Under the silver lake film de David Robert Mitchell, petite analyse

J’ai vu le film au cinéma et n’ai donc pas eu l’occasion de le voir plusieurs fois. En plus, c’était il y a plusieurs jours (au moment de l’écriture, encore plus à la relecture et publication) et certains souvenirs s’estompent déjà. Dans tous les cas, j’irai vraiment très vite car je n’ai pas envie d’en parler longuement. D’ailleurs, j’évoquerai parfois plus des pistes à creuser et des commentaires que des idées bien réfléchies.

Hiatus bande annonce et film

Si j’ai été le voir, c’est du fait de la bande annonce que je trouve extrêmement alléchante. Elle me faisait penser à la face cachée de Margo, un teen movie assez bon et avec des énigmes intéressantes tout en ayant du bon humour. Il y avait aussi une quête initiatique.

J’attendais la même chose de « Under the silver lake » et je fus donc … très déçu. Je ne sais pas si le film était vraiment si mauvais mais quand je reçois autre chose que ce qu’on m’a vendu et bien, j’en ressors toujours avec un goût de trop peu.

Relations avec les femmes

Le héro a des relations très bizarres ou malsaines avec les femmes. C’est un vrai « taré ».

A commencer d’ailleurs par la relation avec sa mère à qui il ment (est-elle encore vivante ?). Un des problèmes avec le film est qu’on peut douter de tout. Je pense qu’il y a des indices qui nous permettent de savoir quand il est drogué ou pas mais, en fait, les chercher ne ferait que nous perdre encore plus. En effet, puisqu’il est plus que probablement fou à lier, même en étant « sobre », rien de ce que nous voyons n’est encore réellement sur.

Toutes les femmes avec qui il a des relations finissent par disparaitre. J’ai bien l’impression que les femmes ne réapparaissent plus après s’être refusées à lui.

La dernière avec qui il couche et qu’il mate avec ses jumelles est âgée, ce qui doit certainement lui rappeler sa mère.

Beware the dog killer

Le film commence par ce message qui ne cessera ensuite d’apparaitre. Il n’y a pas vraiment d’enquête à faire, on comprend très vite (si on veut bien regarder les images) que, malgré les filtres que Sam s’impose, il est un tueur.

Je vois au moins deux indices évidents : le sang sur les mains quand il se réveille et le producteur (?) qui est tué de ses mains avec la guitare. Un très grand nombre d’autres indices moins évidents sont là pour parsemer constamment le film (par exemple, un cadavre sur son chemin).

Ainsi, il m’apparait presqu’évident que c’est lui qui est le tueur de chiens. Et que les femmes qui disparaissent ou sont tuées à proximité de lui le sont également de sa main. Pour les chiens, il y a cette interrogation sur le fait qu’il ait des biscuits pour chiens dans sa poche. A ce moment là, c’est comme s’il était prêt de se révéler la vérité à lui-même mais décide finalement de ne pas le faire.

Disparition de Sarah

Sam se plaint qu’il n’est pas normal de déménager en pleine nuit. Mais il ne lui semble pas anormal de déménager juste après avoir emménagé.

Sarah est comme irréelle. Par exemple, il y a un moment où la locataire à la poitrine dévoilée lui fait une remarque sur le son qui va trop fort. Elle dit avoir fait le changement et l’autre la remercie alors qu’en fait rien n’a changé. Cette petite scène irréelle est là comme indice que quelque chose d’étrange se passe.

De même, il y a ce moment où Sam et sa copine font l’amour et où passe à la télévision un extrait sur quelqu’un qui a disparu.

Pour moi, il est clair que Sarah, au moment où il l’observe avec ses jumelles, est en fait déjà morte. Elle était bien dans la voiture et la personne est décédée rapidement après sa disparition entourée des quatre filles. A chaque fois qu’il verra un de ces protagonistes, ce seront en fait des « fantômes ».

A travers toutes ces recherches, il ne fait qu’essayer de trouver une autre explication beaucoup plus compliquée que la vérité mais aussi beaucoup plus accommodante. En effet, pour ne pas assumer ses actes de meurtrier psychopathe, il doit alors se mentir à lui-même et inventer une histoire rocambolesque et invraisemblable mais qui aura au moins le mérite de le rassurer.

C’est sans doute d’ailleurs là que se fait le parallèle avec les complotistes qui préfèrent croire des choses compliquées plutôt que des hypothèses plus faciles comme celles du hasard ou de l’incompétence.

On voit d’ailleurs que le complot des riches qui veulent disparaitre avec de jolies femmes est utilisé pour que Sam ait l’impression que non seulement celles-ci ont choisi la situation mais qu’en plus elles en sont heureuses (cf. le coup de téléphone dans la caverne).

Le roi des clochards et l’odeur

Ce personnage de roi des clochards est comme sa conscience et essaie de l’amener à découvrir la vérité.

Comme un clochard, il est « puant » et il est également quasiment sans domicile et très pauvre.

Toutefois, à propos de l’odeur, je me demande si ce n’est pas aussi un indice pour nous désigner les personnes qui sont déjà mortes. En quelques sortes, elles sentent l’odeur puante parce que leur corps est en réalité en voie de putréfaction.

Critiques intéressantes

Mon article est concis et ne va pas assez loin mais j’ai déclaré forfait pour ce film trop alambiqué pour moi. Pour prolonger, je vous propose deux critiques intéressantes :

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Hugo Cabret de Martin Scorcese, réflexions sur les sens du film

Je mets mes réflexions en vrac sur quelques sujets qui me paraissent importants.

J’ai vu le film une fois avec ma fille mais je pense que de nombreuses relectures ouvriraient sans doute sur des découvertes plus pointues. Je mettrai peut-être à jour l’article si j’en ai l’occasion mais comme le but n’est pas de faire un très long article, ce n’est pas certain du tout.

J’ai donc conscience que la plupart de ce qui est dit ici aura été réfléchi longuement mais pas pour autant analysé en profondeur, préférant, en ce moment, consacrer plus de temps à la lecture.

Orphelin

Grandir sans parents est un thème majeur et certainement le plus évident. Cela aurait pu être plus subtil d’ailleurs si on n’avait pas eu l’inspecteur de gare pour le mettre à l’avant plan.

Mais, voyons les éléments :

  • Hugo est orphelin de père et de mère et perd encore son oncle qui était son tuteur
  • La filleule de George Méliès est est également orpheline de père et de mère
  • L’inspecteur de la gare est lui-même orphelin

L’inspecteur de la gare a comme passe temps favori de chasser les orphelins pour les envoyer à l’orphelinat et c’en est presque son unique sujet de conversation. Il le fera jusqu’à être interrompu par un Méliès retrouvant la foi.

Il dit : « tu n’iras nulle part tant qu’on n’aura pas retrouvé tes parents ». Même s’il se vante que l’orphelinat lui a fait du bien, cela prouve qu’au fond de lui-même, il aurait aimé vivre avec ses géniteurs. Cela montre aussi que notre « vrai » créateur nous est nécessaire et qu’on ne peut pas se satisfaire de parents de substitution.

J’y vois un parallèle avec le cinéma qui se retrouve orphelin du génie de Méliès après sa faillite économique. Cela peut même être considéré comme une critique d’un pays qui n’a pas su faire prospérer le septième art sur son sol par manque de moyens alors que tout y avait pourtant commencé avec de grands génies.

Méliès, le génie

Le film ne s’appelle pas Georges Méliès mais Hugo Cabret.

Pourtant, le vrai personnage principal est, à mon sens, bien Méliès même si il n’en est pas le héro à proprement parler. Ce film est avant tout un hommage à un grand homme dont on montre le talent et l’apport très important à l’histoire du cinéma.

Inventer un personnage de fiction était un artifice intéressant pour mettre en relief son histoire sous la forme d’une enquête avec des énigmes. C’est très efficace pour maintenir l’attention du spectateur et pour créer de l’émotion et de l’empathie. Mais, je me demande également si ce n’est pas aussi, au contraire, pour évoquer les côtés sombres du magicien.

Péripéties

Juste un mot sur celles-ci. Elles sont nécessaires pour avoir une histoire. Mais, ici, elles sont un peu trop artificielles à mon goût. Les multiples secrets ne servent qu’à avoir une histoire qui ne dure pas cinq minutes. C’est utile mais cela me semblait un peu trop facile à mon goût. Jusqu’à ce qu’un des sens caché m’apparaisse de manière plus évidente (voir plus bas). A partir de ce moment, j’ai considéré le secret comme nécessaire dans le récit.

Gare parisienne (Montparnasse ?)

Le début du film avec son arrivée en gare est une référence assez évidente aux frères Lumière et au premier film de l’histoire du cinéma sur « l’arrivée d’un train en gare ». J’observe souvent que le début d’un livre ou d’un film a une signification symbolique forte pour expliquer le reste de l’oeuvre. Pour moi, c’est un indice qui montre que le vrai sujet est bien le cinéma, son invention, ses débuts, ses génies.

Sens caché

Disons le directement : je soupçonne Georges Méliès d’être volontairement à l’origine de l’incendie du Musée où travaillait le père d’Hugo. Voulait-il détruire son invention ? La récupérer ? Tuer le père ? Tout ça en même temps, là dessus, j’ai encore des doutes.

