Voyager entre Tournai et Lille, les bons plans en train

Depuis la suppression du billet Trampoline (un billet frontière subventionné), je trouve que c’est devenu beaucoup moins clair de savoir où payer le meilleur prix. Je vous fais un petit résumé dans ce très court article si jamais cela peut aider d’autres personnes.

Les tarifs sont donnés au 15/08/2019. Merci de m’indiquer les éventuels changements que je puisse corriger. Nous n’avons pas regardé la première classe mais sur certains trajets, elle est à un prix très proche de la deuxième. Cela dit, un train sur deux est français et n’a pas de première classe.

Voyager en semaine

Si on achète un billet via SNCB International, voici les prix :

  • Un enfant accompagnant un adulte (4-11 ans) : 2€ l’aller retour
  • Un jeune 12-25 ans : 9,4€ aller-retour
  • + 26 ans : 13,4€ aller-retour

Si on achète un billet via OUI SNCF, voici les prix :

  • Un enfant (4-11 ans) : 7,2€ l’aller retour
  • + de 12 ans : 14,2€ l’aller retour

Une estimation sur le site Trainline a donné le meilleur prix entre SNCB International et OUI SNCF soit le prix SNCB International.

Si on achète au guichet ou à l’automate de la gare de Tournai : 9€ aller retour quel que soit l’âge.

Conclusion pour le voyage en semaine

Si vous avez plus de douze ans, le tarif à l’automate ou au guichet SNCB Tournai est le plus avantageux (surtout pour les plus de 26 ans) : 9€ a/r.

Si vous avez moins de douze ans, le passage par Trainline ou SNCB International est recommandé (seulement 2€).

Voyager le week-end

Si on achète un billet via SNCB International, voici les prix :

  • Un enfant accompagnant un adulte (4-11 ans) : 2€ l’aller retour
  • + 12 ans : 8,2€ aller-retour

Si on achète un billet via OUI SNCF, voici les prix (ils sont les mêmes qu’en semaine) :

  • Un enfant (4-11 ans) : 7,2€ l’aller retour
  • + de 12 ans : 14,2€ l’aller retour

Une estimation sur le site Trainline a donné le meilleur prix entre SNCB International et OUI SNCF soit le prix SNCB International.

Si on achète au guichet ou à l’automate de la gare de Tournai : 9€ aller retour quel que soit l’âge.

Conclusion pour le voyage le week-end

Le meilleur tarif est toujours celui de SNCB International, quel que soit l’âge. En plus il a l’avantage de pouvoir être acheté et imprimé à l’avance ! Ce qui n’est pas négligeable car les guichets et automates sont parfois occupés par une longue file ou en panne / fermés (suivant l’heure, le jour).

Petites précisions supplémentaires

SNCB International, Trainline demandent  de choisir son train mais le billet permet de voyager sur n’importe quel train de la journée.

Un gros avantage du site Trainline est sa transparence, c’est le seul site où on voit le prix de chaque billet et le nom du tarif. Sur les autres sites, on a que le total et on ne sait pas combien on paye pour chaque catégorie.

J’ai été très surpris en faisant ces recherches, je me suis rendu compte que le prix du billet (guichet ou automate) n’est même pas mentionné sur le site de la SNCB. Tout semble fait, mais c’est peut-être juste un hasard, pour qu’on ne puisse pas faire son choix de manière éclairée. C’est pour ça que j’ai eu envie d’écrire ce petit article en espérant qu’il puisse être vu par ceux qui en auraient besoin.

Quelques exemples …

Week-end

Un exemple des différences de coût total pour une famille de 4 personnes voyageant ensemble (2 adultes et 2 enfants) le week-end :

S’ils ont le réflexe de commander sur le site de la SNCF : le montant total sera de 42,8€.

S’ils commandent au guchet de la gare de Tournai ou quelqu’un le fait pour eux et leur envoie par courrier (parce qu’ils espèrent un meilleur tarif) : 36€.

S’ils commandent sur SNCB International : 20,4€.

Une différence du simple au double !

Semaine

Si on reprend la même famille de 4 personnes (2 adultes et deux enfants) et qui voyagent cette fois-ci en semaine.

Le tarif SNCF reste le même : 42,8€.

Le tarif en gare reste le même : 36€.

Le tarif SNCB International devient : 30,8€. (toujours le plus avantageux même si plus cher que le week-end)

Enfin, si on prend le meilleur tarif en fonction de la catégorie d’âge, on obtient : 22€.

Un tarif assez proche du meilleur tarif du week-end. Là encore, on peut faire une belle économie entre les meilleurs et les pires choix.

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Midsommar, film de Ari Aster, petite analyse critique et commentaires

Ceux qui s’intéressent à l’origine et à la signification des rêves portant sur la mort de parents proches et chers (père, mère, frères et soeurs) trouveront que le rêveur, l’enfant et le primitif se comportent d’une manière absolument identique envers le mort, en vertu même de l’ambivalence affective qui leur est commune.

S. Freud in Totem et Tabou

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma il y a quelques jours.

Le but de cet article est de faire diverses analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Comme je n’ai vu le film qu’une fois, beaucoup de détails ont pu m’échapper et je le regrette parce que je suis persuadé qu’une deuxième vision me donnerait des indices allant pour ou contre ma vision et permettrait de la confirmer ou l’infirmer. Sans doute qu’en commentaires, certains pourront le faire.

La mort de la sœur et des parents de Dani

Si l’on commence par cette scène, ce n’est pas par hasard, elle est essentielle au film par tout ce qu’elle implique.

La cause de la mort

J’ai bien réfléchi et ce qui nous est présenté comme une évidence ne l’est pas du tout pour moi. Non, ce n’est pas la sœur qui s’est suicidé et qui a tué ses parents. Voici en vrac, les éléments qui me le font penser que ce n’est pas la sœur :

  • Elle avait des problèmes psychologiques mais il est rare qu’on tue ses parents en même temps que soit-même
  • A fortiori en donnant l’alerte
  • Le temps est très court entre le message d’alerte et la mort. Quand Dani téléphone et tombe sur le répondeur, tout le monde est déjà mort. De même, la sœur ne lira jamais les messages de réponses. Or, il est impossible que la mort ait succédé directement aux messages d’alerte. Par contre, il est possible que les messages aient été écrit après la mort par le meurtrier avant qu’il s’en aille.
  • La sœur a un casque sur les oreilles, ce qui aurait pu faire qu’elle n’allait pas entendre arriver derrière elle un meurtrier
  • Dani insiste très fortement sur le fait que les messages en ressemblent pas à ce que sa sœur écrit d’habitude

A noter que dans un cas comme celui-ci, on ne va pas faire d’enquête ni d’autopsie. L’autopsie aurait d’ailleurs probablement démontré l’intoxication au CO excepté éventuellement pour la sœur dont on ne sait pas si elle n’a pas d’abord été étouffée.

Par ailleurs, il y a un aspect troublant. Dani est plutôt rassurée par la conversation avec son compagnon. Elle ne croit plus à un drame. On ne la voit PAS téléphoner aux secours. Et, quand elle reçoit l’appel anonyme, elle ne semble pas savoir que cela vient d’eux. Or, les secours ont nécessairement été prévenus par quelqu’un et même sans doute une personne qui savait ce qui s’était passé vu qu’ils ont tout l’équipement nécessaire.

Et les éléments qui me font penser que c’était Pelle :

  • Il en avait besoin pour les conséquences que cela allait avoir (similarité, préparation psychologique, couple)
  • Lors de la scène où Dani téléphone à son copain, la toute première fois, on ne les a pas en visuel ! Et on entend qu’ils ne sont que deux personnes. On sait aussi qu’ils vont bouger. Le film n’insiste pas aussi lourdement sur l’absence d’alibi au moment de la mort par hasard.
  • Pelle est le seul qui tient absolument et de manière très forte à ce que Dani vienne. Elle faisait certainement partie du plan autant que pour les autres mecs. Il le répète à plusieurs reprises et il est celui qui rend décisif sa décision de départ alors qu’elle n’était pas vraiment tentée au moment où elle entre dans la pièce
  • Pelle connaissait les problèmes entre Dani et Christian, il savait qu’elle était fragile, il savait que sa sœur faisait souvent des appels à l’aide et que ça rendait folle Dani. Il le savait parce que ça exaspérait Christian et qu’il ne s’en cachait pas auprès de ses amis
  • Comme on le voit dans la suite, il n’a pas du tout le même rapport à la mort et au meurtre que ne peuvent l’avoir ses compagnons
  • Enfin, même si cela parait étrange à placer dans cette liste, il était vraiment très attiré par elle (on le voit faire un dessin d’elle, qu’il lui cache)

Le miroir avec Pelle

Pelle a perdu ses parents également et il sont morts dans un « incendie ». On suppose très fortement qu’ils sont morts dans un sacrifice pour le Midsommar. Quand on meurt dans un incendie, on meurt plus souvent d’intoxication par les fumées que par le feu lui-même. Cela marque une certaine similarité avec la mort des parents de Dani (le CO est produit par la combustion de l’oxygène comme lors d’un incendie).

