Ma librairie du futur

Quand j’étais plus petit (adolescent), je rêvais d’avoir ma propre librairie. La raison ? Je voulais simplement pouvoir lire tous ces magazines qui me faisaient envie et qu’il était impossible de se payer. Idem pour les livres qui coûtent relativement cher quand on a peu d’argent de poche. Bien sur, c’était un peu « naïf » de croire qu’un libraire a le temps de faire ça.

Mais, donc, tout ça pour dire que ce monde-là m’intéresse depuis longtemps.

Entre temps, ce que je n’aurais pas imaginé plus petit, est venu s’ajouter la dimension technologique et les interrogations sur le futur de la profession. Le progrès technologique m’a toujours fasciné et pose beaucoup de questions (accès à la culture, avenir du réseau de distribution, possibilité pour tous de se faire auto-éditer facilement).

Et last but not least, j’ai rencontré quelqu’un qui avait elle-même caressé le rêve de travailler au sein de la chaine du livre.

Comme j’ai déjà longuement réfléchi sur l’avenir d’une profession, ou plutôt sur la manière de garder un avenir à une profession, j’avais envie de le poser dans un écrit structuré et de le partager avec vous.

Je commence par esquisser quelques questions d’actualité et beaucoup parler d’une comparaison avec Amazon et à la fin je vous présenterai concrètement ce que j’imagine comme librairie du futur (celle dont je rêve en tout cas).

La situation aujourd’hui

Avant de dresser le portrait de ce que je peux imaginer comme étant la « librairie du futur », j’ai envie de discuter avec vous sur certains sujets d’actualité.

Amazon, le grand méchant ?

On parle souvent d’Amazon en mal, presque en mal absolu, une sorte de Voldemort repoussoir. Pourtant, à y regarder de plus près, Amazon a apporté des bonnes choses au consommateur et s’il représente un danger potentiel, il n’est pas forcément toujours là où on dit qu’il est.

Amazon est un danger pour la diversité ?

Non

Alors, en réalité, un des plus grands apports d’Amazon est justement d’avoir réouvert complètement l’horizon culturel complètement.

Son stock est immense et se complète avec les livres d’occasion d’un réseau de partenaire ahurissant. S’il y a bien un domaine où on peut dire 200* merci à Amazon, c’est celui d’avoir prolongé la vie de nombreux livres. Les livres qui n’était plus imprimés, édités ont souvent retrouvé une (seconde ou nouvelle) vie.

Bien sur, Amazon tisser un réseau de librairies d’occasion et numériser les stocks existants permettrait d’obtenir le même effet sans Amazon. Mais les librairies, avant d’avoir ce concurrent, n’avaient aucun intérêt à le faire (leur intérêt était surtout de pousser à vendre des livres en stock, soit en bonne partie des nouveautés ou des invendus autres que « ce » livre que nous cherchions). Le précieux conseil du libraire consistait donc souvent à pallier un défaut. Il fallait nous aider à trouver un livre de substitution pour le livre que nous cherchions réellement.

J’ai vu qu’une initiative en Belgique existait de fédérer beaucoup plus les librairies indépendantes : enfin ! Après combien d’années ? Je pense que le métier de libraire doit être extrêmement individualiste pour qu’une mise en commun (et encore, on est sans doute loin du possible et du souhaitable) commence à se mettre en route. Mais d’un côté, sans la concurrence d’Amazon, on y serait jamais arrivé.

Enfin, Amazon propose son service d’autoédition assez facile à utiliser, ce qui en soit, accroit encore de beaucoup la diversité de ce qui est proposé. Pas forcément une bonne chose pour l’écosystème économique (trop d’offre tue l’offre) mais d’un strict point de vue diversité, on y est.

Oui, si …

Il y a toutefois deux choses qui pourraient faire d’Amazon un danger pour la diversité du livre, un jour.

  1. Le monopole
  2. La technologie

Les deux raisons peuvent se compléter.

Si un jour, leur part de marché devient si énorme que nous n’avons plus vraiment de choix ou plus assez, le Gouvernement pourrait alors très facilement censurer et contrôler une éventuelle censure et même le faire discrètement. Moins il y a d’acteurs, mieux on peut les contrôler. Ce danger n’existe que dans une société où l’état de droit est en faillite mais à y regarder de plus près, les partis populistes et extrémistes n’ont jamais été aussi puissants, donc … pas impossible.

La même cause peut également créer un autre effet. Si le réseau de distribution comprend très peu d’acteurs différents, ceux-ci pourraient se mettre en « cartel » et imposer des conditions aux éditeurs sur leurs prix (ce qui se répercutera sur les auteurs), sur leurs nombres de sorties et sur leur politique éditoriale indirectement ou directement. Le but d’une société commerciale est de maximiser ses bénéfices et par conséquent de diminuer les risques.

Enfin, quand je parle de technologie, c’est le danger « Kindle », celui des DRM (logiciel qui vérifie qu’un livre numérique acheté ne pourra pas être partagé, piraté, facilement et sera seulement lu par son auteur). Dans la musique, on a (grâce à Steve Jobs) finit par supprimer les DRM sans que cela crée des problèmes mais ceux-ci font malheureusement encore de la résistance dans le monde du cinéma / télévision / livre numérique.

Amazon n’est pas qu’une librairie, c’est aussi un magasin qui vend beaucoup de choses différentes dont les liseuses numériques et des livres numériques. Ces liseuses, vendues par Amazon, sont vendues au meilleur prix pour tuer le marché ET ne peuvent lire QUE ce qui est vendu par Amazon.

On touche là au vrai ET plus grand danger d’Amazon. Contrairement à ce qu’on pense, je pense que les librairies peuvent s’adapter sans trop de problèmes et concurrencer Amazon de manière à maintenir un équilibre et éviter le monopole. Mais, dans le cadre du livre numérique, il y a une véritable prison très dangereuse qui peut se mettre en place.

Embed from Getty Images

Si Amazon écrase la concurrence des liseuses, il fait une pierre deux coups et écrase dans le même temps la concurrence des vendeurs d’e-books (je caricature un peu, mais c’est le propos). C’est à ce sujet que les libraires (car je leur vois aussi un avenir dans le monde du livre numérique) et les amoureux du livre devraient être le plus attentif avant qu’il ne soit trop tard. S’il est facile de lancer un commerce de livre en plein monopole Amazon si la clientèle veut changer de crémière, il est nettement plus difficile de relancer une production de liseuse ou de faire changer de vendeurs d’e-book si tout ce que les gens ont acheté précédemment n’est pas compatible avec ce que vous proposez aujourd’hui.

Ce n’est pas le but de cet article, mais si j’avais un conseil à donner au monde politique à ce propos (je pense qu’il s’en cogne et n’y comprends rien mais bon, sait-on jamais …), il serait le suivant :

  1. Imposez un standard universel de DRM pour les ebooks. Tout vendeur d’ebook doit (pouvoir) utiliser un standard universel d’ebooks compatibles avec toutes les liseuses
  2. Imposez des normes d’interopérabilités !! Obligez chaque vendeur à permettre le téléchargement de ses (précédents) achats dans cette norme ou à fournir un logiciel qui transformera ces fichiers dans un format lisible sur toutes les liseuses
  3. Idéalement, mais il faut du courage pour cela, supprimez les DRM !

Amazon, la dictature de l’immédiat ?

C’est l’argument le plus bizarre que j’entends généralement dans la bouche des libraires. Amazon, ce serait la faute du client qui veut tout, tout de suite (et qui a tort).

Je pense que cette critique vient avant tout de l’habitude qu’on pris certains libraires à vendre autre chose que ce que le client recherche et à valoriser du mieux possible son stock. Souvent de manière contre-productive d’ailleurs, aujourd’hui, puisque cela a poussé les clients dans les bras d’Amazon, mais pas définitivement.

Quelqu’un qui se rend en librairie peut avoir deux buts très différents pour le libraire :

  • soit il sait ce qu’il cherche et n’a aucun besoin du conseil hormis celui qui lui permettra de savoir où est son livre
  • soit, il veut juste acheter quelque chose sans but particulier et va examiner un rayon en particulier (par exemple, les livres pour enfants) ou regarder ce qui est arrivé dans les nouveautés

Si le libraire a le livre en stock, il sera TOUJOURS plus rapide qu’Amazon et ce sera même souvent plus satisfaisant pour le lecteur qui pourra entamer la lecture aussi vite que possible et qui ne devra pas aller au bureau de poste ou faire face à un livre qui a été abîmé lors de la livraison ou de l’empaquetage.

Par contre, s’il faut commander, c’est très majoritairement une expérience très négative à vivre. Combien de fois il faut parfois (re)venir pour entendre qu’un livre n’est toujours pas arrivé, on ne sait jamais nous dire quand il arrivera et il faut se déplacer alors qu’on a pas toujours le temps de se rendre en centre ville. Beaucoup de lecteurs vont alors se décider de se rendre dans une autre librairie de la ville ou commander directement sur un service en ligne.

Et dans le cas où on ne sait pas ce qu’on cherche, le conseil du libraire sera intéressant de même que la possibilité de feuilleter le livre. Et ce sera toujours, dans tous les cas, plus rapide de se rendre en librairie. A noter que le conseil Amazon n’est pas aussi mauvais que les libraires aiment le dire : l’algorithme peut deviner mieux qu’un humain quelles sorties pourraient nous intéresser et les commentaires des lecteurs nous permettent d’accéder à une diversité d’opinions qui nous aidera grandement.

La situation n’est donc pas si mauvaise qu’on le dit et surtout, hormis dans le cas où il faut commander, aujourd’hui, la rapidité n’est pas du côté d’Amazon. Je suis donc étonné d’entendre souvent cet argument. On verra par la suite, mais, en plus, des solutions sont possibles pour améliorer la compétitivité des libraires.

Amazon, les conditions de travail dégueulasses ?

Cela pourrait faire l’objet d’un article à lui tout seul. Mais je suis convaincu qu’Amazon ne peut se permettre sa politique actuelle que à cause du taux de chômage élevé dans les régions dans lesquelles il s’implante. Il s’agit ici d’un combat syndical qui doit être mené mais qui est indépendant du problème, selon moi. Ce n’est pas lié au modèle économique en tant que tel. On pourrait avoir un Amazon qui respecte plus les travailleurs, ce n’est pas la question principale quand on parle de chaine du livre.

Cela ressemble par contre à un argument massue pour éviter de regarder dans son propre jardin. Pas sur que les conditions de travail soient idéales dans toutes les autres librairies non plus. Le livre de Leslie Plée sur son expérience de libraire dans une grande surface culturelle bien française ne montre pas forcément un point de vue très réjouissant (à noter qu’il n’existe plus en neuf …).

Pourquoi, dans une certaine mesure, je me fais l’avocat du diable ?

Dans cet examen de la situation présente, il me paraissait important de parler d’Amazon car ce sont eux, actuellement, qui ont le plus d’impact sur le marché.

Mais, il faut le faire bien. La vérité, c’est qu’une bonne part du succès d’Amazon est aussi dû à un service que le consommateur estime insuffisant dans sa librairie de quartier. Ca fait du mal de le dire, mais les gens ne vont pas chez Amazon par masochisme. Toute campagne de pub qui cherchera à faire changer de crèmerie sur des arguments comme « nous sommes bons, ils sont méchants » n’aura aucun intérêt si vous n’arrivez pas réellement à proposer et à faire connaitre un meilleur service.

Et on le verra dans la suite de l’article, à condition d’accepter le changement, d’évoluer et de se remettre en question, c’est tout à fait possible.

Or, tant qu’on reste dans cette caricature du méchant qu’il faut combattre, on ne fait pas le travail le plus important, c’est à dire améliorer son propre service, séduire le client. On ne séduit pas un client en critiquant le concurrent. Oubliez ça. Au mieux, vous aurez un sourire en face et un achat honteux derrière le dos. Au pire, vous perdrez tout car le client ne se sentira pas au centre de vos préoccupations.

Le livre numérique, la fin des librairies ?

Embed from Getty Images

Au contraire ! Si les libraires s’adaptent et s’unissent, cela peut être une très grande opportunité.

Toutefois, comme j’en ai discuté plus haut, cela va demander une action énergique de la part du monde politique pour éviter toute situation technologique qui conduira à un monopole dangereux.

Et cela demandera également qu’on puisse créer un cadre qui le favorise vraiment. Des livres numériques vendus plus chers que la version poche, il faut arrêter cela tout de suite ! Des DRM qui t’emprisonnent chez le même vendeur, c’est un problème qu’il faut stopper avant qu’il ne soit trop tard.

