle seule et qu’une indépendance est toujours un énorme risque d’appauvrissement, non seulement pour la région qu’on quitte mais aussi pour la région qui quitte. Et parfois, les deux sont perdants.

Les nationalistes catalans mentent à leur peuple en laissant croire qu’ils seront plus riche en étant indépendant de l’Espagne tout en restant dans l’Europe, ceci pour deux raisons :

  1. La doctrine Prodi stipule qu’une région qui fait sécession d’un état membre de l’Union Européenne doit refaire une demande d’adhésion. Pour cela, elle devra avoir l’accord de l’Espagne. Si la sécession est brutale et unilatérale, il est évident que l’Espagne le fera payer cher (au deux sens du terme) à la Catalogne. D’autres pays craignant la sécession de certaines de leur propre région feront d’ailleurs plus que probablement corps avec l’Espagne. On peut par exemple penser à la France et la Corse ou même si dans une moindre mesure à l’Allemagne et la Bavière. Deux pays très influents car fondateurs de l’UE.
  2. L’Union Européenne via différents fonds est basée sur la solidarité entre régions riches et pauvres. En tant que région riche, la Catalogne devra se montrer solidaire des autres régions plus pauvres.

Se séparer ? Trois possibilités

Il y a deux manières caricaturales de gagner son indépendance, celle à l’amiable où on négocie. Et cela peut durer des années. Et celle, sanglante où on se bat. Entre les deux, il y a le rêve Catalan, l’indépendance « de facto ». Celle où Madrid serait contrainte d’accepter toutes les conditions de la région sans négocier au-delà des détails et en se laissant faire.

Cette dernière solution est assez utopique en l’état et serait possible si le droit à l’autodétermination était reconnue par suffisamment d’états. Mais on le sait, ce n’est pas le cas, et cela ne risque pas de le devenir.

Pourquoi pas à l’amiable aujourd’hui ?

Dans le passé, il y a eu des cas de séparation à l’amiable, alors pourquoi pas ici ?

Bien, si nous prenons le cas de la Tchécoslovaquie, la partie sécessionniste était la plus pauvre. En Catalogne, c’est tout l’inverse.

Il ne faut pas être très futé pour comprendre qu’il est plus facile de laisser partir celui avec lequel on est solidaire, même si ça déchire le cœur, que de laisser partir celui qui te permet de survivre. Pour celui qui voit partir, c’est un sentiment d’abandon voir un sentiment de menace pour sa vie, ses enfants, sa famille, son futur. Dans ces conditions, tout est réuni pour que le débat devienne extrêmement passionnel voir violent.

De plus, pour l’Espagne qui est déjà un pays fédéral très fort, c’est prendre le risque de développer des aspirations dans les autres régions. Le pays risque d’une certaine manière la dissolution. Donc, pour les espagnols nationalistes, c’est là aussi un grand danger. Il ne s’agit pas uniquement de laisser partit une région mais de risquer un jeu de domino dangereux où le royaume finirait par tout perdre.

Et demain ?

Tout d’abord, les Catalans doivent se demander si l’indépendance est vraiment un but en soi. Et si ça justifie tous les risques. Pour quoi veulent-ils l’indépendance ? Et ne peuvent-ils pas l’obtenir dans le cadre espagnol, si nécessaire avec un peu de patience ?

Mais même dans le cas où le nationalisme catalan contamine tellement les cœurs et les esprits qu’il devient insupportable aux habitants de la région de rester « espagnols », alors ils doivent créer les conditions d’un accord amiable :

  • Un pouvoir central favorable ! Ils sont une partie importante de la population espagnole ! Unis, comme le sont les flamands en Belgique, ils peuvent infiltrer le pouvoir central et obtenir beaucoup de choses.
  • Une Espagne revigorée économiquement. Oui, il semble qu’ils veulent partir en partie pour ne plus être solidaire. Mais, la réalité, c’est qu’un départ amiable commande encore plus de solidarité ! Ils doivent miser sur le développement de toute l’Espagne s’ils veulent que leur départ ne soit plus une menace pour le reste de l’Espagne
  • Se faire aimer du reste de l’Espagne. Il est plus facile de refuser une demande de quelqu’un qui nous est antipathique (et donc paraitra avoir de mauvaise intentions à notre égard) que sympathique.

La question du référendum

La question de l’indépendance ou de l’autonomie peut très bien être dissociée de la question du référendum. Mais, le fait est qu’ici une question a été posée. Pour moi, les résultats sont sujets à caution dès le moment où l’organisation précipitée et la manière même de faire n’offre pas toutes les garanties d’un scrutin impartial.