Je pense que la mort de la sœur aurait très bien pu être suffisante. Il y a deux raisons pour tuer les parents en même temps :

  • la similarité
  • le danger d’être pris

On sait que le fait de vivre la même chose rapproche les gens entre eux et cela peut être une raison intéressante à cet acte.

Mais, on peut aussi dire que l’injustice énorme d’un tel acte crée de la culpabilité surtout comme il a été réalisé ici. Pelle a pu ressentir cela également quand il était enfant. Mais, chez lui, cela a conduit à légitimer et à défendre l’injustice pour pouvoir vivre avec elle. Et c’est quelque chose qu’il va tenter également de créer chez Dani. Non pas lui apprendre à déculpabiliser mais au contraire lui apprendre à devenir une tueuse.

Les conséquences sur sa relation avec Christian

Sans cet événement, il est presque certain que Christian l’aurait lâchée.

On l’entend dans son premier « je t’aime » au téléphone qu’il lâche exaspéré. On l’entend aussi dans la conversation qu’il a avec un de ses amis. On le voit dans leur non verbal et le faible soutien physique qu’il lui donne. On l’entend enfin dans la justification de ce qu’elle a vécu.

Ce drame a donc été nécessaire à leur départ commun. Si Christian avait rompu, Pelle n’aurait pas pu inviter Dani. S’ils restaient ensemble à cause du drame,  Christian se sentait obligé de l’inviter pour ne pas l’abandonner, bien qu’il n’en ai aucune envie.

La préparation psychologique pour le camp

Elle est complètement perdue. Elle l’était déjà avant le drame, on peut supposer que sa soeur et elle n’aient pas eu la meilleure des enfances. Mais cet événement la perturbe complètement, on peut le comprendre, et ce d’autant plus qu’elle n’a que peu de soutien de son compagnon. Grâce à cela, elle sera dans les meilleures conditions pour être complètement manipulée et s’intégrer complètement dans son nouveau milieu.

Par ailleurs, puisque ses parents sont décédés et qu’elle va perdre son copain, elle n’aura plus aucune attache et pourra décider de vivre là pour toujours (avec Pelle). Ce n’est pas montré dans le film mais on peut supposer qu’elle ne partira plus. D’ailleurs, la mort de ses parents a certainement eu, on en parle pas ou peu mais c’est facile à deviner, comme conséquence également de la déscolariser, ce qui ne fait que diminuer encore les raisons, pour elle, de revenir.

Tout est-il réfléchi ?

J’ai vraiment l’impression que chaque dialogue, chaque plan a du sens. Mais pas seulement, les actions et les personnes qui s’invitent à la fête ne sont pas là par hasard :

  • les sacrificiés femmes sont minoritaires : logique ! Un homme peut féconder dix femmes mais dix hommes ne peuvent pas faire avoir dix bébés en même temps à une femme. Une communauté qui veut survivre doit donc assurer plus de chances de survie aux personnes de sexe féminin.
  • la soeur de Pelle choisit Christian : on peut supposer que le lien de sang a permis à Pelle de convaincre sa soeur d’opérer le choix qui l’arrangeait le mieux afin de rendre jalouse Dani
  • Mark est le mec rustre et irrespectueux par excellence … il était presqu’évident qu’il allait faire une bêtise, d’autant qu’on ne lui dit que peu de chose sur ce qu’il peut ou ne pas faire
  • la réalisation d’une thèse est quelque chose qui peut être tout à fait obsédant et ils ont ici l’occasion de faire un sujet réellement exceptionnel dans leur domaine : cela crée de la compétition et un aveuglement pour les deux personnes les plus intelligentes du groupe. Cela conduit aussi Josh à faire une grave erreur
  • on a déjà tant parlé du cas de Dani qu’on ne va pas le refaire ici mais il est évident que c’est une personne pour laquelle il y a le plus de raisons de penser que ce qui lui arrive est voulu et espéré
  • par Dani (qui reste ?) et Christian, du sang neuf est apporté à la communauté et par les autres morts étrangers, on évite que trop de sang « interne » soit versé

Par contre :

  • je pense que le couple d’étrangers invité par l’autre personne n’était peut-être pas forcément destiné à mourir, ils ne meurent peut-être que parce qu’ils veulent s’en aller et risquent de dénoncer ce qui se passe. Quelques éléments :
    • La veille encore on leur parle très gentiment (même si ça ne veut pas dire grand chose dans cette secte) et tente de les convaincre que ce qui s’est passé est un bonheur
    • Ingemar qui les a invité se sacrifie volontairement. On ne sait pas à quand remonte ce sacrifice mais on peut supposer que les membres ont le choix de trouver du sang extérieur à sacrifier ou de se sacrifier eux-même en échange de leur remplacement. Face à ce choix moral, on aurait les personnes qui ne supporteraient pas de tuer et qui chercheraient alors des personnes idéales pour s’intégrer et ceux qui chercheraient au contraire des personnes ne s’intégrant pas et allant commettre des erreurs

Anthropologie

Le fait que Josh et Christian soient tous les deux des étudiants cherchant à faire une thèse en anthropologie n’est évidemment pas un hasard. Tout anthropologue qui se respecte rêverait de faire ce genre d’expérience (au moins au début) en toute (apparente) sécurité. Ils décrivent une communauté qui semble pure malgré sa contemporanéité, qu’ils peuvent découvrir et visiter de l’intérieur grâce à l’aide d’un local. Et les anciens sont prêts à tout leur expliquer.

Il est possible qu’il y ait eu un vrai espoir que l’un des deux écrivent une thèse et rende la communauté célèbre dans le monde scientifique mais j’avoue ne pas y croire très fort.

Par contre, c’est ce qui me parait le moins réaliste (mais toujours pour autant probable vu le conditionnement), c’est qu’ils viennent étudier une communauté primitive en ne prenant aucune précaution. Sans doute est-ce à cause des sourires affichés et de Pelle mais je me serais attendu à quand même un peu plus de méfiance et à moins de prise de risque. Il est vrai toutefois que l’époque des explorations est tellement ancienne qu’on a peut-être oublié que cela pouvait être dangereux.

Renouvellement du rite

C’est la chose la moins claire du film et à la fois le mensonge le plus évident. Ce rite ne se déroule évidemment pas uniquement tous les 90 ans :

  • Pelle montre des photos avant le départ
  • Il y a beaucoup trop de photos de reines de Mai
  • Si ces parents sont morts durant le rite … la temporalité est impossible

Il me parait pourtant difficile d’imaginer que ce soit organisé tous les ans : les gens qui disparaissent en trop grand nombre finiraient bien par soulever des inquiétudes et provoquer une enquête qui les mènerait là.

Peut-être est-ce organisé tous les neuf ans seulement ? Ce chiffre semble avoir une certaine importance. Ou peut-être est-ce l’ampleur des sacrifices qui ne survient pas chaque année.

Là-dessus, à moins de revoir le film, et encore, je doute, je pense qu’on ne saura jamais vraiment.

Réalisme / horreur

Le réalisme est ce qui rend le film si effrayant. Une fois arrivé, on ne peut plus s’en sortir sans encombre : soit on est sacrifié, soit on s’intègre. J’y ai beaucoup réfléchi en sortant de la salle mais l’isolement géographique de la secte, le fait qu’il n’y ait qu’une seule voiture et qu’ils vivent en autarcie pour la nourriture, pas non plus de réseau de téléphonie mobile GSM et peut-être pas d’électricité, tout cela rend extrêmement difficile de s’en échapper ou même de l’infiltrer sans danger (si la police le voulait).

Je me suis même demandé si les parents n’étaient pas tous tués (en miroir de ce qui est arrivé à Pelle) pour accentuer encore l’intégration des enfants au sein de la communauté : de cette manière, ils la défendent encore plus (pour que la mort ait un sens) et leur attachement finit par se porter sur la secte toute entière. Toutefois, le simple fait de tuer les pères ou de confier les enfants à toutes les personnes de sexe féminin serait peut-être déjà suffisant pour obtenir un effet similaire. Et même cela n’est pas indispensable.

Plaçons nous un moment dans la peau d’un invité. A un moment, on se rend compte qu’il se passe quelque chose de louche et qu’il faut s’échapper en douceur. D’abord, la nuit est très courte donc une évasion discrète ne peut se produire que pendant une heure ou deux maximum. Mais, même si on admets qu’il n’y a pas de garde et que tout le monde dort vraiment (ce qui n’est pas invraisemblable), on va devoir partir à pied !

Et là, soit on prend le sentier par lequel on est venu (et on peut être repris plus facilement), soit on pars au hasard dans la forêt (avec le risque de voir un ours ou surtout de se perdre). Mais rappelons déjà que la plupart des invités sont des jeunes branchés et citadins qui ne sont pas du tout à l’aise pour s’en sortir et survivre dans la nature.

Enfin, on arrive au « pré campement » où les voitures ont été laissée. Admettons que personne ne soit venu les déplacer au début des festivités. D’autres personnes ont peut-être déjà pris un chemin beaucoup plus court pour nous retrouver (rien ne dit que le campement ne se trouve pas juste à côté et qu’on ne nous a pas fait marcher des heures pour accentuer l’isolement).

