17 causes possibles de la défaite d’Ecolo / Questionnaire du trio

Introduction

Cet article s’inscrit dans le cadre de ma page reprenant des éléments d’analyse pour la défaite Ecolo de 2014.

Un formulaire a été envoyé aux membres Ecolo à remplir et à renvoyer et ce fut évidemment fait rapidement pour ma part. Je ne vais pas le copier-coller ici, ça n’aurait pas d’intérêt.

Par contre, je vais reprendre ce que j’ai répondu par rapport aux causes de la défaite et « recycler » ma réponse en la modifiant et l’élargissant. Vous en profiterez ci-dessous. J’utiliserai peut-être d’autres réponses au questionnaire dans un autre article mais celui-ci s’annonce déjà assez long.

Principales causes externes et internes de la défaite d’Ecolo

Au départ, il y a deux questions, une qui demande trois causes externes et l’autre qui demande trois causes internes. J’ai préféré fusionner car il n’est pas toujours facile de vraiment distinguer l’externe de l’interne. Et parce que je pense que les causes internes sont plus importantes que les causes externes. Plus importantes dans les raisons explicatives de la défaite mais également car ce sont les seules, par définition, sur lesquelles nous avons prise.

Il n’y a pas de classement par ordre d’importance, certaines peuvent peut-être être fusionnées entre elles mais c’est écrit comme c’est venu et je commence par deux causes externes. Par ailleurs, je vais aussi parfois plus long qu’un énoncé de causes en allant déjà parfois vers des propositions de résolution des problèmes.

  1. Le système proportionnel tel qu’organisé en Belgique.

    Là, je vise principalement la taille des circonscriptions et/ou l’organisation ou l’absence d’apparentement. Comme je l’ai étudié pour la Région wallonne, mais ça s’applique aussi sans doute pour le fédéral, Ecolo mériterait plus de sièges de parlementaires si la proportionnelle était mieux respectée. Cela doit être une des priorités d’une éventuelle prochaine participation d’Ecolo car ça renforce la démocratie et ça renforce Ecolo.

  2. L’air du temps.

    Contrairement à ce que notre slogan prétendait, Ecolo n’était clairement pas dans l’air du temps.
    Nous n’avons pas réussi à garder l’agenda écologique au centre du jeu et les solutions de l’écologie politique crédibles.
    Les lobbys divers, les autres partis, la crise économique, institutionnelle, les sondages négatifs, les articles de presse parfois caricaturaux, tout ça faisait qu’Ecolo n’était plus une solution « pour le moment ».
    Mais, l’avantage, c’est que ce n’est pas inéluctable. J’ai mis cela dans les causes externes mais nous avons aussi notre rôle à jouer pour redevenir une solution de notre temps.
    Nous aurions pu facilement être parmi les partis crédibles pour la crise économique et bancaire si nous avions mieux et plus communiqué sur le sujet. Mais, même quand il s’agit d’environnement, nous ne sommes plus forcément crédible (éoliennes, photovoltaïque). Cela demandera un grand travail.
    Une des solutions consistera notamment à renforcer, et peut-être évaluer pour la première fois, Etopia. Mais cela ne suffira pas. Il faudrait trouver des organismes suffisamment indépendants et crédibles pour influer sur l’opinion sans pour autant être rattachés à nous (c’est déjà le cas de l’Institut pour un Développement Durable mais il manque peut-être de moyens pour se faire entendre plus souvent).
    Enfin, par rapport à tous les défis, nous ne sommes plus non plus crédibles quand il s’agit d’agir. Notre participation n’a à nouveau pas convaincu. Et cela pose la question du bilan et/ou des personnes. La formation du prochain casting devra pouvoir tenir compte des leçons de la défaite actuelle. Il faut non seulement avoir les bonnes idées, reconnues comme telles, mais également convaincre que ce sera bien nous qui serons capable de les mettre en œuvre au mieux. Sinon, les gens ne voterons plus pour Ecolo.

  3. Nous n’avons plus de projet enthousiasmant et/ou spécifique et/ou crédible même pour ce qui est de notre core-business.

