Mon expérience militante

Le billet d’aujourd’hui va un peu parler de moi et inaugurer la rubrique « bio(graphie) ». Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas fan de cet exercice mais je sais aussi que certains d’entre vous ne me connaissent pas ou peu et sont désireux que je me dévoile quelques peu à travers quelques sujets personnels.

Je vais commencer par la genèse de mon engagement politique. Quand j’ai commencé mes études secondaires (à moins que ce ne soit la fin de mes études primaires ?), la France réalisait des essais nucléaires dans le Pacifique (Mururoa). Sans savoir dire pourquoi, cela me touchait beaucoup car j’avais, déjà à l’époque, une fibre environnementaliste forte. Personne n’est précisément Ecolo dans la famille mais j’ai connu un père qui jardinait beaucoup, peut-être cela m’a-t-il conduit à m’intéresser à la nature ? On ne fera pas ma psychanalyse ici 😉

Ce qui est sur, c’est que cela a, à l’époque, ouvert une petite fenêtre sur l’importance du rôle à jouer par la politique pour sauvegarder la nature ou en tout cas le mauvais rôle qu’elle pouvait jouer si on n’y prenait pas garde.

Quelques années plus tard, en 1999, ce sont de grandes élections (européennes, chambre, sénat, Wallonie et Communauté française). Moi, alors encore écolier faisant le trajet à pied de la maison à l’école, je ne peux manquer d’être confronté aux militants des différents partis qui tentent de convaincre chaque passant de voter pour leur parti. Cela éveillera ma curiosité et me poussera même à suivre des débats à la télévision ou à la radio. Je lis également les tracts et reçoit le programme de différents partis.

Bien sur, ma fibre environnementale me poussait naturellement vers Ecolo mais le discours éthique et de bonne gestion a toute son importance également à une époque où le monde politique n’avait pas encore évolué autant qu’aujourd’hui (ce qui ne veut pas dire qu’aujourd’hui tout est parfait loin de là). Sur l’aspect démocratie interne notamment, Ecolo parait être le seul parti à ne pas être resté dans un fonctionnement moyenâgeux et il faut bien avouer que devoir faire allégeance à des cadres de parti ne va pas du tout avec ma personnalité.

Les discours de Isabelle Durant ou encore surtout de Jacky Morael finiront de me convaincre et je deviendrai cette année là sympathisant. A quatorze ans, ce qui est très jeune. Avec le recul, j’ai encore souvent du mal à y croire. Pendant les années qui suivront, mon implication se limitera à recevoir et lire les différentes publications du mouvement et à lire le journal que mes parents reçoivent à la maison. Puis à débattre de tout ça dans une famille pas nécessairement favorable au parti, ce qui sera toujours un enrichissement.

En 2003, j’atterris à Namur pour mes études en Gestion des Ressources Humaines. Quelques mois auparavant, Ecolo a reçu la plus grosse raclée de son histoire. Je la perçois comme injuste (d’un point de vue du bilan) mais comprend que l’écologie politique est en danger réel face aux autres partis qui ont peut-être bien décidé d’avoir sa peau. Des élections ont lieu l’année suivante et je suis directement mis dans le bain comme militant. Je ne serai pas candidat mais le « Ecolo de l’époque » n’hésitait pas à intégrer toutes les bonnes volontés et je participe (passivement) au bureau de campagne et (activement) aux différentes actions.

La campagne est très difficile et les gens peuvent être assez violents dans leurs paroles. Ecolo est un parti qui inspire alors une haine profonde chez une partie de la population. D’une nature optimiste et toujours persuadé de l’importance de mon parti pour l’avenir du pays, je reste positif et croit encore que nos idées triompheront. Je serai donc très déçu quand les premiers résultats tomberont en mai 2004. La fin de soirée ne sera pas meilleure. Notre tête de liste, Gérard Lambert, n’est pas élue et cela s’est joué à quelques voix près. Je retirerai un goût amer de la violence de cette campagne et du résultat final.

Dans le même temps, je prends des responsabilités dans le mouvement étudiant et met, fort logiquement, en veilleuse mon activité au sein du parti ; ne considérant pas les deux comme compatibles. Je ne serai d’ailleurs pas candidat aux élections communales de 2006. Vice-président du Conseil étudiant, Vice-président puis président de la FEF (le premier namurois), j’ai acquis une expérience militante très précieuse et enrichissante (je précise pour les grognons que la FEF d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et ne sera probablement pas celle de demain, je n’attends donc pas d’être jugé sur autre chose que les actes relatifs à mon mandat). J’y rencontrerai notamment des hommes et des femmes doués et intelligents avec qui ce fut un réel plaisir de travailler.