Mais même s’il n’y a personne … Il faut les clés ! Et elles ne sont pas accrochées au volant ! De même qu’elles ont pu être dérobées en douce ou que l’essence a pu être retirée ! Il faudrait donc beaucoup de chance pour pouvoir reprendre la voiture et s’en aller. Mais eux disposent aussi d’une voiture (il y en a deux au moins au début de l’aventure) et peuvent nous rattraper. Ils peuvent même nous rattraper à l’autre bout du monde s’ils le veulent.

Sans l’hypothèse voiture, il faudrait marcher des dizaines ou des centaines de kilomètres dans la nature sans se faire repérer et en survivant (trouver à boire semble facile dans cette nature préservée, trouver à manger un peu moins, quand à dormir en paix …).

Dans tous les cas, on ne connait pas la langue, ce qui handicape pas mal également.

Je pense vraiment qu’il faudrait une chance sur cent ou sur mille pour s’échapper et dénoncer la secte. Et le pire à dénoncer (les suicides n’étant pas ce qu’on puisse reprocher de plus grave si on les considère comme volontaires) ne se produit que tout à la fin à un moment où on a toutes les chances d’être mort.

Quelqu’un de l’intérieur pourrait la faire se détruire mais l’endoctrinement est là pour l’empêcher. Sans compter qu’un enfant qui poserait trop de questions serait sans doute sacrifié. Ce n’est pas forcément anodin que les deux « volontaires » aient vécu à l’extérieur.

Bref, quand on pense à tout ça, l’aspect claustrophobique qui rend le piège effrayant n’est que plus fort encore. Cet aspect étant lui-même renforcé par la contradiction de la lumière tout le temps apparente (rare dans un film d’horreur), par les sourires et bonheurs tant affichés et par cette communauté dont les mauvais aspects ne peuvent décemment pas nous en faire une vraie utopie. Le son liant tout cela dans une recette parfaitement maitrisée.

Conclusion courte

J’ai énormément aimé ce film très dérangeant et original. Je comprends qu’il divise fortement, cela dit, et que ceux qui sont habitués à autre chose dans le genre peuvent ne pas aimer. L’aspect graphique est dérangeant à certains moments mais c’est surtout l’ambiance lente et claustrophobique qui crée l’horreur et tout le monde n’est plus forcément habitué à ça.

J’espère qu’il sera diffusé au Ramdam Festival de Tournai car il serait parfait dans sa programmation. De même, j’espère des récompenses pour une oeuvre atypique et qui le mérite amplement.

Voir plus loin

J’ai trouvé cette critique intéressante :

Papyrus série BD de Lucien De Gieter

J’ai récemment acheté les titres de la collection Papyrus qui me manquaient. Cette collection avait été entamée il y a tellement longtemps (par mes grands frères) que je m’étonne moi-même d’avoir attendu autant de temps pour la terminer.

C’est peut-être l’occasion de revenir ici sur cette série.

Interview

Je voulais publier une petite interview de l’équipe Com de Dupuis et je leur avais envoyé quelques questions par écrit (en avril) mais je n’ai reçu aucune réponse en retour (rien, pas même une fin de non recevoir ou des réponses partielles). Je ne trouve pas cela très professionnel.

Cela dit, voici les questions et je vais y ajouter quelques commentaires :

Il semble que Papyrus devienne très difficile à trouver en librairie, avez-vous décidé d’arrêter son impression et sa diffusion ? Si oui, est-ce une décision définitive ou est-ce seulement fait pour laisser de la place aux futures intégrales qui étaient prévues ?

Sur le site de Dupuis, il est indiqué qu’une intégrale est à l’étude mais aucune décision n’est encore prise.

Actuellement, les numéros indiqués comme épuisés par la maison d’édition sont les suivants : 2 à 4, 6, 8 à 12, 14 à 15, 17, 21 à 22, 27 à 30.

Cela représente plus de la moitié de la série et cela va sans doute s’aggraver rapidement.

En librairie d’occasion, on ne reprend plus de papyrus et on les revend parfois à des prix très bas (ce dont j’ai bénéficié pour arriver à terminer ma collection).

Il y a des signes que cette série est sur la fin et je trouve cela triste. En BD, ce qui ne se vend plus est vraiment en train de mourir car le numérique n’est pas là pour prolonger la vie des œuvres.

Combien d’albums de Papyrus avez-vous vendus jusqu’à ce jour, environ ?

Je suis vraiment très curieux, ça m’aiderait à mieux connaitre la base de fans. Même si il est évident qu’en 40 ans, un certain nombre de lecteurs originaux n’a sans doute jamais terminé la série et qu’il y a donc eu un gros renouvellement permanent.

Même si je suis critique sur l’arrêt de la publication, il est vrai aussi que cette série a été soutenue durant quarante ans, ce qui est énorme et pas commun.

Envisagez-vous un spin-off ou une reprise de la série ? Par exemple, Papyrus adulte ou la vie d’un personnage secondaire ?

Je suis toujours critique quand une série est reprise par un nouvel auteur. Je déteste cela. Sauf peut-être quand la série n’a jamais vraiment appartenu à son auteur. Il faut avouer par exemple que Spirou a connu de belles choses sous des plumes différentes (quoique je me suis toujours refusé de lire ce qui a suivi Tome et Janry).

Mais, prolonger Papyrus avec un nouvel auteur et un tout autre style, peut-être plus adulte et plus en accord avec son temps, pourrait donner quelque chose d’intéressant. Je serais curieux de voir ça !

Ce qu’il faudrait garder :

– le thème de l’Egypte (évidemment)

– le côté pédagogique pour continuer à apprendre

– un dessin qui fait rêver (je pense que plus que tout, c’est ce qui m’a attiré dans cette série)

– du fantastique / magique / onirique … mais en évitant le grotesque qu’a parfois emprunté la série. Je pense qu’il faut vraiment trouver un meilleur point d’équilibre à ce propos.

Ce qu’il faut clairement améliorer :

– des scénarios mieux travaillés et surtout plus égaux les uns par rapport aux autres (j’ai parfois eu l’impression que certains albums se lisaient beaucoup plus vite que d’autres, que certains avaient vraiment trop de facilités dans le scénario ; c’est sans doute ce qui m’a le plus empêché d’acheter les derniers albums au prix du neuf : je savais que plus une série avance dans le temps et plus il y a de chance qu’on ne retrouve plus les albums qui nous avaient tant fait rêver du début et, pire encore, on a nous même vieilli et sommes devenus plus exigeants).

Petit exercice pour imaginer cette suite :

Au premier album, on retrouve Papyrus qui s’endort et qui rêve qu’il est prince. Ceci est un petit clin d’œil au dernier album et une bonne manière de recommencer. Tous les autres albums qui suivront feront partie de ses rêves.

Les aventures seront plus adultes comme dans Largo Winch ou Treize, ce qui veut dire que dés la base, on aura un héros qui sera aventurier ET sexué.

Un ou une compagnon de route assurera la partie humour. On aurait plus forcément un personne comme Théti-Chéri à ses côtés.

Pour le reste, l’imagination du scénariste laisse la place à tellement d’aventures possibles … mais en essayant que la partie magique ne prenne pas trop de place. Je veux des aventures trépidantes, par moment drôles et qui fassent rêver (le plus important). Je veux qu’on puisse refermer et prolonger dans nos rêves les songes de Papyrus. Qu’on puisse le faire car tout cela nous paraitra suffisamment solide pour pouvoir être vécu et suffisamment intéressant pour le vouloir également.

Y a-t-il un projet de long métrage ?

Je trouve ça dingue, d’une certaine manière, qu’on ait adapté quantité de titres de chez Dupuis mais que Papyrus n’ait jamais été envisagé. Avec un bon budget et un bon scénario, il y aurait de quoi faire quelque chose de vraiment génial. Je suis sur, d’ailleurs que sur les 33 albums, il y en a quelques uns qui ne seraient pas trop difficiles à adapter.

Mon rapport à l’enfance

Je ne sais pas si j’ai aimé Papyrus parce que je m’intéressais à l’Egypte (et à l’antiquité) ou si je me suis intéressé à l’antiquité parce que j’avais lu Papyrus et Alix (deux séries qui étaient là avant ma naissance dans la maison).

Le fait est que j’ai vécu de belles aventures et aimé découvrir ses temples et ses paysages qui me faisaient rêver. L’idée de Papyrus et de Théti Chéri était excellente. Je suis critique sur les albums que j’ai lu plus récemment. Je dois bien avouer qu’ils ne m’ont pas autant donné que ceux lus quand j’étais enfant. Mais c’était une de mes séries préférées et ça je ne le renierai jamais. Aujourd’hui, je suis plus exigeants sur la qualité des scénarios parce que j’ai tout simplement grandi. Mais pour un enfant, cela reste une très bonne expérience.

J’espère que ma fille lira à son tour et y prendra autant de plaisir que j’en ai eu.

Mon expérience de dédicace

Je vous raconte comme cela s’est passé dans mon souvenir. Personne ne pourra contredire et je sais plus que quiconque à quel point nos souvenirs peuvent être parfois très précis sur certaines choses, très flous sur d’autres et même parfois arrangeants avec la réalité. A prendre pour ce que c’est donc. Malheureusement, je ne trouverai personne confirmer ou infirmer parce que j’étais seul et que, pour l’auteur, il n’y en a sans doute aucune mémoire.

