Faire confiance aux logiciels libres

Suivre les exemples et … en devenir un

Introduction

Les administrations sont toutes informatisées. Et elles utilisent donc toutes des logiciels soit pour faire de la « bureautique » (Word, Excel) soit pour utiliser des logiciels plus spécifiques. Cela pose des questions de gestion publique (cela a un coût), philosophique (logiciels avec code ouvert ou fermé) et de sécurité (comment garder une main mise sur les outils qu’on utilise sans être dépendant de sociétés multinationales). Très majoritairement, les logiciels utilisés aujourd’hui sont propriétaires. Windows est, par exemple, très certainement le plus répandu des systèmes d’exploitation et Microsoft Office est sans doute la suite bureautique la plus utilisée également (mais peut-être déjà moins).

Il s’agit donc bien d’un sujet politique qui mérite d’être débattu avant et après l’échéance électorale.

Vous trouverez une définition des logiciels libres ici. Les logiciels libres sont des logiciels dont on peut consulter le code, le modifier et le redistribuer. Pour faire simple. Ce sont donc des logiciels sur lesquels on a beaucoup plus de contrôle. Alors qu’à l’inverse un logiciel propriétaire rend extrêmement dépendant de son fabriquant et s’il fait faillite ou décide d’arrêter le support, cela peut créer de graves problèmes.

(c) factoryjoe

 

Pourquoi les logiciels libres ?

L’Association promotion des logiciels libres APRIL a réalisé un excellent cahier pour les élections locales françaises de 2008. Il reste évidemment d’actualité et je vous invite à le consulter.

On peut toutefois en rappeler une première raison évidente même si elle fait encore parfois polémique (des études disant parfois le contraire mais avec une crédibilité pas toujours très grande). Il s’agit du coût. Passer aux logiciels libres permet de faire des économies. Les coûts les plus importants de la migration sont liés à la formation mais voilà bien justement un coût qui s’efface ou se lisse à moyen long terme. Un article de la presse canadienne fait un peu le point sur cette motivation et un autre article récent fait le point sur la situation à la ville de Munich.

La deuxième raison, c’est la sécurité de deux points de vues. D’un point de vue de la continuité de l’administration d’abord. Ne pas être dépendant d’une firme privée pour les mises à jour, le support et l’utilisation des données enregistrées est très important. D’un point de vue protection des systèmes informatiques et des données d’autres part puisque Linux fait l’objet de moins d’attaques et qu’il y a moins de virus informatiques sur ce système actuellement.

La troisième raison est philosophique. Le logiciel libre promeut un mode de travail basé sur des valeurs de partage et de redistribution notamment. Cette philosophie est plus que compatible avec les services publics, elle est en pleine complémentarité.

La dernière raison est économique. Faire le choix des logiciels libres, c’est souvent faire le choix de PME et/ou de sociétés européennes. La ville et la province de Namur comprennent une grosse expertise en matière informatique. En faisant ce choix là, on peut favoriser ce secteur économique et même lui donner des armes à un moment où les logiciels libres sont de plus en plus vogue dans le monde. Cela favorisera des emplois locaux, l’économie locale et nos centres d’expertise académiques.

Points d’attention

Les migrations aux logiciels libres ne sont pas toujours des succès, il y a des risques. Cela demande un suivi fort et un engagement ferme des décideurs d’y aller.

Faisons le, pas à pas, doucement mais surement

Tout changement provoque toujours des réticences et les services informatiques comme les utilisateurs auront chacun leurs raisons pour ne pas vouloir bouger. Cela dit, une fois fait, ils deviendront les meilleurs défenseurs et ambassadeurs de leur nouvelle situation.

Nous pensons que cette migration ne doit pas se réaliser de manière dogmatique. Il faut évidemment commencer par ce qui est le plus simple et le moins délicat et, quand il n’y a pas d’alternative valable (ou d’alternative tout court), migrer reste un objectif mais plus lointain. Pour bien y arriver, nous préconisons donc d’étudier les difficultés qui pourraient survenir pour les différentes migrations possibles (bureautiques, OS, navigateur internet, logiciels maison). Vu les activités de la Province, une migration ne devrait normalement pas poser de problèmes mais c’est évidemment à étudier et à voir. Dans ce processus, il faudra évidemment se nourrir des expériences réalisées dans d’autres administrations similaires.

(c) terretta

Incitons ensuite les communes à suivre le pas également

Avec l’expérience acquise, la Province devra susciter les mêmes migrations dans toutes les administrations et intercommunales sur son territoire. Une cellule pourra y être consacrée. Les sociétés spécialisées sur notre territoire grandiront grâce à ces contrats. Cela deviendra aussi une vitrine pour le pays et une province exemplaire pour susciter un engouement beaucoup plus large. Si demain, des experts viennent de pays étrangers ou d’autres administrations belges pour comprendre et s’inspirer, on pourra alors estimer avoir réussi à être devenu une province exemplaire dans le domaine.

Bien sur, on peut ne pas être d’accord. Je pense que, si on avance pas plus dans le domaine, c’est sans doute d’abord par méconnaissance des politiques. Mais il peut y avoir également des opinions négatives qui se valent à ce sujet. N’hésitez pas à faire part des plus et des moins et à compléter cet article via les commentaires qui vous sont, comme d’habitude, ouverts.

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4 réflexions sur “Faire confiance aux logiciels libres

    • une bonne initiative … malheureusement trop peu connue et trop peu suivie
      je te remercie de me l’avoir fait connaitre

      c’est extrêmement difficile de sensibiliser les non initiés à l’informatique à l’importance de cette question. Et beaucoup de services informatiques aiment bien leur petit comfort.

      Je retiens le lien, je ferai peut-être un article dessus en espérant sensbiliser des pouvoirs publics.

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      • A Bruxelles peu de communes utilisent Plône. Le CIRB ne semble pas connaître et propose toujours de payer des développements propriétaire quand la fonctionalité existe en utilisation libre. Pas mal de communes en Flandres ont adopté le système et de nombreux développeurs sont néerlandophones.

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