Mais, je vais vous dire les éléments troublants :

  • Méliès est extrêmement bouleversé par la découverte du carnet du jeune homme
  • Il l’accuse d’être un menteur en plus d’un voleur, comme s’il connaissait l’origine du carnet et qu’il découvrait que celui qui a été tué dans l’incendie avait un enfant
  • Il parle de « fantôme ». Ce mot peut avoir un double sens en parlant de ses fantômes du passé mais également des fantômes des personnes disparues. Les fantômes du passé pouvant de toute façon également être liés au passé.
  • Il affirme qu’il a le droit de « brûler » le carnet s’il en a envie et qu’il lui appartient.
  • il dit qu’il n’est « qu’un vieux jouet mécanique brisé » (le même qui croupissait dans le musée ?) quand les enfants découvrent des souvenirs de son travail dans l’armoire
  • Il a incinéré tout ce qui lui restait et qui était sans valeur marchande
  • Il est au courant de l’incendie et sait que l’automate n’a pas été retrouvé
  • Le robot est censé avoir été construit avant sa carrière cinématographique et pourtant il dessine l’affiche de son film. Il y a quelque chose d’étrange derrière cela. J’ai l’impression que cela pourrait prouver que le robot était bien lié à son activité cinéma (et qu’il avait des raisons de le cramer) et que Méliès ment ou ne dit pas tout
  • A la fin du film, on demande pourquoi Hugo « habitait dans une gare » et cela est présenté un peu comme la clé du film. Or, s’il habite dans une gare, c’est parce que le musée a brûlé et son père est mort. Preuve que c’est loin d’être anecdotique.

Il y a un mobile pour provoquer l’incendie car le musée n’a pas considéré son art comme important et digne d’une réparation. Il aurait donc voulu se venger. Mais il aurait, tout aussi bien pu vouloir achever son oeuvre nihiliste de tout ce qui lui avait appartenu.

Ce qui est fou, c’est que le robot, par conséquence indirecte finit du coup conservé ET réparé dans la même gare où travaille Méliès, à quelques mètres de lui. Et c’est la réparation de celui-ci qui lui permis de rencontrer Hugo Cabret puis de redevenir une personne en vue et reconnue du monde du cinéma.

Rien de tout cela n’est possible sans l’incendie qui tue le père d’Hugo. Ce feu est donc à la fois destructeur et indispensable à la remise à l’honneur de GM.

Ce sens caché est en lui-même un immense hommage au cinéma. Car, dans beaucoup de films, ce qui est dit est caché. On le sait en les analysant, on voit souvent une vérité « dites » être différente de celle qui est montrée. D’ailleurs, ne dit-on pas que tout ce qui est montré dans un film doit toujours avoir une utilité ?

Enfin, ce serait également une référence au « magicien » Méliès. En magie, il y a usage et même abus de « trucs » cachés et de diversions. Comme dans les films de Méliès, tout est truqué mais fait de telle manière qu’on ne voit rien et qu’on est émerveillés alors que la réalité est beaucoup moins resplendissante.

Le temps et les coulisses

Le fait que son père soit horloger, tout comme Méliès, tout comme son oncle (qui règle les horloges de la gare) est important. Hugo dit qu’il ne viendra que quand il en aura le temps. Le temps permet parfois aux génies d’être révélés avec plus de force.

Mais il y a aussi toute cette exploration des coulisses. Les coulisses du cinéma et du studio qui sont comparées à une minutieuse horlogerie nécessaire pour que la magie passe. Dans laquelle, on le voit, on fait même arrêter le temps pour que les effets spéciaux soient réussis.

Autres

Le film regorge de références et de sens cachés, j’en ai bien l’impression. Ici, je n’ai fait que survoler. Mais si vous voyez un article qui donne d’autres détails, n’hésitez pas à le mettre en commentaire, j’irai le voir.

Conclusion

Un film à voir pour son atmosphère divertissante et son émotion. Peut-être pas un chef d’oeuvre du cinéma mais un film que j’aimerai revoir. Mon hypothèse relative à l’incendie parait difficile à avaler car on a pas envie d’imaginer GM en meurtrier potentiel, même involontaire, mais je la trouve pourtant assez crédible. N’hésitez pas à commenter si vous voyez d’autres éléments qui la confirment ou l’infirment.

La vérité sur l’affaire Jacqueline Sauvage, livre de Hélène Mathieu et Daniel Grandclément

Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage abattait de trois balles de fusil, dans le dos, de sang froid, son époux Norbert Marot. En première instance, puis en appel, elle fut condamnée à dix ans de prison. L’affaire fut fortement commentée et des livres furent publiés dont celui-ci.

Pourquoi avoir lu ce livre ?

Cette affaire a été énormément médiatisée. Mais la médiatisation aide rarement à voir plus clair surtout quand on y ajoute la politisation et le militantisme. Chacun communique avec ses intérêts et la vérité devient plus difficile à approcher.

Concernant ce procès, j’avais été interpellé par les articles du blog « vu du droit » car ils donnaient un éclairage différent :

J’ai donc voulu en savoir plus et suis tombé sur un livre qui semblait vouloir pratiquer une enquête relativement neutre en interrogeant tout le monde et sans a priori. Il a trainé quelque temps dans ma bibliothèque puis, n’y tenant plus, je l’ai lu quasiment d’une traite.

Ce livre me paraissait sérieux et offrir suffisamment de recul pour y voir plus clair. C’est un livre très facile et rapide à lire et somme tout assez intéressant. Je n’ai pas été déçu. Quelle que soit votre opinion, s’il y a un livre à consulter, il me semble que ce doit surement être celui-là.

Dans cet article, je vais vous livrer quelques réflexions que le livre m’a inspiré.

Avertissements

Dans ce dossier, comme souvent en justice, chacun calque sa propre situation. Défendre Jacqueline Sauvage, cela peut être défendre son cas personnel, son propre vécu par procuration. On se dit qu’elle a vécu la même chose que nous et cela nous permet de nous faire du bien en la défendant. A contrario, c’est frustrant de la voir condamnée.

Mais le défaut de cette situation, c’est qu’elle nous amène à biaiser notre jugement, à oublier tout ce qui est différent et même à confondre les deux histoires en les mélangeant. Si on a envie qu’elle nous ressemble, alors on fera même tout pour que notre perception de la réalité évacue tout ce qui peut nous déranger.

C’est précisément ce que la justice doit éviter de faire, du moins quand il s’agit de décider de la culpabilité de quelqu’un. On regarde les faits, rien que les faits, et on les compare au droit. L’empathie ne viendra qu’ensuite, quand il faudra discuter de la peine.

Je n’accepterai pas les commentaires qui m’accuseront de manque d’empathie ou de ne pas savoir de quoi je parle. Bien que cela soit un blog personnel, je ne me sens nullement obligé de raconter toute ma vie. Vous ne la connaissez pas et je ne vous autorise donc pas à en juger ni à en présumer.

Cela d’autant plus que la cause des conjoints maltraités est précisément une cause qui me touche. Je ne l’ai jamais minimisée, je ne le ferai jamais.

Meurtre ou assassinat, les raisons ?

Préparer les cartouches à l’avance …

Dans l’enquête, très tôt, la préméditation a été retenue comme une hypothèse forte.

Certains pourraient penser que c’est dû à la longue période entre les coups reçus et la mort par balles de Marot. En effet, cela laissait un long moment pour réfléchir. Mais pour autant probablement pas suffisant pour retenir l’assassinat.

Un autre élément est, en fait, apparu dès les premières déclarations de Jacqueline S. Un élément qu’elle n’aurait probablement pas révélé si elle avait été assistée d’un avocat (mais à ce moment là, elle ne niait pas sa culpabilité et semblait même rechercher cette reconnaissance par la justice). Elle avait préparé des cartouches quelques jours avant. Les cartouches qui vont, précisément, servir à le tuer.

Pour les avocats, ce fut facile d’évacuer la chose. Pourquoi préparer des balles pour tuer alors qu’il y avait des cartouches plein la maison ? Ce à quoi je réponds que nous n’agissons pas toujours avec la plus grande rationalité. Et que préparer un assassinat peut se faire avec un certain cérémonial et des gestes symboliques comme préparer son arme, les cartouches. Et s’assurer qu’on oublie pas, qu’on ne revienne pas en arrière.

Parce que, justement, l’objection des avocats n’explique pas non plus pourquoi préparer des balles si justement il y en a partout.

Cela dit, le tribunal n’a pas reconnu la préméditation, c’est donc que les éléments n’étaient pas assez solides ou qu’ils ne voulaient pas trop charger la barque vu la situation.

Nébuleux

Beaucoup d’hypothèses ont été émises sur les raisons du crime et aucune n’a jamais été vraiment très convaincante :

  • Il a été dit que le suicide de son fils, pendu chez lui, avait été le déclencheur. Mais, cet acte désespéré n’était pas connu d’elle au moment où elle tue son mari.
  • les coups reçus le jour même étaient légers au regard de ce qui a été constaté

Si bien que pour beaucoup de personnes qui se sont intéressé au dossier, il y a un mystère et un doute restera toujours présent comme s’il manquait des pièces au puzzle. Mon impression est d’ailleurs qu’elle n’a pas tout dit et qu’elle ne dira jamais tout car elle est maintenant enfermé dans une posture qui ne lui permets plus de se libérer publiquement de son poids.

Un couple uni et amoureux face au reste du monde

Les témoignages, avec la faiblesse que tout ne transparaissait pas à l’extérieur, décrivent très majoritairement un couple uni, même dans ses mauvais coups, et qui s’aimait passionnément. Mais également deux personnes n’ayant que peu voir pas / plus d’amis. Et pire encore, ils n’étaient pas aimés voir détestés par les voisins ou connaissances. Mais cela ne semblait, dans leur monde séparé du reste, pas les affecter.