C’était du temps où il y avait encore un Festival de la Bande Dessinée à Koksijde à la côte belge (en 1998). J’avais vu que De Gieter était en dédicace et je n’étais qu’un gamin (adolescent quand même) et l’occasion était trop belle (je pense ma toute première dédicace). Alors je me suis acheté une des dernières BD et j’ai été me mettre au bout de la file d’attente. Et j’ai attendu longtemps, longtemps.

L’auteur a dessiné méticuleusement de magnifiques dédicaces à tout le monde. Les dédicaces des grands dessinateurs prennent toujours plus de temps. Puis il y a parfois le cas des personnes qui viennent avec plusieurs BD à faire signer sans trop de respect pour les autres qui attendent.

Vient mon tour et juste à ce moment là, la femme de l’auteur (qui peut-être était impatiente depuis longtemps, les femmes sont comme cela) le presse de partir, que cela a déjà duré trop longtemps (les paroles exactes, je ne m’en souviens plus du tout). Je me souviens juste de l’ado très timide de 14 ans que j’étais à l’époque et qui était à la fois très surpris (j’étais le dernier !) et complètement dépité. Puis j’ai du dire quelques mots, sans m’énerver (je sais que ça ne sert à rien quand on cherche une faveur) et, heureusement, la gentillesse de l’auteur a fait qu’il a pris les quelques minutes supplémentaires pour s’occuper de moi.

Voici le très beau résultat :

Et maintenant ?

Si ma fille en lit quelques-uns et qu’elle accroche, je garde tout.

Si elle n’aime pas, je pense tous les relire et ne garder que les meilleures, celles qui me font vraiment transporter. Le reste, je les donnerai à la ressourcerie (pour être revendus à petits prix) où les placerai en boite à livre de ma commune.

Dans ce dernier cas, j’éditerai l’article pour vous donner ma liste des meilleurs albums (selon moi), ceux qui méritaient de rester dans ma bibliothèque. Ça ne voudra pas dire que les autres seront mauvais mais je ne compte garder que la « crème de la crème », ceux qui sont vraiment exceptionnels.

Liens pour prolonger

Voici quelques interviews de De Gieter retrouvée sur le web et que j’ai trouvé très intéressantes à lire :

La partie du site officiel de Dupuis consacré à la série :

La chaine Youtube avec tous les dessins animés :

En vrac de la télé (1)

Comme d’habitude dans les articles « en vrac », on parle de beaucoup mais pas profondément.

Séries

Je ne spoile pas ni ne dévoile de trop.

Sachez que ce sont des séries que j’ai aimé regarder ces derniers mois (sachant que je ne suis pas fan de séries à la base). Je les présente en quelques mots et je vous invite à les découvrir si le cœur vous en dit. La plupart ont été vues sur BeTV et certaines sont encore diffusées en ce moment. Un certain nombre ne sont que des mini-séries, genre que j’affectionne particulièrement tant je déteste les séries qui trainent en longueur et finissent par tomber dans la médiocrité toujours plus profonde à chaque nouvelle saison / épisode (qui a dit Walking Dead ?).

Mr Mercedes

La chanson du générique de début donne le ton. En dix épisodes (je n’ai vu que la première saison, la deuxième commence seulement à être disponible), on voit évoluer une enquête sur un événement grave qui a changé la vie d’un policier. Ce policier, aujourd’hui à la retraite, est le principal atout de la série : il est bourru, drôle, attachant, maladroit, sympathique (et un peu alcoolique). Même si c’est inspiré d’une oeuvre de Stephen King, il n’y a pas de fantastique ici.

Je ne peux m’empêcher de vous mettre la musique du générique :

Getting On

Série télévisée probablement pas si éloignée du réel, malheureusement, et en même temps, c’est ce qui la rend drôle. En se moquant de la bureaucratie et du nouveau management appliqués au monde hospitalier, on rit souvent pour ne pas pleurer. Evidemment, cela se passe aux Etats-Unis où le système d’assurance maladie imparfait qu’ils ont là-bas rajoute encore un peu de piquant.

Pour en savoir plus : https://www.lemonde.fr/blog/seriestv/2013/11/25/getting-on-prometteuse-adaptation/

Sally4ever

Pitch en très résumé : c’est l’histoire de Sally et de tous les tarés qui l’entoure. C’est vraiment drôle. Et en même temps complètement givré et « What The Fuck ». Il y a des moments où on est gênés, on ne sait quoi penser, on a presqu’envie de vomir. Mais au final, on a adoré. Âmes sensibles s’abstenir et je préfère prévenir : on voit du vomi, de la drogue et des  excréments. Cela va en empirant avec les derniers épisodes parfois presqu’insoutenables par moment (on ne vous en voudra pas de détourner les yeux …).

C’est l’incongru et cet humour malaisant et british qui fait le sel de la série et c’est cela qui nous a donné envie de tout voir en entier mais je ne sais pas, par contre, si on est prêt de revoir les épisodes de si tôt. Cela commence relativement soft et c’est de pire en pire du point de vue tabous (notamment scatologiques) comme déjà dit juste avant. Je suis tombé dessus par hasard et je n’ai pas décroché. Voyez les deux premiers épisodes et vous saurez si cela peut vous plaire.

Je n’ai qu’une chose à dire, c’est que cela peut être vraiment très drôle et en même temps, cela n’est clairement pas pour tout le monde.

D’autres avis :

The Lawyer

Ici, on quitte l’humour scabreux ou bizarre pour arriver dans une histoire d’enquête policière et de mafia en Scandinavie (c’est un peu la région à la mode pour cela).

La série n’est pas exceptionnelle mais j’ai passé un bon moment à la regarder et, l’essentiel sans doute, je me suis assez bien identifié au héros. Pas ici d’histoire d’avocats comme on en a l’habitude (plaidoiries) mais plutôt des histoires de familles pas toutes nettes. Des hommes ni tout blancs ni tout noirs.

Irresponsable

Série française !

Irresponsable est très drôle et met en scène un héros complètement … irresponsable et tellement humain et touchant en même temps. J’aime énormément les histoires de loosers … je m’identifie plus facilement à un humain raté qu’à un super héros.

Ici, on a une histoire très légère sur deux saisons (pour le moment) comme on aimerait en voir plus souvent.

Le héros a eu une aventure adolescente amoureuse il y a de cela très longtemps. Mais son amoureuse a disparu presque du jour au lendemain et son cœur ne s’en est jamais vraiment remis. Quinze ans (ou un peu plus) plus tard, la jeune fille le retrouve et l’invite au restaurant pour lui annoncer une nouvelle renversante : il est père !

De cela s’ensuit toutes des aventures où il essaye difficilement d’assumer enfin sa paternité et d’être plus mature tout en espérant reconquérir celle qu’il aime. C’est bien écrit, léger et on rigole beaucoup. Cela se regarde très vite, aussi.

Vernon Subutex

Série française, là encore ! Je le dis parce que ce n’est pas si fréquent de passer du bon temps devant les productions hexagonales. Adaptation (parait-il assez libre) d’une série de romans de Virginie Despentes.

Aussitôt vu, aussitôt j’ai eu envie de revoir tous les 9 épisodes encore une fois.

Incontestablement, le point le plus positif de la série est sa musique très réussie. Puis, c’est aussi l’ambiance. On est dans un monde d’humains imparfaits et on s’y sent bien. Si on se sent plus proche de ceux qui souffrent et luttent que de ceux qui ont toujours eu tout cuit dans leur bouche comme des moineaux, alors on se sent dans son élément dans cette série.

C’est aussi une saga sur le temps qui passe et sépare les vieux amis. Je pense que si vous avez lu et aimé les romans, vous pouvez quand même tester la série car elle est, parait-il, assez originale et surtout, parce qu’elle est parfaitement adaptée à son support et offre donc surement une expérience unique et différente des livres.

Baron noir

C’est une série que je n’ai pas vu récemment (une nouvelle saison tous les deux ans environ et la dernière n’est pas encore arrivée) mais dont j’attends le retour (saison 3) avec impatience. Sur la politique française avec un Kad Merad excellent.

Billions (saison 4)

De saison en saison, c’est une valeur sûre.

Un scénario bien construit, bien écrit et toujours un peu surprenant. Bien malin qui pourra dire où cela finira et où cela nous mènera au dernier épisode de la dernière saison. Je ne sais pas combien de saisons il reste mais je ne suis toujours pas lassé après quatre saisons pleines et j’espère que la bonne qualité se maintiendra jusqu’à la fin.

J’imagine et je crois que tout est déjà écrit.

Un grand atout est que le casting est excellent. La prestation de Paul Giamatti, particulièrement, fait beaucoup. Son personnage n’est certes pas toujours tout à fait droit ou moral, mais cela reste, je trouve une des personnes les plus appréciables du monde de Billions. Même s’il dévie régulièrement un peu du droit chemin, il ne le fait pas uniquement pour le pouvoir et n’est pas vraiment intéressé par l’argent (facile quand on est riche de naissance). Il a un chemin tracé et le suit jusqu’au bout.

J’ai hâte de connaitre la fin et de savoir qui seront les gagnants et les perdants.