Enfin, le livre papier ne cessera jamais totalement car il y a le plaisir de « posséder » pour de vrai et il y a celui des « beaux » livres qu’on ne pourra jamais imiter en numérique. Et il y a moyen de créer une complémentarité. Les libraires devraient pousser à ce que la version numérique d’un livre soit toujours fournie avec l’exemplaire papier, par exemple. Il n’y a pas de sens de payer des droits d’auteurs deux fois pour lire le même livre.

Le prix unique, la solution miracle ?

J’ai déjà fait un article à propos de l’instauration du prix unique du livre en Belgique.

Je continue à penser que ce n’est pas la solution « miracle » qu’on prétend qu’il soit.

Je le redis ici : focaliser sur le prix est suicidaire pour les librairies. Ca les détourne des vrais défis qui est de réinventer leur métier. Les gens sont prêts à payer plus pour la qualité d’un service meilleur. Le prix unique va empêcher que tel dictionnaire ou tel best seller ne se retrouve trop bon marché dans la grande surface d’à côté. Sauf que cela n’empêche pas Pierre, Paul et Jacques de l’acheter dans cette même grande surface puisque c’est sur leur chemin quand ils font leurs courses.

Les grandes surfaces fonctionnent sur l’achat impulsif et le prix n’est qu’une variante du problème. Je ne suis vraiment pas sur que, pour de l’achat en neuf, le prix unique ait une telle importance qu’il puisse sauver les librairies indépendantes. Par contre, il permet d’éviter de se poser les bonnes questions ou de se remettre en question et c’est sans doute pour cela qu’il est tant adulé.

2030, j’ouvre ma librairie « Mosa »

2030, c’est dans dix ans, peu et beaucoup à la fois. J’ai choisi cette date car elle sonne pour moi suffisamment lointaine pour voir ceci arriver. Mais elle demanderait en réalité des actions dès maintenant. Et un lobbying politique pour certains aspects.

Pourquoi « Mosa » ? Simple, j’habite en Belgique et c’est un des plus grands fleuves coulant dans le pays. Une simple référence qu’on veut pouvoir concurrencer et faire mieux qu’Amazon.

Embed from Getty Images

Mosa réel-virtuel / Mosa chez moi

Ma librairie est toujours un endroit chauffé dans lequel je peux pénétrer pour respirer un air hors du temps qui passe. Mais c’est également un lieu numérique tout aussi chaud où je suis aussi bien accueilli, servi et conseillé. Mosa ne peut plus se montrer au client comme avant l’invention d’internet. Ce n’est tout simplement pas possible.

Mon libraire sait tout ce que je lui donne à savoir de moi. J’ai partagé le contenu de ma bibliothèque avec lui. De cette manière, il peut mieux me conseiller. Et je peux bénéficier de certains services plus facilement. Sur base volontaire évidemment. Et de manière facile : avec un bête lecteur à code-barre ou à QR code, j’ai scanné tout ce que je possédais et j’ai fait pareil avec un logiciel pour le répertoire qui contient mes e-books.

Enfin, je peux consulter l’état de son stock, suivre une commande, lui dire mon intérêt pour tel auteur ou telle future sortie, réserver, etc … Mieux, j’ai également accès au stock de toutes les librairies partenaires. Et ceci aussi bien en neuf qu’en occasion.

Meilleur encore, je peux permettre à d’autres clients de me faire des propositions d’achat pour certains des livres que je possède et je peux savoir si un livre existe encore chez quelqu’un. Et lui faire une proposition en passant par mon libraire. Je ne rentre pas dans les détails mais les possibilités sont énormes pour le libraire.

Mosa CLUB

Embed from Getty Images

Chaque librairie doit pouvoir être ou faire partie d’un « club ». Un endroit communautaire.

Je partage mes lectures avec les autres adhérents. Je lis leurs critiques, leurs notes. Je peux suivre les « influenceurs », ceux dont je sais que les goûts correspondent aux miens. Comme sur Amazon, je peux lire de nombreux conseils avant de me lancer.

Je suis également conseillé par un algorithme que je peux moi-même paramétrer : je reçois une alerte quand tel livre arrive en librairie, ou quand tel auteur sort un nouvel opus, il m’informe des auteurs que les gens qui ont le même profil que moi apprécient, je peux lui demander de me suggérer de nouveaux auteurs qui pourraient me plaire. Les possibilités sont très nombreuses mais, contrairement à Amazon, j’ai la main dessus.

Enfin, je fais des rencontres … Des petits ateliers sont organisés pour débattre d’un livre, des dédicaces sont organisées régulièrement, un salon de thé me permet de lire des extraits de livre avant de me décider ou de lire ma liseuse en bonne compagnie dans un endroit reposant. C’est mon « plus », mon « avantage concurrentiel » le plus précieux. Les gens viennent pour l’expérience et se sentir bien dans des fauteuils confortables. Mes plus fidèles clients sont ainsi récompensés et je peux donner du conseil à ceux qui en ont le plus besoin comme les novices et ceux qui n’ont pas l’habitude de fréquenter ces lieux, voir qui en ont une certaine aversion.

Mosa E-Books

Liseuse numérique

Avec tout mon réseau de librairies, on s’est mis ensemble pour proposer la crème de la crème en liseuse numérique au meilleur prix. Comme chez Amazon, ce n’est pas le produit qui me permet de gagner ma vie, mais celui qui me permet de fidéliser mes clients.

Connecté au « club », ma liseuse fait plus que lire des livres, elle me permet d’accéder à ma communauté et d’en être membre à part entière.

Le client a le choix entre un produit luxe, la meilleure qualité sans concession, et un produit d’entrée de gamme qui est concurrentiel par rapport au Kindle.

Au niveau des prix, en jouant sur les volumes, on fait gaffe à rester concurrentiel mais on comprend aussi que même une vente à perte peut être préférable à un client parti pour toujours chez la concurrence (car emprisonné).

Si le lobbying politique contre les DRM n’a pas fonctionné : De nombreux clients sont coincés chez Amazon à cause des DRM. C’est un combat que nous menons en priorité pour notre survie : chaque liseuse qui n’est pas achetée chez Amazon est une perte évitée pour le futur.

Nous proposons une offre basée sur le service qui nous différencie vraiment : la location de liseuse pour les membres actifs du Club. Le client paye tous les mois un certain montant et, en échange, possède toujours une liseuse moderne et à jour, en reçoit une nouvelle en cas de besoin et se la fait réparer gratuitement (un nombre limité de fois pour les maladroits).

Pour les liseuses qui ont été louées, un service de vente d’occasion permet aux moins aisés d’en faire l’acquisition à moindre coût.

Enfin, une liseuse « BD » est à l’étude et sortira bientôt. Elle permettra un confort de lecture aussi bon qu’avec une vraie lecture sans devoir faire de compromis sur le format. Des petits plus existeront même, en fonction des maisons d’éditions et des auteurs. C’est une vraie révolution qui permettra de redonner une vie à de nombreuses BD qui n’étaient plus éditées.

Embed from Getty Images

Vente d’e-books

Nous avons obtenu que chaque client enregistré puisse recevoir gratuitement la version numérique du livre papier qu’il achète. Paradoxalement, cela a boosté la vente des livres papiers (en neuf et occasion) tout en favorisant les ventes digitales.

Une partie de notre espace de vente est consacré aux livres qui n’ont été édités qu’en version numérique. Dans cet espace, les éditeurs mettent à notre disposition un certain nombre de pages / chapitres en format papier que les lecteurs peuvent emprunter pour lire à leur aise avant de se décider d’acheter.

Cette possibilité de découverte existe également directement sur le liseuse, cela va sans dire.

Pour l’achat de livres numériques, il faut être membre du club et ceux-ci sont accessibles et téléchargeables depuis l’espace numérique. Si le client a une liseuse enregistrée, elle reçoit même directement l’exemplaire en téléchargement.

Embed from Getty Images

Vente de livres audio

Les livres audio sont aussi des livres numériques, mais des livres spéciaux.

Dans les espaces d’exposition, des extraits de livres audio pourraient être lus pour inciter les lecteurs à en acheter et à en découvrir. Mais cela pourrait également donner l’envie d’acheter des livres sous format papier / numérique.

Mosa auto-édition

L’auto édition est de plus en plus fréquente.

Ce n’est pas forcément un phénomène qui n’a que des aspects positifs. Je crois personnellement que les maisons d’éditions ont un rôle important à jouer pour faire le tri, pour corriger, pour faire évoluer un texte, pour accompagner un auteur, faire connaitre l’oeuvre. Et l’auto-édition est souvent un choix par défaut : parce qu’on a pas été choisi ou parce qu’on ne sait pas vivre de ce que donne une maison d’éditions (pour les auteurs déjà connus).

Et sans doute parfois un vrai choix face à des maisons d’éditions qui précisément ne font pas toujours très bien leur travail (il faut dire que les deux phénomènes sont liés : il est devenu aussi facile de s’auto éditer que de créer sa maison d’édition).

Toutefois, il faut prendre ce phénomène en compte car il pourrait bien encore beaucoup grandir.

Or, pour les libraires, c’est un énorme danger. Du fait du prix unique du livre, les livres auto édités qui doivent être commandés sur le site de l’imprimeur sont souvent déjà au prix public et donc sans offrir aucune marge. Ou alors, ils doivent être achetés directement à l’auteur. Cela va demander beaucoup plus de travail de gérer quantité d’auteurs.

Mais cela peut être fait de manière centralisée en profitant du réseau comme on en parle au point suivant.

Et une autre solution serait de tout simplement devenir facilitateurs d’auto édition en offrant leur propre plate-forme d’auto édition. Cette plate-forme mettrait à disposition toute la puissance du CLUB en permettant à des infographistes, des correcteurs, des relecteurs de faire leur travail et d’être rémunérés pour cela. Cela ouvrirait la possibilité de lecteurs tests. Enfin, l’auteur qui assurerait un minimum de qualité serait assuré de pouvoir être distribué dans tout le réseau. Ce qui serait un gros avantage par rapport à d’autres plate-formes d’auto édition.

Mosa Stock

Pour les livres qui sont libres de droits, nous avons développé un service qui permet de les imprimer à la demande dans des qualités variables.

Pour ceux que nous devons commander, nous proposer la livraison gratuite à domicile pour les clients membres du club et qui sont les plus fidèles. Pour les autres, nous proposons un prix réduit et accessible. Et évidemment, ils peuvent se faire livrer en magasin et recevoir un SMS ou e-mail quand ce dernier est accessible. Ils pourront alors le retirer dans un casier à l’entrée de la librairie sans devoir faire la file. Evidemment, ils peuvent déjà se plonger dans la version numérique qui est envoyée directement sur leur liseuse.

Avant de venir, il est possible de savoir si un livre est disponible et on peut le mettre de côté / réserver temporairement.

Pour la gestion du stock, la mise en réseau pourrait apporter de gros avantages : une gestion plus centralisée pour une partie du stock, de manière à bien le répartir et à pouvoir le faire tourner. Et un service de chauffeurs qui fassent le tour des librairies pour que ceux-ci puissent bouger rapidement et faire suivre la demande. Ce serait d’autant plus important que le prix unique du livre décidé en Belgique francophone pourrait faire disparaitre les réseaux de distribution wallons et bruxellois ou de les rendre trop chers par rapport à la marge à réaliser pour que le libraire puisse vivre (le prix final étant défini, les prix intermédiaires deviennent le vrai piège pour le libraire).

Mosa partenaire

L’espace Club (thé, salon de lecture) peut être partagé avec d’autres partenaires comme une bibliothèque privée / publique, une librairie d’occasion ou être un salon de thé / cupcake géré par quelqu’un d’autre. La librairie du futur est intégrée dans son espace / ville et ne vit pas seule. Elle est partenaire et même sponsor / mécène. Elle se rend dans les salons du livre et accompagne les auteurs / maisons d’éditions locaux.

Conclusion

Je ne sais pas si je suis trop ambitieux, pas assez, irréaliste, trop réaliste mais, personnellement, tout cela me semble faisable et à même d’offrir un avenir plus radieux à nos libraires.

On remarquera que je donne une certaine place au numérique. Il s’agit d’un changement qui demande des investissements mais aussi d’avoir une « culture » qui ne considère par le numérique et le changement comme étant le « mal ».

Aussi, je pense qu’une taille minimale est nécessaire pour offrir un stock suffisant. Je ne pense pas qu’une librairie puisse encore survivre facilement si l’espace de vente est trop petit. Cela veut dire aussi que les libraires du futur ne travailleront pas seuls et auront besoin d’avoir du personnel pour les aider. Un chiffre d’affaires minimal sera donc nécessaire et un « partage » également. Trop de libraires tuera la librairie. Il y a donc un aspect « réseau » qui deviendra indispensable pour survivre.