Pour résumer, ce que je reproche en plusieurs points :

  • La question comportait en fait deux questions ! Il y avait une question sur l’indépendance et une question sur le régime politique (république). C’est déjà un gros vice de forme en tant que tel. Il aurait fallu séparer cela en deux questions.
  • Il est beaucoup trop tôt pour poser une quelconque question. Les gens ne peuvent pas savoir sur quoi ils vont voter, tout simplement parce que les négociations n’ont tout simplement pas encore commencé. Combien ça va coûter, rapporter, en combien de temps, quels accords de coopération, quelle intégration européenne ?? Rien n’est connu. Et je ne demande pas les textes à la virgule après, non, au moins la négociation du cadre.
  • Le débat public raisonné n’a pas pu avoir lieu, le temps n’a pas été suffisant pour cela
  • La question doit être posée à toute l’Espagne. Il ne s’agit pas seulement de demander aux Catalans ce qu’ils pensent mais aussi au reste de l’Espagne car le départ de la région impacte aussi tous les autres espagnols
  • Il n’était pas constitutionnel et ne respectait pas l’état de droit (ce n’est pas une petite chose)
  • Il aurait dû, de préférence, être organisé par une instance neutre comme, par exemple l’OSCE. Parce que là … le climat est tellement passionnel entre gouvernements central et régional que cela ne peut que dégénérer fait comme cela a été fait

Conclusion

L’europe, le continent, a connu la guerre en Yougoslavie il n’y a pas très longtemps. On pensait que l’Union Européenne nous protégeait de ces choses-là. Mais la vérité, c’est que si l’UE nous a longtemps protégé des nationalismes, c’est loin d’être une protection absolue.

En Espagne, peut-être que tout va bien se passer, j’en doute. Peut-être également qu’il va y avoir un conflit fratricide, c’est le scénario du pire. Entre les deux, le plus sûr, c’est l’appauvrissement des catalans et des espagnols. Personne ne va rien y gagner : baisse du tourisme, problèmes économiques. Il ne faut pas croire que la Catalogne va être récompensée pour son geste et ses ennemis seront nombreux pour lui faire payer ce qu’elle a fait.

Même un conflit non armé sera « sanglant » et fera très mal à ceux-là même, les citoyens, que les populistes prétendent toujours protéger et chérir en encourageant leurs bas instincts.

On peut dire ce qu’on veut sur Rajoy, son parti empêtré dans la corruption et très conservateur, il a raison sur un point, le Gouvernement Catalan est seul responsable de ce qui arrivera. Quand on allume un feu, même avec une étincelle, on ne peut se dédouaner des conséquences.

« Still Life » ou « une belle fin », film de Uberto Pasolini

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-)

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

Le film a été réalisé par le producteur de « The Full Monthy ».

Résumé

De Wikipédia:

John May est un fonctionnaire communal qui vit seul. Son travail consiste à retrouver les parents les plus proches de personnes mortes dans une solitude totale. Il effectue son travail avec le soin le plus méticuleux et mène une vie tranquille et ordinaire, faite de rites quotidiens qui en deviennent obsessionnels. Un jour, on lui confie le cas de Billy Stoke, un alcoolique mort dans la solitude à quelques pas de sa propre maison. Il commence alors à recueillir des indices sur sa vie et à chercher les personnes auxquelles il a été lié. Mais, à cause de la crise économique, on lui fait savoir que son service est en passe d’être réduit, qu’il est en surnombre et va être licencié. Il ne se laisse pas abattre et convainc son chef de lui donner encore un peu de temps pour terminer sa dernière enquête. Pendant ses recherches, il fait la connaissance de Kelly, la fille que Billy Stoke a abandonnée dans son enfance et, au cours de ses voyages à la recherche des personnes qui ont connu Stoke, John a l’occasion de savourer à nouveau la vie. Cela ne durera pas longtemps et il mourra lui-même dans une solitude totale, comme tous ceux qu’il avait suivis pendant son travail, lesquels, dans un final onirique et fascinant, lui rendront un hommage reconnaissant.

Le titre

En anglais « Still Life », signifie « nature morte » ou littéralement « encore vie ». Le héros est chargé de retrouver des survivants, job qu’il fait avec coeur. Il va même plus loin et jusqu’à écrire la vie des décédés pour leur enterrement. Ce qui pourrait évoquer à la fois la nature morte (peindre leur vie) et en même temps le fait de leur donner encore « vie » une dernière fois.

En français, « une belle fin » pourrait faire référence à la fin. Mais, si je l’ai trouvée magnifique, et si elle se révèle belle par certains aspects, elle a aussi ses aspects très noirs dont on parlera plus bas.