La parole d’une voisine, à ce sujet, m’a d’ailleurs interpellé. D’abord favorable à l’accusée en accord avec le récit médiatique, elle change d’avis après la libération et le retour de JS dans sa maison :

Nous revoyons la femme que nous avions interrogée à sa fenêtre. Elle a changé d’avis. Elle n’a plus envie de revoir Jacqueline. « Elle était violente elle aussi. Et puis elle a bien profité de moi sans jamais rendre. » Jacqueline Sauvage est sortie de prison, la bienveillance est terminée, les rancœurs ressortent.

Comme si la sortie de prison et l’absence d’enjeu autorisait à nouveau à penser sans que les personnes qui s’expriment se sentent jugés du côté gentil ou méchant.

Au regard du passé

Le livre nous montre que dans le passé, Jacqueline Sauvage avait déjà pu se montrer très menaçante et très virulente envers son mari. C’était à l’occasion d’une infidélité prolongée de celui-ci. La maitresse avait alors pu mesurer la violence de JS et son attachement envers son mari.

C’est d’ailleurs un point qui ressort nettement du dossier. Non contente de ne pas ressembler à une pauvre femme dominée, elle était au contraire le pilier de la famille et celle qui a bataillé toute sa vie pour son couple, non pas sous la pression mais bien de son propre fait.

Le matin même, une phrase ressort même si on aura jamais le détail de tout ce qui s’est dit entre eux (et qui aiderait peut-être à comprendre) : « Va rejoindre tes p*tains de filles et ton connard de fils ».

Cette phrase signifiait-elle qu’ils allaient rompre ? Cela-a-t-il été un sujet de la dispute matinale ? La fin prochaine et prévisible de l’entreprise qui avait permis à Jacqueline de se sentir indispensable dans la vie de son mari a-t-elle créé et accentué des angoisses dans la tête de la future meurtrière ?

On ne saura jamais ce qui s’est passé exactement dans sa tête. Elle a passé toute sa vie à vouloir prouver à sa famille qu’elle avait bien eu raison de vivre avec Marot. Ce simple fait peut l’encourager à ne pas en parler. Et peut expliquer sa réaction violente quand il a voulu partir. Et la réaction froide et calculée de ce jour qui restera gravé dans sa mémoire à jamais.

Mon impression après lecture du livre et réflexion est là : ce jour-là, elle a compris que son couple était fini et qu’elle ne pourrait probablement rien y faire. Ne le supportant pas, elle décide de le tuer. Elle le fait froidement en sachant ce que cela implique mais elle n’imagine sans doute pas de vie en dehors de l’entreprise (qui lui avait donné un statut social) et de son mari.

Ce qui est terrible avec cette hypothèse, c’est qu’elle place son conjoint au dessus de ses propres enfants. Mais ce n’est qu’une hypothèse et les assises n’avaient pas besoin d’un mobile connu pour décider. Le mystère restera probablement entier pour toujours, vu le fonctionnement du couple, car la seule autre personne capable d’apporter un éclairage est six pieds sous terre.

Réfléchir, se défendre, légitimer

Banalisation du meurtre

Je ne suis pas religieux, la vie n’est pas « sacrée » pour moi. J’accepte l’avortement, l’euthanasie, quand c’est encadré. Mais la justice ne peut pas permettre que des humains se considère comme ayant le droit de décider, hors situation de légitime défense, ou de guerre, de qui a le droit de vivre. Ce droit me serait déjà insupportable dans le cadre de la justice normale, je suis contre la peine de mort, même sur les personnes les plus irrécupérables, mais ça l’est encore moins pour une justice privée qu’on légitimerait.

Inutile de dire donc qu’un changement de loi qui obligerait la justice de prouver l’absence de légitime défense, autrement dit, l’absence de culpabilité me choquerait complètement. Ce serait un permis de tuer voir un encouragement au meurtre comme solution pire encore que la peine de mort car même pas encadrée par des procédures strictes.

Le fait qu’on ait pu y penser est interpellant.

Examen de son acte

Donc, là où je veux en venir, c’est qu’en ayant toute cette légitimation de l’acte, les associations de défense ont fait une erreur qui n’a pas aidé Jacqueline S. En effet, elles n’ont pas permis à l’auteure d’un acte terrible de faire un vrai travail sur soi. Si elle avait pu le faire, alors, non seulement elle aurait pu obtenir beaucoup plus facilement grâce et remise de peine, vu le contexte, mais en plus le jury aurait sans doute été moins lourd.

Autre chose qui n’a pas aidé, c’est l’univers extrêmement malsain et surtout clôt dans lequel elle a vécu pendant des dizaines d’années. Le foyer familial fut un lieu de terribles exactions mais rien ne devait jamais en sortir. Les apparences comptaient plus que tout. Tout comme la réussite qui devait paraitre éclatante aux yeux des voisins. On suppose qu’il y a là aussi un peu de besoin de revanche sur une famille qui l’abandonne et ne comprend pas son choix. Un besoin de se montrer indispensable à son mari. Peut-être même encore celui, par amour, de lui donner le meilleur et de le protéger un maximum.

Mais, au final, ce monde clôt est celui dans lequel la justice de l’état n’a ni valeur ni crédibilité. Et cela aussi n’incite pas à réfléchir sur ses actes. Or, il aurait été intéressant de rappeler qu’ils ne pouvaient vivre en dehors des lois et qu’ils ne sont pas sur une ile déserte mais qu’ils vivent dans une société avec des règles.

Cet univers fermé avait été aussi conçu d’ailleurs pour subvenir aux besoins de tout le monde, l’entreprise était familiale et employait les enfants en plus des parents. Tout était fait pour que rien ne puisse sortir. C’était malsain.

Enfin, l’emballement médiatique fut tel que tout changement d’attitude devenait de plus en plus impossible avec le temps. Ils sont un piège à double tranchant et ont eux aussi été à double tranchant car rien ne sert d’avoir raison dans les médias si cela encourage ensuite une attitude contre-productive dans les tribunaux.

Défense

C’est d’autant plus dommage qu’avec son premier avocat, elle semblait plutôt sur la bonne voie et que lors des premières auditions, elle semblait assumer et reconnaitre son acte. Elle était prête pour cette introspection. La stratégie de défense qui fut mise en oeuvre lui fut extrêmement préjudiciable. L’impression qui est donné à la lecture du livre est que cette stratégie a été simplement copiée – collée sans réellement tenir compte du contexte et de la situation très différente.

Médias et justice

Le livre met en avant une grande question : pourquoi la justice ne s’est-elle jamais défendue sérieusement dans les médias ?

Les temps changent, l’information va de plus en plus vite et la justice ne semble décidément plus à la page.

Il est plus nécessaire que jamais que le fonctionnement de la justice puisse être expliqué avec efficacité et pédagogie avec les moyens d’aujourd’hui. De même, quand un dossier est étalé sur la place publique, alors il semblerait normal que le ministère public puisse exposer également les éléments qui rétablissent la balance.

Cette affaire n’est qu’une parmi d’autres de ce point de vue là. Mais elle peut servir à aider notre justice à remettre en question sa communication même si je n’y crois pas trop.

Pétitions

Il est très facile de signer une pétition, surtout quand son exposé (quelques lignes pas plus, ce serait long, ce ne serait pas lu) est bien écrit. Mais chaque manifestation qui fut organisé fut un échec. Est-ce à dire que la cause n’était pas populaire ? Je ne pense pas. Elle l’était vraiment. Mais, pour autant, pas assez pour que les personnes soient prêtes à se déplacer. Pour moi, c’est emblématique d’une société où très peu sont prêts à se mobiliser quand cela ne les concerne pas directement (et encore).

Maltraitance entre conjoints

Ce sujet est important et quasiment pas évoqué ici. Je le redis, pas parce que ça ne me concerne, touche, intéresse pas. Mais parce que je n’ai pas eu l’impression que c’était vraiment la meilleure affaire à prendre comme point de départ pour un débat.

Autres sujets

J’ai déjà assez dit, mais le livre m’a aussi inspiré des réflexions sur la mère qu’a pu être JS, sur celle peut-être différente qu’elle aurait pu être en l’absence du père, sur les choix qui ont été faits et assumés à différents moments de sa vie, sur la volonté toujours constante de continuer dans la même voie, sur l’impossibilité de vouloir rendre heureux (selon nos critères) les gens malgré eux.  Les sujets sont vastes et variés mais il n’est pas nécessaire de parler de tout.

Conclusion

Ce qui s’est passé durant tant d’années là-bas, ce fut un drame humain qu’il aurait fallu pouvoir éviter. Personne ne peut dire ce qui aurait pu être fait et avec quelle efficacité. Mais, dès le départ, l’isolement de Jacqueline quand elle se marie, n’a certainement pas aidé.

Même si cela peut sembler dérisoire ou un défaut de curiosité, j’avais vraiment envie de mieux comprendre ce qui s’était passé dans cette famille et cette maison. Assurément, ce livre m’a permis de le faire, raison pour laquelle je le recommande. Je ne dis pas que c’est le seul livre à lire mais je pense que s’il faut en choisir un, cela peut être celui-là.

Il donne l’impression d’être quasiment exhaustif sur les « faits » et, personnellement, quand il s’agit d’une affaire judiciaire, ce sont eux qui m’intéresse le plus.

Enfin, je dois avouer que cet article a mis plusieurs mois à s’écrire. Pas qu’il ait pris beaucoup de temps mais, une fois la structure déterminée, je n’ai pas trouvé le temps et la force pour le terminer. Le sujet est beaucoup trop sensible et donc risqué et je déteste qu’on me fasse dire ce que je n’ai pas dit. Surtout, tout débat, pour être intéressant, doit se faire entre personnes ouvertes d’esprit et de bonne foi. Je vous demande donc de rester correct dans vos réactions, et je changerai d’ailleurs peut-être le contenu de l’article si vous me convainquez d’en changer.