Je pense que cet article pourra évoluer en fonction de vos idées et réactions éventuelles. Je serais très intéressé par vos réactions / feedbacks : que ce soit en tant que client, libraire, acteur quelconque ce la chaine du livre. Cela m’intéresse. Ici, j’écris tout autant en tant que lecteur qu’en tant que possible libraire « un jour » (qui sait ce que le vie peut nous amener).

Enfin, je ne me place pas seulement dans un effort d’imagination du futur, j’essaye aussi de donner des idées et de le déformer / anticiper pour que les librairies existent toujours. Rien ne me ferait plus plaisir que de servir de source d’inspiration. Il n’y a pas de « brevet » ici. Copiez et inspirez-vous autant que vous le voulez.

PS : malgré tout le soin apporté à cette écriture et une relecture par ma compagne, il se peut que je ne me sois pas assez relu (je suis assez perfectionniste), n’hésitez pas à me signaler les fautes à corriger en commentaire ou par mail.

Bilan et rétrospective 2019

Comme chaque année, petit retour sur l’année écoulée.

Lectures

Pour retrouver mes derniers articles lectures, rendez-vous ici.

Cette année, j’ai pu lire beaucoup plus que les années précédentes : 126 livres et BD. D’abord parce que ma fille lit de plus en plus et que je lis souvent ce qu’on achète pour elle, soit à voix haute le soir, soit pour moi-même tout simplement. Ensuite, parce que j’ai voulu me faire plaisir durant les vacances et que j’ai relu, complété et racheté quelques anciennes collections. Enfin, parce que j’ai l’objectif d’enfin vider ma pile à lire et donc lire plus que ce que je n’achète (et comme on a une grande librairie d’occasion à Tournai, ce n’est pas si évident).

Je sais que je n’arriverai pas au bout en 2020 mais, vu que la place commence à manquer, j’espère qu’une partie de ce que je lirai me décevra ou ne me convaincra pas totalement et que je pourrai les donner ou les revendre.

Sans jamais avoir été très adepte des pseudo sciences, j’avoue que j’ai acheté il y a longtemps des livres plutôt alarmistes / complotistes notamment sur la santé, souvent écris par des gens dont c’est devenu un véritable business (même s’ils sont parfois de bonne foi, je ne peux pas juger). J’ai pas mal changé depuis et ne suis pas très motivé de les lire car je crains fortement que le contenu ne soit ni très juste ni très scientifique. Je vais donc un jour lire avec beaucoup d’esprit critique et peut-être en faire des articles de blog si j’ai le temps (critiquer demande beaucoup de travail pour faire les choses bien et il faut bien s’informer pour ne pas tomber dans les biais).

Pour information, voici la liste de mes lectures (il en manque peut-être mais en gros c’est ça), y compris ce que j’ai lu à ma fille :

Cinéma / films (tops)

Très difficile de me souvenir de ce que j’ai vu et aimé cette année alors je vais partir de ce que j’ai publié de positif sur Facebook (exit la reine des neiges 2 ou Dumbo … Disney n’a pas été très inspirant même si Aladdin faisait le job).

J’ai vu, au cinéma ou à la télé, 10 films en 2019 que je recommande, pas qu’ils sont tous des chefs d’œuvres mais qu’ils ont un petit côté original qui mérite qu’on les regarde au moins une fois :

  • Il Tradittore de Marco Bellocchio.
    Un film sur un ancien mafieux mais vrai brigand qui décide de parler à la justice et qui fera trembler la Cosa Nostra ainsi que leurs amis et complices politiques. Il ne se sent pas « repenti ». Il le fait en partie pour sa famille mais, surtout, il le dit, parce que la Mafia n’a plus respecté son propre code d’honneur quand ils ont commencé à vendre l’héroïne. Cela fait, dit-il, il est lui-même libéré de ses obligations et peut donc, d’une certaine manière, trahir. Bien sur, il n’est pas un chevalier tout blanc et le film a l’immense mérite de le montrer. Mais c’était malgré tout un grand homme de courage qui a fait ce qu’il devait faire au moment adéquat. Un très grand film à voir. Je préviens quand même que la première partie est plus violente (même si ça reste dans des limites tout à fait acceptables, on est pas dans la torture) et que la deuxième partie, plus psychologique, est la plus émouvante (mais on ne peut pas faire la deuxième partie sans amener le contexte dans la première).
  • Le Mans 66 (Ford v Ferrari en anglais) de James Mangold.
    Un film très spectaculaire qui ne ravira pas seulement les fans de bagnoles, loin de là. Pas mal d’émotions. On aime bien nos petits artisans héros face à la bureaucratie Ford. Et s’ils gagnent contre Ferrari, cela n’empêche pas que c’est l’esprit italien qui remporte vraiment ce film. Un grand casting avec Matt Damon et Christian Bale qui portent à eux deux ce film. On ne s’ennuie pas une seconde.
  • Midsommar de Ari Aster.
    J’en ai fait un article ici.
    Un film dont on ne sort pas tout à fait indemne. Clairement pas pour tout le monde tant quelques scènes peuvent choquer ainsi que l’atmosphère générale très rayonnante. Un petit OVNI qui convainc en partie par son originalité et qui choque par d’autres procédés que les habituels « jump scare ». On est d’ailleurs plus dans le très malaisant que dans l’horreur pure.
  • Les chatouilles de Andréa Bescond.
    On est clairement pas dans le registre du film joyeux. Et c’est un film un peu bizarre comme peuvent parfois l’être les films d’auteurs. Pour autant, c’est tout à fait regardable et on est ému par la vie de la protagoniste principale. On partage ses peines face à ses douleurs, sa famille, son bourreau. On aimerait tant lui faire un calin … Attention, thème lourd : la pédophilie.
  • Joker de Todd Phillips.
    Que dire si ce n’est que : enfin la preuve qu’on peut faire un film à la fois intéressant, divertissant et bien écrit tout en prenant un matériau de base provenant d’un comics américain. C’était le film qu’il fallait faire pour donner l’envie aux studios de refaire à nouveau du vrai cinéma (mais là je rêve). Très violent quand même par moment, je pense qu’il ne faut pas lui prévoir de suite (malheureusement, vu son succès, on connait Hollywood, ce n’est pas impossible). Il est également fort d’actualité car le désinvestissement dans les services publics, les attaques contre l’état providence sont toujours là, toujours aussi fort depuis tant d’années.
  • L’incroyable histoire du facteur cheval de Nils Tavernier.
    Un film qui m’a fait pleurer plusieurs fois et qui n’est pas avare en émotions. J’aime et je ne trouve pas les mots pour dire pourquoi. Un film sur l’amour d’un père pour ses enfants, un père qui verbalise difficilement mais qui construit un palais merveilleux durant son temps libre.
  • Werk Ohne Autor (Oeuvre sans auteur) de Florian Henckel von Donnersmarck.
    Par le réalisateur de « la vie des autres » (das leben der anderen).
    Un film très long … durant lequel on ne s’ennuie jamais. Un véritable chef d’oeuvre, sur l’amour, l’art, la guerre du point de vue allemand, le communisme. Beaucoup de thèmes brassés dont le plus important reste l’amour qu’il soit charnel ou familial. Mais jamais le film ne s’égare ou perd son temps. C’est tout simplement magnifique et la musique rend le tout merveilleux. Je ne peux pas tarir d’éloge sur ce film. Voyez le, tout simplement.
  • What we become de Bo Mikkelsen.
    Un film de zombies à petit budget qui reste sympathique à regarder et je trouve plus original que la plupart des films du genre qui sont sortis. Peut-être pas le film de l’année mais j’avais envie de le promouvoir un peu car il vaut sans doute autant que beaucoup de films qui ont eu plus de succès.
  • Spiderman New Generation de Peter Ramsey.
    Un peu comme Joker, dans un style très différent (c’est un dessin animé), on a un scénario bien écrit, drôle et on a même une réalisation qui innove dans ses effets visuels et qui se veut originale. Un exemple à suivre. Une des toutes bonnes surprises de l’année en dessins animés. Pour moi, mérite amplement son oscar 2019.
  • The Room de Christian Volckman.
    Petit film fantastique (le genre) dont je ne suis pas entièrement satisfait mais qui présente malgré tout un scénario original sans faille. Deux bémols : il démarre trop vite et il finit trop lentement. On a pas le temps de s’inquiéter de ce qui se passe ou de se mettre dans la peau des héros. On a pas assez d’empathie pour eux. De même qu’on s’inquiète trop vite (on arrive pas à rêver être à leur place pour assez apprécier et puis regretter : il est presque trop évident dès le début que cette maison est sordide et c’est dommage). Et cela dure trop en longueur pour la conclusion. Mais même malgré ces critiques, je le recommande quand même. Car il sait compenser par d’autres choses et notamment l’envie de comprendre ou de savoir jusqu’où cela va nous mener.

Séries (top)

De nouveau, je ne parle pas forcément de ce qui est sorti en 2019 mais de ce que j’ai vu et que je recommande. Là encore, il me faut faire une sélection et me baser sur mes souvenirs. J’ai limité aux séries que j’ai le plus aimé. Tout ce que je vous propose ce coup-ci a été adoré et dévoré :

  • Vernon Subutex : une musique au top, une intrigue géniale. Oui, je ne suis pas objectif, j’ai adoré regarder et revoir encore tous les épisodes de cette série. Mention spéciale à Fischbach, Céline Sallette et Romain Duris qui jouent leur rôle avec brio. M’a donné envie de lire les livres un jour.
  • Silicon Valley : à réserver aux plus geeks d’entre nous. Il faut clairement une culture générale du monde informatique pour comprendre et apprécier. Mais si on accroche à l’humour et qu’on comprend les références, on rigole énormément. J’avais déjà essayé de le voir sans accrocher et cette année j’ai décidé de le faire sérieusement et de lui donner sa chance et ça a marché très rapidement (après même pas un ou deux épisodes). On est vite embarqué dans l’aventure avec nos nombreux anti héros (car oui, c’est aussi une des spécialités du show) au final assez réalistes.
  • Game Of Thrones : j’ai fait un petit article sur la dernière saison pour la défendre. Je me suis levé chaque nuit pour voir chaque nouvelle sortie en direct. Il y a des critiques possibles mais ça n’enlève pas que de mon point de vue, cela finit la série en toute beauté. J’ai eu le plein d’émotions et je me souviendrai encore durant des années de cette fin de série et du partage avec ma compagne ainsi que de nos discussions qui suivaient. Les DVD ont déjà rejoint notre DVDéthèque et j’ai déjà hâte dans quelques années, quand elle aura la maturité, de la partage avec ma fille.
  • Mister Mercedes (saison 1 et 2) : adapté d’un roman de Stephen King. J’ai trouvé la première saison meilleure que la deuxième. Mais une grande réussite grâce au casting et notamment à l’acteur principal, Brendan Gleeson qui est formidable et joue de beaucoup d’humour. Ce dernier est d’ailleurs une force de la série. On ne la regarde pas tant pour le côte (un peu) fantastique que pour sa description de nos pires côtés humains et ses nombreux anti héros très drôles dans le genre caustique.
  • Gentleman Jack : être lesbienne et avoir du pouvoir il y a plus d’un siècle en Angleterre. L’histoire vraie et drôle (à nouveau dans un genre plutôt ironique) de Gentleman Jack. J’ai hâte de voir les prochaines saisons. Vraiment chouette. Ce qui est dommage, par contre, c’est qu’on a voulu l’offrir pour la Noël à des proches et comme de nombreuses séries HBO, il semble que cela devient de plus en plus difficile de se procurer les DVD. J’espère que ce n’est pas l’effet des futures très nombreuses offres de SVOD (dont une pour HBO justement) qui vont bientôt sortir.

Syndicat

Le Gouvernement est tombé, ce qui a mis à l’eau pas mal de projets anti fonction publique (et on ne va pas se le cacher : tant mieux !).

Mais il a quand même fallu beaucoup travailler vu que le Gouvernement ne s’est pas tout à fait arrêté et a décidé de transférer des agents en dépit du bon sens d’une administration à l’autre (on ne rentrera pas ici dans les détails car c’est terminé et on ne saura plus rien y faire) en pleines affaires courantes (mais approuvé par le Parlement alors …).

Énormément de stress et de pression durant les premiers longs mois de 2019. Et, ensuite, enfin, une activité qui redevient un peu plus calme pour la première fois depuis des années. Il n’empêche que je ne chôme pas pour autant, il faut toujours défendre les cas individuels ou leur apporter du soutien moral et les écouter puis les aiguiller correctement, recruter de nouveaux collègues délégués et défendre le bien être de nos agents et leurs bonnes conditions de travail (et c’est un gros travail de base, surtout quand on est pas loin d’être seul).

