Au sujet des jours de maladie des fonctionnaires statutaires …

Hésitation …

J’ai longuement hésite à écrire sur ce sujet d’actualité. Nous, fonctionnaires, serons quand même toujours considérés comme des privilégiés n’ayant pas à se plaindre ou à réclamer.

Nous sommes bien lotis, c’est vrai. Mais, trop souvent, ceux qui nous crachent dessus ne sont pas complètement informés non plus.

Et, par ailleurs, nos syndicats ne sont pas opposés aux réformes, encore faudrait-il qu’on les considère avec respect comme des partenaires à part entière et pas seulement comme un « passage obligé » où négocier les virgules après avoir, en long et en large informé la presse.

Notre système de congés maladies aujourd’hui …

Dans le privé, ou pour les contractuels de la fonction publique, vous avez droit à votre salaire garanti par votre employeur durant un mois, puis vous passez sur la mutuelle (avec salaire réduit) en cas de prolongation ou de rechute dans les sept jours.

Pour l’anecdote, l’accord de gouvernement prévoyait de passer ce salaire garanti à deux mois mais, bizarrement, cette mesure « sociale » a disparu très rapidement après la signature de l’accord. On en parle plus, c’est oublié.

Dans le public, si vous êtes statutaire fédéral, vous avez un droit à un salaire garanti 21 jours par an durant toute votre carrière. Passé ce nombre de jours, vous tombez en disponibilité (salaire réduit fortement). Et une fois que vous tombez en disponibilité, vous pouvez être mis à la pension pour raisons médicales.

Subtilité, ces jours, s’ils ne sont pas pris, s’accumulent à l’infini. Sauf passé 60 ans où le nombre est ramené à un an maximum puis pension d’office ensuite.

Problème …

Dans le privé, il est parfois possible, en jouant sur les temps avant rechute, de rester à charge de son employeur (salaire plein) bien plus que trente jours du moment qu’on retravaille entre chaque période de maladie.

Dans le public, les abus se situent surtout en fin de carrière avant la pension. Certains fonctionnaires se déclarent malades pour de longues durées et épuisent leur quota.

On ne peut évidemment pas cautionner cela. Les jours de maladie sont faits pour éviter qu’une maladie ne nous ruine, pas pour servir de prépension officieuse.

Solution du Ministre ?

Supprimer purement et simplement tout cumul de jours de maladie. Le droit à la maladie sans perte de salaire sera d’un mois par an chaque année.

Un retour en arrière

C’est une régression car ce cumul couvrait aussi des situations non abusives: graves problèmes de santé, opérations, cancers, etc. Par ailleurs, je peux affirmer que les abus sont loin d’être généralisés. Moi qui ne tombe jamais malade, j’ai probablement accumulé deux cents jours de maladie possibles sans perte de salaire. Et ça me rassure de savoir que je peux avoir de graves problèmes de santé sans pour autant me ruiner financièrement. C’est à ça que cela sert.

D’autant plus qu’à l’état, un malade n’est quasiment jamais remplacé, le coût pour les finances publiques est nul: mon travail sera repris par d’autres comme je reprends moi même le travail de mes collègues malades.

Personne n’est opposé à ce qu’on lutte contre les abus

Mais le système proposé (en fait, imposé bientôt) est juste complètement rétrograde et beaucoup trop radical.

Qu’on soit dans le privé ou dans le public, je suis pour une protection efficace contre les risques de pauvreté provoqués par la maladie. Dans le remboursement des soins médicaux, dans celui des médicaments et dans le salaire garanti. Cette lutte concerne autant les salariés du privés que les travailleurs du public, à mon sens.

Alors, Monsieur le Ministre, ouvrons de vraies négociations avec les syndicats, mettons en oeuvre les mesures les plus évidentes et cherchons à mettre fin aux situations intolérables. Mais ne punissons pas les vrais malades en faisant le contraire de ce pourquoi l’assurance maladie a été prévue.

Et par ailleurs, s’il y a des abus, c’est aussi parce que des médecins délivrent des certificats de complaisance. Mais il est sans doute plus facile de s’attaquer aux fonctionnaires qu’à certains médecins.

 

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