Avenir du cinéma et Netflix

Une « nouvelle » salle de cinéma s’est ouverte à Bruxelles cette année. Je mets des guillemets car il s’agit en fait d’une réouverture d’un temple ancien des salles obscures de la capitale.

Un avis succinct de Luc Dardenne sur l’avenir des salles de cinéma

A cette occasion, Luc Dardenne, célèbre réalisateur belge, pour avoir été primé à Cannes notamment, a fait une petite intervention sur l’avenir du 7ème art dont voici un extrait :

En texte, cela donne ceci (j’imagine que juste avant, il y avait une question) :

Tous les exploitants de cinéma sont logés à la même enseigne. Donc on va voir. Je pense que la salle de cinéma a son histoire, elle a son avenir, je le pense vraiment. Mais c’est vrai que les choses sont en train de bouger. Ça dépend un peu. La politique de Netflix, c’est de dire, pas de salle. Alors que la politique d’Amazon est de dire que sans salle, un film n’a pas de renommée. Netflix a produit plus ou moins 127 films sans renommée. Tandis que Amazon, quand il travaille sur un film, il coproduit, le film sort en salles et grâce à la critique, les festivals, il y a une renommée qui est faites. Même le festival de Cannes n’a pas réussi à donner une renommée aux films de Netflix. C’est étonnant.

Donc, moi je pense qu’on a encore notre avenir. C’est vrai qu’il va falloir être attentifs. Mais c’est la même chose pour tous les exploitants qui sont en train de construire des salles, parce que il y en a. Moi, j’étais à Lyon la semaine dernière, l’Institut Lumière vient d’ouvrir déjà depuis un an trois salles qui fonctionnent très bien, voilà, donc.

Mais c’est vrai que la multiplication des écrans est une vraie question.

Luc Dardenne lors de l’inauguration du cinéma Palace

La réponse de Serge Coosemans, blogueur pour le journal Le Vif

Dans un billet « crash test », qui se veut donc assumé « d’humeur » et pas forcément équilibré, nous avons un commentaire assez vif sur les propos de L.D..

Pour remettre dans le contexte, c’est ce billet qui est apparu dans mon fil Facebook avant l’interview de départ. C’est lui qui m’a incité à écrire sur le sujet. On peut le retrouver ici : le billet de SC sur Le Vif.

Dans cet article, il y a un premier malentendu. Serge fait dire à Luc D. que pour lui un film ne peut pas avoir de renommée sans sortir en salle. Or, au contraire, le cinéaste wallon déclare lui-même être étonné que les films de Netflix n’aient pas de renommée malgré un passage à Cannes. On peut faire passer cela pour de la fausse naïveté.  Je pense qu’il y a une vraie interrogation. En effet, ils ne sortent pas en salle ET n’ont pas de renommée. Mais il ne fait pas l’erreur de dire « pas de renommée parce que ». Certes, il n’empêche pas le spectateur de faire l’erreur d’interprétation de ses propos teoutefois on ne peut pas lui faire dire ce qu’il n’a pas dit et, dans un contexte improvisé, on ne peut pas maîtriser totalement son discours.

S’en suit une opinion pertinente du blogueur sur le fait que, précisément, un film devrait pouvoir se faire une renommée sans sortir en salle. Il n’empêche que l’exemple donné (la version de 1982 de « Blade Runner ») est bel et bien sorti en salle même si ce n’est pas là qu’il a gagné ses galons. Et que cette sortie lui a fait de la pub puisque précisément, il n’a pas été apprécié par la critique. Sans cette sortie, et sans ces, paradoxalement, mauvaises critiques, il n’est pas certain qu’il aurait atteint son statut culte. Mauvais exemple, donc.

A ce propos, aujourd’hui, quand un film sort en salles, la bande annonce nous fait parfois dire : « celui là, j’attendrai qu’il sorte en VOD ou à la télévision ». A l’époque, on ajoutait l’option « vidéocassette » et la sortie en salle avec la publicité qui allait autour était donc vraiment importante. Encore aujourd’hui, un très bon film peut être noyé parmi les bonnes sorties (avant les oscars, par exemple) et ne pas avoir le succès qu’il mérite en salles sans que ça ne l’empêche d’avoir une meilleure carrière par la suite.

D’ailleurs, le problème du cinéma est aussi un problème de coût. A côté des offres « illimitées » intéressantes pour les cinéphiles, le prix du ticket a connu une inflation galopante qui permet de voir moins de films avec un même budget ciné. Même en allant une fois par semaine au cinéma, la production est telle qu’on ne sait tout voir. Surtout que les sorties de qualité sont parfois concentrées en peu de temps.

Et c’est donc là qu’on retombe sur les pattes de Luc Dardenne qui parlait de films sortis en salle et pas de films vus en salle.

Le pire étant que, peut-être comme Dardenne et comme S. Coosemans, je pense qu’un film devrait pouvoir se faire, aujourd’hui plus qu’hier, sa notoriété sans sortie en salle. Cela finira par arriver. C’est plus une question de temps qu’autre chose. Et il faut dire également que les personnes dans mon entourage qui ont Netflix sont rarement des cinéphiles mais plutôt des amateurs de séries. Même parmi ses « fans » la marque ne convainc pas sur sa production cinéma, c’est le moins qu’on puisse dire. On dirait qu’ils ont un déséquilibre d’image à corriger.

Cela dit, la VRAIE question est de savoir pourquoi donc un film se passerait volontairement d’une sortie en salle ? Et on y reviendra.

Pour revenir à notre blogueur, pour lui, si les films de Netflix (on parle quand même de 126 !) n’auraient pas de renommée, c’est parce que la firme américaine se serait d’abord concentré sur les séries pour séduire les jeunes. Oui mais non. Produire des films coûte cher, on ne le fait pas pour ne pas en faire la promotion par la suite. Si vraiment, ils n’avaient voulu se concentrer que sur les séries, ils auraient tout simplement attendu avant de produire des films ou de les mettre à disposition.

S’il y a un argument, je dirais plutôt que c’est bien celui du nombre : 126 !! Un peu comme ces jeunes éditeurs qui veulent tellement réussir et/ou manger à leur faim, sortir du nombre est souvent un TRES mauvais calcul. Pour les livres, le problème est la promotion qui ne peut pas suivre, la ligne éditoriale qui ne ressemble à rien et l’attention à la qualité qui n’est pas assez forte. Pour le cinéma, c’est pareil mais en pire et il faut y rajouter que produire coûte cher donc, si on ne fait pas de choix, on prend le risque d’en avoir 126 qui n’ont pas eu assez de moyens et qui sont ratés au lieu d’en avoir 10 qui sont bons et réussis.

Evidemment, si on veut juste faire du remplissage et qu’on estime que son public « bouffera » du film comme on s’enfile des séries, alors c’est différent. Mais il est alors encore plus logique que rien ne laisse d’empreinte durable. Peut-être que c’est ça le problème majeur, cette consommation effrénée qui ne laisse plus le temps à la discussion, à la réflexion et à la digestion. Ce que j’aime en sortant d’une salle de cinéma, c’est justement ce moment où on se remémore le film, ses sensations, où on reconstitue le puzzle et qu’on en discute. Quand ce moment disparait, c’est toute la socialisation autour du 7ème art qui en souffre. Mais aussi la possibilité pour un film de susciter passion et … renommée.

C’est d’ailleurs un problème très marqué chez Netflix. Étoffer le catalogue toujours plus parce que le client est adepte de binge watching. Du coup, on est tenté de mettre tout et n’importe quoi ou d’augmenter les prix pour survivre alors que ce dernier est pourtant le plus gros avantage concurrentiel par rapport aux chaines payantes traditionnelles.

Mais le débat doit-il être concentré sur la renommée ou sur le succès des films qui passent ou ne passent pas au cinéma ?

Le blogueur évoque rapidement la chronologie des médias, le caractère conservateur et arc-bouté du secteur des salles de cinéma. Là, bizarrement, je lui donnerai raison mais sans pour autant m’accorder sur l’obsolescence de l’expérience cinéma en salles obscures.

Le danger n’est pas la chronologie des médias, le danger, c’est la diversité d’un secteur où producteurs et distributeurs vivent une relation incestueuse.

Et quand l’auteur nous demande en question provoc si les frères Dardenne préfèrent avoir un bon budget et être diffusé sur Netflix ou n’être vus que dans une salle, c’est un faux dilemme où la provocation est heureusement assumée. La question ne se pose pas en « salles » ou « VOD » mais les deux sont complémentaires.

Les avantages du « vieux » cinéma

C’est maintenant qu’on arrive à la partie la plus personnelle de ce billet. Celle où je ne réagis pas aux propos d’autres personnes mais développe seulement mon amour d’être enfermé durant une heure et demie, même au 21ème siècle.

Le cinéma, selon moi, c’est une expérience que la maison ne pourra jamais vraiment égaler à de rares exceptions près, mais surement pas pour le commun des mortels. Et cela sur plusieurs points :

  • la sociabilité
  • la neutralité
  • l’immersion
  • la qualité

La sociabilité, c’est le fait de sortir de chez soi, rencontrer d’autres personnes, même seulement visuellement et d’être entouré par elle. Quoi qu’on en dise, qu’on soit timide, introverti, extraverti, nous avons besoin de contacts humains. Et le cinéma nous permet de nous trouver entre personnes qui ont un intérêt commun.

