Crimes à Oxford de Alex de la Iglesia, critique et commentaires

Pour qu’un crime soit parfait, il ne suffit pas qu’il reste impuni, il faut que soit condamné un faux coupable.
Crimes à Oxford, Arthur Seldom à Martin

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film au cinéma à sa sortie et je l’ai revu par la suite à plusieurs reprises dont une il y a quelques jours.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

C’est une adaptation du roman « Los Crimines de Oxford » (« Crimines Imperceptibles » en Argentine) de Guillermo MARTINEZ. Roman qui a obtenu deux prix si on suit Wikipédia.

Résumé

Un mystérieux tueur en série met le professeur Arthur Seldom au défi. Ce dernier essaiera avec l’aide de Martin, un étudiant, de résoudre les énigmes laissées par le meurtrier.

Pourquoi parler de ce film ?

C’est un de mes films préférés. Pour les thématiques abordées (l’amour, le crime, les énigmes, la science). Parce que mon cerveau est « noyé » sous les sollicitations (et je suis d’accord que pour d’autres ce sera négatif) durant tout le film. Et parce qu’à chaque fois que je le vois, je remarque que chaque détail a son importance. On pourrait dire et écrire tellement de choses avec ce que l’on voit et sans doute plus avec ce que l’on ne voit pas. Typiquement, c’est le genre de films qui peut amener le débat.

Et, last but not least, je reste convaincu à chaque nouvelle vision d’avoir trouvé le criminel. Mais, ce ne sera jamais une certitude absolue. Mais c’est justement un des messages du film ! En matière criminelle, il n’y a JAMAIS de certitude.

Par ailleurs, ce film semble assez sous-estimé, n’obtenant que 2,5/5, ce qui me parait injuste au vu de ses qualités intrinsèques.

Le titre: « Crimes à Oxford » (Fr) ou « The Oxford Murders » (En)

Le titre est le même en français et en anglais. Je n’ai pas grand chose à en dire, je trouve qu’il représente assez bien le film.

L’affiche

affiche

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Hypothèse de départ

Ce qui nous est montré est VRAI. Ce qui est dit est sujet à caution. Je pense vraiment que tout ce que nous montre la caméra est une réalité. Réalité que nous allons interpréter mais qui reste objective. Alors que les paroles des personnages restent, comme dans la vie réelle, sujettes à discussion. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un héros dit qu’untel est le meurtrier que cela est forcément vrai. Par contre, si la caméra nous montre que seule une seule personne peut avoir commis le crime, ce ne sera pas une tromperie. D’ailleurs, aucun crime n’est filmé et ce qu’on montre est intéressant pour deviner ce qu’on ne montre pas. On voit parfois les crimes, mais dans les pensées des protagonistes donc sujet à précaution car ceux-ci peuvent mentir.

Quand le film parle en voix off, ce qui y est dit est le fruit de la réflexion des protagonistes avec la possibilité qu’ils se trompent ou … ne disent pas tout ce qu’ils savent. Et les images montrées, dans ces cas-là, ne sont que les illustrations de ce qui est dit, pas forcément la vérité donc.

A la fin du film, il me parait clair que le Professeur Seldom en sait plus qu’il ne veut en dire. Dans une autre scène capitale, celle du diner, il choisit également de ne pas tout dévoiler sous la menace de Lorna.

Cette hypothèse est importante, sinon, le film n’est tout simplement plus analysable.

A cela, je rajoute celle que Seldom ne ment pas. Tout au plus, il ne dit pas tout ce qu’il sait, mais je pense sincèrement qu’il ne ment pas.

Premier degré

En analysant rapidement le film essentiellement dans son premier degré de lecture, on arrive déjà à un article énorme. D’habitude, je passe plus de temps sur les sens cachés. Ici, ce film présente surtout une énigme et je vais me concentrer dessus.

Mal de tête ?

J’ai lu que les mathématiques donnaient mal de tête ou qu’il fallait être matheux pour comprendre le film. Désolé, les mathématiques ne forment qu’une petite partie de l’oeuvre. Et, en réalité, sont très peu utilisés voir inutiles pour comprendre le film et son intrigue. Je pense que si le film donne « mal de tête », c’est bien plus parce qu’il nous submerge d’éléments de tous ordres et qu’il nous faut les digérer constamment pour les comprendre.

