Orelsan : le rappeur d’une génération classe moyenne

Les deux premières chansons d’Orelsan (Sale P*te et Saint Valentin) ont été très polémiques, nous ne reviendrons pas dessus.

Son premier succès, d’après Wikipédia, fut « Changement ». Ce chanteur « culte » (il ne plait certes pas à tout le monde mais a un noyau dur important de fans qui lui voue un « culte ») a un véritable succès. Son premier album ne s’est pas mal vendu malgré la polémique et son deuxième album a eu des très bons chiffres (meilleurs) grâce à une bonne promo et de bons titres.

Bien que fan du personnage, je ne prétends certainement pas qu’il faille le prendre au premier degré. Je n’endosse pas non plus toutes ses paroles, c’est une évidence. Et toutes ses chansons ne sont pas d’égale qualité. Mais, pour autant, je peux affirmer sans problème que je me situe dans le cercle de ses premiers et meilleurs fans.

Pourquoi ?

Si vous ne l’avez pas encore écoutée, voici donc la chanson « changement » que je pense une bonne introduction à la réponse:

Voici le refrain:

« Les vieux comprennent pas c’qu’il s’passe dans la tête des jeunes
Ils sont pas élevés par la télé, par la PlayStation
Ils comprennent pas à quel point on est fêlés
Ils connaissent pas Internet, les boîtes, les grecs, les DVD
Les vieux comprennent pas c’qu’il s’passe dans la tête des jeunes
Ils sont pas élevés par la télé, par la PlayStation
Ils comprennent pas à quel point on est fêlés
Ils connaissent pas l’rap, les portables, le shit, la Despe
« 

Ce que raconte Orelsan touche littéralement de nombreux jeunes de la classe moyenne. C’est notre vie, nos thèmes, codes, références, beaucoup de nos préoccupations. Jusque dans la forme, il fait de l’art et use de la liberté d’expression pour prendre des risques là où beaucoup d’entre nous avons été habitués depuis de nombreuses années à la merde commerciale qui inonde les ondes. Ce qu’il dénonce dans plusieurs chansons, justement.

Mais sa démarche artistique  et l’absence de volonté de se conformer à un politiquement correct ou à un désir de plaire au plus grand monde arrive donc à un bon moment. Un second degré parfois trash et très bien compris de sa génération mais pas toujours au delà. Cela ne peut que le rendre plus populaire encore: menacé, il devient « rare ». On en profite car on sait que tout peut s’arrêter et que sa carrière pourrait s’avérer courte.

Dans une interview qu’on peut lire sur sa chaine Youtube, émission « une semaine d’enfer », à 6 minutes 30, on l’entend dire à propos de l’intervieweur « t’es trop vieux » quand celui-ci dit ne pas accrocher. Cela va dans le même sens « générationnel ». Mais, cela dit, je pense vraiment qu’il est n’est pas le représentant que d’un âge mais surtout d’une catégorie socio-économique à l’intérieur de cet âge. Ces mêmes personnes qui bien qu’elles étaient fan des grands représentants du rap français (IAM, NTM, Shurik’N, Akhenaton, …) ne pouvaient pas y retrouver leur vie en écoutant les textes. Ce qui change avec Orelsan qui apporte aussi des textes souvent moins déprimants, ce qui n’est pas pour déplaire aux nouveaux adultes que sont devenus les anciens ados qui écoutaient le « vieux » rap français.

On l’aime ou on ne l’aime pas: peu de gens sont indifférents à son propos. Si bien qu’il peut être risqué de parler de lui si on ne veut pas se faire assimiler au portrait peu glorieux et souvent caricatural réalisé par ses ennemis. Il y a sans doute dans tout ça des problèmes de compréhension exacerbés par le besoin d’avoir « les codes » et le vécu similaire pour bien le comprendre mais sans doute également une absence de volonté de vraiment vouloir le comprendre et l’analyser de bonne foi. On est donc dans un cas parfait où la discussion et le débat réel ne sont pas toujours possible. C’est un sujet très passionnel.

Il dénonce, nous représente mais sait aussi faire du divertissement pur

Toujours en gardant le même style, on quitte la dénonciation et la description pour des titres plus « commerciaux » ou, du moins, ayant la seule prétention de nous divertir avec plus d’humour.

Je ne prendrai qu’un exemple, la chanson « ils sont cools » de son dernier album:

Etudier les textes d’Orelsan, c’est donc aussi un peu étudier ses fans et toute une catégorie sociale

Sera-t-il un jour lu par des chercheurs en science sociale ? Je suis persuadé que des enseignements pourraient en être tirés, ne fut-ce que dans une recherche préliminaire.

Une génération de la crise, qui se cherche et qui a peur, parfois attirée par Thanatos

Un dernier titre pour l’illustrer mieux que des mots « La peur de l’échec » dont voici quelques paroles:

« J’perds mon temps à m’poser des questions au lieu d’agir
J’ai peur de la dépression, j’ai peur de l’avenir et de ses déceptions
plus j’grandis et plus le temps passe et plus j’suis déçu
Sous l’emprise des angoisses des futurs blessures
plus j’me cherche des excuses, plus je m’enlise
Je m’enivre de négativité, et j’me sens vivre
souvent, j’ai peur de l’ennui
j’ai peur d’avoir aucune raison d’me plaindre
pourtant j’me sens triste tout le temps, j’me sens vide
J’ai peur d’être normal, d’être moyen, ni trop mal ni trop bien
J’crois que j’sers à rien… »


Pour vous tenir au courant

Consulter sa page Facebook

Conclusion

Etant un fan « assumé », je peux comprendre que le présent article ne sera pas compris comme étant parfaitement objectif mais je reste évidemment ouvert au débat.

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