La fin est belle ?

Toutes ces personnes qui ne voulaient plus revoir leur père, ami, amant, … Toutes se sont finalement donné rendez-vous à son enterrement. On imagine que c’est la plus belle réussite de sa carrière. Rien que par l’écoute active et humaniste, et sans insister, il a réussi à ce que la vie de cet homme qui n’était pourtant pas un saint, loin de là, ne se finisse pas totalement dans la solitude.

Ou la fin est moche ?

Mais, John n’est pas là pour le voir. Il ne sait pas que ce fut un tel succès car aucun des survivants n’avait manifesté clairement l’envie de s’y rendre.

John n’étant plus employé par la commune, sa remplaçante n’ayant pas sa conscience professionnelle, personne n’est là pour penser à lui. Tristement, il n’y a que les « fantômes » pour veiller sur lui. Et ce sont les fantômes qui sont restés seuls, ceux pour qui il a « failli » dans son travail. Petit détail, lui qui avait prévu un emplacement parfait dans le cimetière, il se retrouve enterré avec un « arbre coupé ». Alors que l’arbre était censé donner de l’ombre à ceux qui viendraient se recueillir sur sa tombe.

Mais, de toute façon, qui viendra ?

Enterrés en même temps, ce qui prouve que l’enquête a été bâclée, on a envie d’espérer que Kelly découvre qu’il était mort, le recherche et découvre sa sépulture. Mais cela n’arrive pas. Et c’est triste. Il ne lui reste plus que sa famille adoptive de « sans famille ».

Bureaucratie

Il y a une interrogation sur le travail et sur la manière dont il nous façonne. Après tout, John a peut-être choisi son métier en fonction de sa personnalité. Mais cette fonction a pu également le transformer. Tout comme les deux phénomènes ont pu s’auto-entretenir.

En quelque sorte, même s’il faisait son travail avec passion, celui-ci a finit par provoquer ce pour quoi il devait précisément lutter. En effet, il luttait, vainement, pour que les gens seuls redécouvrent des amis et de la famille pour leurs premiers moments dans l’au delà. Et finalement, non content de ne pas y arriver, il finissait par ressembler à ses « clients » toujours un peu plus.

Alors qu’on ne voit que des échecs dans le travail du héros, sans savoir si cela a toujours été le cas, finalement, c’est quand il est licencié et « bénévole » qu’il y arrive. Je me suis demandé, d’ailleurs, si les meilleurs résultats qu’il obtient ne sont pas liés aux démarches plus humaines et proches qu’il entame, loin de son bureau et de son téléphone, directement sur le terrain.

Quand son « méchant » patron le vire et lui déclare que cela lui permettra de changer de vie, n’a-t-il pas au fond raison ? Pour l’employé ce travail est mortifère. Et, d’ailleurs, c’est justement ce qui arrive. Ce licenciement est peut-être l’occasion qui a vraiment permis à MAY de changer de vie et de reprendre pied. Tout autant, au minimum, et sans doute plus, selon moi, que le fait que Stoke était son voisin.

John MAY était un anti bureaucrate dans l’esprit, quelqu’un qui faisait passer la passion pour son métier, et pour les gens, avant son intérêt personnel (sans même le savoir, probablement).

Sa remplaçante est une bureaucrate qui bâcle ses dossiers, fait économiser de l’argent à la mairie en incinérant plutôt qu’en enterrant les gens, sans se soucier de leurs dernières volontés.

Mais, elle et son supérieur ont-ils vraiment tort ? Oui, si on regarde l’humanisme, le respect de la société pour ses marginaux et ses morts.

Non, si on regarde leur santé personnelle et l’investissement d’une tâche qui peut être ressentie comme n’ayant pas de sens. Car, dans le fond, même en faisant son boulot de la manière la plus méticuleuse possible, on ne retrouve jamais personne. Et, comme le dit son chef, les « morts sont morts » et ne pas le savoir évite des souffrances.

C’est certes atroce de raisonner comme cela, mais ce n’est pas totalement inhumain si on regarde du point de vue de la personne qui doit effectuer la tâche. Rien n’est pire que de faire une fonction dont on ne perçoit plus le sens, l’intérêt ou l’utilité. On ne peut pas remplir des tonneaux des danaïdes toute sa vie. C’est ce qui avait failli tuer John MAY.

Rien n’est manichéen dans ce film.

Selon le point de vue, on trouvera des bonnes justifications à un comportement ou l’autre. Suivant que l’on pense au travailleur, à l’employeur, à la société, on aura un avis autre. Et celui-ci ne sera pas forcément mauvais, juste différent.