C’est typiquement le genre de films qu’on comprend un peu mieux à chaque vision.

MAIS, je pense aussi que pour apprécier le film, il faut aussi accepter, justement, de ne pas tout comprendre. C’est une sorte de message du film sur lui-même: n’espérez pas tout comprendre, n’essayez pas d’avoir des certitudes sur tout, c’est impossible ! Or, ce message est dans l’introduction du film. C’est dire à quel point il est important. Et à quel point il sert d’avertissement au spectateur !

Et en nous submergeant, il nous oblige à accepter ce message sous peine de ne pouvoir apprécier le film jusqu’au bout. C’est en partie ce qui peut rendre le film inconfortable car tout le monde n’est pas forcément prêt à lâcher suffisamment prise.

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Il n’existe aucune certitude ?

Toutefois, je vais préciser ce que je viens de dire. L’introduction du film dit qu’il n’existe aucune certitude … en dehors des mathématiques. C’est à dire qu’il y a quand même des domaines ou des certitudes pourraient exister. Mais le film, lui-même, cherchera à nous mettre le doute par la suite par la voix de Seldom.

Je pense donc que c’est un message fondamental: doutez, doutez, doutez ! On s’en souviendra pour l’analyse.

Enigma / temporalité

Julia Eagleton, la logeuse de Martin se plaint que les nazis changeaient le code tous les jours et qu’il fallait faire les calculs à la main et qu’il n’existait pas d’ordinateur à l’époque.

C’est évidemment faux, on le sait. Mais c’est resté très longtemps un secret d’état. Or les choses se passent en 1993 et, à cette époque là, ce n’était probablement pas encore connu.

Conférence du début

Peut-être qu’en analysant les images de la conférence, attentivement, on pourrait retrouver des suspects dans la salle. Et ce serait intéressant. Mais, jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons que Martin et Seldom dans cette salle. Cela fait de Martin un suspect pour le mot. Or, ce mot ne sera jamais retrouvé lors de l’enquête, c’est très intéressant.

Par ailleurs, sur cette conférence, Seldom nous donne un indice très évident (après coup) sur les raisons de son humeur et de son désespoir : il parle du cancer ! Or, le cancer est précisément le mal qui ronge son amie Julia Eagleton; qui sera la première à mourir.

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Le premier crime (et son plan séquence)

Je crois en la possibilité que chaque crime puisse être commis par une personne différente, avec des buts différents ou avec un mobile différent. Seldom le dit, une suite peut toujours être complétée par n’importe quel nombre. Toutefois, ce plan séquence est tellement bien écrit et travaillé que je ne crois pas qu’il soit sans indice pour la suite du film.

Si on pouvait connaitre ne fut-ce que le premier meurtrier, ce serait intéressant.

Le plan séquence :

  • commence par Beth
  • puis Frank qui sort du Sheldonian Theater pour aller dans la librairie en face (et qui reçoit seulement à ce moment là le livre de médecine ancienne !)
  • puis Podorov (qui, détail intéressant, évite Seldom et va également dans la direction contraire de celui-ci)
  • ensuite Seldom qui jette le papier de rage dans la poubelle (le papier existe bel et bien !)
  • ensuite encore Martin qui ne prend pas le même chemin (mais à vélo) que Seldom (à ce moment du plan séquences, on sait que Martin est passé par l’université rechercher ses livres après la conférence)
  • enfin, la caméra entre dans la pièce, plus vite que Martin, et on voit que Julia Eagleton (sa logeuse) est décédée

Techniquement, le plan séquence s’arrête là. Puis la scène finit avec Martin et le professeur qui découvre ensemble le décès.

Qui avons-nous vu ? Quasiment tout le monde. Qui n’avons-nous pas vu ? LORNA. Précisons qu’à ce moment du film, elle est déjà connue. Tous les personnages sont connus si ce n’est Frank (le père de la fille qui a besoin d’une greffe).

D’autres indices sont encore donnés par la suite. Quand Martin quitte, ce n’est pas lui qui donne le mot, le professeur l’a déjà en main ! Si le professeur ne prend pas le même chemin que Martin et donc un chemin plus long, c’est parce qu’il ne se rend pas tout de suite compte que c’est chez son amie (ce qui accrédite ce qu’il dit à la police).