C’est également un lieu neutre où on peut sociabiliser plus facilement. Le fait de ne pas être chez « quelqu’un », sur son « territoire » enlève des tensions, même invisibles. Mais c’est aussi l’occasion de voir des personnes qu’on connait à peine et de les découvrir en toute sécurité.

La qualité est peut-être le point où l’avantage, avec le temps, diminue par rapport à la maison (bien que ce ne soit encore que pour une élite qui peut se permettre d’avoir une salle dédiée, du bon matériel, etc …). Mais c’est aussi le moins important. Bien que, soyons clairs, le fait d’être bien assis et d’avoir la meilleure qualité d’image est quand même une très bonne chose sinon je n’en parlerais pas.

Ici, c’est le point le plus cher à mes yeux mais aussi le plus actuel. Dans notre salon, même partout, nous n’avons jamais été aussi sollicités par nos appareils électroniques. Un FILM demande pour moi une totale immersion. C’est une oeuvre qui est faites pour être vue et entendue d’un bout à l’autre. C’est une question de respect fondamental mais aussi un pacte qui lie les spectateurs entre eux et également avec le réalisateur. Comprendre, analyser, profiter d’un film c’est le regarder réellement et y être attentif. Mon expérience personnelle et celle des gens que je côtoie c’est que c’est devenu impossible devant la télévision, dans son salon, chez soi.

Par ailleurs, si on revient à la sociabilité, après le cinéma, moi je vis toujours ce moment où on discute du film, on raconte ce qu’on a compris et on en débat, parfois même avec des parfaits inconnus. Et ça, ça n’a pas de prix. On peut aussi le faire devant la télévision mais c’est justement là qu’on arrive au défaut principal que je reproche à Netflix : le binge watching.

Je ne dénigre pas Netflix, beaucoup de gens dans ma famille ou mes amis sont abonnés et en font la publicité. Mais le mode de visionnage incite à « bouffer » du film, et surtout des séries, en continue. Ça, pour moi, c’est incompatible avec mon besoin de « débriefer » discuter et prendre du plaisir intellectuel à prendre du recul sur ce que j’ai vu. Ce n’est juste pas possible car, de mon point de vue, le binge watching est abrutissant et ne respecte pas l’oeuvre. Cela conduit d’ailleurs à adapter la qualité de ce qui est diffusé pour en faire du prêt à manger à la chaîne, donnant une satisfaction sur le moment mais incitant à en remanger directement car on est à sec une fois fini. Le cerveau est vide et, comme un junkie réclamant sa dose, il faut en reprendre.

C’est peut-être d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas eu de films ayant eu de la renommée. Ce serait alors lié à leur business model lui-même.

J’ai d’autres reproches à leur faire comme celui de casser le marché avec des prix artificiellement bas ou de ne pas proposer de qualité (manque de diversité) ou de représenter un risque stratégique important pour toute la chaîne du film, mais je pense que l’article est déjà suffisamment long et je voulais surtout m’axer sur la défense du cinéma.

Lectures en vrac, juin 2018

Dans l’ordre, les livres suivants sont abordés :

  • Les mythes de la seconde guerre mondiale
  • Il faut que je vous parle
  • Le guide du mauvais père, tome 4
  • Le bûcher des sexes
  • Malgré le doute, comment est morte Véronique Pirotton
  • L’Amour en plus compliqué
  • Economix
  • 59 secondes pour prendre les bonnes décisions

« Les mythes de la seconde guerre mondiale » (tomes 1 et 2) sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka

J’ai reçu le tome 2 pour Noël et je l’ai dévoré dès que j’ai trouvé du temps. Aussitôt lu, il me fallait le tome 1. Dévoré également très rapidement.

Les amateurs du magazine « Sciences et Vie Guerres et Histoire » y trouveront assurément leur compte. Rigueur, style agréable, sujet d’intérêt sont présents de concert, comme d’habitude avec ces auteurs là. Mais surtout, on apprend énormément de choses.

Quoi de mieux d’ailleurs, finalement, que de voir la seconde guerre mondiale à travers ses mythes erronés. En effet, ceux-ci en disent très long sur l’histoire elle-même. Et le temps qui s’est écoulé semble maintenant suffisamment étendu pour nous permettre de soulever le voile de l’erreur.

Je préviens les amateurs et les passionnés qu’une fois qu’ils auront commencé à lire, ils ne pourront plus s’arrêter. C’est toujours pondéré mais il faut avoir l’esprit ouvert car certains devront sans doute remettre en question ce à quoi ils croyaient, parfois depuis fort longtemps. Et ce n’est pas forcément toujours chose facile. Surtout que ce qu’ils apprendront ne sera pas non plus toujours partageable en société, précisément parce que les mythes dénoncés ici sont parfois extrêmement bien ancrés dans celle-ci.

Les experts qui écrivent ici le font avec énormément de pédagogie et ils ont le souci d’être lus et compris. Cette préoccupation n’enlève rien à la crédibilité de leur travail. Les sources sont sérieuses et disponibles en fin de chaque chapitre.

Bref, je recommande absolument à tous les amateurs intéressés par la seconde guerre mondiale. Si vous connaissez quelqu’un dans ce cas, vous avez déjà l’idée de son prochain cadeau de Noël / anniversaire. C’est un « must have » pour tout amateur du genre.

« Il faut que je vous parle » de Blanche Gardin

Avec Shirley Souagnon, Blanche Gardin est  une de mes deux humoristes préférées du moment.

Ce livre est la retranscription de son tout premier spectacle.

Je n’ai pas de mots pour dire combien j’aime son humour. Je pense que d’une certaine manière, je me reconnais un peu en elle, dans ce qu’elle raconte. Je ne sais pas ce qui se passe exactement avec elle mais elle me fascine, elle a un vrai charisme. Je l’adore et c’est un faible mot.

Quoi dire d’autre sinon que de vous laisser un bout de spectacle (joué ici à Montreux) pour que vous puissiez vous rendre compte par vous-même si vous allez aimer ou non :

J’espère que son deuxième spectacle paraitra également en livre et je l’achèterai alors immédiatement.

 « Le Guide du Mauvais Père » de Guy Delisle

C’est déjà le tome 4 et il a mis du temps à arriver. Pour dire vrai, je pensais qu’il n’y en aurait plus.

J’aime beaucoup Guy Delisles. J’ai acheté tous ses carnets de voyage, les quatre guides du mauvais père et « s’enfuir » l’histoire d’un humanitaire pris en otage.

J’aime bien son humour un peu spécial et son imperfection assumée qu’on retrouve dans les « guides du mauvais père ».

Avec les carnets de voyage, je visite d’autres pays et cela avec un point de vue original. Mais, avec les guides du mauvais père, c’est toujours un rire un peu plus personnel qui nous frappe, comme si on se moquait d’une caricature de nous-même.

Par contre, ça se lit vite, forcément, car il n’y a pas des masses de dialogue et le format est petit. Ce n’est pas un problème pour moi mais certains trouveront peut-être cela dérangeant.

Pour en savoir plus sur cet univers là, rendez vous sur le site de l’auteur, rubrique « guide du mauvais père« .

« Le bûcher des sexes » par Brigitte Lahaie

Je dois avouer que je ne connaissais pas bien Brigitte Lahaie avant d’ouvrir ce bouquin. Bien sur, je n’ignorais pas qu’elle avait été actrice pour adulte (sans, je pense, jamais avoir admiré aucune de ses prestations, c’était il y a bien trop longtemps) ou qu’elle avait animé une émission sur une chaine télévisée du genre.

Mais je ne savais rien d’elle.

Or, en lisant cet essai, on se rend compte qu’elle est très cultivée et qu’elle en sait très long sur la situation des femmes françaises. Cela parce qu’elle anime une émission radio mais également parce qu’elle lit, se renseigne et semble avoir de nombreuses relations expertes avec qui elle a discuté.

Pour ce genre de sujets, je ne peux pas vraiment donner de conseils. En fait, on aime ou on aime pas suivant qu’on se reconnaisse ou non dans ce qui est dit. C’est le genre de sujets pour lesquels on est, malheureusement !!, rarement ouvert à une pensée contradictoire voir à la discussion tout court.

Brigitte Lahaie, c’est une pensée qui doute, qui s’interroge et qui ne cherche pas la radicalité facile, le simplisme ou l’opposition entre les sexes. Je m’y retrouve sans problème. Mais je pense que ce ne sera pas le cas de tout le monde, vous être prévenus.

Dans le même genre, j’avais beaucoup aimé lire « Fausse route » d’Elisabeth Badinter. Les deux ouvrages ont chacun leur place dans ma bibliothèque et ne la quitteront pas.

« Malgré le doute » de Vincent Demonty

C’est sans doute l’oeuvre pour laquelle je me montre le plus mitigé.

La mort de Véronique Pirotton est un drame qui m’a fort marqué. Logiquement, j’avais suivi de près le procès grâce aux retranscriptions précises des médias et j’avais même écrit, avant celui-ci, un article à portée plus générale.

Une femme qui décède dans des circonstances pour le moins suspectes. Un présumé coupable qui nie de toutes ses forces. Une société fortement polarisée. Une victime qui elle-même avait vécu une vie par moment douloureuse mais qui se battait pour son fils. Et qui fut pourtant trainée dans la boue à l’occasion de « son » procès.