    Je crois que c’est assez clair, c’est non seulement un problème de programme mais également un problème de communication. La création du programme doit être repensée et la prise de risque ne doit plus devenir totalement interdite (encore que, parfois c’est l’exact inverse mais par mauvais calcul).
    Cette cause de la défaite se voit bien dans la surprise de certains candidats. Ils étaient bien reçus par les citoyens car, semble-t-il, on a évité de trop fâcher tout le monde. Mais, à côté de ça, ça n’a fait rêver personne. Le CDH qui a pris des risques en présentant des projets parfois audacieux a, lui, clairement limité la casse et n’en a en tout cas pas pâti.
    Il est incroyable que ce soit le CDH qui donne des leçons de créativité à Ecolo. Là, il y aura un gros travail.
    Par ailleurs, nous avons perdu de la crédibilité car nos personnalités publiques n’ont que beaucoup trop rarement accepté de reconnaitre des erreurs voir, au contraire, parfois tenté de les dissimuler. Quelqu’un qui ne reconnait pas ses erreurs est un danger pour un groupe social et perd de facto toute crédibilité. Se dire que ça a pu éventuellement être une stratégie (nier volontairement) est hallucinant. Mais si c’était une question d’égo ou de calimérisme, ce ne serait pas mieux.
    Enfin, l’erreur de 2009 de ne pas gouverner sans le PS donne l’impression aux électeurs que nous sommes scotchés au PS or même des électeurs de gauche ne sont pas enthousiasmés par ça. Et on parait plus à gauche en gouvernant avec la droite si on obtient une politique équilibrée et d’être médiatiquement celui qui défend la gauche au gouvernement donc, même stratégiquement, c’est con.
    Quand nous disions que nous étions une gauche différente du PS, il y avait une idée vraie, mais nous avons perdu ceux qui y croyait en ratant l’occasion offerte en 2009 de gouverner sans le PS. Ca s’est marqué en 2010 dans nos scores électoraux, JMJ n’était plus crédible quand il disait que nous pouvions gouverner sans le PS. Mais ça, nous n’avons pas su le voir.

  4. Nous ne faisons plus rêver et participer nos propres (ex) militants et leaders d’opinion qui nous sont proches. En lien, la campagne n’était pas bonne.

    Le nombre de militants ou membres qui n’ont pas fait campagne était beaucoup trop élevé pour espérer avoir une vraie victoire. Le nombre de permanents ou assimilés qui ont été candidats a aidé sans doute dans la disponibilité qu’ils avaient pour faire campagne mais a également découragé ceux qui étaient déjà marginalisés le reste de l’année avec une « professionnalisation » qui a été surtout comprise comme un « accaparement » du parti par un groupe de personnes de plus en plus restreint et produisant une hiérarchie bien établie.
    Désaffection énorme de gens de la base malheureusement non comprise par l’establishment. Beaucoup d’actifs ne se sont pas du tout dépensés dans cette campagne. Le slogan était nul. Le fonctionnement interne a créé beaucoup de déceptions ces dernières années et les listes sont constituées par un mix de permanents, carriéristes soumis et gens qui ne s’impliqueront pas après la campagne pour ne pas faire d’ombre.
    Beaucoup de problèmes internes découragent des militants qui parfois quittent carrément le parti. Ca fait très mal car la méthode la plus efficace n’est ni les mass média, ni le porte à porte, ce sont les leaders d’opinion. Si même des anciens membres écolo disent qu’ils ne voteront pas Ecolo sur toutes les listes, notre crédibilité est vachement entamée. Nos premiers porte paroles et leaders d’opinion pour la population sont nos militants, membres et sympathisants. Quand des électeurs voient des membres désabusés, ils perdent confiance dans le parti, quelle que soit la qualité de la campagne, ça fait très mal. Nous devons donc être plus qu’attentif à la relation avec les militants.