A moins que la mort de Julia soit vraiment ancienne, je pense que le plan séquence nous permet de disculper du « meurtre » tous ceux qui y sont présents. Mais ça ne veut pas dire qu’aucune personne qui y soit présentée n’y soit liée.

D’après Seldom, le meurtre de Madame Eagleton s’explique parce que le meurtrier a du apprendre qu’ils étaient amis. Toutefois, cette hypothèse s’explique aisément si on se dit qu’il a voulu de facto innocenter toutes les personnes de son entourage (« apprend »). Il se pourrait très bien que ce lien était connu à l’avance, d’autant plus que rien ne semble improvisé durant tout le film. D’autant plus encore du fait de la maladie de Julia qui n’était connue que de peu de monde.

Le première indice est jeté car il est pris pour quelque chose d’absurde. Ce sera un thème du film. Tout ce qui peut paraitre absurde ne l’est pas forcément.

Selon Seldom, dans son livre, les crimes ne sont pas commis par motivation intellectuelle. Or, il pense que le meurtrier veut lui prouver qu’il a tort, qu’il est plus intelligent que lui et le battre à son propre jeu. On sait que Lorna a un grand compte à rendre avec Seldom. Podorov aussi a un compte à rendre, cela dit. Mais il peut être écarté sur presque tous les meurtres est isolé et est innocenté par le plan séquence.

Lorna est le meilleur suspect: elle n’est pas dans le plan séquence, elle connaissait la maladie de Julia Eagleton, elle savait qu’il avait un lien (au pire, elle l’apprend sur le tard avec Martin) avec Seldom et elle a un très gros compte à rendre avec lui.

Il y a un gouffre entre ce qui est vrai et ce qui est démontrable. Il suffit qu’un élément mente. On ne peut même pas se fier à nos sens. Il n’y a pas de certitude absolue. C’est ce que le film dit. Il dit qu’il n’y a pas la moindre preuve. Et c’est vrai: aucune preuve que ce soit Lorna. En fait, ce sera le seul meurtre où le film nous donnera le plus d’indice du meurtrier. Mais, dans la « vie réelle », c’est celui où le coupable est le moins évident (il y a même un faux coupable ! comme dans le crime parfait).

Lorna, Seldom et Martin

Lorna et Martin se rencontrent « par hasard » au squash et on a droit à une métaphore sexuelle avec regard plein d’envie à la fin quand ils sont couchés « après l’action ».

Lorna tombe, comme par hasard, de son lit lors de la première scène de sexe. C’est à ce moment là que Martin se rend compte qu’elle connait le professeur. Or, elle n’en avait pas parlé avant. Cette scène nous montre un côté suspect à Lorna puisqu’elle a caché quelque chose d’important à Martin. Et, en même temps, elle donne l’impression que, de manière subtile, elle veut faire passer le message à Martin. C’est étrange.

Mon hypothèse est qu’elle a besoin de faire pénétrer Martin à l’hôpital pour qu’elle rencontre à nouveau Seldom. Il n’y a pas que Seldom qu’elle veut impressionner, il y a également Martin.

Dans cette scène, Martin lui dit qu’elle pourrait être sa fille ou sa petite-fille. Je ne trouve pas ça inintéressant. On ne connait pas les parents de Martin et pas ceux de Lorna non plus. Cette idée de parenté me parait séduisante sur plusieurs aspects: elle pourrait donner un côté pervers à Lorna, expliquer la rupture, justifier un secret qui ne doit être dit et, encore plus, expliquer pourquoi Seldom pourrait avoir envie de la protéger.

Lorna avouera à demi mots à Martin qu’elle aime encore Seldom.

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Calman

Les réponses absurdes peuvent aussi être bonnes et se révéler par des justifications nettement plus complexes. Toute suite peut être suivie par n’importe quel nombre, tout dépend de la complexité de la règle.

La leçon que j’en tire, c’est que la solution n’est pas forcément celle qui nous paraitra évidente à la fin du film.

L’Amour

Frank qui est (devenu ?) fou donnerait sa vie pour sauver sa fille. Calman, qui s’est lobotomisé, ne pense plus qu’à une femme à l’infini. Lorna accepte de nouveau Martin quand il laisse tomber la conférence mais le laisse tomber à nouveau à l’aéroport car il ne peut arrêter de vouloir résoudre le mystère.