La première partie offre une parole à la soeur de Véronique. Une parole intéressante ; on a pas assez entendu les victimes dans cette histoire. En la lisant, on se rappelle que ce procès (que j’ai suivi tous les jours via le compte rendu intégral de la RTBF qu’on pouvait consulter chaque soir) a donné un verdict. Mais que ce verdict aurait pu être bien différent, avec les mêmes preuves, les mêmes faits, mais une enquête plus professionnelle ou un avocat de la défense moins talentueux. Voir avec des questions différentes posées au jury.

Les parties civiles n’ont pas reçu réponse à toutes les questions qu’elles se posaient. Le suicide est exclu. Le meurtre et/ou l’assassinat n’ont pu être prouvés à suffisance. La thèse de l’accident sera donc privilégiée par ceux qui ne veulent imaginer qu’un parlementaire, une personne censée être parmi nos élites nationales, ne puisse être à l’origine d’un tel acte. Par défaut, c’est bien ce que semble avoir retenu le jury et qui ne satisfait pas, on peut les comprendre, les parties civiles. On voit bien pourquoi : la stratégie défensive, pour réussir, s’est muée en stratégie d’accusation de la seule personne qui n’était plus en état de se défendre.

Dans cette première partie, donc, intéressante, on a ce point de vue développé par Nadine Pirotton. Je ne peux m’empêcher de me dire que j’aurais aimé que ce soit plus long, il y aurait eu, je pense, plus encore à dire sur le procès, les plaidoiries et les ressentiments personnels sur ce qui s’est passé avant et pendant le drame. Il y eu donc un peu de déception de ma part avant d’entamer la deuxième partie.

Cette deuxième partie fut vraiment intéressante et relativement bien écrite. Elle fut ce qu’elle devait être : émouvante et éclairante sur la personnalité de la disparue.

Par contre, et là je blâme particulièrement l’éditeur, c’est très mal découpé et structuré. On dirait que les séparations de chapitres, d’instants, de lieux ont disparu. Et ça peut vraiment, par moment, rendre la lecture difficile ou agaçante. Si le livre devait être réédité, j’apprécierais qu’on insère un vrai chapitrage dans cette partie finale. Cette partie étant moins destinée à comprendre qu’à faire connaissance avec l’intimité de V.P., je ne rajouterais pas forcément grand chose sur le fond, malgré les ellipses, par contre.

Alors voilà, j’ai apprécié la lecture et je l’ai trouvé utile et intéressante. Je la recommande parce qu’il n’y a rien de mieux. Mais j’ai quand même une impression de gâchis en ce sens qu’il y avait surement moyen de faire mieux avec un peu plus de travail de réécriture.

L’amour, en plus compliqué de Jim

C’est un livre de nouvelles, plusieurs dizaines au total, parlant d’amour. Mais pas d’une façon romantique idéalisée. Non, d’une façon réaliste, qui fait sourire, qui permet de s’identifier. C’est là toute la douceur de l’Amour, elle est présente derrière chacune de nos imperfections. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le livre n’est pas noir pour autant. Non, l’humour est présent à chaque histoire. Ça fait mouche dans une délicate alchimie très bien maitrisée.

Je ne dis pas que chacune de ces histoires fera forcément « tilt » chez vous. Mais, la lecture sera agréable, divertissante et il y aura des coups de cœur, c’est une certitude.

Si vous avez découvert JIM par la BD, alors vous ne devriez pas être déçu. Toutes les nouvelles proposées auraient pu être présentées dans un format plus graphique, mais alors on aurait moins profité de sa plume. Il est doué et je n’ai pas été déçu par ce changement de format par rapport à son habitude.

Je vous laisse avec une petite nouvelle. Elle n’est pas représentative, parce que chaque nouvelle est différente mais elle vous donnera peut-être envie de découvrir les autres et c’est là l’essentiel :

Economix, la première histoire de l’économie en BD par Michael Goodwin et Dan Burr

Vous avez détesté vos cours d’économie ? Ce livre vous plaira. Didactique, pédagogique, se voulant relativement neutre mais surtout, surtout, réaliste.

Finie la théorie abstraite sans aucun fondement concret sur le terrain.

Ici, on parle de ce qui se passe vraiment. Pas des mythes.

Le plus gros défaut est que le livre est américain et développe donc des références américaines. Mais son message est transposable dans tous les pays.

La plus grosse qualité est un travail de documentation intense. Les auteurs sont partis de tous les plus grands auteurs, ce qu’ils ont vraiment écrit et en font la critique toujours pertinente.

On ne vivra pas mieux après l’avoir lu, mais on en sort mieux informé. Et cette meilleure connaissance du monde fait aussi de nous de meilleurs citoyens.

59 secondes pour prendre les bonnes décisions de Richard Wiseman

Ce livre est de l’excellent Richard Wiseman.

Ici, pas de « développement personnel » nous promettant de devenir riche et célèbre rapidement par l’application de quelques règles de soit-disant bon sens. Pas de langue de bois endormante et de séminaire très coûteux indispensable non plus.

Non, tout ce que vous aurez, c’est une excellente vulgarisation scientifique. Ce qui a été testé en expériences de psychologie sociale et qui marche. Je recommande fortement. En plus, c’est agréable à lire.

Je vous envoie vers deux critiques lues sur d’autres blogs qui disent déjà tout ce qu’il faut dire :

J’ai déjà parlé sur ce blog d’un autre livre du même auteur, le Traité de Bizarrologie. Il est tout aussi excellent, si pas plus. Courrez le lire également et, dans mes souvenirs, il existe aussi en livre de poche, ce qui est plus démocratique.

Conclusion : neuf livres à découvrir

Vu les thèmes très variés, il devrait au moins y en avoir un qui vous plaise parmi eux.

Le format « en vrac » me semble intéressant car il permet de parler de livres pour lesquels je n’ai pas assez de matière ou de temps pour faire un article complet. Je continuerai donc dans cette voie dans le futur.

L’Odyssée d’un marin belge par le Commodore e.r. Daniel Geluyckens

En souvenir de Daniel Geluyckens

L’auteur du livre est décédé il y a deux ans (en 2016). Le Roi était représenté à son enterrement.

Sur le lien ci-dessus, vous trouverez des photos et un petit texte d’hommage qui finit par les mots suivants :

« Un grand marin et un homme de cœur nous a quitté. Bon vent amiral ! »

Editions de la Dyle / trouver le livre

Les Editions de la Dyle ont disparu depuis 2007.

Mon beau-père l’a trouvé, avec difficulté et chance, sur un site de vente de livres d’occasion. Il est évident qu’il ne sera plus réimprimé et donc restera très difficile à trouver.

J’aimerais pouvoir le rendre disponible plus largement (scan, retranscription) mais ça demanderait du temps que je n’ai pas pour le moment. Si ça  vous intéresse, toutefois, merci de me le faire savoir par e-mail. Ou si vous voulez vous y opposer (famille de l’auteur), faites le moi savoir également.

Un témoignage instructif et intéressant

J’adore lire des biographies ou les témoignages des gens de terrain. En matière de guerre, ce n’est évidemment pas suffisant et la remise en contexte ou la globalisation est indispensable. Mais, dans le cas présent, cela nous permet de nous plonger dans le parcours d’un de nos marins les plus illustres pendant toute la seconde guerre mondiale. Ce témoignage est, à ce titre, précieux et passionnant.

C’est mon beau père qui, après l’avoir lu, me l’a prêté (je l’en remercie).

Ce qu’on vécu nos marins dans le Mercator durant les premiers mois de la guerre fut terrible. Pas tant à cause de « combats » (inexistants) ou des dangers de la guerre mais plus à cause du dénuement et du quasi abandon de nos matelots durant cette première période.

Ensuite, ils se virent offrir l’occasion de servir dans la Navy. C’est un motif de fierté car un petit nombre le fit avec beaucoup de courage et de bravoure. D’un autre côté, même si les autres ne le firent pas, ils continuèrent leur engagement d’une autre manière qui ne fut pas moins utile pour autant. Je ne crache sur personne.

Les soldats, dont l’auteur, qui continuèrent purent oublier la mauvaise période du manque de nourriture, eau et celle des cafards du Mercator pour entrer à l’école de la Navy. Daniel Guluyckens en sortit premier de sa promotion ! Et il raconte comment les belges qui servaient là bas étaient appréciés, non seulement des militaires mais également de toute la population.

Dans les services qu’il accomplit, il y a la protection des navires marchand. Les U-Boot attaquaient en meute rendant ce travail d’escorte essentiel mais aussi terriblement dangereux.

Il y eu aussi l’aide au débarquement en Italie, des missions dangereuses en Méditerranée.

Et, enfin, le travail autour du débarquement le jour J. Même si on sait que les alliés avaient la maitrise et que le débarquement fut très largement une très grande réussite, on ne peut s’empêcher de frissonner par le témoignage d’un homme et de ses frayeurs. L’action des allemands et de leurs armes miracles donna parfois l’impression qu’ils pouvaient changer la donne de la guerre. Ce ne fut jamais le cas, mais pour un soldat au plus proche du feu, il est évident que cela avait de quoi effrayer. Surtout quand les épisodes qu’il décrit montre qu’il a vraiment échappé tant de fois à la mort.

Quand on se dit que la guerre, pour lui, a duré durant cinq ans ; cinq ans dans la peur, l’action, le feu, etc ! Même si ce ne fut pas permanent, on ne peut que saluer le courage. Réussir à demeurer sain d’esprit après de telles épreuves ! On doit être fier d’eux. Je trouve qu’on ne fait pas assez attention aux anciens combattants. Une vraie journée nationale qui serait fêtée comme telle chaque année ferait du bien.