Pour 2020, j’espère pouvoir partager une partie de ce fardeau avec les nouveaux délégués mais je ne veux certainement pas les surcharger. L’important est qu’ils puissent rester sur la durée et se sentir utile en fonction de leur temps disponible.

Le blog

J’ai été beaucoup moins actif, car beaucoup moins de temps en dehors des vacances. Mais je l’alimente quand même encore et toujours, ce qui est le plus important pour moi. Il y a moins d’articles sur les films donc moins de visites mais un trop grand succès ne serait pas confortable non plus. Je veux continuer à faire les choses par plaisir et non par obligation.

Il y a eu près de 31 000 pages vues en 2019, 11 nouveaux articles et on atteint début 2020 les 238 000 vues depuis la création. J’espère dépasser les 300 000 vues en 2021 pour avoir un joli chiffre rond à fêter.

Mes déplacements

D’après Google, j’ai fais 314 km à pied (78h) et 22 166 km en transports en commun (600h). Ce serait moitié moins que l’année précédente. Ce qui peut être du à mon changement de travail car, pour la moitié de 2018, je n’avais pas accès ou très peu au télétravail et j’étais beaucoup en déplacement. Cela dit, mon smartphone Google n’est pas connecté en permanence non plus et le suivi peut-être pas aussi « efficace » qu’on ne le craint parfois. 🙂

J’aime croire, cependant, que le télétravail et le fait que ma compagne est venue habiter avec moi aient pu permettre de diminuer grandement mon empreinte écologique.

Les vacances

Nous partons toujours au même endroit (Les Sables d’Olonne) où nous remplissons toujours aussi bien nos batteries.

Avec mon travail qui me prend toute mon énergie, il m’est indispensable de m’éloigner très loin et d’avoir des garanties sur le soleil et le dépaysement. On ne réfléchit même plus où partir. En 2020 encore, ce sera là !

Après l’hôtel les premières années, un appartement via site d’annonces en 2018, nous avons testé un Air BnB en 2019. Résultat très positif même si on est pas totalement satisfait de l’appartement (pas deux vraies chambres, salle de bain mal foutue avec de l’eau partout à éponger après chaque douche).

On se demande également si on ne partirait pas avec des amis une prochaine fois. Mais vivre une semaine avec des amis, c’est prendre le risque de se fâcher avec eux, ce qu’on ne voudrait certainement pas. On part amis, on revient … pas toujours amis 😀

On a aussi passé quelques jours à Aachen, ville dans laquelle on aime se ressourcer et notamment profiter des Thermes. Ce ne fut, pour autant, pas aussi reposant qu’on l’aurait voulu, de ma faute. Le boulot à faire pour le syndicat à empiété sur mon petit congé et je n’ai pas su me débarrasser du stress (c’est le problème quand on est trop accessible et/ou qu’il y a des urgences).

Mon chat

Le petit chaton grandit et a maintenant dépassé les deux ans. Il est moins fou-fou et mieux éduqué avec le temps (ne griffe plus, ne mord plus, sauf exception). Il a par contre toujours un besoin impérieux de sortir quel que soit le temps qui fait dehors. Et peut être très collant. Cela dit, je suis son maitre favori et je suis toujours extrêmement bien accueilli quand je rentre à la maison, ce qui me fait très plaisir. Ce qui est plus difficile, c’est quand elle vient me signifier que j’ai assez travaillé et se met entre moi et mon PC.

La famille

Ma petite fille a maintenant dépassé les neufs ans. Et on sent qu’elle est maintenant plus proche de l’adolescence que de l’enfance. Son petit caractère s’affirme toujours un peu plus et tant mieux. Et sa maturité face au travail scolaire également. Elle travaille de manière autonome.

Avec Lisbeth, nous sommes ensemble depuis maintenant plusieurs années et nous cohabitons depuis deux ans et demi. Nous nous sommes trouvé et notre histoire continue à évoluer positivement au rythme des épreuves de la vie. C’est ce qui fait que je crois encore plus en nous qu’à nos débuts.

Le boulot

Beaucoup de plaisir dans ce que je fais mais je sens également en écrivant ces dernières lignes (je suis malade depuis plusieurs jours au moment de relire et finir) que j’en fais probablement trop. Mon corps me lâche et j’ai besoin de repos tout autant que d’en faire un peu moins et d’être pour certaines choses un peu plus aidé. Il est hors de question de laisser tomber mon travail et mes ambitions mais il ne faut pas non plus que je me mette en danger. Savoir se mettre des limites devra être un de mes futurs apprentissages et une leçon des derniers jours que je viens de vivre (et qui ne sont pas finis).

Conclusion pour 2020

Je souhaite que ma vie reste aussi remplie de bonheur dans ma vie privée, que mon travail continue à m’apporter autant de sens et que rien de tout cela ne s’arrête mais que j’arrive à trouver un rythme et des équilibres qui me permettront de mener tout cela de front sur du long terme sans jamais dérailler.

Lectures en vrac – janvier 2020

Le travail et la vie de famille me laissent encore heureusement du temps pour lire donc je lis encore pas mal (quoi que … il y a aussi beaucoup de BD et c’est un genre qui se lit vite). Cela dit, depuis le dernier « lectures en vrac » s’est passé un an. Donc, je ne parlerai certainement pas de tout ce que j’ai lu mais je ferai une sélection complètement arbitraire et même un peu aléatoire.

N’allez pas croire qu’il s’agit uniquement du meilleur de ce que j’ai lu. J’ai bien conscience d’avoir ma subjectivité donc je vais mettre un peu de lumière également sur des moments lectures qui n’ont pas été des coups de cœur mais que, peut-être, vous pourriez apprécier. Parfois, il n’y a pas grand chose à en dire, et je ferai une ligne, mais vous saurez que le livre existe. Et parfois, il y aurait tellement plus à dire, mais ce sera pour une autre fois pour rester équilibré.

J’ai séparé mes lectures en quelques rubriques pour que vous puissiez plus facilement retrouver ce qui pourrait vous intéresser.

Lectures pour enfant

Dans cette rubrique, je vais rassembler tous les livres que j’ai lu pour ma fille ET qui sont surtout adaptés à un jeune public. Je lui lis parfois également des histoires plus adultes mais elles ne se retrouveront pas ici.

Les folles histoires de Gudule et Le croqueur de lune de Gudule

Ces deux livres sont tout à fait accessibles à des jeunes enfants et peuvent même constituer une bonne base pour apprendre à lire tout seul.

C’est une écriture tout à fait fluide et rapide mais l’essentiel est surtout dans le contenu complètement et souvent surréaliste mais sans pour autant désintéresser les enfants. Se lit très vite, sans se prendre la tête, et ma fille a beaucoup aimé. Ça semble parfois bête mais ne l’est jamais vraiment. Je dirais que c’est un peu comme des contes de fée modernes. Modernes car originaux mais pas pour autant rattachés chronologiquement à notre époque.

Je miaule si je veux de Sophie Dieuaide (intégrale)

Tout à fait adapté pour la jeunesse, il y a pas mal d’humour tout en en profitant pour parler de la difficulté de la paternité (même si c’est pour un chat).

L’ile du crâne, Maudit graal et le tome 1 (stormbreaker) de la série Alex Rider, tous de Anthony Horowitz

J’avais lu l’ile du crâne quand j’étais déjà adolescent. Je me souviens que cette lecture m’avait à la fois plût, fait rêver et un peu dérangé. En grandissant, je ne retrouve plus la même magie. Il est évident qu’un Harry Potter fonctionne mieux dans le genre tout public. L’auteur a assurément beaucoup de talent pour plaire à la jeunesse.

Florence a beaucoup aimé alors j’ai cherché d’autres livres du même auteur. Cela m’a conduit à acheter « maudit graal » qui raconte la suite (moins intéressante) de l’ile du crâne. Et le tome 1 de la série Alex Rider. De nouveau, ce n’est pas mauvais mais quand on a déjà plus d’expérience de lecture, les ficelles peuvent paraitre trop grosses.

En tout cas, et c’est sans doute le but, l’auteur plait beaucoup à ma fille et donc on lui a offert toute la série des Alex Rider. Un des avantages est qu’on la trouve facilement en occasion (tout comme le reste de son œuvre d’ailleurs) !

Le passage secret de Janet Lunn

C’est l’histoire d’une petite fille qui se retrouve propulsée dans le « trou du cul du monde » (c’est moi qui le dit) après la mort de la personne qui l’élevait. Dans cette nouvelle famille où elle s’intègre assez mal, elle trouve un passage secret vers une autre époque.

Une histoire émouvante et intéressante qui nous permet aussi d’emprunter avec l’héroïne une véritable machine à remonter le temps d’une belle manière (l’écriture est vraiment belle et permet de bien s’immerger). Il y a un côté un peu fantastique et lugubre qui peut faire peur par moment pour des trop jeunes enfants, c’est la seule chose que je dirais.

Autres lectures

Leslie Plée (BD)

Cette année, j’ai pu terminer ma collection des « Leslie Plée » et je les ai dévoré aussitôt que je les avais acheté.

Voilà une auteure qui ne me déçoit jamais, autant dans son style que dans sa manière de raconter des histoires ou sa vie. Ma compagne adore également.

Par contre, j’ai pu remarquer, et ça m’a à la fois fort surpris et déçu, qu’elle est de plus en plus difficile à trouver en neuf. Certains titres ne pouvaient plus être acheté qu’en occasion. Je suis donc content de ne pas avoir trop tardé avant de finir ma collection. Je ne serais pas surpris que cela devienne très difficile à trouver donc je vous encourage à ne pas trop tarder ! Faites fi des titres, c’est souvent touchant ET drôle.

Johan et Pirlouit (BD)

Je n’avais jamais acheté les derniers albums de Johan et Pirlouit (ceux d’après la mort de Peyo). C’est maintenant chose faites et j’en ai profité pour relire le tout depuis le début.

Il faut savoir que Johan et Pirlouit est une série fortement rattachée à mon enfance. Je ne m’en séparerai probablement jamais.

En relisant, j’ai pu me rendre compte à quel point j’aimais toujours autant lire ces aventures malgré que je sois devenu un adulte. C’est vraiment du tout public. Par contre, l’aspect humoristique s’est surtout développé avec l’arrivée de Pirlouit, je pense au cinquième album. A partir de ce moment-là, on lit clairement le meilleur de la série et ça ne décline qu’avec la mort de Peyo.

Plein de promesses de Ulysse Therasson

Je ne vais pas le cacher, je n’aurais jamais acheté ni lu ce livre s’il n’avait pas été recommandé par le père de l’auteur (Jim Therasson, un de mes auteurs de BD préféré). J’ai pourtant attendu longtemps, le livre n’existe pas en poche et c’est quand même un gros budget alors que je n’ai pas trop l’habitude de lire des fictions.

Au final, ni déçu, ni super enthousiaste. Au niveau des qualités et bien ça se lit très rapidement, les chapitres sont petits et c’est sympa de suivre la vie du héros. Au rayon de ce qui m’empêche d’être vraiment enthousiaste, il m’est impossible de me mettre à la place du héros. Ce n’est pas ma vie, je suis trop vieux et il y a sans doute un fossé de génération. Et peut-être que ça manque de magie. Car ce n’est pas non plus la vie que j’aurais rêvé avoir.

En bref, on est dans un récit finalement assez réaliste et qui parlera, j’en suis sur, à beaucoup d’ados ou anciens ados qui ont vécu cette vie-là. Mais, à titre personnel, mon passé et mes questionnements furent trop différents pour que j’accroche plus que cela.

Par contre, je pense que l’auteur peut persévérer et que j’achèterai sans doute pour voir l’évolution.

L’ironie de l’évolution de Thomas C. Durand

Pour un auteur censé faire de la vulgarisation, j’ai été déçu par le style et la structure. Peut-être étais-je trop fatigué dans la période où je l’ai lu mais je garde un souvenir où j’ai vraiment eu difficile à le lire jusqu’au bout. Et pourtant, le fond est hyper intéressant ! On y apprend pas mal de choses. Mais sans doute une lecture qu’il faut combiner avec d’autres pour ne pas se décourager et abandonner (c’est ce que j’ai fais, j’ai du lire plusieurs livres en même temps).

Cigarettes, le dossier sans filtre de Stéphane BRANGIER et Pierre BOISSERIE (BD)

Intéressant et pédagogique. On ne s’ennuie pas une seule seconde et cela se lit extrêmement vite.