Quand on simplifie, qu’on oublie d’être trop intelligent, on peut approcher l’Amour. J’ai l’impression que c’est un peu ce qu’on veut nous dire: la passion ne peut pas être trop cérébrale, il faut accepter de débrancher le cerveau.

Podorov dit à Martin que s’il arrêtait de « baiser tout ce qui bouge » il saurait. Autrement dit, Martin ne peut résoudre le problème en étant amoureux de Lorna. Comme s’il y avait une opposition entre l’état amoureux et le bon fonctionnement de notre cerveau.

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Le deuxième crime

Podorov ne peut pas avoir placardé le mot, il arrive quand celui-ci est déjà posé.

Beth, elle, pourrait très bien l’avoir fait. Mais son écriture pourrait alors être détectée. Nous pouvons donc supposer que même si c’était elle qui l’avait placardé, il aurait pu être écrit par quelqu’un d’autre. Or, rappelons nous du premier plan séquence. On voit Frank qui quitte le Sheldonian Theatre ou Beth est en train de s’entrainer. Ils ont donc très bien pu avoir un contact à ce moment là durant lequel Frank a pu lui glisser la missive.

Pour le crime, le suspect parfait est Lorna. Elle est dans l’hôpital et elle est une des très rares personnes à connaitre le poison.

Mais, ce pourrait aussi être Seldom, on ne le voit pas dans la séquence, il se rend souvent à l’hôpital et souvent dans cette chambre. J’imagine quand même que s’il avait été dans l’hôpital à cette heure-là, ce ne serait pas passé inaperçu.

L’énigme

Connaitre à l’avance les signes n’aident en rien à prévoir qui va être tué, ni l’heure ou même le moyen. Alors, pourquoi cette énigme sous forme de suite logique ? Premièrement, parce que c’est un jeu qu’ils ne pourront s’empêcher de relever. Deuxièmement, parce que cela les obligera à se concentrer sur quelque chose d’inutile pour élucider les meurtres. Troisièmement, parce que cette énigme est présente dans le livre que Frank achète au début du film et qu’elle peut donc conduire à un faux coupable (crime parfait). Mais le troisièmement, si on y regarde bien, est aussi un indice qui peut accabler Lorna (études d’infirmière).

Martin pense que Seldom s’est foutu de lui. Mais regardons bien ce qu’il lui donne … une serviette pliée en deux. Et qu’est-ce qu’une serviette pliée en deux ? Un triangle ! A ce moment, Seldom a résolu l’énigme ! Il connait donc probablement le dernier signe.

Plus tard, il parlera de la secte des pythagoriciens. Et Lorna parlera également de cette secte. Soit, ils sont de mèche, soit c’est une confirmation de plus que Seldom a compris bien avant Martin d’où venait le signe.

Quand ils sont dans la librairie, Lorna trouve directement le bon livre et la page du schéma. « Toute énigme est simple quand tu connais la solution » (!!!). Puis elle prouve qu’elle savait tout et parle de déficients mentaux et de greffes d’organes. Puis sort le livre de la médecine acheté par Frank. Elle prouve qu’elle sait tout. Et qu’elle est en train de créer un « faux coupable ». Son crime sera parfait.

Elijah Wood, Dominique Pinon

Elijah Wood, Dominique Pinon

Le mobile de Lorna / Le miroir

Seldom dit à Martin de se méfier d’elle (sous-entendu, elle n’est pas une oie blanche). Et elle nous le prouve en faisait une projection sur lui. Elle dit qu’il est odieux et qu’il aime se jouer des autres. Or, elle s’amuse à les inviter tous les deux au même diner sans les prévenir. Et elle quitte la table en embrassant Martin pour bien le rendre jaloux. Cela dit, Seldom, sans aller dans les détails car il a peur, nous prouve que Lorna a un mobile étant donné qu’elle a un désir de vengeance vis-à-vis du professeur qui l’a quittée.

Quand il dit que toute décision, même la plus infime, a des conséquences, que Martin est très jeune et qu’il doit encore l’apprendre, on pense qu’il fait référence à l’accident de voiture avec plusieurs morts. Mais peut-être fait-il aussi référence à Lorna. Dans ce film, on sent à de nombreuses reprises que Seldom est plus malin que Martin mais la phrase précédente nous faire dire que cette intelligence provient essentiellement de l’expérience. En quelque sorte, Martin et le professeur se ressemble et Seldom a probablement été aussi naïf que Martin au même âge.