  5. Nous n’avons (peut-être) pas le bilan que nous prétendons avoir.

    PLOUF. Je jette un pavé dans la marre. Tous les écolos mêlés au pouvoir de près ou de loin nous vantent leur déception devant leur magnifique bilan. Ils se montrent blessés et condescendants envers la population ou les militants. Mais si de nombreux MEMBRES n’ont pas été convaincus par l’action d’Ecolo dans leur domaine de compétence, ont constaté qu’on a parfois fait bien peu ou mal avec ce que nous avions,  il y a quelque chose qui cloche de manière forte. Il va falloir arrêter de demander à ceux qui ont failli de s’auto évaluer. L’évaluation est un travail sérieux qui ne peut être donné (uniquement) à celui qui est évalué.
    Des publics proches, universitaires, comme les chercheurs ont été malmenés plusieurs fois durant la législature de manière fort stupide (déménagement du FNRS à Charleroi, critère social pour la recherche fondamentale). Quand on perd beaucoup dans une niche favorable, c’est toujours la catastrophe.
    Quand j’entends le bilan fait par les syndicats de notre action fonction publique durant cinq ans, je ne peux qu’éprouver la sensation d’un immense gâchis.
    Quand j’entends un responsable local nous dire tout le mal qu’il pense de l’action du cabinet en matière de petite enfance, je ne peux que ressentir un malaise. Et quand je me dis que peut-être pour les autres matières, ce fut pareil …
    Par ailleurs, même là où nous avons un bilan défendable, nous avons été beaucoup trop lent par moments. Ecolo est souvent dans l’opposition, il doit profiter de ces périodes pour travailler des dossiers pré ficelés au moment où il entre dans des gouvernements. Perdre des années pour concevoir décrets et arrêtés crée beaucoup de tort à l’action du parti.
    Pour résumer:
    Qui a dit que le bilan était bon ? Ceux qui l’ont fait. Est-ce crédible ? pas un seul instant. Combien de membres sont mécontents de ce que nous avons ou pas fait ? Beaucoup. Les cabinets, les ministres, une partie du casting n’était pas bon. Ce n’est pas seulement un problème de pédagogie. Et nous devons aussi être capable de le reconnaitre pour reconquérir l’électorat. Or nous sommes arrogants et ne reconnaissons aucune erreur.
    ATTENTION, je précise, parce que je sais que le sujet est sensible que je ne dis nullement que tout ce qui a été fait a été mauvais. Je ne dis pas non plus que nous n’avons pas fait des excellentes choses (par exemple au Parlement wallon). Mais le bilan inclut ce qui a été fait et ce qui a été compris car la communication est de notre responsabilité (d’autant plus qu’en 2009, nous en étions plus que conscients).
    Enfin, quand on parle bilan, on parle aussi pérennité du bilan. Si les mesures importantes sont détricotées dés l’entame de la législature suivante, peut-on encore les inclure dans le bilan ? Créer son bilan, c’est aussi pérenniser des mesures en ne les adoptant pas l’avant-veille des élections. Or, depuis les élections, on entend que certaines mesures phares sont déjà prêtes à disparaitre ou à être renégociées.
    S’il est important de se faire respecter dans un Gouvernement. Il est aussi important de convaincre les partenaires si on veut de la pérennité.

  6. Démocratie interne, jeux de pouvoir.

    Comme dit plus haut, il y a un problème pour la démocratie à Ecolo. Elle n’est pas aussi parfaite que nous prétendons qu’elle soit. Dans des petites assemblées, quelques personnes peuvent monopoliser le pouvoir. Le pouvoir est passé de plus en plus de bottom up à top down. L’ouverture et la transparence est en recul. Les jeux qui se jouent au moment de la « lutte des places » sont souvent malsains. Les comités de liste ont été une bonne idée mais qui doit être évaluée. Les permanents, cabinettards, employés ont commencé à prendre une grande place dans toutes les structures décisionnelles. Or, on l’a vu, on a souvent manqué d’esprit critique sur notre propre action. Ceux là qui étaient le nez sur le guidon étaient là aussi pour protéger leur place et vanter leur action, cela peut être malsain.
    Les statuts prévoyaient notamment que de nouvelles formes de participation des membres et citoyens peuvent être expérimentées. Il est temps d’y réfléchir.

  7. Communication arrogance, humilité.

    Le slogan était mauvais. Mais il n’est pas venu de nulle part. Notre communication a été, pour partie, empreinte de très peu d’humilité. C’est aussi lié au fait que nous n’avons jamais accepté de reconnaitre d’erreurs, ce qui est important. Je ne vais pas trop développer ce qui est, pour partie, un sentiment.

