Philomena (film de Stephen Frears)

Pas de spoilers : nous ne dévoilons pas l’histoire (vous pouvez donc le lire même si vous n’avez pas vu le film). Cet article sera donc relativement court et se contentera de poser des questions plus que d’y répondre.

Histoire

Une jeune femme « innocente » tombe enceinte très jeune et, abandonnée par ses parents, grandit ensuite dans un couvent où elle doit travailler dur pour gagner sa liberté et où elle ne peut voir que peu son enfant.

Un jour, des parents viennent adopter l’enfant de son amie. Mais, le sien étant très attaché à cet autre enfant, les parents finissent par prendre les deux. Philomena est anéantie par le départ d’Anthony. Elle avait signé, comme tous les jeunes parents hébergés, un document la délaissant de tous ses droits parentaux mais n’avait pourtant aucune envie de se séparer de la chair de sa chair.

50 ans plus tard, malgré le ressenti et la culpabilité du « péché », qu’elle traine encore depuis son séjour chez les bonnes sœurs, elle décide de partir à sa recherche et d’avouer ce qui s’est passé à sa fille. Elle est aidée en cela par un journaliste au chômage (Martin Sixmith) qui cherche à en faire un article mais qui en fera finalement un livre.

Il s’agit d’une histoire tirée de faits réels. Je l’ai vu en version originale sous-titrée en français.

Philomena et Martin rencontrent la nouvelle "cheffe" du couvent: Soeur Claire

Philomena et Martin rencontrent la nouvelle « cheffe » du couvent: Soeur Claire

Questions ou thèmes posés par le film

Il y a discussion possible à propos de beaucoup de choses dans ce film. Ça ne veut pas dire que le film pose explicitement ces questions ou ces thèmes. Mais il peut amener le spectateur à y penser.

  1. L’information sur la sexualité aux jeunes ados (bien, mal, péché, contraception, avortement).
  2. Les dégâts de l’asexualité sur la vie de ceux et celles qui doivent le subir (vœu de célibat des sœurs).
  3. Inhumanité de l’institution ecclésiastique face à un comportement de péché. Surtout, il y a quelques dizaines d’années.
  4. Culpabilisation possible de la « sœur » de l’enfant de Philomena (sans elle, il n’aurait peut-être pas été adopté).
  5. L’adoption en échange d’argent.
  6. Le destin d’un enfant en fonction de la famille qui l’héberge.
  7. L’abandon d’un enfant (volontaire ou non).
  8. La recherche de ses racines.
  9. Les différences et la cohabitation entre le journaliste un peu snob et l’habitante d’un milieu populaire.
  10. Le pardon face au mensonge et mauvais traitements de l’institution catholique, l’absence de remords de la personne qui en est responsable (syndrôme de Stockholm ?).
  11. L’évolution de l’institution catholique (anciennes vs nouvelles sœurs, le portrait de la chanteuse sur le mur).
  12. Passer parfois tout prêt de ce qu’on recherche sans le (sa)voir.
  13. L’acte de rébellion et de courage (la photo de son enfant donnée par une jeune sœur) face à une institution inhumaine.

Si vous voyez des choses que j’ai oublié, vous pouvez m’en faire part en commentaires.

Ressenti sur le film

Certaines critiques presses sont bonnes sans être dythirambiques. Je rejoins cependant plutôt Hugues Dayez qui y voit d’ores et déjà un des meilleurs films de l’année (2014, qui vient de commencer donc).

Ce film est émouvant, beau, exceptionnel. Il procure un vrai plaisir même s’il donne les larmes aux yeux. Cela dit, jeune parent d’un enfant de trois ans, je suis sans doute plus sensible que d’autres: l’identification joue pleinement.

Par ailleurs, il y a un certain humour et il provoque de vraies questions. Il est possible d’en ressortir avec des envies de débats (ce que j’aime particulièrement).

Enfin, ce ne serait pas tiré de faits réels, cela paraitrait grotesque et irréaliste. Mais pourtant, il s’agit d’une histoire vraie. Certains diront avec raison que cela n’a pas d’importance au cinéma. Mais je pense que quand l’histoire est, finalement, aussi peu probable, il est important qu’elle soit vraie.

Ce film est un des meilleurs films que j’ai vu depuis des années. Je crois que la dernière fois que j’ai vu un film qui m’avait autant ému (je me dois cependant de signaler que je ne vois pas tant de films que ça), c’était « Deux jours à tuer » (vu il y a 5-6 ans). Je vais le ranger à ses côtés dans ma catégorie des « très bon films ». Et comme pour le précédent film, je vais sans doute acheter le livre.

En résumé, ce film est excellent, et ceux qui me connaissent savent que je n’utilise pas ce mot très souvent, encore moins pour parler d’un film.

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