Cela dit, c’est peut-être aussi ce qui est beau dans la fin du film. Que la dernière mission, justement, n’ait pas été inutile. Peut-être cela nous permet d’accepter plus facilement la vie terne du héros malgré sa fin trop solitaire encore. Qu’une seule mission réussie puisse donner un sens a tous les autres échecs. Peut-être est-ce une partie du message quand les fantômes viennent se recueillir sur sa tombe.

Mais, et c’est aussi cela qui est intéressant, le réalisateur a choisit de faire se dérouler cette « résolution » durant un moment où notre homme n’est plus sous contrat de travail. Je me demande si ce n’est pas un message sur le caractère vainc d’essayer d’être humain quand on a un patron. Mais je ne m’aventurerai pas plus là dessus dans cet article-ci.

Avoir une vie

Le film nous donne deux grands exemples de personnes seules.

Le premier est celui du héros. Il est seul de par son métier. Ou du fait de sa peur des autres, de son besoin presqu’obsessionnel de contrôle et de régularité dans sa vie. Mais pas par méchanceté, bien au contraire, c’est quelqu’un d’incroyablement humain.

A la fin du film, on peut le voir mourir seul. Mais on peut aussi voir qu’il entamait une relation amoureuse et que toutes les personnes qu’il a aidées sont restées près de lui pour l’en remercier.

Le deuxième exemple est celui de Billy Stoke. Il finit seul à cause de sa folie qui finit par lui mettre tout le monde à dos (son alcoolisme n’étant à mon avis qu’un effet secondaire ou un aboutissement du cercle vicieux). Par son incapacité, aussi, à se lier même avec sa fille. A laquelle il continue pourtant à penser. Il est incapable de garder une relation sur le long terme. On dit que l’alcool aura été le clou de son cercueil mais il était déjà sans abri quand c’est arrivé.

Au final, il arrive à avoir du monde à son enterrement. Parce que chacun arrive, après un travail de mémoire, à oublier ce qu’il y avait de mauvais pour ne retenir que le bon du personnage (on suppose).

Au fond, on dit toujours que les morts sont des « saints » mais ce film prouve bien le contraire. Il n’est pas si évident de pardonner ou d’oublier, même face à une personne décédée. Et John May arrive à faire faire ce travail aux relations de Bill Stoke.

John a finit par se rendre compte, en faisant le travail par pure volonté personnelle, du tour que prenait sa vie et de son insignifiance. Il décide alors de prendre des risques : prendre le train loin, du chocolat chaud au lieu du thé, de commencer une relation, boire au goulot après un SDF, … Il n’a pour ce faire, presqu’aucun gros effort à faire, il lui suffit de saisir les opportunités qui se présentent. Il a moins peur des autres. Il se rend compte qu’on a rien sans rien, qu’on ne peut pas tout contrôler.

Malheureusement, cela va trop vite et l’ivresse (au sens non alcoolique) lui fait prendre un trop gros risque et il décède.

Cela doit toutefois rester une leçon, je pense, la morale principale sans doute, sur nos vies, leur sens et le plaisir qu’elle doit nous donner. De même que sur la nécessité d’avoir des relations humaines dans la vie. Qu’elle est triste la vie de cette célibataire qui fait écrire des lettres à son chat. Et que c’est triste de mourir seul sans même notre enfant pour venir nous veiller.

Je refuse d’ailleurs d’y voir une leçon sur les marginaux auxquels on ne fait pas attention. Billy a bien cherché sa solitude. Il ne l’a peut-être pas méritée, humainement, mais il a tout fait pour. Et c’est John qui le démontre en rectifiant sa vie. Il n’y a pas de culpabilisation à avoir avec nous, pas uniquement, il y a surtout une leçon pour ceux dont la vie est triste et morne, il y a aussi une remise en question à avoir sur la manière dont ils mènent leur vie.

Alors, soignons nos relations, faisons attention à nous et prenons les perches qu’on nous tend.

Conclusion

Rien que d’y repenser, je suis encore ému par ce film. Et pourtant, comment un film finalement si noir avec si peu de touches d’espoir pour le héros peut-il arriver à me faire sentir si bien ? Peut-être parce que, et c’est la clé de cette réussite, il est dans la bonne mesure tout le temps. Et à partir d’un film sombre et qui nous fait pleurer à la fin, on ressent toute cette plénitude parce qu’on est quand même heureux pour John MAY et la réussite de sa dernière mission et la quasi réussite du rattrapage de sa vie.

Il était bon, humainement et professionnellement, et il est quand même mort seul. Mais ce film reste une belle leçon de vie et nous incite à nous poser des questions sur notre société, sans le faire lourdement. Je le recommande vivement pour peu qu’on ne soit pas rebuté par un film qui prend son temps pour commencer et qui peut être parfois un peu lent.