  8. Pratiques politiques.

    Nous devons accepter que nous ne sommes plus nécessairement leaders ou surtout parfait dans notre manière de faire de la politique « autrement ». Nous n’avons plus remis réellement en cause notre fonctionnement depuis longtemps. Cette défaite pourrait être l’occasion de réévaluer beaucoup de choses et notamment certaines règles quand elles ne sont plus lisibles par la population. Par exemple, mais le chantier peut être beaucoup plus vaste:

    a. Election du SF. Dés le moment où il y a un débat dans chaque régionale, je pense que le passage par un vote en AG ne devrait plus être obligatoire. Entendons nous bien, je ne suis pas pour la suppression de l’AG. Mais je pense que le vote en régionale, lors des débats, devrait, au grand minimum, être possible. Et qu’idéalement, on devrait même arriver au suffrage universel des membres car, là dessus, ce sont les partis traditionnels qui ont aujourd’hui les meilleures pratiques (nous sommes les derniers à ne pas proposer le suffrage universel des membres).

    b. Cumul conseiller communal. Autorisons le cumul conseiller communal qui de toute manière amène obtention automatique de dérogation. Ou aménageons la règle en établissant de nouvelles règles objectives (présence d’un suppléant volontaire ?). Mais la situation actuelle brouille notre communication et est sans doute excessive.

    c. Cumuls dans le temps. Il y a aujourd’hui beaucoup trop de dérogations alors que la règle garde pourtant tout son sens. Il faut y réfléchir et remettre la règle au centre. Voir même l’étendre à plusieurs assemblées en délimitant une carrière maximale de parlementaire de 4 termes par exemples (ce qui fait déjà vingt ans). Le fait que les statuts ne prévoient rien pour l’élection dans des assemblées différentes pose problème si le but est d’éviter que nos gens considèrent la politique comme un métier.

    d. Rétrocessions. Cela peut paraitre provocateur à l’heure des problèmes financiers vécus par le parti. Mais c’est en lien avec le c. Si on veut que tout le monde puisse vraiment s’investir ou éviter le carriérisme ou éviter que quelqu’un ne devienne obligé de se professionnaliser, peut-être faut-il réfléchir à changer les règles de rétrocession. Au minimum, je pense par exemple que quelqu’un qui viendrait et s’engagerait pour une courte période (un ou deux mandats maximum) devrait pouvoir rétrocéder moins pour se mettre à l’abri pour la suite de sa vie et carrière professionnelle. Ce n’est pas non plus un scandale qu’un parlementaire ou Ministre gagne bien sa vie et le financement des partis est plus conséquent qu’avant.

    e. Limitation de l’implication des permanents ou assimilés dans les rouages du parti. Des politiques de quota ou de limitation doivent pouvoir permettre que les militants non professionnels gardent aussi une influence sur le parti.

    f. Manière de débattre, décider. Les AG, quel que soit le niveau, ont aussi d’énormes défauts. Il faut réapprendre à décider collectivement pour éviter certains pièges. Il faut faire en sorte également que la « réunion » ne soit plus le passage obligé de l’action collective mais que les nouvelles technologies nous permettent d’impliquer ceux qui habitent loin ou n’ont qu’une heure sur leur pc à nous accorder passé 23H. Décider et débattre doit pouvoir se faire aussi en dehors de ces réunions parfois improductives mais qui prennent beaucoup de temps à nos militants et peuvent même parfois les mettre en défaut vis à vis de leurs obligations familiales ou sociales.

    g. Permanences. Nous refusons depuis longtemps les permanences car nous les assimilons au clientélisme. Pourtant la permanence pourrait être autre chose que du clientélisme. C’est un outil très précieux que nous refusons d’utiliser et c’est quelque chose qui devra changer. Je pense d’ailleurs que dans les raisons profondes du dénigrement des permanences se trouve également quelque chose proche de la peur du citoyen « lambda » et de sa détresse. Mais rencontrer les gens toute l’année et en dehors d’une période électorale est important. Même si ce ne sont pas des parlementaires ou du personnel politique qui les reçoit, ce sera utile et efficace. Montrons qu’on peut faire de la politique autrement, y compris dans quelque chose d’aussi connoté que les permanences politiques.
    C’est aussi là que nous pourrons transformer des cas particuliers en question d’intérêt général, nous montrer à l’écoute et soutenir d’une manière éthique les citoyens qui veulent croire en nous.

    h. Recrutement cabinet. Pourquoi, une fois que l’organigramme d’un cabinet est défini, ne pas avoir un processus réellement ouvert de recrutement ? Publier toutes les offres d’emploi et laisser les gens postuler. La manière dont ça s’est réalisé en 2009, relativement opaque, est décevante. Lutgen avait mis des offres d’emploi pour son premier cabinet et cela a attiré à la politique des gens qui n’y étaient pas impliqués tout en lui permettant d’enrichir ses ressources humaines et ensuite militantes avec des personnes de qualité qui n’étaient pas connues du parti jusque là.

