Quartier de la gare de Namur

Pour introduire

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un enjeu dépendant de l’institution provinciale, il s’agit quand même d’un débat qui m’intéresse et qui aura des conséquences pour un territoire bien plus large que celui du seul chef lieu de la province. Je ne suis pas candidat à la commune mais je reste un citoyen namurois, je me permettrai donc de m’exprimer ici brièvement sur le sujet et ce sera principalement en tant que citoyen namurois plus qu’en tant que candidat provincial (autrement dit, je n’engage pas mon parti même si je ne contredis pas ses positions sur le sujet).

Pour résumer un peu, je parle ici du réaménagement du quartier de la gare avec notamment le déménagement de la gare des bus sur le toit de la gare SNCB, la construction d’un centre commercial de 20 000m² pour les grandes et moyennes surfaces, l’extension du nombre de places de parkings et la libération de la voiture sur la moitié des voiries devant la gare. Pour simplifier.

une vue du projet actuel

Position du PS

Par rapport à cela, les trois partis dans la majorité partagent le projet. Il est donc intéressant de voir ce que propose l’opposition au conseil communal (PS) d’autant plus que celle-ci était dans la majorité lorsque les premiers projets furent discutés avec le promoteur. Page 15 de leur programme, ou ici, on peut lire ceci:

« Réaménager le square Léopold  et recréer le lien entre Namur et Bomel  par la couverture des voies de chemin fer. »

Ce n’est pas très précis mais heureusement, une candidate PS (pas n’importe qui: numéro 3 sur la liste) a décrit un peu plus ce qui est entendu par là dans un billet de blog. Une contribution où il y est dit:

– que le PS est enthousiaste à propos du centre commercial et pas du déménagement de la gare des bus sur la dalle (en estimant que les coûts sont trop élevés en regard du fait que tous les bus ne seront pas concernés)

– en lieu et place, ils proposent d’agrandir la dalle actuelle pour l’amener vers le pont de Louvain. D’y construire des parkings, d’y faire passer tous les bus et d’y construire un grand parc arboré pour aller et venir au centre commercial et en ville. Cela permettrait, selon madame Déom de garder le square Léopold « réaménagé ».

Voir l’extrait in extenso en cliquant sur l’image:

Réactions

1. Localisation du centre commercial ?

Le simple fait de parler de square « réaménagé » est déjà un fameux aveux sur son état actuel. Toutefois, pour le sauver il faut bouger le centre commercial. Mais la proposition « concrète » n’est pas très claire sur ce dernier. On le mets où ? Et on lui donne combien de m² ? Car, si on recouvre les voies de chemin de fer jusqu’au pont de Louvain, on triple l’étendue actuelle de la dalle et donc on augmente forcément les surfaces à « rentabiliser ». Car le coût d’une telle opération ne pourrait être prise en compte par les pouvoirs publics. Et vu l’énormité du montant en jeu, ce ne pourrait être que City Mall lui-même (société derrière Coté Verre, le projet actuel).

Donc, là, on découvre les premières difficultés. Il faut convaincre City Mall d’investir pour faire un centre commercial plus grand en le faisant sur un autre terrain en plus de celui qu’elle a acheté. Il faut donc la convaincre de faire un investissement bien plus grand et d’offrir bien plus de mètres carré commerciaux (problématique pour la ville quand le schéma de développement commercial recommande de ne pas aller au delà de 25 000m² MAX). Cet agrandissement substantiel nuirait très fortement aux commerçants de l’axe rue de fer / rue de l’ange et pourrait même les tuer (tout est une question de proportion) en y attirant les « locomotives ».

2. La gare des bus ?

Si je suis évidemment d’accord sur le fait qu’il soit dommage que tous les bus ne puissent pas migrer vers la dalle, il faut alors trouver un moyen de faire venir les bus urbains sur celle-ci et de les faire partir dans la bonne direction. Ils n’ont pas le même parcours que les bus périurbains puisqu’ils viennent du boulevard Mélot et partent en direction de la rue de fer ou viennent de la rue Godefroid puis partent en direction du boulevard Mélot (pour beaucoup d’entre eux).

Ce ne sont pas les trajets les plus faciles à relier à la dalle mais admettons que ce soit possible. Le coût, lui, en sera de toute manière démultiplié alors que les pouvoirs subsidiants se sont déjà entendu sur une enveloppe maximale et que c’est la crise.