Je l’ai lu dans le TGV pour rentrer de vacances et je n’ai pas été déçu. Le livre dit tout ce qu’il faut savoir sur la cigarette et surtout son histoire. Et cela, tout en restant passionnant. En fait, il n’y a pas grand chose à en dire si ce n’est de vous conseiller très vivement de le lire, que la cigarette fasse partie de votre vie ou non.

Petite critique intéressante à lire, toutefois.

Virginie DESPENTES, King Kong Théorie

C’est un essai qui m’a en partie divisé. Il y a des parties que j’ai trouvé très intéressantes et d’autres moins. L’auteure est connue et entière, elle ne fait pas de compromis. Je pense toutefois que parfois elle se trompe. Mais c’est le risque quand on fait un essai et je ne lui reprocherai certainement pas. Je ne regrette en tout cas pas de l’avoir acheté et de l’avoir lu. Je le garde d’ailleurs dans ma bibliothèque jusqu’à une nouvelle relecture (j’en ferai peut-être d’ailleurs un billet à ce moment-là car ça vaut le coup). Le fait que je ne sois pas toujours d’accord n’est d’ailleurs pas un problème puisque le but de ce type de lecture est de me faire réfléchir, pas d’avoir un miroir de mes réflexions.

La véritable histoire des contes de fée de Julie Grede

Un gros coup de cœur de cette année.

Walt Disney donne un cours au paradis pour nous parler de ce qu’il a créé, pourquoi, comment, d’où viennent ses inspirations et comment il les a ou ne les a pas trahi. Il y a également l’histoire des films et dessins animés similaires avec une petite critique.

L’auteure arrive à nous faire partager sa passion avec tellement d’enthousiasme et de pédagogie qu’on apprend beaucoup de choses sans jamais s’ennuyer une seule seconde. C’est quand même fort orienté Disney en oubliant jamais de parler de manière complète des œuvres originales. Je pense que tout le monde apprendra quelque chose en le lisant.

J’ai eu l’impression de lire le résultat de plusieurs années d’études qui auraient, au lieu d’être rassemblées dans une thèse soporifique, été édité dans un petit bouquin lisible et sympathique.

Mamma mia de Obion et Lewis Trondheim (BD)

Très drôle ! J’ai hâte d’acheter les tomes suivants quand ils sortiront. Le fait que cela concerne des protagonistes essentiellement féminines n’est pas du tout une barrière pour l’homme que je suis. C’est de l’humour pour tout genre et tout public.

Cerise de Laurel (BD)

Laurel est une auteure dont je suis un énorme fan. Si elle sort quelque chose, je l’achète. Et ma fille possède tout ce qui est sorti d’elle comme auteur ou co-auteur.

Ici, c’est vraiment une histoire sympathique et un peu drôle. La seule déception est que ce ne fut pas le succès espéré par l’éditeur … On peut encore en acheter en neuf sans problème. Mais on ne connaitra jamais la fin. La série est arrêtée à son tome 3 ! Du coup, difficile de juger complètement en n’ayant pas pu tout lire. Mais, au minimum, pour vos enfants, je recommande l’achat.

Peut-être qu’à force d’acheter, il y aura une suite ? L’espoir fait vivre.

L’engrenage de Jérôme Kerviel

Ce livre n’est pas uniquement indispensable à lire si vous vous êtes intéressé en son temps à l’affaire « Jérôme Kerviel ». Il l’est aussi si vous voulez savoir comment ça se passe dans le monde du trading en France et dans l’univers de ces banques d’affaires qui vivent dans un autre monde.

Malgré la crise économique qu’on s’est pris en pleine figure et dont la cause était précisément un système et des banques malades du fric et de l’argent roi, rien n’a beaucoup évolué depuis. Ils se sont fait plus petits mais je suis presque certains que les mêmes abus seraient encore possibles demain. C’est d’ailleurs une chose qu’on voit assez bien à travers ce récit : la remise en question n’est pas du tout leur fort !

Personnellement, j’ai dévoré le bouquin et l’ai fini en peu de temps. Ça se lit vite, ça se comprend vite et on est limite désolé pour celui qui doit vivre tout cela même s’il a évidemment une grande part de responsabilité. Il est clair qu’on ne peut reprocher à un homme d’avoir triché et joué avec les limites de son système quand toute la culture de son entreprise l’encourageait à aller dans ce sens. C’est aussi en ça qu’il est intéressant d’en prendre connaissance. Dans ce procès, le plus gros coupable a été oublié.

Culpa Fuck et Sois mère et tais toi de Olivia Moore

S’il y a bien une chose dont les parents sont aujourd’hui abreuvés, c’est de culpabilité.

Olivia Moore, avec plein d’humour permet d’aller dans le sens contraire. A lire pour rire et se sentir (et donc être) meilleur parent.

Virginie et Les années collège de KEK

Quand je regarde mes achats et ma bibliothèque, je me rends compte à quel point le Web a très largement influencé mes lectures depuis cinq à dix ans. Depuis que je suis adolescent et que j’ai accès à un ordinateur avec internet, j’ai pris l’habitude de suivre de très nombreux auteurs et d’acheter leurs productions physiques quand ils arrivent à trouver un éditeur ou qu’ils décident de s’auto éditer.

Et KEK est l’un de ceux là. J’en suis fan et donc peu objectif. Mais il a un blog qui se trouve ici : http://blog.zanorg.com/. Allez voir ses BD et vous saurez rapidement si le style peut vous plaire. Comme beaucoup, il écrit de l’auto biographique et la petite BD « Virginie » n’en fais pas exception. C’est un peu touchant et drôle. On passe un bon moment à le lire. Pareil pour « les années collège ».

Malheureusement, sa BD « chat » n’est plus disponible, ni en neuf, ni en occasion. Mais on peut la consulter en presqu’intégralité sur le blog. Comme je sais à quel point le web peut être éphémère (il suffit de rechercher des vieux blogs et beaucoup ont finit par disparaitre), je serais rassuré de posséder l’objet physique dans ma bibliothèque. Mais tant pis … A la limite, je devrais peut-être faire une copie sur mon Google Drive, pour les générations futures 🙂

Le feu et la fureur de Michael Wolff

Très brouillon et très peu structuré je trouve. Un peu souvent « cancan ». Mais, il n’empêche, cela reflète sans doute très bien la très catastrophique présidence de Trump. J’ai encore deux livres sur le sujet qui attendent dans ma Pile à Lire mais je pense que je n’apprendrai rien de plus sur le « ton général » d’une Présidence qui ne risque pas de s’améliorer d’ici à la prochaine élection.

Seconde guerre mondiale

L’ami retrouvé de Fred Uhlman

C’est un très petit livre qui se lit vite. Toutefois, il faut savoir que le vocabulaire est très complexe d’autant qu’une partie est fort lié au contexte allemand (et de la région où se passe l’intrigue).

L’histoire en elle-même est beaucoup plus simple que la manière (belle au demeurant) dont elle est écrite.

Une histoire sur l’amitié comme on peut la vivre de manière fort exclusive dans l’enfance / adolescence. Une histoire sur deux personnes différentes des autres, isolées qui se trouvent un lien vraiment très fort. Une histoire également sur ce qui va les séparer. Et, enfin, un suspense jusqu’à la fin mais qui nous remplit d’émotion. Cette petite touche finale fait, je crois, partie des ingrédients qui en font, pour moi, un réel chef d’oeuvre.

Ce n’est pas pour rien que ce livre est si connu et si lu, notamment à l’école. Clairement, il n’a pas mal vieilli et reste une de ces œuvres qu’il est bien d’avoir lu au moins une fois dans sa vie, surtout que ça va très vite.

J’ai souvenir de l’avoir lu, adolescent, pour l’école. Cette année, je l’ai vu dans une boite à livres en vacances et je n’ai pas pu m’empêcher de le redévorer aussi vite. Puis, je l’ai lu à ma fille qui a apprécié (en vrai, elle apprécie tout ce que je lui lis mais c’est peut-être parce que j’ai bon goût, allez savoir) et pour qui le vocabulaire n’a pas été un obstacle trop important malgré ses neuf ans (on comprend avec le contexte).

J’avais deux camarades de Hans Peter Richter

C’est un livre que j’ai lu pour la première fois vers 8 ans et que j’ai récupéré chez mes parents pour le lire à ma fille qui est un peu plus âgée.

On est tellement plongé dans le nazisme et cette époque maudite de l’Allemagne qu’il vaut mieux avoir de bonnes connaissances ou quelqu’un qui remets en contexte l’histoire à côté de nous si on est trop jeune. C’est aussi la raison pour laquelle je l’ai lu à voix haute plutôt que de le faire lire.

Au même titre que le précédent, c’est un chef d’œuvre qui n’a pas mal vieilli. La grosse différence avec l’ami retrouvé se situe dans le vocabulaire beaucoup moins riche et beaucoup moins fourni. Une autre différence est que, si dans « l’ami retrouvé », on a un récit qui se suit de manière assez logique et structurée sur un espace temporel réduit, dans « j’avais deux camarades », on a surtout des bribes de souvenirs qui nous font passer parfois d’une année à l’autre et qui nous font bondir dans les événements.

Vu la largeur de l’époque visée (on commence dans les années 30 pour finir durant la guerre), écrire autrement n’aurait pas été possible. Et on aurait sûrement perdu des informations importantes. Car c’est là aussi qu’est l’intérêt du livre. En revisitant une période aussi large, on voit le héros et ses camarades évoluer fortement. C’est très instructif et c’était indispensable pour qu’on ne puisse pas être séduit par le vécu.

Remarque de ma fille à la lecture des dernières lignes : « quoi, c’est fini ? il y a un tome 2, rassure-moi ?? ». Oui, ça finit de manière abrupte. On voudrait connaitre la suite de ce récit autobiographique. Mais ça en dit suffisamment sur ce que ça voulait dire et le destin de beaucoup de ces jeunes enfants qui sont nés au mauvais moment dans le mauvais pays.

Les enfants de la résistance de Benoit ERS et Vincent DUGOMIER (BD)

Ici, on est clairement pas dans un « classique » comme dans le précédent.

Lecture orientée vers la jeunesse, mais intéressante quand même à lire pour un adulte, on suit des enfants (fictifs) qui vivent une vie de résistants durant la seconde guerre mondiale.

Assez pédagogique, je trouve qu’on peut faire un lien facile avec les Grandes Grandes Vacances (petite série de dessins animés à faire voir absolument à vos enfants), si ce n’est qu’ici les enfants sont beaucoup plus actifs et se mettent beaucoup plus en danger.

Attention cependant pour le portefeuille, il y a déjà six tomes de sortis et ce n’est pas encore fini. L’avantage, c’est que c’est du coup assez complet.

La cicatrice de Bruce Lowery

J’ai hésité à le situer ici. Mais cela se passe aussi durant la seconde guerre mondiale et je trouve que c’en est connecté, d’une certaine manière, même si ce n’est pas le cœur de l’intrigue.

Comme dans l’Ami retrouvé, on trouve le thème de l’amitié si cher à notre héros. Mais on touche aussi au thème de l’injustice, du harcèlement, de la douleur de vivre et de la difficulté de grandir dans « l’injustice ».

Si vous avez un cœur, vous allez souffrir à de nombreuses reprises. Ce livre nous fait pleurer et également crier. Comment le héros peut-il faire ce qu’il fait ? Nous le voyons s’enfoncer sans pouvoir lui venir en aide. Pourtant, c’est un des plus grands livres que j’ai lu dans ma vie. Oui, je pense que ça fait du bien de le lire, même si on pleure.

Il y aurait tant à en dire. Ce n’est pas un hasard si je l’ai lu pour la première fois à cause de l’école. Je pense que c’est un livre qu’il faut faire lire aux enfants (je l’ai lu à ma fille et il y a des moments où elle ne voulait plus rien entendre tellement cela la mettait mal à l’aise). Et dont il faut pouvoir débattre ensuite.

La guerre du Pacifique de John Costello

Ce livre est énorme (au sens littéral comme figuré : des centaines de pages et un contenu hyper fouillé).

On prend son temps pour le lire. Mais pour autant, il est très très bien écrit et nous permet de suivre l’évolution du front pacifique de bien avant Pearl Harbor (pour bien comprendre le contexte) jusqu’à la capitulation japonaise. On suit la psychologie des généraux américains et on comprends tous les tenants et aboutissants d’un front très mal connu en Europe.

A LIRE pour toute personne qui s’intéresse à la seconde guerre mondiale et qui veut résorber son retard sur le front Pacifique.

Voyager entre Tournai et Lille, les bons plans en train

Depuis la suppression du billet Trampoline (un billet frontière subventionné), je trouve que c’est devenu beaucoup moins clair de savoir où payer le meilleur prix. Je vous fais un petit résumé dans ce très court article si jamais cela peut aider d’autres personnes.

