Transformer les déchets en « or »

Au départ de cet article, je voulais simplement traiter la question des déchets et j’avais déjà une petite idée vers où j’allais aller. Mais, comme souvent quand on fait des recherches, j’ai fait une petite découverte sympathique.

Ainsi, saviez-vous que la province abritait, à Gembloux, un Master en valorisation biologique des effluents ? Il y a donc du talent, du savoir-faire, et des possibilités de développement économique (comme toujours quand on a une expertise). En encourageant les spin off (voir ici une liste des spin off universitaires belges) et les étudiants qui voudraient investir et innover dans le domaine, on créerait une émulation intéressante dans un domaine d’avenir.

Concernant cette formation, on peut y lire sur le site internet de présentation de celle-ci :

« Le déchet doit aujourd’hui être considéré comme une ressource dont la gestion et l’exploitation sont devenues un défi majeur de notre société et un enjeu déterminant dans le cadre du développement durable. »

Comment ne pas être d’accord avec ça ? Je fais entièrement mien ses propos, ils sont une introduction parfaite au présent article.

A Namur, l’organisme qui traite la question des déchets n’est pas la Province elle-même mais une intercommunale, le BEP Environnement et cette dernière a mis en ligne une page où il est expliqué ce qui est fait en matière de valorisation des déchets.

Si le namurois moyen produit 550 kg de déchets par an, chiffre en petite diminution par rapport à 1999 (572 kg), 72 % sont compostés, recyclés ou valorisés et presque tout le reste part en incinérateur (sauf 0,2 % en décharge).

Grâce au tri des déchets organiques, on produit ainsi de l’électricité pour 1500 personnes. Le belge est un champion pour le tri du verre et des PMC. Le bois collecté est transformé en combustible. Il y a donc du positif dans tout ça.

Pour les encombrants, il y a également du bon. Surtout la collaboration avec la Ressourcerie Namuroise qui est une très belle réussite. Mais il y a encore de la marge d’amélioration. Le service ne couvre pour le moment que des communes du nord de la Province. Le succès namurois ayant servis d’exemple, le service s’étend mais de nombreuses zones ne sont pas couvertes. Par conséquent, il faudrait aider la ressourcerie namuroise, ou d’autres ressourceries à créer, à couvrir l’entièreté du paysage namurois. Cela au bénéfice de l’emploi, de la nature et des citoyens. Cela doit être une priorité pour y arriver au plus vite.

Puis, dans un autre domaine, il faut rappeler que le meilleur déchet est un déchet qui n’existe pas. Il faut donc comprendre ce qui compose encore les 28 % de déchets qui partent à l’incinérateur et trouver un plan d’action pour les diminuer (on pense notamment au suremballage). Car, non seulement le traitement des déchets coûte cher, mais il faut aussi garder à l’esprit qu’une partie de ces déchets sont réalisés à partir de dérivés du pétrole et que cette ressource est précieuse et rare et donc à préserver au maximum.

Par ailleurs, la collecte des déchets organiques est encore récente. Est-elle efficace ? Y a-t-il encore des possibilités d’améliorer les quantités récoltées ? Pourquoi les gens y passent, n’y passent pas ? Ce sont ce genre de question qu’il faudrait poser à des panels afin de comprendre ce qu’il est possible de faire pour améliorer la situation actuelle.

L’utilisation des panels devrait d’ailleurs s’étendre aux autres domaines du BEP Environnement afin d’améliorer toujours plus le service. Je pense qu’un budget annuel constant devrait être consacré à cela dans le cadre d’un budget R&D.

Enfin, si tant est que cela soit possible, l’électricité produite, au lieu d’être revendue sur le réseau devrait pouvoir être fournie aux partenaires du BEP en fonction de leurs apports respectifs. Le bois, au lieu d’être revendu, pourrait également être valorisé au sein d’unité de cogénération et également être fourni à tarif préférentiel aux partenaires. Cela ferait du BEP Environnement, non seulement un producteur d’énergie (électricité + chaleur) mais également un fournisseur direct des communes et de la Province.

Cela pourrait d’ailleurs se faire dans un cadre plus large (avec constitution d’une coopérative, implication des citoyens et des pouvoirs publics ; en visant d’autres types d’énergies vertes que sont l’éolien et le photovoltaïque). Je suis convaincu que la Province pourrait jouer ce rôle et que cela pourrait même être rentable. Nous ne savons pas de quoi notre futur énergétique sera fait et il est donc on ne peut plus important de tendre un maximum vers notre auto suffisance énergétique et les déchets peuvent y aider.

En résumé, on pourrait :

  • profiter de l’expertise universitaire et investir dans des spin off dans le domaine afin de la renforcer
  • étendre le service des ressourceries à tout le territoire provincial
  • prévoir, dans le cadre d’une politique R&D :
    • l’analyse du contenu des poubelles et les moyens à mettre en oeuvre pour élmininer certains déchets à la source en ne les créant pas
    • la consultation de panels de citoyens afin de mieux comprendre les comportements de la population vis-à-vis des déchets
  • continuer d’investir dans la production d’énergie à partir des déchets tout en essayant de les revendre à bon prix directement aux partenaires du BEP Environnement

Le débat est ouvert. Si vous avez d’autres propositions à nous faire partager, n’hésitez pas, même (et surtout) si elles sont novatrices.

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