C’est d’ailleurs ce qui me fait penser que cette extension de la dalle pour les bus n’est possible que si City Mall prend à sa charge les dépenses supplémentaires, ce qu’il ne pourrait faire qu’en échange d’un agrandissement de ses surfaces commerciales (voir point précédent).

3. + de nouveaux parkings ?

Pour les parkings, le projet actuel en prévoit déjà plusieurs centaines de places supplémentaires, on en rajouterait donc encore. Pourquoi pas bien que l’augmentation prévue via un parking SNCB et le parking souterrain projeté est déjà substantiel. Mais rien n’est dit sur leur localisation imaginée. Y a-t-on réfléchit ?

4. Un nouveau parc arboré ?

L’idée est séduisante … s’il n’y avait que ça. De nouveaux jardins suspendus, cela donnerait une belle attractivité à la ville. Mais le rapport coût – bénéfice d’un projet aussi mégalo l’enterrerait aussitôt. Et des arbres, ça grandit, ça provoque de l’ombrage, ça peut tomber en cas de tempête, ça a besoin de place pour les racines. Quand à la fréquentation d’un tel parc, comme l’espace serait partagé avec une gare des bus (et un parking ?), on doute quand même de l’attractivité de la chose (pas très sécurisant pour faire jouer les enfants surtout que ce sera fameusement en hauteur). Le soir et la nuit, ce grand parc risque, de plus, de devenir aussi peu sécurisant que le parc Louise Marie actuellement.

5. Et les navetteurs, on les oublie ?

On a l’air de l’oublier dans ce projet de grande esplanade mais il y a aussi des usagers qui prennent le train ! Et les plonger dans un noir quasi absolu n’est pas la solution la plus sécurisante ni la plus agréable pour eux. Alors qu’actuellement, on peut bénéficier d’une lumière naturelle suffisante sur une bonne partie des quais (et même une partie sous dalle suivant l’heure du jour), ce sera très loin d’être le cas avec cette « méga » esplanade vu l’endroit où elle se trouve et son orientation par rapport au soleil.

6. Et les bomellois ?

Le projet d’esplanade prétend faciliter les échanges entre Bomel et le centre ville. Hum. Peut-on rappeler que la voie rapide qui longe le chemin de fer a un rôle important de délestage du trafic de transit sur le Boulevard du Nord et devant la gare ? Et qu’il est prévu de la prolonger vers le début du Boulevard d’Herbatte pour améliorer sa rapidité et sa fluidité ? Que dés lors, ce n’est pas nécessairement le meilleur endroit pour faire passer les habitants de Bomel au centre et vice-versa ? En gros, ils continueront donc de passer par la gare comme actuellement, ça ne changera strictement rien.

Conclusion

Qui est mégalo au final ?

Si le projet actuel est accusé par certains d’être mégalo ou « bling bling ». Que dire de celui d’une esplanade jusqu’au pont de Louvain ?

Le détail piquant …

Dans sa lettre de précampagne, la tête de liste déclarait qu’elle avait « agi pour que le projet (nda: on parle bien du projet de la majorité qu’elle décrie maintenant) de la dalle de la gare se réalise« . Deux mois après, le programme du PS se montre opposé à ce même projet … cohérence !

Conclusion finale

La proposition du PS a au moins l’intérêt de mettre sur la table une idée qui méritait d’être étudiée et débattue publiquement. Je dois bien avouer que je l’ai trouvé séduisante au premier abord mais le coût de celui-ci et le danger d’un centre commercial trop agrandi (nécessaire pour prendre en charge ce coût démesuré) me convaint qu’il n’est probablement pas meilleur que le projet actuellement sur la table.

 

Rajout du 02/10/2012:

Pour compléter ce que je disais à ce sujet, l’échevin Gavroy a affirmé sur Facebook à propos de ce projet:

« Cette alternative n’est pas crédible et elle est contreproductive. Il n’y a pas d’argent public pour étendre la dalle de la gare vers le pont de Louvain. Si le privé paye cet investissement, il demandera un centre commercial de 50.000m2 pour rentabiliser la dépense, ce qui représente une suroffre qui tuera les commerces existants. Pour réussir la complémentarité entre anciens et nouveaux commerces, il faut que le centre commercial soit construit en connexion directe avec la rue de fer. Le reculer vers les voies l’isolera des autres commerces. C’est ce que recherche habituellement les promoteurs pour assurer la seule réussite de leur centre. C’est ce que nous ne voulons pas à Namur, où nous avons imposé qu’il soit dans le prolongement direct du haut de la rue de fer. »

Je pense que cela va assez bien dans le sens d’un des arguments de l’article.

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