Moi, j’ai adoré, en tout cas, c’est une de mes belles surprises des films que j’ai vu en 2017.

L’adoption: Qinaya Tome 1 et La Garua Tome 2, BD de Zidrou

On peut pas dire ce qu’on a jamais entendu

Alors on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul, tout ça sans avoir vécu

Sur de rien, Shurik’n

NOTE : Cet article a été écrit une première fois en avril puis réédité en août et septembre et a subit de gros changements suite à la parution du Tome 2. Je le republie en septembre comme si c’était un nouvel article.

Zidrou dans l’adoption, c’est une belle histoire remplie d’émotions.

La BD m’avait été conseillée par une vendeuse quand je lui avait dit être un très grand fan de Jim (aussi édité chez Grand Angle). Pourtant, je n’avais encore jamais fait le pas, reportant sans cesse mon achat. La couverture ne me plaisait pas, le thème me paraissait lourd et potentiellement rempli de bons sentiments. Bref, j’hésitais.

Puis, vint la publication dans le journal Métro pour préparer la sortie du tome 2. Et j’ai tout de suite accroché. Le posséder est devenu très rapidement un « besoin ». Ma compagne me l’a offerte et je l’ai lue puis j’ai attendu le Tome 2 sans trop savoir comment ça allait continuer. Et j’ai aimé la conclusion.

Ici, je vais aborder quelques thèmes que m’ont inspiré la lecture. Il y a des spoilers, donc il est conseillé d’avoir déjà lu la BD avant de lire l’analyse.

Le genre, M/F

Cela apparait encore bien plus après la lecture du Tome 2, mais c’est d’abord une histoire d’hommes et de (non) pères. Les femmes, même Qinaya, ne sont pas les premiers rôles.

Je pense que cela pourrait éventuellement gêner une lectrice. Si vous en êtes une, je suis intéressé par votre commentaire et la manière dont cela vous a touché.

Par ailleurs, il y a un message sur la difficulté d’être homme et l’injustice (au sens propre) qui peux être liée à cette situation.

Conditionné par son éducation, Alain veut être un chevalier qui protègera sa princesse Lynette. Loin de l’aider ou de sauver son couple, cela aboutira seulement au divorce et à ce qu’il prenne toute la responsabilité pénale. Lynette, elle, bénéficiera de circonstances plus qu’atténuantes et ne fera pas un jour de prison car, comme femme, on comprend que son absence de maternité est une excuse valable.

Comme le dit la BD, comme si les pères ne comptaient pas. Comme si ce n’était pas dur de ne pas avoir pu être un père et on comprend que, pour Gabriel, il y a effectivement eu une amertume de ne pas avoir pris le temps que son travail ne lui donnait pas.

La distance

Gabriel a besoin de distance pour enfin réussir à comprendre que le plus important est proche de lui:

  • le belge est en soit un étranger même s’il parle la même langue
  • le Pérou
  • Qinaya, qui joue un rôle important est elle-même étrangère
  • le temps est une distance également pour sa relation avec Qinaya quand elle retrouve sa vraie mère
  • même au Pérou, la Garua l’empêche de voir l’océan tout proche. Un océan, c’est immense pourtant !
    • il doit donc partir en Altitude, à l’intérieur des terres
    • il y a d’ailleurs la même métaphore avec le voyage en avion qu’il est obligé de prendre puisque les routes sont boueuses
    • et le besoin de s’élever pour enfin distinguer Nazca
  • il dit qu’on a beau s’éloigner, les enfants restent toujours dans nos pattes

Par ailleurs, il n’a jamais voyagé de sa vie et a du attendre la retraite pour se payer une voiture qui est pourtant loin d’être luxueuse mais dont il est si fier.

Il a également fait le même métier toute sa vie, avec les mêmes amis qui ont tenu le même commerce et avec les mêmes habitudes dans une taverne sénégalaise. Sa vie s’est résumée, géographiquement, à des endroits très circoncis. Son vocabulaire représente bien cela avec une profusion de termes et d’expressions liés à la cuisine tout au long de l’histoire.

Qinaya l’aide d’ailleurs un peu à prendre cette distance vis-à-vis de son ancien métier. Il fait une sorte de pèlerinage là bas, mais ne s’attarde pas et semble même avoir un peu perdu la main (si mon interprétation du dessin est correcte).