Les tarifs sont donnés au 15/08/2019. Merci de m’indiquer les éventuels changements que je puisse corriger. Nous n’avons pas regardé la première classe mais sur certains trajets, elle est à un prix très proche de la deuxième. Cela dit, un train sur deux est français et n’a pas de première classe.

Voyager en semaine

Si on achète un billet via SNCB International, voici les prix :

  • Un enfant accompagnant un adulte (4-11 ans) : 2€ l’aller retour
  • Un jeune 12-25 ans : 9,4€ aller-retour
  • + 26 ans : 13,4€ aller-retour

Si on achète un billet via OUI SNCF, voici les prix :

  • Un enfant (4-11 ans) : 7,2€ l’aller retour
  • + de 12 ans : 14,2€ l’aller retour

Une estimation sur le site Trainline a donné le meilleur prix entre SNCB International et OUI SNCF soit le prix SNCB International.

Si on achète au guichet ou à l’automate de la gare de Tournai : 9€ aller retour quel que soit l’âge.

Conclusion pour le voyage en semaine

Si vous avez plus de douze ans, le tarif à l’automate ou au guichet SNCB Tournai est le plus avantageux (surtout pour les plus de 26 ans) : 9€ a/r.

Si vous avez moins de douze ans, le passage par Trainline ou SNCB International est recommandé (seulement 2€).

Voyager le week-end

Si on achète un billet via SNCB International, voici les prix :

  • Un enfant accompagnant un adulte (4-11 ans) : 2€ l’aller retour
  • + 12 ans : 8,2€ aller-retour

Si on achète un billet via OUI SNCF, voici les prix (ils sont les mêmes qu’en semaine) :

  • Un enfant (4-11 ans) : 7,2€ l’aller retour
  • + de 12 ans : 14,2€ l’aller retour

Une estimation sur le site Trainline a donné le meilleur prix entre SNCB International et OUI SNCF soit le prix SNCB International.

Si on achète au guichet ou à l’automate de la gare de Tournai : 9€ aller retour quel que soit l’âge.

Conclusion pour le voyage le week-end

Le meilleur tarif est toujours celui de SNCB International, quel que soit l’âge. En plus il a l’avantage de pouvoir être acheté et imprimé à l’avance ! Ce qui n’est pas négligeable car les guichets et automates sont parfois occupés par une longue file ou en panne / fermés (suivant l’heure, le jour).

Petites précisions supplémentaires

SNCB International, Trainline demandent  de choisir son train mais le billet permet de voyager sur n’importe quel train de la journée.

Un gros avantage du site Trainline est sa transparence, c’est le seul site où on voit le prix de chaque billet et le nom du tarif. Sur les autres sites, on a que le total et on ne sait pas combien on paye pour chaque catégorie.

J’ai été très surpris en faisant ces recherches, je me suis rendu compte que le prix du billet (guichet ou automate) n’est même pas mentionné sur le site de la SNCB. Tout semble fait, mais c’est peut-être juste un hasard, pour qu’on ne puisse pas faire son choix de manière éclairée. C’est pour ça que j’ai eu envie d’écrire ce petit article en espérant qu’il puisse être vu par ceux qui en auraient besoin.

Quelques exemples …

Week-end

Un exemple des différences de coût total pour une famille de 4 personnes voyageant ensemble (2 adultes et 2 enfants) le week-end :

S’ils ont le réflexe de commander sur le site de la SNCF : le montant total sera de 42,8€.

S’ils commandent au guchet de la gare de Tournai ou quelqu’un le fait pour eux et leur envoie par courrier (parce qu’ils espèrent un meilleur tarif) : 36€.

S’ils commandent sur SNCB International : 20,4€.

Une différence du simple au double !

Semaine

Si on reprend la même famille de 4 personnes (2 adultes et deux enfants) et qui voyagent cette fois-ci en semaine.

Le tarif SNCF reste le même : 42,8€.

Le tarif en gare reste le même : 36€.

Le tarif SNCB International devient : 30,8€. (toujours le plus avantageux même si plus cher que le week-end)

Enfin, si on prend le meilleur tarif en fonction de la catégorie d’âge, on obtient : 22€.

Un tarif assez proche du meilleur tarif du week-end. Là encore, on peut faire une belle économie entre les meilleurs et les pires choix.

Midsommar, film de Ari Aster, petite analyse critique et commentaires

Ceux qui s’intéressent à l’origine et à la signification des rêves portant sur la mort de parents proches et chers (père, mère, frères et soeurs) trouveront que le rêveur, l’enfant et le primitif se comportent d’une manière absolument identique envers le mort, en vertu même de l’ambivalence affective qui leur est commune.

S. Freud in Totem et Tabou

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma il y a quelques jours.

Le but de cet article est de faire diverses analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Comme je n’ai vu le film qu’une fois, beaucoup de détails ont pu m’échapper et je le regrette parce que je suis persuadé qu’une deuxième vision me donnerait des indices allant pour ou contre ma vision et permettrait de la confirmer ou l’infirmer. Sans doute qu’en commentaires, certains pourront le faire.

La mort de la sœur et des parents de Dani

Si l’on commence par cette scène, ce n’est pas par hasard, elle est essentielle au film par tout ce qu’elle implique.

La cause de la mort

J’ai bien réfléchi et ce qui nous est présenté comme une évidence ne l’est pas du tout pour moi. Non, ce n’est pas la sœur qui s’est suicidé et qui a tué ses parents. Voici en vrac, les éléments qui me le font penser que ce n’est pas la sœur :

  • Elle avait des problèmes psychologiques mais il est rare qu’on tue ses parents en même temps que soit-même
  • A fortiori en donnant l’alerte
  • Le temps est très court entre le message d’alerte et la mort. Quand Dani téléphone et tombe sur le répondeur, tout le monde est déjà mort. De même, la sœur ne lira jamais les messages de réponses. Or, il est impossible que la mort ait succédé directement aux messages d’alerte. Par contre, il est possible que les messages aient été écrit après la mort par le meurtrier avant qu’il s’en aille.
  • La sœur a un casque sur les oreilles, ce qui aurait pu faire qu’elle n’allait pas entendre arriver derrière elle un meurtrier
  • Dani insiste très fortement sur le fait que les messages en ressemblent pas à ce que sa sœur écrit d’habitude

A noter que dans un cas comme celui-ci, on ne va pas faire d’enquête ni d’autopsie. L’autopsie aurait d’ailleurs probablement démontré l’intoxication au CO excepté éventuellement pour la sœur dont on ne sait pas si elle n’a pas d’abord été étouffée.

Par ailleurs, il y a un aspect troublant. Dani est plutôt rassurée par la conversation avec son compagnon. Elle ne croit plus à un drame. On ne la voit PAS téléphoner aux secours. Et, quand elle reçoit l’appel anonyme, elle ne semble pas savoir que cela vient d’eux. Or, les secours ont nécessairement été prévenus par quelqu’un et même sans doute une personne qui savait ce qui s’était passé vu qu’ils ont tout l’équipement nécessaire.

Et les éléments qui me font penser que c’était Pelle :

  • Il en avait besoin pour les conséquences que cela allait avoir (similarité, préparation psychologique, couple)
  • Lors de la scène où Dani téléphone à son copain, la toute première fois, on ne les a pas en visuel ! Et on entend qu’ils ne sont que deux personnes. On sait aussi qu’ils vont bouger. Le film n’insiste pas aussi lourdement sur l’absence d’alibi au moment de la mort par hasard.
  • Pelle est le seul qui tient absolument et de manière très forte à ce que Dani vienne. Elle faisait certainement partie du plan autant que pour les autres mecs. Il le répète à plusieurs reprises et il est celui qui rend décisif sa décision de départ alors qu’elle n’était pas vraiment tentée au moment où elle entre dans la pièce
  • Pelle connaissait les problèmes entre Dani et Christian, il savait qu’elle était fragile, il savait que sa sœur faisait souvent des appels à l’aide et que ça rendait folle Dani. Il le savait parce que ça exaspérait Christian et qu’il ne s’en cachait pas auprès de ses amis
  • Comme on le voit dans la suite, il n’a pas du tout le même rapport à la mort et au meurtre que ne peuvent l’avoir ses compagnons
  • Enfin, même si cela parait étrange à placer dans cette liste, il était vraiment très attiré par elle (on le voit faire un dessin d’elle, qu’il lui cache)

Le miroir avec Pelle

Pelle a perdu ses parents également et il sont morts dans un « incendie ». On suppose très fortement qu’ils sont morts dans un sacrifice pour le Midsommar. Quand on meurt dans un incendie, on meurt plus souvent d’intoxication par les fumées que par le feu lui-même. Cela marque une certaine similarité avec la mort des parents de Dani (le CO est produit par la combustion de l’oxygène comme lors d’un incendie).

Je pense que la mort de la sœur aurait très bien pu être suffisante. Il y a deux raisons pour tuer les parents en même temps :

  • la similarité
  • le danger d’être pris

On sait que le fait de vivre la même chose rapproche les gens entre eux et cela peut être une raison intéressante à cet acte.

Mais, on peut aussi dire que l’injustice énorme d’un tel acte crée de la culpabilité surtout comme il a été réalisé ici. Pelle a pu ressentir cela également quand il était enfant. Mais, chez lui, cela a conduit à légitimer et à défendre l’injustice pour pouvoir vivre avec elle. Et c’est quelque chose qu’il va tenter également de créer chez Dani. Non pas lui apprendre à déculpabiliser mais au contraire lui apprendre à devenir une tueuse.

Les conséquences sur sa relation avec Christian

Sans cet événement, il est presque certain que Christian l’aurait lâchée.

On l’entend dans son premier « je t’aime » au téléphone qu’il lâche exaspéré. On l’entend aussi dans la conversation qu’il a avec un de ses amis. On le voit dans leur non verbal et le faible soutien physique qu’il lui donne. On l’entend enfin dans la justification de ce qu’elle a vécu.

Ce drame a donc été nécessaire à leur départ commun. Si Christian avait rompu, Pelle n’aurait pas pu inviter Dani. S’ils restaient ensemble à cause du drame,  Christian se sentait obligé de l’inviter pour ne pas l’abandonner, bien qu’il n’en ai aucune envie.

La préparation psychologique pour le camp

Elle est complètement perdue. Elle l’était déjà avant le drame, on peut supposer que sa soeur et elle n’aient pas eu la meilleure des enfances. Mais cet événement la perturbe complètement, on peut le comprendre, et ce d’autant plus qu’elle n’a que peu de soutien de son compagnon. Grâce à cela, elle sera dans les meilleures conditions pour être complètement manipulée et s’intégrer complètement dans son nouveau milieu.

Par ailleurs, puisque ses parents sont décédés et qu’elle va perdre son copain, elle n’aura plus aucune attache et pourra décider de vivre là pour toujours (avec Pelle). Ce n’est pas montré dans le film mais on peut supposer qu’elle ne partira plus. D’ailleurs, la mort de ses parents a certainement eu, on en parle pas ou peu mais c’est facile à deviner, comme conséquence également de la déscolariser, ce qui ne fait que diminuer encore les raisons, pour elle, de revenir.

Tout est-il réfléchi ?