Pour l’anecdote, il faut savoir que le premier permanent de l’époque avait écrit un papier qui vexa le Cabinet de la Ministre de l’époque et dans lequel il évoquait que celle-ci ne marquerait pas la législature par son empreinte législative (ou quelque chose approchant). Par défi, son cabinet s’enquit donc de revoir presque tous les décrets et arrêtés ayant trait à l’enseignement supérieur. Ce ne fut pas une mauvaise chose et donna l’occasion de travailler et négocier sur une étendue relativement vaste.

Après la FEF, j’ai commencé, lentement, à reprendre mon militantisme politique en passant par l’organisation de jeunesse écolo j et son antenne namuroise. Quelques années auparavant, j’avais assisté à sa création avant de la déserter. Y revenir me donna l’occasion d’y assumer la coordination du groupe à deux reprises (je termine la deuxième période et je ne me représente pas car j’estime qu’il est important qu’il y ait du renouvellement).

D’un point de vue professionnel, je me suis investi depuis quelques années comme militant CSC au sein de mon organisation.

Avant d’arriver à la conclusion du présent article, je voulais quand même encore évoquer deux petites expériences de mon passé. La première fut la volonté de créer une petite association étudiante dans mon école, projet que je ne mena pas jusqu’au bout, mais qui resta en moi comme quelque chose à promouvoir plus tard.

La deuxième fut ma participation à un Conseil Provincial des Jeunes, celui du Brabant-Wallon (CPJ). Ce fut ma première participation à des élections « officielles » et m’obligea à m’intéresser à la structure provinciale pour la première fois. Ce fut plutôt positif et j’en garda, encore une fois, le désir de promouvoir ce projet en atterrissant à Namur.

Enfin, en 2012, j’ai été candidat à la Province pour Ecolo; numéro 6 sur le canton Namur Assesse. Ce furent les premières élections auxquelles je me suis présenté et ce fut évidemment un grand défi. J’étais candidat avant tout pour vous convaincre de la nécessité du projet écologique. Vous pouvez voir le résultat ici.

Aujourd’hui, juste après ces élections, j’ai décidé de faire une pause dans mon engagement militant chez Ecolo. J’ai fait le tour et d’autres raisons que je n’expliquerai pas ici sont à la base de cette décision. Après autant d’années passées à militer ou à être sympathisant, c’est évidemment un grand changement, presqu’un deuil, mais je ne le regrette absolument pas. Ce genre de rupture est nécessaire pour avancer dans la vie et poursuivre un même but: amour du débat et de la démocratie, honnêteté intellectuelle et sentiment d’utilité à travers la défense d’une cause qui en vaut la peine. L’outil pour faire cela a de l’importance (la forme compte aussi) et ce ne sont pas les causes qui manquent et qui pourraient bénéficier de mon investissement.

Cette décision est le fruit d’une réflexion qui couvait déjà depuis un certain temps et n’est certainement pas un hasard. Je savais que mon engagement électoral pourrait être une fin intéressante pour ne pas arrêter sur rien et donner un dernier coup pour le parti dans lequel j’ai si longuement milité. Je reste membre, mais il y a une différence entre être membre, apporter son soutien et sa réflexion sporadiquement et militer activement, ce que j’ai fait (beaucoup d’heures ou de centaines – milliers ? – d’heures même si je ne les compte pas) mais que j’arrête actuellement.

Il ne me reste donc plus qu’à profiter de cette pause d’abord pour retrouver ma famille un peu plus, la maison et finir mes études en cours du soir. Ensuite, peut-être plus vite que je ne le pense, je retrouverai d’autres engagements et sans doute même du plaisir dans ma militance. Je vous tiendrai informés via ce blog.

Je reste encore actif, toutefois, dans écolo j Namur mais je considère cette activité comme différente de celle qu’on peut avoir dans un parti. Ca reste une organisation de jeunesse politique avec des moyens et des buts très différents d’un vrai parti. Et le temps que j’y consacre depuis quelques mois était déjà fortement réduit.

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