Ma seule critique à formuler après lecture, ce n’est pas sur ce qui est écrit, c’est sur ce qui ne l’est pas. Car à lire la biographie de l’homme, il a eu des tas d’autres aventures passionnantes après la deuxième guerre mondiale. Il m’aurait plu de les connaitre aussi. Dommage, il est décédé et ces vies finiront par s’oublier sans écrits pour les sauvegarder pour les générations futures.

Liste nominative du personnel du Mercator au départ d’Ostende le 21 février 1940

Cette liste reprend le nom de famille, la fonction et ce que les personnes qui étaient dans le Mercator ont décidé de faire au 4 avril 1941 alors que le navire école était encore au Congo après sa double traversée de l’Atlantique.

Je me suis dis qu’elle pourrait peut-être intéresser certains des descendants des personnes concernées même si l’absence du prénom rendra plus difficile le fait de les trouver. Mais étant moi-même en recherche d’informations sur mes descendants, je suis sensible à ces préoccupations.

Numéro Nom Fonction Situation au 04/04/1941
1 Van de Sande, R. Commandant reste A/B Mercator
2 Delforge, J. 1er Officier ff. embarque sur Moanda
3 Ceulemans, H. Lieutenant embarque sur Moanda
4 Waignien, A. Lieutenant embarque sur Moanda
5 Dhondt, G. Officier instructeur embarque sur Moanda
6 Zaslawsky, W. Docteur Congo
7 Buelens, R. Aumônier embarque sur Moanda
8 Goddaert, C. Chef Mécanicien reste a/b Mercator
9 Segers, J. Sec.-Commisaire Congo
10 Toussaint, E. Radiotélégraphiste embarque sur Moanda
11 Goderniaux, B. Elec-Mécanicien embarque sur Moanda
12 Brackx, E. Motoriste embarque sur Moanda
13 Labouverie, C. Ass. Motoriste Forces Brit. Kenya
14 Knors, J. Maitre d’Equipage reste a/b Mercator
15 Berbuto, B. Voilier reste a/b Mercator
16 Ijzerman, J. Charpentier reste a/b Mercator
17 Haas, F. Matelot reste a/b Mercator
18 Swartwager, A. Matelot embarque sur Moanda
19 Coetermans, E. Matelot a/b Roumanie
20 Deswert, M. Matelot aux. Force Publique Congo
21 Van Driessche, G. Matelot aux. Force Publique Congo
22 Droeven, E. Matelot léger Force Publique Congo
23 Gille, G. Matelot léger a/b Roumanie
24 Van Torre, A. Matelot léger a/b Mafuta
25 D’Hainaut, C. Mousse a/b Roumanie
26 Becker, E. Mousse a/b Mafuta
27 Michaux, R. Mousse a/b Roumanie
28 Bulke, G. Mousse a/b Mafuta
29 Mathyssens, A. Steward reste a/b Mercator
30 Thiry, P. Messroom-Steward embarque sur Moanda
31 Devos, F. 1er Cuisinier a/b Elisabethville
32 Blonde, F. 2ème Cuisinier a/b Elisabethville
33 Haveneers, A. Aide-Cuisinier embarque sur Moanda
34 De Coninck, G. Aide-Cuisinier a/b Elisabethville
35 Wydooghe, J. Cadet a/b Mokambo
36 Van Puyvelde, J. Cadet a/b Mokambo
37 Byron, A. Cadet a/b Mokambo
38 De Ryckere, E. Cadet a/b Mokambo
39 Blasin, A. Cadet embarque sur Moanda
40 Creten, R. Cadet embarque sur Moanda
41 de Schutter, L. Cadet embarque sur Moanda
42 Geluyckens, D. Cadet embarque sur Moanda
43 Ghijs, R. Cadet S.V.N. Congo
44 Pesch, J. Cadet embarque sur Moanda
45 Poskin, E. Cadet embarque sur Moanda
46 Reculez, Y. Cadet Adm. Territoire Congo
47 Rodrique, A. Cadet S.V.N. Congo
48 Sarlet, P. Cadet embarque sur Moanda
49 Van Dyck, J. Cadet embarque sur Moanda
50 Van Schoonbeeck, P. Cadet embarque sur Moanda
51 Wagner, R. Cadet a/b Mokambo
52 Vanderween, R. Cadet Force Publique Congo
53 Renard, G. Cadet embarque sur Moanda
54 Zonnekeyn, R. Cadet a/b Elisabethville
55 Grandjean, R. Cadet embarque sur Moanda
56 Barthelemy, R. Cadet Force Publique Congo
57 Cornez, J. Cadet embarque sur Moanda
58 Vervynck, M. Cadet embarque sur Moanda
59 Boué, J-M. Cadet Force Publique Congo
60 Dumortier, A. Cadet embarque sur Moanda
61 Steens, M. Cadet embarque sur Moanda
62 De Keyzer, E. Cadet a/b Moanda
63 Cattoor, A. Cadet S.V.N. Congo
64 Ponsard, H. Elève matelot embarque sur Moanda
65 Van Begin, P. Elève matelot a/b Elisabethville
66 Brouckaert, R. Elève matelot Force Publique Congo
67 Lemoine, F. Elève matelot a/b Roumanie
68 Ladeuze, A. Elève matelot a/b Elisabethville
69 Anciaux, L. Elève motoriste embarque sur Moanda
70 De Roeck, E. Elève motoriste Forces Brit. Kenya
71 Verreth, F. Elève motoriste embarque sur Moanda
72 Budts, P. Elève cuisinier reste a/b Mercator
73 Chaussier, A. Elève cuisinier a/b Elisabethville
74 Verschueren, J. Elève cuisnier reste a/b Mercator

Liste nominative des cadets du navire-école Mercator entrés à la Royal Navy le 1er mai 1941

Dans le même souci que pour le précédent tableau, je recopie les noms.

Numéro Nom et prénom Date de naissance Envoyé au Royal Naval College Dartmouth
1 Steens, Marcel 15/09/1917 non
2 Van Dijck, Julien 29/08/1919 non
3 Poskin, Edouard 9/01/1920 non
4 Blasin, André 17/03/1921 oui
5 Grandjean, René 4/05/1921 non
6 Van Schooneek, Paul 4/05/1921 oui
7 Cornez, Jean 2/06/1921 oui
8 Creten, René 24/09/1921 non
9 de Schutter, Lucien 17/12/1921 non
10 Pesch, Jean 20/12/1921 non
11 Vervynck, Marcel 31/12/1921 non
12 Sarlet, Paul 7/02/1922 non
13 Geluyckens, Daniel 26/10/1922 oui

Bitcoin, une religion et un dogme ?

Le Bitcoin est un sujet qui m’intéresse beaucoup. Je lis beaucoup à son sujet. Et personne n’a jamais réussi à me convaincre que ce système monétaire serait mieux que ce que nous utilisons aujourd’hui. Il fallait toutefois bien que j’en parle sur ce blog un jour. J’ai l’impression qu’il existe une quasi « religion » à son sujet sur le net et cela ne peut pas faire de mal d’avoir un peu de négatif dans le débat.

Mes principaux reproches sont les suivants :

  • aujourd’hui, c’est une monnaie spéculative et quasiment inutilisable pour les achats du quotidien. Une monnaie où il faut attendre potentiellement plusieurs heures pour que la transaction soit confirmée. Avec une volatilité folle qui fait que le cours du Bitcoin évolue entre le moment de la transaction et sa confirmation. INUTILISABLE. Ou, au minimum, un retour en arrière par rapport à l’existant.
  • elle coûte énergétiquement très cher. Et ce coût ne cesse d’augmenter avec le temps. De ce point de vue-là, j’ai lu que le coût d’une transaction pourrait diminuer avec le temps (économies d’échelle) mais entre la théorie et la pratique, je reste dubitatif.
  • sa sécurité ne me parait pas si garantie. Le fait de perdre sa fortune en même temps qu’on perdrait un disque dur en fait quelque chose de pas très rassurant. Et il y a déjà eu des scandales dans le passé. Le fait de se passer de régulation ou de tiers de confiance parait une bonne idée quand on déteste l’état ou qu’on est anarchiste mais il faut encore réussir à faire au moins aussi bien qu’eux et ce n’est pas gagné …
  • elle est basée quasi maladivement, justement, sur une peur de l’Etat mais permet une surveillance sans précédent. La blockchain stocke toutes les transactions, c’est son principe. Donc, si on ne devait utiliser que le Bitcoin, le moindre de nos achats serait stocké et accessible. On est dans un système décentralisé, ou plutôt non dirigé, mais les données, elles, sont centralisées dans un même fichier.

J’ai trouvé un article intéressant résumant ceci (excepté le dernier point).

Et un autre article que j’ai trouvé assez intéressant et pondéré.

Au rayon avantages, je n’en vois pas. Je ne suis pas libertarien, je crois que l’Etat doit garder un contrôle sur la monnaie. Dans le Bitcoin, le contrôle est relégué à un algorithme, ce n’est pas neutre du tout. Mais, qui a le contrôle sur cet algo ? Pas l’état. Donc, le contrôle n’est pas démocratique et n’a aucune garantie de l’être ou le rester.

Cela dit, comme je l’ai écrit en commençant, je garde un intérêt voir une ouverture d’esprit et je continue donc à m’informer.

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Ploum et M. Jamar défendent son bilan énergétique

Je suis donc tombé sur cet article du blogueur Ploum qui m’a paru défendre des raisonnements assez biaisés. Et cela a conduit à me demander si, à défendre cette monnaie de cette manière-là, on était pas entré dans une sorte de religion / dogme où on finit par se sentir obligé de tout justifier quels que soient les arguments en faveur ou en défaveur.