En arrivant enfin à prendre de la distance, en réalisant qu’il aurait pu avoir une autre vie (grâce à Qinaya) et qu’il y a d’autres personnes et que la vie peut être courte (grâce au belge), il réussit enfin à comprendre qu’il doit prendre soin de son fils autant que de sa fille et qu’il ne doit plus gaspiller son temps. Le temps est compté et il faut en profiter.

La paternité

L’absence de père, symbolique ou bien réel, est un thème récurrent et important du récit:

  • un des amis de Gabriel a perdu un enfant (par suicide !)
  • l’ami belge du Pérou a perdu sa fille alors qu’elle avait déjà pris beaucoup de distance en allant vivre à l’autre bout du monde
  • avoir un enfant par adoption : en sauvant un enfant qui n’a pas eu de père, on peut tenter de soigner sa propre blessure narcissique de ne pas en avoir eu. On remarquera que c’est Alain qui est le plus persuadé d’avoir bien agi dans son couple.
  • Gabriel n’a pas été un père pour son fils et on peut se douter qu’il le sait. Cette agressivité qu’il a envers son propre fils ressemble fortement à cette culpabilité offensive que ressentent parfois ceux qui savent qu’ils n’en ont pas fait assez, même avec les meilleures raisons du monde. Dans le tome 2, il se met à en avoir la conscience, mais en ne se demandant pas s’il a été un père (biologiquement indéniable) mais s’il en a été un « bon ». Ce qui, pour le récit, pourrait vouloir dire un « vrai ».
  • avoir un enfant par adoption (2) : parfois il y a des raisons psychologiques qui font qu’on arrive pas avoir un enfant par voie naturelle. Ces raisons peuvent être liées à une enfance où le père a manqué et l’angoisse de ne pas pouvoir en devenir un bon soi-même.

D’une certaine manière, c’est banal car beaucoup de nos parents ou grands parents ont été des pères peu présents et pleinement investis dans leur travail. Ce n’est que récemment qu’en tant que père, on cherche à s’investir autant auprès de nos épouses que de nos enfants. Mais c’est très difficile d’être une figure paternelle quand on a pas eu de modèle au départ. Il faut inventer sa fonction.

Gabriel découvre qu’il peut être un bon parent et  y prend goût et plaisir. Son fils s’en rend compte et jalouse d’ailleurs cette relation. Cependant, en voyant l’intérêt de son père pour Qinaya, il vit un peu par procuration ce qu’il aurait aimé vivre à l’âge de la petite fille. Cela donne des sentiments ambivalents mélangeant fierté et jalousie / envie.

Dans le tome 2, il sera déçu de la distance qui s’est créée avec Qinaya. Mais elle est un outil de raprochement entre le père et son fils. Il est difficile de rattraper le temps perdu. Cela crée de la distance. Mais ça ne détruit pas l’Amour et les moments vécus.

Qinaya se souvient des moments à la boucherie et lui offre un dessin. Et Gabriel sait que ces moments là ont fait de lui, même brièvement, un père « inoubliable » pour elle. Ces moments, il les a vécu également avec Alain. Le parallèle lui fait réaliser que ce qui a été valable pour sa petite fille adoptive l’aura certainement été également pour son propre fiston. Les sandwiches offerts à la boucherie n’ont pas pu être oublié. Et c’est l’amorce pour se rattraper.

Paradoxalement, c’est la certitude d’avoir été au moins un peu un vrai père qui lui permet de vouloir en être un meilleur et de renouer les liens distendus. C’est alors qu’il a l’idée de lui pardonner et de lui faire revivre en prison ce moment privilégié du sandwich au pâté.

On voit alors le fantôme de Qinaya s’en aller. Elle a réussi son oeuvre. Elle les a rapproché, elle peut maintenant partir. Ce fantôme ne poursuivait que Alain (Gabriel se raccrochait à elle par quelque chose de plus concret, le dessin animé … dans lequel le père est un personnage pas très malin). Puisqu’il a retrouvé son « papounet », elle peut enfin disparaitre.

On remarquera que G. fait ainsi un anniversaire surprise à Alain pour un âge tout aussi symbolique (50 ans). Il lui rend en quelques sorte la pareille.

Autre petit détail, Gabriel a survécu à son père puisque ce dernier est mort à 74 ans. C’est toujours un évènement bizarre de vivre plus vieux que ceux qui nous ont précédé, comme si cela nous libérait et, de fait, si on ne connait pas la relation de G. avec son paternel, elle n’était probablement pas meilleure que celle qu’il a développé avec Alain.

Enfin, je me demande si la paternité avait été bien choisie. Elle était donc plus dure à assumer, dès le départ !

L’histoire finit-elle bien ?

Bizarrement, la BD prend très clairement position. L’histoire n’est pas censée finir bien. C’est dit clairement.

