Inventer de la fumée pour pouvoir éteindre des feux imaginaires

(c’est rare, mais voici un petit billet d’humeur)

J’ai arrêté la politique active il y a quelques années maintenant. Mais, je m’y intéresse toujours. Je lis, je débats, j’essaie de comprendre les enjeux d’actualité ; ça, ça ne cessera jamais.

Ces derniers temps, j’ai remarqué que certains, dans le monde politique, ont fait de l’AFSCA leur victime idéale. Profitant de la mauvaise réputation de cette agence parmi une partie de la population, ils inventent de la fumée, obligent les dirigeants ou ministres à se défendre d’actes qu’ils n’ont pas commis puis, quand il devient évident que la fumée n’existe pas, annoncent fièrement avoir éteint un feu qui n’avait jamais même couvé.

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Ça me désole complètement.

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». A chaque fois, le ressentiment vis-à vis, de l’agence augmente et le coup suivant est encore plus intéressant à faire. Un cercle vicieux. D’autant plus que les gens en deviennent paranos.

Le pire étant que les médias se contentent généralement d’aligner les pour et les contre sans mener de véritable enquête et sans se mouiller. Mais, pour moi, relayer la vérité n’est pas suffisant si on accorde une place équivalente au mensonge sans se prononcer pour l’un ou pour l’autre.

Dernièrement, l’AFSCA a été accusée de :

  • Vouloir interdire le fromage de Herve
  • Vouloir empêcher les Groupes d’Achats Locaux de fonctionner
  • Vouloir interdire la tarte au riz

A chaque fois, c’était faux ou simplement fantasmé. Mais le message est passé et maintenant tout le monde y croit. Je ne crois pas qu’on se grandit en agissant comme cela.

D’autant plus que l’hygiène alimentaire est quelque chose d’important. Discuter et proposer aurait bien plus d’intérêt que de créer des polémiques stériles qui n’ont pour seule conséquence que de créer un peu de buzz médiatique et d’exister. Ce n’est vraiment pas ce que j’attends d’un parlementaire.

L’hygiène dans l’alimentation sauve des vies. Arrêter le contrôle serait tout bonnement irresponsable : on ne peut pas tout permettre. Je veux bien imaginer qu’il y a sans doute des choses à changer. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on voit de la fumée apparaitre, on se rend compte en ayant la version vérifiée qu’il n’y avait rien. Et c’est très dérangeant, ça donne l’impression qu’on essaie de nous manipuler.

Alors, si vous voulez améliorer le fonctionnement de l’AFSCA, attaquez la sur des vrais faits, pas sur des fantasmes. Parce qu’autrement, ça ne ressemble à rien d’autre qu’à de la politique populiste de bas étage.

Personnellement, je pense que si des méthodes de production artisanales sont plus dangereuses, on pourrait proposer de rendre le citoyen plus responsable en l’informant du danger et en lui laissant libre choix de la consommation. Et je ne serais  pas contre un assouplissement des contrôles en échange.

Mais on ne peut pas généraliser ce genre de choses à toute la chaine alimentaire, le consommateur doit être protégé par des spécialistes qui savent ce qu’ils font. Et on les trouve à l’AFSCA ces spécialistes, bien plus que chez les critiques de cette agence.

Les fonctionnaires de première ligne font souvent un métier difficile et n’ont pas besoin de se voir calomnier dans la presse alors que, dans le même temps, leur employeur (le gouvernement) ne cesse de réduire les moyens de manière aveugle (économies linéaires) en rendant leur travail plus difficile.

Journalistes, pensez à eux avant de relayer des infos sans fondement, merci.

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