Escape at Dannemora

Alors là, c’est beaucoup plus sombre. Pas sûr que tout le monde aimera.

L’histoire de prisonniers et de gardiens de prisons dans une centre pénitentiaire merdique des états-unis.

Une évasion avec peu d’intelligence des deux côtés mais beaucoup de faiblesse humaine. Pas beaucoup d’humour. Mais l’humanité sale et bête.

On a tous nos faiblesses béantes et on est tous victimes de celle des autres. Et malgré cela, le monde tourne. Alors quand je regarde cette série, je ne ressens pas des émotions magnifiques mais je suis quand même un peu hypnotisé par ce reflet des plus mauvais côtés de la société dans laquelle on évolue.

Si vous ne voulez pas être spoilé pour la dernière saison de GoT, vous pouvez arrêter votre lecture ici, c’est la dernière série dont je parle.

Game Of Thrones (saison 8)

Je fais partie des rares qui ont aimé cette série de la première à la dernière saison.

Je pense que les nombreuses critiques de ce final finiront par s’apaiser avec le temps. Rien qu’en revoyant les premières saisons (par ailleurs assez similaires et denses aux dernières), on se rend compte que tout était déjà prémédité dès le début. En ce sens, invoquer qu’on ait fait n’importe quoi de l’oeuvre de George Martin me fait rire. Je ne pense vraiment pas qu’on ait dévoyé son travail ou sa volonté.

Pour le reste, j’ai décidé de créer un article à part où je réponds à diverses critiques négatives sur la fin de série :

Article rapide en réponse aux critiques sur la fin de GoT

Films

L’article est déjà assez long … Peut-être pour le prochain « en vrac ». 😉

Game of Thrones Saison 8, réponse aux critiques (article court)

A ne pas lire si vous n’avez pas encore vu la fin de la série ! Je ne spoile pas totalement mais certainement déjà de trop.

Il y aurait tant à dire sur cette huitième saison mais on va juste reprendre quelques critiques qui ont été faites et donner un commentaire en quelques mots à leur propos :

On ne combat pas dos à une citadelle

Alors, en fait, il y a plein de bonnes raisons pour combattre dos à une citadelle et c’est notamment le cas quand on ne veut pas supporter un siège.

Winterfell n’a pas de douves et doit faire face à un nombre énorme de marcheurs blancs. Personnellement, vu les forces en présence, je les estime entre cent et deux cent milles, la plupart ne sont pas armés ou sont de mauvais combattants mais le nombre épuise les défenseurs. Il faut donc en tuer un maximum dés qu’ils arrivent et la stratégie expliquée par Brienne ne paraissait pas si mauvaise avant coup (après, c’est facile). Ne pas oublier que personne ne sait vraiment à quoi s’attendre.

Par ailleurs, comme on l’a vu à la bataille de la Nera (ceci, c’est plutôt pour le siège de Port-Real), il n’est pas si difficile de pénétrer à l’intérieur d’une forteresse donc il est très important de tenir les portes.

Je le répète, et c’est commun aux deux batailles, les défenseurs ne cherchaient pas épuiser les assiégeurs, ils cherchaient à les affaiblir et à les tuer. Et il y a des contingences logistiques. A Winterfell, il y a très peu de ravitaillement, donc il faut tuer le plus vite possible un maximum d’ennemis. A Port Réal, seule la compagnie dorée est dehors et ce sont des mercenaires dont on se fout de la vie. Et s’ils arrivent à affaiblir rapidement l’ennemi, le siège ne pourra plus se tenir.

Pourquoi envoyer les dohtrakis à l’assaut ?

Et pourquoi pas ? D’abord, cela fait des images magnifiques. Ensuite, ce sont des guerriers qui n’ont appris que ce genre de combat en force. Enfin, rien ne dit que leurs épées ne permettent pas de tuer des marcheurs blancs. D’abord, ils viennent d’Essos et je ne suis pas sur que leurs épées ne soient pas faites en acier valérien. Ensuite, on voit assez mal et elles pourraient très bien être faites en verdragon. Enfin, les marcheurs blanc ne sont tués que par certain type d’arme mais quand ils sont décapités, ils sont quand même affaiblis.

Cela dit, autant je comprends qu’on les envoie charger (des chevaux ne servent à rien pour défendre) autant je ne suis pas sur pour leurs armes.

Les dragons ont des performances trop variables

Quand un dragon, affaiblit et déjà blessé à la base !, est tué, c’est par surprise et les bateaux assaillants ont le bon angle. En plus, il n’est pas dirigé par Jon. C’est l’excès de confiance de la part des targaryens qui a fait qu’ils ont pu l’avoir.

Quand Dany détruit tous les engins de défense et la flotte de Port Royal, elle a eu le temps de réfléchir, de se préparer et elle peut prendre les bons angles d’attaque. Par ailleurs, les défenseurs ont équipé l’entièreté des murailles avec les balistes mais elles sont très lourdes à manœuvrer et elles ne peuvent couvrir tous les angles donc il y a perte de temps pour pouvoir viser quand le dragon, s’il est prêt vole très vite. Les Lannister ont été trop confiants dans l’édification de leurs défenses (ce qui est cohérent avec le fait que Cerseï n’a quasiment jamais fait que des mauvais choix stratégiques et tactiques). Ils auraient peut-être dû équiper uniquement les alentours du Donjon Rouge avec du coup beaucoup plus d’angles assurés avec le même nombre de machines sans devoir trop bouger. Mais cela aurait fait du cœur du pouvoir une cible beaucoup plus évidente et directe.

Daenarys n’est pas cohérente

Non, non et non. Regardez toutes les saisons précédentes et tout vous paraitra tellement évident. Combien de fois ne menace pas-t-elle de tout réduire en flammes ? Son caractère colérique, impulsif n’est pas du tout neuf … et est totalement constant. Par ailleurs, plus elle a de pouvoir et moins elle écoute ses conseillers et plus elle prend confiance en elle et devient fasciste.

Je pense que les fans, et ils ont été nombreux, de son personnage ont complètement occulté et excusé tous ses côtés négatifs, exactement comme Tyrion le dit tout à la fin, d’ailleurs. Du coup, la trahison parait arriver d’un seul coup, mais ce n’est dû qu’à un aveuglement très long et au déni.

Par ailleurs, les circonstances de la dernière saison et sa paranoïa qui n’a cessé de grandir au fil des trahisons expliquent aussi beaucoup de ce qui se passe (la menace de John et son refus d’assumer un amour incestueux).

Enfin, le message de la série était depuis le départ de se méfier des bons Rois qui revendiquent leur trône par un droit divin et de par leur naissance. Et qui prétendent faire le bien aux autres et aux plus faibles, même malgré eux. Parfois, ils se transforment en fascistes sanguinaires qui préfèrent encore changer le monde (faire table rase et partir sur du neuf !) que de changer leur vision du monde et admettre qu’ils ont pu avoir tort ou que le monde n’a pas nécessairement besoin d’eux.

Il n’y a pas de révolution ni de démocratie

On me dit que tout revient comme avant ? Et pourtant, on abandonne l’hérédité, on a un Roi qui abandonne autant le pouvoir symbolique que réel et personne ne le manipule en sous main. Le Roi est choisi par l’ensemble des Royaumes. Les Royaumes peuvent choisir de partir sans que cela ne crée de guerre et la défense de la capitale n’est plus effectuée par une armée aux mains d’une famille (même si c’est un peu très très bizarre de voir les Dothrakis s’en charger). Enfin, il y a aussi le fameux trône de fer qui disparait et le seul trône qui existe encore est un fauteuil roulant (très symbolique). Le Roi n’a plus les attributs de la puissance et il est respecté pour sa connaissance et non plus pour sa force brute.

La scène avec Sam qui propose une forme extrême de démocratie (le suffrage universel) est là aussi pour nous montrer qu’on ne passe d’une extrême avec l’autre si facilement (surtout que la population est en grande partie non éduquée). Ce qu’on obtient est bien une révolution mais une révolution durable et surtout le meilleur de ce qui pouvait être obtenu à ce moment là.

Arya qui tue le Roi de la Nuit

Elle ne se télétransporte pas ! L’arbre sacré est protégé au moins partiellement par les murailles et il y a des passages secrets. On en parle d’ailleurs quand Théon est assiégé par le bâtard des Bolton. Donc pour moi, son apparition est tout à fait crédible. D’autant plus qu’elle a appris tout au long des saisons à se battre à la perfection et à se glisser tel un ninja. A noter que les concepteurs de la série savaient depuis toujours que ce serait elle qui tuerait le Roi de la Nuit. Le « not today » n’est qu’un rappel d’un épisode d’une des premières saisons et tout son parcours a été fait dans ce but là. C’était LA tueuse de méchants et il était parfaitement logique que ce soit elle qui oeuvre.

Les prophéties ne se réalisent pas

Alors là, en revoyant les premières saisons, j’ai été plutôt étonné mais énormément de choses qui sont dites comme allant se réaliser se révèlent vraies. Par exemple à propos de Cerseï qui va être remplacée par une plus jeune (même si ce n’est que pour quelques heures) ou même le rêve que Daenerys fait dans la tour de la cité Quarth. On la voit avec de la cendre qui tombe (qu’on pouvait prendre pour de la neige) et elle carresse le trône mais ne s’y assoit pas.