Les premières pages, qui prennent souvent des indications subtiles sur la fin présentent d’ailleurs toutes un assez grand pessimisme.

Toutefois, moi, je vois au contraire un père qui se rabiboche avec son enfant. Est-ce vraiment une mauvaise fin ? Oui, il se passe plein de choses tristes … Mais Gabriel semble heureux et serein. Et son fils, si on ne le voit pas, semble également ému. J’ai du mal à comprendre en quoi, finalement, ce serait une fin qui finit mal.

Cela dit, le message est aussi un appel à profiter du temps qui passe autant qu’on le peut. Et, justement, puisque Gabriel y arrive, n’est-ce pas une histoire qui finit bien, à nouveau ? Ou qui est cohérente …

Adopter

La démarche

L’adoption est une démarche très difficile. La BD aborde cette difficulté.

Mais il y a aussi cette critique de nos bons sentiments d’occidentaux qui se croient autorisés à kidnapper ou  à adopter, dans des circonstances troubles, des enfants provenant d’ailleurs, sous prétexte qu’ils connaîtront forcément une meilleure vie ici.

Sauf qu’élever un enfant, lui permettre de bien grandir ne demande pas uniquement des conditions matérielles et, au contraire, la présence des parents est importante même s’ils sont « pauvres ». Une personne cherchera toujours à retrouver ou connaitre ses origines, qu’elles soient humaines ou géographiques.

La paternité

Dernièrement, je me suis demandé (et j’édite donc ici le texte) si le nom adoption ne venait pas également d’une différence que l’auteur ferait entre une maternité « naturelle », « instinctive » et une paternité qui doit se créer. Comme si la mère se construisait automatiquement par la grossesse et le père devait prendre le temps d’adopter l’enfant.

L’oubli

C’est drôle parce que Gabriel critique vertement son fils qui oublie toujours quelque chose. Mais c’est aussi ce prétexte d’oubli qui est choisit par Alain pour l’anniversaire surprise. C’est comme si les deux, à ce moment là, acceptaient pleinement la caricature qui est faites.

Le tome 2 démarre pleinement avec ce même thème. Le détective a oublié Gabriel à l’aéroport et celui-ci ne peut pas profiter de la rencontre avec Qinaya.

Vocabulaire

J’ai parlé plus haut du thème de la cuisine omniprésent dans la … bouche de notre vieux héros.

Mais il y a aussi le message délivré par la BD comme quoi deux mots (deux tomes ?) suffisent pour raconter une histoire. Mais on en aura trois: Qinaya, Garua et Achachi.

Rien n’est d’ailleurs traduit en espagnol, ce qui est un peu perturbant, par moment, il faut bien l’avouer. Je n’irai pas plus loin en interprétations sur ce thème.

Conclusion

J’ai pris beaucoup de notes, j’aurais pu continuer sur de multiples détails dans une analyse fine de chaque action (enfin presque) mais je vais m’arrêter là car je pense avoir dit suffisamment.

La petite est craquante, le dessin est beau, le cadrage et la réalisation très bons, les couleurs jolies. Toutefois, sans savoir l’exprimer, il y a une sorte de « flou » qui me plait un peu moins. Peut-être suis-je trop habitué à un certain style ? Mais l’histoire prime et j’ai vraiment apprécié la lecture de cette oeuvre intimiste. Mon plus gros regret a été d’attendre la sortie du tome 2 ! Je n’aime pas m’arrêter à la moitié d’une histoire …

Nous sommes nombreux a avoir connu un père absent et à devoir construire notre paternité sur des bases chancelantes. En cela, cette histoire parlera à beaucoup. Elle est touchante mais d’une certaine manière assez banale. Ce qui ne l’empêche pas d’être intéressante. On est pas du tout dans le même registre que Jim qui s’intéresse surtout aux relations de couple, mais c’est complémentaire dans ma bibliothèque.

Conseils à ma fille pour jouer au Puissance 4

Le puissance 4, voilà bien un jeu indémodable. J’y jouais quand j’étais enfant. Mes grands frères y jouaient. Et ma fille y joue.

Mais, elle est assez mauvaise perdante alors je lui ai promis de lui donner quelques conseils. Et, tant qu’à faire, vous en faire profiter aussi.

la version que j’utilise aujourd’hui

Je gagne souvent, mais je ne prétends pas être un expert ni même être un grand joueur. Toutefois, je me dis que les méthodes que j’utilise peuvent être utiles (on ne sait jamais).

Ne pas choisir entre défendre et attaquer

Pour gagner, il faut faire les deux. Si vous défendez trop bien, vous ne gagnerez jamais, vous aurez au mieux un match nul. Mais mon expérience est qu’il est souvent impossible de tout prévoir. Donc, il vaut mieux attaquer en même temps qu’on défend.