J’ai vraiment l’impression que chaque dialogue, chaque plan a du sens. Mais pas seulement, les actions et les personnes qui s’invitent à la fête ne sont pas là par hasard :

  • les sacrificiés femmes sont minoritaires : logique ! Un homme peut féconder dix femmes mais dix hommes ne peuvent pas faire avoir dix bébés en même temps à une femme. Une communauté qui veut survivre doit donc assurer plus de chances de survie aux personnes de sexe féminin.
  • la soeur de Pelle choisit Christian : on peut supposer que le lien de sang a permis à Pelle de convaincre sa soeur d’opérer le choix qui l’arrangeait le mieux afin de rendre jalouse Dani
  • Mark est le mec rustre et irrespectueux par excellence … il était presqu’évident qu’il allait faire une bêtise, d’autant qu’on ne lui dit que peu de chose sur ce qu’il peut ou ne pas faire
  • la réalisation d’une thèse est quelque chose qui peut être tout à fait obsédant et ils ont ici l’occasion de faire un sujet réellement exceptionnel dans leur domaine : cela crée de la compétition et un aveuglement pour les deux personnes les plus intelligentes du groupe. Cela conduit aussi Josh à faire une grave erreur
  • on a déjà tant parlé du cas de Dani qu’on ne va pas le refaire ici mais il est évident que c’est une personne pour laquelle il y a le plus de raisons de penser que ce qui lui arrive est voulu et espéré
  • par Dani (qui reste ?) et Christian, du sang neuf est apporté à la communauté et par les autres morts étrangers, on évite que trop de sang « interne » soit versé

Par contre :

  • je pense que le couple d’étrangers invité par l’autre personne n’était peut-être pas forcément destiné à mourir, ils ne meurent peut-être que parce qu’ils veulent s’en aller et risquent de dénoncer ce qui se passe. Quelques éléments :
    • La veille encore on leur parle très gentiment (même si ça ne veut pas dire grand chose dans cette secte) et tente de les convaincre que ce qui s’est passé est un bonheur
    • Ingemar qui les a invité se sacrifie volontairement. On ne sait pas à quand remonte ce sacrifice mais on peut supposer que les membres ont le choix de trouver du sang extérieur à sacrifier ou de se sacrifier eux-même en échange de leur remplacement. Face à ce choix moral, on aurait les personnes qui ne supporteraient pas de tuer et qui chercheraient alors des personnes idéales pour s’intégrer et ceux qui chercheraient au contraire des personnes ne s’intégrant pas et allant commettre des erreurs

Anthropologie

Le fait que Josh et Christian soient tous les deux des étudiants cherchant à faire une thèse en anthropologie n’est évidemment pas un hasard. Tout anthropologue qui se respecte rêverait de faire ce genre d’expérience (au moins au début) en toute (apparente) sécurité. Ils décrivent une communauté qui semble pure malgré sa contemporanéité, qu’ils peuvent découvrir et visiter de l’intérieur grâce à l’aide d’un local. Et les anciens sont prêts à tout leur expliquer.

Il est possible qu’il y ait eu un vrai espoir que l’un des deux écrivent une thèse et rende la communauté célèbre dans le monde scientifique mais j’avoue ne pas y croire très fort.

Par contre, c’est ce qui me parait le moins réaliste (mais toujours pour autant probable vu le conditionnement), c’est qu’ils viennent étudier une communauté primitive en ne prenant aucune précaution. Sans doute est-ce à cause des sourires affichés et de Pelle mais je me serais attendu à quand même un peu plus de méfiance et à moins de prise de risque. Il est vrai toutefois que l’époque des explorations est tellement ancienne qu’on a peut-être oublié que cela pouvait être dangereux.

Renouvellement du rite

C’est la chose la moins claire du film et à la fois le mensonge le plus évident. Ce rite ne se déroule évidemment pas uniquement tous les 90 ans :

  • Pelle montre des photos avant le départ
  • Il y a beaucoup trop de photos de reines de Mai
  • Si ces parents sont morts durant le rite … la temporalité est impossible

Il me parait pourtant difficile d’imaginer que ce soit organisé tous les ans : les gens qui disparaissent en trop grand nombre finiraient bien par soulever des inquiétudes et provoquer une enquête qui les mènerait là.

Peut-être est-ce organisé tous les neuf ans seulement ? Ce chiffre semble avoir une certaine importance. Ou peut-être est-ce l’ampleur des sacrifices qui ne survient pas chaque année.

Là-dessus, à moins de revoir le film, et encore, je doute, je pense qu’on ne saura jamais vraiment.

Réalisme / horreur

Le réalisme est ce qui rend le film si effrayant. Une fois arrivé, on ne peut plus s’en sortir sans encombre : soit on est sacrifié, soit on s’intègre. J’y ai beaucoup réfléchi en sortant de la salle mais l’isolement géographique de la secte, le fait qu’il n’y ait qu’une seule voiture et qu’ils vivent en autarcie pour la nourriture, pas non plus de réseau de téléphonie mobile GSM et peut-être pas d’électricité, tout cela rend extrêmement difficile de s’en échapper ou même de l’infiltrer sans danger (si la police le voulait).

Je me suis même demandé si les parents n’étaient pas tous tués (en miroir de ce qui est arrivé à Pelle) pour accentuer encore l’intégration des enfants au sein de la communauté : de cette manière, ils la défendent encore plus (pour que la mort ait un sens) et leur attachement finit par se porter sur la secte toute entière. Toutefois, le simple fait de tuer les pères ou de confier les enfants à toutes les personnes de sexe féminin serait peut-être déjà suffisant pour obtenir un effet similaire. Et même cela n’est pas indispensable.

Plaçons nous un moment dans la peau d’un invité. A un moment, on se rend compte qu’il se passe quelque chose de louche et qu’il faut s’échapper en douceur. D’abord, la nuit est très courte donc une évasion discrète ne peut se produire que pendant une heure ou deux maximum. Mais, même si on admets qu’il n’y a pas de garde et que tout le monde dort vraiment (ce qui n’est pas invraisemblable), on va devoir partir à pied !

Et là, soit on prend le sentier par lequel on est venu (et on peut être repris plus facilement), soit on pars au hasard dans la forêt (avec le risque de voir un ours ou surtout de se perdre). Mais rappelons déjà que la plupart des invités sont des jeunes branchés et citadins qui ne sont pas du tout à l’aise pour s’en sortir et survivre dans la nature.

Enfin, on arrive au « pré campement » où les voitures ont été laissée. Admettons que personne ne soit venu les déplacer au début des festivités. D’autres personnes ont peut-être déjà pris un chemin beaucoup plus court pour nous retrouver (rien ne dit que le campement ne se trouve pas juste à côté et qu’on ne nous a pas fait marcher des heures pour accentuer l’isolement).

Mais même s’il n’y a personne … Il faut les clés ! Et elles ne sont pas accrochées au volant ! De même qu’elles ont pu être dérobées en douce ou que l’essence a pu être retirée ! Il faudrait donc beaucoup de chance pour pouvoir reprendre la voiture et s’en aller. Mais eux disposent aussi d’une voiture (il y en a deux au moins au début de l’aventure) et peuvent nous rattraper. Ils peuvent même nous rattraper à l’autre bout du monde s’ils le veulent.

Sans l’hypothèse voiture, il faudrait marcher des dizaines ou des centaines de kilomètres dans la nature sans se faire repérer et en survivant (trouver à boire semble facile dans cette nature préservée, trouver à manger un peu moins, quand à dormir en paix …).

Dans tous les cas, on ne connait pas la langue, ce qui handicape pas mal également.

Je pense vraiment qu’il faudrait une chance sur cent ou sur mille pour s’échapper et dénoncer la secte. Et le pire à dénoncer (les suicides n’étant pas ce qu’on puisse reprocher de plus grave si on les considère comme volontaires) ne se produit que tout à la fin à un moment où on a toutes les chances d’être mort.

Quelqu’un de l’intérieur pourrait la faire se détruire mais l’endoctrinement est là pour l’empêcher. Sans compter qu’un enfant qui poserait trop de questions serait sans doute sacrifié. Ce n’est pas forcément anodin que les deux « volontaires » aient vécu à l’extérieur.

Bref, quand on pense à tout ça, l’aspect claustrophobique qui rend le piège effrayant n’est que plus fort encore. Cet aspect étant lui-même renforcé par la contradiction de la lumière tout le temps apparente (rare dans un film d’horreur), par les sourires et bonheurs tant affichés et par cette communauté dont les mauvais aspects ne peuvent décemment pas nous en faire une vraie utopie. Le son liant tout cela dans une recette parfaitement maitrisée.

Conclusion courte

J’ai énormément aimé ce film très dérangeant et original. Je comprends qu’il divise fortement, cela dit, et que ceux qui sont habitués à autre chose dans le genre peuvent ne pas aimer. L’aspect graphique est dérangeant à certains moments mais c’est surtout l’ambiance lente et claustrophobique qui crée l’horreur et tout le monde n’est plus forcément habitué à ça.

J’espère qu’il sera diffusé au Ramdam Festival de Tournai car il serait parfait dans sa programmation. De même, j’espère des récompenses pour une oeuvre atypique et qui le mérite amplement.

Voir plus loin

J’ai trouvé cette critique intéressante :

Papyrus série BD de Lucien De Gieter

J’ai récemment acheté les titres de la collection Papyrus qui me manquaient. Cette collection avait été entamée il y a tellement longtemps (par mes grands frères) que je m’étonne moi-même d’avoir attendu autant de temps pour la terminer.

C’est peut-être l’occasion de revenir ici sur cette série.

Interview

Je voulais publier une petite interview de l’équipe Com de Dupuis et je leur avais envoyé quelques questions par écrit (en avril) mais je n’ai reçu aucune réponse en retour (rien, pas même une fin de non recevoir ou des réponses partielles). Je ne trouve pas cela très professionnel.

Cela dit, voici les questions et je vais y ajouter quelques commentaires :

Il semble que Papyrus devienne très difficile à trouver en librairie, avez-vous décidé d’arrêter son impression et sa diffusion ? Si oui, est-ce une décision définitive ou est-ce seulement fait pour laisser de la place aux futures intégrales qui étaient prévues ?

Sur le site de Dupuis, il est indiqué qu’une intégrale est à l’étude mais aucune décision n’est encore prise.

Actuellement, les numéros indiqués comme épuisés par la maison d’édition sont les suivants : 2 à 4, 6, 8 à 12, 14 à 15, 17, 21 à 22, 27 à 30.

Cela représente plus de la moitié de la série et cela va sans doute s’aggraver rapidement.

En librairie d’occasion, on ne reprend plus de papyrus et on les revend parfois à des prix très bas (ce dont j’ai bénéficié pour arriver à terminer ma collection).

Il y a des signes que cette série est sur la fin et je trouve cela triste. En BD, ce qui ne se vend plus est vraiment en train de mourir car le numérique n’est pas là pour prolonger la vie des œuvres.

Combien d’albums de Papyrus avez-vous vendus jusqu’à ce jour, environ ?

Je suis vraiment très curieux, ça m’aiderait à mieux connaitre la base de fans. Même si il est évident qu’en 40 ans, un certain nombre de lecteurs originaux n’a sans doute jamais terminé la série et qu’il y a donc eu un gros renouvellement permanent.

Même si je suis critique sur l’arrêt de la publication, il est vrai aussi que cette série a été soutenue durant quarante ans, ce qui est énorme et pas commun.

Envisagez-vous un spin-off ou une reprise de la série ? Par exemple, Papyrus adulte ou la vie d’un personnage secondaire ?

Je suis toujours critique quand une série est reprise par un nouvel auteur. Je déteste cela. Sauf peut-être quand la série n’a jamais vraiment appartenu à son auteur. Il faut avouer par exemple que Spirou a connu de belles choses sous des plumes différentes (quoique je me suis toujours refusé de lire ce qui a suivi Tome et Janry).

Mais, prolonger Papyrus avec un nouvel auteur et un tout autre style, peut-être plus adulte et plus en accord avec son temps, pourrait donner quelque chose d’intéressant. Je serais curieux de voir ça !

Ce qu’il faudrait garder :

– le thème de l’Egypte (évidemment)

– le côté pédagogique pour continuer à apprendre

– un dessin qui fait rêver (je pense que plus que tout, c’est ce qui m’a attiré dans cette série)

– du fantastique / magique / onirique … mais en évitant le grotesque qu’a parfois emprunté la série. Je pense qu’il faut vraiment trouver un meilleur point d’équilibre à ce propos.

Ce qu’il faut clairement améliorer :

– des scénarios mieux travaillés et surtout plus égaux les uns par rapport aux autres (j’ai parfois eu l’impression que certains albums se lisaient beaucoup plus vite que d’autres, que certains avaient vraiment trop de facilités dans le scénario ; c’est sans doute ce qui m’a le plus empêché d’acheter les derniers albums au prix du neuf : je savais que plus une série avance dans le temps et plus il y a de chance qu’on ne retrouve plus les albums qui nous avaient tant fait rêver du début et, pire encore, on a nous même vieilli et sommes devenus plus exigeants).

Petit exercice pour imaginer cette suite :

Au premier album, on retrouve Papyrus qui s’endort et qui rêve qu’il est prince. Ceci est un petit clin d’œil au dernier album et une bonne manière de recommencer. Tous les autres albums qui suivront feront partie de ses rêves.

Les aventures seront plus adultes comme dans Largo Winch ou Treize, ce qui veut dire que dés la base, on aura un héros qui sera aventurier ET sexué.

Un ou une compagnon de route assurera la partie humour. On aurait plus forcément un personne comme Théti-Chéri à ses côtés.

Pour le reste, l’imagination du scénariste laisse la place à tellement d’aventures possibles … mais en essayant que la partie magique ne prenne pas trop de place. Je veux des aventures trépidantes, par moment drôles et qui fassent rêver (le plus important). Je veux qu’on puisse refermer et prolonger dans nos rêves les songes de Papyrus. Qu’on puisse le faire car tout cela nous paraitra suffisamment solide pour pouvoir être vécu et suffisamment intéressant pour le vouloir également.