Après, on constate clairement que la « dame en rouge » se trompe à de nombreuses reprises mais peut-être est-ce, comme elle le dit, parce que les signes sont flous et qu’elle n’arrive pas à les interpréter. C’est un peu le piège avec les prophéties, c’est un peu comme avec les voeux d’un génie (qui peuvent se révéler dangereux). Ce qu’elles expriment ne dit pas toujours ce qu’elles n’expriment pas ou ce qui est sous-entendu. Elle ne donne qu’une partie de la vérité. Notre imagination limité fait le reste mais il est souvent impossible de les comprendre et d’anticiper tout ce qui va réellement arriver.

Une prophétie a autant de valeur que la personne qui la dit a de compétences et que la personne qui l’entend est capable de comprendre. Or, on a tous nos préjugés et même en face d’une vérité évidente, on peut être dans le déni.

La fin de Cersei est nulle et pas appropriée

J’imagine que certains auraient préféré la voir torturée ou mourir de manière crade. Je n’ai pas ce genre de penchant même si j’admets que la fin de Ramsey Bolton m’a fait plaisir (mais ce fut clairement le méchant le plus sadique et immoral de la série).

Pourtant, elle qui fut si fière et arrogante toute sa vie, elle qui est restée au balcon du Donjon Rouge pour défier Dany jusqu’au dernier moment, elle qui n’a pas hésité à intriguer (même si ce ne fut pas toujours fait très intelligemment) tout au long de la série se retrouve en petite chose fragile qui pleure et qui se retrouve écrasée par les pierres du Donjon Rouge symbolisant ce pouvoir qui était bien trop lourd pour ses épaules. Ecrasée en fuyant !

Et ce que j’aime aussi, c’est que cette fin nous la montre dans son côté le plus vulnérable et le plus humain. Il fallait absolument nous montrer ça ! Elle qui avait même résisté sans faillir à l’humiliation des moineaux est là à pleurer car elle comprend que sa fin est imminente, qu’elle a trop tardé et qu’elle ne pourra plus se sauver ni sauver la seule chose qui compte pour elle : son enfant.

Avec la musique derrière qui était parfaite, j’ai vraiment trouvé ce moment magnifique et approprié.

Et puis, je pense qu’elle ne méritait pas un châtiment sadique sachant qu’elle réprouvait elle-même et était dégoûtée de la cruauté de son fils ainé.

Enfin, certains regrettent sans doute qu’Arya ne l’ait pas tuée. Pourtant, c’est moralement une bonne chose qu’elle abandonne sa vengeance et qu’elle laisse d’autres s’en occuper à sa place. Oui, on était content de la voir s’occuper de Walder Frey, par exemple, mais au final, si elle retient cette leçon et laisse tomber Cerseï, c’est une bonne chose surtout qu’elle va quand même mourir. Et ça nous donne cette scène magnifique entre le limier et elle, pleine d’une tendresse magnifique envers celui qui a été un père pour elle.

Une vidéo à voir

Je ne résiste pas à l’envie de partager cette super chouette parodie musicale du roi de la nuit sur un air de « I just died in your arms tonight’ :

Lectures en vrac – mars 2019

Cet article était prévu pour janvier mais a pris un peu de retard.

La domination masculine n’existe pas, livre de Peggy Sastre

Livre fascinant qui aurait peut-être gagné à avoir un titre un peu différent. En effet, ce que l’auteure dit n’est pas tant qu’il n’y ait pas de domination masculine mais plutôt qu’il n’y a pas de complot masculin. Elle dénie plus la théorie des mâles organisés pour maintenir une sorte de patriarcat à leur avantage que l’existence d’avantages à être hommes dans un certain nombre de cas.

Une fois cela dit, le livre est vraiment très rigoureux et intéressant. On est ici face à un ouvrage scientifique rendu accessible au plus grand nombre. Il se lit très bien et très vite et on apprend sans devoir connaitre le jargon du milieu.

A travers le prisme de l’évolution, et sans pour autant rechercher des « coupables », l’auteure s’intéresse factuellement à ce qui se passe dans notre société sous le prisme de l’évolution. Une fois bien dans le livre, on peut alors apprécier un monde qui n’est pas noir et blanc mais qui au contraire associe les femmes et les hommes dans ce qu’ils vivent et les raisons de leurs désirs et comportements.

Comme elle le dit très bien, si on ne fait pas le bon diagnostic, on ne peut pas agir efficacement pour changer les choses, cela d’autant plus que le changement des comportements est quelque chose qui doit s’apprécier sur plusieurs générations.

C’est un livre que je recommande à tous mais particulièrement à ceux qui s’intéressent aux relations entre les hommes et les femmes.

Les dossiers Kennedy, BD de Erik Varekamp et Mick Peet

Ce n’est « que » le premier tome d’une série.

Pas grand chose à dire sinon que le destin de la famille Kennedy est encore plus inattendu qu’espéré. Attendez peut-être toutefois que tous les tomes soient sortis avant d’en faire l’achat. Car, sinon, comme moi, vous en resterez sur votre faim.

La fantaisie des Dieux, BD de Hippolyte et Patrick de Saint-Exupéry

Le génocide au Rwanda fait partie de mes thèmes d’intérêt. Comment l’humain a-t-il pu être capable de tels crimes ? Cette BD, bien que française, ne fait pas l’excuse des fautes de l’état français et semble au contraire assez proche de la réalité.

J’ai aimé la lire. Je pense qu’elle peut figurer dans la bibliothèque de toute personne qui s’intéresse au sujet.

Moi René Tardi prisonnier de guerre au StalagIIB, BD de Tardi

Beaucoup d’entre nous ont eu quelqu’un dans leur famille qui a connu les camps de prisonniers allemands, les fameux Stalag. Ils n’en sont pas toujours revenus intacts, sans colère ou sans amertume. Dans cette BD en trois tomes à la fois passionnante et émouvante, c’est l’histoire du père de Tardi et de ses souvenirs précis qu’on peut approcher. Mais à travers elle, je n’en doute pas, celle aussi de nombreux anciens combattants dont certains sont encore vivants ou ont encore des enfants, des veuves, etc En cette période troublée, je recommande chaudement cette lecture parue chez Casterman. Aussitôt reçue, aussitôt lue.

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Le chômeur et sa belle, BD (2 tomes) de Jacques Louis

J’ai rencontré l’auteur il y a maintenant onze ou douze ans environ.

A l’époque, il avait déjà le projet de se faire éditer et je me souviens qu’il m’avait parlé de roudoudou et petites bouclées : je l’avais noté sur un papier pour me souvenir d’aller voir et je me suis abonné à son blog.

J’ai trouvé en occasion le tome 1 et aussitôt commandé le tome 2 après l’avoir lu.

Ça fait longtemps que son blog n’est plus mis à jour (voir n’existe plus) et avoir cet objet physique dans ma bibliothèque au côté des autres chouettes auteurs qui ont fait leurs gammes sur la toile est un vrai plaisir. Je ne m’en séparerai surement pas même si je suis content que quelqu’un d’autre l’ait fait et m’ait permis de redécouvrir ce petit univers familial.

C’est sympathique, émouvant parfois, drôle. Dommage, ça s’est arrêté après deux tomes. Un troisième avec les enfants aurait pourtant été l’aboutissement idéal d’une trilogie originale.

Le voyage de Marcel Grob, BD de Philippe Collin et Sébastien Goethals

Encore un livre sur la seconde guerre mondiale … Et pourtant, comme tous ceux que je vous partage sur le blog, son point de vue est toujours original par rapport à ceux qui ont déjà été lus.

Dans celui-ci, on suit le parcours d’un jeune incorporé d’office (sinon, risques de représailles sur la famille) dans la SS et qui vivra l’horreur sur le front italien. Une horreur qu’il subit autant qu’il en est acteur.

L’auteur incorpore cela dans une fiction où un procès se joue. Je suis perplexe par rapport à ce procédé sans qu’il me pose réellement problème.

Depuis que j’ai un bébé …, BD de Leslie Plée

Ce livre est, pour moi, un « must have » de tout futur parent, certainement bien plus utile ET bien plus drôle que quantité d’autres oeuvres proposées sur le marché.

Voici, en un peu modifié, ce que j’en disais à des amis à qui je l’ai offert avec plaisir :

J’ai bouffé quelques livres sur la parentalité. Il y en a que j’ai acheté et jamais lu. D’autres que j’ai lu et pas apprécié. Certains qui étaient pas mal, oui, mais au final, ne m’ont pas tant que ça aidé. Il y a ceux à la mode (quasi sectaire) et recommandés mais que je ne recommande pas. Par exemple : Isabelle Filiozat. Sous un vernis soit-disant scientifique, c’est complètement idéologique, culpabilisant, irréaliste et manipulateur.

Surtout, ça a l’air beau et parfait mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. J’avais le projet d’écrire un article là-dessus en voyant des adeptes faire leur sermon sur une publication facebook (c’était hard, et je voulais le dénoncer).