    i. Consultations et référendums. Nous devrions plus souvent demander l’avis de nos membres par consultation large ou référendum. Soit au cours d’AG, soit au cours d’un processus autre mais offrant la possibilité à tous les membres de s’exprimer. Le vote pourrait n’être qu’indicatif et servir de thermomètre à la direction. Il est intéressant que les statuts laissent la possibilité d’organiser des référendums (la consultation n’étant pas elle prévue) mais cela n’a jamais été utilisé.
    Nous devons aussi être capable d’utiliser ces outils quand nous gouvernons car, une fois au pouvoir, nous avons parfois trop peur de ce que la population ne se montre pas en accord avec notre action politique et nous montrons parfois frileux avec la participation citoyenne. Or, cette question de la participation doit être un noeud fort de notre programme et de notre action. Quitte à re-réfléchir à la meilleure manière de l’opérer tout en évitant les manipulations et noyautages par des petits groupes organisés représentant des intérêts particuliers.

  9. Ménagement des partenaires.

    Avons-nous ménagé nos partenaires pour éviter de s’exclure de la législature suivante ? Cela me parait crédible. L’avons-nous fait car nous craignions le retour de bâton ? Possible également. J’ai l’impression que tout le monde s’est tenu dans ce gouvernement. Cela dit, je classe cela comme une cause relativement mineure.

  10. Inimitiés.

    A contrario, il n’y a pas eu d’ambiance d’équipe dans les gouvernements dans lesquels nous siégions. Bien sur, nous ne sommes pas faits pour être copain et cela ne doit pas pouvoir nous être entièrement imputé mais, à l’avenir, le casting devra aussi tenir compte de personnalités capables de nouer des liens forts avec d’autres personnalités politiques. Comme pour la précédente, c’est plutôt une cause mineure.

  11. Professionnalisation.

    Le parti a voulu se « professionnaliser ». Mais, on peut se demander si ça n’a pas été fait davantage dans une optique de possession de personnes « aux ordres » qui obéissent plutôt que de seulement posséder des personnes ayant plus de temps et de compétences. Cela pourrait expliquer pourquoi les militants, dans le projet de l’actuelle coprésidence, devaient être moins impliqués car « on leur en demandait trop ».
    L’effet pervers immédiat (qui paraitra un avantage pour certains mais est en réalité une grosse faiblesse pour Ecolo) est d’accentuer nettement le fonctionnement top-down et de décourager les militants à encore s’impliquer. Cela est en lien également avec la perte de démocratie et le fait que de plus en plus de permanents ou assimilés s’impliquent dans les structures de pouvoir.

  12. Gestion de la connaissance et des réseaux.

    Ecolo possède en son seing de très nombreux experts dans beaucoup de domaines. Mais ne sait absolument pas en profiter. Déjà, à la base, il ne les connait même pas toujours. Et quand il les connait, il ne les utilise pas ou rarement. Ce sont souvent les mêmes personnes qui travaillent en vase relativement clos. Il faut cesser avec ça, ce qui demande une vraie politique de gestion des connaissances: connaitre les membres en les invitant à se dévoiler, avoir le réflexe de consulter largement et fréquemment, avoir des logiciels ou interfaces qui facilitent la communication en réseau, donner suite aux sollicitations et informations qui sont envoyées de la base vers le haut et les utiliser de manière efficace tout en envoyant un feedback de ce qui a été (pas) fait.

  13. L’évaluation de 2010.

    Cap 2012-2014 devait limiter les dégâts pour 2014, je pense qu’on en est loin et que l’entreprise a donc forcément échoué. Les chiffres sont tellement clairs qu’il est inutile d’épiloguer plus avant sur la question.

  14. Evaluation et audit interne inexistants.

    A Ecolo, l’évaluation de ce que nous faisons déconne toujours car, ce que nous appelons notre « bilan » est souvent écrit par ceux qui l’ont fait. Pas besoin d’expliquer pourquoi c’est un problème. Il faudrait un comité d’audit composé de personnes douées dans l’évaluation, une sorte de cour des comptes interne. Ensuite, nous ne faisons de bilans que de nos participations gouvernementales mais nous devons aussi nous évaluer dans nos fonctionnements internes. Ce serait également un très bon rôle pour l’audit interne. Il faut un organe permanent, actuellement manquant, qui permette aux membres de disposer de données d’évaluations objectives et fiables sans se voir opposer les blessures d’orgueil ou arguments d’autorité de ceux qui sont critiqués. Ensuite, ils pourront d’autant mieux mener leur rôle démocratique au sein des instances qui prennent les décisions et organise le contrôle du pouvoir.