Ce conseil est bateau et ultra basique. Mais il vaut le coup d’être rappelé. Notre regard sur le jeu doit se porter autant sur nos possibilités que sur celles de l’adversaire.

Ma fille est souvent dans l’un ou dans l’autre, elle doit encore apprendre à faire les deux.

Un seul coup à l’avance ne suffit pas

Pour se défendre, il ne faut pas se contenter de bloquer les attaques de l’adversaire quand il en est à trois pions d’alignés. Parfois, on peut se le permettre, mais certaines parties peuvent se gagner avec seulement deux pions quand on ne réagit pas à temps.

Deux pions horizontaux sur la première ligne

 V1  V2 V3 V4 V5 V6
 V7 V8 X X V9 V10

V= Vide

X= Pion rouge

Y= Pion jaune

Dans cette situation, si vous ne mettez pas un de vos pions en V8 ou V9, le joueur X a d’office gagné. En effet, au tour suivant, il met son pion en V8 ou V9 et si vous le bloquez d’un côté il aligne 4 de l’autre.

C’est le genre de coups tordus qu’il faut rechercher pour gagner dans le jeu. Celui-ci est le plus simple, et sans doute le plus connu mais il y en a d’autres.

Forcer l’adversaire à nous donner la victoire

V1 V2 Y V3 V4
Y V5 Y Y X
X V6 X X Y
X V7 X X Y
X V8 Y X Y

Dans ce tableau, il y a plusieurs situations intéressantes.

X a de nouveau le beau rôle. Et Y lui donne la victoire.

Y, en essayant d’avoir quatre dans la colonne la plus à droite à forcé X à mettre un pion en haut de cette colonne. Or, Y aurait précisément du éviter X d’avoir un pion à cet endroit là. Car dès que X a mis ce pion, la partie est perdue. Y est obligé de mettre un pion en V8 et X peut en mettre un en V7 et avoir 4. Et, même s’il oublie, il peut encore avoir 4 en V6. Imparable. Il faudrait trois erreurs d’affilée de X pour que Y gagne en V5.

Y a quand même bien manœuvré avec le V5 qui peut lui donner la victoire, mais aussi via la colonné non dessinée à droite où un 4 serait possible si X y mettait un pion.

Je pense que le meilleur moyen de gagner et de ne pas perdre est de disséminer ce genre de trois (non forcément consécutifs comme en V6, V7 et V8 ou il y a un trou !!) ou d’y prêter attention avant qu’ils ne se forment.

Certaines parties, si bien engagées, peuvent, en comptant le nombre de trous restants avant de « devoir donner la victoire à l’adversaire », être gagnées très tôt si on ne fait pas d’erreurs. Dès qu’on a placé ce genre de trois, il ne reste plus qu’à bloquer l’adversaire jusqu’au moment où il sera obligé de vous donner la victoire.

Diversion

Comme dans tous les jeux de ce type, faire diversion ne fait jamais de mal. Pendant que vous construisez un alignement évident, l’autre ne voit pas forcément qu’en vous bloquant, il vous permettra d’aligner un trois qui n’attendra plus qu’une erreur de sa part.

Conclusion

Ce jeu a l’avantage, contrairement aux échecs, d’être relativement simple et facilement compréhensible. Il faut juste savoir compter et comprendre diagonale, horizontal et vertical.

De ce fait, il est accessible aux plus jeunes enfants et pas prise de tête. Moi qui aime voir loin dans le jeu, c’est quelque chose que je fais difficilement aux échecs et mon cerveau surchauffe (le pauvre). Mais à puissance 4, malgré le nombre théorique énorme de parties différentes possibles, j’arrive à jouer sérieusement tout en m’amusant.

J’ai souvent gagné à ce jeu, mais ce que j’aime par dessus tout, bizarrement, c’est que le match nul est possible. Ce que j’aimerais, c’est que je finisse par tomber sur des adversaires (peut-être un jour ma fille ?) avec lesquels j’aurais majoritairement des matchs nuls. Je me dirais qu’on arriverait tous les deux à bien voir les dangers arriver et à les prévenir, et ça me ferait plaisir.

Voilà un jeu où on peut s’amuser sans gagner, tout simplement parce qu’il est possible de ne pas gagner sans perdre pour autant. Et que le match nul est valorisant, il signifie tout simplement que les deux joueurs étaient très forts.

Si vous avez d’autres conseils à donner où à partager, n’hésitez pas en commentaires. Et surtout, amusez-vous bien !