Vous trouverez l’article de Ploum sur le Bitcoin ici.

Ploum et Mathieu Jamar ont décidé de  défendre le Bitcoin sur sa consommation énergétique (il est vrai, un des gros points noirs de la monnaie).

Cette défense ne remet pas en question les chiffres avancés comparant la consommation du Bitcoin à celle de certains pays. Mais elle remet en question le fait que ce soit une catastrophe écologique par les arguments suivants (mon commentaire est mis entre parenthèses à chaque fois) :

  • une production d’électricité peut être propre (là dessus, je suis d’accord avec un bémol : toute énergie, même propre, surtout propre, qui est gaspillée est un souci)
  • on a utilisé une énergie qui n’était pas temporairement utilisée (mais, en vrai, quand on regarde le graphique présenté, cela ne l’était que pour une petite partie de la production, puisqu’on est dans le centre du rond)
  • les surplus doivent être consommés (c’est vrai dans le cas du nucléaire, beaucoup moins dans le cas de l’hydroélectricité où il est plus facile de stocker de l’énergie sous forme cinétique)
  • que si le Bitcoin consomme autant que le Maroc, il a aussi, si on en croit la fourchette la plus haute, le même nombre d’utilisateurs (pour nous dire de ne pas comparer pommes et poires et comparant pourtant également l’incomparable, c’est à dire des citoyens d’un pays et les utilisateurs d’une monnaie virtuelle. Et on admirera au passage que le nombre d’utilisateurs du Bitcoin est évalué avec une marge d’erreur de 20 millions sur 30 millions max, c’est dire comme il semble difficile de maitriser les chiffres !)
  • de manière plus logique (mais seulement en apparence) on nous dit que le Bitcoin consomme à peine plus que la production de pièces et de billets (au monde ? donc, pour maximum 30 millions d’utilisateurs, cela consomme déjà plus que la production de pièces et de billets ?? est-ce vraiment un argument « positif » ?)
  • on continue dans les comparaisons avec celles liées à l’extraction d’or qui est très chère et polluante (mais c’est pour moi hors sujet car vouloir remplacer l’or par le Bitcoin – qui est versatile et abstrait -, c’est ne pas comprendre pourquoi l’or sert de stockage : c’est un métal rare et précieux, concret, qui a des usages commerciaux et techniques et qui est très demandé)
  • un peu de populisme anti-banques pour nous dire que ses employés viennent bosser en voiture ou en jet privé (mais bien sur, le Bitcoin va faire en sorte qu’il n’y aura plus de compte d’épargne rémunéré ou plus de prêt ou de produits d’assurance et d’investissements, … même avec une monnaie en Bitcoin, je ne vois pas comment les banques disparaitraient)
  • Youtube, c’est le mal, ça ne sert qu’à afficher des pubs entre deux vidéos « rigolotes » (is it a joke ? je peux leur envoyer quantité de chaines intéressantes et qui ne font pas que ça ou qui se financent en dehors de la publicité … passons sur le fait que Youtube est un réseau social et que la communication, c’est aussi des choses futiles). Puis nous parler de la consommation des Data Center de Google. (OK, mais les data centers font aussi autre chose que Youtube … et Google est alimenté à 100% par des énergies renouvelables, il y a de la contradiction avec l’argument numéro un)
  • « Avant de critiquer la consommation de Bitcoin, il est donc nécessaire de quantifier à combien nous estimons une consommation “normale” pour un tel système. » (Je suis entièrement d’accord, mais votre article ne le fait au final que très peu, malheureusement ! c’est là dessus qu’il aurait fallu écrire !)
  • Le minage des Bitcoins n’est pas inutile, il assure la sécurité. (certes il est créé dans ce but, donc j’espère bien qu’il le remplit, mais au final, tous ces calculs ne mènent à rien ; et même si on utilisait ces capacités pour résoudre de vrais problèmes, il en résulterait tout de même de gros gaspillages car le même calcul serait fait en parrallèle un nombre important de fois)
  • Le minage permet de garantir la décentralisation du système (mais la décentralisation est-elle un but en soi ? c’est précisément elle qui est à l’origine du gaspillage, cela en vaut-il vraiment la peine ? quel est le rapport avantages / inconvénients de celle-ci ?)
  • Le Bitcoin n’est pas optimisé mais c’est normal, c’est encore « expérimental » (très rassurant, ou pas, mais l’argument peut aussi se retourner contre le Bitcoin, un projet qui dérape autant en phase de test, est bon pour la casse ; c’est justement parce qu’on est en phase de test qu’il faut chercher des solutions ou envisager l’arrêt car ce qui se passe aujourd’hui pourrait l’être d’une manière exponentiellement pire dans le futur)
  • Et là, on arrive à la seule comparaison qui avait un intérêt profond, celle du coût par transaction. Car oui, au final, combien cela coûte en Bitcoin pour faire mes courses durant un mois versus combien ça coûte aujourd’hui pour un consommateur moyen, c’était la seule question pertinente. C’était le seul moment où on pouvait comparer des choses comparables. Mais, vous savez quoi ? Il n’y a pas la réponse. Ou plutôt, on a cette réponse : « Mais les comparaisons coût par transaction sont de toutes façons pour la plupart malhonnêtes car elles ne prennent généralement pas en compte toute l’infrastructure bancaire sur laquelle s’appuient les solutions comme VISA ou MasterCard. » (cela me parait une façon bien maladroite de se défendre, car on est donc pas plus avancé, il n’existerait aucun chiffre utilisable. Ou alors ceux existant ne sont pas favorables et il fallait bien trouver un moyen de les rejeter ?)
  • Pas d’optimisation nécessaire tant qu’on ne connait pas la consommation relative du système dans le futur par rapport à la consommation énergétique totale. (Le problème, c’est que celle-ci est et sera toujours imprévisible, système fermé oblige. Par ailleurs, pas besoin d’attendre puisqu’on saurait déjà faire beaucoup de calculs aujourd’hui, autant y aller.)

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La conclusion est affligeante car la critique du Bitcoin serait surtout motivée par, tenez-vous bien :

  • la volonté de faire vivre les publicitaires qui financent les médias (sensationnalisme)
  • la manipulation de nos émotions par les médias au profit de ceux à qui appartiennent aujourd’hui la monnaie (en gros les Etats)
  • le manque de compétences et de temps des journalistes

Si on est pas dans le complotisme, je me demande bien dans quoi on est.

Utilité de la monnaie

Pourquoi est-il essentiel de regarder le nombre de transactions utiles ? Car, actuellement, le Bitcoin a un usage quasi exclusivement spéculatif. Que donc, même le grand nombre d’utilisateurs n’est pas révélateur. Ces utilisateurs font très peu de transactions « utiles » (achats de biens de consommation) voir très peu tout court (si ce n’est la part la plus spéculative, justement, des utilisateurs).

Finalement, le principe de la blockchain liée au Bitcoin qui est de ne pas faire confiance aux Etats conduit également à ne faire confiance à personne. Or, si on confie notre monnaie aux Etats, c’est parce qu’on sait qu’il faut un organisme qui doive rendre des comptes et qui soit au dessus de la mêlée et proche de l’intérêt public pour superviser le tout. Les banques nationales sont une manière très efficace et efficiente de faire ce contrôle. La blockchain, c’est tout l’inverse sans compter qu’elle nécessite de faire confiance à un algorithme bien plus incompréhensible que le fonctionnement des banques nationales ou à des mineurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle mais dont il n’est pas du tout impossible qu’ils puissent un jour se mettre ensemble pour trafiquer le système.

Pour moi, le Bitcoin prouve par l’absurde, ou par l’expérimentation que des entités de confiance centralisatrices sont bel et bien nécessaires et le seront toujours.

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Finalement, à la fin de l’article, j’ai surtout une double impression. La première, c’est que cette monnaie virtuelle est comme une religion, un dogme incritiquable. Et, dès lors, tous les arguments sont bons. Je pense qu’ils sont de bonne foi mais leurs arguments ne font que très peu mouche.

Effectivement, aujourd’hui, le Bitcoin engendre une énorme consommation d’énergie et cette énergie n’est même pas dépensée pour faciliter des échanges commerciaux. Non, elle l’est surtout dans un but de spéculation. Et ça, pour des gens qui semblent anti banque, c’est paradoxal.

Mais cela me conforte dans l’idée que les banques ne sont pas le problème mais plutôt le manque de leur régulation. Donc, les supprimer pour quelque chose d’encore moins supervisé ne peut certainement pas être la solution.

Et on arrive à la deuxième impression, la peur (et la haine ?) de l’état est tellement forte qu’on en arrive à créer une immense usine à gaz polluante et à tout justifier. Jusqu’à carrément oublier et mettre au second plan que le Bitcoin est surtout un outil de spéculation. Précisément ce qu’on devrait combattre. Et qui devient ingérable dans un système décentralisé. Alors qu’on a trop peu de régulation, cette solution en cryptomonnaie ne fait qu’enfoncer le clou.

Au final, pourquoi abandonner les banques si c’est pour arriver dans un système bien pire encore ?

Voilà sans doute pourquoi je ne serai probablement jamais séduit par ces cryptomonnaies. Je pense que l’Etat a un rôle à jouer dans nos vies. Il ne doit pas tout faire, il ne doit pas tout être, il doit être bien géré, mais il doit être présent comme régulateur, surtout dans des domaines d’importance comme la finance ou la monnaie. Ce qui est incompatible avec l’idéologie fondatrice des cryptomonnaies.