Puis, il y a ce livre qui précisément ne prétend pas vous dire comment vous devez faire. C’est vrai que beaucoup de parents veulent être aidés et finissent par demander à leur pédiatre jusqu’à l’éducation qu’ils doivent donner. Mais ce livre rappelle des notions évidentes mais tellement oubliées :

  1. Chaque enfant est différent
  2. Ça va être dur, très dur
  3. Vous allez parfois détester votre enfant, et ce n’est pas un drame
  4. Un jour, ça va passer, quel que soit votre malheur, votre enfant finira par grandir, évoluer, etc … Et souvent quand vous aurez touché le fond, pleuré toutes les larmes de votre corps, ben ça finit toujours par aller mieux
  5. Fuyez ceux qui cherchent à vous dire comment faire et à vous culpabiliser, vous êtes les seuls à savoir ce qui est bon pour votre enfant. Vous devez l’élever à deux et suivre votre instinct, écouter les conseils et prendre des renseignements à diverses sources mais ne pas se laisser commander

J’aurais aimé lire ça avant d’être parent. C’est une bouffée d’humour (je n’insiste peut-être pas assez là dessus !) et ça se lit avec plaisir en peu de temps. Vous savez à qui l’offrit en priorité 🙂

Le petit théâtre des opérations, livre de Julien Hervieux

Julien Hervieux est aussi connu sous le pseudonyme de l’Odieux Connard.

Il allie style, pertinence, culture et beaucoup d’humour. En résulte un livre qui se dévore extrêmement vite. La première guerre mondiale ne vous sera pas contée dans tous les détails mais vous connaitrez par contre plein d’anecdotes amusantes et sympathiques.

Vent glacial sur Sarajevo, livre de Guillaume Ancel

Quand les militaires se lâchent et racontent ce qu’ils ont du taire durant tant d’années, c’est toujours intéressant.

Voici un auteur que j’ai découvert parce que je m’intéressais au rôle de la France au Rwanda. Ici il raconte ce que la France a fait, ou n’a pas fait, en ex Yougoslavie et ce n’est pas triste.

Après avoir lu Guillaume Ancel, on a certainement une autre vision du « règne » de François Mitterrand qui fut loin d’être parfait pour son action internationale.

N’hésitez pas à aller lire son blog qui est très précis et documenté.

3096 jours, livre de Natascha Kampusch

Récit palpitant qui se lit de la première à la dernière page comme un thriller.

Si ça avait été une fiction, l’aurait-on trouvé crédible ? (peut-être pas) Et pourtant, tout est vrai. Ce qu’a vécu cette femme, et ce à quoi elle a survécu est juste horrible et elle en sort forte grâce à une personnalité hors norme.

Les dernières pages sont les plus dures à lire. On ne peut se passer de craindre pour elle, même si on connait la fin, parce qu’il ne s’en est fallu que d’un cheveu pour qu’elle ne se fasse rattraper et tuer.

Pour ceux qui l’ignorent, Natascha Kampusch a été enlevée au début de son adolescence et a vécu dans la cave d’un fou parano durant 3096 jours. Un jour, son ravisseur espérant avoir bâti une relation mêlée de crainte et de confiance (il voulait en faire sa femme parfaite dans un modèle d’inspiration nazi), relâche son attention et elle arrive à s’échapper. Il ne sera jamais jugé, ayant préféré se suicider.

Certains lui ont fait remarquer qu’elle avait des propos qui défendaient parfois son ravisseur et l’ont accusé du syndrôme de Stockholm. Elle réfute cela en arguant du fait qu’elle avait simplement de l’empathie et que c’est peut-être d’ailleurs une des qualités qui lui a permis de survivre. Malgré le fait que celui-ci était bel et bien un monstre et un fou, c’est quelque chose que j’ai énormément apprécié dans cette lecture. Malgré qu’elle ait été la première victime de tout ça, elle arrive encore à avoir un recul suffisant pour comprendre la personne humaine en face d’elle, malgré tout ce qu’elle lui a fait vivre.

Plus que l’histoire, c’est bel et bien la personnalité et la force de caractère de N. Kampusch qui m’a le plus fasciné, si on peut oser ce terme pour une histoire pareille.

Sa Majesté des Mouches, livre de William Golding

Sa Majesté des Mouches est un livre qui a connu de multiples illustrations de couvertures mais voici celle que j’ai toujours connue et que j’apprécie le plus :

Introduction

Comme d’habitude avec moi, sinon ce n’est pas intéressant, on va faire des « spoilers » et dévoiler ce qui se dit et se passe dans le roman. Pas d’analyse, même légère, autrement.

Si on regarde la page Wikipedia, cette œuvre a eu une influence considérable sur beaucoup d’auteurs vu le nombre phénoménal d’adaptations plus ou moins fidèles.

Je l’ai découvert en librairie d’occasion durant un de mes séjours à la mer quand j’étais enfant. A la réflexion, je pense que la couverture a fait beaucoup pour m’attirer car, sinon, il était vraiment en mauvais état (la première édition date de 1956 et il aurait pu avoir vingt ans facilement).

Dernièrement, je l’ai relu pour ma fille (huit ans). Je dois avouer que je n’avais qu’un très vague souvenir de l’oeuvre avant de la recommencer sinon j’aurais un peu plus hésité même si au final, elle a aimé (mais elle est bon public).

Une particularité de ce livre, c’est que j’ai toujours eu du mal à en retenir le vrai titre. Généralement, je l’appelle « le seigneur des mouches » sans que je ne me l’explique vraiment. Peut-être est-ce du au titre original qui est « Lord of the flies », soit littéralement justement « le seigneur des mouches » comme si ce titre s’imposait naturellement au récit.

Style et contexte

L’oeuvre utilise un style à la fois très précis et riche en vocabulaire mais sans que ça n’empêche jamais, même pour un jeune enfant, de comprendre tout ce qui se passe.

Sorti en 1956, on  le sent héritier du traumatisme très proche de la seconde guerre mondiale qui vient de se terminer.

Histoire

Résumé

Un avion s’écrase sur une ile déserte (d’humains) avec à son bord uniquement des enfants. Nous sommes à une époque pré technologie où l’absence de boite noire, de satellite, etc … va poser la question de leur survie et de leur récupération de manière bien différente à aujourd’hui.

Pour eux, très rapidement, le seul moyen de s’échapper est d’éveiller l’attention d’un éventuel navire s’approchant des côtes de l’ile avec un feu qu’ils doivent maintenir nuit et jour et alimenter de feuilles pour avoir une fumée bien épaisse.

Ils devront donc commencer par redécouvrir le feu grâce aux lunettes de « Porcinet ». Un gamin intelligent mais que personne n’écoute par manque total de charisme.

Une autre de leur préoccupation va être de créer un semblant de civilisation par une structuration et un chef avec une assemblée où la parole se partage via une conque qu’on se donne d’une personne à l’autre. Toutefois, quand il faut choisir les priorités, entre feu et maintien de l’illusion d’un sauvetage ou chasse court termiste aux animaux de l’ile, le peu d’institution qu’ils ont créé vacille et la force et le plaisir immédiat et sauvage l’emporte.

La viande l’emporte. Celui qui, par la force, arrive à faire couler le sang, animal comme humain, détient désormais le pouvoir et oblige chacun à se soumettre ou à mourir.

Entre les deux, une histoire de monstre aide à créer la panique et à perdre tout sens humain et rationnel. Ce monstre existe d’abord dans l’imagination des plus petits qui doivent faire face à leurs peurs et à l’absence de leurs parents. Il est dans chaque page car, à la première lecture, on ne sait pas vraiment à quoi on a à faire : simple fiction ou roman fantastique.

Le monstre finira par prendre corps via un parachutiste mort et tombé avec son parachute qui se gonfle et qui dans l’ombre de la nuit nourrit tous les fantasmes. Même les plus rationnels finissent par y croire. Et quand un des enfants réalise la vérité, il est tué avant d’avoir pu s’expliquer vraiment ; pris dans la folie sauvage de ses congénères s’exprimant par une danse et une transe tribale.

Pour l’enfant que j’étais, c’était d’autant plus troublant que j’ai pu prendre au premier degré les descriptions de sa majesté des mouches (têtes de cochon qui parlent à un des enfants déjà devenu un peu « barjo »). Pourtant, à ce moment là, on sait déjà, nous le lecteur, que le monstre n’existe pas. Mais les descriptions sont tellement bien faites et prenantes qu’on peut vraiment se prendre au jeu, surtout si on est jeune.

Au final, alors que les enfants ont sombré dans la sauvagerie et n’osent s’opposer à leur nouveau chef (le livre n’est pas si explicite mais on suppose qu’ils ont vu ou été victime de tortures horribles voir de maltraitances sexuelles), le chef du début se retrouve à fuir durant une battue qui a pour objectif certain de le soumettre et pour objectif probable de le tuer voir de le manger. Un incendie ravage même les lieux tant plus personne ne semble garder un sens des proportions.

Dans les tous derniers instants, voilà un adulte qui arrive et qui sonne la fin de la récréation. Nos loups semblent redevenus agneaux et soumis à la posture imposante, et charismatique, qui leur fait face. Il a lui même du mal à reconnaitre les enfants qui sont en face de lui mais qui, on en doute pas, ont déjà recouvré une partie de l’humanité en peu de temps.