Y a-t-il un projet de long métrage ?

Je trouve ça dingue, d’une certaine manière, qu’on ait adapté quantité de titres de chez Dupuis mais que Papyrus n’ait jamais été envisagé. Avec un bon budget et un bon scénario, il y aurait de quoi faire quelque chose de vraiment génial. Je suis sur, d’ailleurs que sur les 33 albums, il y en a quelques uns qui ne seraient pas trop difficiles à adapter.

Mon rapport à l’enfance

Je ne sais pas si j’ai aimé Papyrus parce que je m’intéressais à l’Egypte (et à l’antiquité) ou si je me suis intéressé à l’antiquité parce que j’avais lu Papyrus et Alix (deux séries qui étaient là avant ma naissance dans la maison).

Le fait est que j’ai vécu de belles aventures et aimé découvrir ses temples et ses paysages qui me faisaient rêver. L’idée de Papyrus et de Théti Chéri était excellente. Je suis critique sur les albums que j’ai lu plus récemment. Je dois bien avouer qu’ils ne m’ont pas autant donné que ceux lus quand j’étais enfant. Mais c’était une de mes séries préférées et ça je ne le renierai jamais. Aujourd’hui, je suis plus exigeants sur la qualité des scénarios parce que j’ai tout simplement grandi. Mais pour un enfant, cela reste une très bonne expérience.

J’espère que ma fille lira à son tour et y prendra autant de plaisir que j’en ai eu.

Mon expérience de dédicace

Je vous raconte comme cela s’est passé dans mon souvenir. Personne ne pourra contredire et je sais plus que quiconque à quel point nos souvenirs peuvent être parfois très précis sur certaines choses, très flous sur d’autres et même parfois arrangeants avec la réalité. A prendre pour ce que c’est donc. Malheureusement, je ne trouverai personne confirmer ou infirmer parce que j’étais seul et que, pour l’auteur, il n’y en a sans doute aucune mémoire.

C’était du temps où il y avait encore un Festival de la Bande Dessinée à Koksijde à la côte belge (en 1998). J’avais vu que De Gieter était en dédicace et je n’étais qu’un gamin (adolescent quand même) et l’occasion était trop belle (je pense ma toute première dédicace). Alors je me suis acheté une des dernières BD et j’ai été me mettre au bout de la file d’attente. Et j’ai attendu longtemps, longtemps.

L’auteur a dessiné méticuleusement de magnifiques dédicaces à tout le monde. Les dédicaces des grands dessinateurs prennent toujours plus de temps. Puis il y a parfois le cas des personnes qui viennent avec plusieurs BD à faire signer sans trop de respect pour les autres qui attendent.

Vient mon tour et juste à ce moment là, la femme de l’auteur (qui peut-être était impatiente depuis longtemps, les femmes sont comme cela) le presse de partir, que cela a déjà duré trop longtemps (les paroles exactes, je ne m’en souviens plus du tout). Je me souviens juste de l’ado très timide de 14 ans que j’étais à l’époque et qui était à la fois très surpris (j’étais le dernier !) et complètement dépité. Puis j’ai du dire quelques mots, sans m’énerver (je sais que ça ne sert à rien quand on cherche une faveur) et, heureusement, la gentillesse de l’auteur a fait qu’il a pris les quelques minutes supplémentaires pour s’occuper de moi.

Voici le très beau résultat :

Et maintenant ?

Si ma fille en lit quelques-uns et qu’elle accroche, je garde tout.

Si elle n’aime pas, je pense tous les relire et ne garder que les meilleures, celles qui me font vraiment transporter. Le reste, je les donnerai à la ressourcerie (pour être revendus à petits prix) où les placerai en boite à livre de ma commune.

Dans ce dernier cas, j’éditerai l’article pour vous donner ma liste des meilleurs albums (selon moi), ceux qui méritaient de rester dans ma bibliothèque. Ça ne voudra pas dire que les autres seront mauvais mais je ne compte garder que la « crème de la crème », ceux qui sont vraiment exceptionnels.

Liens pour prolonger

Voici quelques interviews de De Gieter retrouvée sur le web et que j’ai trouvé très intéressantes à lire :

La partie du site officiel de Dupuis consacré à la série :

La chaine Youtube avec tous les dessins animés :

En vrac de la télé (1)

Comme d’habitude dans les articles « en vrac », on parle de beaucoup mais pas profondément.

Séries

Je ne spoile pas ni ne dévoile de trop.

Sachez que ce sont des séries que j’ai aimé regarder ces derniers mois (sachant que je ne suis pas fan de séries à la base). Je les présente en quelques mots et je vous invite à les découvrir si le cœur vous en dit. La plupart ont été vues sur BeTV et certaines sont encore diffusées en ce moment. Un certain nombre ne sont que des mini-séries, genre que j’affectionne particulièrement tant je déteste les séries qui trainent en longueur et finissent par tomber dans la médiocrité toujours plus profonde à chaque nouvelle saison / épisode (qui a dit Walking Dead ?).

Mr Mercedes

La chanson du générique de début donne le ton. En dix épisodes (je n’ai vu que la première saison, la deuxième commence seulement à être disponible), on voit évoluer une enquête sur un événement grave qui a changé la vie d’un policier. Ce policier, aujourd’hui à la retraite, est le principal atout de la série : il est bourru, drôle, attachant, maladroit, sympathique (et un peu alcoolique). Même si c’est inspiré d’une oeuvre de Stephen King, il n’y a pas de fantastique ici.

Je ne peux m’empêcher de vous mettre la musique du générique :

Getting On

Série télévisée probablement pas si éloignée du réel, malheureusement, et en même temps, c’est ce qui la rend drôle. En se moquant de la bureaucratie et du nouveau management appliqués au monde hospitalier, on rit souvent pour ne pas pleurer. Evidemment, cela se passe aux Etats-Unis où le système d’assurance maladie imparfait qu’ils ont là-bas rajoute encore un peu de piquant.

Pour en savoir plus : https://www.lemonde.fr/blog/seriestv/2013/11/25/getting-on-prometteuse-adaptation/

Sally4ever

Pitch en très résumé : c’est l’histoire de Sally et de tous les tarés qui l’entoure. C’est vraiment drôle. Et en même temps complètement givré et « What The Fuck ». Il y a des moments où on est gênés, on ne sait quoi penser, on a presqu’envie de vomir. Mais au final, on a adoré. Âmes sensibles s’abstenir et je préfère prévenir : on voit du vomi, de la drogue et des  excréments. Cela va en empirant avec les derniers épisodes parfois presqu’insoutenables par moment (on ne vous en voudra pas de détourner les yeux …).

C’est l’incongru et cet humour malaisant et british qui fait le sel de la série et c’est cela qui nous a donné envie de tout voir en entier mais je ne sais pas, par contre, si on est prêt de revoir les épisodes de si tôt. Cela commence relativement soft et c’est de pire en pire du point de vue tabous (notamment scatologiques) comme déjà dit juste avant. Je suis tombé dessus par hasard et je n’ai pas décroché. Voyez les deux premiers épisodes et vous saurez si cela peut vous plaire.

Je n’ai qu’une chose à dire, c’est que cela peut être vraiment très drôle et en même temps, cela n’est clairement pas pour tout le monde.

D’autres avis :

The Lawyer

Ici, on quitte l’humour scabreux ou bizarre pour arriver dans une histoire d’enquête policière et de mafia en Scandinavie (c’est un peu la région à la mode pour cela).

La série n’est pas exceptionnelle mais j’ai passé un bon moment à la regarder et, l’essentiel sans doute, je me suis assez bien identifié au héros. Pas ici d’histoire d’avocats comme on en a l’habitude (plaidoiries) mais plutôt des histoires de familles pas toutes nettes. Des hommes ni tout blancs ni tout noirs.

Irresponsable

Série française !

Irresponsable est très drôle et met en scène un héros complètement … irresponsable et tellement humain et touchant en même temps. J’aime énormément les histoires de loosers … je m’identifie plus facilement à un humain raté qu’à un super héros.

Ici, on a une histoire très légère sur deux saisons (pour le moment) comme on aimerait en voir plus souvent.

Le héros a eu une aventure adolescente amoureuse il y a de cela très longtemps. Mais son amoureuse a disparu presque du jour au lendemain et son cœur ne s’en est jamais vraiment remis. Quinze ans (ou un peu plus) plus tard, la jeune fille le retrouve et l’invite au restaurant pour lui annoncer une nouvelle renversante : il est père !

De cela s’ensuit toutes des aventures où il essaye difficilement d’assumer enfin sa paternité et d’être plus mature tout en espérant reconquérir celle qu’il aime. C’est bien écrit, léger et on rigole beaucoup. Cela se regarde très vite, aussi.

Vernon Subutex

Série française, là encore ! Je le dis parce que ce n’est pas si fréquent de passer du bon temps devant les productions hexagonales. Adaptation (parait-il assez libre) d’une série de romans de Virginie Despentes.

Aussitôt vu, aussitôt j’ai eu envie de revoir tous les 9 épisodes encore une fois.

Incontestablement, le point le plus positif de la série est sa musique très réussie. Puis, c’est aussi l’ambiance. On est dans un monde d’humains imparfaits et on s’y sent bien. Si on se sent plus proche de ceux qui souffrent et luttent que de ceux qui ont toujours eu tout cuit dans leur bouche comme des moineaux, alors on se sent dans son élément dans cette série.

C’est aussi une saga sur le temps qui passe et sépare les vieux amis. Je pense que si vous avez lu et aimé les romans, vous pouvez quand même tester la série car elle est, parait-il, assez originale et surtout, parce qu’elle est parfaitement adaptée à son support et offre donc surement une expérience unique et différente des livres.

Baron noir

C’est une série que je n’ai pas vu récemment (une nouvelle saison tous les deux ans environ et la dernière n’est pas encore arrivée) mais dont j’attends le retour (saison 3) avec impatience. Sur la politique française avec un Kad Merad excellent.

Billions (saison 4)

De saison en saison, c’est une valeur sûre.

Un scénario bien construit, bien écrit et toujours un peu surprenant. Bien malin qui pourra dire où cela finira et où cela nous mènera au dernier épisode de la dernière saison. Je ne sais pas combien de saisons il reste mais je ne suis toujours pas lassé après quatre saisons pleines et j’espère que la bonne qualité se maintiendra jusqu’à la fin.

J’imagine et je crois que tout est déjà écrit.

Un grand atout est que le casting est excellent. La prestation de Paul Giamatti, particulièrement, fait beaucoup. Son personnage n’est certes pas toujours tout à fait droit ou moral, mais cela reste, je trouve une des personnes les plus appréciables du monde de Billions. Même s’il dévie régulièrement un peu du droit chemin, il ne le fait pas uniquement pour le pouvoir et n’est pas vraiment intéressé par l’argent (facile quand on est riche de naissance). Il a un chemin tracé et le suit jusqu’au bout.

J’ai hâte de connaitre la fin et de savoir qui seront les gagnants et les perdants.

Escape at Dannemora

Alors là, c’est beaucoup plus sombre. Pas sûr que tout le monde aimera.

L’histoire de prisonniers et de gardiens de prisons dans une centre pénitentiaire merdique des états-unis.

Une évasion avec peu d’intelligence des deux côtés mais beaucoup de faiblesse humaine. Pas beaucoup d’humour. Mais l’humanité sale et bête.

On a tous nos faiblesses béantes et on est tous victimes de celle des autres. Et malgré cela, le monde tourne. Alors quand je regarde cette série, je ne ressens pas des émotions magnifiques mais je suis quand même un peu hypnotisé par ce reflet des plus mauvais côtés de la société dans laquelle on évolue.

Si vous ne voulez pas être spoilé pour la dernière saison de GoT, vous pouvez arrêter votre lecture ici, c’est la dernière série dont je parle.

Game Of Thrones (saison 8)

Je fais partie des rares qui ont aimé cette série de la première à la dernière saison.

Je pense que les nombreuses critiques de ce final finiront par s’apaiser avec le temps. Rien qu’en revoyant les premières saisons (par ailleurs assez similaires et denses aux dernières), on se rend compte que tout était déjà prémédité dès le début. En ce sens, invoquer qu’on ait fait n’importe quoi de l’oeuvre de George Martin me fait rire. Je ne pense vraiment pas qu’on ait dévoyé son travail ou sa volonté.

Pour le reste, j’ai décidé de créer un article à part où je réponds à diverses critiques négatives sur la fin de série :

Article rapide en réponse aux critiques sur la fin de GoT

Films

L’article est déjà assez long … Peut-être pour le prochain « en vrac ». 😉