Divorcer, déménager et se remettre en route

Activité du blog

Il y a plein de bonnes ou mauvaises raisons pour lesquelles un blog peut se mettre en pause (plus de six mois dans le cas présent).

Souvent, c’est le manque de temps.

Dans mon cas, ce n’est certainement pas le manque d’inspirations (je ne compte pas les articles qui restent en « brouillon » depuis plus d’un an, quasiment écrits mais jamais finalisés; je ne compte pas non plus les articles que j’ai eu envie d’écrire qui ne sont même pas dans « brouillons »).

Il y a aussi l’état « mental ». On peut être motivé, prendre plaisir à le faire et pourtant manquer de l’énergie nécessaire. Dans mon cas, c’était et c’est encore pas mal le cas. Mais, comme on dit, l’appétit vient en mangeant alors je vais essayer de me forcer pour remettre la machine en route.

Divorcer

Et oui, bien que je n’ai jamais été quelqu’un « comme tout le monde », je suis aussi passé par cet étape. Pendant des années, ce ne fut même pas une éventualité. Et un jour, c’est apparu comme inéluctable jusqu’à ce que cela devienne même un souhait partagé. Et, au final, je peux même considérer cela comme une bonne chose (euphémisme).

Bien sur, après dix ans de vie de couple, avec un enfant en bas âge, ce n’est pas une aventure toujours aisée. Ce fut parfois très difficile. Mais aujourd’hui, cela se passe plutôt bien. On pourrait même dire que ça se passe parfois bien pire ailleurs. Alors, touchons du bois et continuons notre vie.

Une nouvelle ville

J’ai habité Wavre (un peu moins de quinze ans), Chaumont-Gistoux (quelques années) et Namur (une douzaine d’années; d’abord comme étudiant). Aujourd’hui, j’habite Tournai. Je pense pouvoir dire sans me tromper que j’y suis pour longtemps à nouveau.

Non, je n’oublierai pas Wavre où j’ai fait quasi toute ma scolarité. Je n’oublierai pas non plus Namur qui m’a tant charmé par son subtil équilibre entre avantages d’une petite et d’une grande ville et le charme de sa citadelle et de son centre ancien.

Tout en me décevant parfois par le conservatisme et la négativité obsessionnelle de certains de ses habitants qui aiment se dire comme étant « vrais » namurois car y ayant toujours vécu. Cela dit, aucune ville n’est parfaite et ces namurois là, je les aime aussi; on avait un amour commun: notre ville.

Mais dans mon cœur, il y a désormais de la place pour une troisième ville. Une ville que j’ai considéré dés le premier jour comme étant mienne également. Je n’ai jamais pensé et ne penserai jamais qu’on est meilleur citoyen quand on a toujours habité au même endroit. La fidélité a certes du bon; mais quand on habite toute sa vie quelque part, on finit par ne plus remarquer les trésors qui nous entourent. Et on finit parfois également par ne plus vouloir aucun changement dans un décor qui s’est figé et qui nous sécurise. Or, qui n’avance pas (ou plus) recule. Le renouvellement est nécessaire et bénéfique si on le fait de manière intelligente.

Je ferai ce qu’il faut pour m’intégrer mais je n’oublierai pas pour autant mon sens critique. Quand on passe d’une ville de 110 000 habitants, capitale, à une ville frontalière de 70 000 habitants, on perd forcément en qualité de service. On ne peut pas comparer des pommes et des poires, alors il faut accepter d’être indulgent sur certaines choses. Je m’empêche, pour le moment, de voir les aspects négatifs pour que le changement se passe bien. Mais, je ne rendrais pas service à ma ville si je ne disais pas ce qui fonctionne bien ailleurs et qui pourrait bien fonctionner ici aussi.

Quitter un lieu de vie, des contacts humains

Je ne suis pas vraiment asocial mais surtout très timide au départ et quand même assez introverti. Cela dit, à presque trente ans on ne vit et on ne voit plus la vie de la même manière qu’à dix ou à vingt.

