Le télétravail : une nécessité ?

Pour écrire cet article, je me suis basé sur mon expérience de travailleur au SPF Sécurité Sociale, mes études et mes recherches sur le sujet. Toutefois, je vous recommande un article intéressant qui vient de l’écho si vous cherchez une source plus « neutre ».

Bien loin l’époque où on ne voyait dans le télétravail qu’une possibilité d’améliorer la mobilité en diminuant les déplacements. Aujourd’hui, les expériences de télétravail dans l’administration ou ailleurs se sont développées très fortement et on a un peu plus de recul et tout autant de bonnes raisons de l’implanter dans un nombre plus important d’administrations. Passons en revue quelques bonnes raisons et balises et tirons-en ensuite les conclusions pour les services de la Province.

Une meilleure mobilité

Commençons par un des arguments les plus vieux mais pas pour autant dépassé. Les administrations locales n’échappent pas au problème de la mobilité. Si elles comprennent souvent des travailleurs qui habitent plus près de leur lieu de travail, sur courtes distances, la voiture est parfois plus rapide et pratique que les transports en commun. Et les transports en commun sont souvent bien remplis aux heures de pointe qui sont, pour ceux qui travaillent près de chez eux, souvent similaires aux heures où les écoliers empruntent le bus.

Voir moins de personnes sur les routes, que ce soit dans un bus, un train ou une voiture présente donc un réel intérêt.

Moins de perte de temps / des temps scolaires plus gérables

Même pour des trajets « courts », on peut souvent perdre une heure dans les transports et c’est déjà ça de gagné lors d’une journée de télétravail. Le stress est également moins présent quand il ne faut pas multiplier les trajets et les horaires boulot / école /crèche. Avec des enfants plus grands et autonomes, il est même possible de faire une pause le mercredi pour aller chercher les enfants à l’école, puis de reprendre le travail.

(c) Samwebster

Des économies

Certains ne chauffent pas leur maison quand ils ne sont pas là. Moi, j’ai toujours eu l’impression qu’il vaut mieux avoir une maison qui est chauffée de manière sobre en continu plutôt que de devoir avoir à mettre les radiateurs à fond quand on rentre du travail. Ma consommation personnelle ne changerait donc pas en télétravaillant. Par contre, pour l’employeur, le télétravail offre la possibilité de substantielles économies présentes ou futures. En effet, si le lieu de travail est organisé avec les principes du Clean Desk et du Dynamic Office (pas de bureau personnel), on peut diminuer fameusement le nombre de m² à louer et à chauffer. Le SPF Sécurité Sociale économise par ce principe là 9 millions d’euro sur ces frais de fonctionnement. Pour un SPF de 1000 personnes (c’est plutôt petit par rapport à d’autres mastodontes), c’est déjà un beau résultat et on imagine très bien ce que ça pourrait donner si on l’appliquait plus largement. Où si on l’appliquait à la Province (qui a un nombre plus ou moins équivalent d’agents).

Un bien être renforcé pour les agents / une productivité en hausse / un employeur Sexy

Le télétravail rend les agents plus heureux. Par le principe de confiance, par la possibilité de dormir plus, par le fait de ne plus devoir faire face avec les soucis quotidiens de train ou de bus en retard, par la possibilité de mieux gérer ses différentes vies (familiale et professionnelle), l’employé qui bénéfice du télétravail est plus heureux. Et le cas du SPF Sécurité Sociale montre également qu’il est plus productif. Ou encore que son administration attire plus de talents pour qui les conditions de travail peuvent être très importantes. Or, les tensions sur le marché de l’emploi dans les années à venir font que les administrations ont tout intérêt à se rendre « sexy » dés maintenant pour continuer à attirer les talents demain au moment où le recrutement sera rendu le plus difficile, notamment pour des fonctions critiques.

Travailler depuis l’endroit où on se sent le mieux, c’était un rêve, cela deviendra de plus en plus la réalité. Moins de stress = un travail mieux et plus vite fait.

(c) citrixonline

A lire ceci, on pourrait croire que tout est parfait. Il y a cependant quelques balises qu’il est nécessaire de garder à l’esprit pour que ce soit une réussite.

Trois jours max

Le plafond actuel dans l’administration fédérale est de trois jours maximum. Trois jours ne me parait pas de trop. A vrai dire, je ne suis pas certain qu’aller au delà poserait vraiment problème mais je pense que cette limite reste une balise intéressante pour la généralisation du télétravail. Elle garantit un minimum de lien avec le lieu de travail officiel et est également une garantie aux adversaires de la mesure.

Libre choix

Il va sans dire que le télétravail devra toujours rester un libre choix. Ca ne se discute même pas.

Hiérarchie qui partage certaines valeurs

Si votre hiérarchie ne vous fait pas confiance, vous en demande deux fois plus quand vous êtes en télétravail, contrôle chaque minute passé loin du bureau et vous reproche les avantages même du télétravail (meilleure organisation du temps notamment), alors ça ne pourra JAMAIS marcher. Pire, cela vous donnera une mauvaise expérience de la chose. Il est donc important, avant de se lancer d’introduire des valeurs essentielles comme la confiance et l’orientation résultat et de faire également bien comprendre que la mesure vise EGALEMENT à mieux concilier la vie privée et professionnelle et que ça ne peut donc être reproché à l’agent.

Important, si ce n’est fondamental.

Droit réel et obligation de moyens de la part de l’encadrement

Le télétravail doit être un droit et non une faveur. Cela pour autant, évidemment, que le travail le permette (mais la logique est bien de permettre au plus grand nombre d’y accéder). Et pour que cela puisse être un droit réel, l’employeur doit avoir l’obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir pour rendre le processus de travail « télétravaillable ». C’est ainsi que la numérisation des dossiers, si elle est nécessaire au télétravail, sera entreprise. Il s’agit, en réalité, d’une vraie OPPORTUNITE pour l’organisation qui se voit obligée de redéfinir certains de ses processus de travail, souvent pour les numériser, en tous les cas pour les rendre plus efficaces pour l’agent et le citoyen (car la numérisation offre beaucoup de possibilités qui vont dans le bon sens).

Conclusion

Introduire le télétravail à large échelle, devenir une administration pilote qui marcherait sur les pas des organisations les plus modernes de ce pays et le faire savoir, voici des ambitions qu’on peut avoir pour l’administration provinciale. Si on le réalise dans une politique coordonnée de GRH modernisée, cela sera certainement au bénéfice de tous : citoyens ET fonctionnaires.

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