Le livre s’arrête alors là et on ne saura jamais vraiment ce qu’ils deviennent ensuite. Ce n’est de toute façon pas le sujet du livre.

Conclusion

Il ne se passe pas tant de choses car on peut résumer en peu de lignes mais les descriptions sont longues. Surtout, cela permet d’insister sur chaque étape qui mène vers l’horreur en les vivant pleinement. Au début, l’histoire semble un rêve. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, bronzer, jouer, se baigner dans une belle eau. Mais cela dérape pour ne plus jamais aller mieux jusqu’à l’arrivée des adultes. Peut-être est-ce la manière dont le livre nous marque si fort. Nous le vivons d’abord comme un immense rêve (plus d’adultes, faire ce que l’on veut, endroit paradisiaque) avant de découvrir le cauchemar. Et les deux extrêmes sont ressentis de manière forte.

Se déshumaniser

Le choix des enfants

Cette fiction nous montre comment des enfants peuvent se déshumaniser totalement en peu de temps et reculer de plusieurs siècles d’évolution.

C’est pour moi une des plus grandes leçons. L’humain évolue certes depuis des milliers d’années mais, dans la vision pessimiste et réaliste de l’auteur, on se rend compte que rien n’est acquis. Notre état sauvage peut revenir en extrêmement peu de temps si l’on y prend garde. Ce n’est évidemment pas un hasard si ce thème est traité si près de la fin de la seconde guerre mondiale et dans un contexte de guerre froide où on estime le « encore pire » toujours possible.

Je ne vais pas trop discuter du choix de prendre des enfants comme protagonistes. Je pense que les enfants sont à la fois plus proche de l’état de nature et plus malléables. Dans un sens positif aussi bien que négatif. Les adultes ne sont jamais que des enfants qui ont grandi et ne sont pas si différents d’eux. Mais, surtout, les enfants ont ce vernis d’innocence qui nous les fait paraitre comme naturellement bons alors que, je pense, c’est bien tout le contraire. L’éducation a son importance. Mais l’usage de non adultes pour le récit permet surtout de choquer plus et de permettre l’identification des jeunes lecteurs, de manière forte, au récit. Peut-être dans une visée éducative.

Les ingrédients

Le récit permet de ressortir plusieurs causes possibles, et cumulables, au changement entre début et fin de l’histoire.

En premier lieu, il y a la perte de l’espoir.

Seuls quelques enfants semblent vraiment accorder une priorité au feu.

Pour la majorité de ceux qui s’en fiche, c’est probablement parce qu’ils perdent vite l’espoir de revoir un jour leurs parents ou famille. Pour la minorité restante qui ne s’en préoccupe pas plus, peut-être parce que cette nouvelle réalité leur semble préférable à ce qu’ils connaissaient avant. Dans cette minorité, je pense surtout au chef chasseur qui se donne une importance qu’il n’aura peut-être plus jamais ensuite et qui le sait très bien.

En deuxième lieu, il y a le charisme.

Le premier chef l’acquière par son caractère de grand et par l’acquisition d’un beau coquillage qui fait un bruit puissant.

Le deuxième l’acquière d’abord par le plaisir de la viande, court termiste (il n’y a pas d’élevage) mais que le rôle de chef des chasseurs lui donne. Il attire tout le monde puis les maintient sous sa coupe par la peur et la violence dans un territoire clos qu’il peut facilement contrôler. En y repensant, je me demande si l’anthropophagie n’est pas partie intégrante du récit mais ma lecture est trop lointaine maintenant pour en être sur.

Le dernier, celui qui les sauve, par sa prestance d’adulte et par l’espoir qu’il redonne de recouvrer la civilisation.

En troisième lieu, il y a le plaisir.

La viande représente ce plaisir tant apprécié et qui fait saliver. A côté de ça, le premier chef n’a rien à apporter car il rappelle les contraintes et les règles. Même dans les premiers instants, les plus joyeux, il est donc un rabat-joie.

En quatrième lieu, il y a, et c’est paradoxal, la nostalgie de la civilisation et l’attrait de son absence.

Le chef des chasseurs leur rappelle cette douce civilisation en leur donnant cette viande qu’il pouvait manger en abondance avant. Mais il leur offre également la possibilité de vivre sans la contrainte du chef « rabat-joie » (adieu le feu à entretenir, les cabanes à construire, les discours pessimistes). Dans un premier temps, son monde parait idéal et un parfait compromis. La violence vient alors tout casser mais il est déjà trop tard car tous sont sous son emprise.

Alors qu’ils sont d’abord attiré par un monde dans lequel ils n’ont plus de contraintes, ils se retrouvent finalement à devoir obéir au doigt et à l’œil à un chef qui leur demande des choses pires encore. L’absence d’obligations n’était qu’une illusion en trompe-l’œil, tôt ou tard il faut payer l’addition.

En cinquième et dernier lieu, il y a le monstre.

Véritable épouvantail et croque mitaine, même les plus grands et les plus rationnels finissent par y croire sans pourtant jamais l’avoir vu clairement. Au final, c’est révélateur, c’est un fou qui finit par découvrir la supercherie mais qui meurt poussé dans le vide par la folie ambiante, littéralement.

La mort

La mort n’est pas absente de l’oeuvre, dés le début, un enfant meurt brûlé par négligence alors qu’ils ont incendié, sans le vouloir, une partie de l’ile.

Ensuite, plusieurs morts, souvent proches de nous, des personnes qu’on suivait, et parmi les « gentils », continuent tout au long du récit. Jusqu’au héros présumé qui est traqué et qui n’échappe que de justesse à son destin promis.

Paradoxalement, si l’espoir de retrouver la civilisation habite notre héros, il n’y a qu’à la fin qu’il s’inquiète véritablement pour sa survie. C’est celui qui est le véritable repère du groupe, le tuteur pour ne pas tomber. C’est celui qui fait le plus pour maintenir un semblant de civilisation. Il ne recherche pas à devenir chef mais cherche à le rester car il sait que c’est le seul moyen de maintenir un espoir de sortie et de vie « humaine ».

C’est peut-être là que je vois la plus grande différence entre les enfants et les adultes.

Si les enfants sont d’abord préoccupés de trouver un sauvetage extérieur, ce qui les rend encore plus à la recherche d’un grand chef providentiel, des adultes auraient probablement d’abord chercher à établir des règles pour simplement survivre. Ce qui ne semble pas la préoccupation principale des rescapés de l’accident d’avion.

Ce qui me touche dans le récit

Je ne me souvenais plus de grand chose avant de réentamer la lecture. Mais je savais que c’était un livre qui m’avait fortement marqué étant enfant et que je voulais relire. Puisque je cherchais un nouveau livre à lire à ma fille, je me suis saisi de l’occasion pour faire d’une pierre deux coups.

Le style est le plus particulier et ce qui, je pense, rebutera le plus les lecteurs d’aujourd’hui. On est plus du tout habitué à un style pareil. Toutefois, je pense que cela fait partie de ce qui m’a accroché. Les nombreuses descriptions nous permettent de nous immerger dans cette ile et d’y vivre comme si on était fantôme caméraman de leurs aventures.

Ensuite, pour moi qui ait toujours eu à la fois une grande sensibilité à la justice et à l’ordre civilisationnel, au fait de pouvoir vivre ensemble sans se faire du mal, ce livre est évidemment une grande claque. Il représente précisément le danger de la société dans laquelle je ne veux pas, aujourd’hui, vivre.

Pour faire un parallèle d’actualité, je pense un peu à la raison pour laquelle je ne suis pas du tout attiré par le mouvement des « Gilets Jaunes ». Derrière leur totale anarchie, même les meilleurs sentiments seront, en cas de révolution, récupérés par les instincts les plus bas et les plus dangereux. Et des gens comme moi, comme Ralph, seront les premières cibles de ce genre de mouvements qui peuvent facilement dériver vers le fascisme et la dictature même si l’esprit n’est absolument pas à cela dans l’esprit de ces gens.

Et c’est d’ailleurs ce qui est fascinant avec ces garçons piégés. Ils sont entrainés malgré eux dans la barbarie. Lentement, mais surement. Littéralement piégés par le nouveau chef qui en échange de viande (comme la promesse de Scar faites aux hyènes dans le Roi Lion) en fait ses affidés puis ne leur permet plus de changer de chef.

Je pense que c’est, au final, la plus grande leçon du roman. Toujours, plus que jamais, d’actualité. Certes, nous avons évolué durant des milliers d’années. Mais le retour à la barbarie la plus complète peut se produire demain et il ne faut pas beaucoup de temps avant qu’on ne s’asocialise et deviennent des bêtes furieuses aux ordres. Ne l’oublions jamais. C’est ce que j’aime, comme message, et qui me terrifie en même temps. Même les acquis qui ont mis le plus de temps à se créer peuvent se perdre en un rien de temps.

Célébrons nos « Ralph », souvenons-nous du passé et ne choisissons pas de mauvais chefs ! Pour être plus terre à terre, les droits de l’homme sont ce qui nous permet de rester dans la civilisation, choisir de les oublier ne nous amènera jamais rien de bon.

Pour aller plus loin

J’ai trouvé quatre articles de blog qui en parlent.

Ceux parlant du livre de manière positive :

Celui parlant du livre de manière négative :