L’adoption: Qinaya Tome 1, BD de Zidrou

On peut pas dire ce qu’on a jamais entendu

Alors on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul, tout ça sans avoir vécu

Sur de rien, Shurik’n

Zidrou dans l’adoption (Tome 1), c’est une belle histoire remplie d’émotions.

La BD m’avait été conseillée par une vendeuse quand je lui avait dit être un très grand fan de Jim (aussi édité chez Grand Angle). Pourtant, je n’avais encore jamais fait le pas, reportant sans cesse mon achat. La couverture ne me plaisait pas, le thème me paraissait lourd et potentiellement rempli de bons sentiments. Bref, j’hésitais.

Puis, vint la publication dans le journal Métro pour préparer la sortie du tome 2. Et j’ai tout de suite accroché. Le posséder est devenu très rapidement un « besoin ». Ma compagne me l’a offerte et je l’ai lue début de semaine.

Je vais en parler un petit peu même si elle ne m’inspire pas de grandes analyses. Et je mettrai peut-être l’article à jour après parution du tome 2 …

Etre père

L’absence de père, symbolique ou bien réel, est un thème récurrent et important du récit:

  • un des amis de Gabriel a perdu un enfant
  • avoir un enfant par adoption : en sauvant un enfant qui n’a pas eu de père, on peut tenter de soigner sa propre blessure narcissique de ne pas en avoir eu. On remarquera que c’est le fils de Gabriel qui est le plus persuadé d’avoir bien agi.
  • Gabriel n’a pas été un père et on peut se douter qu’il le sait. Cette agressivité qu’il a envers son propre fils ressemble fortement à cette culpabilité offensive que ressentent parfois ceux qui savent qu’ils n’en ont pas fait assez, même avec les meilleures raisons du monde.
  • avoir un enfant par adoption (2): parfois il y a des raisons psychologiques qui font qu’on arrive pas avoir un enfant par voie naturelle. Ces raisons peuvent être liées à une enfance où le père a manqué et l’angoisse de ne pas pouvoir en devenir un bon soi-même.

D’une certaine manière, c’est banal car beaucoup de nos parents ou grands parents ont été des pères peu présents et pleinement investis dans leur travail. Ce n’est que récemment qu’en tant que père, on cherche à s’investir autant auprès de nos épouses que de nos enfants. Mais c’est très difficile d’être une figure paternelle quand on a pas eu de modèle au départ. Il faut inventer sa fonction.

Gabriel découvre qu’il peut être un bon parent,  y prend goût et plaisir. C’est ce qui rend la fin si douloureuse et on se doute que le tome 2 accentuera cela. Son fils s’en rend compte et jalouse d’ailleurs cette relation. Cependant, en voyant l’intérêt de son père pour Qinaya, il vit un peu par procuration ce qu’il aurait aimé vivre à l’âge de la petite fille. Cela donne des sentiments ambivalents mélangeant fierté et jalousie / envie.

Adopter

L’adoption est une démarche très difficile. La BD aborde cette difficulté et le tome 2 le fera sans doute encore plus fortement.

Mais il y a aussi cette critique de nos bons sentiments d’occidentaux qui se croient autorisés à kidnapper ou  à adopter, dans des circonstances troubles, des enfants provenant d’ailleurs, sous prétexte qu’ils connaîtront forcément une meilleure vie ici.

Sauf qu’élever un enfant, lui permettre de bien grandir ne demande pas uniquement des conditions matérielles et, au contraire, la présence des parents est importante même s’ils sont « pauvres ». Une personne cherchera toujours à retrouver ou connaitre ses origines, qu’elles soient humaines ou géographiques.

Je suis très curieux d’en savoir plus sur les circonstances du rapt et ses conséquences sur Qinaya, sa famille biologique et d’adoption.

Une relation qui commence mal

Gabriel est très grognon et n’accueille pas du tout avec bonheur cette « lubie » un peu spéciale de son fils et de sa belle-fille. Il a, par ailleurs, une meilleure relation avec sa fille qu’avec son fils.

Mais, après avoir pris le temps de découvrir cet enfant, cette petite fille mignonne venue d’un autre continent, il se découvre un peu plus. Il s’ouvre aux autres et au bonheur.

Conclusion

La petite est craquante, le dessin est beau, le cadrage et la réalisation très bons, les couleurs jolies. Toutefois, sans savoir l’exprimer, il y a une sorte de « flou » qui me plait un peu moins. Peut-être suis-je trop habitué à un certain style ? Mais l’histoire prime et j’ai vraiment apprécié la lecture de cette oeuvre intimiste. Mon plus gros regret est que le tome 2 ne soit pas encore sorti ! Je n’aime pas m’arrêter à la moitié d’une histoire …

Pour une fois, je suis relativement muet mais je pense que c’est avant tout lié à cette impression de ne pas encore avoir lu toute l’histoire. Il me faudra mettre à jour cet article dans quelques mois …

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