Event Horizon: le vaisseau de l’au-delà, de Paul Anderson critique et commentaires

“Tous ces regards qui me mangent … Ha, vous n’êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. Alors, c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru … Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril .. Ah ! Quelle plaisanterie. Pas de besoin de gril : l’enfer c’est les autres”

Jean Paul Sartre dans « Huis Clos »

Il est conseillé d’avoir déjà vu le film vu que je fais des spoilers. Si vous ne l’avez pas encore vu et que vous voulez garder toute la surprise, il vaut mieux postposer la lecture de ce commentaire. ;-) Pour autre information, j’ai vu le film sur la télévision il y a quelques heures.

Le but de cet article est de faire divers analyses, commentaires et critiques sur le film et d’ouvrir un espace de débat éventuel avec les lecteurs. Je vous conduis également vers quelques avertissements avant lecture sur la manière dont j’écris sur ce blog à propos du cinéma.

Petites précisions sur le film

Le réalisateur Anderson n’est pas spécialement connu pour la qualité de sa filmographie mais Event Horizon est un élément à part dans celle-ci. Bien que possédant des défauts, on les oublie vite face à la réussite d’ensemble. Il semblerait que la première version contenait pas loin de 20 minutes supplémentaires coupées au montage final de la production. Cela aurait pu changer l’analyse présente ici mais on en saura jamais plus (les parties non montées ont été irrémédiablement perdues).

D’abord très mal reçu à sa sortie, le film devient, avec le temps, culte.

Andrew Kevin Walker, bien que non crédité, a travaillé sur la réécriture du scénario. Il a travaillé sur des films tels que Seven ou Fight Club.

Résumé

Un vaisseau révolutionnaire réapparait près de Neptune après sept ans de disparition et une équipe de secours est envoyée pour récupérer d’éventuels survivants.

Pourquoi analyser ce film ?

J’ai pris du plaisir grâce au suspense savamment entretenu et aux multiples moments de tension horrifique. On est finalement plus dans l’horreur que dans la SF avec, ça se discute, même un côté fantastique. C’est justement ce côté « ça se discute » qui m’a intéressé, d’autant plus que le film s’attache plus au côté humain qu’au côté technique, finalement.

Ce ne sera pas un long article, mais cela valait la peine de l’écrire.

Le titre: « Event Horizon: le vaisseau de l’au-delà (Fr) », « Event Horizon » (En)

Le titre français est en fait un énorme spoiler qui serait donc tout à fait dispensable. Le titre anglais est celui du nom du vaisseau que notre équipe va explorer. C’est aussi un nom associé à un phénomène physique associé aux trous noirs. Je n’ai rien à dire dessus sinon que, comme souvent, le titre original est meilleur que le titre français.

L’affiche

Event_Horizon_le_vaisseau_de_l_au_dela

L’affiche met bien l’accent sur le thème principal du film: l’horreur.

Une folie naturelle ou surnaturelle ?

Je vais me faire l’avocat du diable et défendre le fait que le vaisseau ne revient pas des enfers, notamment par les deux citations suivantes sorties du film:

  • « là où nous allons, nous n’avons pas besoin d’yeux »
  • « les ténèbres sont à l’intérieur »

Ce sont déjà des premiers indices. La folie est à l’intérieur de nous. Explorer notre subconscient est très dangereux et peut nous rendre fou. C’est un des messages du film. Tout le monde ne pête pas les plombs sur l’Event Horizon, seulement ceux qui ont la plus lourde culpabilité. Celle qu’ils ont refoulé au plus profond d’eux-même et qu’ils n’ont jamais réussi à guérir.

Le Docteur Weir n’a jamais fait le deuil de la mort de sa femme dont il se sent coupable et qu’il aime encore à la folie. Chez lui, les hallucinations commencent dés avant qu’il pose pied sur son vaisseau.

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Mais, quand même, pourquoi deviennent-ils comme cela ?

Le film évoque brièvement une autre explication. Aucun vaisseau envoyé si loin n’est jamais revenu. Ce n’est pas une question de dimension. C’est aussi une question de rapports humains, de claustrophobie, de distance avec le monde vivant. Le plus grand problème des voyages dans l’espace n’est pas la technique, c’est l’humain.

Par ailleurs, le film donne une explication scientifique aux hallucinations, à ce qui se passe. Et si c’était vrai ?

Neptune correspond à la distance de sécurité avant de se lancer dans le trou noir d’après Weir. Cette distance de sécurité, c’est peut-être aussi la distance à partir de laquelle les hommes deviennent fous dans l’espace, où ils se retrouvent confrontés à leur propres démons.

event-horizon-cast

Pourquoi sept ans et où est-allé l’Event Horizon ?

Le temps ne se déroule pas de la même manière dans un trou noir et ailleurs. Ainsi, il pourrait ne s’être passé que quelques minutes ou quelques heures dans le Trou Noir et sept ans dans la vie réelle. Peut-être que l’expérience a raté, qu’ils sont bien allés dans le Trou Noir mais que cela les a fait revenir au même endroit et nullement voyagé dans un autre univers.

Mon hypothèse est que confronté à la réalité de ce qu’est un trou noir, l’équipage est devenu fou et a pris peur d’y être plongé pour l’éternité. Le Trou Noir peut représenter notre inconscience, cela peut également évoquer les limites de ce que nous connaissons scientifiquement et notre capacité à explorer toujours plus loin pour le meilleur comme pour le pire.

A la fin, sont-ils sauvés ?

On ne ressort pas indemne d’une telle expérience horrifique. Cela peut expliquer le délire à la fin.

J’aime bien la fin ouverte comme dans beaucoup de films SF et surtout fantastiques. Mais, perso, je crois que s’ils repartent vite vers la Terre, ils seront sauvés. Enfin, pour le Docteur Stark, c’est pas si sur qu’elle arrive à s’en sortir totalement.

Je remarque, cela dit, les étranges regards que fait le lieutenant Stark vers la fin du film. Les yeux et les regards sont un élément important du film. Je ne sais pas si cela signifie quelque chose.

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Impressions personnelles finales

Dans le genre « horreur », le film est très réussi. Il nous scotche du début jusqu’à la fin et on se demande ce qui va se passer et si l’équipage en réchappera.

Dans le genre SF, c’est pas trop mal non plus. Bien sur, c’est impossible d’être totalement correct scientifiquement parlant mais il y a un vrai effort de fait et je n’ai pas vu d’erreur flagrante et dérangeante. Tout en s’arrangeant pour rester accessible et en évitant le piège d’un Interstellar qui part parfois dans des explications beaucoup trop longues et dispensables.

Il y a une petite dose d’humour à certains moments. C’est très léger mais ça fait aussi du bien.

La petite anecdote, d’après le film (sorti en 98 mais écrit avant), on devait avoir notre première station sur la lune en 2015. 🙂

J’ai beaucoup aimé. Je ne suis pas sur que je le reverrai pourtant de si tôt car l’intérêt principal du film est de ne pas savoir ce qui va arriver et de vouloir comprendre la situation. C’est en partie cela qui rend tout le film si stressant et captivant. Une fois qu’on sait, le plaisir à le voir est évidemment moins grand.

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Une réflexion sur “Event Horizon: le vaisseau de l’au-delà, de Paul Anderson critique et commentaires

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