Crime parfait / Crime imperceptible

La notion de crime imperceptible me parait très proche de celle du crime parfait. En d’autres termes, le crime imperceptible n’est qu’un crime parfait qui a échoué. Dans ce cas-ci, c’est même un crime parfait qui échoue volontairement de peu puisque sinon le jeu ne commencerait pas.

L’idée donnée par le film est que le vrai crime parfait n’est pas celui qui n’est jamais élucidé mais celui qui est résolu avec un faux coupable. Cette idée de faux coupable est intéressante.

Le rapport de la psy

Entre 30 et 35 ans, génie précoce et PROBABLEMENT une disgrâce physique (probablement ! pas certainement, nous devons donc faire attention à cet élément). Il a été rejeté injustement et veut triompher de celui qui l’a humilié. Il cherche à plaire à Seldom comme s’il était au premier stade de la passion amoureuse et vit seul. La psy pense que c’est un homme et ajoute donc que c’est probablement un homosexuel refoulé.

Sauf que … mettez-ça au féminin et vous avez Lorna et pas besoin de « penser » qu’il s’agit d’un homosexuel refoulé alors. En effet, ce dernier élément ne vient là que comme rustine par rapport à un élément de théorie qui est un peu bancal.

Lorna le dit dans la scène suivante. Une fois que Seldom est dans sa tête, il n’en sort plus. Martin l’interroge sur le fait qu’elle l’aime encore. Elle répond par une pirouette et ne dénie pas.

Le rapport pourrait également accuser Podorov, d’un point de vue personnalité. Mais je pense que c’est surtout là pour que la solution, au cours du film, ne soit pas trop évidente, ce qui est de bonne guerre. Podorov est en effet un des coupables apparents les plus évidents à ce moment du film tout en étant, au final, je trouve, disculpé par les éléments du film.

Si il y a, au final, plusieurs meurtriers, ce rapport pourrait même être un condensé de tous les tueurs. On ne peut donc totalement exclure qu’il mélange deux tueurs différents et que cela explique les éléments contradictoires du portrait. Même si je n’y crois pas.

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Le troisième meurtre

Frank est avec sa fille parmi les spectateurs. Idem pour le professeur. Martin est en haut avec Podorov. Beth est dans l’orchestre. On ne voit personne étouffer la victime. Mais, en tous les cas, la personne qu’on ne voit pas est Lorna.

Ce meurtre pourrait aussi bien être un pur hasard récupéré. Mais je n’y crois pas. Beth s’en va juste après celui-ci.

Dans la voiture, Seldom ne veut pas parler en présence de Martin. Par volonté qu’il trouve par lui même ? Ou parce qu’il ne veut pas que Lorna sache qu’elle est suspectée ? Mais si elle était suspectée, alors pourquoi la police n’agit pas contre elle ? Une chose est certaine, la police n’arrivera pas à empêcher le dernier meurtre et Seldom lui-même en sort surpris.

Je pense donc que ce qu’il a donné n’est que le dernier symbole de la suite logique et qu’il voulait vraiment que Martin le trouve par lui-même.

Le dernier meurtre

Le meurtrier savait qu’il y aurait deux cars dont un avec les mathématiciens contenant Seldom. Ce n’est pas une info que possédait Frank. Pourtant tout semble bien organisé pour que son bus ne soit pas arrêté et que l’autre bus soit arrêté par diversion tout en ayant quand même les ambulances sur place.

On ne voit pas grand chose. Le film ne veut pas nous montrer tout. Et finalement, il y a un doute. Frank s’est-il suicidé ? Ou pas ? Il semble surpris dans la scène !

Le policier dit que cette fois ce n’est pas un meurtre imperceptible car il voulait s’échapper pour le faire croire, ne pas être suspecté, mais n’a pas su le faire à temps. C’est totalement absurde. Le fait de s’échapper l’aurait rendu encore plus suspect. Et cette fameuse porte ouverte, pourrait aussi être l’élément qui déclenche l’accident, pile au bon moment en distrayant le conducteur.

Je pense même, en étant dans le subjectif, que Frank était probablement dans le coup dés le départ mais qu’il est trahi à la dernière minute. Je pense qu’il était dans le plan qu’il sauve sa vie. Et que Lorna ne le permet pas … Pour fabriquer un faux coupable et tuer celui qui sait tout. Ainsi avoir un meurtre parfait.