  15. Tabous, dogmes, avis scientifiques et techniques.

    Pour des grands sujets demandant une expertise scientifique et technique, nous devrions commander des rapports pour / contre / sans à priori à des scientifiques extérieurs. Ces rapports seraient ensuite disponibles et nourriraient la réflexion qui précède toute décision.
    Il faut bien avouer que parfois, nos aprioris nous éloignent d’un vrai esprit scientifique. Par exemple, le nucléaire de 4ème génération et les réacteurs au thorium n’ont strictement rien à voir avec ce que nous trouvons à Doel. Mais si, demain, le débat devait se poser à Ecolo, on peut s’attendre à ce que le parti décide, sans vraiment savoir, d’être contre cette technologie. Ce serait une erreur pour les qualités de la 4ème génération. Ce serait aussi et surtout une erreur pour notre crédibilité car on pourrait alors avoir des positions qui scientifiquement ne seraient plus défendables. Et de passer alors, avec raison dans ce cas, pour des dogmatiques.
    Aujourd’hui, à Ecolo, comme dans beaucoup de groupes sociaux, les leaders impriment, sans même le vouloir, le pas. Il ne faut pas seulement que les instances qui décident le fasse de manière éclairée, il faut aussi que nos membres, militants et électeurs soient bien informés des raisons qui peuvent éventuellement faire sauter un tabou.
    Il faut identifier ce que les gens associent à tabou et dogme chez Ecolo. Et entamer un processus d’évaluation transparente de ceux-ci qui aboutirait soit à les confirmer avec une argumentation valable soit à les infirmer. Au bout de ce processus, sur lequel nous communiquerions vers l’extérieur, nous n’en sortirions que plus gagnant. Le but serait évidemment d’être le plus participatif possible. Et de montrer aux gens que nous sommes capables de nous remettre en question et absolument pas dogmatiques.
    Je pense qu’il est important de se débarrasser de cette étiquette de dogmatique. JMJ y était bien arrivé par un discours intelligent. Il faut revenir à ça.

  16. Modèle.

    Nous devons être le modèle de notre propre programme. Or, non seulement nous donnons l’impression de donner des leçons mais en plus nous ne nous appliquons pas toujours à nous même ce que nous préconisons. Nous devons faire cet exercice et en tenir compte pour l’élaboration du programme. Cela doit être un processus qui se nourrit. Par exemple, si nous voulons promouvoir les logiciels libres dans le programme mais qu’en pratique ça coince, nous devons montrer que nous apprenons de notre pratique et nourrir le programme de ces enseignements tout en en faisant une vitrine de notre savoir faire et de nos expériences.
    Etre une organisation citée en exemple dans le domaine de l’informatique libre, de la gestion des ressources humaines, de la logistique durable, … Cela doit être un objectif réalisable, réalisé, mis en avant et reconnu par des organisations ou personnalités crédibles.
    Cela montrera aussi que nous ne sommes pas dogmatiques et capables d’apprendre de la mise en œuvre de notre programme en notre seing.

  17. Recrutement, formation.

    Le recrutement est un domaine qui demande certaines connaissances et des méthodes scientifiques existent pour l’opérer de manière efficace. Habitué aux procédures hautement professionnelles et validées scientifiquement du Selor, j’ai été surpris lorsque j’ai été confronté à un oral pour un mandat externe. Le jury n’était pas composé de personnes maitrisant le recrutement et la méthode n’était pas meilleure. Ecolo devrait pouvoir se faire aider par des spécialistes universitaires du recrutement pour améliorer les méthodes, y compris pour les mandats externes.
    Pour la formation, je pense qu’elle est encore trop réduite et trop centralisée.
    Il existe bien l’académie verte mais le choix de ceux qui y ont droit laisse certains membres amers. La formation de tous les membres, sympathisants, électeurs même doit être une priorité. Et ça ne passe pas nécessairement par des formations en « live ». Cela peut aussi passer par une Ecole à Distance à développer.

Conclusion

Très long article (qui a pris beaucoup de temps d’écriture). Mais surement pas encore exhaustif. N’hésitez pas à commenter si vous êtes ou pas d’accord et si vous voulez rajouter quelque chose. C’est le débat qui permettra à Ecolo d’évoluer vers un mieux.

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