Je dois dire que j’apprécie assez bien ce que j’appellerais les « petits contacts humains du quotidien » :

  • les caissiers et caissières du Delhaize, Carrefour Mestdagh, Lidl que je fréquentais plusieurs fois par semaine. Après quatre ans, on se connait, on se reconnait. On se salue parfois dans la rue. Quelques mots, parfois une petite discussion, des sourires et même de la complicité parfois face à un client où une situation particulière.
  • certains chauffeurs de bus agréables, sympathiques, au service du client. Tous ne le sont pas, mais les bons, on les connait, parfois ils nous reconnaissent aussi. Nous qu’ils ont vu tant de fois courir pour arriver à l’heure avec parfois un enfant dans les bras. Certains d’entre eux qui m’ont parfois félicité pour les histoires que je lisais à ma fille.
  • les autres usagers des transports en commun, les voisins. Ils étaient plus nombreux à me connaitre que moi à les connaitre. Mais quelques liens parfois s’entretiennent.
  • le monde de l’école Notre Dame. Déménager aussi loin, c’est évidemment changer d’école. Une école qui, globalement, a été une école appréciée. Des professeurs qui ont été ce que j’avais toujours rêvé pour ma fille. Que je ne remercierai jamais assez, s’occupant de la première accueil à la deuxième maternelle de ma fille dans une atmosphère propice à l’éveil sans oublier pour autant d’inculquer un minimum de discipline et de politesse. Se faisant le relais de l’éducation que je donnais à la maison.
  • la librairie Papyrus qu’on fréquentait généralement le vendredi, mais une fois par semaine minimum. La librairie, mais je pourrais aussi dire les libraires. Un endroit calme où la petite a pu entretenir un intérêt pour les histoires et les livres. Où elle a elle-même entretenu des liens et mis parfois à l’épreuve la patience de ces gentilles dames. Elle faisait un peu partie des meubles à la longue. Et une petite partie de la librairie avait déménagé chez nous (je pense qu’on ne doit pas être très loin des deux cents livres achetés).

On crée rarement une relation vraiment durable (amicale) avec ces « petits » contacts humains du quotidien. Ils n’existent que par les hasards des rencontres ou principalement parce qu’on habite un endroit et, du coup, disparaissent quand on déménage. On est pas « ami » sur Facebook. On ignore même souvent jusqu’au nom de famille. Pas plus de contacts téléphoniques. Le lien se rompt de manière plus ou moins définitive (même si on se promets de revenir) le jour du déménagement.

Mais, ce n’est pas pour autant que cela ne nous fait rien, du jour au lendemain de les abandonner (pour en créer de nouveaux ailleurs, quand même). Certains sont prévenus du départ prochain, pas tous. Bien sur (?), on ne prévient pas sa caissière que c’est la dernière fois qu’on la voit. Et pourtant, je le ressens comme un manque de respect et de politesse, comme si je ne disais pas « au revoir ». Du jour au lendemain, on ne se verra plus. Certains se demanderont peut-être ce qu’on est devenu. La plupart, soyons honnêtes, ne s’en rendront probablement pas compte.

Je ne peux m’empêcher, « quand même » (tic de langage que j’ai transmis à ma fille), de ressentir un peu (parfois beaucoup) de tristesse. Ces habitudes qu’on a créé, ces visages qu’on ne verra plus, cela reste perturbant. Mais le changement fait partie de la vie. Alors on remercie (jamais assez) ceux qu’on peut et on passe à autre chose. Qui sera surement aussi bien, je n’y mets pas de jugement de valeur, mais de toute façon « différent ».

Voilà, c’est la vie.

Et aujourd’hui …

On repart pour de nouvelles aventures. On arpente la ville, on explore, on découvre, on prend de nouvelles habitudes. On crée petit à petit, comme le petit prince à une échelle différente, des nouveaux petits contacts humains.

Et on se félicite que, pour notre enfant, tout se passe bien malgré la séparation de ses parents.

A la rentrée, elle apprendra l’anglais en immersion, une chance que je n’ai pas pu avoir. Et dans sept ans, elle apprendra probablement le néerlandais, toujours en immersion. Comme l’a toujours dit mon père, être trilingue deviendra, de plus en plus, une obligation pour trouver de l’emploi. Et je suis fier d’apporter cela à mon enfant.

Ce sont aussi les premiers pas de ma vie d’adulte en réelle indépendance et autonomie (séparation effective d’avec mon ancienne épouse). A 18 ans, j’ai quitté la maison pour un kot communautaire avant de partir vivre en couple à 20 ans. Je n’ai jamais vraiment vécu dans « mon » appartement. Ce n’est pas un objectif, je peux quitter cette expérience du jour au lendemain sans regret. Mais c’est encore quelque chose de nouveau.

Pour conclure (ce dont j’ai toujours difficile)

Après une aussi longue absence, ce blog méritait bien une mise à jour un peu plus longue en forme de confidence. Je prévois de planifier d’autres billets dans les semaines qui viennent. En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et profitez de la chaleur tant qu’il y en a.

Pour clôturer, une photo de la cathédrale de Tournai.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s