L’intelligence érotique, livre de Esther Perel, petite critique

J’ai découvert Esther Perel au détour d’une conférence TED sur internet et je dois avouer que c’était assez passionnant. Dans ces cas là, je regarde si l’auteur a déjà publié des livres et je vois si l’un d’eux peut motiver un achat. Et c’est comme ça que « l’intelligence érotique » a atterrit dans ma boite aux lettres il y a quelques mois en attendant de trouver le temps de le lire.

Un livre parfois éprouvant à lire

Le livre se base énormément sur la pratique de thérapeute de l’auteure. Les exemples pratiques y sont à foison et tout ce qui est dit est toujours illustré. Toutefois, et c’est un indice que rien n’est trafiqué, ça ne finit pas toujours bien. Elle n’arrive pas toujours à aider les couples (et c’est normal).

Mais, pour quelqu’un comme moi, c’est assez angoissant. C’est la réserve que je mets au livre et la première raison qui fait que j’ai mis beaucoup de temps à le lire.

La deuxième raison est liée au besoin de digérer ce qu’on lit. J’aime bien laisser un peu de temps après avoir lu quelques pages ou quelques chapitres. Cela permet l’introspection.

La dernière raison est mon empathie naturelle. Ce n’est pas seulement qu’il n’y a pas toujours une solution définitive de trouvée (malgré un excellent thérapeute) et donc la preuve que tout ne peut pas toujours être résolu. C’est aussi que je ne peut m’empêcher de me mettre dans les situations dites au moment où je les lis et que ce n’est pas toujours plaisant de s’imaginer faire des choses qu’on ne voudrait pas ou qu’on s’interdit.

Mais remplit de pensées intelligentes, iconoclastes et bien construites

A beaucoup de moments, je me suis dit en lisant que je pensais vraiment pareillement. Ou que c’était agréable de voir que l’auteure utilise son cerveau et ne se contente pas de répéter ce que le reste de sa profession fait ou dit. Elle a l’énorme avantage d’avoir vécu dans différents pays et différentes cultures et cela la rend moins perméable à la morale ou à la culture américaine. C’est très positif et rend le propos plus universel même si, précisément, les situations évoquées à titre d’exemple sont, par contre, presque toujours empreintes de cette culture américaine.

Un « must have »

C’est, sur les relations de couple, un des meilleurs livres que j’ai lu. Il peut, au minimum, servir à la réflexion et je n’ai, à aucun moment, regretté son achat.

Quelques citations, pour finir

Le livre fait quand même plus de 300 pages (poche) donc c’est difficile de faire des choix et, donc, c’est très peu représentatif de l’ensemble. Les « gras » sont de moi.

  • « Pour les couples modernes, le défi consiste donc à réconcilier le besoin de sécurité et de prévisibilité avec celui d’excitation et de mystère, qui donne le frisson. » (…) « Nous sacrifions malheureusement bien souvent la passion pour atteindre la stabilité » p. 27
  • « Mais, en même temps, nous avons peur: plus le sentiment est profond, plus la perte pourrait être douloureuse. Alors nous faisons tout pour rendre l’amour plus sur en l’inscrivant dans la dépendance et l’attachement. (…) Or, l’excitation est liée à une certaine dose d’insécurité: en cherchant à maitriser l’incertitude, nous finissons par ôter sa vitalité à la relation. Nous apprécions le confort, mais nous nous plaignons d’en subir les contraintes. La spontanéité nous manque. En voulant contrôler les dangers de la passion, nous l’avons fait disparaitre, l’ennui conjugal est né ». p. 33
  • « Au fil des années, j’ai remarqué que la place centrale accordée aux enfants n’était pas une simple question de mode de vie, mais parfois de configuration émotionnelle. Les enfants sont une vraie source d’enrichissement pour les adultes. Leur amour inconditionnel, leur dévouement total, insufflent du sens à nos existences. Le problème surgit lorsque nous faisons appel à eux pour obtenir ce que nous ne trouvons plus chez l’autre: l’impression que nous sommes spéciaux, que nous comptons, que nous ne sommes pas seuls. Transférer ces besoins affectifs d’adulte sur nos enfants représente pour ces derniers un fardeau trop lourd à porter. Pour se sentir en sécurité, ils ont besoin de savoir qu’il existe des limites à leur puissance et à ce qu’on leur demande de façon furtive. Ils ont besoin de nous voir vivre nos propres relations amoureuses, quelles que soient leurs formes. Si nous sommes satisfaits sur le plan affectif et sexuel (disons de façon raisonnable), nous permettons à nos enfants de développer leur propre indépendance, en toute liberté et en toute confiance. » p. 218

Bonne lecture … 🙂

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