Celle qui savait tout ça et qui agit en sous-main (sans même être interrogée par la police car elle agit toujours par l’intermédiaire de Martin) est probablement Lorna. Justement, tout est bien calculé depuis le départ. Ce n’est pas une tentative de meurtre imperceptible. Par contre, il y a un faux coupable ! C’est le seul meurtre parfait !

Début et fin

C’est intéressant mais la fin est comme le début, avec le même message: je ne sais rien. Avec quelques nuances, au début du film, les mathématiques ne peuvent expliquer le monde mais n’en restent pas moins certaine. A la fin, la seule certitude, c’est ce qui est volontairement faux.

Dernières scènes

Martin: « Vous n’étiez qu’un pion sur son échiquier », Prof: « vous ne savez pas ce que vous dites ». Seldom, à ce moment, a compris que le meurtrier a joué avec son orgueil. Depuis le début il a été manipulé en croyant que cela le concernait avant tout. Mais il n’était qu’un second rôle. Le vrai but était de sauver la petite fille (sans son père ??). C’est vrai, en lui donnant une bonne leçon. Mais pas seulement.

Martin pense que le professeur ne connaissait pas le triangle, mais c’est faux. Depuis le début, Martin a la solution en face de lui mais ne la voit pas car elle est trop évidente. Et c’est la même chose pour ce triangle. Il est en face de lui, il est on ne peut plus évident depuis le début, et il n’arrive pas à le voir. Son amour pour Lorna l’empêche de la soupçonner sérieusement une seule fois dans le film.

Puis, la scène dans le musée. Elle commence par faire dire que « tout est faux ». Le ton est donné. Tout ce qui sera dit sera faux également.

Et le professeur Seldom, s’il sait que c’est Lorna (finalement, peu de moyen de le savoir) ne la « vendra » pas à Martin. Il y a beaucoup d’hypothèses possibles: Lorna est sa fille ou elle sait quelque chose sur lui ou alors encore il l’aime toujours et veut la protéger (peut-être même n’a-t-il pas le choix car elle semble avoir un pouvoir sur lui, cf le diner).

Dans cette scène, pour accréditer la thèse du « faux », il parle du battement d’aile du papillon, on sait qu’il n’y croit pas. Mais Martin semble avoir une révélation dans les dernières secondes. Et si c’était à propos de Lorna ? On ne saura jamais. Et oui, un des thèmes du film … on ne saura JAMAIS. C’est donc parfaitement cohérent et dans la lignée du film qu’on en finisse sans certitude absolue.

Je pense que Seldom a rapidement compris que Lorna était coupable (au moins au deuxième mort) mais a pensé qu’il ne s’agissait que d’un jeu avec des morts qui n’en étaient pas vraiment. Jusqu’au dernier où il se rend compte qu’il s’est fait avoir.

Cluedo … j’accuse Lorna

Je vais défendre l’hypothèse qu’il n’y a qu’une seule meurtrière et que c’est Lorna (avec un doute pour le deuxième).

  • Les quatre morts sont tous liés à l’hôpital d’une manière ou d’une autre.
  • Elle est un des seuls suspects à connaitre la suite, elle la connait de par ses études de médecine
  • Elle a pu préparer le « faux coupable » (Frank) en lui faisant acheter le livre. Elle l’a mis dans la confidence pour obtenir son aide en lui faisant miroiter la survie de sa fille. Toutefois, elle ne pouvait se permettre d’avoir un témoin. Et elle ne lui avait pas dit, évidemment, qu’il serait au final le faux coupable.
  • Lorna ne tombe pas par hasard sur Martin.
  • Elle est une des rares à connaitre le poison indétectable.
  • Elle a un contentieux avec le Professeur duquel elle cherche à se venger. En faisant souffrir son coeur avec Martin et en faisant souffrir son égo en le manipulant du début à la fin
  • Elle a certaines ressemblances avec le portrait psychologique
  • Elle est passionnée de romans policiers mais ne s’intéresse pourtant pas outre mesure à la résolution de l’énigme !!

Impressions personnelles finales

« Dans la vie, personne n’explique jamais rien ». Le film ne nous prend pas par la main. Il ne nous expliquera à aucun moment la solution. Et il se plait à nous dire que toutes les solutions sont possibles.

Aller plus loin

La bande-annonce:

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